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Full text of "Les anciennes bibliothèques de Paris; églises, monastères, colléges, etc.;"

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HISTOIPiE  GÉNÉRALE  DE  PARIS 

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LES 

ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES 

DE  PARIS 

ÉGLISES,  MONASTÈRES,   COLLÈGES,  ETC. 

1>AR 

ALFRED  FRANKLî^ 

D  E   L  A   K  I  B  L  10  T  II  È  Q  II  E  M  A  Z  A  li  I  N  E 

TOME  DEUXIÈME 


PARIS 

IMPRIMERIE  IMPÉRIALE 

M  DCr,C  LXX 


HISTOIRE  GÉNÉRALE  DE  PARIS 

COLLECTION  DE  DOCUMENTS 

FONDÉE 

AVEC  L'APPROBATION  DE  L'EMPEREUR 
PAR  M.  LE  liARON   HAUSSMANN,  SENATEUR 

PRÉFET  DE  LA  SEL\E 

ET  PUBLIÉE  SOUS  LES  AUSPICES  DU  CONSEIL  MUNICIPAL 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES 

DES 

ÉGLISES,  MONASTÈRES,  COLLÈGES,  ETC. 


HISTOIHK  GÉNÉRALE  DE  PARIS 

LES 

ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES 

DE  PARIS 

ÉGLISES,   MONASTÈRES,   COLLÈGES,  ETC. 

PAR 

ALFUED  FRANKLIN 

DE    LA   BIBLIOTHÈQUE   M  A  Z  A  B  I ÎV  E 

TOME  DEUXIÈME 


PARIS 

IMPRIMERIE  IMPÉRIALE 

M  DCCC  LXX 


lIRClnw 


SOMMAIRES. 


Digitized  by  the  Internet  Archive 

in  2013 


http://archive.org/details/lesanciennesbibl02fran 


SOMMAIHKS. 


CARMES  DE  LA  l'LACE  iMAUHEirr.  —  Ori^ri,,,.  ,|,.  l'ordie:  son  inslallation  à  Paris. 

—  Commencements  de  la  bibliolhèf|ue;  lej^s  de  Michel  du  Bec.  —  Bienfaiteurs  divers  : 
Mathieu  de  Paris,  Nicohis  de  Saint-Marcel,  Jean  Goulen,  Jean  de  Vernon.  —  Laurent 
Bureau.  —  La  famille  Corrozet.  —  Collection  du  baron  de  Boves.  —  Décadence  de  la 
bibliothèque.  —  Jean  Cuiville.  —  Jean  Trucbet.  —  Beproches  adressés  aux  (iarmes. 

—  Etat  de  la  bibliothèque  au  moment  de  la  Bévolution.  —  Estampilles  et  inscriptions 
manuscrites  sur  les  volumes  qui  en^'proviennent   i 

FACULTÉ  DE  MÉDECINE.  —  Enseignement  de  la  médecine  à  Paris  au  moyen  âge.  — 
Etablissement  de  l'école  dans  la  rue  delaBûcherio. — Commencements  delà  bibliothèque. 

—  Inventaire  dressé  lors  de  l'élection  de  cha(jue  doyen.  —  Liste  des  volumes  qui  com- 
posaient la  bibliothèque  en  i3()5.  —  Règlement  de  la  bil)liothè(pie,  —  Livres  donnés 
en  garantie  de  sommes  prêtées  à  la  Faculté.  --  Legs  inqjortant  fait  à  la  bibliothèque 
par  le  doyen  Jacques  Despars.  —  Prêt  d'un  ouvrage  à  Louis  XL  —  Livres  jjrovenant 
de  donations  et  d'acquisitions.  —  Vols  commis  à  la  bibliothèijue.  —  Agrandissement 
des  bâtiments  de  la  Faculté.  —  Etat  actuel  des  anciens  bâtiments  dans  la  rue  de  l'Hôlel- 
Colbert.  —  Offre  de  Bonnet-Bourdelot  à  la  Faculté.  —  Picoté  de  Belestre,  fondaleui- 
de  la  bibliothèque  actuelle.  —  Don  fait  à  la  bibliothèque  par  la  veuve  d'Amclot  de 
Beaulieu,  et  augmenté  par  des  legs  de  Philippe  Hecquet  et  de  H. -T.  Baron.  —  Rédac- 
tion d'un  catalogue.  —  Ouverture  de  la  bibliothè(|ue  au  public.  —  La  Faculté  fait 
rechercher  les  ouvrages  qui  composaient  l'ancienne  bibliothèque;  énuméralion  de  ces 
ouvrages.  —  Dispositions  des  statuts  relatives  à  la  bibliothèque.  —  Nomination  de 
(ilaude  Bourru  connue  bibliothécaire.  —  Installation  de  la  Faculté  dans  les  bâtiments 
de  la  rue  Saint-Jean-de-Bcauvais,  puis  dans  le  local  qu'elle  occupe  aujourd'hui. —  Liste 
des  bibliothécaires,  de  lyM)  à  la  Bévolution.  —  Commentaires  de  la  Faculté.  — 
Thèses  de  diverses  catégories  soutenues  devant  la  Faculté.  —  Comptes  des  recettes  et 
des  dépenses.  —  Manuscrit  de  Pajon. —  Manuscrit  de  Bertrand.  —  Synopsis  anonyme. 

—  Insignes  et  estampilles  de  la  Faculté.  —  Préface  du  catalogue  dressé  par  Claude 
Bourru     i  o 

COLLÈGE  DE  TOUBS.  —  Sa  fondation.  —  Sa  bibliothèque   67 


nn  LES  ANCIENNES  BIBLIOTIIEQUES  DE  PAHIS. 

(iOLLKGK  D'AUTUN.  —  Son  origine.  —  Pierre  Berlrancl.  —  Dispositions  relatives  à  la 
l)il)lio(liè(iue  (le  l'établissement.  —  Legs  de  Pierre  du  Colondiior  et  du  président  Ou- 
(lard  (le  Moulins.  —  Liste  des  ouvrages  dont  se  composait  la  bibliothèque  en  lAGs.  — 
Quittances  constatant  des  acquisitions  de  livres  faites  par  la  bibliothèque.  —  Anéan- 
tissement presque  complet  de  la  bibliothèque  par  suite  de  vols:  |)ièce  de  vers  latins 
écrite  à  ce  sujet  par  Pierre  de  Montchal   fi<) 

COLLÉGIi  DE  CHANAC  OU  DE  SAINT-MICHEL.  —  Sa  fondation.  —  Origine  de  sa 
bibliothèque.  —  Inscription  placée  sur  les  livres   H  y 

(;KLESTI\S.  —  Introduction  de  leur  ordre  en  France.  —  Charles  V  fondateur  de  leur 
église  à  Paris.  —  Don  de  livres  précieux  par  Louis  d'Orléans.  —  Libéralités  de  Phi- 
lippe de  Maizières.  —  Autres  bienfaiteurs.  —  Règlement  de  la  bibliothèque.  —  Nou- 
veaux dons.  —  La  bibliothèque  s'enrichit  de  la  confiscation  des  livres  hétérodoxes.  — 
Testament  de  Charles  de  Hénaul  en  faveur  de  la  bibliolhècpie.  —  Ouvrages  rares  que 
renfermait  cette  collection.  —  Son  catalogue.  —  Estampilles  et  inscriptions  manuscrites 
sur  les  livres.  —  Vente  de  la  majeure  partie  de  la  bibliothèque   8() 

(iOLLEtiE  DE  JUSTICE.  —  Son  origine.  —  Disposition  des  statuts  relative  à  la  biblio- 
lliè(pi('.  —  Libéralités  du  pn^sident  Lizet,  —  Énumération  des  principaux  ouvrages 
compris  dans  l'inventaire  de  la  bibliothèque   loi 

(COLLEGE  DE  BOISSY.  —  Son  orignne.  —  Condition  de  sa  fondation.  —  Gervais  Le- 
noir,  son  principal.  —  Sa  bibliothèque   io5 

niBLIOTHÈQUE  DU  ROI.  —  Pépin  le  Bref  et  Charlemagne.  —  Bibliothèques  d'Aix-la- 
Cliapelle,  du  monastère  de  Saint-Gall  et  de  l'île  Barbe.  —  Louis  le  Débonnaire  et 
(iharles  le  Chauve.  —  Bible  de  ce  dernier  prince.  —  Louis  IX  et  ses  premiers  suc- 
cesseurs. —  Jean  II,  protecteur  des  lettres;  ses  livres.  —  Agrandissement  de  celle 
collection  sous  Charles  V.  —  Traductions  exécutées  par  l'ordre  de  ce  prince.  —  Ins- 
lallalion  de  la  bibliothèque  au  château  du  Louvre.  —  Gilles  Malet,  bibliothécaire. 

—  Eloge  (pie  Christine  de  Pisan  fait  de  la  bibliothèque.  —  Inventaire  dressé  par 
(iilles  Malet.  —  Uécolement  de  cet  inventaire  après  la  mort  de  Charles  V.  —  La 
l)djliolhè(|ue  s'enrichit  de  livres  appartenant  aux  Juifs.  —  Antoine  des  Essarts  succède  à 
Gilles  Malet  comme  bibliothécaire.  —  Garnier  de  Saint-Yon  et  Jean  Maulin.  —  La 
ivliiirc  sous  Charles  V.  —  Le  duc  de  Bedford  s'empare  de  la  bibliothècjue.  —  Rétablis- 
sement de  cette  collection  par  Louis  XI.  —  Charles  VIII.  —  Charles  d'Orléans  et  le 
comte  d'Angoulème.  —  Translation  de  la  bibliothèque  à  Blois.  —  Acquisition  de  la 
collection  de  Louis  de  Bruges.  —  Essor  que  prend  la  bibliothèque  sous  le  règne  de 
François  P'.  —  Adam  Laigre.  —  Guillaïune  Budé.  —  Manuscrits  grecs  recherchés  en 
Orient.  —  Obstacles  que  rencontre  Pierre  Gilles  dans  cette  mission.      l>ierre  Duchâtel. 

—  Translation  .h'  la  bibliothèque  ù  Fontainebleau.  —  Lefèvre  d'Étaples,  Jean  de  La 
Banv  cl  Melliii  de  Saiut-Gelais.  —  Inventaire  rédigé  à  l'occasion  du  transport  de  la 


SOMMAIRES.  IX 

bibliothèque. —  Majjnificence  de  la  nouvelle  collection.  —  Modifications  apportées  à  la 
reliure  au  temps  de  François  \"  et  de  Henri  II;  blasons  sur  les  plats.  —  Pierre  de  Mon- 
doré  et  Gosselin.  —  La  reliure  sous  François  II.  —  Translation  de  la  bibliothèque  à 
Paris  sous  Charles  IX.  —  Jacques  Arnyol,  maître  de  la  librairie.  —  La  reliure  sous 
Charles  IX  et  Henri  III. — Dangers  que  court  la  bibliothèque  {)endant  la  Ligue.  —  Guil- 
laume Rose,  Pigenat,  le  président  de  Neuilly,  le  président  Brisson,  Jacques- Auguste  de 
Xhou.  —  Translation  dans  la  rue  Saint-Jacques.  —  Manuscrits  de  Catherine  de  Mé- 
(licis.  —  Nouvelle  translation.  —  Ornements  des  livres  sous  Henri  IV.  —  Casaubon. 

—  Projet  de  Louis  XIII.  —  Abel  de  Sainte-Marthe.  —  Manuscrits  de  Philippe  Hurault. 

—  La  bibliothèque  est  transférée  dans  la  rue  de  la  Har[)e.  —  Jérôme  Bignon. —  Cata- 
logue sous  Louis  XHl.  —  Mouvement  dans  le  personnel  au  commencement  du  règne 
de  Louis  XIV.  —  Bibliothèque  de  Bélhune  offerte  au  roi.  —  Carcavi.  —  Translation  dans 
la  rue  Vivienne. —  Cabinet  des  médailles.  —  Cabinet  des  estampes.  —  La  bibliothèque 
sous  Colbert.  —  Acquisitions  importantes.  —  Piecherche  de  documents  en  France  et  à 
l'étranger  en  vue  de  la  bibliothèque.  —  La  reliure  sous  Colbert.  —  La  reliure  pendant 
la  régence  d'Anne  d'Autriche.  —  Estampille  des  livres.  —  Acquisition  de  manuscrits. 

—  L'abbé  de  Louvois. — Nouvelles  acquisitions. — Nicolas  Clément;  catalogues  de  1688. 

—  Manuscrits  dérobés  par  J.  Aymont.  —  L'abbé  Bignon.  —  Manuscrits  de  Baluze.  — 
Installation  de  la  bibliothèque  à  l'hôtel  de  Nevers. — Manuscrits  du  président  de  Mesme. 

—  Médaille  frappée  en  l'honneur  de  Louis  XV.  —  Collection  de  Colbert.  —  Armand- 
Jérôme  Bignon.  —  Ouverture  de  la  bibliothèque  au  public.  —  Collections  du  maréchal 
d'Uxelles  et  du  médecin  Falconet. — Ouvrages  provenant  des  bibliothèques  des  Jésuites. 

—  Changement  dans  l'organisation  de  la  bibliothèque  à  l'époque  de  la  Révolution.  — 
Liste  du  personnel  depuis  le  règne  de  Charles  V.  —  Notice  contenant  un  résumé  de 
l'histoire  de  la  bibliothèque   lo-j 

COLLEGE  DE  LA  MARCHE.  —  Sa  fondation.  —  Legs  de  Beuvin  de  Winville  en  faveur 
de  cet  établissement.  —  Inventaire  de  ses  biens.  — -  Legs  de  Nicolas  Warin.  —  Marque 
d'un  des  volumes  de  la  bibliothèque   9  1  g 

COLLEGE  DE  MAÎTRE  GERVAIS.  —  Son  origine.  —  Charles  V  le  protège  et  lui 
donne  des  livres.  —  Bulle  d'Urbain  V  en  faveur  de  l'établissement.  —  Donation  de 
Robert  de  la  Porte.  —  Gosselin,  principal   226 

COLLÈGE  DE  FORTET.  —  Testament  de  Pierre  Fortet.  —  Document  relatif  à  la  biblio- 
thèque de  l'établissement.  —  Liste  des  ouvrages  dont  elle  se  composait  à  l'origine.  — 
Ouvrages  dont  elle  s'enrichit   229 

COLLEGE  DE  SËEZ. —  Grégoire  Langlois;  inventaire  des  livres  laissés  par  lui  à  l'éta- 
blissement. —  Dispositions  des  statuts  relatives  à  la  bibliothèque   233 

CAPUCINS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORÉ.  —  Installation  de  l'ordre  en  France.  — 
Sa  bibliothèque  à  Paris.  —  Donation  de  Jean  Dubois.  —  Les  PP.  Athanase  de  Mégrigny 

II.  B 


X  LES  AiNClENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

ol  Hcliodore.  —  Richesse  de  la  hi])liolhèque.  —  Inscriptions  sur  les  volumes.  — 
Extrait  (lu  cnfalorfue   ^35 

COLLÈGE  DE  LOUIS-LE-GRAÎ\D.  —  Installation  des  Jésuites  en  France. —  Guillaume 
Duj,,.;,!.  —  Bibliothèque  à  Paris.  —  Legs  de  Varade  et  de  Pierre  de  Saint-André.  — 
Règlement.  —  Expulsion  des  Pères  et  pillage  de  leur  bibliothèque.  —  Rétablissement 
de  l'ordre  et  reconstitution  de  la  bibliothèque;  legs  du  cardinal  de  Joyeuse,  de  Cra- 
moisy  et  de  la  dame  Diez.  —  Collection  de  Desportes.  —  Portrait  de  Fouquet  sur  les 
livres.  —  Louis  XIV  protège  le  collège.  —  Prospérité  de  l'établissement.  —  Achille  de 
Ilarlay.  —  I^e  P.  Garnier.  —  Description  de  la  bibliothèque.  —  Bibliothécaires.  — 
Nouvelle  expulsion  de  l'ordre  et  vente  de  la  bibliothèque.  —  La  bibliothèque  du  nou- 
veau collège  se  confond  avec  celle  de  l'Université.  —  Estampilles  et  marques.  —  Etat 
de  la  vente  des  livres,  médailles  et  curiosités  appartenant  au  collège   2/i5 

COLLÈGE  DES  GRASSINS.  —  Sa  fondation.  —  Commencement  de  sa  bibliothèque.  — 
Décadence  de  cette  collection.  —  Marque  des  livres   2(37 

.MAISON  PROFESSE  DES  JÉSUITES.  —  Son  origine.  —  Le  cardinal  de  Bourbon.  — 
Etablissement  d'une  bibliothèque  dans  la  maison.  —  Daniel  Huet,  bienfaiteur  de  la 
bibliothèfiue;  ca:  Jibis  de  sa  collection.  —  Personnel  de  la  bibliothèque.  —  Elle  est 
vendue  aux  enchères.  —  Marques  des  livres.  —  Contrat  de  donation  entre  Daniel  Huet 
et  les  Pères  de  la  m;iison   aGç) 

FEUILLANTS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORÉ.  —  Jean  de  la  Barrière.  —  Installation 
de  l'ordre  à  Paris.  —  Commencement  de  la  bibliothèque.  —  Augmentation  de  cette 
('ollection.  —  Jacques  le  Bossu,  de  Vassan.  —  Catalogue.  —  Marques,  estampilles  et 
ins(ri|)tions  manuscrites. —  Installation  d'une  partie  des  bureaux  de  l'Assemblée  natio- 
nale dans  les  bâtiments  du  couvent   981 

PÉNITENTS  DE  PICPUS.  —  Leur  origine.  —  Leur  bibliothèque,  due  à  la  libéralité  du 
cardinal  Duperron.  —  Dispositions  du  règlement  relatives  à  la  bibliothèque,  —  Legs 
du  P.  J.  IlélynI.  —  Catalogue.  —  Marques  et  inscriptions  sur  les  livres   287 

FRERES  DE  LA  CHARITE.  —  Installation  de  l'ordre  à  Paris  par  Marie  de  Médicis.  — 
Ril)liothè(pie.  —  Inscriptions  manuscrites  et  marque  des  livres   298 

RÉCOLLETS.  —  Installation  de  l'ordre  à  Paris.  —  La  bibliothèque.  —  Le  P.  Jean  Da- 
niascène  Lebrel.  —  Enumération  des  pièces  du  mobilier  de  la  bibliothèque.  —  Forma- 
lités relatives  au  prêt  des  livres.  —  Principaux  ouvrages  de  la  collection.  —  Inscriptions 
manuscrites  sur  les  livres   097 


AUGI  STINS  DECHAUSSES.  —  Leur  introduction  à  Paris  par  Marguerite  de  Valois.  — 
Le  P.  Amet.  —  (Commencements  de  la  bibliothèque.  —  Le  P.  Bonaventure.  —  Les 


SOMMAIRES.  XI 

PP.  Germain  el  Léonard  de  Sainle-Catherine.  —  Le  P.  Eustache  de  Sainte-Agnès.  — 
Formalités  relatives  au  prêt  des  livres.  —  Description  du  local  de  la  bibliothèque.  — 
Cabinet  d'antiquités.  —  Description  des  médailles.  —  Nombre  des  volumes.  —  Faci- 
lité d'accès.  —  Inscriptions  manuscrites  sur  les  livres   3oi 

CARMES  DECHAUSSES.  —  Leur  origine  et  leur  installation  à  Paris.  —  Leur  biblio- 
thèque. —  Devoirs  du  bibliothécaire.  —  Catalogue.  —  Estampilles  et  inscriptions  ma- 
nuscrites  3  1 1 

JACOBINS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORÉ.  —  Leur  ordre  à  Paris.  —  Commencements 
de  leur  bibliothèque.  —  Legs  de  Bruslé  de  Montplainchamp,  de  F.  de  Bosquet,  de 
Dufour  et  de  Louis  Piques.  —  Description  du  local  de  la  bibliothèque;  curieux  tableau 
qu'elle  renfermait,  —  Cabinet  de  médailles  et  d'histoire  naturelle.  —  Bibliothécaires.  — 
Estampilles  et  inscriptions  manuscrites.  —  Installation  d'un  club  dans  le  local.     3  1 5 

MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE.  —  Établissement  de  l'ordre  à  Paris.  —  Formation 
de  la  bibliothèque. —  Cette  collection  s'enrichit  des  donations  de  quelques  membres  de 
la  communauté.  —  Legs  de  Letenneur,  de  Decombes,  du  célestin  de  Goussencourt,  de 
Jean  de  Launoy  et  de  l'abbé  de  Montigny.  —  Nombre  des  volumes.  —  Mauvais  état 
du  local  à  l'époque  de  la  Révolution.  —  Catalogue.  —  Inscriptions  manuscrites  et 
marques   3^3 

ORATOIRE.  —  Origine  de  la  congrégation.  —  De  BéruUe.  —  Bibliothèque.  —  Achille 
de  Harlay,  bienfaiteur.  —  Autres  donateurs.  —  Le  P.  Lelong.  —  Le  P.  Desmolets.  — 
Le  P.  Adry.  —  Nombre  des  volumes.  —  Richesse  de  la  bibliothèque  en  manuscrits 
orientaux.  —  Catalogues.  —  Inscriptions  manuscrites  et  marques   337 

PETITS  AUGUSTINS.  —  Installation  de  leur  ordre  à  Paris  par  Marguerite  de  Valois.  — 
Anne  d'Autriche.  —  Leur  bibliothèque.  —  Legs  de  Gilbert  Mauguin  et  de  Jean  Pontas. 

—  Catalogues.  —  Visite  du  Provincial  à  la  maison  de  Paris.  —  Nombre  des  volumes. 

—  Raretés  possédées  par  la  bibliothèque.  —  Inscriptions  manuscrites  sur  les 
livres   3A5 

CONGRÉGATION  DE  LA  MERCI.  —  Situation  du  couvent.  —  Bibliothèque;  devoirs  des 
bibliothécaires.  —  Inventaire  officiel  du  mobilier  de  la  bibliothèque.  —  Marques  et 
inscriptions  manuscrites   35 1 

CAPUCINS  DE  LA  RUE  SAINT-JACQUES.  —  Fondation  de  leur  maison.  —  Biblio- 
thèque. —  Extrait  de  l'inventaire  du  mobilier   35y 

BLANCS-MANTEAUX.  —  Etablissement  de  l'ordre  des  Serfs  de  la  Vierge  et  son  remplace- 
ment par  l'ordre  des  Guillelmites.  — Bibliothèque  des  Guillelmites. — Bue  des  Blancs- 
Manteaux.  —  Maxence  Favre,  bienfaiteur  de  la  bibliothèque.  —  Remplacement  des 


B  . 


x„  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

Guillelmites  par  des  Bénédictins  de  Saint-Maur. — Augmentation  de  la  bibliothèque.  — 
Résistance  opposée  })ar  la  communauté  à  la  saisie  de  la  bibliothèque.  —  Catalogues. 

—  Inscriptions  sur  les  volumes   ^Bg 

SÉMINAIRE  DE  L'ORATOIRE.  —  Les  Frères  Pontifes.  —  Établissement  du  séminaire. 
 Bibliothèque.  —  Pierre  Delaplanche.  —  Legs  du  P.  Thomassin.  —  Autres  bien- 
faiteurs. —  Inscriptions  sur  les  volumes  ,   365 

BÉNÉDK^TINS  ANGLAIS.  —  Leur  installation  à  Paris.  —  Formation  de  leur  biblio- 
tlj^.quc.  —  Catalogue.  —  Inventaires  partiels.  —  Estampille  et  inscriptions  manus- 
crites  

CAPUCINS  DU  MARAIS.  —  Le  P.  Athanase  Molé.  —  Commencements  de  la  biblio- 
tl],\q,x,i..  —  Bienfaiteurs.  —  Enumération  des  principaux  ouvrages  de  la  bibliothèque. 

—  Catalogues.  —  Inscriptions  sur  les  volumes   378 

SÉMINAIRE  SAINT-FIRMIN.  —  Son  origine.  —  Dispositions  du  règlement  relatives  à 
la  bibliothèque,  —  Lectures  recommandées  aux  élèves.  —  Etat  de  la  bibliothèque  au 
moment  de  la  Révolution.  —  Ex  libris  et  inscriptions  manuscrites   877 

ÉGLISE  SAINTE-MARGUERITE.  —  Son  origine.  —  Jean-Baptiste  Goy.  —  Les  deux  bi- 
bliothèques. —  Nombre  des  volumes  de  la  grande  bibliothèque.  —  Inscriptions  manus- 
crites sur  les  volumes.  —  Testament  de  Jean-Baptiste  Goy.  —  Délibération  prise  par  la 
Fabrique  au  sujet  du  testament  de  Goy   38 1 

CONGRÉGATION  DE  LA  DOCTRINE  CHRÉTIENNE.  —  Son  institution;  son  installa- 
tion à  Paris.  —  Bibliothèque.  —  Catalogue.  —  Legs  de  Jean  Miron.  —  Interprétation 
des  conditions  du  legs  de  Jean  Miron  par  ses  exécuteurs  testamentaires.  —  Ouverture 
de  la  bibliothèque  au  public.  —  Frais  de  l'inauguration.  —  Legs  de  Jacques  Pinson- 
nat.  —  Le  P.  Baizé,  bibliothécaire.  —  Dépenses  d'organisation  et  d'entretien  de  la  bi- 
bliothèque. —  Catalogue.  —  Estampille,  marque  et  inscriptions  sur  les  volumes.  — 
Extrait  du  testament  de  Jean  Miron   3g  t 


ORIGINE 

DES 

SUJETS  GRAVÉS  SUR  ROIS  ET  SUR  ACIER. 


CARMES  DE  L/V  PLACE  MAUBERT. 

I.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-simile  hclwgraphique. 

Plan  de  Vassalieu  (ifiog)   i 

II.  Inscription  extraite  d'un  volume  légué  au  couvent  par  Mathieu  de  Paris.  —  Bots. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits, n°  5i26   .3 

m.  Note  extraite  d'un  volume  relié  sur  les  fonds  légués  au  couvent  par  Laurent  Bureau.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits, n°  4o8   /i 

IV.  Marque  birliographique  de  B.  Bernard,  iuron  de  Boves.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal,  sciences  et  arts,  in-/r,  n°  281   ti 

V.  Inscription  collée  dans  les  volumes  légués  au  couvent  par  I>.  Bernard  ,  baron  de  Boves.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal,  sciences  et  arts,  in-i",  ri°  281   7 

VI.  Inscription  collée  dans  les  volumes  légués  au  couvent  par  J.  Cuiville.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  11°  34833   8 

VII.  Première  estampille  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  incunables,  n°  1/160  A   10 

VIII.  Seconde  estampille  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  2079   10 

IX.  Marque  bibliographique  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  incunables,  11°  i46o  A   11 

FACULTÉ  DE  MIÎDECINE. 

X.  La  Faculté  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  dit  de  Turgot  (1739)   i3 

XI.  Fac-similé  de  la  première  page  des  Commentaires.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine,  manuscrits   18 

XII.  Lettre  de  la  Faculté  au  roi  Louis  XI.  —  Planche  sur  acier  gravée  par  E.  Tavernier. 

Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine,  manuscrits   22 

XIII.  Marque  d'Amelot  de  Beadlieu.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n"  5897  B   32 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

\IV.    Ex  LISRIS  MANUSCRIT  DE  Ph.  HeCQDET.    BotS. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Philosophie,  in-8°,  n°  1 728   •« 

XV.  Estampille  de  H.-Th.  Baron.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Philosophie,  in-8°,  n"  1 43o   -^a 

XVI.  MÉDAILLE  FRAPPÉE  LORS  DE  LOUVERTURE  DE  L\  BIBLIOTHEQUE  EN  lyÛG.  —  BoUI. 

Bibliothèque  impériale,  cabinet  des  médailles   '^^ 

XVII.  Note  écrite  par  Gui  Patin  en  tête  du  premier  volume  des  CoMME^TAIliEs.  —  Bots. 

Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine ,  manuscrits  

WIII.  Note  écrite  par  Gui  Patin  en  tête  du  second  volume  des  Commentaires. —  Bois. 

Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine,  manuscrits   5o 

XIX.  Grande  estampille  de  la  bibliothèque.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n"  6897  B   6° 

XX.  Petite  estampille  de  la  bibliothèque.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Littérature,  n°  887   60 

XXI.  El  LiBRis  de  la  bibliothèque.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine,  manuscrits   61 

XXII.  Estampille  ovale  de  la  bibliothèque.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine ,  imprimés   61 

XXIII.  Estampille  actuelle  de  la  bibliothèque.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine   62 

COLLEGE  DE  TOURS. 

XXIV.  Le  collège  et  ses  environs. —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Lacaille  (1714)   ^7 

COLLEGE  D'AUTUN. 

XXV.  Le  collège  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Jouvin  de  Bochefort  (1690)   69 

XXVI.  Titre  de  l'inventaire  dressé  en  lûGa.  —  Bois. 

Archives  de  TEmpire,  série  M,  carton  n"  80   7" 

XXVII.  Quittance  DE  1/167. —  Bois. 

Archives  de  TEmpire,  série  M ,  carton  11°  80   83 

COLLEGE  DE  CHANAC. 

XXVIII.  Le  collège  i;t  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plande  B.  Jaillot(i7i7)   87 

CÉLESTINS. 

XXIX.  I^E  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Vassalieu  (1609)   89 

XXX.  El  LIBRIS  MANUSCRIT  DE  ChARLES  V.    Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal,  manuscrits  in-folio,  n"  TL  4'   90 

XXXI.  El  LIBRIS  MANUSCRIT  DE  PhILIPPE  DE  MaIZIÈRES.    Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits  fonds  latin,  n°  17830   91 


ORIGINE  DES  SUJETS  GRAVÉS  SUR  ROIS  ET  SUR  ACIER.  w 

Pages. 

XXXll.   El  LIBIIIS  MANUSCRIT  DE  ClIARLES  DE  HÉNALT.    Bois. 

Bibliothèque  Mazariiie,  nouveau  fonds,  Littérature,  n°    ()7 

XXXIII.  El  LiBnis  MAiNUscRiT  d'Antoine  Becquet.  —  Dois. 

•  Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Histoire,  in-lx°,  n°  3553   yy 

XXXIV.  Marque  birliograpiuque  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles,  n°  78/1   99 

COLLEGE  DE  JUSTICE. 

X  XXV.  Le  collège  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliogrnpkifjue. 

Plan  de  Jouvin  de  Rochefort  (i6go)   101 

COLLEGE  DE  BOISSY. 

XXXVI.  Le  collège  et  ses  environs.  —  Fac-simik  héliograpitique. 

Pian  de  Lacaille  (1 7 1  '1  )   1  o5 

BIBLIOTHÈQUE  DU  ROI. 

XXXVII.  La  bibliothîîque  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  dit  de  Turgot  (lySg)     107 

XXXVIII.   Ex  LlBIilS  MANUSCRIT  DU  ROI  JeAN.    Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n"  67   109 

XXXIX.  Signature  et  note  autographe  de  Charles  V.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  487   111 

XL.  Ex  LiBnis  MANUSCRIT  DE  Jean  Corbechon.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°3i3   112 

XLL  Titre  du  catalogue  rédigé  en  1873  par  Gilles  Malet.  — Planche  sur  acier  gravée  par 
E.  Tavernier. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  3700   1  li 

XLII.  Premier  feuillet  du  catalogue  rédigé  par  Gilles  Malet.  —  Planche  sur  acier  gravée  par 
E.  Tavernier. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  3700   1 15 

XLIII .  Catalogue  des  livres  donnés  en  1^109  par  le  duc  de  Guyenne.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  9700   121 

XLI\ .  Titre  de  l'inventaire  dressé  en  1610.  —  Planche  sur  acier  gravée  par  E.  Tavernier. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français ,  n°  9700   122 

XLV.  Reçu  donné  en  i4i  1  par  Ant.  des  Essarts.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale  ,  manuscrits,  fonds  français,  n°  2700   128 

XLVI.  Premier  feuillet  de  l'inventaire  dressé  en  i4i3.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  9/180   laS 

XL VII.  Reçu  donné  le  10  janvier  i4i5  par  Jean  Maulin. —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  9680   127 

XLVIII.  Ex  LiBBis  manuscrit  de  Jean,  comte  d'Angoulême.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  687   18a 

XLIX.  Inscription  placée  sur  les  volumes  provenant  de  la  bibliothèque  de  Pavie.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  jSS   182 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


Pages. 

L.  Inscription  extraite  d'un  volume  provenant  de  la  bibliothèque  de  Blois.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  970   187 

LI.  Titre  de  l'inventaire  de  la  bibliothèque  de  Blois  en  i5Mi.  —  Dois. 

Bihiiothècpie  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  566o   1 38 

LU.  Reliure  aux  armes  de  Louis  XII  et  d'Anne  de  Bretagne.  —  Planche  sur  acier  gravée  par 
E.  Taveriiier. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  11578   iho 

LUI.  Beliure  aux  chiffres  de  Henri  II  et  de  Diane  de  Poitiers.  —  Planche  sur  acier  gravée  par 
E.  Tavernier. 

Bibliothèque  Mazarine,  Buffets   ilit 

lilV.  Reliure  aux  armes  de  François  I".  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale ,  manuscrits ,  fonds  français ,  n°  2  2  6 1   161 

LV.  Reliure  au\  armes  de  Diane  de  Poitiers.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal,  manuscrits  in-folio,  n°  TF  g8   ilii 

LVI.  Beliure  au  chiffre  de  François  II.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  1 186   1 4/i 

LVII.  F  couronnée  pris  sur  un  volume  relié  pour  François  II.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  1186   i/ii 

LVIII.  Fleur  de  lis  couronnée  prise  sur  un  volume  relié  pour  François  II.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  1 1 86   1  /i5 

LIX.  Deux  C  entrelacés  pris  sur  un  volume  relié  pour  Charles  IK.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  868   1/16 

LX.  Reliure  au  chiffre  de  Charles  IX.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  780   1^7 

LXI.  Reliure  portant  la  devise  de  Charles  IX.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal   1/18 

LXII.   Reliure  exécutée  pour  Henri  III.  —  Planche  sur  acier  gravée  par  E.  Tavernier. 

Bibliothèque  Mazarine,  Buffets   1/19 

LXIIl.  Beliure  au  chiffre  de  Henri  III. —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds ,  Jurisprudence ,  in-8°,  n°  56   1/19 

LXIV.  Beliure  au  chiffre  de  Henri  IV.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  286   i56 

LXV.  Inscription  frappée  sur  les  volumes  reliés  pour  Henri  IV .  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  286   i56 

LXVI.    H  COURONNÉE  prise  SUR  UN  VOLUME  RELIÉ  POUR  IIenRI  IV.          Bois . 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  286   i5G 

LXVII.   M  COURONNÉE  PRISE  SUR  UN  VOLUME  RELIE  POUR  MaRIE  DE  MÉDICIS.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal ,  manuscrits ,  in-8°,  n°  TL  3 1 2   1 58 

LXVIII.  Reliure  aux  armes  de  Marie  de  Médicis.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  TArsenal,  manuscrits,  in-8°,  n"  TL  812   i58 

LXIX.  Marque  bibliographique  de  Hurault.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  976   169 


LXX.  Situation  de  la  bibliothèque  dans  la  rue  de  la  Harpe.  —  Fac-similé  héliographique. 
Plan  de  J.  Goniboust  (iGSa)  


ORIGINE  DES  SUJETS  GRAVÉS  SUR  ROIS  ET  SUR  ACIER.  xvit 

Pages. 

liXXI.  Situation  dk  i,\  iniiLioTiiiiQiiE  dans  la  rue  de  la  Harpe.  —  Fdc-simile  héliograplwiite. 

Plan  (le  Joiivin  de  Uoclief'orl  (  lOgo)   1 63 

LXXII.  Reliure  aux  akjies  de  Louis  XllI.  —  Bois. 

Bibliothèque  iMnzarine,  imprimés.  n°  3oi55   i64 

LXXIII.  A^CIE^'iyE  estampille  de  la  BiULioTiiiiQUE.  —  Dois. 

Bibliothèque  impériale,  imprimés   i65 

LXXIV.  Autre  estampille  de  la  bibliothèque.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  187/19   

LXXV.  Marque  bibliographique  de  P.  et  de  J.  Dupuv.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  GaiS   167 

LXXVI.   M0N0GR\MME  DE  P.  ET  DE  J.  DuPUY.    Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  (jaiS   167 

LXXVII.  Marque  bibliographique  de  Pu.  de  Béthune.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  londs  français,  n°  'jgoo   170 

LXXVIII.  Chiffre  de  I*h.  de  Béthune.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français ,  ir  2900   170 

LXXIX.  Situation  de  la  bibliothèque  dans  la  rue  Vivienne.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Lacaille  (1714)   17J 

LXXX.  Monogramme  de  Gaston  d'Orléans.  —  Bois, 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n"  17554   175 

LXXXI.  Autre  monogramme  de  Gaston  d'Orléans.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  17816   175 

LXXXII.  Monogramme  de  J.-A.  de  Thou.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  incunables,  n°  583 1  E   177 

LXXXIII.  Marque  bibliographique  de  J.-A.  de  Thou.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  incunables,  n°  583i  E   177 

LXXXIV.  Monogramme  de  Louis  XIV.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  cabinet  des  estampes   182 

LXXXV.  Plats  d'une  reliure  exécutée  pour  Louis  XIV.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  cabinet  des  estampes   tSû 

LXXXVI.  Reliure  exécutée  sous  Louis  XIV.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  cabinet  des  estampes   i83 

LXXXVII.  Marque  bibliographique  d'Anne  d'Autriche.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  39o88   i84 

LXXXVin.  Monogramme  d'Anne  d'Autriche.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine, nouveau  fonds.  Théologie,  in-V,  n"  -299*   i84 

LXXXIX.  Estampille  de  la  bibliothèque.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  imprimés   i85 

XC.  Autre  estampille  de  la  bibliothèque. —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  imprimés   i85 

XCI.  Estampille  des  doubles  vendus.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  imprimés   i85 


,„  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Pages. 

MaBQI  E  BIBLIOGRAI'IIIQI  E  DE  Cil.  DE  MoMCIlAL.    BoiS. 

Bibliothèque  Mazaiine ,  doubles   187 

XCIIl.   SlUNATlRE  u'Em.  Bk.OT.    Boïs. 

BiblioUièque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Littérature,  n"  Ai^8   188 

\CIV.   MmIOI  E  BIllMOCiHAl'IlIQLE  DE  L.-E.  BlGOT.    Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Théologie,  in-4°,  n"  89   188 

XCV.    MaBOLE  BinLIOGRAPHIQlE  DE  BiGNOX.    Bois. 

Bibliothèque  Je  l'Arsenal,  in-A",  n"  17809  H   i9'J 

XCV  1.   MONOGBAMME  DE  BlG.\0\.    Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal,  in-4',  n°  17809  H   19-2 

XCVII.  Signature  d'Etienne  Baluze.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Littérature,  n"  19/1   193 

XCVIII.  Plan  de  i-a  BiBLiOTiiiiQUE  en  175/1.  —  Planche  sur  acier  gravée  par  E.  Tavernicr. 

Blondel,  Arclùleclure française ,  t.  III,  |).  80   195 

XCIX.   MaRQI  E  BlBMOGRAPHIQrE  DE  DE  MeSME.    Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   ...   1  96 

C.  Croissants  entrelacés  qui  figurent  sur  les  reliures  provenant  de  de  Mesme.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   196 

CL  Monogramme  de  de  Mesme.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   197 

CIL  Médaille  frappée  en  l'honneur  de  Louis  XV.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  cabinet  des  médailles   197 

cm.  Petite  marque  bibliographique  de  Colbert. —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Théologie,  in-4°,  n"  36--2   198 

CIV.  Monogramme  de  Colbert.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Théologie,  in-4°,  n"  36-?   198 

CV.  Grande  maiique  bibliographique  de  Colbert.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  5ooo  A   199 

CVI.  Autre  monogramme  de  Colbert.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  5o3o  A   900 

CVII.  Ex  i.iBnis  MANUSCRIT  DE  C.  Falconet.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Philosophie,  in-8°.  n°  1/483   9o3 

CVIII.    LSTVMPILLE  DE  LA  BIBLIOTnliQUE.    Bois. 

Bibliothèque  impériale,  imprimés   208 

CIX.  Marque  monogrammatique.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  imprimés   .209 

COLLEGE  DE  LA  MARCHE. 

C\.  Le  collège  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  dit  de  Tiirgol  (1739)   .^jf^ 

CXI.  Début  de  l'inventaire  des  biens  de  Beuvin  de  Winville.  —  Bois. 

Archives  (le  l'Empire,  série  M,  carton  n"  171   220 


OlUGINE  DES  SUJETS  GRAVÉS  SUR  RO[S  ET  SUR  ACIER.  mx 

P„,;es. 

CXII.  Titre  de  l  inventaire  des  riens  de  IJeuvin  de  Winville.  —  Bois. 

Archives  de  l'Empire,  série  M,  carton  n°  171   •2-21 

CXni.  Première  partie  de  la  marque  du  collège.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Littérature,  11°  050   -a-aA 

TAIV.  Seconde  partie  de  la  marque  du  collège.  —  Bois. 

Hibliolhèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Littérature,  n"  050   2^4 

COLLEGE  DE  MAITRE  GEKVAIS. 

(',\V.  liE  COLLEGE  ET  SES  ENVIRONS.  —  lùic-simik  hcliographiquc . 

Flan  de  Ducerceau  (  1 5  0  0  )   22  5 

COLLEGE  DE  FOUTET. 

CX\ I.  Le  collège  et  ses  environs.  —  Fuc-simile  héliographique. 

Plan  dit  de  Tapisserie  (i5/io)   229 

CXVII.  Titre  de  l'inventaire  des  livres  de  Pierre  Fortet.  —  Bois. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  863o   280 

COLLEGE  DE  SEEZ. 

CXVIII.  Le  collège  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliograpliique. 

Plan  de  Lacaille  (1714)   233 

CAPUCINS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORE. 

CXIX.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Lacaille.  (171/1)   235 

CXX.  Marque  bidliographique  du  codvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine   939 

COLLEGE  LOUIS-LE-GRAXD. 

CXXL  Le  collège  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Bullet  et  Blondel  (1O7G)   2^5 

CXXII.  Inscription  placée  dans  les  volumes  légués  au  collège  par  la  mère  de  Fr.  Diez.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine ,  doubles ,  n°  1 3  i  0   2  5 1 

CXXIH.  Signature  latine  de  Desportes.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  incunables  ,  n°  2o5i   281 

CXXIV.  Signature  française  de  Desportes.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  incunables,  n°  2o54.   25 1 

CXXV.  Monogramme  de  Desportes.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Littérature,  n°  1575   261 

CXXVi.  .Marque  bibliographique  de  F.  Fouquet.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  6453   253 

CXXVIL  Aotre  marque  de  F.  Fouquet.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Histoire,  in-4",  n"  2670   254 

CXXVIIL  Marque  bibliographique  d'A.  de  Harlav.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   2  55 


V,  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Pages. 

CXXIX.  Monogramme  d'A.  de  Harlav.  —  Bots. 

Bibliothèque  Mazarinc ,  doubles   266 

GXXX.  Inscription  placée  dans  les  volumes  légués  au  collège  par  A.  de  Hablay.  —  Bots. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   286 

CXXXI.  Estampille  du  collège.  —  Bots. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Histoire,  in-k",  n"  367.5   16-2 

CXXXII.   MaRQI  E  lilRLIOGRAPIlIQDE.    BoiS. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  899  A   262 

CXXXIII.  Estampille  du  Prytanée.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Université,  imprimés,  n°  HF.a.u.  89   269 

COLLIÎGE  DES  GRASSINS. 

CXXXIV.  Le  collège  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Jouvin  de  Bochefort  (1690)   267 

CXXXV.  Marque  birliographique  du  collège.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal ,  imprimés,  in-Zi°,  n°  1875O   368 

MAISOiN  PROFESSE  DES  JÉSUITES. 

CXXXVI.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Vassalieu  (1609)   269 

CXXXVII.  Marque  birliographique  de  D.  Huet.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  6798  B   271 

CXXXVIII.  Ex  LiBRis  de  D.  Huet.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal   979 

(iXXXIX.  Incrii'tion  collée  dans  les  volumes  donnés  par  d.  Huet.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  1117  G   979 

C\Ij.  Autre  e.\  libris  de  U.  Huet.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Institut,  imprimés,  11°  M  342     278 

CXLI.  Marque  bibliographique  de  la  maison  professe.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n°  i83'!i9  B   276 

GXLII.  Autre  marque.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n"  182/12  B   976 

FEUILLANTS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORE. 

CXLIII.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Vassalieu  (1 609)   a8i 

GXLIV.  Marque  bibliographique  des  Feuillants.  —  Bois. 

Bibliollièque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Histoire,  in-/i',  n"  23Go   284 

GXLV.  Autre  marque.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine ,  mniuiscrits,  n"  3i56   985 

GXLVL  Estampille  des  Feuillants.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  2789   a85 


ORIGINE  DES  SUJETS  GRAVÉS  SUR  ROIS  ET  SUR  ACIER.  vxi 

PÉMTENTS  DB  PICPIJS. 

Pages. 

GXLVII.  Lk  co^IVE^T  et  ses  einvirons.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  (le  Lacaillc  (lyi'i)   '^87 

GXLVin.  Maroue  BinLior.RAPiiiQiJE  des  pénitents  de  Picpus.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimes,  11°  G17  L   291 

FRÈRES  DE  LA  CHARITE. 

CXLIX.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Gomboust  (1662)   ..  298 

CL.  L  hôpital  au  xvn"  siècle.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Mërian  (t  6 1 5  )   -j 98 

GLI.  Marque  bibliographique  de  l'hôpital.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n"  2978   996 

RÉCOLLETS. 

CLII.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Lacaille  (171 4)     297 

AllGUSTINS  DÉCHAUSSÉS. 

GLIII.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  dit  de  Turgot  (1 789 )   3oi 

CARMES  DÉCHAUSSÉS. 

CLIV.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Lacaille  (171    811 

GLV.  Estampille  des  Carmes.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   3 1.8 

CLVI.  Autre  estampille.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Jurisprudence,  in-8°,  n"  338   3i3 

JACOBINS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORE. 

GLVII.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  B.  Jaillot  (1717)   3i5 

CLVIII.  Estampille  des  Jacobins.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Jurisprudence,  in-4°,  n°522   820 

GLIX.  Indications  qui  figurent  sur  les  volumes  provenant  des  Jacobins.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Littérature,  n°  728   820 

CLX.  La  bibliothèque  des  Jacobins  en  1792.  —  Planche  sur  hois  gravée  par  E.  Deschamps. 

Millin,  Antiquités  nationales ,  t.  1",  p.  5^   820 

MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE. 

CLXI.  Le  COUVENT  ET  SES  ENVIRONS.  —  Fac-similc  héliographique. 

Plan  de  J.  Gomboust  (1 652)   828 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

Pages. 

CIAH.  Inscription  placée  dans  les  volujies  légués  par  Alex.  Letenneur.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Philosophie,  in-4°,  n°  927   3>3/i 

(lIAlIi.  Inscription  placée  dans  les  volumes  légués  par  Decombes.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   4 

CLXIV.  Marque  primitive  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal   333 

CLW.  Marque  destinée  au\  volumes  in-folio.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   33/i 

CLXVI.  Marque  destinée  aux  volumes  in-quarto.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Histoire,  in-/i°,  n°  2388   33/i 

(ILXVII.  Marque  destinée  aux  volumes  in-octavo.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds ,  Litte'rature ,  n"  1290   335 

(dAVlII.  Marque  frappée  sur  le  dos  des  volumes.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Histoire,  in-4°,  n°  2388   335 

ORATOIRE. 

(jLXIX.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Lacailie  (171/1)   337 

CLXX.  Note  autographe  d'A.  de  Harlav.  —  Bois, 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  1075   338 

CLXXL  Lnscription  placée  dans  les  volumes  légués  par  Païen  de  Montmor.  — Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Jurisprudence,  in-8%  n°  617   SSg 

CLXXn.  Inscription  placée  dans  les  volumes  légués  par  A.  de  Bardonenche.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Littérature,  n°  igg   339 

(iLXXIIl.  Marque  riiîliographique  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   3^3 

PETITS-ÂUGUSTINS. 

CLXXIV  .  Le  coun  ent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Jouviii  de  Piochefort  (1690)   345 

COiVGRÉGATION  DE  LA  MERCI. 

(ilAXV.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fae-simile  héliographique. 

Plan  do  Goniboust  (iGSa)   35i 

CLXXVI.  Ma  rque  bibliographique  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Jurisprudence,  in-li",  n°  'à-j5   354 

(ILXXVIi.  Autre  marque.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  imprimés,  n"  10870  B   355 

CAPUCIINS  DE  LA  RUE  SAINT-JACQUES. 

(.LXXVIU.  I>E  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

I*l;m  (le  J.  (lomboust (1 G52  )   35^ 


ORIGINE  DES  SUJETS  GRAVÉS  SUR  BOIS  ET  SUR  ACIER. 


XMll 


BLANCS-MANTEAUX. 

l'ogcs. 


CLXXIX.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  hêlioffrapliique. 

Plan  de  Jouvin  (leRocbefort  (1690)   •559 

GLXXX.  Ex  Linnis  manuscrit  des  Gmillelmites.  —  Bois. 

Ribliolhèque  Mazariue,  manuscrils ,  n"  1 335   36o 

CLXXXI.   Ex  I.IBRIS  MANUSCRIT  DES  BlANCS-AIaNTEAUX.    Bois. 

Bibliotlièque  Mazarine,  incunables,  n"  9o3o  B*   359 

CLXXXII.  Vue  du  couvent  en  1706.  —  Fac-similé  hèliographique. 

Icônes  monasteriorum  congregationis  Sancti Mauri   369, 

SÉMINAIRE  DE  L'ORATOIRE. 

CLXXXIII.  Le  séminaire  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliograpliique. 

Plan  de  J.  Goniboust  (lôSa)   365 

CLXXXIV.  Signature  de  Delaplanche.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Philosophie,  in-4°,  n°  38o   366 

CLXXXV.  Ex  LiBBis  DE  Delaplanche.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  Philosophie,  in-4°,  n°  38o   366 

BÉNÉDICTINS  ANGLAIS. 

GLXXXVl.  Le  couvent  et  ses  environs. —  Fac-similé  hèliographique. 

Plan  de  B.  Jaillot  (1717)   369 

GLXXXVII.  Estampille  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine ,  nouveau  fonds,  Théologie,  in-4°,  n°  i3   371 

CAPUCINS  DU  MARAIS. 

GLXXXVllI.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  hèliographique. 

Plan  de  Jouvin  de  Rochefort  (1690)   373 

CLXXXIX.  Marque  bibliographique  des  Capucins.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Littérature,  n°55o   376 

SÉMINAIRE  SAINT-FIRMIN. 

GXG.  Le  séminaire  et  ses  environs.  —  Fac-similé  hèliographique. 

Plan  de  B.  Jaillot  (1717)   377 

GXCI.  Ex  LiBRis  DU  séminaire.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Théologie,  in-8°,  n"  307   379 

ÉGLISE  SAINTE-MARGUERITE. 

GXGII.  L'Eglise  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  de  Jouvin  de  Rochefort  (1 690)   38 1 

CONGRÉGATION  DE  LA  DOCTRINE  CHRÉTIENNE. 

CXCIII.  Le  couvent  et  ses  environs.  —  Fac-similé  héliographique. 

Plan  dit  de  Turgot  (1739)   391 


iv  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Pages. 

GXCIV.   Ex  LiailIS  DE  J.  PlNSONNAT.    Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds.  Théologie,  in-^°,  n°  io3o   SgS 

GXdV.   SiGINATlIRE  DU  P.  BaIZÉ.    BotS. 

Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds ,  Philosophie,  in- 8°,  n°  369   3g6 

GXCVl.  Estampille  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles   898 

GXCVII.  Marque  [iibliograpiiique  du  couvent.  —  Bois. 

Bibliothèque  Mazarine .  doubles   898 


LES 


ANCIENNES  BIBLI0THÈ()11ES 

DE  PARIS. 


Fac-similé  heliographique.  Plan  de  Vassalieu  (1609). 


CARMES  DE  LA  PLACE  MAUBERT. 


On  sait  que  les  Carmes  regardaient  comme  leur  fondateur  le  prophète  Elie, 
rrpour  autant,  dit  Aubert  Lemire,  qu'il  a  été  le  premier  qui  a  mené  vie  solitaire 
frau  mont  Carmel'^'.Ti  Ce  qui  est  moins  douteux,  c'est  que,  quelques  ermites 
s  étant  réfugiés  sur  cette  montagne  pour  se  dérober  aux  attaques  des  Sarrasins, 
Albert,  patriarche  de  Jérusalem,  leur  donna,  en  1112,  une  Règle  qui  fut  approu- 
vée en  1171  par  Honoré  III  Saint  Louis,  pendant  son  séjour  en  Palestine, 
eut  l'occasion  de  visiter  ce  couvent:  il  emmena  avec  lui  six  des  religieux;  puis, 
aussitôt  de  retour  à  Paris  (1259),  rr  il  leur  aciieta  une  place  sur  Seinne  devers 
ffCharenton,  fist  fere  leur  méson,  et  leur  acheta  vestemens,  calices,  etc'^'n  L'en- 
droit qu'avait  choisi  le  roi  pour  installer  ses  protégés  était  situé  au  port  Saint- 
Paul,  sur  l'emplacement  qu'occupèrent  plus  tard  les  Célestins.  Les  Carmes  se 

Aub.  Lemire.  Histoire  de  l'origine  et  institu-  de  la  ville  de  Paris  et  de  ses  environs,  t.  V,  p.  ihj. 
tion  de  divers  ordi-es ,  y  11  lecteur,  p.  ix.  Joinvitle,  Vie  de  saint  Louis,  édit.  Micliaud, 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique       p.  82 9. 


II. 


1 


2  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

plaignirent  bientôt  des  inconvénients  que  leur  causait  le  voisinage  de  la  Seine; 
il  paraît  qu'elle  débordait  cbaque  hiver,  et  que  l'eau  s'avançait  alors  jusqu'à  la 
porte  du  couvent,  d'où  l'on  ne  pouvait  plus  sortir  qu'en  bateau.  Philippe  V 
écouta  ces  doléances;  il  acquit  de  Gui  de  Livriac,  l'un  de  ses  secrétaires,  une 
maison  qui  était  située  au  bas  de  la  grande  rue  Sainte-Geneviève,  et,  par  lettres 
patentes  de  décembre  1817,  en  fit  don  aux  Carmes  :  rrDomum  nostram,  dit-il, 
crquœ  luit  dilecti  magistri  Guidonis  de  Livriaco,  clerici  nostri,  et  quam  ab  eodem 

rrcomparavimus,  sitan  in  magno  vico  Sanctse  Genovefœ,  perpétua  dona- 

rrtione  largimur^''.  Il  Ce  changement  de  résidence  fut  autorisé  par  une  bulle  de 
Boniface  VII  c^'. 

De  nombreuses  libéralités  permirent  aux  Carmes  d'augmenter  leurs  bâtiments 
et  d'élever  une  vaste  église.  Ils  eurent  aussi  de  très-bonne  heure  une  biblio- 
thèque. 

En  août  i3i8  mourut  à  Avignon  Michel  du  Bec,  cardinal-prêtre  du  titre  de 
Saint-Etienne  in  Celio-Monte,  qui  voulut  être  enterré  chez  eux,  et  qui,  pour 
obtenir  cette  faveur,  leur  légua  mille  livres  parisis  et  tous  les  volumes  qu'il  pos- 
sédait'^l  Un  extrait,  sur  vélin,  du  testament  de  Michel  du  Bec  est  conservé  aux 
Archives  de  l'Empire,  et  l'on  y  trouve  énumérés  les  ouvrages,  au  nombre  de  vingt- 
cinq  environ,  qui  composaient  la  bibliothèque  du  prélat.  On  y  remarque  :  une 
bible  en  deux  volumes,  valde  pulcra,  dit  le  texte;  une  bible  en  dix  volumes,  com- 
mentée; une  autre  bible,  de  format  plus  portatif;  plusieurs  ouvrages  de  saint 
Augustin,  entre  autres  la  Cité  de  Dieu  et  les  Commentaires  sur  la  Genèse;  le  traité 
De  casu  diaboli  d'Anselme  de  Cantorbéry;  la  Somme  des  vertus  cl  des  vices;  les  Médi- 
tations  de  saint  Bernard;  le  Decretum  de  Gratien  et  les  Décrélales;  les  Œuvres  de 
Pierre  de  Tarantaise  (Innocent  V),  en  deux  volumes;  \ Histoire  ecclésiastique  de  Pierre 
Comestor;  les  Lettres  de  Pierre  de  Blois;  la  Somme  de  saint  Jean-de-Dicu ;  un 

r 

Commentaire  sur  les  Epîtres  canoniques  et  sur  le  Cantique  des  cantiques  '"l  Tous  ces 
ouvrages  furent  déposés  et  enchaînés  dans  la  bibliothèque  du  couvent^^'. 

Vin'jt  ans  après,  le  sous-prieur  Mathieu  de  Pai'is  donna  aux  religieux  une 


J.  Dubreul,  Tlieatre  des  antiquitez  de  Paris, 
p.  li^8. 

Celle  bulle  esl  reproduite  duns  Fëlibien,  His- 
toire de  Paris,  t.  III,  p.  219. 

Exlrail  du  testament  :  rrReverendi  patris  do- 
'rniini  Michaclis,  bone  memorie,  lituli  sancti  Ste- 
fphani  in  Gelio  Monte  prcsbiteri  cardinalis,.  .  .  . 
f  [quij  in  sua  ultima  voluntate  elegit  sepuiluram  in 
rrecclesia  nostra  nova.  .  .,  suosque  iibros.  .  .  pro 
<f  communi  libraria  et  usu  Iralrum  nostri  ordinis  Pari- 
irsius  sludencium ,  necnon  et  mille  libras  parisienses 
(f  pro  edilicatione  ecclesie  nostre  novc .  . .  legavit. . .  « 
(Archives  do  l'Empire,  série  L,  carton  n°  (jïîS.) 


cBiblia  in  duobus  voluminibus  valde  pulcra; 
irbiblia  in  decem  vokuninibus  glossala;  alia  biblia 
trnianualis;  Augustinus  super  Genèses,  cum  aliis 
cmultis  in  eodem  volumine  ;  Augustinus  de  (jivitate . 
"Cum  multis  aliis;  Anselmus  de  Casu;  de  Viliis  et 
fr Virtutibus  ;  Meditationes  Bernardi  ;  Decretum; 
rfDecrelales;  Scripta  Pétri  Tarentasiensis,  in  duobus 
ff  voluminibus  ;  Ystorie  scolastice  ;  Epistole  Pétri 
rrBlesensis;  Summa  magistri  Johannis  de  Deo;  Pos- 
rrlilla  super  Epistolas  canonicas  et  Canticum  Ganti- 
ffcorum.î) 

ffLibri(jue  omnes  predicti  in  comnmni  libra- 
rrria  deponantur  et  incalcnentur.  n 


CARMES  DE  LA  PLACE  MAUBERT.  3 

table  des  matières  du  Spéculum  historiale  de  Vincent  de  Beauvais;  on  lit  en  effet 
à  la  (in  de  ce  manuscrit'^'  : 


11  faut  encore  mettre  au  nombre  des  bienfaiteurs  de  la  bibliothèque,  pendant 
celte  période  :  Nicolas  de  Saint- Marcel,  qui  lui  donna  le  Commentaire  d'Oj'igène 
swr  la  Genèse^-^;  et  Jean  de  la  Charité,  religieux  du  couvent  de  Pont-Audemer 

Plusieurs  volumes  furent  encore  laissés  à  la  bibliothèque  de  la  place  Maubert 
par  Jean  Goulen,  Goulein  ou  Goulain,  provincial  des  Carmes  en  France,  person- 
nage considérable  sous  Charles  V,  et  qui  traduisit  pour  ce  prince  quelques  ou- 
vrages Les  inscriptions  que  portent  les  manuscrits  provenant  de  Jean  Goulen 
sont  longues  et  détaillées 

Le  prieur  Jean  de  Vernon  fit  au  même  couvent  des  libéralités  assez  importantes. 
Suivant  le  Bibliotlieca  Carmelitana,  il  l'enrichit  à  la  fois  des  ouvrages  qu'il  achetait 
et  de  ceux  qu'il  composait  ^""^  Le  seul  de  ces  volumes  que  nous  connaissions  est 
un  commentaire  de  saint  Augustin  sur  les  psaumes,  en  tête  duquel  on  lit  : 
rrlstud  psalterium,  de  dono  domini  Stephani  de  Breban,  procuravit  huic  con- 
rr  ventui  famosus  in  sacra  pagina  professer  magister  Johannes  de  Vernone n 


rristarn  tabulam  dédit  huic  librarie  Parisiensi 
(fvenerabilis  pater  noster  frater  Matheus  de  Pari- 
rrsius,  tune  proprior  provincialis  per  Franciani. 
ffAnno  Domini  m"  ccc"  xxx  vuj.  Qui  eam  fiiratus 
ffuerit,  anathema  sil. «  (Bibliothèque  Mazarine, 
Manuscrits,  n°  H  626.) 

On  ht  à  la  fin:  ce  Hune  libruni  Origenis  dédit 
rrhbrarie  conventus  Parisiensis  frater  Nicholaus  de 
ffSancto  Marcello,  ordinis  fratrum  béate  Marie  de 
ffCarmelo,  lectorin  sacra  pagina."  (Biblioth.  inip. 
Manuscrits,  fonds  latin,  n°  lySiS.)  Une  note  placée 
au  verso  du  feuillet  suivant  nous  apprend  que,  en 
1 389 ,  ce  volume  appartenait  au  frère  Nicolas  Saoul. 

On  lit  sur  le  second  feuillet  d'un  manuscrit  du 
xiv'  siècle:  tr Frater  Johannes  Caritatis,  lector  in 
"theologia,  conventus  Pontisaudomarei ,  dédit  hune 
fflibrum  communi  librarie  conventus  Parisiensis 
ffCarmehtaruni.n  (Bibliothèque  impériale,  Manus- 
crits, fonds  latin,  n°  10695.) 

Voyez  plus  bas  notre  notice  sur  la  biblio- 
thèque du  roi. 


rristum  librum  dédit  librarie  conventus  Pari- 
ftsiensis  ordinis  fratrum  béate  Dei  genitricis  Ma- 
(trie  de  Monte  Carmeli,  reverendus  niagisler  bone 
frmemorie,  magister  Johannes  Goulen,  conventus 
iT  Rothomagensis ,  ac  in  regno  Francie  legatus,  cu- 
rrjus  sepultura  habetur  magnifiée  elevata  in  isto 
ffconventu,  infra  capellam  Sancte  Anne.  Cujus  ani- 
ffuia  quiescat  in  pace.51  (Bibliothèque  impériale, 
Manuscrits,  fonds  latin,  n°  17978.)  —  trReve- 
irrendns  in  Christo  pater  dominus  ac  dominus  Jo- 
rr bannes  Goulen,  summi  Ponlificis  in  FVancia  le- 
ffgatus,  alumnus  et  filius  conventus  CarmeUtarum 
rrRothomagensium,  dédit  istum  Johannis  Ilalensis. 
ff  Franciscani,  librum  librariœ  Garmelitarum  Pari- 
frsiensium.n  (Bibliothèque  impériale,  Manuscrits, 
fonds  lalin,  n"  17273.) 

rrPostquam  bibliolhecam  Garmeli  Parisiensis 
ffampliasset,  ubi  et  plurinia  comparata  volumina 
rrvel  a  se  scripla  reposuerat. .  .  .  «  (^Bibliotlieca  Car- 
melilana,  t.  II,  p.  i38.) 

Bibl.  imp.  Manuscrits,  fonds  latin,  n°  1996. 


CARMES  DE  LA  PLACE  MAUBEUÏ.  5 

Laurent  Bureau,  qui  fut  évè(|ue  de  Sisteroii,  provincial  do  Narbonne  et  con- 
fesseur de  Louis  XII,  était  entré  fort  jeune  dans  l'ordre  des  Carmes,  auquel 
il  portait  une  vive  affection,  comme  le  prouve  le  poëme  (ju'il  a  composé  à  la 
louange  d'Elie'''.  En  1/196,  il  donna  quelques  volumes  au  couvent  de  la  place 
Maubertt'^';  puis,  en  1/198,  il  lui  fournit  l'argent  nécessaire  à  la  reliure  de  plu- 
sieurs manuscrits.  Les  religieux,  pour  perpétuer  le  souvenir  de  sa  générosité, 
inscrivirent  sur  quel(jucs-uns  de  ces  volumes  la  note  suivante  :  crOrate  pro  fratre 
ffLaurentio  Burelli,  Divioncnsi,  Carmelitarum  doctore,  tlieologo  Parisiensi,  pro- 
crvinciali  Narbone,  et  cliristianissimi  Francornm  régis  Ludovici  XII  coiilessore,  qui 
rr  hoc  volumen  et  complura  alia  religari  fecit.  Anno  Dominice  salutis  m'^  quad™° 
r  nonage"°  octavo.  Ad  cujus  votum,  in  rei  memoriam,  ego  frater  Johannes  Ghase- 
rrrandi,  regens  conventus  Parisiensis,  meo  manuali  signo  presens  scriptum  subsi- 
(Tgnavi,  anno  quo  supra.  Ita  est  :  Ghaserandi,  avec  paraphe'^',  n  Les  Garmes  avaient 
donc  déjà  un  certain  nombre  de  bons  manuscrits,  et  ce  premier  fonds  ne  devait 
pas  tarder  à  s'augmenter.  En  iBSa,  un  religieux  nommé  Thomas  Sauvée  ajouta 
encore  plusieurs  volumes  à  la  collection  du  couvent^*'. 

Au  mois  de  juillet  i568,  on  enterrait  dans  l'église  des  Garmes  le  libraire  Gilles 
Gorrozet,  le  premier  qui  ait  eu  l'idée  de  publier  en  français  une  desciiption  de 
Paris Son  épitaphe,  placée  dans  le  cloître,  était  conçue  en  ces  ternies  : 

L'ail  mil  cinq  cens  soixante  huit,  Agé  de  cinquante  huit  ans, 

A  six  heures  avant  minuit,  Qui  Libraire  fut  en  son  temps. 

Le  quatriesuie  de  Juillet,  Son  corps  repose  en  ce  lieu  cy  : 

Deceda  Gilles  Corrozel,  A  l'anie  Dieu  lasse  mercy 

La  famdle  Gorrozet  était  fort  attachée  à  la  Maison  des  Garnies,  et  un  parent  de 
Gilles,  son  fils  peut-être,  fut  en  iByi  bibliothécaire  du  couvent.  Il  paraît  avoir 
rempli  ses  fonctions  avec  un  grand  zèle;  car  on  trouve  sur  plusieurs  manuscrits 
des  notes  bibliographiques  écrites  de  sa  main,  et  qu'il  a  presque  toujours  pris  soin 
de  signer (''l  II  laissa  aussi  quelques  volumes  au  monastère,  comme  l'indique 
cette  inscription  :  ce  Ex  dono  fratris  Antho.  Gorrozet,  Parisiensis n 

Nous  avons  encore  à  constater  vers  cette  époque  diverses  libéralités,  auxquelles 
il  est  impossible  d'assigner  une  date  certaine.  Parmi  celles  qui  semblent  avoir  eu 
le  plus  d'importance,  d  faut  mentionner  le  legs  du  au  frère  profès  Mathieu  Mas- 


In  lauilem  Eliœ  palriarchœ  Carmelitarum. 

Bibliothèque  impe'riale,  Manuscrits,  fonds  la- 
tin, n°'  -loha  et  2473. 

Bibliothèque  Mazarine,  Manuscrits ,  n°  T  608. 
Une  inscription  à  peu  près  identique  se  trouve 
dans  le  manuscrit  coté  n°  3i84,  fonds  latin,  à 
la  bibliothèque  inqie'riale. 

On  lit  il  la  fin  :  fflstuni  librura  dédit  lihra- 
frrie  Parisiensi  frater  Thomas  Sauvée,  ordinis  Car- 


meli.n  (Voyez,  entre  autres,  à  la  bibliothèque  Ma- 
zarine, le  manuscrit  n°  678.) 

La  Jleiir  des  antiquités  et  singularitez  de  la 
noble  et  trioinpliante  ville  et  cité  de  Paris j  et  les  noms 
des  rues,  églises  cl  collèges,  Paris,  i53a,  in-8°. 

Lerougc,  Curiosités  de  Paris ,  t.  I,  p.  /io3. 

Voyez  à  la  bibliothèque  Mazarine  les  manus- 
crits cotés  T  hk,  T  79,  T  193. 

Bihlioth.  Mazarine,  In''unab!es,  n°  igg'i  H. 


r,  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

cou     et  aux  frères  Riochus  et  Martin,  tous  deux  anciens  bedeaux  de  la  Maison 

Ce  fut  là  le  plus  beau  temps  de  la  bibliothèque  des  Carmes.  Il  nous  faut 
descendre  ensuite  jusqu'au  commencement  du  \v\f  siècle  pour  trouver  une  nou- 
velle donation  à  mentionner.  Un  sieur  Bénigne  Bernard,  baron  de  Boves,  person- 
nage sans  doute  assez  obscur  et  sur  le  compte  duquel  nous  ne  possédons  aucun 
renseignement,  mourut  le  i3  septembre  1626.  Anne  Courtin,  sa  veuve,  aban- 
donna à  la  Maison  des  Carmes  tous  les  livres  qu'il  possédait'^'.  Aucune,  peut-être, 
de  toutes  les  libéralités  de  cette  nature  que  nous  avons  rencontrées  ne  témoigne  au 
même  degré  de  l'importance  qu'y  attachait  la  donatrice,  et  de  son  désir  d'en  voir 
le  souvenir  éternellement  conservé.  Chacun  des  volumes  qui  en  proviennent  porte, 
frappées  en  or  sur  les  plats,  ces  armoiries,  assez  peu  gracieuses  d'ailleurs  : 


rrlix  liliris  revcrciidi  iic  piissirni  P.  Matth.Ti 
rrMasron,  lui  jus  conveiiliis  prol'cssi.fl  (Bil)liolhèqiie 
Ma/.ariiio,  Incuiiahlcs,  ii'"  <2'S-2  A  et  1A60  C.  ) 

''''  f:Ilanc  postillam  dodil  coiivcnliii  Parisieiisi  or- 
(fdinis  Iralriiiii  healj  Dei  gciiilricis  Marie  de  Monte 
(rOarmeJi.  lîioclius,  (juondaiii  Ijedellus  liiijiis  cou- 


ff  veatus  Parisiensis.  v  (Biltliothèque  Mazanne,  Manus- 
crits, n°  T  20/1.) —  TfEst  de  libraria  Carmeiitartiin 
tf  l'arisiensium,  et  euni  dédit  Martiniis,  qiiondatu 
ft  bedelUis  istius  conventus  Parisiensis ,  ejusdem  ordi- 
fr  (lis.  Dklaleu.t  (Hibl.  Mazarine,  Manuscrits,  n°Ti  i.) 
Elle  fit  plus  lard  d  importantes  libéralités  au 


CARMES  DE  LA  PLACE  MAUBERT.  7 

Elles  sont,  en  outre,  reproduites  sur  un  immense  ex  lihris  gravé  qui  est  collé 
dans  l'intérieur  au  verso  de  la  couverture.  De  plus,  le  premier  feuillet  de  garde 
est  doublé  par  une  grande  planche  imprimée  dont  voici  ](i  fac-similé  : 


JETEKNJE  MEMORISE 

NOBILISSIMVS  DOMINVS 

BENIGNVS  BERNARD 

BARO    DE  BOVES 

PRO    SVA    IN    DEVM    P1ETATE,AC  IN 

pauperes  mifêricordia^Collegio  Parifienfi  Fratrum 
Carmelicarum,  fuprcmae  voluntatis 
teftamento  firniauit. 

CLARISSIMA  DOMINA 

ANNA  COVRTIN 

DEFVNCTl  VIDVA  PIISSIMA 

TESTAMENTl  ARBITRA. 

fumma  religione  adimpleuit. 

ORATE  PRO  EO  FT  P^CE  FKVJTVR.  jiETERN 

Obiit  X I T I.  ScptembriS:,  decurfus  x  v.  Luflris ,  Anno 
Salucis  reparatx  M.  D  C  XXVI. 

Bcafus  'vir  qui  miferetur     commodat  jCfuin  in  Att^num  non 
commomhïlUT,    Pfalm.  c  x  i. 


couvent  des  Filles  du  Saint-Sacrement,  rue  Cassette.  Son  testament,  daté  du  6  juin  1 653,  a  été  imprimé, 
(  Piganiol  de  la  Force ,  Descrip.  de  Paris,  VII ,  29 1 .)       et  se  trouve  aux  Archives  de  l'Empire ,  sér.  L ,  n°  777. 


8  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

La  bibliotlièque  des  Carmes  fut  fort  délaissée  à  partir  de  ce  moment;  et,  en 
octobre  167^?,  les  religieux  acceptèrent  avec  empressement  un  échange  qui  leur 
fut  proposé  par  M.  de  Carcavi,  garde  de  la  bibliothèque  du  roi.  Moyennant  une 
i-ente  perpétuelle  de  six  minots  de  sel  ils  n'hésitèrent  pas  à  se  dessaisir  de  dix- 
huit  incunables  et  de  soixante-sept  manuscrits  latins  très-précieux '^l  Colbert  profita 
de  l'occasion  pour  leur  prendre  un  magnifique  exemplaire  de  la  Bible  de  1/162 

Moins  de  quarante  ans  après,  Jean  Cuiville,  docteur  en  théologie  et  prêtre  de 
Tulle,  chercha  à  relever  de  ses  ruines  la  bibliothèque  des  Carmes.  11  mourut  le 
6  avril  1708,  et,  par  son  testament,  légua  à  ces  religieux  tous  ses  livres,  au 
nondire  de  35o  volumes.  Il  ne  semble  pas  que  cette  libéralité  ait  rien  changé  à 
l'incurie  des  bibliothécaires  de  la  Maison;  mais  celle-ci  fit  du  moins  acte  de  gra- 
titude envers  son  bienfaiteur.  On  colla  en  tête  de  chacun  des  volumes  provenant 
de  son  legs  cette  inscription  imprimée  : 

ÎMMORTALITATI. 

CLARIS.  DD.  MAGISTER 

JOANNES  CUIVILLE 

PRESBYTER  TUTELENSIS 
DOCTOR  THEOLOGUS 
Die  VI.  Aprilis  An.  M.  DCCVIIl. 

DtFUNCTUS 

MAIORl  CARMELO 

rARISlENSI 

rianc  ôc  cxtcroj  CCCL.  Bibliothcca!  fuJ» 
libres  tcftamento  rehquit, 

QUISQUIS  LEGIS 

SIC   UTERE  DONO 

UT  ORARE  PRO  DONANTE 
ME  M  i  N  t  R  1  V 

Pi{janiol  do  In  Foiro ,  Descr.  de  Paris ,  V,  1 63.  Jacqiiemarti ,  Remarques  sur  len  ahbaijes ,  col- 

Jourdain,  Méitioire  liistoriquesur labihliolltèque       Icjjialcs,  etc.  supprimées,  p.  2.39. 

Hoi),  |).  WXVI. 


CARMES  DE  LA  PLACE  MAUBERT.  9 

Jl  est  probable  que  .1.  (uiiville  eut  des  imitateurs  et  que  plusieurs  donations 
succédèrent  à  la  sienne,  car,  en  1722,  le  couvent  possédait  environ  10,000  vo- 
lumes, et  avait  un  bibliotliécaire,  le  frère  Jacques  Armand ''l 

Le  célèbre  mécanicien  Jean  Tnichet,  qui  adopta,  en  entrant  aux  (larmes,  le 
nom  de  P.  Sébastien,  avait  formé  dans  cette  Maison  un  cabinet  qui  lut  lon[>temps 
une  des  curiosités  de  Paris;  il  contenait  un  très-grand  nombre  de  machines  de 
toute  espèce,  que  Truchet  avait  inventées  et  habilement  exécutées  lui-même Les 
Carmes,  aussi  peu  amateurs  de  mécanique  que  d'érudition,  vendirent  successi- 
vement toutes  les  pièces  qui  composaient  cette  collection  L'argent  qu'elles  pro- 
duisirent ne  fut,  du  reste,  nullement  employé  en  œuvres  pies.  Ces  religieux 
avaient  une  autre  manière  de  le  dépenser.  On  sait  que  leur  nom  était  devenu  un 
ie])roche  d'incontinence;  et,  la  foudre  étant  un  jour  tombée  sur  leur  église,  le 
P.  André  dit  publiquement  :  rr  Dieu  a  fait  une  grande  miséricorde  à  ces  bons 
ff  Pères  de  ne  sacrifier  à  sa  justice  que  le  clocher,  car,  si  le  tonnerre  s'étoit  abattu 
cfsur  leur  cuisine,  ils  étoient  tous  en  danger  d'y  périr  (''.n 

Au  moment  de  la  Révolution,  la  bibliothèque  des  Carmes  occupait  une  salle 
assez  élégante,  et  entourée  de  vingt-cinq  armoires  remplies  de  livres'^'.  Presque 
tous  les  écrivains  de  l'époque  disent  que  les  Carmes  avaient  alors  environ 
1  2,000  volumes'*'';  cependant  le  prieur,  dans  Ylùat  otliciel  qu'il  dut  fournir  à  la 
municipalité,  se  contenta  de  déclarer  i,83/i  volumes*'  .  Il  ajoutait  que  le  couvent 
n'avait  plus  de  manuscrits,  ce  qui  était  encore  un  mensonge,  car  18  manuscrits  du 
couvent  sont  entrés  à  la  bibliothèque  nationale  et  les  autres  bibliothèques  de  Paris 
en  ont  également  reçu.  Les  religieux  s'efforcèrent,  par  un  moyen  du  même  genre, 
de  conserver  une  collection  à  laquelle  ils  paraissaient  auparavant  tenir  si  peu.  Le 
16  avril  1791,  le  commissaire  de  police  de  la  section  Sainte-Geneviève  fut  averti 
qu'un  vol  avait  été  commis  dans  la  bibliothèque  du  couvent  des  Carmes;  il  s'y 
rendit  aussitôt  et  constata  rc  que  le  cadenas  qui  étoit  à  la  porte  avoit  été  arraché 
cravec  son  piton  ;ii  on  ne  s'était  pas  arrêté  là,  la  moitié  des  armoires  avaient  été 
ouvertes,  et  un  grand  nombre  de  volumes  manquaient.  Quels  étaient  les  auteurs 
de  ce  vol?  Le  commissaire,  dans  son  procès-verbal,  n'en  accuse  point  les  reli- 
gieux :  «A  la  réquisition  dudit  sieur  Housez'^j,  et  pour  la  propre  satisfaction  des 
cr  citoyens  qui  demeurent  en  ladite  Maison,  avons  visité  les  chambres  par  eux 


G.  Lulelia  Parisioniin  erudita  sui  Icm- 

poris ,  p.  120. 

G.  lirice,  Nouvelle  description  de  Paris ,  l.  II, 

p. 

Pio-aniol  de  la  Force,  Description  Itisiorifjiie  de 
Paris,  t.  V,  p.  iC3. 

Menagiana,  l.  I,  p.  19 G. 

Catalogue  des  livres  de  notre  bibliotlwque.  Ar- 
chives de  l'Empire,  série  S,  carton  n°  37.3/1. 


Tliiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers 
voyageurs  à  Paris,  l.  Il,  [).  990.  —  Guéroull,  Dic- 
tionnaire de  la  France  monarchique ,  p.  82. 

Etat  des  revenus ,  rentes ,  fondations  du  courrai 
et  collège  royal  des  grands  (larmes,  place  Maubot. 
Archives  de  ]"Eiiipire,  série  S,  cnrlon  n°  '.]■]'.] h. 

\oyez,  à  la  Bibholhèqiie  impériale,  le  cata- 
logue spécial  qui  en  a  été  dressé. 

C'était  le  procureur  du  couvent. 


II. 


10  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

r  occupées,  ot  n'y  avons  rien  trouvé  Les  ouvrages  volés  finirent  néanmoins 
par  reparaître,  jiuisque,  malgré  la  déclaration  faite  par  le  prieur,  on  constata, 
lors  (lu  transport  dans  les  dépots  littéraires,  la  présence  de  10,000  volumes 

Nous  ne  connaissons  qu'un  seul  catalogue  de  la  bibliothèque  des  Carmes  de  la 
place  Maubei't,  et  encoi'e  est-il  nécessairement  fort  incomplet;  c'est  celui  qui  est 
joini  à  ïl'Jnt  fourni  en  1790  par  le  couvent.  Ce  travail^  qui  se  compose  de  neuf 
pa'jes  in-folio  écrites  sur  deux  colonnes,  porte  en  titre  :  Catalogue  des  livres  de  notre 
l)ihliothè(jiu'.  On  lil  à  la  lin  :  cr Cette  collection  de  livres  vient  de  nos  devanciers, 
f'.ladis  nous  avions  des  manuscrits,  mais  M.  de  Colbert  les  fit  enlevei-  poui-  les 
ff|)lacer  à  la  bibliotliè(|ue  du  Roy'^'.n 

Les  (iarmes  firent  successivement  graver  pour  leurs  volumes  deux  estauqiilles. 
Nous  reproduisons  ici  celle  que  nous  croyons  la  plus  ancienne  : 


La  seconde  est  plus  grande;  l'ovale  qui  figure  sur  la  précédente  et  les  ornements 
dont  il  est  entouré  sont  remplacés  par  un  siiuple  écusson  accompagné  des  lettres 
S.  T.  (SaïKid  Theresa):  l'exergue  est  placé  entre  deux  filets  et  modifié: 


la  lin 


L'estampille  était  presque  toujours  appliquée  au  commencement  el  à 
des  volumes.  On  la  rencontre  parfois  frappée  en  or  sur  le  dos,  principalement  sur 
les  m-ioho,  où  elle  figure  entre  les  deux  derniers  nerfs  de  la  reliure. 


Proch-vevlml  pour  roi  J'ail  avec  cfraclion  à  la 
liililiolliniiie  des  Cannes  de  In  place  Maubcrt.  Archives 
do  l'Kiiipiie,  série  S,  carlon  11°  878 

Etat  général  des  livres  des  maisons  ecclésias- 


tiques et  religieuses  du  dêparlemenl  de  Paris.  Ai'clii\  es 
(le  l'Empire,  série  iVl,  carlon  n°7()7. 

Etal  des  rercnus,  renies ,  fondations .  etc.  Ar- 
chives de  l'Eiiipii'e,  série  S,  n°  'i')']'^h. 


C  A  R  M  E  S  I  )  E  L  A  P  L  A  C  E  M  A  U  B  E  H  T.  11 

Ou  Irouve  aussi  assez  souveul,  sur  les  plats  des  ouvrages  relies,  un  (1  et  un  (i 
etil  relacés  : 


Les  inscriptions  manuscrites  sont  très-lréqueulcs  el  lrès-\ariées  : 

PflO  (mVENTU  FRATRUM  CARMELITARUM  1^  [  RUE  PARISIE\SI  COMMOHANTWM. 
EX  LWRAItIA  CARMEUTARUM  MAURERTINORUM. 
EX  BIRLIOTHECA  CONVENTUS  ET  COLLEGIJ  REG1.I  CARMELIT.  PARISIENSIUM. 
ISTE  LIBER  EST  EX  LIBRIS  CARMEUTARUM  PARISIENSIUM. 
EX  BIBUOTIIECA  CARMEUTARUM  PARISIENSIUM  MAIGRIS  CONVENTUS. 
MAJORIS  CARMEU  MAUBERTINI  PARISIENSIS. 
DE  LA  BIBLIOTEQUE  DU  GRAND  COUVENT  DES  CARMES  DE  PARIS. 
\D  USUM  P.  P.  CARMEUTARUM  PARISIENSIUM  MAIORIS  CONVENTUS. 

Les  Carmes  de  la  place  Maubert  lui'ent,  en  1790,  léunis  aux  religieux  du 
même  ordre  qui  habitaient  la  rue  de  Vaugirard,  puis  supprimés  en  179--^.  I^es 
bâtiments  qu'ils  avaient  occupés,  d'abord  transformés  en  manufacture  darmes, 
lui'ent  démolis  eu  181^,  et  sur  leur  eiuplacement  s'éleva  le  marché  couvei't  qui 
existe  aujourd'hui. 


FdC-3irriile  héliographique. 


Plan  dît  de  T\irgol  (  1  739). 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE. 


La  médecine  était-elle  enseignée  dans  les  écoles  palatines?  Cette  (|nestioii, 
longtemps  controversée,  est  aujourd'hui  résolue  ])ar  l'aiïirmative.  Charlemagne 
n'avait  cependant  pas  une  confiance  exagérée  dans  la  médecine,  puisque,  d'après 
son  chroniqueui',  crplura  arbitratu  suo  ([uam  medicorum  consilio  laciebat ;  n 
néanmoins,  en  8o5,  par  un  capitulaire  daté  de  Tiiionville il  ordonna  que  l'art 
de  guérir  ferait  désormais  partie  de  l'éducation.  L'on  sait,  en  outre,  qu'il  y  avait 
dans  le  palais  d'Aix-la-Glia[telle  un  endroit  nonnné  Hipporralira  tecla^^K 

Il  est  incontestable  aussi  que  la  médecine  figurait  ])armi  les  cours  faits  aux 
écoles  de  l'église  Notre-Dame;  les  leçons  se  donnaient  alors,  dit  Riolan,  rren  une 
rr  maison  011  il  y  avoit  eudes  estuves,  entre  f  Hostel-Dieu  el  la  maison  defKvesque  .  i^ 
Or  c'est  précisément  là  qu'était  situé,  à  cette  époque,  l'emplacement  réservé  aux 
élèves  du  cloître  II  n'y  avait  d'ailleurs  encore  aucune  réglementation  fixe. 
Jusqu'au  commencement  du  xii*^  siècle,  les  maîtres  professèrent  ])resque  tous,  soit 
chez  eux,  soit  dans  des  salles  louées  à  des  particuliers  qui  habitaient  la  Cité; 


Eginliard,  Vita  Caroli Magni ;  clans  Ducliesne, 
Htsloriœ  Francorum  scriplores ,  t.  II,  p.  loi. 

Et.  Baliize,  Capilularia  reguni  Francorum, 
t.  I",  p. 

E.  Dul)oiilay,  Ilislorin  Lnirersitalis  Parisiensis , 
t.  II,  p.  .572. 


J.  Riolan,  (htrieuses  recherches  sur  les  escliolcs 
en  iiK-decine ,  p.  qi.  —  rrA  l'entrée  de  l'église,  an- 
fr dessons  de  la  lonr  qni  est  à  main  droite,"  dit 
l'abbé  LebeuF,  Histoire  de  la  cille  et  du  diocèse  de 
Paris,  t.  I",  p.  10. 

Voyez  ci-dessus,  l.  I",  j).  1  et  sniv. 


1/t  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

c'était  cependant  le  plus  souvent  dans  la  propre  chambre  du  doyen  qu'avaient  lieu 

les  examens,  les  actes  et  les  thèses ''^ 

Le  xn*^  siècle  vit  renseignement  se  concentrer  à  Paris,  qui,  sous  la  parole  élo- 
qucnle  d'Anselme,  de  Guillaume  de  Champeaux  et  surtout  d'Abélard,  devint  ra- 
pidement le  loyer  intellectuel  de  l'Europe.  Le  cloître  de  Notre-Dame  ne  put  bientôt 
plus  suflire  aux  milliers  d'étudiants  qui  affluaient  dans  la  capitale;  ils  envahirent 
le  plateau  de  Sainte-Geneviève,  et  allèrent  chercher  des  logements  entre  la  place 
Maubert  et  la  Seine,  et  jusqu'à  l'abbaye  de  Saint-Victor.  Une  organisation  nou- 
velle l'épondit  promptement  à  ces  besoins  nouveaux.  Vers  l'année  1270,  les  dil- 
lerentes  spécialités  représentées  dans  l'enseignement  se  formèrent  en  Facultés 
distinctes  et  indépendantes  les  unes  des  autres,  quoique  toutes  rattachées  à 
l'Uni veisité,  leur  mère  commune,  qui  les  associa  à  ses  privilèges '2'.  La  Faculté 
de  théologie  était  déjà,  en  fait,  transportée  à  la  Sorbonne;  la  Faculté  de  droit 
s'installa  au  clos  Bruneau,  rue  Saint-Jean-de-Beauvais;  et  la  Faculté  des  arts, 
((ui  comprenait  la  médecine,  ouvrit  ses  écoles  dans  une  masure  située  rue  du 
Fouarre'^',  une  des  voies  sombres  et  humides  qui  avoisinent  la  place  Maubert*^  . 
C'est  en  réalité  de  cette  époque  que  date  l'origine  de  la  Faculté  de  médecine; 
c'est  alors  qu'elle  commence  à  avoir  ses  statuts,  ses  registres  particuliers,  et  même 
son  sceau  d'argent,  dont  l'achat  fut  résolu  sous  le  décanat  de  Jean  de  Boset  :  cr  Quod 
fcsigillum  lietde  argento  ad  majorem  confirmationem,  n  disent  les  statuts  de  127/1, 
qui  furent  rédigés  par  maîtres  Jean  de  Parme,  Jean  Petit,  Jean  Breton,  Pierre  de 
Neuchâtel,  Pierre  d'Allemagne  et  Bouret'^',  les  seuls  médecins  qu'il  y  eût  encore 
à  Paris  Tous  alors  enseignaient  tour  à  tour,  et  pendant  la  durée  de  leur  exer- 
cice portaient  le  titre  de  maîtres-régents. 

Bien  que  l'élude  de  la  médecine  fût  interdite  aux  prêtres  et  aux  moines'"',  les 


Clioinel ,  E^sai  historique  sur  la  médecine  en 
France,  p.  i  o5. 

^'  J.-A.  Hazon ,  Eloffe  Itislori/jue  de  l'Université 
de  Paris,  p.  85. 

Cette  rue,  ouverte  au  commencement  du 
xin'  siècle  sur  le  clos  Mauvoisin,  qui  dépendait  du 
(ief  de  Garlande,  portait  déjà  à  cette  époque  le  nom 
(le  ricm  Straminis  [Cartulaire  de  Notre-Dame ,  t.  IV, 
p.  387);  mais  (Juillol,  en  i3oo,  l'appelle  nie  de 
l'Ecole,  et  le  manuscrit  de  la  bibliothèque  Cotto- 
nienne,  en  1  4oo,  rue  des  Escoules.  On  la  trouve  citée 
dans  les  écrits  de  Pétrarque  {Epistolœ  de  rchus  se- 
nililms,  lib.  I\,  ep.  i'),  de  Dante  {Paradiso,  c.  x. 
V.  i3G)  et  de  Uubelais  {Pantagruel,  liv.  II,  ch.  x). 
(ionime  l'indique  son  nom  laliu,  l'expression  rue  du 
Fouarre  est  tirée  du  vieux  mot  français  fouare  ou 
feurre,  qui  dés'xfrnc  paille. 

Les  maîtres  ne  renoncèrent  cependant  pas 


encore  à  donner  des  leçons  et  même  à  faire  subir 
des  examens  dans  leur  demeure.  Les  statuts  de 
i35o  décident  que  les  examinateurs  s'assembleront 
chez  le  plus  ancien  des  régents.  Plus  tard ,  en  1396, 
nous  voyons  le  doyen  Pierre  Desvallées  déclarer 
qu'un  examen  de  bachelier  a  eu  lieu  chez  lui,  friu 
ffdomo  mea.n  (Voyez  les  Co;/(«;CT(taiVes  manuscrits 
de  la  Faculté,  t.  1",  p.  3.) 

Crevier,  Histoire  de  l'Université  de  Paris,  t.  Il, 
p.  55. 

On  voit,  dans  les  Commentaires  manuscrits  de 
la  Faculté,  qu'il  n'y  avait  encore  à  Paris,  eu  iBgS, 
que  3i  médecins,  7a  en  i55o,  81  en  i566,  40 
en  1596,  85  en  1626,  et  111  en  i652.  Or,  en 
1395,  Paris  comptait  environ  i3o,ooo  habitants, 
200,000  en  i55o,  25o,uoo  en  1 596 ,  et  53o,ooo 
vers  1700. 

A  partir  du  xn°  siècle  seulement. 


FACULTE  DE  MEDECINE.  15 

docteurs  étaient  astreints  au  célibat,  et  cette  règle  subsista  jus({u'à  la  réforme 
o])érée  dans  l'Université,  en  i/i52,])ar  le  cardinal  Guillaume  d'Estouteville  {^Guil- 
lelmus  TotaviUeus);  dix  ans  auparavant,  le  doyen  Gliailes  de  Mauregard,  ayanl 
épousé  une  veuve,  avait  été  pour  ce  fait  dépouillé  de  tous  ses  titres'''.  Il  va  sans 
dire  que  les  Juifs  ne  pouvaient  exercer  la  médecine ;  Grégoire  XIII,  par  une 
bull(^  du  3o  mars  i58i,  renouvela  la  défense  qu'avaient  faite  à  cet  égard  Paul  IV 
et  l^ie  IV.  En  1/129,  un  décret  du  concile  de  Tortose  défendit  aux  médecins  de 
faire  plus  de  trois  visites  à  un  malade  qui  ne  se  serait  pas  confessé.  Le  concile  dv 
Paris,  tenu  la  même  année,  sous  la  présidence  de  Jean  de  Nanton,  archevêque  de 
Sens,  leur  ordonna  d'engager  les  malades  à  se  confesser,  et  de  leur  refuser  toute 
espèce  de  secours  jusqu'à  ce  qu'ils  eussent  suivi  ce  conseil. 

Les  leçons  étaient  déjà  très-suivies.  Ce  n'était  pourtant  pas  un  séjour  attrayant 
que  le  local  de  la  iHie  du  Fouarre.  Une  escabelle,  deux  chandelles  et  (juehpies 
bottes  de  paille  éparpillées  sur  la  terre  nue'^'  composaient  tout  le  mobilier  des 
salles  basses,  où,  dès  cinq  heures  du  matin,  se  pressaient  les  élèves.  Le  costume 
des  professeurs  resta  longtenq)s  en  harmonie  avec  ce  milieu.  On  eut  beaucoup  de 
peine  à  obtenir  d  eux  qu'ils  fissent  leurs  cours  vêtus  d'une  robe  convenable  et 
qui  leur  appartint;  les  statuts  de  i35o,  dressés  sous  le  décanat  d'Adam  de  Fran- 
cheville  (^Adamm  de  Francovilla),  les  obligèrent  à  enseigner  fin  cappa  rotunda. 
frhonesta,  propria,  non  commodata,  de  panno  bono,  de  brunetta  violacea t 
En  l'absence  d'horloge,  les  étudiants  se  réglaient  sur  la  cloche  des  églises  voi- 
sines :  la  messe  des  Carmes,  qui  se  célébrait  à  cinq  heures,  donnait  le  premier 
signal,  puis  venait,  une  heuie  après,  la  sonnerie  de  frime  à  Noti-e-Dame.  Quant 
aux  réunions  solennelles  de  la  Faculté,  elles  avaient  lieu  soit  à  l'église  des  Ma- 
thurins,  soit  à  Sainte-Geneviève-des-Ardents,  soit  à  ]\otre-Dame,  autour  d'un 
des  grands  bénitiers  de  ])ierre  qui  se  trouvaient  au  pied  des  tours,  r.  'm  ecclesia 
fParisiensi  supra  cuppam,n  dit  Héméré 

Cependant,  en  1869,  l'école  de  médecine,  devenue  plus  nombreuse  et  moins 
pauvre,  songea  à  se  procurer  un  local  spécial,  distinct  de  celui  qu'elle  occupait 
en  commun  avec  la  Faculté  des  arts.  Elle  acheta  dans  ce  but,  le  -ih  mai,  une 
petite  maison  située  au  coin  de  la  rue  de  la  Bûcherie  et  de  celle  des  Rats  t*^';  puis. 


E.  Duboulay,  Histoiia  U)ilrersilalis  Parinicu- 
sis,  t.  V,  p.  54 1 . 

Ibid.  l.  111,  p.  /loo. 
'^^  Cet  nsa^e  de  faire  asseoir  les  écoliers  par 
terre  sur  de  la  paille  fut,  eu  i360,  approuvé  par 
Urbain  V,  qui  eu  donna  une  explication  assez  sin- 
gulière :  rrScbolares  Universitatis  Farisiensis,  au- 
rrdieutes  suas  lectiones,  sedeant  in  terra  corani  ma- 
trgistris,  non  in  scaninis  vel  sedibus  eievatis  a  lerra  ; 
(fUt  occasio  superbiœ  a  juvenibus  secludatur.  n 


II((T  siiiil  sluliild  Fticiilliilis  medkimp  Piiii- 
sins...  aiino  DoihIju  iS.ïo ,  <hc  i^i  ineiists  Oclohrts. 

Cl.  He'iiiéré,  De  [cadania  Parisieiisi ,  j).  ï)o. 
—  Voyez  encore  Dubi'eul,  TItcaIre  don  (i)iliqiiile: 
(le  Paris,  p.  /i5i;  et  l  abbé  Lebeuf,  lliitoiie  de  la 
ville  et  du  diocèse  de  Paris ,  t.  1",  p.  2 1 . 

J.  Dubreul ,  Thealre  des  anli'/iiilei  de  Paris, 
p.  .ôGâ.  —  Eu  octobre  iGoo,  eu  faisant  l'inventaire 
des  papiers  de  la  Faculté,  on  trouva  luie  epistola 
latina  qui  nieutionnail  l'acquisition  de  rr|a  place  des 


16  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

aussitôt  installée  dans  cette  demeure,  elle  s'occupa  d'y  réunir  quel(|ues  volumes. 
La  pensée  était  bonne,  et  on  juge  que  son  exécution  ne  devait  pas  exiger  beaucoup 
(le  place,  à  une  époque  où  l'école  basait  tout  son  enseignement  sur  des  traduc- 
tions (rilippocrate  et  de  Galien,  sur  les  préceptes  de  l'Ecole  de  Salerne,  les  vers 
de  Gilles  de  Corbeil,  et  quelques  traités  arabes  d'Avicenne,  d'Averroës  et  d'Isaac<>'. 
Ce  lurent  à  peu  près  là,  en  effet,  les  seuls  ouvrages  classiques  jusqu'à  Fernel, 
qui ,  dit  ïLazon ,  rr  eut  le  rare  honneur  de  voir  ses  livres  enseignés  de  son  vivant  t^).  -n 
Nous  avons  cependant  une  preuve  certaine  de  l'existence  d'un  commencement  de 
])ibliothèque  à  la  Faculté  dès  l'année  i^gi  :  le  premier  volume  des  Commentaires 
nous  apprend  que,  sous  le  décanat  de  Richard  de  Baudribosco '^^  l'école  avait 
donné  en  gage  à  Guillaume  Boucher,  médecin  de  Philippe  de  Bourgogne  et  de 
(Charles  VI,  en  retour  d'une  somme  de  92  francs  prêtée  à  la  Faculté,  les  trois 
ouvrages  suivants  : 

Les  Concordances  de  Pierre  de  Sainl-Flour 

U Antidotarium  d'Albucasis  ; 

Le  Totiim  Conlinens  de  Rhasès     en  deux  volumes  '"^ . 

Lors  de  l'élection  de  chaque  doyen,  on  dressait,  en  séance  solennelle,  un  inven- 
taire de  tous  les  objets  que  la  Faculté  allait  lui  confier.  Le  nouvel  élu  en  donnait 
décharge  à  son  prédécesseur,  et  s'engageait  à  les  représenter  lui-même  intacts  à 
la  fin  de  son  exercice.  Dans  le  premier  inventaire  de  ce  genre  qui  nous  ait  été 
conservé,  Pierre  Desvallées  [Peints  de  Vallilntsj,  nommé  doyen  en  iSqB,  déclare 


ff  écoles  des  médecins  qui  sont  en  ia  rue  des  Rais,  en 
rrdaUedii  2/1  mai  1869. n  (T.-B.  Bertrand ,  Annales 
nictlki  VIS.  p.  83.) 

Chomel,  Essai  historique  sur'  la  médecine  en 
France,  p.  117. 

Hazon,  Eloge  Itislorique  de  la  Facvllè  de  méde- 
cine de  Paris,  p.  3. 

Doyen  de  1891  à  1092,  suivant  Clioniel. 

Il  fut,  vers  1825,  député  de  ia  Faculté  dans 
des  conférences  relatives  à  la  collation  des  bénéfices. 

On  le  trouve  désig'né  sous  iesnotns  suivants  : 
Abulcasis,  Uuckasis,  Bulchasim,  Azzahrawi ,  A:a- 
ravius,  Alzliaravius.  Il  était  d'Azzalira  près  de  Cor- 
doue,  et  vécut  au  xi"  siècle;  cependant  Casiri  le 
fait  mourir  en  11-29,  et  Freind  au  siècle  seule- 
ment. (]et  Antidotarium  est  sans  doute  une  des  divi- 
sions de  son  Al-Tassrif,  (jui  a  été  publié  par  Grimni , 
en  1519,  in-folio ,  sous  ce  titi-e  :  Liber  mediciiuc 
iheoricœ  necnon  practicœ  Alsaltravii.  Il  se  divise  en 
deux  parties  dont  chacune  comprend  quinze  sections. 
Dès  1A97,  plusieurs  traités  d'Albucasis  avaient  été 
inipriniés  à  Venise. 

Rhasès  ou  Rasis  exerça  la  médecine  à  Bagdad 


et  à  Ray,  et  mourut  vers  gio.  Son  Contincns,  (|ui 
est  divisé  en  dix  livres ,  a  été  imprimé  à  Brescia ,  en 
1 A80,  sous  ce  titre  :  Continens  Bliasis,  ordinatus  et 
correcliis  per  clarissimum  artium  et  medicinœ  doc- 
torei» ,  magistnini  Hieroni/inum  Suriainiin ,  mine  in 
Camnldulensi  ordine  dicatnni,  -i  vol.  in-folio.  C'est 
très-probablement  cette  version  que  possédait  la 
Faculté.  Ce  traité,  qui  embrasse  la  médecine  et  la 
chirurgie,  est  en  grande  partie  tiré  d'Aëtius  et  de 
Paul.  Rhasès  n'en  est  évidemment  pas  te  seul  au- 
teur, car  on  y  rencontre  les  noms  de  plusieurs  mé- 
decins grecs  moins  anciens  que  lui,  et  qu'il  n'a  par 
conséquent  pu  connaître.  Il  est  donc  probable  que 
ses  disciples  auront  achevé  et  complété  son  livre; 
ils  ont  toutefois  négligé  de  le  mettre  en  ordre. 

rrMagister  Guillelnnis  Bouchei'ii  habet  Con- 
r'cordancias  Pétri  de  Sanclo  Floro,  Antidotarium 
fr  VIbucasis,  et  Totum  Conlinens  Rasis  in  duobiis 
rr voluminibiis ,  in  vadio  dicto  xxn  Irancoruni.  ul 
rrcontinetur  in  alia  |)apiro,  in  decanalu  magistri 
rrRichardi  de  Bodri  Bo.icu.'n  {Conimeiilnrii  nis.  viedi- 
cinœ  Fiicullat's  Parisiensis ,  I.  t'",  p.  1.)  —  Voyez 
ci-dessous  la  note  1,  p.  18. 


FACULTE  DE  MEDECINE.  17 

avoir  reçu  les  anciens  statuts  de  l'école,  un  registre  contenant  ses  privilèges,  le 
sceau  de  l'Université,  plusieurs  clefs,  dont  six  à  usage  inconnu,  etc.  etc.  et 
en  outre  tous  les  livres  qui  composaient  alors  la  bibliothèque  de  la  Faculté; 
c'étaient  : 

Un  Abrégé  des  synonymes  de  Simon  de  Gènes 
Un  Traité  de  la  lhériaque^'^>; 

Une  traduction  du  cinquième  livre  du  CoIIiget  d'Averroës  ; 
Un  ancien  Commentaire  sur  Avicenne; 
Le  second  et  le  troisième  livre  des  Canons  d'Avicenne  ; 
Les  Concordances  de  Jean  de  Saint-Amand 

Deux  traités  de  Jean  Mesué  :  les  Médicaments  simples  et  la  Pratique  ; 

V Antidotaire  clarifié  de  Nicolas  Myrepse^'''; 

Un  grand  volume  contenant  plusieurs  traités  de  Galien; 

Les  Concordances  de  Pierre  de  Saint-Flour; 

L Antidotariîim  d'Albucasis  ; 

Le  Totum  Continens  de  Rhasès. 


Il  est  indifféremment  nommé,  dans  les  ma- 
nuscrits, Simo  Januensis  ou  Geniastcs.  11  était  de 
Gênes  et  exerça  quelque  temps  la  médecine  à  Rome. 
11  fut  en  même  temps  médecin  et  chapelain  du  pape 
Nicolas  IV;  il  s'établit  sans  doute  plus  tard  en 
France,  car  vers  i29(),  époque  de  sa  mort,  il  était 
chanoine  de  Rouen. 

Galien  a  écrit  un  Traité  de  la  thériaque,  Ilepi 
T>7s  Q-ïjpiax-i)? ,  -CTpos  Tïtacova,  mais  cet  ouvrage  lui 
a  été  contesté.  Il  y  a  également  un  livre  sur  cette 
matière  dans  les  œuvres  d'Averroës  et  dans  celles  de 
Bernard  Gordon. 

'  Averroës,  Averrhoës ,  Averroys  ou  Averoïs 
était  de  Cordoue,  et  vivait  au  xi"  siècle.  Le  CoIIiget, 
son  œuvre  capitale,  est  divisé  en  sept  livres;  il  fut 
imprimé  pour  la  première  fois  à  Venise  en  i482, 
in-folio.  Ses  œuvres  complètes,  traduites  en  latin 
j)ar  le  médecin  juif  Jacob  Manlinus,  forment  onze 
volimies  in-folio,  qui  ont  été  publiés  à  Venise  par 
les  Juntes,  en  i552.  Une  grande  partie  des  ou- 
vrages d'Averroës  est  encore  inédite. 

Avicenne  mourut  en  1087.  Son  Canori  me- 
dicinœ  fut  d'abord  imprimé  en  arabe  à  Rome  en 
iSgS.  Avant  la  fin  du  xv'  siècle,  on  connaissait 
déjà  quatorze  traductions  latines  de  cet  ouvrage; 
la  plus  ancienne  est  due  à  Gérard  de  Crémone,  et 
la  première  édition  ne  porte  ni  date,  ni  lieu  d'im- 
pression. 

Il  était  chanoine  de  Tournai,  et  vécut  vers 
II. 


l'an  1900.  11  écrivit  un  long  commentaire  sur  l'Au- 
tidolaire  de  Nicolas  Myrepse.  On  donnait  peut-être 
le  nom  de  Concordanciœ  à  ses  nombreux  travaux 
sur  Hippocrate,  dont  un  beau  manuscrit  était  au- 
trefois conservé  à  la  bibliothèque  de  f abbaye  de 
Saint-Victor.  (Voyez  Chomel,  Essai  historique  sur  lu 
médecine  en  France,  p.  177  et  178.) 

Mesué  était  fds  d'un  apothicaire  persan.  Son 
Traité  des  médicaments  simples  a  beaucoup  de  rap- 
ports avec  XAntidotaire  de  Nicolas  Myrepse  ;  il  a  été 
traduit  en  latin  et  imprimé  à  Venise  en  1^71,  sous 
ce  titre  :  Canones  universaks  de  consolatione  medici- 
narutn  simplicium,  ex  arabico  in  latinum  translati. 
Le  mot  Practica  désigne  un  ouvrage  plutôt  astrolo- 
gique que  médical.  Les  œuvres  complètes  de  Mesué , 
qui  mourut  vers  8A6,  ont  été  publiées  à  Venise  eu 
i558,  in-folio. 

11  naquit  à  Alexandrie,  et  rédigea  en  grec  son 
Antidotarium  vers  l'an  i3oo.  Cet  ouvrage  fut  tra- 
duit en  latin  par  Léonard  Fuchs,  qui  le  publia  à 
Bàle  en  iSig;  une  autre  version,  beaucoup  moins 
exacte  et  très-incomplète,  avait  été  imprimée  dès 
1 5/11  à  Ingolstadt  par  Nicolas  de  Reggio.  C'est  un 
véritable  Codex  pharmacenticus ,  qui  fut  presque 
aussitôt  traduit  en  latin  et  adopté  par  la  Faculté. 
Tous  les  apothicaires  furent  alors  obligés  d'avoir  cet 
ouvTage  chez  eux  et  de  se  conformer  h  ses  pres- 
criptions. (Voyez  A.-A.  Monleil,  Histoire  des  Français 
des  divers  états,  t.  I",  p.  38,  note.) 

3 


18  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Ces  trois  derniers  volumes  étaient  encore  en  la  possession  de  Guillaume  Bou- 
cher 

L'inventaire  ((ui  l'ut  dressé  Tannée  suivante  pour  l'élection  de  Jean  de  Marie 
comprend  exactement  les  mêmes  ouvi'ages. 

Dès  cette  époque,  la  bibliothèque  avait  un  règlement,  (|ui  a  été  retrouvé  par 
Sabatier  dans  un  recueil  de  pièces  manuscrites.  Voici  ce  document,  curieux  à 
bien  des  titres  : 

Spectatores  manu  sinistra  ne  utantor. 
Libri  suis  forulis  et  ordinibus  ne  moventor. 
Nemini,  nisi  sub  chirographo  mutuo,  praebentor. 
(îoinmodati ,  ne  uHra  niensem  retinentor. 
Inlegri  et  intaminati  in  suos  ioculos  referentor. 
Plures  quatuor  senicl  bue  ne  ingrediuntor. 
Duas  uitra  horas  no  immorantor. 
Qui  libros  rariores  noverint,  eoruni  titulos 
bibhophylaci  lelinquuntor  C-^). 

On  voit  que  la  Faculté  de  médecine  avait  suivi  le  généreux  exemple  déjà 
donné  par  la  cathédrale  et  la  Sorbonne,  et  qu'elle  mettait  ses  richesses  bibliogra- 
phiques à  la  disposition  des  travailleurs.  Nous  montrerons  plus  loin  que,  comme 


ra»  -V»   ^      '    /I      '  f^t    {'■''"''"''ntfirn  ms.  t^iadUilis  timlicinn'  l>(n-mcn.m,  l.  \ ,  p.  \  \ 


J.-C.  Sabatier,  Recherches  historiques  sur  la  Faculté  de  médecine  de  Paris, 


P-9- 


FACULTE  DE  MEDECINE.  19 

la  Sorbonne,  elle  exigeait  de  l'emprunteui'  un  gage  équivalent  au  prix  du  volume 
prêté. 

Ces  livres,  dons  splendides  accordés  par  des  souverains  ou  légués  par  des 
savants,  étaient  considérés  comme  le  véritable  trésor  de  la  Faculté,  et  c'est  à 
eux  qu'elle  avait  recours  quand  ses  colîres  étaient  vides.  Plus  d'une  lois  elle 
les  engagea  pour  de  fortes  sommes,  dans  le  cas,  par  exemple,  où  il  s'agissait 
d'envoyer  des  déj)utés  aux  conciles,  aux  états  généraux  En  avril  i3()'7,  le 
médecin  Guillaume  Boucher  (Guillehnns  Carnifcis  ou  Boucherii),  dont  nous  avons 
parlé,  prêta  une  somme  de  quarante-huit  livres  à  la  Faculté,  et  reçut  de  nouveau 
en  garantie  les  Concordances  de  Pierre  de  Saint-Flour  et  le  Contitiens  de  Rhasès. 
La  quittance  délivrée  à  cette  occasion  par  le  doyen  Jean  de  Marie  nous  a  été  con- 
servée dans  un  recueil  maimscrit,  qui  se  trouve  aujourd'hui  à  la  bibliothèque  de 
l'école  :  Quittance  du  doyen  de  la  Faculté,  du  dernier  avril  iSgj,  par  laquelle  ilrecon- 
noit  avoir  reçu  de  vénérable  et  discret  homme  Guillaume  Carnificis,  ez  arlz  et  en 
médecine,  actuellement  regent,  la  somme  de  à 8  francorum  auri  de  cuno  régis,  sur  la- 
quelle ledit  a  engagé  a  livres  :  Totum  Continens  et  les  Concordances  de  Saint-Flour, 
lesquels  livres  il  avoit  déjà  engagés^^K  ...  La  Faculté  ne  put  restituer  ces  quarante- 
huit  francs  d'or  que  treize  ans  après,  en  mars  i/tio,  presque  au  moment  de  la 
mort  de  son  créancier  un  autre  recueil  manuscrit  nous  en  donne  la  preuve,  et 
nous  apprend  que,  dans  l'intervalle,  sans  doute  pour  répondre  des  intérêts  de  la 
somme  prêtée,  on  avait,  cette  fois  encore,  ajouté  au  nantissement  \ Anlidotarium 
d'Albucasis 

A  peine  rentré  à  la  bibliothèque,  le  Continens  de  Rhasès  fut  de  nouveau  donné 
en  gage;  cette  fois  à  Jean  Lelièvre  [Johannes  Leporis),  qui  avait  avancé  trente 
h'vres  à  la  Faculté  f^'.  Enfin,  quelques  années  après,  ce  volume  fut  prêté  au 
doyen  Etienne  de  Rouvroy  qui  mourut  sans  l'avoir  restitué.  La  Faculté  fit  des 
démarches,  et  dut,  en  ikk6,  envoyer  une  réclamation  à  Bourges,  où  demeuraient 
alors  les  héritiers  du  défunt  '''l 


Hazon,  Eloge  historique  de  ta  Faculté  de  méde- 
cine de  Paris,  p.  65. 

Instrumenta  tum  publica,  tum  privata  in  arca 
Facultatis  servata,  p.  3 3 4.  Ce  recueil,  dont  un 
double  existe  aux  Archives  de  l'Empire ,  est  d'autant 
plus  pre'cieux  qu'il  peut,  jusqu'à  un  certain  point, 
remplacer  les  premiers  volumes  des  Commentaires 
manuscrits  de  la  Faculté  qui,  comme  on  sait,  sont 
perdus.  Voyez  plus  bas  la  notice  sur  les  documents 
historiques  conserve's  à  la  bibliolliècpie  de  l'école. 

ffDie  Dominica,  sexta  julii  i/iio,  obiit  bonae 
rmemoricB  magister  Guillelmus  Carnificis  seu  Bon- 
•-clierii.  n  (T.-B.  Bertrand  .  Annales  medici  ms.  p.  1 4 
et  299.) 


**  ffDie  martis  i5  mensis  martii  iZiio,  lue- 
ffrunt  .  .  .  recuperati  et  redempti  libri  omnes  Fa- 
rrcultatis  quos  magister  Guillelmus  Boucherii  liabe- 
(fbat  in  pignore  pro  summa  h8  lib.  turonens.  id  est 
ff Totum  Continens  Rhasis  in  duobus  voluniinibus, 
"Concordantiœ  Pétri  de  Sancto  Floro,  et  Antidota- 
rrrium  Albucasis.  Facultas  intègre  satisfecit  M.  Bou- 
ffcherii  de  praedicta  summa.  1  (T.-B.  Bertrand, 
Annales  medici  ms.  p.  i5.) 

Synopsis  ms.  rerum  memoralilium ,  p.  2-2.  — 
T.-B.  Bertrand,  Annales  medici  ms.  [).  3oo. 

Doyen  de  1 A 1 6  à  1  A 1 7 . 

rri5  octobris  ihkH  .  .  .  Meminit  decanus  ini- 
ffpensarum  8  fr.  pro  litera  passata  per  duos  nota- 

3. 


20  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Cette  même  année  i/no,  la  Libliotlièque  s'enrichit  du  traité  de  Galien  De 
ntilùale  partmm  qui  iui  fut  légué  par  Pierre  d'Auxonne,  médecin  de  Charles  VI. 
Il  exigeait,  dans  son  testament,  que  ce  volume  fût  confié  à  tous  les  docteurs  qui 
voudraient  en  prendre  copie;  mais  à  charge  par  ceux-ci  de  dire  ou  de  faire  dire 
une  messe  de  requiem  pour  le  repos  de  son  âme  L'année  précédente,  on  avait 
fondé  une  messe  du  Saint-Esprit,  en  faveur  du  médecin  de  Charles  V,  Evrard  de 
Conti^^',  qui  venait  de  mourir,  et  laissait  à  la  Faculté  quelques  traités  de  Galien, 
qu'il  lui  avait  d'ailleurs  promis  depuis  longtemps^*'. 

Mais,  si  la  bibliothèque  acquérait  des  livres,  elle  en  perdait  aussi.  Deux  doyens, 
Henri  Thiboust*^'  et  Pierre  Colomb t*^',  avaient  prêté  de  l'argent  à  la  Faculté, 
qui  ne  savait  comment  le  leur  rendre.  Pour  s'acquitter,  elle  se  décida,  le  a  dé- 
cembre 1^87,  à  mettre  en  vente  les  œuvres  de  Turigianus,  dont  elle  eut  six  écus 
d'or^'''.  Deux  ans  après  Pierre  Colombi  mourut;  il  avait  emprunté  à  la  biblio- 
thèque des  livres  qui  ne  se  retrouvèrent  pas  dans  sa  succession.  Ses  héritiers,  il 
est  vrai,  offrirent  de  payer  en  argent  la  moitié  de  leur  valeur^*',  et  la  Faculté 
semble  avoir  très-volontiers  accepté  cette  transaction. 


rrios  pro  mittendo  Bituris ,  ad  recupcrandimi  librum 
ffde  Totiim  continens,  erga  hœredes  M.  Stephani  de 
rrRouvroy.i  {Synopsis  ms.  reruni  memorabilium , 
p.  ^1-) 

rispi  j^pei'as  Twy  èv  àvdpûuov  irwfxaTi  fxo- 
plwv  ;  c'est  en  physiologie  Tœuvre  capitale  de  Ga- 
lien. 

Riolan  [Curieuses  recherches  sur  les  escholes  en 
médecine,  additions,  p.  9)  et  G.  Patin  [Lettres, 
3o  décembre  i65o;  édit.  Reveillé- Parise,  t.  II, 
p.  578)  mentionnent,  d'après  les  Commentaires , 
un  manuscrit  De  uiilttate  membrorum ,  qui  aurait  été 
légué  à  la  Faculté  en  1090.  L'erreur  est  évidente, 
car  les  Commentaires  ne  contiennent  rien  de  sem- 
blable. Riolan  et  Patin  ont  mal  lu  la  date,  et 
veulent  certainement  parler  de  la  donation  de  Pierre 
d  Auxonne. 

'^^  ffDie  festo  Decollationis  S"  J.  |].  1610,  obiit 
frmagister  Petrus  de  Aussonno,  qui  legavit  Facultali 
ffrnedicœ  librum  Galeni  de  Utilitate  Partium,  qui 
(tmanebit  pênes  decanum,  et  eum  decanus  concedet 
trmagisiris  qui  voluerint  légère;  et  qui  ejus  volebil 
ffhabere  copiam,  tenebitur  dicere  aut  facere  dicere 
rrmissam  de  requiem  pro  redemplione  animai  suœ.'n 
(T.-B.  P)ertrand,  Annales  medici  ms.  p.  agg;  repro- 
duit en  d'autres  termes,  p.  1/1.  —  Synopsis  ms. 
rerum  memorabilium,  p.  18.) 

Evrard  de  Conti  était  très-instruit;  il  fit  pour 
Charles  V  une  traduction  des  Problèmes  d'Aristole. 
(Voyez  G.  Naudé,  De  antiipiitate  et  dignitnte  scholw 


medicœ  Parisicnsis ,  p.  44,  et  plus  bas  notre  notice 
sur  la  bibliothèque  du  roi.) 

rrDie  99  maij  i/ioa,  Evrardus  de  Conty  pro- 
rrniisit  se  dare  in  testamento  suo  Facultati  librum 
ffS"  textus  Galeni,  quod  quidem  fuit  recuperatum 
ffin  decanatu  magistri  Yvonis  Levis  anno  liog. 
frFuit  instituta  de  Sancto  Spiritu  missa  ob  legatio- 
frnem  supradictam.n  (T.-B.  Bertrand,  Annales  me- 
dici ms.  p.  1 1 .) 

trDie  i5  martii  i4io,...  Falcutas  diligenter 
ffinquisivi  de  recuperandis  quibusdam  libris ,  quos 
fsuo  testamento  sibi  legaverat  magister  Evrardus 
rrde  Conti. n  (T.-B.  Bertrand,  Annales  medici  ms. 
p.  298.  —  Synopsis  ms.  rerum  memorabilium, 
P-i6.) 

Il  avait  été  recteur  de  l'Université.  Il  fut  trois 
fois  doyen,  de  i43o  à  i43i,  de  liSi  à  i439  et 
de  i439  à  \kho. 

w  Doyen  de  i/i34  à  i436. 

ffDie  9  decenibris  1^37,  pro  acquitanda  Facul- 
fttate  erga  magistros  Henricum  Tbibout  et  Petruni 
ffColumbi,  magistri  deliberaverunt  imanimiter  11- 
ffbrum  Turigiani  exponere  venditioni,  ex  quoma- 
rrgister  Henricus  Thiboust  dicebat,  quia  Facullas 
ffhaberet  sex  scula  aurea.i  [Synopsis  ms.  rerum 
memorabilium ,  p.  38.  —  T.-B.  Bertrand,  Annales 
medici  ms.  p.  317.)  —  Sur  Turigianus,  voyez  plus 
loin  page  4o,  note  1. 

Hazon,  Eloge  historique  de  la  Faculté  de  méde- 
cine de  Paris,  p.  G5. 


FACULTE  DE  MEDECINE.  21 

En  revanche ,  nous  trouvons  deux  donations  à  constater.  Le  doyen  Jean  Lévêque 
légua  à  l'école,  en  i656,  un  manuscrit  d'Avicenne et,  vers  1A62,  Guillaume 
Musnier  lui  laissa  un  Compendium  medicinœ,  dont  nous  ignorons  l'auteur*'^'. 

Le  nombre  toujours  croissant  des  élèves  rendit  bientôt  insuffisante  la  petite 
maison  de  la  rue  des  Rats;  mais  il  fut  longtemps  impossible,  faute  de  fonds  suffi- 
sants, d'en  acquérir  une  autre.  Enfin,  le  jeudi  96  novembre  i/iB/i,  sous  le  décanat 
de  Denis-de-Soubz-le-Four,  Jacques  Despars,  chanoine  de  l'Église  de  Paris, 
médecin  de  Charles  Vil,  et  l'un  des  hommes  les  plus  distingués  de  sou  temps, 
convoqua  solennellement  la  Faculté  cr  autour  de  l'un  des  grands  benoistiersT)  pour 
aviser  aux  moyens  de  créer  à  l'école  un  logis  plus  convenable  Despars  propo- 
sait d'acquérir  une  nouvelle  maison  et  d'y  réserver  une  place  pour  la  bibliothèque; 
il  offrait,  dans  ce  but,  trois  cents  écus  d'or,  une  grande  partie  de  ses  meilleurs 
livres,  amagnam  partem  suoriim  meliorum  librorum,ii  et  même  des  meubles, 
ff  utensilia ■)•)  Despars  fut  remercié  comme  il  le  méritait;  mais,  bien  qu'on  pût 
compter  sur  une  faveur  spéciale  du  roi,  le  moment  fut  jugé  inopportun,  à  cause 
de  la  guerre  alors  allumée  contre  les  Anglais.  Dans  une  autre  réunion,  tenue  le 
-10  mars  1^69,  l'assemblée  arrêta  tr  qu'elle  achepteroit  des  Chartreux  une  vieille 
cr  maison  size  en  la  rue  de  la  Bucherie,  ioignant  l'autre  maison  acquise  par  la- 
cfdite  Faculté  long  temps  auparavant  :  ce  qui  fut  fait  pour  le  prix  de  dix  livres 
rr  tournois  de  rente  annuelle  payable  aux  Chartreux  n 

Despars  était  mort  quand  cette  acquisition  fut  décidée.  11  était  resté  jusqu'à  la 
fin  fidèle  à  sa  première  pensée;  car,  outre  les  libéralités  qu'il  avait  faites  de  son 
vivant  à  la  Faculté,  il  lui  laissa  par  testament  son  célèbre  commentaire  sur  Avi- 
cenne,  formant  quinze  volumes  écrits  de  sa  main  sur  vélin 


''^  trAnno  Domini  ii56,  ie  20°  sept.,  undecima 
(thora  noctis,  obiit  magister  Joannes  Episcopi,  el 
(rdedit  Avicennani  Facultati  medicinae.n  {Comment, 
ms.  FacuUatis  medicinœ  Parkiensis ,  t.  XXI ,  p.  1 14.) 
—  Jean  Lévêque  fut  doyen  de  ii5o  à  ii53. 

On  lit  dans  l'inventaire  dressé  en  lyiô  : 
flteni  Compendium  medicinœ,  legatum  Facultati 
fper  M.  Guill.  Musnerii;»!  or  Guillaume  Musnier 
fut  doyen  de  1 459  à  i462.  —  Avicenne  est  auteui- 
d'un  Compendium  medicinœ  qui  était  très-estiraé  au 
xv"  siècle;  on  en  doit  également  un  à  (iiibert  l'An- 
glais, qui  vécut  vers  1 9 1 0. 

Commentarii  ms.  Facultati.s  medicinœ  Parisien- 
sis,  t.  Il ,  p.  i36. 

''''  rrOlTerebat  3oo  scuta  auri,  magnam  partem 
ffsuorum  meliorum  librorum  ot  plura  utensilia,  ad 
traptationem  loci  et  librariam  in  dicta  domo  perd- 
ffciendani.  11  (^Synopsis  ms.  rerum  memorubilium  . 
p.  hù.) 


i.  Dubreul,  Théâtre  des  antiqinlez  de  Paris. 
p.  5G2.  —  En  i486,  le  doyen  Richard  Hélain  ra- 
cheta cette  rente  moyennant  cent  écus  d'or. 

aAnno  Domini  m°  cccc°  lvii",  die  tercia  ja- 
rrnuarii,  hora  prima  vel  cocirca  post  prandium, 
ffdeccssit  et  dcbitum  suum  solvit  honorandus. 
fdoctus  et  recommendacione  dignus  ,  magister  Ja- 
ff  cobus  Despars ,  arcium  et  medicine  doctor  eximius . 
ffthesaurarius  ecclesie  Tornacensis  et  canonicus  ec- 
rrclesie  Parisiensis,  in  domo  sua  edificata  in  claus- 
rrtro  Nostre  Domine;  et  sepultus  est  in  ccclesia 
(fejusdem,  in  capella  Saneti  Jacobi,  rétro  corum... 
«■Ex  testaniento  legavit  Facultati  libros  sequen- 
frtes...j)  Suit  l'énuniération  des  volumes,  au  nombre 
de  quinze ,  qui  composentle  Commentaire  des  œuvres 
d  Aviconne.  [Commentarii  ms.  Facultatis  mcdicinir 
Parisiensis,  t.  II,  p.  180.)  L'obit  do  Despars  se 
trouve  dans  le  Nccrologe  de  Notre-Dame  de  Paris ^ 
à  la  date  du  iv  des  ides  de  sp])tembre.  —  On 


22  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

La  vieille  maison  nouvellement  achetée  fut  démolie,  et  on  allait  commencer 
à  en  édifier  une  autre  sur  son  emplacement,  quand  une  circonstance  grave  vint 
interrompre  les  travaux. 

Louis  XI,  qui,  toujours  tremblant  pour  sa  vie,  s'intéressait  fort  à  la  médecine, 
désira  avoir  dans  sa  bibliothèque  les  œuvres  de  Rliasès.  On  ne  connaissait  alors  à 
Paris  d'autre  manuscrit  complet  de  cet  ouvrage  que  celui  qui  était  conservé  à  la 
bibliothèque  de  l'école.  Jean  de  la  Driesche,  président  de  la  chambre  des  comptes 
et  trésorier  de  France,  alla  donc,  au  nom  du  roi,  trouver  le  doyen  Jean  Loiseau 
[Johannes  Avis),  et  le  pria  de  confier  à  Sa  Majesté  les  deux  petits  volumes  formant 
le  Totum  Contmens  Rliasis;  Louis  XI  s'engageait  à  ne  les  conserver  que  pendant  le 
temps  strictement  nécessaire  pour  rr  en  tirer  copie,  r  Cette  demande  émut  beau- 
coup la  Faculté.  Comme  on  l'a  vu,  elle  prêlait  volontiers  ses  livres  aux  profes- 
seurs et  aux  écoliers;  mais  elle  comprenait  qu'un  volume,  une  fois  entre  les  mains 
du  roi,  serait  bien  difiicile  à  recouvrer.  Les  docteurs  tinrent  de  nombreuses  réu- 
nions, et  finirent  par  décider  qu'ils  ne  se  dessaisiraient  de  leur  cher  Rhasès  que 
sous  bonne  caution,  savoir  :  douze  marcs  de  vaisselle  d'argent  et  un  billet  de  cent 
écus  d'or  qu'un  riche  bourgeois,  nommé  Malingre,  consentait  à  souscrire  pour  le 
roi.  Dès  que  ces  gages  eurent  été  fournis,  le  volume  fut  remis  au  président  de  la 
Driesche  avec  la  lettre  suivante  : 

Nostre  souverain  seigneur,  tant  el  si  treshumblemcnl  que  pius  povons,  nous  nous  recom- 
mandons a  vostre  bonne  grâce.  Et  vous  plaise  scavoir,  noslrc  souverain  seigneur,  que  le  président 
des  comptes  maistre  Jehan  de  la  Driesche  nous  a  dit  que  luy  avez  rescript  quii  vous  envoyast 
Totum  Continens  Basis  pour  le  faire  escrire;  et  pour  ce  quil  nen  a  point,  sachant  que  nous  en 
avons  ung,  nous  a  requis  que  luy  voulsissons  baillier. 

Sire,  combien  que  tous  jours  avons  gardé  tresprecieusement  ledit  livre,  car  cest  le  plus  beau 
et  le  plus  singulier  joyau  de  nostre  faculté,  et  ne  treuve  len  guerez  de  tel:  neantmoins  nous  qui 
de  tout  nostre  cueur  desirons  vous  complaire  et  aconiplir  ce  quil  vous  est  agréable,  comme  tenuz 
sommes,  avons  délivré  audit  président  ledit  livre  pour  le  faire  escrire;  moyennant  certain  gaige 
de  vaisselle  dargent  et  autre  caution  quil  nous  a  baillée  en  seureté  de  le  nous  rendre,  ainsy  que 
selon  les  estatuz  de  nostre  dite  faculté  faire  se  doit,  les  quelz  avons  tous  jurez  aux  sainctes  euvan- 
giies  de  Dieu  garder  et  observer,  ne  autrement  ne  les  povons  avoir  pour  noz  propres  alfaires. 

Sire,  a  lonneur  et  louenge  de  vous,  et  a  lacroissement  de  iaditte  faculté  de  medicine,  nous 
avons  grant  désir  faire  unes  escolles  et  une  tresbelle  librairie,  pour  exaulser  et  eslever  la 
science  de  medicine  en  ceste  vostre  ville  de  Paris  plus  que  onques  mais,  comme  par  ledit  pré- 
sident, auquel  avons  communiqué  ceste  matière,  se  votre  plaisir  est,  serez  adverti  plus  au  long. 
A  quoy  et  pour  les  accomplir,  avons  besoing  et  mestier  de  votre  tresbenigne  grâce;  si  vous 
suplions,  sire,  que  icelle  vous  plaise  nous  impartir.  Et  a  tous  jours  nous  continuerons  prier  Dieu 
pour  vous  et  la  Vierge  Marie,  afin  quelle  vous  doint  santé,  bonne  vie  et  longue,  avec  vray  accom- 


peut  consulter  encore  sur  ses  libéralités  :  T.-B. 
Bertrand,  AnnnJeu  vwdici  ms.  p.  28;  Synopsis 
ms.  rcrum  memorabilium ,  p.  5o;  Hazon,  Eloge 
historique  de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris, 


p.  6.');  Hazon,  Notice  des  hommes  les  plus  célèbres 
de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris ,  p.  16,  et 
L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques, 
p.  593.) 


LES  ANCIENNES  B  I  BLI OTH  EQ.U  ES  DE  PARIS 


r^^ij-^  <30^srÛ-  tlv-yScv-îV^^  é^oW-K-^v^  /W^^TY  <Xv*vv*<>,  9l-^X^,^ 


r 


LETTRE  DE   LA  FACULTE  DE  MEDECINE  DE  PAPvIS 

AU  P-OI   LOUIS  XI, 


Franklin  dir. 


^A  .  Chardon  atné ,  Paru-,  r.  J^aute^uille-'.  3o 


E.  Ta 


FACULTE  DE  MEDECINE.  23 

plissement  de  voz  treshaulx  et  tresnobles  désirs.  Escript  en  vostre  bonne  ville  de  Paris  le  xxix" 
jour  de  novembre. 

Voz  treshumbles  et  tresobeissans  subiectz  et  serviteurs,  les  doyen,  docteurs  et  maistres  regens 
do  la  faculté  de  medicine  en  luniversité  de  Paris. 
An  Roy  nostre  souverain  seigneur 

A  la  date  de  cette  lettre ,  Jean  Loiseau  écrivait  encore  sur  le  registre  contenant 
les  actes  de  son  décanat  :  cr  Plaçait  pignus  19,  marcarum  argenti  cum  ili  sterlinis, 
rruna  cum  obligalione  Malingre  qui  constituit  se  fidejussorem  pro  100  sentis  auri, 
rr  ultra  pignus  tr-aditum  v 

La  Faculté  avait  profité  de  l'occasion  pour  apprendre  au  roi  qu'elle  était  très- 
pauvre,  qu'elle  avait  depuis  longtemps  des  projets  d'agrandissement,  et  qu'une 
subvention  serait  reçue  avec  reconnaissance;  mais  Louis  XI  lit  la  sourde  oreille. 
Le  copiste  qui  avait  été  chargé  de  la  transcription  ne  fut  même  payé  que  huit 
ans  après,  si  toutefois  c'est  à  lui  que  s'applique  la  note  suivante,  extraite  des 
comptes  de  la  chambre  du  roi  :  rrA  Regnault  Feulole,  escripvain,  demeurant  à 
cr Tours,  pour  le  paiement  de  neuf  cayers  de  parchemin,  escripz  en  lettre  bas- 
er tarde,  de  plusieurs  chappitres  du  livre  de  Rasis,  et  un  petit  traictié  Du  Régime, 
crpour  la  persomie  dudit  seigneur,  pour  avoir  fait  enluminer  plusieurs  lettres  d'or, 
fc  d'azur,  et  pour  avoir  relié  et  cousu  en  ung  livre  et  icelluy  avoir  couvert  de  ve- 
rrloux  cramoisy,  9  liv.  t  ;î  s.  6  d.  t. 

Le  'ih  janvier  lU'j'i,  les  œuvres  de  Rhasès  rentraient  à  la  bibliothèque,  et  la 
Faculté  restituait  les  gages  qu  elle  avait  exigés.  Elle  remerciait  en  même  temps 
messire  Jean  de  la  Driesclie  de  ses  peines  et  soins,  et  lui  rendait  l'obligation  nota- 
riée qu'il  avait  dû  signer  en  recevant  le  volume 

Il  semble  que  le  prêt  des  livres,  même  aux  professeurs  de  l'école,  était  alors 
accordé  beaucoup  plus  difficilement  (ju'au  siècle  précédent,  et  entouré  de  ga- 
ranties dont  il  n'était  pas  encore  question  dans  le  règlement  que  nous  avons 
donné  plus  haut.  En  mars  1^71,  le  doyen  avait  obligé,  sous  peine  de  parjure, 
tous  les  docteurs  à  rapporter  les  volumes  qui  leur  avaient  été  confiés '^l  On  en  vint 


Coiniiieittarii  dis.  Facullatis  mcdicince  Parisien- 
sis,  t.  II,  p.  297.  —  Lo  commeiiremeiit  de  cfilte 
lettre  a  éiè  publié  pour  la  première  fois  par  G. 
Naudé  dans  ses  Additiom  à  l'hintoire  de  Louis  XI , 
p.  .38,  avec  de  très-nombreuses  variantes,  qui  ont 
été  successivement  reproduites  dans  les  ouvrages 
suivants  :  Hazon,  Eloge  historique  de  la  Faculté  dn 
médecine  de  Paris,  p.  ^i.3  ;  E.  Duboulay,  Historia  Uiii- 
versitatis  Parisiensis ,  t.  V,  p.  885;  T.-B.  Bertrand, 
Annales  medici  ms.  p.  33o;  Sijnopsis  ms.  rerum 
memorahilinm ,  p.  5t);L.  Lalanne,  Curiosités  biblio- 
graphiques, p.  î35. 

^'  Ommentarii  ms.  Fticultiitis  medicinœ  Parisien- 
sis,  t.  11,  p.  -298. 


Douël  d'Arcq,  Extraits  de  trois  comptes  de 
la  chambre  du  roi  Louis  XL  Compte  de  i'i8i, 

rrDie  2Û  januarii  1  iy-i,  restituuntur  Facultati 
^duo  volumina  Totiiis  Coiilinenlis  Uliasisper  D.  pr;p- 
Tsidoin  computorum ,  ipia;  nuper  Magestati  commo- 
Tdata  fuerant.  Conclusum  est  regratiandum  esse 
T(ioniino  prœsidi  de  pœnis  et  laboribus  sumptisper 
Teum  pro  Facultate  erga  Majestatem;  illiqiie  suam 
-robligationem  per  notariés  confectam  reddendam 
fresse.')  (T.-B.  Bertrand ,  Annales  medici  ms.  p.  33i .) 

rrDie  «2  0  martii  1  t .  .  .  .  Item  significanduni 
r'omnibus  magisliis  regenlibus  et  non  regentibus, 
fTut  libres,  quos  liabenl  a  Facultate,  infra  dieni 


24  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

à  demander  aux  emprunteurs,  non-seulement  un  reçu  comme  précédemment, 
mais  encore  un  gage  d'une  valeur  supérieure  à  celle  du  volume  Au  mois  d'oc- 
tobre 1/171,  Regnauld  Leroi  [Reginaldus  Régis)  ayant  voulu  emprunter  un  volume 
d'Avicenne,  sa  demande  fut  repoussée,  parce  qu'il  ne  présentait  pas  en  garantie 
un  objet  d'un  prix  plus  élevé  que  celui  de  ce  livre,  rrquia  pignus  non  erat  majoris 
cr  valoris  n 

Aussitôt  que  la  Faculté  eut  été  remise  en  possession  de  son  cher  Rhasès,  elle 
reprit  ses  projets  d'agrandissement.  Sur  l'emplacement  de  la  maison  achetée  aux 
Chartreux,  le  doyen  Guillaume  Bazin fît  commencer  de  nouvelles  constructions 
qui,  jusqu'en  1/177^^',  se  continuèrent  «petit  à  petit,  des  bienfaits  des  docteurs, 
ftet  aussi  de  l'argent  qui  devoit  leur  estre  distribué  pour  leur  assistance  aux 
ff actes y>  En  effet,  chaque  bachelier,  après  sa  réception,  était  tenu  d'aller  rendre 
visite  à  ses  examinateurs  et  aux  autres  maîtres  régents.  Dans  le  principe  ils  leur 
offraient,  en  témoignage  de  reconnaissance,  des  épices  telles  que  de  la  muscade, 
du  gingembre,  du  poivre,  de  la  cannelle.  Quand  ces  substances  furent  devenues 
communes,  on  les  remplaça  par  des  bourses  plus  ou  moins  garnies,  qui  finirent 
elles-mêmes  par  ne  plus  représenter  qu'une  somme  fixe;  au  xiv^  siècle  les  bourses 
étaient  estimées  sept  sois*''). 

Les  donations  de  livres  continuaient,  mais  fort  lentement.  En  septembre  1/172, 
Charles  de  Mauregard  léguait  à  la  Faculté  un  commentaire  sur  YArspan^a  de 
Galien ,  et  les  régents  votaient  des  remerciments  à  sa  veuve  et  à  ses  exécuteurs 
testamentaires**'.  Durant  les  treize  années  suivantes,  nous  ne  trouvons  aucune 
libéralité  de  ce  genre  à  mentionner;  cependant,  dans  l'inventaire  qui  fut  dressé 
en  1  /»85,  pour  le  décanat  de  Richard  Hélain on  voit  figurer,  outre  les  ouvrages 
que  nous  avons  déjà  énumérés,  sept  sermons  très-richement  ornés,  et  deux  vo- 
lumes des  fameux  Commentaires  qui  nous  ont  conservé  l'histoire  de  la  Faculté 


rrmartis  proximum  ad  decanum  mitlanl,  sub  pœna 
rrperjurii.n  [Synopsis  ms.  rerum  meniorabilium , 
p.  59.) 

rrDie  20  marlii  1671,  conclusum  est.  ... 
fTSupplicantes  magistros  posse  habere  quemlibet  !i- 
ffbrum Facultalis,  sed  cum  schedida  et  pignore  valo- 
ffris  majoris.»  (T.-B.  Bertrand,  Annales  medici  ms. 
p.  829.) 

Synopsis  ms.  rerum  mcmorahilium ,  p.  5g. 
—  Mentionné  par  Cl.  Hdmére',  De  Academia  Pari- 
siensi,  p.  54. 

Doyen  de         à  liyS. 

Synopsis  ms.  rerum  memorabiimm,  p.  61.  — 
Crevier,  Histoire  de  l'Université  de  Paris,  t.  IV, 
p.  356  ;  il  ajoute  :  rrJe  ne  puis  dire  dans  quel  en- 
ffdroit,  avant  cette  construction,  les  professeurs 
(fdonnoient  leurs  leçons.  1 


Félibien,  Histoire  de  Paris,  t.  II,  p.  867. 
J.  Dubreul,  Théâtre  des  antiquités  de  Paris, 
p.  562. 

Commentariims.  medicinœ  Facultatis  Parisien- 
sis,  t.  I,  p.  3. 

rfDie  ai  septembris  1^72,  post  prandium, 
r  .  .  .  .  Facultas  regratiata  est  niagistris  quorum 
ff  opéra  Arteni  commentatam  defuncti  M.  Garoli  de 
ffMauregart  obtinuerat;  item  et  execuloribus  ejus 
ff  testament!,  atque  ipsius  uxori,  ob  acceptum  ab 
ffeis  libenlique  animo  concessum  munus,  gratias 
ffegit.  ■«  [Synopsis  ms.  rerum  memorabilium ,  p.  61. 

—  T.-B.  Bertrand,  Annales  medici  ms.  p.  33 1.) 

—  Ch.  de  Mauregard  fut  doyen  de  ihhi  à  ikhb. 

Doyen  de  i/i85  à  1/188,  mort  en  i5i6. 
Commcntarii  ms.  Facultatis  medicinœ  Parisien- 
sis,  t.  III,  p. 


FACULTE  DE  MEDECINE.  25 

En  1^91,  Régnier  Hannegrève  légua  encore  à  l'école  deux  beaux  manuscrits 
sur  vélin,  enluminés  et  bien  reliés;  l'un  contenait  un  traité  intitulé  Alexander 
loLTpos^-',  l'autre  le  Colliget  d'Averroës Enfin,  en  i5oo,  le  doyen  Guillaume 
Bazin'*'  lui  laissa  par  testament  le  seul  ouvrage  connu  du  médecin  arabe  Avenzoar'^l 

Mais  déjà  la  petite  collection  avait  tenté  la  cupidité  des  voleurs.  Un  des  régents 
avait  pour  domestique  un  sieur  Pliilbert,  qui  s'introduisit  dans  la  bibliothèque  et 
y  déroba  plusieurs  volumes,  dont  deux  seulement  purent  être  aussitôt  recouvrés. 
Le  coupable  fut  arrêté  et  mis  en  prison  pour  trois  mois'*^'.  La  Faculté  dut  prendre 
des  mesures  sévères,  et,  sans  écouter  aucune  réclamation ,  elle  ferma  momentané- 
ment la  bibliothèque'^^  En  même  temps,  le  doyen  Richard  Hélain  donna  deux  écus 
d'or  pour  acheter  des  chaînes  de  fer  destinées  à  attacher  les  livres  sur  les  tables'*'. 
Ces  chaînes  étaient  encore  conservées  à  l'école  de  médecine  en  1770  '°';  elles  ont 
disparu  depuis,  avec  tant  d'autres  précieux  souvenirs  de  cette  époque. 

Cependant  la  confiance  tardait  à  renaître,  et  les  donations,  les  legs  de  livres 
devenaient  de  plus  en  plus  rares.  La  Faculté  y  suppléa  en  achetant  de  ses  deniers 
quelques  volumes.  En  janvier  iBaô,  elle  acquit  ainsi  les  œuvres  de  Galien  et 
en  décembre  1  Say,  celles  d'Hippocrate      Vingt  ans  après,  Jean  Desjardins (yoA.fm- 


Doyen  de  1675  à  1^77,  mort  en  1^91. 

Certainement  l'ouvrage  suivant  qui  fut  im- 
primé à  Lyon  en  iboh  :  Alexandri  lalri  practica, 
cum  expositione  glossœ  interlineans  Jacobi  de  Parti- 
bus  el  Simonis  Januensis.  L'auteur,  Alexandre  de 
Tralies,  était  Lydien,  mais  on  ne  sait  s'il  vécut  au 
i\\  au  v"  ou  au  vi'  siècle.  On  croit  qu'il  voyagea 
en  Gaule,  et  qu'il  exerça  surtout  à  Rome,  où  il 
était  connu  sous  le  nom  d'Alexandre  le  Médecin. 

(fDie  25  junii  1^91,  Facultas  acceptât  duos 
rrlibros  oplimos  m.  s.  in  pcrganio,  bene  religatos 
"in  assoribus,  et  illuminalos  :  Alexander  ia-vpôs  et 
rrColliget  Averroïs.  n  (T.-B.  Bcrtiand ,  Annales medici 
ms.  p.  337.) 

''''  Reçu  docteur  en  i/iGG,  élu  doyen  en  1672, 
mort  le  10  mars  1000. 

ffDie  10  martii  i5oo,  suuni  diem  obiit  ma- 
(rgister  Guill.  Basiu . . .  Hic  tradidit  ex  legatione  Fa- 
ffcultati  libruni  Avenzoart,  concatenandum  cum 
n-aliis  in  bibliollieca  scholarum.fl  (T.-B.  Bertrand, 
Annales  medici  ms.  p.  3/15.)  —  Le  mot  Avenzoar 
est,  dit-on,  la  corruption  d'Abou  Merwan  Ben 
Abdel  Melek  Ben  Zohr;  on  prétend  aussi  que  ce 
médecin  vécut  cent  treute-six  ans  sans  avoir  jamais 
été  malade.  Ce  quil  y  a  de  plus  certain,  c'est 
(ju'il  était  contemporain  d'Averroës,  qu'il  naquit  à 
Sé ville  et  y  exerça. 

-17  januarii  1A97.  ngitur  de  quodam  Phil- 


ffberto,  quem  M.  de  Castro  commiserat  utdomum 
ffsuam  et  scholas  servaret.  Ille  enim  suffuratus  fue- 
i-frat  multos  e  bibliotheca  libros ,  quorum  duo  recu- 
rrperantur  diligentia  decani.»  [Sijnopsis  ms.  rerum 
memorabilium ,  p.  82.) 

TfDie  k  martii  1/197  queruntur  adhuc 

rr quidam  quod  adhuc  clausœ  essent  scholae;  alla- 
frmen  clausa  fuit  usque  dum  numerarentur  libri.  » 
(T.-B.  Bertrand,  yl)i>ia/e.s»ie(/«c«?«.9.  p.  3A2.) 

frDiei2  novembris(i 509),  Facultas  egit  gra- 
rrtias  an)plissimas  magistro  Richardo  Helain,quod, 
rrad  ligandos  in  burello  libros  cum  catenis  ferreis. 
rr  duo  scuta  dedisset.  1  (  Synopsis  ms.  rerum  memorabi- 
lium ,  p.  101.  —  T.-B.  Bertrand ,  Annales  medici  ms. 
p.  355.)  —  Ces  chaînes  étaient  rivées  à  une  patte 
de  fer  solidement  fixée  par  des  clous  en  haut  de 
la  couverture,  alors  presque  toujours  en  bois  et 
fort  épaisse.  On  rencontre  très -fréquemment  des 
manuscrits  qui  portent  encore  les  traces  de  ces  fer- 
rures, mais  bien  rarement  ils  ont  conservé  quelques 
anneaux  de  la  chaîne  qui  les  attachait.  (Voyez  à  la 
bibliothèque  Mazarine  le  manuscrit  coté  T  ài'j.) 

Hazon ,  Eloge  historique  de  la  Faculté  de  mé- 
decine de  Paris,  p.  G6. 

frDie  3o  januarii  i526,  conclusum  est  ut 
rf  emerentur  omnia  Galeni  volumina  grœce  scripta.  1 
(T.-B.  Bertrand,  Annales  medici  ms.  p.  366.) 

ffDie  1  II  decembris  1527....  Facultas  voluit 

Zi 


26  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

nés  de  Hortis  ou  Hortensis)  donna  à  ia  bibliothèque  un  autre  volume  de  Galien^^). 
Mais  de  nouvelles  soustractions  eurent  certainement  lieu  vers  i555;  car,  à  cette 
date,  on  reprocha  au  doyen  son  incurie,  on  l'invita  à  veiller  désormais  plus  soi- 
gneusement sur  la  bibliothèque,  et  à  faire  rédiger  un  catalogue  des  volumes  qui 
restaient Ce  travail  fut-il  exécuté?  Gela  est  douteux.  Près  de  dix  ans  plus  tard, 
en  mars  i56/i,  nous  voyons  encore  la  Faculté  désigner  des  commissaires  pour 
s'occuper  d'un  catalogue,  et  en  même  temps  pour  réclamer  deux  volumes  pré- 
cédemment empruntés  par  le  doyen  Jacques  Hollier,  qui  était  mort  depuis  deux 
ans^^'. 

Les  pertes  qu'avait  subies  la  collection  semblent  avoir  produit  un  décourage- 
ment général.  Les  seuls  témoignages  que  nous  rencontrions  à  partir  de  ce  mo- 
ment nous  présentent  la  bibliothèque  comme  bien  déchue  et  à  peu  près  abandonnée. 
Le  P.  Jacob  disait  d'elle  en  i6/i2  :  tell  n'en  reste  à  présent  que  la  mémoire  dans- 
er les  autheurs  n  Un  Guide  de  1716  confirme  encore  cette  assertion  :  rrOn  voyoit 
cr autrefois,  dit-il,  aux  écoles  de  médecine  une  bibliothèque  assez  curieuse,  parce 
rr qu'elle  contenoit  des  livres  sur  des  matières  singulières,  joint  aux  manuscrits 
trdont  elle  étoit  fournie n  Enfin  Bourru,  dans  la  préface  du  catalogue  qu'il  ré- 
digea plus  tard,  regrette  les  beaux  manuscrits  qui  ont  disparu  de  la  bibliothèque, 
et  la  splendeur  dont,  dit-il,  on  peut  à  peine  retrouver  les  vestiges;  il  déplore 
l'état  d'abandon  dans  lequel  on  l'avait  laissée,  et  n'hésite  pas  à  l'attribuer  au- 
tant à  l'incurie  des  doyens  qu'aux  larcins  commis  du  dehors 

La  Faculté  songeait  d'ailleurs  bien  plus  alors  à  augmenter  ses  bâtiments  qu'à 
conserver  sa  bibliothèque.  En  iSiQ,  elle  était  devenue  propriétaire  d'une  grande 
maison  voisine,  croù  pendoit  pour  enseigne  les  Trois  Roys  ^'^Kii  Dix  ans  après,  elle 
faisait  élever  de  trois  pieds  la  salle  qu'occupait  la  bibliothèque,  et  y  installait  sa 
chapelle;  les  Commentaires  ne  songent  même  pas  à  dire  dans  quel  endroit  les 
livres  furent  alors  transportés     En  i568,  la  Faculté  acheta  une  autre  maison, 

rrut  Hippocralis  liber  emeretur.  1  [Synopsis  iiis.  L.Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques 

rermn  memombiliutn ,  p.  19 1.  —  T.-B.  Bertrand,  publiques  et  particulières ,  p.  .596. 

Annales  medici  ms.  p.  .367.)  Le  Voyageur  fidèle,  ou  le  Guide  des  étrangers 

Hazon,  Notice  des  hommes  les  plus  célèbres  de  dans  la  ville  de  Paris,  p.  ,'5 00. 

la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  p.  97.  —  Desjar-  '"^^  rfVerum  qiia  mala  fortuna  accident,  ut  nunc 

dins  (ut  doyen  de  iSai  à  iSaô,  et  mourut  le  ffagnosci  vix  queant  veteris  illius  splendoris  vesti- 

3i  janvier  15^7.  ffgia,  animo  non  capitur;  nisi  forsan  extraneorum 

'  (rDie  i5  nov.  i555 ,  querilur  niagister  Nico-  ffsubtilitas  in  subripiendis  clanculuni  et  furtive . 

rrlaus  Vigoureux  nuiltos  e  bii)liollieca  libros  scho-  -rvel  codicibus  integris,  vel  librorum  paginis,  par 

tflarum  furlo  ablatos;  superstituni  cataioguni  fieri ,  rrfuerit  cum  incuria  eorum  quibus  tanti  thesauri 

rra])liusque  quani  anlea  clavibus  illamoccludi  petit.  -rcustodia  conimittebalur.  1  (E.-G.  Bourru,  Calalo- 

ffBes  ad  decanuni  domandalur.    {Synopsis  vis.  re-  gus  librorum  qui  in  bibliotheca  Facultatis  saluberrimœ 

ruin  memorabilium ,  p.  168.  —  T.-B.  Bertrand,  Parisiensis  asservanlur,  praefatio.) 

Annales  medici  ms.  p.  ,388.)  v')  J.  Dubreul,  Théâtre  des  antiquités  de  Paris, 

Synopsis  ms.  rerum  memorab.p.  181. — J.  Hol-  p.  563. 

lier  lut  doyen  de  i5/i6  à  i568,  et  mourut  en  iSGa.  rDie  i4  noveiubris  iSaS,  de  consilio  archi- 


FACULTE  DE  MEDECINE.  27 

donnant  sur  la  rue  des  Rats ,  et  qui  était  appelée  la  maimndu  Soufflet  ;  on  l'abattit, 
et  sur  son  emplacement  fut  organisé  un  petit  jardin  botanique  Quarante  ans 
plus  tard,  l'école  acquit  encore,  mais  cette  fois  au  coin  de  la  rue  du  Fouarre, 
cfune  maison  où  souloil  pendre  comme  enseigne  l  image  Saincte  Catherine,  avec 
ff  une  grande  masure  pour  y  bastir  un  magnifique  théâtre  anathomique'^'.  ri  Celui-ci 
tombait  en  ruine  dès  1678;  il  fut  alors  restauré  de  fond  en  comble,  ainsi  que  les 
autres  bâtiments  de  la  Faculté,  grâce  à  la  générosité  du  chanoine  Michel  le  Masle, 
abbé  Desroches qui  dans  la  suite  laissa  toute  sa  bibliothèque  à  la  Sorbonne'^'. 
Cet  amphithéâtre  ne  dura  guère  que  quatre-vingts  ans;  on  le  démolit  en  17^9, 
et  on  en  construisit  un  autre,  tout  à  fait  monumental,  au  coin  de  la  rue  de  la 
Bûclierie  et  de  celle  des  Rats.  Ce  dernier,  devenu  propriété  nationale  pendant 
la  Révolution,  fut  vendu  le  28  décembre  1810. 
Il  a  subi  depuis  lors  d'étranges  transformations. 

Sur  la  rue  de  l'Hôtel-Colbert,  qui  a  remplacé  la  rue  des  Rats,  on  a  percé  dans 
l  amphithéâtre  une  porte  qui  sert  aujourd'hui  d'entrée  à  un  estaminet,  dont  l'unique 
salle  est  naturellement  de  forme  à  peu  près  ronde;  deux  billards  y  sont  établis. 
Au-dessous,  dans  les  caves  voûtées,  se  trouve  un  marchand  de  vins.  Tout  le  reste 
de  l'amphithéâtre  a  été,  jusqu'aux  combles,  coupé  par  des  planchers,  et  divisé 
en  quatre  étages  qui  renferment  de  petits  logements;  on  arrive  à  ceux-ci  par  un 
étroit  escalier  en  bois,  dont  la  niche  a  été  pratiquée  au  dehors,  dans  l'espace  que 
la  convexité  de  l'édifice  laissait  libre. 

La  façade  qui  donne  sur  la  rue  de  la  Bûcherie  porte  le  numéro  i3,  et  est  oc- 
cupée du  haut  en  bas  par  un  de  ces  établissements  que  Jacques  de  Vitry,  au 
xm*"  siècle,  regrettait  de  voir  si  fréquemment  installés  dans  le  voisinage  des 
écoles'^*.  A  côté,  une  porte  cochère,  également  surmontée  du  numéro  i3,  donne 
accès  dans  une  maison  où  existe  un  lavoir  public.  La  cour  est  très-étroite.  A 
gauche,  juste  en  face  de  la  loge  du  concierge,  apparaît  l'entrée  principale  et  assez 


f  lectorum,  construitur  sacellum  in  eo  loco  in  quo 
Tjani  videtur  antiqua  Ijibliolheca  ad  très  pedes 
freievata. '>  {Synopsis  ms.  rei  urn  memoi  abtliuiit , 
!'•  12  3.) 

Lemaire ,  Paris  ancien  et  nouveau,  t.  II ,  p.  6 1 1 . 
Féliljien,  llisloire  de  Paris,  t.  II,  p.  867. 
^'  J.  Dubreul,  Thealre  des  antiquitez  de  Parts, 
p.  063. 

fflllustriss.  abbas  D.  des  Roches,  in  ecclesia 
"Parisiensi  prœcentor.  donationem  3o,ooo  lib.  turo- 
-ncnsiuni,  menibranis  pergamenis  consignatam.... 
-ac  regio  sigillo  munitani,  misit  ad  decanuni,  per 
•  nianus  D.  Gandin,  baccalaurei  theologi...  ad  in- 
-staurationem  scholarum  vetustate  collabentium.  ^ 
[Synopsis  ms.  rerum  meinorahilium ,  p.  SgS.)  — 


Voyez  encore  :  Remerciemenl  à  mcssirc  Michel  le 
Masle,  conseiller  du  roi  en  ses  conseils  d'Etat  et 
privé,  chantre  et  chanoine  de  l'Eglise  de  Paris ,  abbé 
Des  Roches ,  etc.  au  nom  de  la  Faculté  de  médecine 
de  Paris,  par  l'un  de  ses  docteurs,  pour  le  l'établis- 
sement de  leurs  écoles.  Paris,  16/1 .3,  in-4°. 

Voyez  ci-dessus,  t.  I",  p.  266  et  suiv. 

Voyez  tome  I",  p.  3 ,  note  1 .  —  Voici  un  rap- 
prochement assez  curieux  :  en  septembre  i^gS,  la 
Faculté  se  décida  à  louer  une  maison  contiguë  aux 
bâtiments  de  l'école,  parce  que,  disent  les  Commen- 
taires, rrinea  meretricibus  pernoctantibus  una  cum 
ffsuis  laenonibus,  lupanar  esset  maximo  Facultalis 
ffdedecori.i  {Synopsis  ms.  rerum  memorabilium , 
p.  76.) 

h. 


28  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

élégante  de  l'amphithéâtre;  un  peu  plus  bas  que  le  fronton  qui  la  surmonte, 
une  longue  plaque  de  marbre  noir  porte,  en  lettres  d'or,  l'inscription  suivante  : 


AMPHITHEATflVM 

y£TATE  COLLAPSUM  /ERE  SUO  RESTITUERUNT  MEDICI  PARISIENSES 
A.  R.  S.  H.  M.DCC.XLIV.  M"  Elu  Col  de  Vilars  Decano 


La  porte  d'entrée  des  autres  bâtiments  de  la  Faculté  est  dans  le  fond  de  la  cour, 
à  droite  de  l'amphithéâtre.  Les  sculptures  n'ont  rien  de  remarquable,  mais  au- 
dessous  de  la  corniche  supérieure  se  trouve  une  plaque  de  marbre,  sur  laquelle 
on  lit  : 


JERE  D.  D.  MICHAELIS  LE  MASLE  REGIA 
SANCTIORIBUS  CONSILIIS  PROTONOTARII  APOS- 
TOLICI  PR.ECENTORIS  ET  CANONICI  ECCLESI/E 
PARISIENSIS  PRIORIS  AC  DOMINI  DES  ROCHES  ETC 
M.  ANTONIO  LE  MOINE  PARISINO  DECANO 
ANNO  R.  S.  H.  M.DC.LXXVIII 


La  Faculté,  dit  Hazon,  rrfit  placer  sur  la  porte  intérieure  des  écoles  un  marbre 
«qui  exprimoit,  en  lettres  d'or,  sa  recoimoissance,  avec  deux  figures  de  grandeur 
rr  naturelle,  qui  joignoient  les  armes  de  la  Faculté  avec  celles  de  l'illustre  abbé  <''i-» 
(Desroches).  Ces  sculptures  sont  aujourd'hui  absolument  méconnaissables.  Quant 
aux  deux  inscriptions  que  nous  venons  de  rapporter,  et  qui  n'avaient  pas  encore 
été  recueillies,  elles  sont  devenues  presque  illisibles,  et  c'est  à  grand' peine  que 
nous  avons  pu  déchiffrer  la  première.  Il  est  indispensable  de  les  faire  promptement 

Hazon,  Eloge  historique  de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  p.  yi. 


FACULTE  DE  MEDECINE.  29 

enlever,  si  l'on  ne  veut  voir  disparaître  ces  curieux  souvenirs  des  anciennes  écoles 
de  médecine.  Leur  vraie  place  est,  au  reste,  tout  indiquée  d'avance  dans  la  bi- 
bliothèque actuelle,  qui  n'a  que  trop  besoin  d'ornements  de  ce  genre. 
Retournons  sur  nos  pas. 

Les  études  médicales  devenaient  chaque  jour  plus  régulières  et  plus  complètes, 
et  l'on  songeait  fréquemment  à  reconstituer  une  bibliothèque  spéciale  pour  la  Fa- 
culté. Mais  d'un  côté  le  manque  d'argent,  de  l'autre  l'indolence  des  doyens,  re- 
tardaient sans  cesse  l'exécution  de  ce  projet.  Une  occasion  exceptionnelle  finit  par 
se  présenter. 

Pierre  Michon,  plus  connu  sous  le  nom  d'abbé  Bourdelot,  qui  fut  médecin  du 
grand  Gondé,  puis  de  la  reine  Christine,  avait  reçu  de  son  oncle,  l'orientaliste 
Jean  Bourdelot,  une  bibliothèque  nombreuse'^'.  11  la  laissa  par  testament  à  son 
neveu  Pierre  Bonnet-Bourdelot,  en  exprimant  le  vœu  qu'il  la  transmît  à  son  tour 
à  l'école  de  médecine'^'.  Bonnet  continua  à  enrichir  la  collection  qu'il  venait 
d'acquérir  ainsi et,  en  1691,  six  ans  seulement  après  la  mort  de  son  oncle,  il 
l'offrit  à  la  Faculté sous  la  seule  condition  qu'elle  serait  ouverte  tous  les  jeudis 
au  public 

L'école  ne  se  prononça  pas  aussitôt.  Elle  nomma  huit  commissaires,  qui,  après 
mûr  examen,  rtre  diligenter  examinata,n  déclarèrent  que  cette  bibliothèque  ne 
pouvait  être  acceptée '""^  la  Faculté  n'étant  pas  en  mesure  de  faire  face  aux  frais 
qu'entraînerait  son  installation,  et  redoutant  d'ailleurs  que,  si  on  lui  voyait  entre- 
prendre de  pareilles  dépenses,  on  ne  crût  ses  finances  en  trop  bon  état^'''.  La  vraie 
raison  de  ces  craintes  n'est  pas  clairement  exprimée  dans  les  registres  de  l'école; 
mais  Bourru  nous  la  fournit.  La  guerre  que  soutenait  alors  la  France  avait  obéré 
le  trésor;  on  levait  des  taxes  un  peu  sur  tout,  et  l'on  n'eût  pas  manqué  d'imposer 
lourdement  la  Faculté  si  on  lui  eût  supposé  des  réserves  f^'. 


Legallois,  Trailté  des  plus  belles  bibliothèques 
de  l'Europe,  p.  128. 

Hazon,  Notice  historique  des  hommes  les  plus 
célèbres  de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  p.  127. 

Menaffiana,  t.  II,  p.  111. 

tfPetrus  Bonnetus  Bourdelot,  régis  chi-istia- 
rrnissimi  niedicus  primarius, ...  aiino  1  O91  medicis 
ff  Parisiensibus  numerosam  librorum  supellectileni 
ff quam ipse  collegerat  oblulit. n  (E.-C.  Bourru,  Ca- 
talogus  librorum  saluberrimœ  Facultalis,  prœfalio.) 

ffEa  lege  ut  eorura,  conimodo  loco  colloca- 
rrtoruni,  singulis  diebus  jovis  philiatris  copia  dare- 
fftur. n  (T.-B.  Bertrand,  Annales  medici  nis.  p.  279.) 

ffQuo  quidem  optimi  viri  beneficio  potiri 
rruondum  datum  fuit,  quod  quibusdam  impensis 
fftueri  necessum  fuisset.i  (E.-C.  Bourru,  Cata- 
logus  librorum  saluberrimœ  Facultalis,  praefatio.) 


tfTum...  quod,  propter  œrarii  FacuUatis 
rqjenuriam,  oblalam  a  viro  clarissimo  D.  Bonnet 
ff  Bourdelot  librorum  medicorum  bibliothecam  non 
fraccipiendani  esse  a  nobis  satius  existiniasset  de- 
ffcanus;  tum  ob  temporum  diflicultatem  :  ne  dum 
rrextruendis  locis  ad  libres  collocando.s  idoneis 
trmagnos  sumptus  l'ecissemus,  hinc  occasio  snmere- 
trlur  sub  opinione  optimi  rerum  nostrarum  status, 
rrgravius  quoddani  a  nobis  vectigal  expetendi.i 
(T.-B.  Bertrand,  Annales  medici  ms.  p.  '277.) 

(fTimebat  eteniin  Facultas  saluberriina  ne 
fr  propter  bellum,  quod  tune  temporis  magnopere 
ffsœviebat,  subsidiis  vexaretur,  si  quibusdam  sum- 
ff  ptibus  minus  necessariis  mentiretur,  ut  ita  dicani , 
(rdivitias.n  (E.-C.  Bourru,  Calalogus  librorum  qui 
in  bibliotheca  Facultalis  saluberrimœ  asservantur , 
prœfatio.) 


30  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Bourdelot  comprit.  Il  voulut,  de  ses  propres  deniers,  organiser  ia  biblio- 
thèque"', et  oiTrit,  dans  ce  but,  deux  mille  livres.  Le  doyen  lui  transmit  les  re- 
mercîments  de  la  Faculté,  et  accepta  avec  empressement;  non  toutefois  sans 
revenir  de  nouveau  sur  le  triste  état  où  se  trouvait  la  caisse  de  l'école 

Toutes  ces  négociations  avaient  employé  près  de  deux  années.  Que  se  passa-t-il 
ensuite?  On  ne  sait.  Le  doyen  regarda-t-il  comme  trop  dangereux  encore  l'ar- 
rangement proposé  par  le  donateur,  et  la  bibliothèque  ne  fut-elle  pas  livrée  ; 
on  bien  faut-il  s'en  prendre  à  l'incroyable  désordre  qui  régnait  alors  dans  la 
Faculté?  Ce  qu'il  y  a  de  sûr,  c'est  que,  peu  d'années  après,  il  ne  restait  déjà  plus 
trace  de  la  belle  bibliothèque  de  Bourdelot '^^ 

Malgré  le  peu  de  succès  qu'avait  eu  celte  tentative,  elle  fut  bientôt  renouvelée. 

C'est  à  l'année  1783  que  remonte  en  réalité  l'origine  de  la  bibliothèque  actuelle 
de  la  Faculté,  et  c'est  au  savant  Picoté  de  Belestre  que  revient  l'honneur  de  cette 
création.  Il  avait  réuni  une  collection  très-précieuse,  qu'il  laissa  à  son  ami  Claude 
Joseph  Prévost,  avocat  au  Parlement.  Celui-ci,  suivant  les  dernières  volontés  de 
Belestre,  était  tenu  de  donner  ces  livres  à  un  des  établissements  d'instruction  de 
l'Académie  de  Paris,  afin  qu'ils  fussent  mis  à  la  disposition  du  public'^'.  Cette 
clause  du  testament  était  ainsi  conçue  :  rc  Je  lègue  à  mon  exécuteur  testamentaii-e, 
rrM,  Prévost,  advocat  en  Parlement,  ma  bibliothèque  pour  estre  par  luy  établie, 
ffen  mon  nom,  au  service  public  dans  l'Université  de  Paris  d'où  je  suis  docteur; 
fret  ce  dans  le  lieu  où  il  trouvera  qu'on  voudra  la  recevoir,  et  estimera  le  plus 
rc  convenable  f*^'.  n  Claude  Prévost  s'en  dessaisit  aussitôt  en  faveur  de  la  Faculté  de 
médecine. 


ff  Causam  recusationis  intelligens  M.  Bour- 
rrdelot,  non  satis  laudanda  largitate,  ex  suo  œre 
rret  suismetipsis  denariis  bibliolliecam  quam  offe- 
frrebat  locavit. d  (E.-C.  Bourru,  Catalogus  librorum 
saluherrimœ  Faeullatis,  prœfatio.) 

ffDie  2  aprilis  iGgS,  decrevit  Facultas  con- 
ff\ocata,  cuni  graliarum  aclione,  accipiendos  esse 
fra  niagistro  Pctro  Bonnet  Bourdelot  libros  quos 
^•Facultati  vir  munilicus  obtulerat;  sed  ea  iege  ut 
rrbis  mille  libellarum  summa,  quam  promiserat, 
ffab  ipso  concederelur,  ad  suscipiendos  necessario 
rrsumptus,  ut  locandœ  hiiic  bibliothecœ  locus  para- 
fe relur,  quos  Facultas  ferre,  pro  œrarii  sui  pauci- 
fftate,  non  poterat.n  (T.-B.  Bertrand,  Annales  me- 
dici  ms.  p.  282.) 

Hazon ,  Eloge  historique  de  la  Faculté  de  mé- 
decine de  Paris,  p.  66. 

''''  ffAst  eheu,  quœnam  sunt  rerum  bumanarum 
ff  vices!  Dum  nemo  bujusce  bibliothecœ  curam 
ffgerit,  inde  brevi  evanuit;  jamque  ex  ea  vix  quid- 


ffqiiam  superest,  nisi  nomen  collatoris  munificen- 
tftissimi.  n' (E.-C.  Bourru,  Catalogus  librorum  salii- 
heriimcE  Facultatis ,  prœfatio.) 

ffAb  anno  itaque  lySS  nostrœ  bibliothecœ 
rrrepetenda  est  origo.  Neinpe  M.  Franciscus  Pi- 
rrcoté  de  Belestre,  vir  litteratissimus  et  preliosis- 
ffsima  librorum  collectione  dives,  divitias  hasce 
rrlitterarias,  auro  cariores,  viro  consultissimo  M. 
ff  Claudio  Josepho  Prévost,  in  Senatu  Parisiensi 
ffcausaruin  patrono,  amico  suo,  dum  viveret,  fide- 
fflissimo,  legavit,  ut  in  Academia  Parisiensi  litte- 
ff  ratorum  usui  consecrarentur.  n  (E.-C.  Bourru ,  Ca- 
talogus librorum  saluberriinœ  Facultatis,  prœfatio.) 
—  Ce  passage  est  textuellement  copié  de  l'ouvrage 
intitulé  :  Ritus ,  usus  et  laudabiles  Facultatis  medi- 
cinœ  Parisiensis  consuetudines ,  authoritate  totius  ejus- 
dem  Ordinis  excusa.  Paris,  lySi,  in-18,  p.  i3o. 

H.-T.  Baron,  Catalogus  librorum  Facultatis 
mcdicinœ  Parisiensis  bibliothecam  componentium , 
p.  1. 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE. 


31 


Le  samedi  k  juillet  lySS,  tous  les  professeurs  furent  convoqués,  afin  de  sta- 
tuer sur  cette  donation.  Claude  Prévost,  invité  à  prendre  part  à  la  réunion,  re- 
nouvela son  ofTre,  et  exposa  les  conditions  dont  il  croyait  devoir  l'accompagner 
pour  réaliser  les  désirs  du  défunt.  La  bibliothèque  serait  conservée  avec  soin,  et 
installée  de  manière  que  le  public  pût  en  jouir;  le  catalogue,  qui  avait  déjà 
été  dressé,  serait  signé  par  le  doyen  en  exercice;  de  plus,  à  la  fin  de  chaque 
décanat,  un  récolement  exact  des  livres  aurait  lieu,  et  décharge  serait  donnée 
par  le  nouveau  doyen  à  son  prédécesseur  ('l  Ces  conditions  furent  acceptées  à 
l'unanimité,  et  des  remercîments  adressés  à  Claude  Prévost  au  nom  de  la  Fa- 
culté (^). 

Huit  jours  après,  le  doyen  H.-Théodore  Baron  se  rendit  rue  des  Deux-Portes, 
au  dernier  domicile  de  Picoté  de  Belestre.  En  présence  de  deux  notaires,  il  signa 
l'inventaire  qui  avait  été  dressé,  et  prit  possession  de  la  bibliothèque     ainsi  que 


rf[Anno  Domini  lySS],  die  sabbali  4°  julii, 
tfconvocali  sunt  doctores  omnes  medici  in  scholas 
tfsuperiores,  liora  décima  niatutina,  per  schedulam 
ffab  apparitoribiis  singulis  doctoribiis  delatani  :  de 
tf  bibliolheca  M'  Francisci  Picoté  de  Belestre ,  collegaî 
crfato  functi,  recipienda  deliberaturi.  In  haec  comitia 
ffintrodnctus  est  M"  Ciaiidiiis  Josephus  Prévost, 
f  celeberrimus  in  Senatu  Parisiensi  causarum  pa- 
!t  tronus ,  M'  Francisci  Picoté  de  Belestre  testamenli 
"Curalor,  (jui  . . .  his  verbis  congregatam  Facultatem 
"allocutus  est  :  .  ...  ffNoiiiino,  in  vini  testamenli, 
rrFacuUatem  niedicinœ  Parisiensem,  ut  accipiat 
ff bibliolbecani  M'  Francisci  Picolé  de  Belestre, 
f^ejusdem  Facullatis  doctoris,  publicis  usibus,  ejus 
crnomine,  inslituendain  in  loco,  non  soluni  libris 
(ftestalorisetaliis  qui,  si beneres  prospèrent,  incre- 
miento  eis  poterunt  esse,  conservandis  idoneo,  sed 
'reliam  libroruni  studiosis,  ut  facillime  et  iis  fre- 
tf  quenter  utantur,commodo,  virisque  litteratis  digno, 
"cuni  tuta  et  assidua  ipsorum  custodia,  viri  litleris 
'rinstrucli  et  i'acili  librorum  conmiunione,  prout  de 
fboc  conveniendum  aut  statuendum  crit;  ea  efiam 
rriege,  ut  vigilantissimus  decaiins,  et  qui  in  ejus 
rémunère  ipsi  succèdent,  catalogum ,  ex  decreto 
ffSenatus  a  notariis  et  a  me  subscriptum,  et  quoties 
flibri  augebuntur  nugendum,  subsignent,  salvaiii 
rret  integram  remaneie  bibliolbecam  fidejubentes. 
ffEt  quoties  munus  decani  in  aliuni  transferetur, 
'•is  qui  illud  siiscipiet  eamdem  fidejussioneni  sub- 
fTScribat,  recognita  ab  ipso  integritate  bibliotbecœ, 
trde  qua  Senatus  cerlior  fiet  per  actum  qui  in  suis 
rrtabulis  referetur,  auditis  illusti'issimis  regiis  qua- 
Tdrumviris,  qui  bibliotliecam  quoties  ipsis  pla- 


ffcuerit  visitabunt;  quœque  visitabitur  a  rectore 
fUniversitatis  Parisiensis,  tanquam  patrimonium 
cfacademicum,  juribus  et  privilegiis  Universitatis 
rrgaudens. n  [Commentarii  ms.  medicinœ  Facullatis 
Parisiensis,  t.  XIX,  p.  9 3 7.) 

frQuibus  auditis,  rein  deliberationem  missa. 
ffrogatisque  singulorum  doclorum  sententiis,  om- 
ffues,  unanimi  consensu,  statuerunt  accipiendam 
tresse  bibliolbecam  M'  Francisci  Picolé  de  Belestre, 
frcoUegœ  falo  functi,  juxta  verba  quœ  ad  Faculta- 
fftem  habuit  M"  Claudius  Josephus  Prévost;  ipsi 
ffsummas  agendas  esse  gratias  pro  hoc  amplissimo 
ftmunere,  (pio  Facultatem  medicam  Parisiensem 
frdotare  munificenlissime  voluerit. [Commentarii 
ms.  medicinœ  FacuUatis  Parisiensis ,  t.  XIX,  p.  ySg.) 

ff  Extrait  de  la  minutie  de  l'inventaire  fait 
ffpar  Gervais  Laisné,  l'un  des  notaires  soussignés, 
fret  son  confrère,  le  5  janvier  ly.jS  et  jom's  sui- 
ffvanls,  après  le  décès  de  W  François  Picoté  de 
ff  Belestre ,  docteur  régent  de  la  Faculté  de  médecine 
rrà  Paris. 

ffLe  i3  juillet  1783,  au  mandement  dudit 
ff  M' Claude  Joseph  Prévost,  advocat  en  Parlement, 
ff  audit  nom  d'exéculeur  testamentaire  dudit  Fran- 
-fçois  Picolé  de  Belesli'e,  les  conseillers  du  roy, 
rr  notaires  à  Paris  soussignez,  se  sont  transportez 
ffcn  la  maison  qui  appartenoil  au  défimt  sieur  de 
ff  Belestre,  rue  des  Deux-Porles,  dans  l'appartenient 
ffoù  est  resté  la  bibliothèque,  et  où  estoient  pré- 
ffsents  M°  Hyacinthe -Théodore  Baron,  docteur 
ffregent  et  doyen  de  la  Faculté  de  médecine  en 
rr  l'Université  de  Paris,  demeurant  isle  Nostre-Dame, 
'rriie  des  Deux- Ponts,  paroisse  Saint-Loiiis,  et  la- 


32  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

de  cent  cinquante  volumes*''  que,  par  l'intermédiaire  de  Claude  Prévost,  la  veuve 
de  Jacques  Amelot  de  Beaulieu,  premier  président  à  la  Cour  des  aides '■^^  venait 


frditte  veuve  Malleray.  Ledit  sieur  Prévost  a  repré- 
ffsenté  Je  catalogue  qui  a  esté  dressé,  reveù  et 
ff reconnu  par  plusieurs  personnes  lettrés,  et  nota- 
frment  par  plusieurs  de  Messieurs  les  docteurs  de 
fia  Faculté  de  médecine,  des  livres  coniposans  la 
"bibliothèque  dudit  deffunt  sieur  de  Belestre,  pour 
rr  estre  laditte  bibliothèque ,  conformément  à  ce  qui 
trest  ordonné  par  les  arrests  de  la  cour  du  Parle- 
ffinent  des  dix  mars,  vingt-quatre  avril  et  vingt 
fret  un  may,  le  tout  de  la  présente  année,  établie 
rren  l'Université  de  Paris  dans  la  Faculté  de  mé- 
rrdecine,  à  l'endroit  dont  il  sera  convenu  avec 
rr  Messieurs  de  laditte  Faculté  et  ledit  sieur  Pre- 
cfvost,  suivant  le  décret  de  laditte  Faculté,  fait 
rr  entre  eux  en  datte  du  quatre  des  présents  mois 
tret  an. . .  1  (H.-T.  Baron ,  Catahgus  Ubrorum  Facul- 


tatis  medicinœ  Parisiensis  bibliolkecam  compoiieii- 
tium,  p.  3.) 

Voyez  Catahgus  Ubrorum  quos  Facullatis  me- 
diciiue  Parisiensis  bibliothecœ  adjun-xit  nobilis  fœmina 
D"  Amelot;  dans  le  Catalogne  de  H.  T.  Baron, 
p.  io6  à  io8. 

rrlllustrissima  femina  Ammelot,"  disent  les 
Commentaires ,  t.  XX,  p.  282.  —  Voyezaussi  Hazon, 
Notice  historique  sur  les  hommes  les  plus  célèbres  de 
la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  p.  91/1.  —  Amelot 
de  Beaulieu  avait  possédé  une  très-riche  biblio- 
thèque dont  le  P.  Jacob  a  fait  l'éloge  {Traicté  des 
plus  belles  bibliothèques  publiques  et  particulières, 
p.  igS),  et  dont  les  volumes  sont  recounaissables 
par  la  marque  suivante ,  qui  est  presque  toujours 
frappée  en  or  sur  les  plats  : 


Michel  de  Marolles  écrivait  un  peu  plus  tard  : 

L'Amelotle  a  son  prix;  d'une  maison  puissante, 
Elle  est  riche,  elle  est  belle  avec  tous  ses  atraits. 
.te  n'entreprendrai  pas  d'en  faire  les  portraits; 
.Mais  dans  son  grand  dessein ,  on  la  voit  excellente. 

(  M.  (le  Marolles,  Paris  ou  description  sncc'indu  et  nrttnUnfiins 
assez  ample  de  cette  grande  ville,  p.  A9.  ) 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE.  33 

d'ofîVir  à  la  Faculté  Philippe  Hecquct y  ajouta  environ  treize  cents  volunies'^', 
(ju'il  tira  de  sa  propre  bibliothèque 

Mais,  pour  que,  selon  le  vœu  exprimé  parles  donateurs,  la  nouvelle  collection 
pût  être  mise  à  la  disposition  du  public,  il  fallait  avant  tout  en  rédigei'  le  cata- 
logue. Ce  travail  fut  aussitôt  entrepris  par  le  doyen  Hyacinte-Théodore  Baron 
et  la  manière  dont  il  fut  exécuté  prouve  quels  sentiments  de  gratitude  l'école 
conservait  pour  Picoté  de  Belcstre.  On  eut  soin  en  effet  de  faire  copier,  en  tête 
de  la  liste  de  ses  livres,  toutes  les  pièces  relatives  à  sa  libéralité.  Le  catalogue 
de  Baron  forme  un  volume  in-folio,  qui  existe  aujourd'hui  à  la  bibliothèque  de 
la  Faculté. 


rrLibris M.  deBelestre accessere,  curisejusdem  Né  le  1 1  février  1661 , doyen  de  17 la  à  1 7 1 4 , 

n  M.  Prévost ,  libri  D.  viduœ  Amelot.  -o  (E.  C.  Bourru ,  mort  le  1 1  avrU  1 7.37.  Il  écrivait  prescpje  toujours 
Catalogus  librorum  saluherrimœ  Facultatis ,  prœfatio.)      son  nom  sur  la  première  page  de  ses  livres  : 


et. 


Voyez  Catalogus  librorum  qui  augendœ  Fa- 
cultatis medicinœ  Parisiensis  bibliotkecœ  accesserunt, 
ex  liberalitate  magisiri  Philippi  Hecquet,  anliqui 
decani;  dans  le  Catalogue  de  H. -T.  Baron,  p.  109 
à  202. 

rrHuicce  librorum  collectioni,  ex  liberalitate 
«■M'  Philippi  Hecquet,  antiqui  Facultatis  decani, ad- 


ffjuncta  est  nova  librorum  copia ,  ex  ejusdem  biblio- 
ffthecadeprompta.17  (E.-G.  Bourru,  Catalogus  libro- 
rum saluberrimœ  Facultatis,  prœfatio.) 

H.-T.  Baron  possédait  lui-même  mie  assez 
belle  bibliothèque ,  et  il  donna  plus  tard  plusieurs 
précieux  volumes  à  la  Faculté;  on  trouve  sur  quel- 
ques-uns d'entre  eux  cet  ex  libris  : 


norvATcReins. 


M.IIyacifvthi  ThccdoriBarcn 
Anlùjf  luB'acuyltuàs  Medùcùux. 

Ccfj-frcramRe^uy  etEoccrcduiim 
Prolo  nvedico 


11. 


3 


34 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 


H  est  intitulé  : 

Catalogus 
Librorum  Facidtatis  Medicinœ 
Parisiensis  Bibliolhecam 
componentium. 
Ex  Dono  et  liberalitate  M'" 
Francisci  Picoté  De  Belestre , 

CoUegœ  clarissimi; 
M'  PhiKppi  Hecquet,  antùjui 
facultatis  nostrœ  Decani; 
et  Nobiîis  feminœ  Antoniœ 
de  Brion,  Viduœ  Magistri 
Amelot.  in  Senatu  Parisiensi 
Prœsidis  : 
M"  Hyacinthe  Theodoro 
Baron ,  Parisino ,  tcrtium 
Decano , 
anno  ijSS  t^'. 


Ce  catalogue  est  compris  dans  un  volume 
in-folio,  dont  a 65  pages  seulement  ont  e'té  em- 
ployées. 

On  lit  au  verso  de  la  couverture  : 

ffCe  volume  est  le  catalogue  original  des  livres 
trde  la  bibliothèque  de  la  Faculté,  qui  doit  rester 
fcdans  l'armoire  des  archives  dont  M.  le  doyen  a 
ffla  clef,  pour  y  inscrire  les  livres  à  mesure  qu'il 
T  en  survient  de  nouveaux .  .  .v 

Le  volume  contient  les  pièces  suivantes  : 

Extrait  du  testament  de  M.  François  Picoté  de  Beiestre. 

Concession  de  la  bibliothèque  de  M.  de  Beleftre  à  la  Fa- 
cilite de  médecine  par  M.  Prévost,  son  exécuteur  testamentaire. 

Décret  de  la  Faculté  pour  accepter  la  donation  de  la  biblio- 
thèque de  M.  de  Belestre. 

Acte  par-devant  notaires  de  la  délivrance  de  la  biblio- 
thèque de  M.  de  Belestre,  faite  par  M.  Prévost  à  M.  H. -T. 
Baron  ,  doyen;  dont  la  rainutte  est  restée  à  M.  Gervais,  l'un 
des  dits  notaires. 

Calalo|;us  librorum  M'  Francisci  Picoté  de  Belestre,  Facul- 
tatis medicinœ  Parisiensis  doctoris. 

Catalogus  librorum  quos  Facultatis  medicinœ  Parisiensis 
bibliothecœ  adjunxit  nobilis  femina  D"  Amelot. 

Catalogus  librorum  qui  augendœ  Facultatis  medicinœ  Pa- 
risiensis bibliothfica;  accesserunt,  ex  liberalitate  magistri 
Philippi  lle((iuet,  antiqui  ejusdcni  Facultatis  decani. 

Beconiioissance  de  M.  Retieaume,  doyen,  successeur  de 
M.  Baron ,  qui  le  décharge  des  livres  donnés  à  la  Faculté  de 
médecine  de  Paris  par  M.  do  Belestre,  madame  la  présidente 
Amelot  et  M.  Hecquet. 

M.  Michaele  Ludovico  Reneaume  decano,  accessere  biblio- 
thecœ  Facultatis  sequentes  libri . . . ,  ex  liberalitate  M.  Jac- 
ques... [et]  aliorum  doctorum. 


Catalogus  librorum  quos  vei  dono  dédit  vel  coUegit  ad 
augendam  Facultatis  bibliothecam ,  decanatus  sui  tempore , 
M.  Reneaume. 

Reconnoissance  de  M.  Bourdelin ,  qui  décharge  M.  Re- 
neaume, son  prédécesseur,  des  livres  de  la  bibliothèque  de 
la  Faculté  el  de  ceux  qui  y  ont  été  ajoutés  jusqu'à  la  fin  de 
son  décanat. 

Catalogus  librorum  quos,  n°  loo.  M"'  Phiiippus  Hecquet, 
antiquus  Facultatis  decanus,  testamento  suo  Facultati  salu- 
berrimîB  reliquit,  anno  1787,  M"  Ludovico  Claudio  Bour- 
delin decano. 

Reconnoissance  de  M.  Chôme!  père,  doyen,  qui  décharge 
M.  Bourdelin  des  livres  composant  la  bibliothèque  de 
la  Faculté  et  de  ceux  y  ajoutés  jusqu'à  la  fin  de  son  dé- 
canat . . . 

Reconnoissance  de  M.  G.-J.  de  l'Epine,  doyen  de  la  Faculté 
de  médecine  ,  qui  décharge,  en  la  personne  de  M.  Chomel  le 
fils,  la  succession  et  les  autres  héritiers  de  M.  Chomel  père, 
décédé  étant  doyen,  au  mois  de  juillet  1760,  de  tous  les 
livres  composant  la  bibliothèque  de  la  Faculté  jusqu'à  cette 
époque. 

Catalogus  librorum  veteris  bibliothecœ  qui  extant. 

Catalogus  librorum  qui  accesserunt  bibliothecaî  Facultatis 
medicina;  Parisiensis,  M°  Guillelmo  Josepho  de  l'Epine  et 
M°  Joanne-Baptista  Thoma  Martinenq  successive  decanatum 
gerenlibus,  a  mense  novembris  1744  ad  mensem  novembris 
1  750  : 

Ex  dono  M'  Eliœ  Col  de  Viiars,  antiqui  decani. 

Ex  dono  M'  Joannis-BaptistiE  Ludovici  Chomel. 

Ex  dono  M'  Winslow. 

Ex  dono  M'  Marteau. 

Ex  dono  M'  Jacques. 

Ex  dono  M'  Boyer. 

Ex  dono  M'  Pousse,  filii. 

Ex  dono  M'  de  la  Sone. 

Ex  dono  M'  Liger. 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE. 


35 


Ce  premier  fonds  s'augmenta  rapidement.  Le  chirurgien  Jacques''^  et  Miciiel- 
Ijouis  Reneaume'-*  y  ajoutèrent  tous  leurs  livres*^'.  Pli.  Hecquet,  en  mourant, 
donna  encore  cent  volumes^'*';  et  Eiie  Col  de  Vilars légua  toute  sa  biblio- 
thèqueBien  d'autres,  dont  les  noms  sont  restés  inconnus,  vinrent  successive- 
ment apporter  leur  tribut  à  la  collection  de  la  Faculté 

On  entendait  d'ailleurs  cette  fois  la  conserver  intacte,  et  toutes  les  clauses  im- 
posées par  P.  de  Belcstre  furent  pendant  longtemps  très-scrupuleusement  obser- 
vées. Voici,  par  exemple,  le  modèle  de  la  décharge  c{ue  chaque  doyen  était  tenu 
de  remettre  à  son  prédécesseur  lors  de  son  entrée  en  exercice  : 

Je  soussigné  Louis  Claude  Bourdelin,  docteur  regent  et  doyen  de  la  Faculté  de  médecine  en 
l'Université  de  Paris,  déclare  qu'au  désir  du  décret  de  ladite  Faculté  du  Ix""""  juillet  1783,  re- 
counoissance  ayant  esté  par  moy  faite  sur  le  présent  catalogue  des  livres,  tant  de  maistre  Fran- 
çois Picoté  de  Belestre  que  de  ceux  de  M°  Philippe  Hecquet  et  de  madame  la  présidente  Amelol, 
iesdits  livres  composant  quant  à  présent  la  bibliotéque  de  ladite  Faculté  de  médecine,  ils 
se  sont  trouvés  en  nature  suivant  le  dit  catalogue;  reconnoissant  qu'ils  m'ont  été  délivrés 
par  M'  Michel  Louis  Reneaume  de  la  Garanne,  cy  devant  doyen,  qui  en  demeure  quitte  et 
déchargé,  au  terme  du  dit  décret.  Fait  à  Paris  dans  les  Ecoles  supérieures  de  la  Faculté  ce 
i5""' may  1788. 

Bourdelin,  doyen 


Reconnoissance  de  M.  Marteau ,  bibliothécaire  en  charfje, 
qui,  aux  termes  des  statuts,  s'est  chargé  de  tous  les  livres 
de  la  bibliothèciue ,  après  en  avoir  fait  la  révision  en  pré- 
sence de  M.  Baron  fils,  actuellement  doyen,  et  de  MM.  de 
l'Epine  et  Martinenq,  ses  prédécesseurs,  ainsi  que  de  tous 
MM.  les  anciens  bibliothécaires,  à  l'exception  de  M.  de  la 
Cioye,  qui  éloit  décédé  le  26  octobre  1748. . . 

Libri  qui  Facultatis  medicina}  Parisiensis  bibliothecœ  ac- 
cesserunt.  M"  Hyacintbo  Tbeodoro  Baron  decano  ,  a  mense 
novembris  anni  1760  ad  mensem  novembris  1766. 

Reconnoissance  de  M.  Paris ,  bibliothécaire  actuel  de  la 
Faculté ,  qui . . .  s'est  chargé  de  tous  les  livres  compris  au  pré- 
sent catalogue,  ainsi  que  de  ceux  provenants  de  l'échange  des 
doubles . . . 

Accesserunt,  decano  M"  J.-B.-L.  Chomel,  Parisino,  libri 
(jui  sequuntur. 

État  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  Faculté. . . ,  lesquels 
se  sont  trouvés  doubles  ou  triples,  et  ont  été  échangés  ou 
vendus  pour  en  acheter  de  nouveaux,  conformément  au  décret 
de  la  dilte  Faculté  du  di.x-huit  octobre  mil  sept  cens  cin- 
(jiiante-trois. 

Historia  metallica  Facultatis  raedicina;  Parisiensis,  sive 
coilectio  numismatum,  tum  argenteorum,  tum  aaneorum, 
qua;  a  decanis  prÉedictas  Facultatis  excusa  sunt;  incœpta 
M°  Hyacinthe  Théodore  Baron  decano,  anno  175'). 

(Ces  deux  derniers  inventaires  sont  à  la  fin  du 
volume,  chacun  avec  sa  pagination  propre.) 

Voyez  M.  Michaele  Ludovico  Reneaume  de- 
cano, accessere  hihliolhecœ  Facultatis  seqiieiites  libri, 
ex  liberalitate  M.  Jacques;  dans  le  Catalogue  de 
H. -T.  Baron,  p.  207. 


Doyen  de  1 784  à  1 786,  mort  le  97  mars  1 789. 

Voyez  Catalogus  librorum  quos  vel  dono  dédit 
vel  collcgit  ad  augendam  Facultatis  bibliothecam , 
decanatus  sut  tempore,  M.  Reneaume;  dans  le  Cata- 
logue de  H.-T.  Baron ,  p.  211. 

ffCentum  seiecta  volumina,n  disent  les  Com- 
mentaires, t.  XX,  p.  289.  —  Voyez  Catalogus  libro- 
rum quos,  n°  100,  magistcr  Ptiilippus  Hecquet, 
aiitiquus  Facultatis  decanus,  testamento  suo  Facultati 
saluberrimœ reliquit,  anno  1 7^7  :  M°  Ludovico  Claudio 
Bourdelin  decano;  dans  le  Catalogue  de  H.-T.  Baron , 
p.  228  à  282. 

Né  en  1676,  doyen  de  17/10  à  1768,  mort 
le  26  juin  1 7A5. 

Hazon,  Eloge  historique  de  la  Faculté  de  mé- 
decine de  Paris,  p.  66.  —  Catalogue  manuscrit  de 
H.-T.  Baron,  p.  287. 

ffINostram  denmm  bibliothecam  paulaliin  ad- 
frauxerunt  libri  numéro  multi,  legati  aut  donati  a 
ffMM.  Elia  Col  de  Viiars,  Helvetius,  Jaques,  Re- 
ffneauiue,  caeterisque  doctoribiis  qui  opéra  sua  typis 
trdemandala  ut  plurimum  in  Facultatis  bibliotheca 
trreponi  curant,  unde  huic  quolannis  novœ  fieri 
rrpossunt,  et  rêvera  fiunt  accessiones.  n  (E.-G. 
Bourru,  Catalogus  librorum  saluberrimœ  Facultatis, 
prœfatio.) 

Catalogue  manuscrit  de  H.-T.  Baron,  p.  227. 

5. 


36  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

La  Faculté  décida  encore  qu'elle  choisirait  parmi  les  docteurs  un  bibliothé- 
caire, qui  serait  élu  pour  deux  ans  seulement Cette  dernière  condition  paraît 
avoir  été  violée  dès  le  principe  en  faveur  de  Jean-Louis-Livin  Baude  de  la  Cloye , 
le  premier  bibliothécaire  qu'ait  eu  la  Faculté.  Il  se  chargea  d'organiser  la  collec- 
tion et  d'en  dresser  un  nouveau  catalogue  ;  ces  différentes  opérations  l'occupèrent 
jusqu'à  sa  mort,  arrivée  le  26  octobre  17/1.8^'^'.  On  lit  dans  un  passage  des 
Commentaires,  que  de  la  Cloye  rrpro  libris  bibliothecœ  sponsorem  se  dederat  ac 
rr  fidejussorem  erga  Facultatem n 

La  nomination  de  Baude  de  la  Cloye  était  faite  surtout  en  vue  de  l'avenir; 
car,  fidèle  à  l'engagement  qu'elle  avait  pris  en  acceptant  le  legs  de  de  Belestre, 
la  Faculté  avait  résolu  d'ouvrir  promptement  sa  bibliothèque  au  public.  Elle  crut 
dès  lors  devoir  adjoindre  au  bibliothécaire  un  homme  de  service,  qui  resta 
toujours  désigné  sur  les  registres  avec  le  titre  (ïapparitor'^''^^.  Elle  fixa  en  même 
temps  le  chiffre  des  émoluments  affectés  à  chacun  de  ces  fonctionnaires  ;  le  pre- 
mier dut  recevoir  par  an  3oo  livres,  et  le  second  5o  livres  Cette  organisation 
subsista  sans  changements  jusqu'en  1792. 

De  la  Cloye,  nous  l'avons  dit,  s'était  chargé  de  la  confection  d'un  second  cata- 
logue conqjlet.  Ce  travail  fut  achevé  en  17/1.5;  il  forme  un  volume  in-folio,  qui  est 
aujourd'hui  conservé  à  la  bibliothèque  Mazarine.  La  couverture  porte  ces  mots  : 

Catalogue  pour  le  service  de  la  bibliothèque  publique  des  Ecoles  de  médecine  de  Paris. 
Puis  on  lit  sur  le  premier  feuillet  de  garde  : 

Catalogus  librorum  omnium  in-folio,  m-li°,  in-8°,  in-ia",  et  minori  forma,  qui  pertinent  ad 
bibiiothecam  Facultatis  medicinae  Parisiensis;  a  M°  Joanne  Ludovico  Livino  Baude  de  la  Cloye, 
primo  hujus  bibliothecœ  prefecto,  D.  M.  P.  conscriptus,  17^6. 

Enfin,  sur  la  première  page  : 

Calalogus  aulhorum  alphabeticus  librorum  impressorum  manuscriptorumque  bibliothecœ 
Facultatis  medicœ  Parisiensis,  a  M"  Baude  de  Lacloy.  —  P.  D.  B.  désignât  libros  a  magistro 
Picoté  de  Bellestre,  doctore  ejusdem  Facultatis,  legatos. —  A.  D.  vidua  Amelot.  —  H.  Hecquet. 


ffVerum,  ut  novis  deprasdationilms  nulius 
ffdeinceps  daretur locus,  Faeullas  saluberrima  unum 
rr  e  suis  doctoribus  bibliothecœ  in  posterum  prœfec- 
rrturum  fore  decrevit  anno  1787,  M.  Ludovico 
ff  Claudio  Bourdelin  decano  :  qui  doctor  in  bienniuni 
ffsolummodo  eligitur,  quo  perfectissima  inter  om- 
trnes  doctores  servelur  ffiqualitas-n  (E. -G.  Bourru, 
Calalogus  Uhrorum  saluhernmce  Facultatis,  prœfatio.) 

'^^  Commentarii  ms.  medicinœ  Facultatis  Parisien- 
sis, t.  XXI,  p.  258. 

Commentarii  ms.  medicinœ  Facultatis  Parisien- 
sis, t.  XX,  p.  9q3. 

ffDecrevil...  Ordo  snluberrimus quolibet  ciijiis- 


rrque  hebdomadis  jovis  die,  quo  solo  vacant  schoiae, 
rc bibiiothecam  aperiendam  esse;  eidem  vero  bihlio- 
ffthecœ  prœficiendum  esse  unum  e  suis  doctoribus... 
rrCensuit  eadeni  Facultas  in  bibliothecœ  ministnmi 
rrappeilandum  esse  unum  e  suis  apparitorihus.  5: 
(Commentarii  vis.  medicinœ  Facultatis  Parisiensis , 
t.  XX,  p.  333.) 

^'  rrDoctori  quidem,  pro  suo  honorario ,  sum- 
rrmam  trecentarum  libellarum  quotannis  solvendam 
rresse;  apparitori  aulem,  pro  sua  opéra,  quinqua- 
rrgenta  hbellarum  sununam  quotannis  etiam  esse 
rrconcedendam. 55  (Commentarii  ms.  medicinœ  Facul- 
tatis Parisiensis,  t.  XX,  p.  3 Si.) 


FACULTE  DE  MEDECINE. 


37 


—  I.  Jacques.  —  R.  Reneaume;  ut  in  catalogo  a  D°  Hiaciniho  Thoodoro  Raion,  anli(iuo  de- 
cano,  facto  reperitur 

A  la  fin  de  l'année  17^6,  tout  était  donc  disposé  pour  recevoii-  ie  public.  Les 
livres  étaient  classés  de  manière  que  tout  volume  demandé  piit  être  aussitôt 
trouvé;  des  trois  catalogues  (ju'on  avait  l'intention  de  faii'e,  l'un  était  terminé,  les 
autres  commencés;  le  discours  qui  devait  inaugurer  la  séance  d'ouverture  était 
tout  prêt,  et  l'orateur  bien  disposé,  crparata  oratio,  paratus  orator;ii  il  ne  man- 
quait donc  plus  que  l'examen  et  la  permission  de  l'autorité  supérieure 

Le  28  janvier  1766,  sur  les  quatre  heures,  le  doyen,  accompagné  du  biblio- 
thécaire, se  rendit  chez  le  procureur  général  Joly  de  Fleury,  pour  lui  annoncei- 
que  la  Faculté  attendait  ses  ordres,  et  le  prier  de  donner  aussi  promptcmcnt  que 
possible  l'autorisation  nécessaire 

11  avait  été  arrêté  que  la  bibliothèque  serait  ouverte  à  tous  ceux  qui  s'y  pré- 
senteraient, médecins,  étudiants,  lettrés,  érudits les  jeudis,  de  deux  heures  et 
demie  jusqu'au  soir^^',  pendant  toute  l'année  scolaire,  et  fermée  seulement  pen- 
dant les  vacances  de  la  Faculté,  du  29  juin  au  ik  septembre^"'. 

C'est  le  3  mars  17/16  qu'eut  lieu  la  séance  d'ouverture;  le  public  avait  été  pré- 
venu, et  ffdès  ce  premier  jour,  disent  les  Commentaires,  les  amis  de  la  médecine, 
cret  bien  d'autres  personnes,  commencèrent  à  fréquenter  notre  bibliothèque  nais- 


Bibliothèque  Mazarine,  Manuscrits,  n"  SiaS. 

ffQuamvis  nondum  publici  juris  facta  foret 
ffbibliotheca  medica,  non  deses  aut  iners  remanse- 
frrat  illius  prasfectus.  Ita  jam  in  ordine  sibi  noto 
rr  coilocaverat  onines  codices,  ut  quemcunique  li- 
tfbrum,  qui  in  ea  contineretur,  ab  eo  postularemus 
rf(et  saepe  postulabamus,  ob  lites),  illico  sub  manu 
"•repertum  ob  oculos  poneret.  E  tribus  quos  medi- 
fftabatur  catalogis,  duos,  si  non  perfecerat,  saltem 
rrdisposuerat;  janijam  igitur  in  graliam  eruditorum 
-et  philiatrorum  copiam  illius  pubiice  facere  para- 
ffbamus.  Parata  oratio,  paratus  orator  (Bourdelin , 
<rant.  decanus).  Expectabatur  tanlum  dios  a  pro- 
fcuratore  calbolico  indicenda ,  ut  recognoscerentur 
«■soleniniteret  avdevTfitâs  omnia  voluniina. n  (Com- 
mentarii  ms.  nmliciiiœ  Facultaiis  Paris,  t.  XXI ,  p .  4 1 .) 

ffDie  inartis  26°  januarii  17^6,  circa  quar- 
-lani  horam  vespertinam,  integerrimum  hune  ma- 
frgistratutn  (Joly  dn Fleury  patrem)  adivi,  comitatus 
fflaudalo  .M"'  de  la  Cloye  bibliothecœ  prœi'ecto.  Ex- 
(fposui  pênes  nos  non  esse,  si  nondum  esset  juris 
ff publici.  Libros  esse  in  ordine  dispositos;  omnes 
rfposse,  statim  atque  vellet,  eos  recognosci;  biblio- 
«•thecae  nostrœ  prœfectum  niliil  antiquius  habere 
f-quam  ut  copiam  illius  faceret  doctrinœ  cupidis; 
(rquotidiana  experientia  nobis  eum  coniprobasse , 


rfse  non  promittere  plus  quam  posset.  .  .  Quodju- 
fr béret  Curia,  paratos  esse  nos  exequi;  produxisse 
rfuos,  et  in  nianus  ejus  substitut!  integerrimi  D°'  de 
rrBoullenois  tradidisse  unicum  nostrum  exempinr 
fforiginale  catalogi  librorum  bibliothecœ  quod  su- 
ftperesset.  Si  quid  amplius  postularet,  juberet.  « 
[Coinmentarii  ms.  medichw  Facultaiis  Parisiensis , 
t.  XXI,  p.  il.) 

ffCredidimus  publicœ  rei  maie  nos  esse  con- 
ffsulturos,  si  diutius  bibliothecam  medicam,  certe 
ffnon  aspernabileni ,  in  gratiam  phihatrorum,  nec- 
f  non  eruditorum ,  aperire  et  publico  usui  commo- 
ffdare  differremus.  n  {Commentarii  ms.  mcdicime  Fa- 
cultaiis Parisiensis ,  t.  XXI,  p.  5o.) 

Nous  suivons  toujours  les  textes  manuscrits. 
Un  Guiik  de  17G0  dit  que  la  bibliothèque  de  la 
Faculté  était  ouverte  de  deux  à  cinq  heures  en  hi- 
ver et  jusqu'à  six  heures  en  été.  Voyez  Jèze,  Etat 
ou  tableau  de  la  ville  de  Paris ,  considérée  relative- 
ment au  nécessaire,  à  l'utile  et  à  l'agréable,  p.  igG. 

rrStaluit...  Facultas  saluberrima,  ut  biblio- 
ftheca  sua  litteratis  ac  philiatris  pateret  omnibus, 
frdiebus  jovis  totius  aimi  academici,  scilicet  a  die 
tr  1  h  septembris  ad  diem  39  junii,  cum  Cacili  libro- 
'Tum  communicatione. "  (E.-C.  Bourru,  Catalogus 
librorum  saluberrimœ  Facultaiis,  prœfatio.) 


38  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

rr  santé  et  à  y  travailler ''1  ii  Cette  date  mémorable  ne  lut  pas  seulement  inscrite 
dans  les  registres  de  l'école,  une  médaille  fut  frappée  pour  en  perpétuer  le  sou- 
venir f"^^;  elle  portait,  disent  les  Commentaires^^',  d'un  côté  la  tête  du  doyen  alors  en 
exercice,  de  l'autre  l'inscription  suivante  :  Bibliotheca publici  juris  facta,  die  jovis 
3°  MARTH,  M.DCC.xLvi.  G.  J.  DE  l'Epune  decano.  Nous  n'avous  pu  retrouver  cette 
médaille,  et  il  faut  peut-être  admettre  ici  une  erreur  dans  les  Commentaires.  Nous 
i-eproduisons  le  fac-similé 


de  la  seule  pièce  relative  à  notre  Libliollièque  que  possède  le  cabinet  des  médailles 
de  la  Bibliothèque  impériale.  L'inscription  citée  par  les  Commentaires  s'y  lit  tex- 
tuellement; mais  le  revers  porte,  au  lieu  de  la  tête  du  doyen,  une  vue  du  nouvel 
amphithéâtre  qui  avait  été  inauguré  par  J.  B.  Winslovv,  le  i8  février  de  l'année 
précédente. 

Le  service  de  la  bibliothèque  continua  dès  lors  avec  une  grande  régularité  ;  et 
chaque  année,  à  l'issue  des  vacances,  une  affiche  placardée  sur  les  murs  de  l'école 
annonçait  à  tous  la  réouverture  de  la  salle  de  travail 

Cependant  la  Faculté  se  ressouvint  qu'elle  avait  jadis  possédé  une  bibliothèque, 
peu  nombreuse  sans  doute,  car  elle  ne  dépassa  jamais  trente-deux  volumes, 
frnunquam  triginta  supra  duo  volumina  superavit^^^  n  mais  dont  la  valeur  n'avait 


rrAssiijnala  igitur  aperiendœ  singulis  hebdo- 
frmadis  bibliothecœ,  ex  prœscripto  saluberrimi  Or- 
:f  dinis ,  dies  jovis  ; ...  et  hac  illa  prima  die ,  comnio- 
fiiiti  a  professoribus  scbolariini,  pbiliatri  aliique 
fbene  midli  nostrnm  nascentem  bibliothecam  l're- 
frquenlare  cœperimt,  in  eaque  studere  a  sesqui- 
frsecimda  ad  vesperam.  {CommenUirii  ms.  medicinœ 
Facultulis  Parkiensis ,  t.  XXI,  p.  5o.) 

(fNon  laiiliini  i'astis  consecrata  nostris  fuit  illa 
ffdies,  sed  inscuipta numismate...  cum  capitedecani 
rr  ex  adverso .  .  .  n  {Comment arii  ms.  medicinœ  Facul- 
lalis  Parisieusis J,  t.  XXI,  p.  5o.) 

Commentant  ms.  medicinw  Facultatis  Parisien- 
sis,  t.  XXI ,  p.  5o. 

Voyez  ci-dessus,  p.  27. 
•      Cette  affiche  était  ordinairement  conçue  en 
ces  termes  :  rr  Anno  Domini.  .  .  die  porro  jovis  i5° 
rrmensis  septembris,  induciarum  academicarimi  re- 


rfvolutis  mensibus,  saluberrima  Facultas,  juxta  de- 
ffcretum  quod  iatum  est  die  22  mensis  novembris 
rranno  1787,  M°  Ludovico  Claudio  Bourdelin  de- 
(rcano,  philiatrorum  utilitati  maxime  deserviens, 
rrbibliothecam  qua  utitur,  publica  lileratorum,  ma- 
'rxime  vero  candidatoium  in  commoda,  de  novo 
rrpatere  voiuit,  Dyonisio  Claudio Doulcet  prœfecto.  " 
{Commeutarii  ms.  medicinœ  Facultatis  Parisiensis , 
t.  XXII,  p.  72.) 

Commentarii  ms.  medicinœ  Facultatis  Parisien- 
sis ,  t.  XXI,  p.  119.  —  Ce  sont  les  termes  mêmes 
dont  se  sert  le  doyen  dans  son  compte  rendu  ;  il  est 
plus  exact  que  Bourru,  qui  écrivait  pourtant  en 
1770  :  rrBibliolbecaruni  pretium  in  iibris  manu- 
rrscriptis  olim  constitisse,  apudomnes  in  confesse  est: 
rrpariterque  fatentur  rerum  Gallicarum  scriptores 
rrbibliothecam  sahiberrimœ  Facultatis  Parisiensis, 
•rhisce  temporibus,  •  rarioribus  fuisse  instructam 


FACULTE  DE  MEDECINE.  39 

pu  qu'augmenter  avec  le  temps.  Elle  fit  faire  des  recherches,  et  ces  volumes,  que 
l'on  croyait  depuis  si  longtemps  absolument  perdus,  on  s'aperçut  qu'ils  existaient 
encore,  en  grande  partie  du  moins'".  Ces  précieux  restes  de  l'antique  bibliothèque 
avaient  résisté  à  bien  des  ennemis,  et  étaient  munis  encore  des  chaînes  de  fer  qui 
les  attachaient  autrefois Dans  un  grenier  on  retrouva  vingt  d'entre  eux,  muti- 
lés par  les  siècles,  entamés  par  les  souris  et  les  vers'^'.  On  les  restaura  le  mieux 
possible;  ils  furent  placés  de  nouveau  dans  la  bibliothèque,  et  la  Faculté  en 
inscrivit  tout  au  long  l'inventaire  sur  ses  registres.  Mais  le  titre  manquait  à  plu- 
sieurs, et,  comme  on  va  le  voir,  il  fallut  pour  les  désigner  en  reproduire  les  pre- 
mières ou  les  dernières  lignes. 

Voici  cette  curieuse  énumération,  qui  ne  dénote  pas  d'ailleurs  des  connais- 
sances bien  profondes  en  bibliographie  médicale  : 

UEC  EST  EORUM  QUI  SUPERSUNT  EX  VETERI  RIRLIOTHECA  LIBRORUM  PLERORUMQUE  MANU- 
SCRIPTORUM  SERIES.  QUOS  VEL  A  TITULO,  VEL  A  PRIMIS  GODICUM  VERRIS  QUANDO  MUTILA 
INVENTA  FUERUNT  EXEMPLARIA,  INDIGITAVIMUS. 

I. 

llSClPIT  LIBER  CANONIS  PR1HIUS  QUEM  PRINCEPS  AbOLHAY  AB  AvICENNA  DE  MEDICINA  EDIDIT,  TRANSLATUS 

A  MAGiSTRO  GiRARDO  Cremonensi,  etc.  M.  S.  véHii ,  in-l'olio ,  complet'*'. 

II. 

Jacobi  Des  Parts,  de  Ïornaco  nati,  expositiones  primi  libri  canonis  Avicrn.\*  tertu,  et  puim/e 
FEN  QUARTi.  ManuscHl  in-follo,  1^53  '^'. 


ffistiusmodi  libris  qui  admedicinam  spectarent.  .  . 
"Tota...  bibliotheca  medicoriim  Parisiensium  duode- 
ffcim  circa  manuscriptoruni  numéro  includebatur.  i 
(E.-G.  Bourru,  Catalogus  ms.  Ubrorum  saluberrimœ 
Facultaûs,  prœfatio.) 

ffUie  veneris  9°  septembris  1746,  conveninius 
ff  institnere  catalogum  librorum  veteris  nostrae  bi- 
ffbliotbecœ,  qui  non  adeo  muiti  erant  amissi  quam 
fcredebantur.  n  {Commentarii  ms.  medicinœ  Facuha- 
tis  Parisieiisis ,  t.  XXI,  p.  loo.) 

tr Qui  [bibliolhecarius)  pvet'wsas  veteris  bibiio- 
trthecœ  reliquias,  quanta  potuit  diligentia  collegit, 
ttel  in  ordincni  disposuit.  Codices  nempe  nianu- 
trscriptos,  pierosque  in  carlha  pergamena  exaratos, 
ffcatenis  ferreis  quibus  oliinalligabantur  adbucdiun 
finstructos,  eosque  bibliotbecœ  prœfectori  custodiœ 
ff  commisit.  ^  (Rtttis  et  usus  Facultalis  medicinœ  Pari- 
siensis,  p.  i3i.) 

tt  Addidimus  etiam  (qui  deeral  honos  huic  bi- 
rrbliothecœ)  manuscripta  non  pauca,  qiiamvis  niu- 


(ftila  quœdani  injuria  teniporuiii,  non  tanien  ideo 
"•parvi  facienda,  rclliquias  antiquœ  vestrœ  bibiio- 
frtbecœ,  quaî  duni  celcbritate  floruit,  nunquam  tri- 
ffginta  supra  duo  vohiniina  superavit.  Viginti  quas 
ff olim  muribus  atque  tineis ,  in  borreis  derebcla ,  non 
ffsinesunimo  dolore  videramus,  cura  tamen  pos- 
ff  leriorura  decanorum  condita ...  in  hoc  pulpito . 
ffcollegimus,  nunieravimus,  inscripsiniusque  cata- 
fflogo.n  {^Commentarii  7ns.  medicinœ  Facultalis  Pari- 
siensis,  t.  XXI,  p.  119.) 

Nous  avons  vu  (page  10)  qu'en  iSgS  la  Fa- 
culté posse'dait  déjà  deux  vokimes  d'Avicenne;  tous 
deux  se  retrouvent  dans  cette  b'ste.  (Voyez  ci-dessous, 
n°  vn.)  Par  ces  mots  :  Abolhay  ah  Avicennn,  qui 
plus  loin  sont  écrits:  Ahholay  ah  Avicenna,  on  veut 
certainement  désigner  Avicenne ,  qui  fut  longtemps 
nommé  Aholi-Ahiscene.  —  On  a  compté,  avant  le 
xv'  siècle ,  treize  traductions  latines  des  œuvres  de 
ce  médecin ,  outre  celle  de  Gérard  de  Crémone. 

Jacques  Despars ,  qui  était  do  Tournai ,  avait . 


40 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


IIL 

TuRiGiANi  DE  Florentia,  postquam  COMMENT ATORis ,  ETC.  In-foUo ,  moitié  papier,  moitié  parche- 
min, mal  conditionné;  finissant  par  ces  mots  :  rcUtrum  vita  alicujus  individui  possit  prolongari. 
frVallain  O.^ 

IV. 

AviCENNA  LATiNo  iDioMATE,  iu  cujus  primo  et  ultimo  folio  se  habet  haec  formula  :  ff  Anno  Do- 
r'mini  i  Zi56 ,  le  20*^  septembre,  undecima  hora  noctis ,  obiit  M"  Joannes  Episcopi ,  et  dédit  hune 
cf  Avicennam  Facultati  medicinse;  cujus  anima  requiescat  in  pace,  amen.n  In-folio,  vélin,  com- 
plet (2). 

V. 

Liber  in-folio,  manuscriptus,  in  charta,  cujus  liber  incipit  hisce  verbis  :  rrCAPiTULUM  primum 
rrDE  ALOPECiA.  Alopecia  est  casus  capillorum  cum  ulceribus  sive  stammis.  w  Incomplet. 

VI. 

In-folio,  in  charta  papiracea,  manuscriptus,  cujus  in  folio  secundo  legitur  in  linea  octava 
quartae  columnœ  :  ffFRN  21,  3"  :  De  membris  generationis  in  mulieribus  f^'. 

VII. 

Incipit  liber  canonis  primus  quem  princeps  Abholay  ab  Avicenna  edidit,  tractatus  a  magistro 
Gerardo  Cremonensi,  in  Toleto,  de  arabico  in  latinum.  Verba  Abholay  ab  Avicenna.  Prologus'*>. 

VIII. 

In-folio,  in  charta  pergamena,  in  cujus  primo  folio  legitur  in  litteris  purpureis  :  f Incipit 
rfprologus  in  Tiphone  medicinse  ;n  incomplet.  Ultima  verba  :  frnon  subsequitur  quies  est 
fr  malus.  ■>^ 

IX. 

CoLLiGET  Averrhoës.  In-folio,  parchemin,  cujus  in  folio  primo  verso  legitur  :  rrCaput  17"'",  de 
tf  accidentibus  supervenientibus.  T)  In  ultimo  legitur  :  fr  Explicit  liber  Colliget  Averrhoës.  Amen '^'.11 

X. 


Incipit  liber  isagoge;  in  charta  pergamena'*^'. 

PU  i/i58,  iégaé  à  la  Faculté  son  Commentaire  sur 
Àvicennc  (voyez  p.  91).  Chacun  des  cinq  livres 
du  Canon  de  ce  médecin  est  divise'  en  fem  ou  sec- 
tions. 

Cet  article  renferme  deux  erreurs.  Par  le  mot 
Turigianus,  on  veut  évidemment  désigner  Cruscia- 
nm,  qui  était  de  Florence,  et  qu'on  appelle  indiffé- 
l'enuueiit  Tmsianus,  Drusiams,  Turrisanus  de  Tur- 
rtsanis  et  Torrigeno  de  Florentia.  La  seconde  bévue 
du  calalogueur  confirme  la  première;  au  lieu  des 
mots  postquam  commentator,  il  faut  lire  plusquam 
commentator,  surnom  cjui  fut  donné  à  Cruscianus, 
à  cause,  dil-on,  de  sa  subtilité.  Ce  Cruscianus 
mourut  à  la  fin  du  xiii'  siècle;  son  princi]ial  ou- 


vrage ,  celui  sans  doute  dont  il  est  question  ici .  est 
intitulé  :  Plusquam  commentum  in  parvam  Galeni 
artem;  il  a  été  imprimé  à  Venise  en  i5oh. 
Voyez  p.  2 1 . 

Le  mot  fen  indique  que  l  ouvrage  désigné  ici 
est  le  Canon  d'Avicenne.  Le  volume  commençait 
donc  par  la  vingt  et  unième  section  du  troisième 
livre,  qui  traite  de  toutes  les  maladies  qui  peuvent 
affecter  chaque  organe  en  particulier. 

Voyez  la  note  4,  p.  89. 

Sans  doute  le  manuscrit  que  la  Faculté  pos- 
sédait déjà  en  lîJgS.  Voyez  p.  17. 

Galien  a  fait  un  traité  intitulé  :  E'uraycùyr)  rj 

ioLTpÔS. 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE. 


XI. 

Iii-l'olio,  in  charta  pergamena,  complet.  Cujus  prima  verba  :  frCapuI,  primum  de  divisione 
Tmorbi  ex,  etc.  De  distinclione  febris  et  divisione  ejus,  de  calore  febris,  etc. n  Ultima  verba 
ultimi  folii  :  rtExplicit  Compendium  medicinae  C'.n 

XII. 

In-folio,  in  charta  pergamena.  Incipit  primum  folium  liisce  verbis  :  rrlncipit  iste  canon.  15 
Desinit  per  haec  verba  :  rrExpliciunt  regimenta  acutorum  Ypocratis  cum  commento  Galeni 

XIII. 

In-quarto,  vélin,  six  cahiers,  deficiunt  totidem.  Post  litteras  rubras,  scripla  siinf  hœc  verba  : 
'rHomo  enim  est  princeps  omnium  animalium ti 

XIV. 

In-folio,  parchemin,  vingt-cinq  cahiers,  cujus  prinii  codicis  primum  foliuin,  numéro  1" 
obsignatum,  incipit  per  hœc  verba  :  rln  solutione  humoris.  n 

XV. 

In-folio,  in  charta  pergamena,  De  conservanda  valetidine l'''. 

XVI. 

Incipit  liber  de  crisi.  Incipit  liber  de  criticis.  En  lettres  rouges.  Très-incomplet.  Trois  cahiers 
en  mauvais  ordre.  Vélin 

XVII. 

In-folio.  Douze  cahiers  dépareillez  en  parchemin.  Quorum  folia  recta  GIL  in  litteris  caeru- 
leis,  média  purpurea  (excepto  ultimo  codice). 

XVIII. 

In-folio,  petit  papier  :  trois  cahiers.  In-folio,  parchemin,  petit  modèle  :  cinq  cahiers. 

XIX. 

Quatre  feuilles  in-folio,  en  parchemin  :  f  Caput  decimum  :  De  sanguine  in  inlestinis  et  sto- 
macho  retento. 


Sans  doute  le  Compendium  mcdicinœ  qui  avait 
été  légué  à  la  Faculté  de  médecine  par  Guillaume 
Musnier  en  1 662  (voyez  p.  21).  Les  traités  de  celte 
époque  sur  les  fièvres  sont  très-nombreux  ;  les  plus 
estimés  étaient  ceux  d'Averroës,  de  Jean  Actua- 
rius,  de  Jean  de  Gaddisdcn  et  de  Gentilis;  tous  les 
quatre  ont  été  imprimés  à  Venise  en  i553,  in- 
folio. 

On  doit  sans  doute  reconnaître  ici  le  traité 
suivant  de  Galien  :  De  rictus  ratione  in  inorbis  ocutis , 
secundum  Hippocratcin. 

Peut-être  a-t-on  voulu  désigner  ici  le  Liber 

II. 


de  animalibus  d'Avicenne,  qui  n'est  qu'une  para- 
phrase du  ZmKYi  ialopia  d'Aristote. 

Galien  a  fait  un  traité  De  regimine  sanitatin . 
qui  a  été  traduit  en  latin  par  Pierre  d'Abano.  Mais 
il  est  plutôt  question  ici  du  Manuel  de  l'école  de 
Salerne,  qui  fut.  croit-on,  composé  vers  1 100  par 
Jean  de  Milan,  sous  ce  titre  :  Mediciiia  Solernitana , 
seu  de  conservandœ  borne  v(deludinis  jmecepta. 

Aben-Ezra  (mort  en  iiyi)  a  fait  un  opus- 
cule De  diebus  criticis.  On  doit  à  Galien  deux  trai- 
tés De  crisibus  et  De  criticis  diebus  qui  se  trouvent 
presque  toujours  réunis. 

6 


à  2 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


XX. 

Quatre  cahiers  in-folio  en  parchemin,  quihus  prima  verba  :  rc  Sudor  praecipue  in  fronle  et.  .  . 
rtcapillis,  est  prinium  signum  in  fronle; 75  ultima  verba  :  trEx  molli  inflante  O.» 

On  supposerait  que  la  Faculté  dût  conserver  dès  lors  avec  un  soin  pieux  ces 
vingt  volumes  si  pleins  de  souvenirs,  et  qui  venaient  d'échapper  ainsi  par  hasard 
à  la  destruction.  11  n'en  fut  rien.  Les  bibliothécaires  qui  se  succédèrent  à  l'école 
lurent  tous  de  savants  médecins,  mais  il  ne  se  rencontra  parmi  eux  ni  un  homme 
vraiment  possédé  par  la  passion  des  livres,  ni  un  ami  des  trésors  historiques. 
C'est  en  vain  que  vous  demanderiez  aujourd'hui  un  de  ces  vingt  manuscrits,  qui 
devraient  être  l'orgueil  de  la  Faculté,  et  qui  témoignaient  de  son  amour  séculaire 
poui-  la  science  :  aucun  n'a  survécu.  Ils  ont  été  relégués  sans  doute  de  nouveau 
au  fond  de  quelque  grenier,  et  les  rats,  cette  fois,  ont  achevé  leur  œuvre.  Ne  de- 
mandez pas  davantage  d'anciens  documents  relatifs  à  l'école;  il  ne  reste  pas  une 
cliarte,  pas  une  de  ces  pièces  nombreuses  que  les  doyens  recevaient  jadis  dans  les 
magna  scrinia  de  l'établissement,  et  qu'ils  juraient  de  représenter  intactes.  Tout 
est  perdu,  détruit,  et  l'histoire  des  origines  de  la  Faculté  eût  été  à  peu  près  im- 
possible, si  un  remords  de  conscience  n'avait  fait  rendre  à  l'école,  au  milieu  du 
xvn*^  siècle,  ses  Commentaires  primitifs,  c'est-à-dire  les  registres  de  sa  vie  intime, 
de  ses  recettes  et  de  ses  dépenses.  Ils  avaient  été  volés  aussi,  et  il  a  fallu,  pour 
amener  leur  restitution,  le  hasard  d'un  jubilé  réveillant  les  scrupules  d'un  dévot; 
encore  les  premiers  volumes,  les  plus  précieux,  avaient-ils  été  anéantis  déjà  par 
les  descendants  du  voleur*'-'. 

Les  anciens  Statuts  de  l'école,  ceux  de  1276,  de  i35o,  de  lôgg  et  de  i03/i 
ne  contiennent  pas  une  seule  disposition  relative  à  la  bibliothèque,  le  mot  ne  s'y 
trouve  même  point.  Ces  statuts  furent  revus  et  complétés  en  1761,  sous  le  déca- 
nat  de  H.-Th.  Baron,  et  trois  articles,  fort  sagement  conçus,  furent  alors  consa- 
crés à  la  bibliothèque.  Le  premier,  confirmant  une  décision  déjà  en  vigueur,  arrête 
que  le  bibliothécaire  sera  choisi  parmi  les  docteurs,  et  pour  deux  ans,  bien  que 
son  élection  doive  être  confirmée  à  la  fin  de  la  première  année.  En  outre,  chaque 
bibliothécaire  sera  désigné  un  an  avant  son  entrée  en  fonctions Aux  termes  de 
l'article  suivant,  il  doit,  aussitôt  désigné,  être  assidu  à  la  bibliothèque,  examiner 


Commentant  ms.  medicinw  Facultatis  Parisien- 
sis,  t.  XXI,  p.  1  i/i.  —  Reproduit  dans  le  C«<rt%i<e 
manuscrit  de  H.-T.  Baron,  p.  5235. 

Depuis  leur  restitution,  ils  furent  conserve's 
dans  une  armoire  spéciale  dont  le  doyen  avait  la 
clef.  {BitHs  et  u.sus  medicinw  Facultatis,  p.  16.)  — 
Voyez  ci-dessous,  p.  /ig. 

frSiiniliter  el  elijfnlur  unus  e  doctoribus  praî- 
ff  senlibus.  cujus  lidei bibliolhec;eprajfectura  cominil- 


(f  tatur.  Scilicet  unus  de  majori  ordine,  duo  vero  de  mi- 
ff  nori,  proponantur  ab  electoribus;  et  cujus  nonien 
ffsorteductumeritadecano,  in  biennium  bibliotlieeœ 
frpraeficiatur.  AlHcetbiennalissit  bibliotliecœ  prcefec- 
rrtus ,  singulis  tamen  annis  eligatur  sive  confirmetur, 
ffdecani  ad  nistar;  atque  prolessorum  more,  unum 
ffannum  desi>jnetur  antequam  prœfecturam  gerat.  1 
[Staluta  Facultatis  medicinœ  Paris,  supremi  senatus 
autlioritate  confirmataannoMDCCLi ,  art.  Lxvii,p.^6.) 


FACULTE  DE  MEDECINE.  Ix'à 

les  livres  et  étudier  le  catalogue.  Le  bibliothécaire  sortant  transmet  les  ciels  et 
les  livres  à  son  successeur,  en  échange  d'un  reçu  par  lequel  ce  deinier  déclare, 
après  vérification,  que  la  bibliothèque  lui  a  été  remise  complète  et  en  bon  état''^. 
Enlin  le  bibliothécaire  doit  être  présent  les  jours  de  séance  publique  pendant 
trois  ou  quatre  heures  au  moins,  et  fournir  les  ouvrages  qui  lui  seront  demandés; 
il  lui  est  aussi  enjoint  de  tenir  avec  le  plus  grand  soin  les  catalogues  au  courant 
des  acquisitions  nouvelles 

A  pai'tir  de  cette  époque,  la  bibliothèque  de  la  Faculté,  placée  désormais  au 
nombre  de  celles  croù  l'on  se  fait  un  plaisir  de  communiquer  les  livres  aux  hon- 
nêtes gens '^',11  entre  dans  une  période  régulière  et  calme,  qui  rend  son  histoire 
sans  intérêt.  Les  bibliothécaires  continuent  à  se  succéder  tous  les  deux  ans,  sans 
que  d'ailleurs  aucun  nom  célèbre  figure  parmi  eux,  et  sans  qu'aucune  mesure 
importante  soit  prise  sur  leur  initiative. 

Constatons  pourtant  qu'en  octobre  1763  la  Faculté,  pour  assurer  la  conser- 
vation de  la  magnific^ue  collection  de  thèses  que  possédait  la  bibliothèque,  en 
interdit  d'une  manière  absolue  le  prêt  au  dehors,  et  n'en  autorisa  même  la  com- 
munication qu'en  présence  du  bibliothécaire Bourru,  en  constatant  ce  fait, 
termine  sa  phrase  par  une  exclamation  qui  nous  montre  assez  l'utilité  de  cette 
règle,  et  nous  fait  regretter,  comme  à  lui,  qu'elle  n'ait  pas  été  étendue  à  tous  les 
ouvrages  rares  ou  précieux Quelques  docteurs  gardaient,  en  effet,  si  longtemps 
les  livres  par  eux  enqiruntés,  que  le  doyen  fut  invité,  en  juin  1770,  à  retenii- 
leur  traitement  jus(|u  à  ce  qu'ils  les  eussent  restitués 

La  Faculté  avait  alors  deux  relieurs,  les  sieurs  Protais  et  Piot  ;  elle  les  occu- 


tr  Bibliothecae  prœfectus,  slatim  atque  desi- 
pgnatns  erit,  cuni  eoprœfecto  cui  débet  succedere, 
•rbibliothecam  assidue  frequentet,  omnes  iibros  re- 
ffcognoscat  et  ad  catalogurn  conférât,  ut,  cum  post 
fraiiiuiin  praefecturani  ipse  gerere  incipiet,  a  pras- 
ffdecessore  suo  iibros  omnes  et  clavesaccipiet,  eique 
rcsyngrapham  concédât,  qiia  teslabitur  se,  facta 
'  bibliolhecœ  revisione,  Iibros  omnes  catalogo  de- 
ffscriptos  ab  eo  récépissé,  praesente  decano,  eoque 
'•salvam  et  integrani  remanere  bibliotbecam  fide 
rjubente.»  [Staluta  Fucultalis  medicinœ  Parisimsis , 
art.  i.xvii,  p.  h"].) 

rrPrae!ectus  bibiiolbecae.  tem[)nresui  magistra- 
frtus,  assidue  bibliotbecam  frequentet,  omnibus  iis 
rrdiebus  quibus  ipsa  publicis  usibus  patebil,  adsit- 
rrque  per  très  ve]  quatuor  boras  ad  minus,  et  pos- 
-tulatos  Hbros  communicet.  Sedulo  inscribat  biblio- 
trtbecae  catalogo  Iibros  omnes  qui  singulis  annis 
(raccedunt,  eosdem  in  catalogo  qui  pênes  decanum 
r-est  inscribi  curet,  onmesque  successori  suo,  e.xacto 
rprœfecturas  tempore ,  bona  lide  restituât ,  prœsente 


fret  probante  decano.  n  [Slalula  Facultatis  medicinœ 
Parisiensis ,  art.  lvix,  p.  67.) 

Durey  de  Noinvilie,  Dissertation  sur  les  biblio- 
thèques, p.  55. 

rfinfer  toi  Iibros,  inulti  sunt  rari,  quidam 
rfrarioies,  alii  demum  rarissinn'.  E  postremorum 
rf  numéro  sunt  Thèses  in  saluberrima  Facultate  Pa- 
rrrisiensi  propugnatœ,  quarum  colieclio  servatur  in 
ffbibliolheca  ab  anno  iSSg  ad  nostra  usque  tem- 
rrpora,  nec  alibi  repcriunda.  Gui  pretiosissimœ  col- 
f'iectioiii  servandœ  ila  providit  Facullas,  ut,  decreto 
m 8  octobris  lySS,  tulerit  nemini  uiiquam  com- 
rrmissui'am  fore  ullam  partcm  hujusce  collectionis, 
frnisi  in  œdibus  ipsis  bibliolliecaj  dicatis  et  prœ- 
ff sente  bibliothecœ  prœfecto. 51  (E.-C.  Bourru,  Cata- 
logus  libvorum  saluhervimœ  Facultatis,  prœfalio.) 

ffQuod  utinam  idem  etiam  valeret  decrelum 
rrquoad  rares  et  rariores  1  »  ( E.-G.  Bourru ,  Catalogus 
librorum  saluberrimœ  Facullalis  Paris,  prœfatio.  ) 

rrDenique  cum  bis  nuperrimis  annis  consti- 
rrteril  multos  doctores,  incuria  videlicet,  crédites 

6. 


kli  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

pait  fort  peu,  du  reste,  car,  dans  l'espace  de  dix  ans,  nous  ne  voyons  appliquer 
aux  reliures  qu'une  somme  de  cent  trente  livres  environ 

La  bibliothèque  continuait  pourtant  à  s'enrichir.  La  donation  la  plus  impor- 
tante qui  eut  lieu  durant  cette  période  est  celle  de  J.-Cl.-Adrien  Helvétius^^)^ 
médecin  de  Louis  XIV  et  de  Louis  XV  :  il  offrit  tous  les  ouvrages  de  sa  biblio-  | 
thèque  qui  ne  se  trouvaient  pas  dans  celle  de  l'école Viennent  ensuite  des 
libéralités  assez  considérables  dues  à  Jacques-Bénigne  Winslow'*^  à  Jean-Baptiste- 
Louis  Chomel^^',  à  Louis-René  Marteau,  qui  fut  bibliothécaire  de  la  Faculté,  à 
Jean-Baptiste  Boyer^'^'  et  au  docteur  Liger 

Edmond-Claude  Bourru  fut  nommé  bibliothécaire  en  1771     Pendant  l'année 
qui  précéda  son  entrée  en  fonctions,  il  avait  étudié  avec  soin  la  bibliothèque  et 
dressé  un  catalogue  très-complet  des  ouvrages  qu'elle  renfermait.  Ce  travail,  qui  | 
forme  deux  volumes  in-folio,  est  aujourd'hui  conservé  à  la  bibliothèque  de  la  | 
Faculté;  il  a  pour  titre  :  Catalogus  libroruvi  qui  in  bibliolhcca  Factillatis  saluberrimœ  j 
Parisiensis  asservaiilur.  Ordine  aiilhorum  alphabetico  digeslus,  cura  et  studio  M.  Edmundi  \ 
Claudii  Bourru,  ejusdem  bibliothecœ  prœfecti;  decano  M.  Ludovico  Petro  Felice  Benalo  \ 
Le  ThieuUier.  m.d.cc.lxx.  En  tête  du  premier  volume  se  trouve  une  introduction 
historique,  à  laquelle  nous  avons  fait  de  fréquents  emprunts  et  que  nous  repro- 
duisons plus  loin^'^). 

11  y  avait  alors  près  de  quatre  siècles  que  la  Faculté  de  médecine  occupait  le 
petit  pâté  de  maisons  compris  entre  les  rues  de  la  Bûcherie,  du  Fouarre  et  des 
Rats;  et  les  bâtiments,  malgré  de  continuelles  réparations,  croulaient  de  toutes 
parts.  11  fallut  les  abandonner.  J^a  Faculté  s'éloigna  d'ailleurs  fort  peu  de  son 
berceau.  Soufllot  avait  presque  achevé,  sur  la  place  Sainte-Geneviève,  les  nou- 
velles constructions  destinées  à  l'école  de  droit.  La  Faculté  de  médecine  alla 
s'établir  dans  le  local  que  la  Faculté  de  droit  laissait  libre.  Il  était  situé  rue  Saint- 
Jean-de-Beauvais       petite  voie  étroite  qui  aboutissait  d'un  côté  à  la  rue  des 

rripsis  bibliothecœ  iibros  apud  se  retinere  per  lon- 
ffgissimum  teinpus,  decrevit  saiuberrimus  Ordo , 
ffdie  16  junii  1770,  hosce  doctores  mulctandos 
rrfore,  atque  in  poslerum  emolumenta  iis  débita 
rrpersolvere  pœnes  decanum  non  fore,  usque  duni 
Tcommissos  ipsis  libres  in  manus  bibliothecœ  prœ- 
rrfecti  reponerent. (E.-G.  Bourru,  Catalogus  libro- 
rum  salubcrrimm  Facullalis,  prœfatio.) 

Cominenlarii  im.  medicinœ  Facidlalk  Parisien- 
sis,  l.  XXI,  p.  46 1  et  585. 

Né  le  18  juillet  i085,  mort  le  17  juillet 
1755. 

Hazon,  Notice  sur  les  hommes  célèbres  de  la 
Faculté  de  médecine  de  Paris,  p.  912.  —  Moréri, 
Grand  Dictionnaire  kistoririue,  article  Hehétius. 

]Né  le  (i  avril  iGGy,  mort  le  3  avril  1760. 


Né  vers  1700,  doyen  de  la  Faculté  en  175/1 
et  1755,  mort  en  17G5. 

]Né  le  5  août  1698,  doyen  de  1756  à  1760, 
mort  le  9  avril  1768. 

Sur  toutes  ces  donations,  voyez  le  Catalogue 
de  H.-T.  Baron,  p.  287  à  2/16. 

Commentarii  ms.  medicinœ  Facultatis  Parisien- 
sis,  t.  XXIII,  p.  42  1. 

Bourru  fut  charge'  en  1780  du  cours  de  chi- 
rurgie, et  de  celui  de  pharmacie  en  178.3.  Il  fut 
doyen  de  la  Faculté  de  1787  à  1798,  et  vécut  jus- 
qu'en 1828;  il  a  publié  l'éloge  de  Guillolin. 

On  ignore  à  quelle  époque  l'École  de  droit 
s'installa  rue  Saint-Jean-de-Beauvais.  Ce  fut  pour- 
tant avant  i4G4,  car  dans  le  cours  de  cette  année 
les  bâtiments  furent  réparés  aux  frais  des  docteurs. 


i 


FACULTE  DE  MEDECINE.  i5 

Noyers  et  de  l'autre  à  la  rue  du  Puits-Certain.  Précisément  en  face  de  la  porte 
principale  de  l'école,  Robert  et  Henri  Etienne  avaient  eu  autrefois  leur  impri- 
merie, et  l'on  voyait  encore  se  balancer  en  l'air  leur  fameuse  enseigne'",  où  figu- 
rait un  olivier  entouré  de  cette  devise  :  crNoli  altum  sapere,  sed  time.  n 

Le  1 9  septembre  177^,  l'afTiche  suivante  fut  apposée  sur  les  murs  de  la  Faculté  : 

La  Faculté  de  médecine  en  fUniversité  de  Paris  étant  dans  l'indispensable  nécessité  d'aban- 
donner ses  écoles  sises  rue  de  la  Bucherie,  à  raison  de  leur  vétusté,  avertit  le  public  que  l'ou- 
verture de  sa  bibliothèque,  qui,  suivant  l'usage,  devoit  se  faire  le  jeudi  après  la  fête  de  l'Exal- 
tation de  la  Sainte  Croix,  se  fera  cette  année  dans  les  anciennes  écoles  de  droit  rue  Saint  Jean 
de  Beauvais,  bâtiment  qu'il  a  plu  à  Sa  Majesté  lui  accorder  en  attendant,  et  que  la  rentrée 
de  la  bibliothèque,  ainsi  que  celle  des  écoles,  sera  annoncée  incessament  par  de  nouvelles 
affiches.  Jacobus  Ludovicus  /Vllealme,  decanus(^). 

L'installation  définitive  eut  lieu  en  1776,  sous  l'administration  du  bibliothé- 
caire Jean  Roy'^l  La  bibliothèque  fut  placée  au  second  étage,  dans  deux  salles 
situées  au-dessus  de  la  chapelle  et  qui  mesuraient  quatre-vingt-quatorze  pieds 
de  long  sur  dix-huit  de  large 

Cette  translation  ne  modifia  en  rien  l'organisation  de  la  bibliothèque ,  qui , 
en  1789,  était  encore  publique  le  jeudi,  et  aux  heures  que  nous  avons  précé- 
demment indiquées ''^^  ;  le  traitement  du  bibliothécaire  et  les  gages  de  l'appari- 
teur n'avaient  pas  changé  non  plus'^l  Au  commencement  de  la  Révolution,  la 
bibliothèque  renfermait  environ  quinze  mille  volumes  ('^^  et  avait  pour  bibliothécaire 
le  docteur  Delaplanche 

La  loi  du  18  août  1792  anéantit  la  Faculté  de  médecine  et  l'Académie  de  chi- 
rurgie; celle  du  h  décembre  179^  les  reconstitua  sous  le  titre  à'Ecok  de  sauté, 
bientôt  remplacé  par  la  dénomination  actuelle.  La  Faculté  fut  alors  installée  dans 
les  bâtiments  qu'elle  occupe  aujourd'hui  et  qui,  avant  la  Révolution,  apparte- 
naient à  l'Ecole  de  chirurgie;  on  y  ajouta  bientôt  une  partie  du  couvent  des  Cor- 
deliers,  sur  les  ruines  duquel  allait  s'élever  V Ecole  pratique. 


En  liy.'),  ils  achetèrent  adeux  petites  maisons  et 
frjardiii  en  la  ruë  du  Clos  Brunei  ;n  ces  maisons 
étaient  conli^uës  au  local  déjà  occupé  par  la  Fa- 
culté. La  grande  porte  d'entrée  fut  entièrement  re- 
faite en  1 675.  Au-dessous  d'un  buste  de  Louis  XIV, 
on  lisait  en  lettres  d'or  ces  mots  :  schols;  juris. 

Le  percement  du  boulevard  Saint-Germain  a 
fait  presque  com[tlétement  disparaître  la  rue  Saint- 
Jean-de-Beauvais,  et  il  ne  reste  plus  rien  aujour- 
d'hui des  bâtiments  de  fancienne  École  de  droit. 

Piganiol  de  La  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t.  V,  p.  878. 

Commentarii  iits.  medicinw  Facultatis  Parisien- 
sis,  t.  XXIII,  p.  G38. 


Commentarii  ms.  medicinœ  Facultatis  Parisien- 
sis,  t.  XXIII,  p.  7.35. 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers 
royageiirs  à  Paris,  t.  Il,  p.  3oi. 

Leprince,  Essai  liistorique  sur  la  hibliothhquc 
du  roi,  p.  34/1. 

Almanach  royal,  année  1789,  p.  5o-2. 

Commentarii  ms.  medicinœ  Facultatis  Parisien- 
sis,  t.  XXIV,  p.  833. 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers 
voyageurs  à  Paris,  t.  Il,  p.  3oi . 

''^  Commentarii  ms.  medicinœ  Facultatis  Parisien- 
sis,  t.  XXIV,  p.  8î23. 


^6  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

L'aitide  6  de  la  loi  de  179^  accordait  à  la  Faculté  un  bibliothécaire  qui,  aux 
termes  du  décret  du  28  mars,  avait  le  titre  de  professeur. 

La  bibliothèque  de  l'Ecole  de  chirurgie  était  placée  dans  la  vaste  salle  qui 
règne  sur  toute  la  façade  de  l'édifice,  et  où  se  trouve  aujourd'hui  le  Musée  OrJUa; 
elle  devait  son  origine  à  la  générosité  de  Lapeyronie,  qui,  en  17^7,  lui  avait  légué 
tous  ses  livres,  avec  un  revenu  suffisant  pour  assurer  leur  conservation  et  le  trai- 
tement d'un  bibliothécaire^".  On  réunit  à  la  bibliothèque  de  l'École  de  chirurgie 
les  quinze  mille  volumes  de  l'ancienne  Faculté  de  médecine,  auxquels  vinrent 
presque  aussitôt  s'ajouter  les  livres  de  la  Société  royale  de  médecine 

Cette  triple  collection,  désignée  dès  lors  sous  le  nom  de  Bibliothèque  de  la 
Faculté  de  médecine,  fut,  en  1800,  transportée  dans  les  salles  qui  l'abritent 
aujourd'hui.  Foui'croy  s'exprimait  ainsi  à  ce  sujet  dans  la  séance  d'ouverture  de  la 
Faculté  :  cr Passerai-je  sous  silence  l'heureux  changement  de  la  bibliothèque,  res- 
cr serrée,  pendant  les  années  précédentes,  dans  une  galerie  qui  ne  pouvait  plus 
rr  contenir  les  livres  dont  l'école  s'enrichit  sans  cesse,  et  qui  ne  permettait  pas  de 
cries  ranger  méthodiquement?  Une  salle  grande  et  mieux  disposée,  un  local  plus 
rr  vaste  et  plus  tranquille,  vous  offrent  aujourd'hui  la  collection  la  plus  riche  de 
rr  livres  de  médecine;  l'ordonnance  et  le  classement  des  ouvrages,  si  favorables 
craux  lectures  assidues,  aux  recherches  suivies,  au  complément  de  l'étude, 
cr  ajoutent  maintenant  un  nouveau  prix  au  riche  dépôt  de  livres  que  possède  notre 
cr  école.  Le  lieu  qu'elle  occupait  auparavant  laisse  maintenant  à  l'agrandissement 
ce  des  cabinets  d'anatomie  et  de  pathologie,  à  l'arsenal  chirurgical,  une  enceinte 
rr  continue  qui  permettra  bientôt  de  vous  en  offrir  tout  le  développement,  de 
rrleur  donner  la  disposition  régulière  et  l'arrangement  méthodique  nécessaires 
ce  pour  faire  bien  juger  de  leur  richesse  et  bien  profiter  de  leur  ensemble '^l 

Voici,  d'après  un  relevé  que  nous  avons  fait  sur  les  Commentaires,  la  liste  des 
bibliothécaires  qui  se  sont  succédé  à  la  Faculté  depuis  la  reconstitution  de  la 
bibliotlièque  : 

17/16  à  17/19. 

Jean-Lolis-Livin  baude  de  la  CLOYE. 


Eloge  de  M.  de  La  Pei/rouifi,  dans  [Histoire 
de  l'Académie  de  chirurgie,  t.  IV,  annexe  1753, 
|).  xcviij.  —  Voyez,  à  la  biWiollièqiie  de  la  Faculté, 
\  Inventaire  des  livres  de  feix  messirc  François  de  la 
Peyronie,  légués  au  collège  de  chirurgie  par  son  tes- 
lumcnl  du  18'  avril  lyây.  —  L'estampille  de  la 
bibliothèque  de  l'École  de  chirurgie  était  très-petite 
et  ovale;  au  milieu  se  trouvaient  un  G  et  un  P 
entrelacés,  puis  tout  autour  cette  légende  :  biblioth. 

ClIIRUB.  PARIS. 


\  oyez  Inventaire  de  bibliographie  et  état  des 
livres  de  la  bibliothèque  de  la  ci-devant  Société  de 
médecine,  et  des  livres  en  feuilles,  avec  le  nombre 
d'exemplaires  transportés  dans  la  bibliothc'jue  des 
Ecoles  nationales  de  chirurgie,  2g  germinal  an  m. 
—  Archives  de  l'Empire,  carton  F",  119/1. 
n°  109. 

Séances  de  l'Ecole  de  médecinp  de  Paris,  pre- 
mier volume,  séance  du  -2 3  vendémiaire  an 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE. 

1769  à  1751. 
Charles  PAYEN. 

1751  à  1753. 
Miciiel-Procope  couteaux. 

1753  à  1755. 
T.-F.  PARIS. 

1755  à  1757. 
Lodis-Réné  marteau. 

1767  à  1759. 
Dems-Claude  DOULCET. 

1769  à  1761. 
Alexandre-Louis  DIENERT. 

1761  à  1763. 
Henri-Jacques  MACQUART. 

1763  à  1766. 
Hugues  CAPET. 

1764  à  1765. 
David  VASSE. 

1765  à  1768. 
GERVAISE. 

1768  à  1770. 
Hugues  GAUTHIER. 

1771  à  1775. 
Edmond-Claude  ROURRU. 

1775  à  1780. 
Jean  ROY. 

1780  à  1781. 
Roussel  DE  VAUZENNE. 

1781  à  1783. 
LECLERC. 

1783  à  1785. 
DURERTRAND. 

1783  à   

DELAPLANCHE. 


48 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 


APPARITEURS  : 

17/4C  à  176^. 
François-Louis  BRET. 

1 76^  à  1771. 
Gaspard-Joseph  POITEVIN. 

1771  à  1789. 
Théodore-Pierre  CRUCIIOT. 

Parmi  les  manuscrits  que  possédait  alors  la  bibliothèque,  011  doit  citer  eu  pre- 
n)ière  ligne  le  précieux  recueil  connu  sous  le  nom  de  Commentai7'es^^\  et  les  trois 
abrégés  qui  en  ont  été  faits  à  diverses  époques. 

Dès  l'origine,  chaque  doyen  était  tenu  de  rédiger  une  espèce  de  compte  rendu 
ou  de  journal,  sur  lequel  il  inscrivait  minutieusement  tous  les  faits  relatifs  à  son 
décanat  :  Piécettes  et  dépenses  de  l'Ecole,  ses  relations  avec  l'Université,  l'Eglise 
et  le  roi,  les  décisions  prises  dans  ses  assemblées  solennelles,  les  noms  des  pro- 
fesseurs et  des  élèves,  les  examens  subis,  les  thèses  soutenues,  etc.  etc.  Cette 
obligation  fut,  selon  toute  apparence,  imposée  au  doyen  depuis  le  moment  où  la 
Faculté  se  forma  en  compagnie  distincte'^',  c'est-à-dire  depuis  la  fin  du  xui^  siècle. 
Les  premiers  registres  sont  malheureusement  perdus ,  et  ceux  que  possède  l'école 
ne  commencent  qu'à  l'année  iSgB;  encore  les  deux  plus  anciens,  comprenant  la 
période  de  soixante  et  dix-sept  ans  comprise  entre  1  BgB  et  1  /lya  ,  ne  sont-ils  ren- 
trés à  la  Faculté  qu'au  milieu  du  xvu*^  siècle,  sous  le  décanat  de  Gui  Patin. 

Dans  le  premier  de  ces  précieux  comptes  rendus,  nous  voyons  le  doyen  dé- 
clarer, le  6  novembre  iSgS,  qu'il  a  reçu  crpapirum  aliam,  immédiate  preceden- 
cttem  ,  quinque  codices  continentem;  ■«  et,  sans  admettre  avec  Riolan  qu'on  veuille 
désigner  ainsi  rcinq  gros  volumes  des  affaires  de  l'eschole'^^,  n  cette  phrase  prouve 
bien  évidemment  qu'il  existait  des  registres  de  ce  genre  antérieurs  à  ceux  que 
nous  possédons,  et  il  est  très-vraisemblable  qu'ils  remontaient  à  l'origine  de  la 
Faculté. 

On  ne  saurait  trop  regretter  la  perte  de  ces  admirables  documents,  dont  les 
premiers  doyens  ne  semblent  guère  avoir  compris  l'importance.  Disons  pourtant, 
à  leur  décharge,  que  l'école  n'eut  qu'assez  tard  un  centre  fixe,  et  que  ces  registres, 
conservés  chez  les  doyens,  changeaient  bien  souvent  de  place  êt  de  mains.  Puis 
vinrent  les  troubles  de  Paris  sous  Charles  V  et  Charles  VI,  la  domination  anglaise 
sous  Charles  VII;  les  doyens  s'enfuyaient  et  mouraient,  abandonnant  les  papiers 

Nous  avons  donné  le  fac-similé  (ci-dessus 
p.  1 8)  des  débuts  du  premier  de  ces  Commentaires, 
et  nous  l'avons  imprimé  en  entier  dans  nos  Re- 
chcrchcs  sur  la  bibl.  de  lu  Faculté  de  méd.  p.  87. 


Hazon,  Eloge  historique  de  la  Faculté  de  mé- 
decine de  Paris,  p.  -ih. 

Riolan,  Curieuses  recherches  sur  les  escholes 
en  médecine,  p.  28. 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE.  à9 

(le  la  Faculté  à  des  étrangers  qui  n'en  connaissaient  pas  le  prix,  ou  ne  savaient 
à  qui  les  remettre 

Le  2  0  décembre  i65o,  Gui  Patin  était  doyen.  Un  de  ses  amis,  qu'il  désigne 
seulement  par  ces  mots,  ce  virum  optimiun  et  medicae  Facultatis  Parisiensis  aman- 
ff  tissimum, n  lui  apporta  «un  vieux  registre  en  lettres  abrégées  et  presque  go- 
thiques, dans  ff lequel  étoient  marqués,  de  deux  en  deux  ans,  le  nombre  des 
fr  docteurs  et  des  licenciés*^';  n  enfin,  le  16  février  i65i,  la  même  personne  res- 
titua un  second  volume  qui  fait  suite  au  précédent,  et  comprend  les  années 
1  /i 35  à  1  ^7 2.  Ce  sont  les  deux  plus  anciens  registres  que  possède  la  Faculté,  et  il 
V  avait  cent  quatre-vingts  ans  qu'ils  avaient  disparu  quand  ils  lui  ont  été  restitués. 
Les  faits  qui  précèdent  sont  attestés  par  Patin  lui-même  dans  une  note  écrite  sui* 
le  compte  rendu  de  son  décanat^^l  Ces  deux  volumes  étaient,  à  ce  qu'il  parait, 
restés  cachés  chez  les  descendants  d'un  ancien  doyen;  ceux-ci,  voyant  approcher 
le  jubilé  de  i65o,  se  firent  conscience  de  les  retenir  plus  longtemps'^'.  Mais  déjà 
sans  doute  les  registres  antérieurs  à  iSgB  étaient  anéantis. 

Les  Commentaires  se  composent  aujourd'hui  de  vingt-quatre  registres.  Les  six 
premiers  sont  de  format  petit  in-folio;  les  autres,  à  partir  du  tome  YII,  deviennent 
subitement  grand  in-folio.  Tous  sont  reliés  en  parchemin;  et,  jusqu'au  tome  XVIII, 
chaque  volume  est  muni  de  fermoirs  très-simples  en  cuivre. 

Ces  registres  contiennent,  sans  interruption,  tous  les  comptes  rendus  rédigés 
par  les  doyens  depuis  l'année  iSgB  jusqu'à  l'année  1786,  dans  l'ordre  suivant  : 

Tome  I"   1895  à  ii35 

—  Il   1 A35  à  1 672 

—  III   1 472  à  1 5i  1 

—  IV   1 5 1 1  à  1 532 

—  V   i532  ài5/i/i 

—  VI   i5/i/iài557 


Tome  VII   1557  à  1579 

—  Vni   1572  à  t597 

—  IX   1 697  à  1 6o4 

—  X   1606  à  161a 

—  XI   1 6 1 2  à  1 G  2  2 

—  XII   1  622  à  i636 


Gui  Patin  termine  ainsi  une  note  que  nous 
citerons  tout  àl  lieure:  rr  Hortoritaquedecanosomnes 
'^quimitii  in  iiac  administranda  j)rovincia  sunt  suc- 
frcessuri,  imo  et  ol)testor  ac  enixe  rogo  singulos,  ut 
rr  utrumque  codicem  pro  suramo  ordinis  nostri  com- 
ffmodo  exacte  custodiant,  nec  deinceps  patiantur 
rapud  privatuu)  quemquam  doctorem  vagari,  ne 
f  iteruni  perdant.')  [Commentarii  ms.  medicinœ Facul- 
tatis Parisiensis ,  t.  XIII,  p.  /iC3.) 

Gui  Patin,  Lettres,  3o  décembre  i65o;  édit. 
Réveillé-Parise.  t.  II,  p.  578. 

rfEst  etiam  observandum,  me,  initie  mei  de- 
ffcanatus,  mensis  decembris  die  20  anni  iG5o,  re- 
f  cuperasse  per  amicum ,  virum  optimum ,  et  medicae 
ff  Facultatis  Parisiensis  amantissimuin .  duo  codices 


ffvetustissiinos  ex  Cominentariis  iioslriu  Facultatis, 
ff  quorum  primus  continet  hisloriam  rerum  nostra- 
rrrum  et  acta  salulierriniae  Facultatis.  ab  anno  189.^ 
frexcurreus  usquc  adannum  i435.  Secundus  est  ab 
ffanno  ii35  adannum  1/172.  Uterque codex  latebat 
fra  multis  annis,  pluribus  qui  me  praecesserunt  de- 
ff  canis  incognitus ,  et  plane  inauditus.  In  utroque  au- 
ff  tem ,  multa  habentur  optinia ,  scholae  nostrœ  digni- 
fftatemet  supra  alias  omnes  antiquitatem  manifeste 
ffprobantia  atque  demonstrantia.n  [Coinmentoni  me- 
dicinœ Facultatis  Parisiensis,  t.  XIIl.  p.  hiVi.) 

Riolan,  Curieuses  recherches  sur  tes  escitoles 
en  médecine  de  Paris  el  de  Montpellier,  additions, 
p.  1.  —  Hazon,  Eloge  historique  de  ta  Faculté  de 
médecine  de  Paris ,  p.  20. 


I. 


7 


50  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

Tome  XIII   i636  à  i653             Tome  XIX   1728  à  1733 

_    XIV   iG53ài669              —    XX   1733317/16 

—  XV   166231672             —    XXI   17/1631766 

—  XVI   1672  à  1690              —    XXII   1766  à  176/1 

—  XVII   169031712              —    XXIII   176/1  à  1777 

—  XVIII   171231723             —    XXIV   177731786 

On  lit  au  verso  de  la  couverture  du  premier  volume  : 
Puis  au-dessous  : 

Apperlum  fit  ex  inventoriis  bouormn  F3cult3tis  duos  alios  libros  hune  prœcedentes  his  teni- 
poribus  «?xtitisse,  quorum  pluries  fit  menti 0  sub  his  veibis  :  duas  papyros  antécédentes  praesen- 
lem  qu*  per  decanos  acta  continenl. 

Reneaume,  decanus,  1735. 

Le  second  volume  porte  la  note  suivante  : 

Die  J^ûTTiîm'co  165^1  recepi  ktx.nc 

(les  comptes  rendus  devinrent  bientôt  très-détaillés ,  et,  à  partir  du  xvi''  siècle, 
les  doyens  adoptèrent  un  titre,  une  forme  et  des  divisions  qui  subsistèrent  à 
peu  près  sans  changements  jusqu'à  la  Révolution.  Voici,  au  reste,  la  composition 
exacte  de  chacun  de  ces  documents;  pour  en  donner  une  idée  plus  complète, 
nous  l'ei'ons  suivre  chaque  litre  de  quelques  lignes  choisies  dans  les  dilTérents  vo- 
lumes. 

AUXILIUJII  MEUM  A  DOMINO  f^*. 

COMMENTARIUS 

RERUM 

IN  SALUBERRIMA  MEDICIN^E  FAGULTATI  PARISIENSI 

GESTARUM 

cum  tabulis  accepti  et  impensi. 
A  die  decimo  quinto  mensis  novembris  anni  m.dcc.lvii 
Ad  diem  quintmn  mensis  novembris  anni  m.dcc.lviii 
Magistro  Joanne  Baptista  Boyer 
decano 


Cette  formule  varie  fréquemment,  et  ne  se 
rencontre  guère  avant  le  xvn°  siècle  :  les  doyens 
emploient  alors  indifféremment  :  rr  Gloria  in  excelsis 


irDeo.n  —  rr  Intende  in  adjutorium  meuin,  Deus 
Tsalutis  meœ. n  —  rrUni  et  Trino,n  etc. 

Ce  titre  est  moins  complet  dans  les  premiers 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE.  51 

iiCS  Commenlaires  débutent  toujours  de  la  iiièiuc  manière.  Le  premier  cliaj)itre 
n'a  pas  de  titre  spécial,  et  il  est  invariablement  consacré  au  récit  de  la  séance 
tenue  par  les  docteurs  pour  la  nomination  d'un  nouveau  doyen.  Depuis  l'origine 
de  la  Faculté,  l'époque  de  cette  réunion  était  fixée  au  samedi  qui  suivait  la  Tous- 
saint, ffj)rimo  sabbatlio  ])ost  festum  Omnium  Sanctorum'').  La  séance  était  ou- 
verte par  un  discours  du  doyen  sortant,  qui  rendait  ensuite  compte  de  sa  [gestion. 

Voici  la  formule  employée  chaque  année  pour  l'entrée  en  matière  : 

Anno  Domini  miilesimo  septingentesimo  trigesimo  quarlo,  die  sabbati  post  feslum  Omnium 
Sanctorum  sexto  novcmbris,  Facultas  légitime  coiivocata  luit  a  Magisiro  Tlieodoro  Hyacinlho 
Baron,  tune  decano,  perschedulam  ab  apparitoribus  delatam,  decanum  et  professores  electura. 
Convenere  fréquentes  in  scholas  superiores  doctores  medici,  hora  décima  matutina ,  post  sacrum  , 
more  solito .  .  . 


Hugues  le  Sage,  en  i33o,  fut  le  premier  doyen  élu.  Jusque-là  cette  dignité 
appartenait  de  droit  au  plus  ancien  docteur,  usage  qui  fut  conservé  par  la  Faculté 
de  théologie. 

NoiVII\A  ET  COGNOMINA  HONORANDORUM  MAGISTUORUM  BEGEMILM       SALUBERRIM^  FACL'LTATIS 

MEDICI  PARISIENSIS. 

Dans  l'origine,  les  doyens  se  contentaient  d'indiquer  sous  ce  titre  le  nom  et  le 
prénom  de  chaque  docteur  : 

MarcusMyron,  medieus  regius {Année  1599.) 

Plus  lard,  on  y  joignit  tous  les  titres  auxquels  ceux-ci  pouvaient  prétendre  : 

Antonius  de  Jussieu,  regiœ  scientiarum  Academiae,  regiarumque  Societalum  Angliae  et  l^rus- 
siœ  socius,  bolanices  in  liorto  regio  Parisiensi  prolessor  et  demonstrator.  [Atinée  1783.) 

Ludovicus  Claudius  Bourdelin,  Parisinus,  antiquus  Facullatis  deeanus,  regiai  scientiarum 
Academiae,  regiaeque  Societatis  Berolinensis  socius,  in  liorto  regio  chimia;  jMofessor,  et  Gallia- 
rum  principum  medicus  primarius.  [Année  1772.) 

DiSPL'TATIOXES  QUODLIBETARliE . 

Ces  Questions  ou  Thèses  qiiodlibétaires  précédaient  l'examen  de  licence.  Celte 
épreuve  durait,  pour  chaque  candidat,  six  heures  consécutives,  de  six  heures  du 

volumes.  Voici  l  une  des  formes  les  plus  usitées  :  A  partir  du. siècle,  on  lit  seulement  :  doc- 

rCommentarius  eorum  quaj  acta  sunt  eo  tempore  torum. 

rrquo  magisler  .^Igidius  Héron,  Parisiensis,  ex  de-  Il  fut  médecin  de  Henri  Ht,  et,  en  cette  qua- 
rfcreto  Facultatis  decani  nnmere  functus  est. )i  —  lité,  l  acconipagna  en  Pologne.  Il  mourut  le  1"  no- 
Gilles  Héron  fut  doyen  de  1600  à  1601,  et  de  vembre  1 608.  Quatre  de  ses  ancêtres  avaient  succes- 
1  Go3  à  1 606.  sivenient,  et  pendant  près  de  deux  cents  ans ,  rempli 
Comment,  ms.  Facult.  medicinw  Paris.  X ,  6 1 0.  les  fonctions  de  premiers  médecins  des  rois  de  France. 


52  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

matin  à  midi.  Le  président  de  la  thèse  prenait  le  premier  la  parole,  et  argu- 
mentait contre  le  bachelier,  qui  devait  ensuite,  de  huit  à  onze  heures,  répondre 
à  toutes  les  objections  qui  lui  étaient  proposées  par  neuf  docteurs.  A  onze  heures, 
les  examinateurs  faisaient  au  candidat  une  dernière  interrogation  qu'ils  avaient  le 
droit  de  choisir  en  dehors  de  la  thèse;  c'est  de  là  que  vient  le  nom  de  quodlibétaire. 
Après  cette  longue  séance,  si  l'épreuve  était  favorable,  le  président  se  levait  et 
prononçait  ces  mots:  «Audivistis,  viri  clarissimi,  quam  bene,  quam  apposite, 
rcresponderit  baccalaureus  vester;  eum,  si  placet,  tempore  et  loco  commendatum 
rr  habebitis.  n 

Dès  l'année  iBgS,  il  est  question  de  thèses  dans  les  Commentaires;  mais  ils  n'en 
fournissent  les  titres  qu'à  partir  de  1676.  Elles  étaient  primitivement  in-folio,  le 
format  in-quarto  fut  adopté  en  1662.  Quelques-unes  soulèvent  les  questions  les 
j)lus  étranges.  Voici  plusieurs  exemples  curieux  : 

19  mai  i586,  thèse  de  Simon  Piètre  :  An  per  incantalionesjitcuratio? 

19  juillet  1668,  thèse  de  Claude  Guérin  :  An  utrum  Thobiœ  eœ piscis  felle  curatio 
naturalis? 

i685,  thèse  de  Philippe  Hecquet  :  An,  ut  virginalis ,  sic  virilitatis,  certa  indicia? 

3o  juin  1692,  thèse  de  Cl.  Bourdelin  :  Ex  qua  parte  manaverit  aqua  quœ  pro- 
fhixit  e  mortui  Ckristi  latere  perforato  lanceœ  aculo  mucrotie? 

Les  Commentaires  indiquent  toujours  exactement,  outre  le  sujet  de  la  thèse  qnod- 
libétaire,  les  noms  du  président  et  du  candidat  : 

Die  martis  k  decembris  (1577)  '  disputavit  de  quodlibetaria ...  M"  Nicolaus  Marchant,  respoii- 
(lonle  Joanne  de  Gayette,  Luietiano,  de  hac  quœstione  :  Estne  fœtus  malri  quam  patri  similior''' 

Diejovis  17  decembris  {1738) ,  disputavit...  de  cjuodhbetaria  quœstione  M"  Johannes  Baptisia 
Ludovicus  Chomel,  respondente  baccalaureo  M°  Francisco  Felicitate  Cochu,  Sangermano  in 
Laya.  Quaeslio  fuittalis,  alïirmative  conclusa  :  An  casti  rarius  œgrotant,facilius  curantur? 

Qu^STIONES  CARDINALITIiE. 

Quand  le  cardinal  Guillaume  d'Estouteville  vint,  en  i/i52,  examiner  et  ré- 
former l'Université  de  Paris,  il  appela  l'attention  des  professeurs  de  la  Faculté 
sur  l'étude  de  l'hygiène,  qui  était  encore  fort  négligée.  Il  ordonna  que  les  ba- 
cheliers soutiendraient  une  thèse  sur  cette  branche  importante  de  l'art  médical; 
et  cette  épreuve,  en  souvenir  de  son  fondateur,  prit  et  conserva  le  nom  de  Thesis 
ou  Quœstio  cardinalitia ,  Thèse  cardinale.  Comme  la  thèse  quodlibétaire,  celle-ci 
durait  six  heures  de  suite,  de  six  heures  du  matin  à  midi.  Les  Commentaires  sont 
également  très-complets  à  cet  égard  : 

Diejovis  marlii  (1577),  •"''spondit  de  cardinalitia  quœstione  M""  Joannes  de  Gayette,  Lu- 
leliamis,  préside  D°  Gulielnio  de  la  Barre.  Quœslio  autem  erat  :  yln  inp<rncutis,  turgente  ma- 
lcria, codent  die  est  purgandtim? 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE.  53 

Dio  jovis  8"  apriiis  (1765),  disputavit  ...  M"  Jacobus  Antonius  Millet  de  quœstioiie  cardina- 
litia:  An  litlcratis  vita  cœlebs'?  et  conclusit  affirmative.  Proponebat  Antonius  Petit,  Aurelianus, 
a  sexta  ad  nieridieni. 

ANTlQUODLlBETARliE  QU/ESTIOINES ,  QU;E  VULGO  PASTILLARIyK  NUNCUPANTUR. 

Ces  Quœstiones  pastillariœ  étaient  une  des  épreuves  subies  par  les  licenciés  qui 
aspiraient  au  doctorat.  Elles  perdirent  d'ailleurs  beaucoup  de  leur  importance 
vers  le  xvn*^  siècle,  en  proportion  de  celle  qu'acquéraient  les  Vesperies.  Les  Com- 
mentaires indiquent  ainsi  les  Quœstiones  pastillariœ  : 

Die  mercurii  91  novembris  (157G),  disputavit  do  pastiilaria  M"  Germanus  Courtin,  et 
(juaistionem  hanc  proposuit  candidate  :  An  temperamentum  simul  cum  setnine  a  générante  trans- 
funditur? 

Die  martis  27°  februarii  (1608),  disputavit  de  pastiilaria  quaestione  M"  Micliael  Toulain, 
doctor  medicus,  qui  niedicinae  candidato  hanc  quœstionem  proposuit  :  An  hystericis  virginibus 
Venus? 

Qu/ËSTIONES  IN  ACTIBUS  VESPERIARUM  ET  UOCTORATUUM  AGITAT^. 

La  Vesperie  précédait  de  quelques  semaines  la  réception  du  bonnet  de  docteur. 
Le  candidat  soutenait  d'abord  sur  un  point  donné  une  discussion  avec  deux  pro- 
fesseurs. Le  président  prononçait  ensuite  un  discours  latin  destiné  à  exposer  au 
récipiendaire  la  dignité  et  l'importance  de  la  profession  qu'il  allait  embrasser,  et  la 
meilleure  manière  d'en  remplir  les  devoirs  : 

Die  martis  8  januarii  (1577),  vesperisatus  fuit  M"' Dominicus  Bourgoing,  préside  D"  Au- 
jjustino  Frondebeuf,  qui  quidem  preses  hanc  candidato  quaestionem  proposuit  :  Estne  cibus 
calidior  hyeme  salutaris? 

Die  martis  3o°  januarii  (1601),  M"  Michael  Toutain,  licentiatus,  respondet  de  vesperiarum 
(juœstione,  préside  M°  Nicolao  Jabot,  qui  candidato  hanc  quœstionem  proposuit  :  An  dies  nonus 
criticus  ? 

QU;ESTIONES  MEDICO  CHUIURGIC^. 

Ces  thèses  n'apparaissent  que  fort  tard  sur  les  registres  de  la  Faculté.  Elles 
sont  d'ailleurs  en  général  indiquées  avec  autant  de  soin  (jue  les  précédentes  : 

Die  jovis  11°  martii  (173^),  M"  Johannes  Baptista  Boyer,  régis  consiliarius,  et  in  Senatu 
Parisiensi  medicus  ordinarius,  disputavit...  de  quœstione  quodlibelaria  chirurgica.  Talis  fuit 
(juœstio  affirmative  propugnata,  respondente  baccalaureo  M°  Jacobo  Francisco  Vandremonde, 
Landraceno  :  An  Jistulœ  ani  sectio  chirurgica  ? 

Or\TIO^ES  PUBLIC/E. 

Le  titre  indique  suffisamment  à  quelles  matièies  ce  chapitre  est  consacré. 
Voici  d'ailleurs  deux  exemples  : 


U  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Dieu  aidant. 

M'""  Elie  Coi  de  Vilars,  docteur  régent  de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  conseiller  mé- 
decin ordinaire  du  Roy  en  son  Châtelet,  professeur  de  chirurgie  en  langue  françoise,  ouvrit  ses 
leçons  par  un  discours  public,  qu'il  prononça  dimanche  29  novembre  lyBS,  à  3  heures  après 
midi,  et  par  lequel  il  prouva  que  la  chirurgie  est  plus  redevable  de  sa  perfection  aux  anciens 
qu'aux  modernes. 

Dieu  aidant. 

Maître  Noël  Marie  de  Gevigland,  docteur  régent  de  la  Faculté  de  médecine  et  professeur  de 
chirurgie  en  langue  françoise,  prononça,  pour  l'ouverture  solennelle  des  écoles  de  chirurgie, 
un  discours  public  sur  l'origine  de  la  chirurgie,  le  dimanche  24  novembre  17^^,  à  li  heures  et 
demie  a|)rès  midi. 

Obitus  doctorum. 

Ce  chapitre,  qui  n'existe  malheureusement  pas  dans  les  premiers  volumes, 
renferme  des  documents  très-curieux  et  qu'on  chercherait  vainement  ailleurs. 
Quelques-unes  des  notices  qu'on  y  trouve  prennent,  surtout  à  partir  du  xvui^  siècle, 
toutes  les  allures  d'une  petite  oraison  funèbre  : 

Die  sabbali  3o^  octobris  173^,  M"  ytlgidius  Adam,  Constantiensis,  hora  sesquiseptinia  ves- 
pertina,  obiit,  morbo  abdominis  inllammalorio  correptus,  annum  agens  /jg"™.  Ipsius  corpus, 
maxima  comitante  doctorum  caterva,  delatum  est  ad  aedem  Deo  sacram  sub  invocatione  S"  Se- 
verini,  et  sepultum  est  in  ejusdem  ecclesiœ  ossuario.  Collega;  amicissimo  det  Deus  requiem  sem- 
piternam  ! 

Die  jovis  29°  septembris  anni  1768,  vitam  cum  morte  commutavit  M.  Ludovicus  Alexander 
Viellard,  San-Lauda?us ;  sacris  fontibus  ablutus  fuerat  die  2t°  mensis  maii  anni  171/1,  in 
ecclesia  paiochiali  Sancli  Thoma;  San-Laudœi.  Repetita  per  plures  continuos  dies  vasorum  pec- 
loris  hœmorrhagia  correptus,  deinde  tussi,  febre  continua  usque  ad  quinquagesimum  diem 
protracla,  pulmonum  suppuratione  confractus,  suam  mortem  prœsagiens,  hanc  vidit  impa- 
vidus,  ad  sanctissima  religionis  sacramenta  pie  confugit,  sagax  etbonae  mentis.  .  .  .  Postero  die, 
veneris  scilicet,  tumulo  conditum  fuit  ejus  corpus  in  ecclesia  Sancli  Eustachii;  ipsius  funeri 
interfuit  Facultas. 

Demonstrationes  anatomic^. 

OPERA  CIIIRURGICA,  ET  GALENICO  CHYMICA  [iN  AMPHITHEATRO  CELEBRATa]. 

D.  A.  (') 

Jacques-Bénigne  Win  slow, 

docteur  régent  et  ancien  professeur 
de  ia  Faculté  de  médecine  de  Paris,  professeur  en  anatoniie 
et  en  chirurgie  au  Jardin  roïal,  etc. 

Fera  pour  l'inauguration  du  nouvel  amphithéâtre  des  écoles  de  médecine'^'  un  cours  public 
d'anatomie  en  langue  françoise,  et  exécutera  lui-même  la  dissection  et  la  démonstration  des 

Dieu  nidaiil.  —      Voyez  pages  27  et  38. 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE.  55 

parties  du  corps  humain  sur  un  cadavre  masculin ,  comme  ii  a  fait  cy-devant  dans  l'ancien  amphi- 
théâtre. 

Il  commencera  jeudi  18"  lévrier  17^5,  à.  3  heures  après  midi  précises,  dans  l'amphi- 
théâtre des  écoles  de  médecine,  rue  de  la  Bucherie,  vis-à-vis  le  petit  pont  de  l'Hôtel-Dieu. 

Défenses  d'entrer  avec  cannes  et  épées. 

DIEV  AIDANT. 

M.  François  Mery,  docteur-régent 

de  la  Faculté  de  médecine 
en  l'Université  de  Paris 
et  ancien  professeur  de  chirurgie  en  langue  françoisc  , 

Expliquera  publiquement,  en  faveur  des  étudians  en  chirurgie,  tout  ce  qui  concerne  les 
opérations  chirurgicales,  et  les  fera  exécuter  sur  le  cadavre  d'un  homme  par  M"  Antoine  Fran- 
çois Barbault,  habile  chirurgien  juré  à  Saint-Côme. 

Il  commencera  son  cours  samedy  deuxième  décembre  17^1,  à  deux  heures  précises  après 
midy. 

C'est  en  i63/i  que  la  chaire  de  chirurgie  fut  créée  à  la  Faculté,  et  Antoine 
Charpentier  fut  le  pretnier  qui  Toccupa.  Les  professeurs,  lors  de  leur  nomina- 
tion, juraient  encore  de  faire  leurs  leçons  ce  en  robe  longue,  à  grandes  manches, 
trayant  le  bonnet  carré  sur  la  tête,  le  rabat  au  cou,  et  la  chausse  d'écarlate  à 
(T  l'épaule,  n 

ACTA,  COMITIA  ET  DECRETA  FaCULTATIS. 

C'est  le  chapitix'  le  plus  important  et  aussi  le  plus  détaillé  de  chaque  compte 
rendu.  On  y  trouve  des  renseignements  précieux  sur  les  relations  de  la  Faculté 
avec  le  Gouvernement  et  avec  l'Kglise.  Pour  être  intéressantes,  nos  citations  de- 
vraient être  fort  longues;  nous  ne  donnerons  que  c[uelques  lignes,  qui  sont  re- 
latives aux  interminables  querelles  de  la  Faculté  avec  les  chirurgiens  : 

Die  jovis  99  mensis  novembris  (1576),  convocatis  in  scholas  superiores  doctoribus,  ut  de 
refrœnanda  chirurgicorum  publiée  docendi  in  Academia  facultatem  sibi  concedi  postulantium 
audacia  et  pervicacitate  denuo  concilium  iniretur.  .  . 

Res  gest^  rN  Academia  Parisiensi. 

Chapitre  plein  d'intérêt,  et  qui  renferme  un  grand  nombre  de  faits  ignorés 
relatifs  à  l'histoire  de  l'Université  : 

Die  lunae  8°  mensis  augusti  anni  1768,  convocati  sunt  deputali  Universitatis  cum  adjunctis 
apud  amplissimum  l'ectorem  in  Grassinœo''',  unde  processum  est  ad  majores  Sorbonœ  scholas; 
ubi,  habita  prius  eleganti  et  concinna  oratione  a  M.  Louvel ,  prœmia  academica  distributa 
fuerunt,  praesente  illustrissimo  Senatu  Parisiensi. 


Le  collège  des  Grassins. 


56  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Die  mercurii  7  novembris  1676,  habitis  apucl  Mathurinenses  comitiis,  ut  nonnuUi  seli- 
gerentur  ex  Academia  viri,  qui  de  illius  privilegiis  atque  immunitatibus  et  reiiquis  ad  restituendcE 
Academiae  rationem  pristinumque  illius  splendorem  ac  dignitateni  pertinentibus. . .  nominati 
sunt  quatuor  theologi  doctores,  fide,  integritate,  vitae  innocentia,  authoritate  praestantes,  acri 
judicio  et  singuiari  doctrina  praediti.  . .  quorum  fidei  res  tota  fuit  demandata. . . 

Res  gest^e  apud  chirurgos  Parisienses. 

Chapitre  presque  exclusivement  consacré  à  l'indication  des  examens  subis  par 
les  étudiants  en  chirurgie  : 

Diejovis  9  3°septembris  (17.33),  dictusMaisonneuve,inler  chirurgos barbitonsores  receptus  est. 
Die  venoris  h"  decembris  1733,  dictus  Pouchault  fdius  primo  examine  tentatus  est. 

ObSTETRICES  MATRONiE  EXAMINE  IN  yEDIBUS  SaNCOSMIANIS  TENTAT^E  ET  ADMISSE. 

L'instruction  des  sages-femmes  fut  très-négligée  jusqu'à  la  seconde  moitié  du 
xvui^  siècle.  Leurs  examens,  auxquels  on  attachait  fort  peu  d'importance,  avaient 
lieu  dans  la  maison  Saint -Côme,  qui  appartenait  à  l'école  de  chirurgie.  Les 
Commentaires  donnent  chaque  année  la  liste  des  sages-femmes  qui  ont  subi  leurs 
épreuves  : 

Obstetrices  apud  barbitonsores  chirurgos  examinais  et  ad  magisterium  admissae.  ...  decano 
.  .  .  prœsente,  annuente  et  probante  : 
Die  lunœ  8°  martii  173/1,  dicta  Duplessis. . . 
Die  lunae  i5  junii  (1772),  dicla  Gaumont.  .  . 

Res  GESTiE  APUD  pharmacop^os  Parisienses. 

Les  pharmaciens  étaient  soumis  à  la  Faculté  et  lui  payaient  une  redevance  qu'ils 
venaient  individuellement  acquitter  chaque  année.  Le  jour  de  leur  réception,  ils 
juraient  en  outre  de  consentir  à  laisser,  deux  fois  l'an,  visiter  leur  officine  ])ar 
le  doyen,  accompagné  de  quatre  régents  : 

Die  3i  augusti  (1779),  oiTicinas  pharmacopœorum  perlustravere  MM.  Le  Thieullier  decanus, 
Bercher  et  Bellot  pharmaciae  professores,  cum  duobus  doctoribus,  concomitantibus  pharmaco- 
pa^orum  custodibus. 

Die  martis  3o°  mensis  augusti  anni  1763,  cum  duobus  pharmaciae  professoribus  et  cum  tribus 
pharmacopaeorum  Parisiensium  praefectis ...  in  horto  pharmacopaeorum  interrogavimus  ab  hora 
nona  matutina  admeridiem ,  et  a  tertia  vespertina  ejusdem  diei  ad  sextam,  de  utraque  pharmacia 
operationibus.  Quibus  quidem  quœstionibus  ubi  satisfecit,  ipsi  designavimus  diem  mercurii  sc- 
quentem  ad  confectionem  variarum  prœparationum. 

On  voit  que  les  examens  subis  par  les  élèves  en  pharmacie  étaient  devenus 
très-sérieux,  et  roulaient  à  la  fois  sur  la  théorie  et  sur  la  pratique. 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE. 


57 


CODEX  RATIONARIUS 
ACCEPTI  ET  EXPENSI  ORDINARIl  ET  EXTRAORDINARII. 

PAHS  PRIOR. 

TABULA  ACCEPTI. 

Caput  I.  — Ex  annuo  reditii  Facultalis(^). 
Caput  h.    —  A  barbitonsoribus  chirurgisf^'. 

Caput  III.    —  A  baccalaureis,  in  quœstionibus  quodiibetariispathologicis;  pro  stipeudio  lec- 

torum  et  registre. 
Caput  IV.    —  A  baccalaureis,  in  iisdem  quœstionibus;  pro  horto. 

Caput  V.     —  A  baccalaureis,  in  iisdem  quœstionibus;  pro  anatomia  et  schedulis  non  regis- 
tratis. 

Caput  VI.    —  A  medicina;  candidatis,  antequam  ad  examen  admittantur;  pro  anatomia. 
Caput  VII.  —  A  medicina;  candidatis  ad  baccalaureatum  admissis. 
Caput  VIII.  —  Ab  iisdem,  pro  sacello  et  ornamentis. 

Caput  IX.    —  A  baccalaureis  emeritis,  antequam  ad  licentiam  admittantur;  pro  jure  bur- 
sarum. 

Caput  X.     —  A  baccalaureis  emeritis,  pro  muictis  irrogatis. 

Caput  XI.    —  A  baccalaureis  emeritis ,  pro  jure  praesentationis  et  sacello. 

Caput  XII.  —  Pro  primo  licentiae  gradu. 

Caput  XIII.  —  A  licentiatis,  pro  doctoratu. 

Caput  XIV.  —  A  licentiatis,  pro  aulaeorum  usu. 

Caput  XV.  —  A  reliqua  pecunia,  propter  absentiam  doclorum'''. 

Caput  XVI.  —  A  medicinae  studiosis,  pro  jure  inscriptionum  et  sigilli'*'. 

PARS  POSTERIOR. 
tabula  expensi. 
Caput  I.      —  Pro  rébus  et  negotiis  Facultatis. 
Caput  II.     —  Pro  honorario  professorum,  ex  œre  Facultatis. 
Caput  III.    —  Pro  refusionibus  Facultatis. 

Caput  IV.    —  Pro  anatomia,  operibus  chirurgicis,  pbarmaceuticis  et  cbymicis,  in  amplii- 
theatro  celebratis. 


On  lit  sur  le  compte  rendu  de  1772  :  ak 
ffM°  Guillotin ,  pro  annua  locatione  majorum  Fa- 
Tcultatis  aedium,  accepit  decanus.  .  .^5o  iib.n 

''''  On  lit  dans  le  compte  rendu  de  i653  :]  rrAc- 
ffcepi  a  societate  tonsorum  cbirurgorum ,  qui  debent 
(fFacultati  singulis  annis  quinque  libellas,  v  lib. 
fftur.  51 

Les  docteurs  étaient  tenus  d'assister  aux  nom- 
breuses messes  que  faisait  dire  la  Faculté.  Leur 
présence  était  constatée  par  le  bedeau,  qui  remettait 
à  chacun  un  petit  jeton  en  plomb;  ceux-ci  étaient 
échangés ,  le  premier  samedi  du  mois  suivant ,  contre 
une  somme  déterminée.  Les  absences  étaient  punies 


d'une  amende ,  plus  tard  répartie  entre  les  docteurs 
qui  avaient  été  présents. 

ffA  medicinae  studiosis,  quorum  nomina, 
frpropria  eoruni  manu,  in  codice  inscriptionum 
ffscripta  sunt  :  per  totum  mensis  januarii  1768, 
ffaccepi  564  lib.;  mensis  martii,  622  lib.;  mensis 
ffmaii,  468  lib.  ;  mensis  octobris ,  5.34  lib.n  Chaque 
élève  inscrivait,  en  effet, propria  manu,  son  nom  sur 
un  registre  ad  hoc ,  et  choisissait  en  même  temps  deux 
professeurs  qui  devaient  plus  spécialement  lui  servir 
de  conseillers  et  de  guides.  Nous  avons  retrouvé  à 
la  bibliothèque  de  la  Faculté  le  registre  autographe 
des  inscriptions  prises  de  17583  1774. 

8 


58  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Caput  V.     —  Pro  honorario  professorum,  ex  œre  Academiae. 

Caput  VI.    —  Pro  honorario  professorum ,  a  rege  concesso  et  a  postarum  quœstore  solvendo'''. 
Caput  VII.  —  Pro  rébus  sacris'^'. 
Caput  VIII.  —  Pro  rébus  Academiae'^). 
Caput  IX.    —  Pro  Facultatis  bibliotheca'*). 
Caput  X.    —  Pro  solvendis  annuis  pensionibus. 

Caput  XI.   —  Pro  sumptibus  factis  occasione  baccalaurei  qui  prœmiuni  in  concursu  con- 
secutus  est. 

Nous  avons  fréquemment  cité  dans  nos  notes  trois  autres  précieux  manuscrits 
relatifs  aux  Commentaires  et  qui  méritent  une  mention  spéciale. 

Manuscrit  de  Pajon. 

Nicolas  Ellain,  dans  le  compte  rendu  de  son  décanat,  en  1697,  raconte  qu'il 
a  l'etrouvé  de  vieilles  chartes  relatives  à  l'histoire  de  la  Faculté.  On  n'attacha, 
paraît-il,  nulle  importance  à  ces  documents,  sur  lesquels  d'ailleurs  Ellain  ne 
fournit  aucun  détail.  A  la  fin  du  siècle  dernier,  Pajon  de  Moncets,  ayant  ren- 
contré par  hasard  ce  passage  des  Commentaires,  entreprit  des  recherches,  et  dé- 
couvrit dans  la  sacristie  de  l'école  un  vieux  coffre,  fermé  par  quatre  serrures; 
il  parvint,  non  sans  peine,  à  l'ouvrir,  et  y  trouva  les  curieux  parchemins  qu'avait 
mentionnés  Nicolas  Ellain.  C'étaient  des  titres,  des  statuts,  des  règlements,  des 
procès-verbaux  et  des  pièces  originales,  dont  la  plus  ancienne  remontait  à  l'année 
1 3 1 1 .  Il  réussit  à  les  déchiffrer,  et  les  fit  transcrire  ensuite  avec  beaucoup  de 
soin  sur  un  registre  in-quarto,  que  possède  aujourd'hui  la  Faculté.  Une  seconde 
copie  fut  sans  doute  bientôt  jugée  nécessaire,  car  M.  Ch.  Jourdain  nous  a  dit 
avoir  vu  aux  Archives  de  l'Empire  un  double  de  ce  travail.  On  comprend  tout 
l'intérêt  qu'il  présente,  puisqu'il  peut  jusqu'à  un  certain  point  remplacer  la 
partie  des  Commentaires  qui  a  été  détruite. 


En  1733,  les  professeurs  recevaient  :  de  la 
Faculté,  90  liv.;  de  l'Université,  900  liv. ;  dure- 
venu  des  postes,  3oo  liv. 

trPro  pane  sacro  in  die  Paschali,  nomine  Fa- 
ffcultatis  oblato  in  ecclesia  Sancti  Stephania  monte, 

'fpro  cereis  et  oirertorio,  solvit  decanus  39  lib. 

•ri4  s.n  —  rrLiulovico  Brct,  majori  Facultatis  ap- 
rfparitori,  pro  mundatis  per  annum  sacelli  linteis, 
tfpro  pane  azyme  et  vino  ad  missarum  celebratio- 
rrnem  per  annum  snppeditatis,  solvit  decanus,  37 
fflib.  16  s.  1  {Compte  rendu  de  ij63.) 

tfDie  vi°  aprilis  (1601),  in  comitiis  apudMa- 
frthurinenses  habilis,  in  (piibus  actum  est  de  ad- 
r-niittenda  resignatione  GhristopLori  Bois,  librarii 


ffj  urati ,  in  favorem  Davidis  Doucem-,  distribuit  (  de- 
ffcanus)  duodecim  solides,  n  On  sait  que  la  corpo- 
ration des  libraires  faisait  partie  de  l'Université ,  qui , 
en  1969,  1975,  i393  et  i369,lui  avait  donné  des 
statuts  très- détaillés.  Les  libraires  ne  pouvaient 
mettre  en  vente  aucun  ouvrage  avant  qu'il  eût  été 
examiné  par  l'Université,  qui  en  fixait  le  prix. 

(*)  rfM"  Henrico  Jacobo  Macquart,  bibliothecas 
ff  Facultatis  praefecto ,  pro  annua  pensione ,  ut  aiunt , 
ffseu  emolumento  quod  Facultas  in  honorarium 
rrlargitur,  solvit  decanus  libellas  ter  centum.'>  — 
ff  Francisco  Ludovico  Bret,  pro  data  per  annum  ad 
rtcurandam  bibliothecam  opéra,  libras  quinqua- 
ffginta.  T!  {Compte  rendu  de  1  y 60.) 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE.  59 
Le  volume  est  divisé  en  trois  parties,  qui  ont  pour  titres  : 

Instrumenta,  tum  publica  tum  privala,  in  arca  Facuitatis  sctvata,  in  hoc  codicc  ordino  chro- 
nologico  inscripta,  ad  rei  memoriam,  ad  anliquorum  Facuitatis  niedicinai  œvorum  notitiam 
inservienda.  Ab  anno  i3ii  ad  annuin  iSgS. 

Alia  instrumenta  de  quibus  menlio  in  primo  codice  Facuitatis,  nec  non  in  secundo.  Ab  anno 
iBgS  ad  annum  ikki. 

Synopsis  rerum  memorabilium  (]u;jl'  in  omnibus  Commentariis  medicinœ  Facuitatis  Parisiensis 
liabentur,  quolquot  in  manus  Nicolaï  Ellain  ab  anno  1822  usque  ad  annum  1O06,  tum  vero 
in  nostras  venire  potuerunt  ab  eodem  anno  1606  ad  annum  iG'yG. 

La  première  pièce  contenue  dans  ce  recueil  date  donc  de  i3i  1;  elle  est  inti- 
tulée :  Conquestto  qmrulosa  oblata  ojjiciali  Senoneusi  a  Claricia  de  Rothomago  contra 
sententiam  excommunicalionis  ojjîcialis  Parisiensis.  Les  dix  pièces  suivantes  sont 
également  relatives  à  cette  Clarisse,  qui  exerçait  la  |)roi"ession  de  sage-femme. 

Manuscrit  de  Bertiuno. 

Tliomas-Bernard  Bertrand,  qui  fut  successivement  professeur  de  chirurgie, 
de  pharmacie  et  de  matière  médicale,  puis  doyen  en  ly/jo,  songea  de  bonne 
heure  à  rassembler  des  matériaux  pour  l'histoire  de  la  Faculté.  Sa  première 
pensée  fut  de  résumer  pour  lui-même,  de  la  manière  la  plus  claire  possible,  l'im- 
niense  collection  des  Commentaires.  Ce  travail,  cjui  forme  un  volume  in-folio  de 
k8U  feuillets,  l'occupa  en  réalité  pendant  près  de  vingt  ans. 

On  lit  sur  la  couvertui-e  : 

Annales  raedici  a  iSaà,  seu  de  rébus  medicis  Parisiensibus  ad  modica'  Faculiatis  bistoriam 
pertinentibus  descripfis  ad  lyS^,  cuni  indice  locupletissimo. 

Puis  au  verso  : 

Inceptum  opus  januario,  peractum  cum  indice  alpbabetico  novembii  ejusd(Mn  annl  1729,  a 
Tlioma  Bernardo  Bertrand,  doct.  medico  Parisiens!. 

Le  feuillet  de  garde  porte  la  note  suivante  : 

Annales  niedici  ab  anno  iBa/t  ad  1G9G,  et  ab  anno  1696  ad  172^1,  ex  ipsismet  Commen- 
tariis excerpti,  1798  maio  et  julio  mensibus,  sub  decanatu  M.  Geoffroy,  decani  de  Facul- 
tate  optime  meriti,  addito  indice  alpbabetico  a  182^  ad  k  novembris  172/i  sub  decanatu 
M.  Nicolaï  Andry,  (jui  decimum  nonum  primus  cej)it  loinum  inscribere  (^ommentaiiorum  Fa- 
cuitatis medicae  Parisiensis.  —  lidem  Annales  ab  anno  i324  ad  annum  1780  descripti, 
1781  incipiente.  — li  Annales  medici  pro  medicis  rébus  Facuitatis  commodati  decano  M" 
Wartijienq  aprili  mense  17^17,  ab  ipsomet  mibi  redditi  sunt  22  octobris  1767.  Bcrirand, 
D.  M.  P. 

8. 


60 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 


Synopsis  anonyme. 

Ce  manuscrit,  exécuté  sur  le  même  plan  que  celui  de  Bertrand,  est  beaucoup 
plus  complet.  Il  forme  un  volume  in-folio  dont  les  pages  ne  sont  numérotées 
que  jusqu'au  folio  621.  Il  est  précédé  de  deux  tables  très-détaillées  et  bien  com- 
prises. Ce  manuscrit  a  certainement  été  fait  par  Pajon  de  Moncets;  Hazon,  dans 
trois  de  ses  ouvrages  historiques,  lui  attribue  un  abrégé  des  Commentaires,  qui 
ne  peut  guère  être  que  celui-ci,  puisque  aucune  autre  analyse  de  ce  genre  n'a 
jamais  été  mentionnée.  11  faut  cependant  ajouter  que  Hazon  cite  toujours  ce  ma- 
nuscrit comme  étant  in-quarto,  et  qu'en  outre  le  nom  de  Pajon  ne  se  trouve 
pas  une  seule  fois  dans  le  volume  que  nous  décrivons. 

Le  feuillet  de  garde  a  été  arraché;  on  lit  en  tête  de  la  première  page  :  Rerum 
m,emorabilium  quœ  continenlur  in  omnibus  Commentariis  Facidtalis  medicinœ  Parisiensis 
ab  anno  i3a6  exscriplus.  On  trouve  ensuite  : 

1°  La  liste  des  messes  et  des  obits  célébrés  dans  la  chapelle  de  la  Faculté; 

2°  Le  rang  attribué  aux  congrégations  religieuses  et  aux  corporations  dans  les 
processions  solennelles  de  l'Université; 

3°  Une  liste  alphabétique  des  docteurs,  licenciés  et  bacheliers  mentionnés  dans 
les  Commentaires  depuis  l'année  i635; 

La  liste  des  doyens  de  la  Faculté  et  celle  des  censeurs  de  l'Université 
jusqu'en  1/172; 

5''  La  tabh^  générale  des  matières. 

Vient  ensuite  l'analyse  des  Commentaires,  qui  est  précédée  de  ce  titre  :  Synopsis 
rerum  memorabilium  quœ  in  omnibus  Conwientariis  medicinœ  Facultatis  Parisiensis 
habentur,  quotquol  in  manus  M.  Nicolaï  Ellain,  ab  anno  i3aâ  usque  ad  annum  1606, 
tum  vero  in  nostras  venire  potuerunt  ab  eodem  anno  1606  ad  annum  usque  16^6,  quo 
decani  munere  fungebatur  M.  Morand. 

Le  11  octobre  1697,  la  Faculté  avait  arrêté  de  prendre  pour  insignes  trois 
cigognes  portant  dans  leur  bec  un  rameau  d'origan ,  et  pour  devise  ces  mots  : 
Urbi  et  orW^^K  Les  trois  cigognes  figurent  sur  les  deux  marques  qui  se  rencon- 
trent dans  les  volumes  provenant  de  l'ancienne  Faculté  de  médecine  : 


Synopsis  ms.  rerum  memorabilium,  p.  960.  28  mars  i46o,  conférait  à  tous  ceux  qui  avaient 
—  Une  bulle  du  pape  Nicolas  V,  datée  de  Rome,       reçu  le  grade  de  licencié  dans  l'Université  de  Paris 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE.  61 

on  les  retrouve  encore,  mais  cette  fois  avec  la  devise  de  l'Ecole,  sur  un  grand 
ex  libris, 


DD  DoTn. 

qui  fut  gravé  en  1737,  mais  qui  paraît  n'avoir  été  collé  que  sur  un  nombre 
très-restreint  de  volumes.  H  existe  au  commencement  et  à  la  fin  du  catalogue 
de  Baron. 

La  Faculté  adopta  ensuite  une  estampille  ovale  sans  aucun  ornement,  et  qui 
portait  seulement  cette  inscription  ainsi  disposée  : 


FACULTE  de  MEDECINE 


Lors  delà  reconstitution  de  l'école  en  1799,  on  fit  faire  l'estampille  actuelle, 
qui  est  ovale,  très-grande  et  fort  laide,  elle  représente  la  tête  d'Hip[)ocrate ,  au- 
dessous  de  laquelle  on  lit  :  inilOKPATHE.  Elle  eut  d'abord  pour  légende  les 


le  droit  d'exercer  et  d'enseigner  en  tout  lieu  du 
inonde,  sans  aucun  examen  ni  autorisation  pre'a- 

labie           ffEx  tune,  absque  exaininatione  et  ap- 

■'probatione  publica,  vel  privala,  vel  aliquo  alio 
^novo  principio.  regendi  atque  docendi  ubique  lo- 


frcoruin  extra  civitateni  pra'dictani,  liberarii  babeat 

cffacultatem  "  C'était  un  despbis  reinanpiables 

privilèges  de  l'Université  de  Paris.  (Voyez  Riolan, 
Curieuses  recherches  sur  les  escholes  en  médecine, 
p.  11  4.) 


62  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

mois,  École  de  santé  de  Paris ,  là  frimaire  an  m,  qui  furent  peu  de  temps  après  rem- 
placés par  ceux-ci  :  Faculté  de  médecine  de  Paris. 


Comme  dans  toutes  les  bibliotliè(|ues  de  fondation  moderne  qui  ont  pu  pos- 
séder de  bonne  heure  une  marque  gravée,  on  i-encontre  très-rai-ement  des  ins- 
criptions manuscrites  sur  les  livres  appartenant  à  la  Faculté  de  médecine  de 
Paris. 


FACULTÉ  DE  MÉDECINE. 


63 


PRÉFACE  DU  CATALOGUE  DRESSÉ   EN  1770 
l'An  Kdmo^d-Claidk  BOURRU"'. 


PRyEFATIO. 

Hibliolhecarum  pretium  in  libris  manuscriptis  oiini  constitisso  apud  onines  in  coiiiesso  est  : 
paiilerqiie  fatentur  rerum  Gallicarum  scriptores  bibliotliecam  saluberrima;  F'acultatis  Parisiensis, 
hisce  teniporibus,  rarioribus  fuisse  instructam  istius  modi  libris  qui  ad  medicinam  spectarent. 
Neque  mirum,  quod  apud  viros  lilteratissimos  reperiretur  librorura  rarissimorum  copia  uberior. 
Nibilominus  tainen  non  putanduni  est  eam  aut  numerosissimam  fuisse,  aut  sumptuosissimain, 
quippe  cum  saluberrinius  Ordo  Parisiensis  lalis  semper  fuerit,  qui  admirationem  bominum  in 
se  convertere  maluerit  quam  in  suppellectilem  suam.  Tota  itaque  bibJiotheca  medicorum  Pari- 
siensium  duodecim  circa  manuscriptorum  numéro  includebatur;  quorum  unusquisque  (fatendum 
est)  tanli  erat  pretii ,  quanti  difficile  emi  potuisset  vel  a  rege  cbristianissimo  lune  régnante, 
Ludovico  XL  Verum  qua  inala  fortuna  acciderit,  ut  nunc  agnosci  vix  queant  vetcris  illius  splen- 
doris  vestigia ,  animo  non  capitur,  nisi  forsan  extraneorum  subtilitas  in  subripiendis  clanculum 
et  furtive,  vei  codicibus  integris,  vel  librorum  paginis,  par  fuerit  cum  incuria  eorum  quibus 
tanti  thesauri  custodia  committebatur.  Portasse  etiam  dum  inclaruit  ars  typica  sœculo  quinde- 
cimo,  brevi  e  pretio  suc  amiserunt  medicorum  manuscripti,  abieruntin  desuetudinem,  lacileque 
dissipati  sunt. 

Multum  tamen  boni  publici  interesse  videbatur,  ut  alicubi  clarissimorum  medicorum  opéra 
congererentur,  quo  pbiliatri  ad  artem  medicam  institui  facile  quirent,  magistroruni  libros  per- 
legendo,  familiarique  versando  manu.  Neque  ullus  sane  huic  aptior  iocus  quam  in  greniio  salu- 
berrimae  Facultatis  Parisiensis,  cui  medicos  efformare  et  ad  imaginem  suam  effingere  semper 
cordi  fuit. 

Hœc  sensit  M.  Petrus  Bonnetus  Bourdelot,  régis  christianissimi  medicus  primarius,  qui  anno 
1691  medicis  Parisiensibus  numerosam  librorum  supellectilem  quam  ipse  collegerat  obtulit.  (Juo 
quidem  optimi  viri  beneficio  potiri  nondum  datum  fuit,  quod  quibusdam  impensis  tueri  ne- 
cessum  fuisset.  Timebat  etenim  Facultas  saluberrima  ne,  propter  bellum  quod  tune  femporis  ma- 
gnopere  sœviebat,  subsidiis  vexaretur,  si  quibusdam  sumptibus  minus  necessariis  mentiretur, 
ut  ita  dicam,  divitias.  Causamrecusationis  intelligens  M.  Bourdelot,  non  satis  laudanda  largitate, 
ex  suo  œre  et  suismetipsis  denariis  bibliothecam  quam  ofl'erebat  locavit.  Ast  eheu,  quœnam  sunt 
rerum  humanarum vices!  Dum  nemo  bujusce  bibliothecœ  curam  gerit,  inde brevi evanuit,  jamque 
ex  ea  vix  quidquam  superest,  nisi  nomen  collatoris  munificentissimi. 

Ab  anno  itaque  1783,  nostrœ  bibliotheca)  repetenda  est  origo.  Nempe  M.  Franciscus  Picoté 
de  Belestre,  vir  litteratissimus  et  pretiosissima  librorum  collectione  dives,  divitias  hasce  litte- 
rarias,  auro  cariores,  viro  consultissimo  M.  Claudio  Joseplio  Prévost,  in  Senatu  Parisiensi  cau- 
sarum  palrono,  amico  suo,  dum  viveret,  fidelissimo,  legavit,  ut  in  Academia  Parisiensi  lillera- 
torum  usui  consecraretur.  Qui  quidem  M.  Prévost  commissam  fidei  suœ  bibliotliecam  Facultati 
medicinœ  concessit,  juxta  decretum  latum  die  k  julii  1783,  M.  Hyacintbo  Tbeodoro  Baron  pâtre 
decano.  Libris  M.  de  Belestre  accessere,  curis  ejusdem  M.  Prévost,  libri  D.  viduœ  Amelot. 

Huicce  librorum  collectioni  ex  liberalitate  M.  Philippi  Hecquet,  antiqui  Facultatis  decani, 

Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine,  manuscrits.  Voyez  ci-dessus,  p.  Ixli. 


64  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

adjuncta  est  nova  iibrorum  copia  ex  ejusdem  bibliotheca  deprompta.  Nostram  demum  biblio- 
thecam  pauiatim  adauxerunt  libri  numéro  multi,  iegati  aut  donati  a  MM.  Elia  Col  de  Vilars,  Hel- 
vetius,  Jaques,  Reneaume,  caeterisque  doctoribus  qui  opéra  sua  typis  demandata  ut  plurimum 
in  Facultatis  bibliotheca  reponi  curant,  unde  huic  quotannis  novae  fieri  possunt,  et  rêvera  fiunt 
accessiones. 

Verum,  ut  novis  deprœdationibus  nuUus  deinceps  daretur  locus,  Facultas  saluberrima  unum 
e  suis  doctoribus  bibliothecae  in  posterum  prœfecturum  fore  decrevit  anno  1787,  M.  Ludovico 
Claudio  Bourdelin  decano  :  qui  doctor  in  biennium  solummodo  eligitur,  quo  perfectissima  inter 
omnes  doctores  servetur  œqualitas.  Ut  autem  tôt  et  tantse  collegarum  liberalitates  in  publicum 
cédèrent  commodum,  publici  juris  factae  fuerunt,  M.  Josepho  Guillelmo  de  l'Epine  decano,  anno 
17/16;  statuitque  insuper  Facultas  saluberrima,  ut  bibliotheca  sua litteratis  ac  philiatris  pateret 
omnibus,  diebus  jovis  totius  anni  academici,  scilicet  à  die  ik  septembris  ad  diem  29  junii, 
cum  facili  Iibrorum  communicatione. 

Inter  tôt  libros,  multi  sunt  rari,  quidam  rariores,  alii  demum  rarissimi.  E  postremorum  nu- 
méro sunt  Thèses  in  saluberrima  Facultate  Parisiensi  propugnatae,  quarum  coUectio  servatur 
in  bibliotheca  ab  anno  iSSg  ad  nostra  usque  tempora,  nec  alibi  reperiunda.  Cui  pretiosissimae 
coHectioni  servandœ  ita  providit  Facultas,  ut,  decreto  18  octobris  1753,  tulerit  nemini  unquam 
commissuram  fore  uHam  partem  hujusce  collectionis ,  nisi  in  œdibus  ipsis  bibliothecae  dicatis 
et  praesente  bibliothecae  praefecto.  Quod  utinam  idem  etiam  valeret  decretum  quoad  raros  et 
rariores  ! 

Denique  cum  his  nuperrimis  annis  consliterit  multos  doctores ,  incuria  videlicet,  crédites  ipsis 
bibliothecae  libros  apud  se  retinere  per  longissimum  tempus,  decrevit  saluberrimus  Ordo,  die 
1 6  junii  1770,  hosce  doctores  mulctandos  fore ,  atque  in  posterum  emolumenta  iis  débita  persol- 
vere  pœnes  decanun»  non  fore,  usque  dum  commissos  ipsis  libros  in  manus  bibliothecae  praefecti 
reponerent. 

Dum  bibliothecae  Catalogum  instauro,  non  potui  temperare  mihi  quia  haec  omnia  cum  ad 
historiam  bibliothecae,  tum  ad  praefecti  Iibrorum  obligationes  spectantia  non  reticerem,  ut,  si 
quae  instituti  jam  ordinis  perturbatio  deinceps  irrepat,  haec  potius  redundet  in  praefectum  biblio- 
thecae quam  in  Ordinem  saluberrimum.  Nunc  vero  paucissima  subjungam  quae  ad  distributionem 
praesentis  Catalogi  attingunt. 

Hicce  Catalogus  digeritur  juxta  ordinem  authorum  alphabeticum;  qui  ordo  et  optimus  et  facil- 
limus  omnium  foret,  nisi  in  eo  sequendo  plurima  bibliographis  crucem  figèrent.  Adeo  certum 
est  nullam  esse  methodum  quae  ab  omni  parte  bona  dici  queat.  Inter  authores  numéro  pene 
dicam  infinités,  multi  sunt  qui  nullo,  multi  qui  falso  seu  potius  ficto,  multi  denique  qui  simili 
nomine  litteratis  quotidie  illudunt.  Sed  et  alii  sunt  non  pauci  qui,  mala  impulsi  libidine,  pa- 
truorum  nomina  latino  vel  graeco  verlere  idiomate  ausi  fuerunt,  unde  novae  creantur  bibliographe 
molestiai.  Hinc  liquet  quam  malefido  gressu  ineunda  mihi  fuerit  semita,  et  vepribus  hispida,  et 
syrtibus  lubriea,  et  scopulis  aspera  :  citoque  citius  manum  de  Tabula,  nisi  pluries  me  edocuisset 
experientia  a  labore  improbo  omnia  vinci  posse.  Itaque  insudavi  per  solidum  fere  annum  et  in 
detegendis  anonymorum ,  et  in  reformandis  pseudonymorum ,  et  in  distinguendis  homonymorum 
nominibus.  Non  is  tamen  sum,  fateor,  qui  omnis  oppido  erroris  immunem  me  prestitisse  putem; 
opus  inchoavi  quod  fortasse  caeteri  perficient.  Verum  si  alicujus  rei  insimulandus  sim  in  hac 
parte,  cuncla  tamen  ita  disponi  curavi,  ut  ex  lapsibus  meis  nullum  nasci  queat  incommodum. 
Sic  errores  si  non  onmino  tollantur,  saltem  minuentur  :  necmihiprobro,sed  l'ragilitati  humanae 
vertentur. 

Aulhores  omnes  appellandos  secundum  linguam  cujusque  vernaculam  primo  decreveram,  se- 
positis  illis  graecis  et  latinis  ({uas  induerant  larvis.  Verum  exinde  plus  detrimenti  quam  emolu- 


FACdLTK  DK  MKDECINK.  65 

menti  uasciliirmii  hicvi  aiiiiiio  (((iicepi ,  ciiin  iiotiora  siiil  iioiiiiiia  Campanellau  v.  jf.  qiiam 
Thoiiia'  (llocliellc;  Pordiilcis,  (|iiaiii  Hai  llioloinœi  Ponloux;  Scaligeri ,  (jiiatn  .lulii  vel  Joseplii 
(II'  rEclicHc,  elc.  Idcirco  lioniin  omnium  nomiiia  sorvavi,  sivc  mutuaronlur  a  jfiœcis,  sive  a 
latinis.  Non  idcn»  l'nil  do  authoribus  pscudonvmis  :  hos  appeilavi  et  secundum  nomina  tictitia  et 
secundiim  nomina  vora.  Homonymos  distinxi,  nomina  cognominibus  adjiciendo,  ut  iiutlus  sil 
errori  locns.  Tandom  anonymos  (piorum  nomina  expiscari  non  polui,  ordinavi  juxta  mate- 
riarum  ordinem. 


II. 


9 


FdC-simile  hëliographique. 


Plan  de  LacaïUe  (  1714  ). 


COLLÈGE  DE  TOURS. 


Révérend  Père  en  Dieu  Stephamis  de  Burgolio,  Etienne  de  Rourgueil,  archevêque 
de  Tours,  acheta  en  i333  une  maison  dans  la  rue  Serpente,  y  ajouta  une  cha- 
pelle et  y  installa  un  collège*'',  dont  les  écoliers  devaient  tous  être  originaires  de 
la  Touraine'-l  Ce  petit  établissement  eut  aussitôt  un  commencement  de  biblio- 
thèque. Nous  voyons  en  effet,  dans  les  Statuts  qui  lui  furent  donnés,  que  le  prin- 
cipal était  tenu  de  faire  dresser  l'inventaire  de  tous  les  livres  appartenant  au  col- 
lège; ceux-ci  devaient  être  enchaînés  dans  la  bibliothèque  et  ne  pouvaient  sortir 
delà  maison  sous  aucun  prétexte*^'.  Constatons  encore  que,  d'après  les  mêmes 
Statuts,  chaque  chambre  était  partagée  entre  deux  écoliers,  et  que  l'on  confiait 
une  Rible  au  plus  ancien  des  deux'*'. 

Ce  collège  fut,  en  1768,  réuni  à  l'Université. 


Dnboulav,  Historia  Universitatis  Parislensis, 
t.  IV,  p.  -2^0. 

J.  Dubreul,  Théâtre  des  nntiquitez  de  Paris, 
p.  5i8. 

rr  Item,  ordinamus  qiiod  de  omnibus  li- 

(rbris,  ornamentis  ecclesiae,  ustensilibus  et  aliis 
n- rébus  dictœ  domus  in  eadem  existentibus,  fiât  in- 
(fventarium. 

"Item,  nullus  mittat  ustensiba  et  vasa  extra 


'rdonumi,  neque  libres,  abqua  ratione  vel  causa.... 
r'Omnesque  iibri  collegii  incathenentur  in  iibraria, 
fut  nieiius  conserventur.  1 

"Item,  dictus  prineipalis  caméras  assignabit 
"Scolaril)us,  prout  sibi  melius  videbitur  faciendum. 
ffErunlque  duo  in  uno  cul)iculo,  et  anliquior  re- 
"ceptus  babebit  bibliotbecam  in  suo  cubiculo  exis- 
"tentein.-î  (FéHbien,  Hisloirc  de  Paris,  t.  III, 
[).  690  et  62 1 .) 


9- 


i 


! 


i 


i 
I 


Fac  iimile  héliograrhique. 


PUn  de  Jouvin,  de  Hochefort  (  1676  ). 


COLLÈGE  D'AUTLN. 


Ce  collège  doit  son  origine  à  Pierre  Bertrand,  qui  fut  successivement  conseiller 
au  Parlement  de  Paris,  chanceliei-  de  Jeanne  de  Bourgogne,  évèque  de  Nevers, 
puis  d'Autun,  et  cardinal.  Il  possédait  entre  la  rue  Saint-André-des-Arts  et  la 
rue  de  l'Hirondelle  une  maison  que,  dès  l'année  iBSy,  il  eut  l'idée  de  convertir 
en  collège.  Ce  généreux  projet  fut  réalisé  quatre  ans  après'');  le  cardinal  avait 
alors  acquis  plusieurs  propriétés  contiguës  à  sa  demeure  primitive,  et  il  les 
attribua  également  à  l'établissement  qu'il  créait.  Les  Statuts  qu'il  lui  donna  datent 
de  la  même  année;  un  des  articles,  le  vingt-troisième,  était  consacré  à  la  biblio- 
thèque, et  les  termes  dans  lesquels  il  est  conçu  prouvent  que  le  collège  possédai! 
déjà  des  livres,  et  que  le  fondateur  attachait  un  grand  prix  à  cette  petite  collec- 
tion :  rr  J'ordonne,  dit-iï,  je  règle,  j'arrête  et  je  prescris  que  tous  les  livres  pos- 
rsédés  par  les  boursiers,  et  tous  ceux  qu'ils  posséderont  à  l'avenir,  seront  déposés 
fret  conservés  dans  la  bibliothèque  de  la  maison;  ils  n'en  pourront  sortir  sous 
f  aucun  prétexte,  ni  être  prêtés  à  personne  i^ 

Le  neveu  de  Pierre  Bertrand,  Pierre  du  Colombier,  qui  fut  évêque  d'Arras  et 
cardinal ,  s'intéressa  vivement  à  cette  fondation  et  lui  fit  d'importantes  lil)éralités. 


.Taillot.  Ilcclicirlirs  crilicjiicf; ,  Instori'jues  rt  to- 
pograpliiqucs  sur  Pai  is ,  quartier  Saint- Aiidré-des- 
Arcs,  p.  1 3. 

^'  rFrœcipio  (}uo(jiie.  dis|)on()  ac  nrdino  et  sla- 
rrtiio  quoil  omnes  iihri  cloimis  ejiisdem,  qiios  lia- 


■'bent  el  liabel)nnt  in  poslei'iini,  ciisloiliaiitur  et 
rrteneanliir  iii  lihrarin  doimis  ipsiiis,  iiec  e\ti'a 
rrdomuin  eamdein  qtioquomodo  poiianliir,  vel  alicui 
-commodenlur. -  (Archives  de  I  Kiiipire,  série  M, 
carton  n"  8o.) 


TO  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Un  peu  pins  tard,  le  président  Oudard  de  Moulins,  mort  en  1898,  lui  légua  une 
somme  assez  considérable ''l  Ni  l'un  ni  l'autre  ne  semblent  lui  avoir  laissé  de 
livres,  et  pourtant,  à  la  fin  du  xv'=  siècle,  ce  petit  collège  possédait  une  des  biblio- 
thèques les  plus  nombreuses  et  les  mieux  organisées  de  Paris;  la  salle  qui  lui  était 
affectée  était  garnie  de  dix  tables  doubles,  de  chaque  côté  desquelles  on  pouvait 
s'asseoir,  et  qui  étaient  couvertes  de  livres  enchaînés.  La  liste  de  ceux-ci  est  com- 
prise dans  l'inventaire  de  tous  les  biens  meubles  du  collège,  qui  fut  dressé  en 
juillet  1/162  par  deux  conseillers  du  roi,  et  qui  est  aujourd'hui  conservé  aux 
Archives  de  l'Empire.  Il  a  pour  titre  ^'^^  : 


J.  Dubreul,  Tliealre  ries  antiquitez  de  Paris, 
p.  626. 

Iiii'cntfiire  des  biens  meubles  trouvez  en  l'oslel  du 
colttCfijC  d'Aiislun,  près  Saint  André  des  Ars  à  Paris. 
Commancé  à  faire  par  nous  Jehan  Gouge  et  Guillaume 
de  Vie ,  conseillers  du  Roy  notre  sire  en  sa  court  de 
Parlement  et  conniissaires  en  ceste  partie,  les  xxix' 
et  xA-x' jours  du  mo/js  de  Juillet,  l'an  mil  quatre  cens 
soixante  cl  deux.  Et  icellui  avons  parachevé,  ainsi 
qu'il  appert  par  la  conlinuacion  dudit  Inventaire,  les 


x'  et  ai'  jours  du  inoijs  d'Aoust  enssuivant,  audtlan 
mil  cccc  LAU. 

ffEt  premièrement  est  assavoir  que,  en  la  iibrai- 
rrrie  diidil  coliiége,  a  dix  bancs  doubles,  à  se  seoir 
(T d'une  pari  et  d'autre,  et  ung  poupitre;  esquelz 
fr bancs  et  poupitre  ont  esté  trouvez  encbaisnez 
fries  livres  qui  s'ensuyvent,  qui  sont  intitulez  sur 
ff  la  couverture  d'iceulx.  Desquelx  le  premier  s'en- 
f'suit. »  (Arcliives  de  l'Empire,  série  M,  carton 
n°  80.) 


COLLEGE  D'AUTUN.  71 

Immédiatement  après,  suit,  en  ces  termes,  le  catalop,ue  de  la  collection  du 
collège 

Questiones  libri  Pliisicorum  Alberti  de  Saxonia      Comiiiançant  ou  second  fiieillel  (ricelhii  : 
Accipitur, '5  et  finissant  ou  penuitiine  :  trPost  remissioneni.  n 

Item.  Liber  dictarum  universalinni.  Commaiiçant  ou  deuxiesme  fueillet  :  ffEl  nature, n  et 
finissant  ou  penuilime  :  tfSuniendi.'i 

Item.  Egidius super  libro  de  Anima'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  l'ueillet:  r-Ad  evidenriain 
et  finissant  ou  j)eniiltiine  :  rrinformavit.  r 

Item.  Textus  Etbicorum  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rPecudum,n  et  finissant  ou 
penuitiine  :  trNon  habet  for.  ii 

Item.  Priscianus  minor^^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  frVersum,ii  et  iinissant  on 
penultime  :  trVero  Vi.n 

item.  Tbomas  super  posterioruiu  et  de  Anima  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  -r  Vidua- 
rccionis,T7  et  finissant  ou  penultime  :  ffEst  levos.-n 

Item.  Philosophie  Aristotilice.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  trDictis,ii  et  finissant  ou 
penultime:  r  Corporels." 

Item.  Grecismus  glosatus  C*.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  ou  texte  :  ffCum  Igitur,  ii  et 
finissant  ou  penultime  :  rrQuerit.  ^ 

Item.  Textus  Logices  Orguani.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  frObmissis,n  et  finissant 
ou  penultime  :  ^De  dilTinita.n 

Item.  Textus  Logices  et  textus  Etbicorum Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  'fOmissis," 
et  finissant  ou  penultime  :  rrMinor  extremitas.  t)  (Non  reperitur.) 

Item.  Albertus  super  libro  Thopicorum  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  tcEum  nietite," 
et  finissant  ou  penultime  :  «Dici  at.n  (Non  reperitur.) 

Item.  Priscianus  minor.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  tr Super  astra  valis  ymago,ii 
et  finissant  au  penultime  :  «Ejusdem.» 

Item.  Textus  Aristotilis.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  ffPrimorum  sunt,ii  et  finissant 
ou  penultime  :  'fSepe.ii 

Prima  banca  dupla  a  parte  cappelle. 

Primo.  Questiones  super  primum  librum  Sententiarum  Incipiens  in  secundo  folio  : 
tf Taxa, 75  et  finiens  in  penultimo  :  «Eis.T)  (Non  reperitur.) 


Cet  inventaire  a  été  déjà  publié,  mais  avec 
de  très-nombreuses  variantes,  par  M.  H.  Cocheris, 
dans  son  excellente  édition  de  YHistoire  du  Diocèse 
de  Paris,  de  l'abbé  Lebeuf,  t.  III,  p.  agi. 

Commentaire,  encore  inédit,  sur  la  Physique 
d'Aristole ,  par  le  dominicain  Albert  de  Saxe. 

Gilles  Colonna,  dit  Gilles  de  Rome  [Mgidius 
Rouianiis) ,  général  de  l'ordre  des  Dominicains.  Un 
commentaire  sur  le  traité  De  anima  d'Arislote  a 
été  imprimé  à  Pavie,  ligi,  in-folio. 

Le  sixième  livre  de  VElhique  d'Aristote. 

On  appelait  ainsi  le  recueil  des  traités  les  plus 
élémentaires  du  grammairien  Priscien.  Ils  ont  été 
réimprimés  à  Leyde,  sous  ce  titre  :  Opéra  minora. 


Conniientaire  de  saint  Thomas  d'Aquin  sur 
deux  ouvrages  d'Aristote. 

Grœcismus ,  de  fguris  et  octo  partihns  or  ado- 
nis, sire  grammaticœ  regulœ  versilnis  lalinis  expli- 
calœ,  par  le  grammairien  flamand  Ebrard  de  Bé- 
thune.  Cet  ouvrage,  alors  très-répandu,  et  dont 
on  rencontre  de  nombreuses  copies,  a  été  imprimé 
en  1487. 

La  Logique  et  YEtliiqve  d'Aristote. 

Commentaire  d'Albert  le  Grand  sur  les  To- 
piques d'Aristole;  ils  sont  ordinairement  divisés  en 
huit  livres. 

Sur  les  Sentences  de  Pierre  fjombard  et  leurs 
commentateurs,  voyez  t.  I,  p.  1 G  et  17. 


72  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

lloii).  Concordaiicic  Biblie  Incipiens  in  secundo  folio  :  (-Ose,ii  et  finiens  in  penuitimo: 
"  Infères. 

Item.  Quidem  textus  Inslitute  sine  glosa  Incipiens  in  secundo  folio  :  c'Justicia,-n  et  finiens 
in  penuitimo  :  rDe  falsis." 

Item.  Quidem  liber  de  Actibus  proplietarum.  Incipiens  in  secundo  folio  :  rrMiclii,w  et  finiens 
in  penuitimo  :  tfJuda.ii 

Item.  Historia  scolastica Incipiens  in  secundo  folio  :  tcTantum,îi  et  finiens  in  penuitimo  : 
"Besijjnans.n 

Item.  Liber  Job.  Incipiens  in  secundo  folio  :  tr Maxime,"  et  finiens  in  penuitimo  :  rfNon 
r  vincit.  ri 

Item.  Epistole  Pauli.  Incipiens  in  secundo  folio  :  «Miror, "  et  finiens  in  penuitimo  :  -f  Au- 
"  le  m. 

Item.  Actus  Apostolorum.  Incipiens  in  secundo  folio  :  frDei,'5  et  finiens  in  penuitimo  : 
r  Amen.  r> 

Item.  Psalterium  glosatum.  Incipiens  in  secundo  folio  :  tr AImos,T>  et  finiens  iu  penuitimo  : 
Cornu, 

Item.  Sernio  beati  Augustini.  Incipiens  in  secundo  folio  :  trLacius,5i  et  finiens  in  penuitimo  : 
"  In  medio.  ^ 

Item.  Aliud  Psalterium.  Incipiens  in  secundo  folio  :  rrBono  in  se,n  et  finiens  in  penuitimo  : 
tt  Cylliara.  -n 

Item.  Invenlorium  Siruigie  Incipiens  in  secundo  folio  :  rr01ivaria,n  et  finiens  in  penui- 
timo :  crScropliuIatus.li 

Item.  Textus  Sentenciarum.  Incipiens  in  secundo  folio  :  (rSed,ii  et  finiens  in  penuitimo  : 
tr  Cul.  n 

Item.  Gesselinus  de'^'...  Incipiens  in  secundo  folio  :  trQuo  casu,"  et  finiens  in  penuitimo  : 
Petite,  n 

Item.  Liber  intitulatus  Aqua  super  Lucam.  Incipiens  in  secundo  folio  :  ffBend  ,11  et  finiens  in 
penuitimo  :  f  Universum.n 

Item.  Tabula  Pliisicorum.  Incipiens  in  secundo  folio  :  Colores, n  et  finiens  in  penuitimo  : 
••  Credunt.  n 

Item.  Liber  Hisloriarum  scolasticarum.  Incipiens  in  secundo  folio  :  ff  Posteriora ,  n  et  finiens 
in  penuitimo  :  ftNavis.n 

Item.  Tractatus  de  Jurisdictione  temporali  et  ecclesiastica  Pétri  Bertrandi  in  papiro.  Inci- 
|)iens  in  secundo  folio  :  fflnfersunt,n  et  finiens  in  penuitimo  :  rfPerlinet  ad.n 

SëCUNDA  15ANCA  DUPLA. 

S'en  suyvent  les  livbes  trouvez  ou  second  banc  double 

ENSUYVANT. 

Primo.  Ung  livre  appelle  Prima  pars  Apparatus  super  Sexto  et  Clementinis  domini  Pelri 


Voyez  l.  I,  p.  17,  note  10. 

Les  Inslilutes  de  Justinien. 

Voyez  t.  I,  p.  17,  note  9. 

Inventariuin  partis  chtrmgicalis  medicinœ ,  par 
Gui  de  Cliauliac.  iinj)riin('  pour  la  pi'eniière  l'ois 
en  1^90. 


Il  y  a  eu  ici  au  mot  oublié.  On  a  sans  doute 
voulu  désiyuer  Genseliniis  ou  Gancelinus  de  Gas- 
sanhis,  célèbre  jurisconsulte,  qui  fut  chanoine  de 
Béziers  et  professeur  à  Toulouse  et  à  Montpellier. 

Par  le  cardinal  Pierre  Bertrand,  fondateur 
du  collège.  Get  ouvrage  a  e'té  imprimé. 


COLLEGE  D'AUTUN.  73 

Berlrandi  Coiniuaiirant  ou  dcuxiesiue  fuoillet  :  rrDiclis,ri  et  finissaiil  ou  peiuilliuio  :  r-Ex 
rroventu.^ 

Item.  Tercia  pars  Apparatus  domini  Pétri  Bertrandi  super  Sexto  et  Cleineutini.s.  Coniiiiançant 
ou  deuxiesine  fueillot  :  rfOmnino  in  tex,r>  et  finissant  ou  penultimc  :  rfDoniinus.n 

Item.  Apparatus  doinini  Matliei  super  Clementinis  et  Paulus  de  Lazaris'"^'.  Commançant  ou 
deuxiesine  fueillet  :  'fTas,ii  et  finissant  ou  penultime  :  ffEi.»  (Non  reperitur.) 

Item.  Digeste  vieil.  Commançant  ou  deuxiesine  fueillet  du  texte  :  tcEis,Ti  et  Unissant  ou  pe- 
nultime :  tfEssent.  ^ 

Item.  Ung  livre  appelle  Azo'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  rtlla,^  et  finissant  ou 
penullime  :  ft  Valebit.  v 

Item.  La  Digeste  vieille  sans  glose.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  «De  marati,T5  et 
finissant  ou  penultime  :  frDoiiaverit.  11 

Item.  La  Digeste  nove.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrScripsit,:^  et  finissant  ou  penul- 
time :  frEst.  n 

Item.  Parvum  volumen  super  Jure  civili.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  trLaborc,'' 
et  finissant  ou  penultime  :  rrSacris.Ti 

Item.  La  Digeste  vieille.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  f^Non  vis,T)  et  finissant  ou  pe- 
nultime :  ffDi.n  (Non  reperitur.) 

Item.  La  Digeste  nove.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  «Paulus,"  et  finissant  ou  penul- 
time :  fQuod.ii 

Item.  Lectura'^'  Chini  super  C.'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  rrNitur,  n  et  finissant 
ou  penultime  :  r- Ypotliecam.i 

Item.  Lne  Inforsade Commançant  ou  deuxiesme  feuillet  :  ttSunt,fl  et  finissant  ou  penul- 
lime :  rr Probant.  1 

Item.  Textus  Cleinontinarum.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rOffîcio,T:  et  finissant  ou 
penultime  :  tcEum.Ti  (Non  reperitur.) 

Item.  Encores  une  Digeste  nove.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  «In  parte, w  et  finissant 
ou  penultime  :  trDemonstramus.  « 

Item.  Libellus  de  Blanesco'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  »r\o,ii  et  finissant  ou 
|)enultime  :  rr Intéresse. (Non  reperitur.) 

Item.  Bofredus Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrPrecor,  •n  et  finissant  ou  penultime: 
frDilectus.Ti 

Item.  Ung  Code  cum  glosa.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  frNobis,»  et  finissant  ou 
|)enultime  :  t  Accusatore.  n 

Tercia  banca  dlpla. 
S'en  suyvent  les  livres  trouvez  ou  tiers  banc. 
Primo.  Summa  Baymundina Commançant  ou  deuxiesine  fueillet  :  'fVigilia,ii  et  finissant 
ou  penultime  :  fflngratum.-i 

Sur  le  sort  qu'eurent  plusieurs  de  ces  ma-  Gino  de  Pistoie  mourut  en  1387.  L'ouvrage 

iiuscrits  dus  à  la  plume  de  Pierre  Bertrand,  voyez  désigné  ici  a  été  imprimé  en  ii83  sous  ce  titre  : 

plus  loin.  Quelques-uns  d'entre  eux  ont  cependant  Leclura  Cini  de  Pistorio  super  codice. 

été  reproduits  dans  la  Bibliothèque  des  Pères.  h'Inforliat. 

''''  Apparatus  super  Clementinis,  par  Paulus  de  Un  des  nombreux  ouvrages  du  savant  juris- 

Liazariis  ou  Leazariis.  consulte  Jean  de  Blanay. 

Le  jurisconsulte  Portius  Azon  jouissait  en-  Le  jurisconsulte  Rofredo,  né  à  Bénévent,  et 

core  à  cette  époque  d'une  très-grande  réputation.  professeur  à  Bologne. 

Voyez  t.  I,  p.  9  0.  note  1.  La  Somme  de  Raymond  de  Fenafort  sur  la 


74  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

Item.  Lcctura  antiqua  super  SexIo.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  r  et 

linissant  ou  penultime  :  ff  Januarii.  ^ 

Item.  Lectura  Guillermi  super  Ciementinis'''.  (joinniançant  ou  deuxiesme  fueillet:  rrXîP,-" 
et  finissant  ou  penultime  :  rrUt  supra,  n 

Item.  Summa  Confessorum '•^).  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  ffDe  inquisitionibus,^' 
et  finissant  ou  penultime  :  ffinani  se." 

Item.  Summa  Lamberti  super  Deci'cto.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  relus  naturale,Ti 
cl  finissant  ou  penultime  :  tr  Supra,  n 

Item.  Notabilia  Cbini  f^).  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrlieis,!-)  et  finissant  ou  penul- 
time: trUrbani.w  (Non  reperitur.) 

Item.  Henry  Boubic     en  deux  volumes.  Le  premier  commançani  ou  deuxiesme  fueillet  :  cr  Vel , 
et  finissant  ou  penultime  fueillet:  tfDe  illa;ii  et  le  second  volume  commançant  ou  deuxiesme 
fueillet  :  rrExcuset,n  et  finissant  ou  penultime  :  «Glosa  secunda.n 

Item.  .lohannes  André  en  quatre  volumes.  La  première  partie  commançant  ou  deuxiesme 
fueillet  :  ffCI,ii  et  finissant  ou  penultime  :  tfSi;"  la  seconde  partie  commançant  ou  deuxiesme 
fueillet:  fin  famam,')î  et  finissant  ou  penultime:  rrDuplica;  n  la  tierce  parlie  commançant  ou 
deuxiesme  fueillet  :  tfDe  Juda,T5  et  finissant  ou  penultime  :  tfUt;w  la  quarte  partie  commançant 
ou  deuxiesme  fueillet:  ttQui,n  et  finissant  ou  penultime  :  ttDii.ii 

Item.  Decretum  glosatuni.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  'tQuedani,ii  et  finissant  ou 
penultime  :  tr  Befrigeria .  ii 

Item.  Apparatus  domini  Guillermi  super  Clementinis.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  : 
trPossitjT)  et  finissant  ou  penultime  :  ttNotatarum.  iî 

Item.  Archidiaconus  f'''  super  Sexto.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  "Alias,"  et  finissant 
ou  penultime  :  fin  fi." 

Item.  Lectura  Lamberti  super  Decreto.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  trSub  uno,"  et 
finissant  ou  penultime  :  trGracianus." 

Item.  Compendium  Bubricarum.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  trLiberum,"  et  finissant 
ou  penultime:  trAdulter." 

QuARTA  BANCA  DUPLA. 

S'en  suyvent  les  livres  trouvez  ou  quart  banc. 

Primo.  Spéculum  juris'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  -f  Fides,"  et  finissant  ou  peind- 
time  :  tf  Invidiam.  " 

Item.  Apparatus  domini  Jobannis  André  super  Sexto Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  : 
trUt,"  et  finissant  ou  |)enultime  :  rrFuit."  (Non  reperitur.) 


pénitence  et  le  mariage;  elle  est  inédite,  quoi- 
(ju'elle  ait  été  savamment  commentée  au  xui°  siècle 
par  le  dominicain  Guillaume  de  Rennes. 

Probablement  YAppœmlus  Constilutionum  Clc- 
inentis  V,  par  le  bénédictin  Guillaume  de  Laon. 

On  connaît  une  nmltitude  d'ouvrages  qui 
portent  ce  titre;  il  est  donc  impossible  de  détenni- 
iier  lequel  on  a  voulu  désigner  ici. 

Voyez  ci-dessus,  p.  78,  note  5. 

Voyez  t.  I,  p.  5.5 ,  note  li. 

Certainement  un  des  ouvrages  du  célèbre 


canoniste  italien  Jean  André  sur  les  Clci/icntiiies  ou 
les  Décrétales. 

Soit  Guido  Baisius,  archidiacre  de  Bologne, 
un  des  pi  incipaux  commentateurs  des  Décrétales  ; 
soit  Guillaume  de  Cliampeaux,  archidiacre  de 
Paris,  dont  la  glose  sur  le  sixième  livre  des  Décré- 
tales fut  longtemps  célèbre. 

Sans  doute  le  Spéculum  judiciale  de  Guil- 
laume Duranti,  le  célèbre  évêque  de  Mende;  il  a 
eu  trente  éditions  de  ikq'i  h  1G68. 

Voyez  ci-dessus  la  note  5. 


COLLEGE  1)  AUTUN.  75 

Ut'iii.  Questiones  mercuriales.  Cominançans  on  (Iciixiesiuc  rueillet  :  crMultis,''^  cl  linissaiis  ou 
|)i'milliiiie  :  f'Oiiis.n  (\oii  repcritur.) 

lloin.  Questioiu's  Fredi'iici,  ou  papier,  (lotnmançaiit  ou  douxicsiiie  lueillol  :  frBeiiedicti,'i  el 
linissant  ou  peiuilliuie  :  ff  l'rebendas. 

Item.  Epislole  (llenieiilis.  Comniançaiit  ou  dcuxiesine  fueillel  :  fln,'i  el  llnissani  ou  |)('uul- 
tiuie  :  tf  Sub. 

Ueui.  Decreluui.  Comniançaiit  ou  deuxiesme  l'ueillel  :  ctTificuui,Tî  et  finissant  ou  [«inultiuie  : 
Omnium.  T) 

Item.  Lectura  Innocencii Commançant  ou  deuxiesme  (ueillet  :  rConsuetudo,'!  et  finissant 
ou  penuitime  :  trOuoniam.Ti 

Item.  Casus  Heinardi ''^L  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  ttUni,5i  et  finissant  ou  [)enul- 
linie  :  rr Appellacio. " 

Item.  ïextus  tocius  Juris  civilis.  Commançant  ou  deuxiesme  l'ueiHet  :  rrMateria  ,ti  et  (iiiissiiiil 
ou  penuitime  :  'tReminiscentibus. 

Item.  Suninia  llaymundi  i^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  f  Forte,  i  et  finissant  ou 
penullime  :  rCasibus.n  (Non  reperitur.) 

Item.  Apparatus  Jobannis  Andrée'*'  super  Sexto.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillel  : 
"(iumque  ad,-!  el  finissant  ou  penullime  :  rUti.ii 

Item.  Lectura  Arcliidiaconi  super  Sexto.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrNon,ii  et 
finissant  ou  penullime  :  « Necessarii.  » 

Item.  Lectura  Composlellani Commançant  ou  deuxiesme  fueillel  :  Tp'iiil,'!  el  finissant  ou 
penuitime  :  ttSine.  ■« 

Item.  Lectura  Autentiquorum Commançant  ou  deuxiesme  fueiifet  :  rcHiis,^-»  et  finissant  ou 
penuilinie  :  fDe  boc.  n 

Item.  Lectura  Goffredi  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrMago,i^  cl  finissant  ou 
penullime  :  ff  Propositum.^ 

Item.  Summa  GofTredi.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  ftErit,i5  et  finissant  ou  penuitime  : 
"  Absolvendus.  -n 

Item.  Textus  Sexti  Decretaliuni.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  rrHabere,^  et  finissant 
ou  penullime  :  tf  Suis.Ti 

Item.  Lectura  Innocencii.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  rflnter,n  et  finissant  ou 
penuitime  :  rrln  Fi.y> 

Item.  Libellus  Rofredi'*'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  ffUt,n  et  finissant  ou  |)enul- 
lime  :  f  -n  (Non  reperitur.) 

Ilem.  Textus  sexti  libri  Decrelalium.  Commançant  au  deuxiesme  fueillet  :  trAqua,'^  et  finissant 
ou  penuitime  :  trDignitalum.w 

QuiNTA  BANCA  DUPLA. 

S'en  suyvent  les  livres  trouvez  ou  cinquiesme  banc. 
Premièrement.  La  lecture  Hostiensis en  quatre  volumes.  Le  premier  commançant  ou 

Sans  doute  le  célèbre  commentaire  d'Inno-  Les  Novelles  de  Justinien;  c'est,  dit-on. 

cent  IV  sur  les  Décrétales.  Accurse  qui  leur  avait  donné  le  nom  dVfMfcw- 

C'est  le  commentaire  de  Bern.  de  Composleile  ihuptes. 

sur  \ei  Décrétales  :  (Àtsus  Bernardi  siipra  Décrétâtes.  Summa  super  tltul'ts  Decretaliuin  ,  par  le  ca- 

Voyez  ci-dessus,  p.  78,  note  9.  noniste  italien  Geoffroi  de  Trano. 

''^  Voyez  ci-dessus,  p.  y'i,  note  5.  Voyez  ci-dessus,  p.  78,  note  8. 

Encore  le  commentaire  de  Bernard  de  Com-  Il  s'agit  ici  du  cardinal  Henri  de  Bartholo- 

|)os[elle  sur  les  Décrétales.  meis,  plus  connu  sous  le  nom  d'Henri  do  Suze, 


76  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

deuxiesme  fueillet  :  trUt,''  et  finissant  ou  penuUime  :  frStatim;^  le  second  volume  comniance 
ou  deuxiesme  fueillet:  rSeva,"  et  finist  ou  penultime  :  rrinpi  le  tiers  volume  commance  ou 
deuxiesme  fueillet  :  trMentem,"  et  finist  ou  penultime  :  ffFu;w  le  quatriesme  volume  commance 
ou  deuxiesme  l'ueillet  :  trSalibus,T)  et  finist  ou  penultime  :  rrTimeant.w 

Item.  Summa  Hostiensis.  Commençant  ou  deuxiesme  fueillet  :  " Gracie, ti  et  finissant  ou  pe- 
nultime :  ffArpi.n 

Item.  Décrétales  antiques.  Commançans  ou  deuxiesme  l'ueillet:  rfBenius,n  et  finissans  ou  pe- 
nultime :  rrCujus.Ti 

Item.  Bosarium  super  Decreto'''.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  ffigitur, r»  et  finissant 
ou  penultime  :  ff  (juilibcl.  ti 

Item.  Decretales  glosate.  Commançans  ou  deuxiesme  fueillet:  fr  Prolapsus,  et  finissans  ou 
penultime  :  tfCanonice." 

Item.  Prima  et  tercia  pars  Apparatus  doniini  Pétri  Bertrandi  super  Sexto  et  Clenientinis. 
Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  'rGenerosissimum,Ti  et  finissant  ou  penultime  :  tcEleclis;" 
et  tercia  pars,  commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  ftConjujfati,^i  et  finissant  ou  penultime  : 
ftDilectus.  11 

Item.  Unum  Beperlorium  dudit  Pierre  Bertrand,  en  quatre  volumes.  Le  premier  commançant 
ou  deuxiesme  fueillet:  trDiaconum,i>  et  finissant  ou  penultime  :  rBone;"  le  second  volume  com- 
mançant ou  deuxiesme  fueillet  :  'rNon,ii  et  finissant  ou  penultime  :  rrinstimavi ; ri  le  tiers  volume 
commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rr  .  .  .  .  ,n  et  finissant  ou  penultime  :  tcOupicepi  le  quatiiesme 
volume  commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rr Sacerdoti,ii  et  finissant  ou  penultime:  ffPassio. n 

Item.  Leclura  Innocencii.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  "Demum,w  et  finissant  ou  pe- 
nultime :    Et  si.  -9 

Sexta  banca  dupla. 

ItKM,  ou  SIXlESMIi  BANC  ONT  ESTÉ  TROUVEZ  ET  INVENTORIEZ  LES  LIVRES  QUI  s'eN  SUYVENT. 

Premièrement.  Ung  livre  de  théologie  appelle  Compendium  théologie.  Commançant  ou 
deuxiesme  fueillet  :  trEt  1,15  et  finissant  ou  penultime  :  trDe  confessione." 

Item.  Ung  autre  livre  appelle  Methaphisica  et  Phisica  sancti  Thome  Commançant  ou 
deuxiesme  fueillet  :  rtQui,:?  et  finissant  ou  penultime  :  rfldeo.n 

Item.  La  Légende  dorée'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  fBria,"  et  finissant  ou  penul- 
time :  ff  Suljjugatus.  w 

Item.  Euvangelia  Mathei.  Commançant  ou  texte  du  deuxiesme  fueillet  :  ttFilii,ii  et  finissant 
ou  penultime  :  rcPontifici.n 

Item.  Summa  Egidii  de  Bonia  super  de  Generalione.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  : 
tfColorem,^  et  finissant  ou  penultime  :  frQuoniam.  n 

Item.  Summa  Raymundi.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  trin ,  ■><  et  finissant  ou  penultime  : 
tt  n  (Non  reperitur.) 

Item.  De  Regimine  principum  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  frDictis,T)  et  finissant 
ou  penultime  :  rflmmundi.ii 


qui  fut  un  des  plus  célèbres  canonistes  du  xm'  siè- 
cle; il  mourut  évèque  d'Oslie.  L'ouvrage  désigné 
ici,  le  Commentarius  in  epislolas  decrctalcs ,  a  été 
souvent  réimprimé. 

Titre  exact  d'un  ouvrage  de  Guido  Baisius. 

Ce  sont  les  commentaires  de  saint  Thomas 


d'Aquin  sur  la  Métaphysique  et  la  Plujsiqve  d'Aris- 
lote. 

Par  Jacques  de  Voragine  ;  très-souvent  réim- 
primée et  même  traduite  en  français. 

Egidio  Colonna ,  déjà  cité  plus  haut. 
Leplus  célèijre  des  ouvrages  d'Egidio  Colonna. 


COLLÈGE  D'AIJTUN. 


Ilem.  Habundancia  oxemploruni.  Comniançant  ou  deuxiesme  fuoillel  :  t  Ali(|uando,  n  cl  linis- 
saiit  ou  ponultimc  :  ttCredebaiil.'i? 

Itein.  De  aclis  et  de  exilio  bcali  Tbonie  Canluariensis in  papiro.  ComniançaiiL  ou  deuxiesme 
leuillet  :  ?rExis(ens,'i  el  finissaul  ou  peiiultime  :  rc Habundancia.  vi 

Item.  Epistole  de  sompno  Pbaraonis'^'.  Comniançant  ou  deuxiesme  fueillel  :  ffNemo,^  cl  linis- 
sant  ou  penullime  :  ttP.  a.-n 

Item.  Liber  Pbilosophoruni  moialium.  Comniançant  ou  deuxiesme  luciliet  :  'rFui,^  cl  finis- 
sant ou  penullime  :  rfCum.15 

Item.  Lucas  giosatus.  (^ommançant  ou  deuxiesme  tueiHet  :  rr  Scribere ,  n  et  finissant  ou  penul- 
lime :  frDe  liiis. ii 

Item.  Flores  Historiarum.  Commançant  ou  deuxiesme  lueillet  :  'rRcx,^  et  linissantou  penul- 
lime :  rrTum.  Il 

Item.  Secunda  Secunde  beati  Thome'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  iueillel  :  (tAd,T'  et  Unis- 
sant ou  penullime:  ccPer  edificalionem.'»  (Non  reperilur.) 

Item.  Prima  Summe  de  tbeologia.  Commançant  ou  deuxiesme  lueillet  :  frOuolibel,^  cl  linis- 
sant  ou  penullime  :  tr  Anime. ■» 

Item.  De  Miseria  condicionis  liumane'*'.  Commançant  ou  deuxiesme  Ineillel  :  r'\'ou,n  cl 
finissant  ou  penullime  :  tflnquit.ii 

llem.  Manipulus  llorum Commançant  ou  deuxiesme  lueillet:  frSunt,i5  et  Unissant  ou  pe- 
nullime :  rrNovit. 

Item.  Cronice  romanorum  Ponlificum.  Commançant  ou  deuxiesme  lueillet:  trSi,^'  et  finis- 
sant ou  penullime  :  fcMundi.n 

Item.  E{)islole  Senece''''.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  tfFinile,5)  et  finissant  ou  pe- 
nullime :  trQue.'n  (Non  reperilur.) 

Item.  Textus  Ethicorum  C'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  •rAliquid,w  cl  finissant  ou 
penullime  :  frNe.T) 

llem.  Textus  Sententiarum  Commançant  au  deuxiesme  fueillet  :  rrDe  ïrinitate,ii  et  finissant 
ou  [)enullime  :  tcGaudia.w 

Item.  Quesliones  Ethicorum.  Comraançans  ou  deuxiesme  fueillet:  tcMeta  lanquam,ii  et  finis- 
sans  ou  penullime  :  rrNe.^ 

Item.  Dislincliones  Mauricii Commançans  ou  deuxiesme  fueillet  :  'tAbissi,r)  et  finissans 
ou  penullime  :  frPonuntur. n 

Item.  Les  Sermons  saint  Bernard  Commançans  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrErgo,ri  et  finis- 
sans ou  penullime  :  rrLucla.ii  (Non  reperilur.) 

llem.  Sermones  sancti  Jacobi Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  ;fCensu,Ti  et  finissans 
ou  penullime:  ;rOrdines.T> 


Tbomas  Becket. 

L'exposition  sur  le  songe  de  Plumion,  par  Jean 
(le  Limoges,  moine  de  Clairvaux ,  a  été  souvent  im- 
primée. Daimoii  en  n  publié  l'analyse  dans  ïllistoire 
littéraire  de  la  France,  t.  XVIII,  p.  3c)3. 

La  seconde  seconde  de  saint  Thomas  d'Aquin. 

De  contemptu  mundi,  sive  de  iniseriis  liunianœ 
conditionis ,  par  le  pape  Innocent  III. 

'^^  Manipulus  forum ,  seu  historia  Mediolani ,  ah 
origine  iirhis  usque  ad  annuin  iSji ,  par  Galvaneo 
Fiamma. 


Sans  doule  les  \-ih  cpistohe  ad  Luciliitm. 
D'Aristote. 
<*>  Voyez  t.  I,  p.  lO. 

Dislinctiones  super  oninia  Jvre  nomina,  seu  die- 
lionarium  scripturw  divina- ,  j)ar  le  dominicain  irlan- 
dais Maurice.  Voyez  Xllistoire  Utiéralre  de  la  France, 
t.  XXI,  p.  182. 

On  possède  de  sainl  Bernard  3/io  sermons. 
Ce  sont  les  sermons  attribués  à  saint  Jacques 
de  Nisibe:  ils  ont  été  publiés  en  arménien  et  en 
latin. 


78  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Ilciii.  Quesliones  Phisicorum(^),  in  papiro.  Conimançans  ou  deuxiesme  fueiHet  :  (f  Quesilura , 55 
cl  liiiissans  ou  penultime  :  rrinnocens. 

llciu.  Pi'overbia  socratorum.  Commançans  ou  deuxiesme  fueiliet  :  «Que  constans,T)  el  finis- 
sans  ou  penultime  :  r  Adolescentia.n 

llem.  Quesliones  Adam Commançans  ou  deuxiesme  lueillel  :  rrEz,-o  et  finissans  ou  penul- 
time :  "  

llem.  Johannes  Ciisostomus.  Commanrant  ou  deuxiesme  fueiliet  :  ftlile,'^  et  finissant  ou  pe- 
nultime :  rtQui  sien 

Item.  Tractatus  de  Abstinencia.  Commauçant  ou  deuxiesme  fueiliet  :  (fMortem,^  el  finissant 
ou  penultime:  rrL.  I.  in  tabula. 

Septima  banca. 

Item,  ou  septiesme  banc  ont  esté  trouvez  les  livres  qui  s'en  suivent. 

C  est  assavoir  :  Piimus  Sentenliarum  secundum  Egidium  de  Koma.  Commançant  ou  deuxiesme 
fueiliet:  ffQuoniam  tacte,n  et  finissant  ou  penultime  :  ffSed  mereor  ergo.n 

Item.  Quartus  Sentenciarum  seu  Quolibeta.  Commançans  ou  deuxiesme  fueiliet:  tEx  hoc,n 
et  finissans  ou  penultime  :  fcEjus.15  (Non  reperitur.) 

item.  Prima  pars  Summe  sancti  Thome.  Commançans  ou  deuxiesme  fueiliet:  tf Opéra, et 
finissans  ou  penultime  :  a  Gênera. 

Item.  Une  Bible  abrégée  Pétri  Commestoris Commançant  ou  deuxiesme  fueiliet:  ffQuc 
■■lucem,"  et  finissant  ou  penultime  :  frOccidentem  triplieandum. ti 

Item.  ïertia  pars  Summe  sancti  Tbome.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiliet  :  trLor  et  est  ille,n 
et  finissant  ou  penultime  :  tcOperis.»  (Non  reperitur.) 

Item.  De  Proprietatibus  rerum'*'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiliet:  trTine  retenla,r)  et 
finissant  ou  penultime  :  trTatoris.^i 

Item.  Quartus  Sententiarum  sancti  Tbome Commançant  ou  deuxiesme  fueiliet  :  ffQuod,ii 
et  finissant  ou  penultime  :  ff  Supponitur.  n  (  Non  reperitur.  ) 

llem.  Secunda  Secunde  sancti  Tbome.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiliet:  te  Humana,"  et 
finissant  ou  penultime  :  rrMonito. (Non  reperitur.) 

hem.  Itinerarium  démentis  pape'**'.  Connnançant  ou  deuxiesme  fueiliet  :  rr  Ac  dilfinicionis,» 
et  finissant  ou  penultime  :  tfMisterium.r) 

Item.  Sermones  Innocencii  pape Commançans  ou  deuxiesme  fueiliet  :  trModum,"  et  finis- 
sans ou  penultime  :  ffVerba.n 

Item.  Secunda  Secunde  Tbome.  Connnançant  ou  deuxiesme  fueiliet  :  ff  Lumen,  et  finissant 
ou  penultime  :  trjudicem.n  (Non  reperitur.) 

Item.  Euvangelia  Jobannis  glosata.  Commançans  ou  deuxiesme  fueiliet,  ou  texte  :  "Et 
ffVerbum  erat,"  et  finissans  ou  penultime,  ou  texte  :  fcQuid  a  le.v 


>  D'Aristote. 

■  '  Quest.  qmdlibetales ,  par  Adamus  Hibernicus. 

'  '  G  est  Y  Hisloria  scolaslica  de  Pierre  Comestoi-. 
Voyez  t.  I,  p.  17. 

C'est  la  célèbre  encyclopédie  de  Barthélémy 
lie  Glaiiville;  il  en  a  été  f;iit  douze  éditions  entre 
1  'jyy  et  iltfjh.  Voyez  plus  loin  notre  notice  sur  la 
Itibliollièque  du  Uoi. 


Le  commentaire  de  saint  Thomas  (f  Aquin 
sur  les  Sentences  de  Pierre  Lombard  :  il  a  eu  cinq 
éditions  pendant  le  xv'  siècle. 

Ouvrage  attribué  à  saint  Clément.  (Voyez  t.  I  . 
p.  1 8,  note  9.) 

Ce  sont  certainement  les  Sermons  du  [)apc 
Innocent  \. 


C()LLli(;K  D'AUTUN.  79 

llem.  Medilaciones  Bernardi  Coiiimaiifaiis  ou  dciixiosiiic!  fïicillc^l  :  " Soctiiidiiiii , (.-l  liiiis- 
sans  ou  ])(nniUiine  :  ttPulciiludo.r) 

Ifem.  Tabula  circa  libros  saiicii  Tboiue.  Coniiuanranl  ou  douxicsirie  fucillt'l  :"Zai'ah,--  l4 
Unissant  ou  penultime  :  rfVcl  potentia.i 

Itoni.  Manipulus  (loin m.  Commanranl  ou  dcuxiosnic  lueilleL  :  rtFaclis,T)  et  linissanl  ou  pu- 
nullinic  :  ffDixi." 

Jk'ui.  Declaraliones  ditliciliuni  docloruni  in  LbeoIo<;ia.  (lonnnanrans  ou  d(ni\iesnit'  liicillel  : 
rSocunduni  quos,i5  et  finissant  ou  penultiinc  :  frGranunalico.'^ 

Ilcni.  Dyalogues  sancli  Gregorii  Comniancans  ou  deuxicsnu!  rucillct  :  -Vcnalii,  -  cl  (iiiis 
sans  ou  j)enullinio  :  tf  Desiderat. 

Item.  Textus  Sentenliaruni.  Conniiançant  ou  deuxicsnii;  l'ueillet  :  rrUlruni,ii  et  linissanl  ou 
penultime  :  «Lucem.ii 

llem.  Hisloiia  scolasiica.  Commançant  ou  deuxiesme  l'ueillet  :  'fUe  creatione,--  etfinissanl  ou 
penultime  :  fr  Priora.  -o 

Item.  Prima  pars  Sunnne  de  Théolojjie.  Conunançant  ou  deuxiesme  fueillel  :  ••  Dignilalem, ^ 
et  finissant  ou  penultime  :  trAlimenti.n  (Non  reperitur.) 

Item.  Prima  Secunde,  cum  Sunnua  contra  Gentiles'^',  in  uno  volumine.  Commançatil  oi; 
deuxiesme  lueillet  :  r  Ad  seplinuim,-^  (!l  finissant  ou  penultime  :  "Per  ven.'i 

Item.  (Juesliones  antique  super  librum  Senlenciarum.  Commaneans  ou  deuxiesme  l'ueillet: 
(fVel  aliquod,Ti  et  finissans  ou  penultime  :  frDispensandum.  11 

Item.  Liber  Calholicon Commançant  ou  deuxiesme  l'ueillet  :  ff  AulTero.  abstuli,'"  et  finis- 
sant ou  penultime  :  "Sic  circumspectus.  11 

Item.  Quedam  leclura  Senlenciarum.  Commançant  ou  deuxiesme  rneillet  :  tIu  foro  peui- 
fftencie,fl  et  finissant  ou  penultime  :  rrQuod  continualur  in  eis  sic. 

Ottava  banca. 

ItRM,  en  UUITIESMK  BANC  ONT  ESTli  TROUVEZ  LES  LIVRES  QIH  s'eN  SUVVENT. 

C'est  assavoir  :  Liber  Moi-alium  Gregorii'^)  super  .lob.  Commançant  ou  deuxiesme  l'ueillet  : 
" Solitarius,Ti  et  finissant  ou  penultime  :  rrMala.n 

Item.  Tractatus  de  Kxempcione.  Conunançant  ou  deuxiesme  l'ueillet:  rEciam  monere,^  el 
finissant  ou  penultime  :  "Cum  causis.n 

Item.  Soliloquium  Augustini  beati  cum  pluribus  aliis  tractatibus.  Commançant  ou  deuxiesme 
feuillet  :  rcParo,'!  et  finissant  ou  penultime  :  trEligere. n 

Ileu!.  Ex|)osilio  Canliqua  Canli(|uorum'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  lueillet  :  r:SulIiniis,r  et 
finissant  ou  penultime  :  rcVilare.11 

Item.  Repertorium  beati  Gregorii.  Commançant  ou  deuxiesme  lueillet  :  tc"  xix",  n  el  finissant 
ou  penultime  :  'rTenebra.^i 

''  Sans  doute  le  recueil  des  douze  trait('s  tliëo-  niiensis;  il  a  eu  une  nndlitiule  d'éditions  sous  ce 

logiques  ou  moraux  de  saint  Bernard.  titre  :  Siinima  graiinnitliralis  vahle  nolnhilis  qua- 

Ouvrage  faussement  attribué  à  saint  Gré-  fY(///o//co)i c'est  une  véritable  encyclopédie 

goire.  (\  oyez  t.  I,  p.  17,  note  H.)  des  connaissances  humaines  au  xui"  siècle. 

La  première  SECONDE  de  saint  Thomas  (l'Aquin  C'est  le  commentaire  à  la  fois  historique  et, 

el  son  célèbre  Suiiiimi  catliolicœ  fidei  contra  (lentiles.  allégorique  fin  pnpe  Grégoire  1"  sur  le  livre  de  Job. 

Ce  dernier  ouvrage,  imprimé  cin(j  fois  pendant  le  Les  Sollhqiirs  de  sainl  Augustin  sont  divisés 

w"  siècle,  a  élé  louldernièrcmenl  traduit  en  français.  en  deux  livres  ;  ils  furent  composés  en  087. 

Ouvrage  de  Jean  deBalbi.  dit  Johanne-i  Ja-  Peut-être  d'Isidore  de  Séville. 


80  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

Ileni.  Summa  Thome  contra  Gentiles.  Commançanl  ou  deuxiesme  fueiliel  :  fr  Consideratio , 
et  finissant  ou  penultime  :  frPer.  | 

Item.  Divei'si  libri  beali  Augustin!.  Coramançans  ou  deuxiesme  fueiiiet  :  tfScire,i>  et  finissans  | 
ou  penultime  :  (fGratia.'w 

Item.  Sermones  domini  Pétri  Bertrandi.  Commançans  ou  deuxiesme  fueiiiet:  ttDilectus,'- 
et  finissans  ou  penultime  :  ff  Circumveniamus.  ii 

Item.  Qiiedam  Expositio  psalteriiad  modum  sermonum  in  parvo  volumine,  usque  ad  ilium 
psalmum:  tfOui  régis  Israël,  intende,  etc.n  Incipiens  in  secundo  folio:  ftNominum  psalterium, n 
etfiniens  in  penultimo  :  fflla  ab  uno.  n 

Item.  De  Exemplis  Sancte  Scripture '2>.  Commançanl  ou  deuxiesme  fueiiiet  :  fltem  sanavit,-^ 
et  finissant  ou  penultime  :  rrYsaac.-n  (Non  reperitur.) 

Item.  Tercius  summarum  Tbome.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiiiet  :  ffQui  sic,n  et  finis-  i 
sant  ou  penultime  :  rrPost.w  (Non  reperitur.) 

Item.  Concordancie  Biblie Commançant  ou  deuxiesme  fueiiiet  :  rrPharisei  consilium,^  et 
finissant  ou  penultime  :  t  Induit  rex.  n 

Item.  De  Civitate  Dei,  seu  Expositio''*'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiiiet  :  rrBe  iterum,n  et  j 
finissant  ou  penultime  :  trAnimum.w  j 

Item.  Questiones  super  potestate  apposiolorum.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiiiet  :  ctHiis,-^  j 
et  finissant  ou  penultime  :  crVerum.ii 

Item.  Textus  glosatus  super  Job Commançanl  ou  deuxiesme  fueiiiet  :  rrErranti,'^  et  finis- 
sant ou  penultime  du  texte  :  rrNobis  amen.fl 

Item.  Prima  pars  Speculi  historialis Commançant  ou  deuxiesme  fueiiiet  :  '-Plicandum,!! 
et  finissant  ou  penultime  :  tr  Coma,  -n 

Item.  De  Civitate  Dei  Augustini.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiliel:  ff Postulat, 'î  et  finissant  j 
ou  penultime  :  rrTenuimus.:?  (Non  reperitur.)  i 

Item.  Statuta  collegii Commançant  ou  deuxiesme  fueiliel:  «  Opperibus,^  et  finissant  ou  j 
])enullime  :  rrProcuralor.  ^  I 

Item.  Racionale  divinorum  officiorum'^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiliel  :  ffSic  igitur,  n 
et  finissant  ou  penultime  :  ffinvenitur.  t»  'Î 

Item.  Jobannes  Damascenus.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiliel:  (fSic  igilui, ■«  et  finissant 

ou  iienultime  :  ttAlium.'i  i 
....  ...  .  I 

Item.  De  Trinitate  Augustini Commançant  ou  deuxiesme  fueiliel  :  ftLecturas,r.  et  finissant 

ou  penultime  :  trFugit.^ 

Item.  Régule  beatorum  Benedicli  et  Augustini Commançanl  ou  deuxiesme  fueiliel: Mo. i 
et  finissant  ou  penultime  :  wObedienciam.Ti 

Item.  Aurelii  Aug.  Gan'^^'.  Commançanl  ou  deuxiesme  fueiliel:  frDe  luce,  11  et  finissant  ou 
penultime  :  tfNisi  mc" 

Par  Jean  de  Limoges ,  moine  de  Clairvaux. 

Ouvrage  de  Nicolas  de  Hannapes,  le  dernier 
des  patriarches  latins  de  Jérusalem;  il  a  étë  publié 
en  1 533  sous  ce  titi-e  :  Virtutum  viliorumque  exempla 
ex  sacris  liltcris  excerpla. 

Voyez  t.  I,  p.  17. 

Le  traité  de  saint  Augustin. 

Ce  commentaire  peut  être  attribué  soit  à 
saint  Thomas,  soit  à  Pierre  de  Blois,  soit  à  Pierre 
de  Chartres. 


Parle  dominicain  Vincent  de  Beauvais,  lecteur 
de  saint  Louis  et  précepteur  de  ses  fîls. 
Ils  dataient  de  i36i. 

Titre  exact  du  célèbre  ouvrage  de  Guillaume 
Duranti ,  évêque  de  Mende. 

Ce  traité  est  divisé  en  1 5  livres  ;  il  se  trouve  dans  ■ 
le  tome  VIII  des  OEuvres  complètes  de  saint  Augustin .  1 
('°)  Voyez  t.  I",  p.  18,  note  5.  ' 
Sans  doute  un  ouvrage  de  saint  Augustin,  ' 
dont  le  prénom  était  Aurelius.  1 


COLLEGE  D'AUTUN.  81 

Item.  Postilla  super  Cantica  Canticorum.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiHel:  rr  Sacra  Scrip- 
tura,»  et  finissant  ou  penulliinc  :  ttEt  magis.fl 

Item.  Liber  de  Unitate  catholice  fidei.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiHet  :  «Consideracio," 
et  finissant  ou  penultime  :  «Per.»  (Non  reperitur.) 

Item.  Textus  Summarum.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  tr  Facultatem ,  w  et  finissant 
ou  penultime  :  ftMo.Ti 

Item.  Sermoncs  Pétri  Damiani  et  Epistole  ejusdem'^',  in  papiro.  Commançant  ou  deuxiesme 
fueillet  :  trTunc  suscifavit  ,7)  et  finissant  ou  j)enultime  :  «•  Potenciam.  n 

NoNA  BANCA. 

Item,  ou  neufviesme  banc  ont  esté  trouvez  les  livres  qui  s'en  suyvent. 

Primo.  Milleloquium  Aujjustini  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  (fDqlce,i5  et  finissant 
ou  penultime  :  rt  Salomon, 

Item.  Prima  pars  Milleloquii  Augustini.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  ff  Ecclesiam ,  ^ 
et  finissant  ou  penultime  :  crExponi.  ■» 

Item.  Ung  livre  appelle  Epistole  canonice  Jacobi^^K  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet,  ou 
texte  :  trNichil,T)  et  finissant  ou  penultime  :  ttEt  auge.n  (Non  reperitur.) 

Item.  Liber  de  Doctrina  fidei Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrVitatis,Ti  in  textu,  et 
finissant  ou  penultime  :  trQui.'" 

Item.  Epistole  Pauli*^'.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet,  en  glose  :  tr Proprias, n  et  finis- 
sant ou  penultime  :  trEoquo.^i 

Item.  Concordancie  sine  originale  Andrée  de  Cultili.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  : 
«Obedienciam,n  et  finissant  ou  penultime  :  frServire.r» 

Item.  De  Laudibus  Marie,  cum  pluribus.  Commançans  ou  deuxiesme  fueillet  :  te  Vos  autem,iî 
et  finissans  ou  penultime  :  trZaca.x 

Item.  Genesim  glosatam.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet,  ou  texte  :  «Celum,?'  et  finissant 
ou  penultime  :  rtTabernaculum.n 

Item.  Sermones  beati  Augustini'^'.  Commançans  ou  deuxiesme  fueillet  :  cfUt  erraverit,n  et 
finissans  ou  penultime  :  rtCum  contra.  75 

Item.  Le  premier  et  second  volume  de  la  Bible.  Le  premier  commançant  ou  deuxiesme 
fueillet:  trSecula,"  et  finissant  ou  penultime  :  frMortem;i  le  second  volume  commançant  ou 
deuxiesme  fueillet  :  rtEorum,T)  et  finissant  ou  penultime  :  "Et  men.ii 

Item.  Textus  Biblie  secundum  antiquam  translacionem.  Commançant  ou  deuxiesme  fueiliel  : 
r  Apperit,T)  et  finissant  ou  penultime  :  t?  Vo.w 

Décima  banca. 

Item,  et  ou  dixiesme  et  derrenier  banc  ont  esté  trouvez  les  livres  qui  s'en  suyvent. 
Et  premièrement.  De  Lyra,  en  troys  volumes      très  beaulx.  Le  premier  volume  commançant 
ou  deuxiesme  fueillet  :  tt  Questionibus,''  et  finissant  ou  penultime  :  tfExecucione;"  le  deuxiesme 


Les  Sermons  et  les  Lettres  du  cardinal  Pierre 
Damienou Damiani,  imprime'sen  i642eteni663. 

Par  Barthélémy,  évêque  d'Urbin.  Il  a  été  im- 
primé en  iblili  ;  ce  sont  des  pensées  extraites  des 
œuvres  de  saint  Augustin,  et  classées  par  ordre 
alphabétique. 

La  célèbre  Epîlre  encyclique  attribuée  à  saint 
Jacques  le  Mineur. 


Peut-être  le  traité  de  la  Doctrine  chrétienne 
de  saint  Augustin. 

Les  Épîtres  de  saint  Paul. 

Les  Sermons  de  saint  Augustin ,  au  nombre 
de  près  de  700,  forment  le  tome  V  de  ses  OEuvres 
complètes. 

c  Ce  ne  peut  être  que  son  célèbre  commentaire 
sur  la  Bible.  Voyez  t.  I,  p.  i3,  note  1. 


II. 


82  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

\olume  commançant  ou  deuxicsme  f'ueillet  :  tfOniuia  sint,r)  et  finissant  ou  ponulliinc  :  ttSalis- 
frlacioncm;'!  et  le  Iroisiesme  volume  commançant  ou  deuxicsme  l'ueiliet  :  e Sationis,ii  et  finissant 
ou  penullimo  :  frEt  di;n  et  sont  touz  cscripz  d'une  main. 

Item.  Le  Diclionari  en  troys  volumes  escripz  de  lettre  courant.  Le  premier  volume  comman- 
çant ou  deuxiesme  l'ueiliet  :  rrVi  et  alibi,'!  et  finissant  ou  penullimo  :  rfDominus;r)  le  deuxiesme 
volume  commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  rrFacta  sunt,Ti  et  finissant  ou  penultime  :  « Homi- 
num;:î  et  le  tiers  volume  commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrFantibus.r)  et  finissant  ou  pe- 
imltime  :    Transi vi t. 

Item.  Textus  Sentenliarum.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  trNos  enim,w  et  finissant 
ou  penultime  :  trinvenit.  t> 

Item.  Formularium  litlerarum.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrNecesse,^  et  finissant 
ou  penultime  :  ftlllam.n 

Item.  De  Verbis  domini  beati  Augustini.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  rrDixit,w  et 
finissant  ou  penultime  :  rrNon  credunt.n 

Item.  Calholicon'^).  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet:  «In  T.  dcsinens,i:  et  finissant  ou 
[)onultime  :  rrllle  ab.x 

S'en  suyvent  autres  biens  trouvez  en  la  chappelle  dudit  collieoe  comme  coffres, 

LIVRES  d'église  ET  AUTRES  CHOSES. 

Et  premièrement.  Ung  cofl're  de  noyer  d'environ  quatre  piez,  en  serrure  et  sans  clefz. 
Item.  Ung  autre  coffre  de  cbaigne'^'  assis  emprès  l'autel  à  couste'  senestre,  long  de  quatre  piez 
ou  environ. 

Item.  Ung  autre  coffre  de  noyer,  derrière  l'autel  dessus  dict  assis,  ouquel  on  met  le  missel  et 
le  calice  là  où  on  cbanto  chascun  jour,  lequel  coffre  a  de  longueur  quatre  piez  ou  environ. 

Item.  En  la  dicte  chapelle  ont  este  trouvez  ung  Bréviaire,  enchesné  ou  poupitre  de  la  senestre 
partie  de  la  dicte  chappelle.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  du  psaultier:  rt  Corde, et  finis- 
sant ou  penultime  :  trlnestimabiles.^ 

Item.  Ung  autre  Bréviaire  de  demy  temps,  noté,  pareillement  enchesné  oudict  poupitre.  Com- 
mançant ou  deuxiesme  fueillet  du  psaultier  :  tf  Permanebunt,"  et  finissant  ou  penultime  :  fr  Sicut.  -n 

Item.  En  l'autre  poupitre,  de  l'autre  cousté  de  la  dicte  chappelle,  ungBreviaire  de  demy  temps. 
Commançant  ou  second  fueillet  :  rr Miserere, 75  et  finissant  ou  penultime  :  ttManus.Ti 

Item.  Ung  Psaultiei'  glosé,  enchesné  oudict  poupitre.  Commançant  ou  troisiesme  fueillet:  rtSur- 
ffgunt  impii,w  et  finissant  ou  penultime,  in  textu  :  tfDominum.n 

Item.  Ung  Bréviaire  noté,  enchesné.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  du  psaultier  :  t  Audi- 
mil, r  et  finissant  ou  penultime  :  fr  Requestam.  w 

Item.  Ung  livre  des  Passions,  noté.  Commançant  ou  second  fueillel  de  la  Passion  :  rtEtilli,^ 
et  finissant  ou  penultime  :  crimpleretur. 

Item.  Deux  Grès'*)  à  chanter,  notez.  Le  premier  commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  ff  Am,Ti  et 
finissant  ou  penultime:  frCon;T)  et  l'autre  commançant  ou  second  fueillel  :  rrPervenit,  a  et  finis- 
sant ou  penultime  :  rr Honestalis.  a 

Item.  Ung  demy  temps  d'anliphone,  noté.  Commançant  ou  deuxiesme  fueillet  :  "Pro  ut, 71  et 
finissant  ou  penultime  :  trErat  in.n 

Item.  Les  Cantiques.  Connnançans  ou  troisiesme  fueillet  :  "In  mandatis,'"  et  finissant  ou 
[)enultime  :  rcVincula;^  et  n'est  pas  complet. 

Voyez  ci-dessus,  j).  79,  note  h.  L'ancienne  langue  disait  Grael,  Greal,  Grerl, 

Voyez  ci-dessus,  p.  79,  note  h.  Grh,  pour  Graduel. 

De  chêne. 


COLLKCK  D  AIJTUN.  83 

llom.  l  iijf  PsaullicT,  ciiclicsiic'  en  l'aulrc  poiipiln;.  Coiniiiançaiil  ou  second  l'ueillel  :  ffTalem,n 
et  finissaiil  ou  pemilliino  :  rduiii.i- 

Ilein.  Ung  petil  Missel  à  fermouers  (l'aqfeiit.  (loiuinançaul  ou  second  fueillet  :  frEt  m\v  et 
finissant  ou  penullinie  :  r  Ab  onini  in(]uiiianiento.  n 

hem.  Uny  autre  «frand  Missel.  Coniniançant  ou  second  fucillel:  ff  llonoribus,!^  et  finissant  ou 
penullinie  :  tr  Interna  pocius.n 

Item,  {ju^  Prosel  ''  noié.  Conuiian^-ant  ou  second  fueillet  :  fSuperaj-o  et  finissant  ou  penul- 
linie ;  rPervenitur.  11 

Item.  Deux  chandeliers  moyens  de  cuyvre,  cslans  sur  ledicl  autel  et  servans  cotliidienne- 
inent  à  icellui. 

Ileni.  Ung  autre  petit  chandelier  de  cuyvre. 

On  voit  que  le  cardinal  Bertrand  avail  léjjiié  ses  ouvrages  au  collège.  La  plu- 
part des  autres  manuscrits  avaient  certainement  été  achetés  des  deniers  de  la 
Maison.  On  conserve,  en  etl'et,  aux  Archives  de  l'Empire,  treize  quittances  écrites 
sur  parchemin,  et  qui  sont  aussi  précieuses  pour  fhistoire  littéraire  du  xv*^  siècle 
que  pour  l'histoire  particulièi'e  du  collège.  Nous  les  reproduisons  textuellement, 
en  nous  contentant  de  les  classer  par  ordre  de  dates 


Offrait  ^  f^-^^^-^^jC^C^  oa^i^î..».»^  .-vw  .|!^-UWt-/v»<^>^G^ 


'  <i  —        — ^ — 


Ego  Johannes  Versoris,  presbiter  Sagiensis  diocesis'^',  confileor  vendidisse  venerabilibus  ma- 
gistris  de  collegio  Augustodunensi  Quartum  scripti  sancti  Thome,  sic  incipientem  in  îî"  folio  : 
rPotestpatere, T)  et  in  penultimo  ante  tabulam  sic  finientem  :  tr Egredientium  intelligibilia;5i  item, 
primam  parlem  Sunime  dicti  doctoris,  in  2°  folio  sic  incipientem  :  rrHumanos  ordinal, et  in 
penultimo  ante  tabulam  sic  linientem  :  «Quia  sic  corani  homineni,^  pro  precio  viginti  octo 


On  nomme  prose  le  chant  rimé  qui  se  dit 
avant  f  Évangile  les  jours  de  l'êtes  solennelles. 

frJe  Andry  Le  Musnier,  libraire,  et  l'un  des 
«quatre  principaux,  congnois  et  confesse  avoir  vendu 
raux  niaistres  et  escoliers  du  collège  d  Autun,  de- 
ifvant  saint  Andry  des  Ars,  le  tiers  livre  de  l'escript 
-de  saint  Thomas.  Lequel  livre  ce  comiiiance  an 
"Second  feilliet  :  irErat  creabile.r  et  Ihiissant  au 


r  penullinie  feiUiet:  ffRespicit  pe;''  pour  le  pris  est 
trsomme  de  quatre  escus  et  demy;  laquelle  somme 
trj  ay  receu ,  et  m'en  liens  pour  copiant.  El  le  promet 
rrgarenlir  envers  tous  et  contre  tous;  lesmoing 
frmon  signet  manuel  cy  mis  le  i\°  jour  de  mars  mil 
rrcccc  Lxvii.  Andry  LE  MusNiER.  n  (Archivcs  de  TEm- 
pire,  sërie  M,  carton  n°  80.) 
Le  diocèse  de  Sëez. 


Sli  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

scutorum,  que  ab  eis  recepi  per  dominum  principalem  dicli  collegii,  et  promisi  dicfos  liljros 
erga  omnes  guarantisare,  teste  meo  signo  hic  apposito.  lo"  martii,  anni  1467. 

Versoris. 

Ego  Laurencius  Pouirelli,  presbiter,  principalis  bideilus  Facultatis  théologie  Parisiensis  Uiii- 
versitatis ,  confiteor  vendidisse  venerabiiibus  magistris  et  scolaribus  collegii  Eduensis  Questiones 
de  potentia  Dei  sancti  Thome,  sic  incipientes  in  secundo  folio  :  t-Modum  intelligendi  ,r)  et  in  pc- 
nultimo  ante  tabulam  sic  finienles  :  rtA  nulla  aVia.v  Item,  Questiones  de  malo  et  virtutibus  in 
conimuni,  in  eodem  volumine,  dicti  doctoris,  sic  incipientes  in  9"  folio  :  ff  Actionem  nec,n  et 
finientes  ante  tabulam  in  penullimo  folio  :  rrHumanitas;5i  precio  decem  scutorum  ambos,  que  ab 
eis  recepi  per  manus  magistri  Guillelmi  Ericii,  et  promicto  dictoslibros  erga  omnes  garentizare, 
teste  signo  meo  manuali  hic  apposito.  Anno  Domini  millcsimo  quadringenlesimo  sexagesimo 
seplimo,  die  vero  vicesinia  tercia  mensis  marcii. 

L.  POLTRELLI. 

.le  Pasquier  Bon  Homme,  l'ung  des  quatre  principaulx  libraires  de  l'Université  de  Paris,  con- 
fesse avoir  vendu  aux  maistre  et  escoliers  du  collège  d'Aulun  une  Nouvelle  .lehan  Andre'e'"  sur 
le  Sexte,  avec  les  Mercuriales  d'iceluy,  tout  en  ung  volume;  commencent  ou  second  fueiilet  : 
rflmmutat,i5  et  finissent  ou  penultime  :  frGloria  super;T)  pour  le  pris  et  somme  de  treize  escus; 
la  quelle  somme  j'ay  receu,  et  m'en  tieng  pour  content  et  bien  payé,  et  promès  iceulx  desus- 
nommés  envers  tous  et  contre  tous  garentir.  Item,  depuis  j'ay  recou  dix  sols  pour  avoir  relié  la 
première  partie  saint  Thomas  et  pour  avoir  garny  le  Quart  dudict  saint  Thomas,  tesmoing  mon 
signe  manuel  cy  mis.  Le  xxiiii"  jour  de  mars  avant  Pasques  mil  cccc  lxvii. 

Bon  Homme. 

Ego  Johannes  Marescali,  in  artibus  magister  et  injure  canonico  licentiatus,  conliteor  vendi- 
disse magistris  et  bursariis  collegii  Eduensis,  fundati  Parisius,  quasdam  Decretales  incipientes 
in  secundo  folio  anteriori,  in  textu  :  frEt  illa  non  est  generans  neque  genita,n  et  finientes  in 
penultimo  folio  :  rrln  diocesi  tua  vaca;"  pro  precio  et  summa  viginti  sex  scutorum  auri,  (|uaiii 
confiteor  récépissé,  ac  de  eadem  quitto  dictos  magistros  et  bursarios,  et  garanlisare  promitto 
adversus  quoscumque,  teste  signo  meo  manuali  hic  apposito.  Anno  Domini  millésime  cccc"  Lxvni", 
die  prima  mensis  junii. 

Marescali. 

Ego  Bellengarius  Mercatoris,  presbiter,  magister  in  Iheologia  ac  magister  venerabilis  collegii 
.lusticie,  diocesis  Rothomagensis  oriundus,  confiteor  vendidisse  venerabiiibus  magistro  et  scolari- 
bus bursariis  collegii  Eduensis,  Parisius  fundati , quatuor  scripta  Johannis  Scoti, quorum  primum 
iiici])it  in  secundo  folio  :  «N.  .  .  .  esl,-n  et  finit  in  penultimo  :  trSed  non;n  item,  secundum 
incipit  in  secundo  folio  :  tfVerbo  et,n  et  finit  in  penultimo  :  frNon  vult;»  item,  tercium  incipit 
in  secundo  folio  :  ^El  infinitas,T)  et  finit  in  penultimo  ante  tabulam  :  f^Nova  in  quantum  pi 
ilem,  quartum  incipit  in  secundo  folio  :  rrPeccator  est,n  et  finit  in  penullimo  :  «Prêter  illum.-^ 
Et  hoc  pro  precio  viginti  scutorum  auri  que  realiter  et  manualiter  ab  eis  recepi;  et  promisi 
promictoque  dictos  libres  erga  omnes  garanlizare,  teste  signo  meo  manuali  hic  apposito.  Anno 
Domini  niillesimo  cccc'""  sexagesimo  octavo,  die  vero  xxvii"  mensis  junii. 

Berengarius  Mercator. 

Ego  Stephanus  (lervasii ,  presbiter,  in  tbeologia  magister  et  venerabilis  collegii  Arecurie  '•^1  |)riii- 

Voyez  ci-dessus,  p.  7/1,  note  5.  Jean  André  Pour  Harcuriw   ou  Haricvrite,  le  collège 

a  intitulé  Novellœ  ses  commentaires  sur  les  Décré-  d'Harcourt. 
talcs  ot  sur  le  Sexte. 


COLLÈGE  D  AUTIIN.  85 

cipalis  magister  ac  provlsor,  confileor  vendidisso  vonerabilibus  magislro  ot  scolaribus  bursariis 
coUegii  Eduensis,  Parisius  i'undali,  qucndam  librum  in  pergaiiiono,  vocatum  :  Terciam  parterii 
Summo  sancti  Tboiiic  do  A([iiiiio,  incipieiitem  in  secundo  folio  :  rr  Angustias, n  o.l  fmicntein  in 
piMiulfinio  ante  tabulam  :  rSicut  liiiea;n  pro  precio  decem  scutoriim,  qiio  ab  ((isdein  magislro 
et  scoiaribiis  confiteor  récépissé ,  et  eos  quicto;  et  dictum  libruin  promisi  et  promicto  garentisare 
adversus  quoscumque,  teste  signo  meo  manuali  hic  apposito.  Anno  Doniini  milicsimo  «piadrin- 
gentesimo  sexagesimo  octavo,  el  die  tercia  niensis  decembris. 

Gervasii. 

Je  Pasquior  IJon  Houmie,  l  un  des  ([uatri!  |)rincipaulx  libraires  de  l'Université  de  Paris,  con- 
fesse avoir  vendu  aux  maislres  et  escoliers  du  coHiége  d'Authun  deux  livres  en  parchemin, 
nommez  :  Le  Premier  et  le  Second  de  l'escript  de  saint  Thomas;  le  Premier  commençant  au 
second  feullet  :  rrFinem  proporcionenti ,  ^  et  finissant  devant  la  tabh;  au  penultime  :  frDe  isia  ra- 
frtione;^  et  le  Second  commençant  au  second  feullet:  rfMundus  constat, '5  et  finissant  devant 
la  table  au  penullinu'  :  tt Absolvenle  sed  de;  15  pour  le  pris  et  somme  de  neuf  escus  et  seze 
solz  parisis,  la  quelle  somme  j'ay  receu  et  m'en  tiens  pour  content  et  bien  paie;  et  pi-omectz 
iceulx  dessus  nommez  envers  et  contre  tous  garentir,  tesmoing  mon  seing  manuel  cy  mis.  Le  vu* 
jour  de  décembre,  l'an  mil  quatre  cens  soixante  et  huit. 

Bon  Hommk. 

Je  Jehan  Guymier,  Wm  des  quatre  principaulx  libraires  de  l'Université  de  Paris,  confesse 
avoir  vendu  aux  maisire  et  escoliers  du  colliége  d'Authun,  c'est  assavoir  :  Métaphisique,  Ethi- 
ques, Politiques  et  la  Réfhorique  d'Aristote,  tout  en  ung  volume  escrips  en  parchemin  en  loctre 
de  forme,  commençant  le  dit  total  volume  au  second  feullet  :  rrLevia  homini  noscere,'»  et  finis- 
sant au  penultime  :  frSi  ipsi  nostri;'^  pour  le  pris  et  somme  de  quatre  escus  d'or,  la  quelle 
somme  j'ay  receu  et  m'en  tiens  pour  content  et  bien  paie;  et  promectz  iceulx  dessus  nommez 
envers  tous  et  contre  tous  garantir,  tesmoing  mon  seing  manuel  cy  mis.  Le  w"  jour  d'avril ,  fan 
mil  quatre  cens  soixante  neuf. 

J.  Guymier. 

Ego  Bardinus  Heredis,  dyocesis  Rothomagensis,  vendidi  magislro  et  bursariis  collegii  Eduen- 
sis, Parisius  fundati ,  Quolibeta  sancti  Thome.  in  pcrgameno,  incipientia  in  2°  folio:  "In  Chrislo 
t^non  fuit,T)  et  finientia  in  penultirao  ante  tabulam  :  rrHumanitatem;T)  precio  quatuor  scutorum 
auri,que  realiler  recepi,  et  eos  quilto;  quem  quidem  librum  promitto  eis  garantizare  apud 
quoscumque,  teste  signo  meo  manuali  hic  apposito.  Anno  Domini  m°  cccc  sexagesimo  nono, 
et  die  vicesima  secunda  januarii. 

Bardinus. 

Je  Pasquier  Bon  Homme,  l'un  des  quatre  principaulx  libraires  de  l'Université  de  Paris,  con- 
fesse avoir  vendu  aux  maistre  et  escoliers  boursiers  du  colliége  d'Authun  quatre  livres  de  la 
Somme  de  frère  Asteuxe'^',  de  l'ordre  des  frères  Mineurs,  en  parchemin  et  en  cayers,  commençant 
au  second  feulliel  :  frDicturi  ergo  in  hoc  libro,Ti  et  finissant  au  penultime  devant  la  table  : 
••Utrum  hoc  sacramentum  in  antiquo;^  pour  le  pris  et  somme  de  seze  escuz  d'or,  laquelle 
somme  j'ay  receue  et  m'en  tiens  pour  content  et  bien  paié;  et  promectz  iceulx  dessus  nommez 
livres  garentir  envers  tous  et  contre  tous,  tesmoing  mon  seing  manuel  cy  mis.  Le  xvii"  jour 
de  may,  l'an  mil  cccc  soixante  dix. 

Bon  Homme. 

Le  minorité  Astesano.  L'ouvrage  cité  ici  a  pour  litre  tantôt  Summa  Astesana,  tantôt  Stimma  de 
casibvs  comcicnhœ;  il  a  été  imprimé  en  liGg. 


86  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Jo  Pasquier  Bon  Homme,  l'im  des  quatre  principaulx  libraires  de  l'Universilé  de  Paris,  con- 
fesse avoir  vendu  aux  maislre  et  escoliers  boursiers  du  coliiejje  d'Authun  unes  Clémentines,  en 
[»arcbemin,  avec  la  glose  ordinaire ,  commençans  au  second  leullet  :  r  Vobis  sub  nosira ,  n  et  finis- 
sans  au  penultime  :  rtEt  articules  ad  causam;'i  et  ce  pour  le  pris  el  somme  de  six  escuz  et  demy 
d'or,  la  quelle  somme  j'ay  receue  et  en  quicte  les  dits  maistre  et  escoliers;  et  leur  promectz  ga- 
rantir les  dites  Clémentines  envers  tous  et  contre  tous,  tesmoing  mon  seing  manuel  cy  mis. 
Le  xx°  jour  de  juillet,  l'an  mil  quatre  cens  soixante  unze. 

Bon  Homme. 

Ego  frater  Estephanus  Brulefer,  ordinis  fralrum  Minorum,  confiteor  vendidisse  magistro  et 
scolaribus  bursariis  venerabilis  collegii  Eduensis,  Parisius  fundati,  quodam  Ouollibela  Johannis 
Scoti,  in  pergameno  scripta,  incipientia  in  2°  folio  :  tt  Inlelligitur  |»er  diflinitionem  id  quod  in- 
ff  telligilur  per  diflinitum,Ti  et  finientia  in  ante  penultimo  :  ffEt  lotaliter  cui  lalia;^  et  hoc  precio 
quadraginta  solidorum  Parisiensium,  quos  vero  quicto,  et  dicta  QuoHibeta  garentizare  promiclo; 
el  in  fidem  et  testimonium  promissorum  meum  signum  manuale  hic  Parisius  apposui.  Anno 
Domini  millesimo  cccc"""  septuagesimo  quarto,  et  die  septima  mensis  septembris. 

F.  Stephanus  Brulefer. 

Cotte  bibliothèque,  rassemblée  au  prix  de  tant  de  soins  et  de  tant  de  dépenses, 
lut,  en  1  67 G ,  presque  anéantie  par  des  voleurs;  au  nombre  des  ouvrages  enlevés 
figuraient,  entre  autres,  tous  les  manuscrits  du  fondateur.  Il  paraît  que  les  voleurs 
furent  arrêtés  et  poursuivis;  car,  suivant  J.  Dubreul,  Pierre  de  Montclial,  alors 
boursier  du  collège,  adressa  au  rapporteur  de  Talfaire  les  vers  suivants  : 

Donec  Palladium  Trojana  mansit  in  arce. 

Non  sunt  victrices  Pergama  passa  manus. 
Hoc  ubi  nocturno  Diomedes  abstulit  astu , 

Concidit,  heu!  Danaum  Troia  superba  dolis. 
Quid  nisi  venturum  expecles,  domus  Heddua'*',  casum , 

Heddua  Palladio  (proh  dolor!)  orba  tuo? 
Cui  lot  priscorum  preciosa  volumina  Pairum 

Subripuil  vafra  furcifer  arle  latro. 
Vos,  o  purpurei,  veneranda  oracula,  Patres, 

Quos  pênes  est  tanli  criminis  arbilrium, 
Vos  pielas,  vos  jura  rogant,  succurrile  rébus. 
Ut  cadat  in  dirum  débita  pœna  caput'-'. 

Ici  s'arrête  pour  nous  l'histoire  de  la  bibliothèque  du  collège  d'Autun.  11  est 
probable  que  cet  événement  ralentit  beaucoup  le  zèle  des  boursiers  en  faveur  de 
leur  collection,  et  que  ce  qui  restait  de  celle-ci  au  xyu!*"  siècle  devint  la  propriété 
du  collège  Louis  le  Grand,  qui,  en  176/1,  absorba  la  vieille  fondation  du  cardinal 
Beiirand.  Les  bâtiments  de  ce  collège  furent  alors  affectés  à  l'école  gratuite  de 
dessin;  ils  ont  été  aliénés  en  1807. 

Pour  Edua.  Il  nous  a  été  impossible  de  trouver  dans  la 

J.  Dubreui,  Théâtre  des  antiquitez  de  Paris,  Bibliothèque  des  Pères  le  passage  auquel  renvoie 
P-  Sa^-  Dubreul  avant  de  citer  ces  vers. 


FaC-si.nile  hehogrtirhiquo. 


ÎUn  de  B.  Jaillot  (  d7i7). 


COLLÈGE  DE  CHANAC  OU  DE  SAINT-MICHEL. 


Le  collège  de  Clianac  lut  fondé,  vers  i3/i8,  dans  la  rue  dcBièvre,  iii  viro  de 
Bievria,  par  Guillaume  de  Clianac^'',  quatre-vingt-quatrième  éveque  de  Paris,  qui 
lui  laissa  j)ar  testament  loo  livres  de  revenu  annuel,  des  ornements  pour  la 
chapelle,  et  crdes  livres  de  diverses  sciences,  avec  inhibition  et  défense  d'en  alié- 
rrner.  n  Ce  commencement  de  bibliothèque  fut  placé  dans  une  salle  située  an- 
dessus  de  la  chapelle 

Trente-six  ans  api'ès,  un  neveu  du  fondateur nommé,  comme  lui,  Guil- 
laume de  Chanac,  et  qui  fut  cardinal  et  éveque  de  Mende,  légua  au  collège 
a  00  livres  tournois,  sa  crosse,  sa  mitre  a  et  certains  livres  pour  estre  encliaisnez 
Tcn  la  librairie n  Cette  prescription  ne  fut  malheureusement  pas  observée,  car, 
dès  les  premières  années  du  xvn'^  siècle,  il  n'y  avait  plus  un  seul  volume  dans  la 
bibliothè(jue  de  ce  collège^  '. 

.Nous  ne  connaissons  aucune  estanq)ille  au  Jiom  de  cet  établissement,  mais 
nous  avons  rencontré  sur  un  certain  nombre  de  volumes  l'inscription  suivante  : 


BIBLIOWEC/E  S"  MIŒAELIS. 


Guéranl ,  Carlul.  ceci.  Paris,  i.  IV,  p.  5y.  Malinjyre,  Anliquilet  de  Paris,  p.  33 1.  — 

Cl.  Malingre,  Antiquité:  de  Paris,  p.  oi)!.  Sauvai,  Histoire  de  Paris,  I.  Il,  p.  877. 

Piganiol  de  la  Forco.  Description  histori'jue  J.  DubrcuL  Théâtre  des  antiquilez  de  Paris 

de  Paris,  t.  V,  p.  3/)0.  p.  0-29. 


88  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Ce  collège,  dans  lequel  le  cardinal  Dubois  avait  fait  ses  éludes fut,  en 
1763.  réuni  à  l'Université;  une  partie  des  bâtiments  qu'il  occupait  existe  encore 
entre  la  i  iie  de  Bièvre  et  la  rue  Maître-Albert  (ancienne  rue  Perdue). 

"'  Oevior,  Histoire  de  l'Universilé  rie  Paris,  t.  Il,  p.  ho-. 


Créé  eu  126/1  par  Pierre  de  Moroii,  qui  deviut  pape  sous  le  uom  de  Céles- 
tin  V,  i'ordre  des  Célestius  l'ut  introduit  en  France  au  commencement  du 
xiv*^  siècle;  mais  il  n'y  prit  réellement  quelque  extension  qu'après  son  installation 
à  Paris,  sur  un  terrain  situé  aujourd'hui  entre  la  rue  Saint-Antoine  et  le  quai 
Morland.  C'est  là  que  les  Carmes  avaient  eu  d'abord  leur  couvent;  ils  l'abandon- 
nèrent en  i3i8'^^  pour  aller  s'établir  au  bas  de  la  grande  rue  Sainte-Geneviève 
(place  Maubert).  Un  riche  bourgeois  de  Paris,  nommé  Jacques  Marcel,  l'acheta 
et  y  mit  deux  chapelains;  puis,  en  i352,  Garnier,  son  fds,  le  donna  à  six  frères 
Célestins  qui  étaient  restés  jusqu'alors  près  de  Compiègne Cinq  ans  après, 
Charles  V  posa  la  première  pierre  d'une  église  destinée  à  remplacer  la  chapelle 
])rimitive,  que  ces  religieux  trouvaient  déjà  trop  humble. 

Voisins  de  l'hôtel  Saint-Paul,  où  résidait  Charles  V,  les  Célestins  eurent  une 
large  part  aux  dévotes  lii)éralités  de  ce  prince'^'.  Il  les  crrenta  moult  richement, 
fffist  fere  leur  esglise  tant  belle  et  notable^*),  n  vint  lui-même  la  consacrer,  et  lui 
lournit  les  livres  liturgiques  nécessaires  à  l'office  divin 11  fut  en  réalité  le  vrai 
fondateur  de  ce  couvent,  et  les  religieux  le  mentionnèrent  à  ce  titre  dans  leur  né- 
crologe :  tfObitus  l'egis  Karoli  quinti  et  domine  Johanne  de  Borbonio,  ejus  con- 
crsortis,  qui  edificaverunt  hoc  monasterium''''.  n 

Vovez  ci-dessus,  p.  1 .  roi  Charles  V  prend  les  Célestins  sous  sa  protection. 

Piganiol  de  ia  Force,  Dcscrijjlion  historique  Christine  de  Pisan,  Histoire  de  Charles  V, 

de  Paris,  t.  IV,  p.  181.  3°  partie,  ch.  xi. 

Voyez  J.  Dubreiil,  Théâtre  des  nntiquilet  de  Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 

Paris,  p.  678.  On  trouve  dans  Félibien,  Histoire  de  Paris,  t.  IV,  p.  i83. 

de  Paris,  t.  III,  p.  lijS ,  la  Charte  par  laquelle  le  Le  nécrologe  des  Célestins  est  conservé  à  la 


1)0  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Louis  d'Orléans,  fils  puîné  de  Charles  V,  hérita  de  la  prédilection  de  son  père 
pour  les  Célestins,  en  même  temps  que  de  son  amour  pour  les  lettres  et  les  arts; 
on  sait  qu'il  réunit  une  belle  collection  de  livres,  qui,  transmise  à  Charles  d'Or- 
léans et  à  ses  successeurs,  devint  la  bibliothèque  de  Blois,  une  des  plus  précieuses 
ac([uisitions  qu'ait  faites  celle  du  Roi.  Louis  d'Orléans  ne  donna  aux  Célestins  que 
trois  ouvrages,  mais  d'une  grande  valeur.  Ce  fut  d'abord  une  magnifique  Bible 
in-folio  sur  vélin,  que  Charles  V  avait  fait  exécuter  pour  son  usage  personnel,  et 
([u'il  lisait,  dit-on,  tout  entière  chaque  année,  nu-tête  et  à  genoux Ce  précieux, 
volume,  conservé  aujourd'hui  à  la  bibliothèque  de  l'Arsenal porte  encore  cette 
double  inscription  autographe  : 


^^^^  ^ 

yvkjC^  'QvCvc  Y  Cy^^X'  irvî^ 

Le  duc  d'Orléans  offrit  un  peu  plus  tard  aux  Célestins  une  autre  Bible  très- 


bibliothèque  Mazarine;  c'est  un  volume  in-folio,  sur 
vélin,  qui  porte  le  n°  H  Syi.  Une  copie  très-in- 
complète de  ce  manuscrit,  et  composée  seulement 
de  treize  feuillets  de  vèlin,  existe  aux  Arcliives  de 
l'Empire,  série  S,  carton  n°  87/13;  on  lit  en  tête  : 
Modus  fundationis  conventus  Celestinomm  Beale  Ma- 
rir  de  Paris'mn,  ordinis  Sancti  Bcncdicti...  Sequimtur 
misse  bette  J'undnte. 


rfBiblia  sacra ,  Caroli  V.  Francoruiii  régis  sn- 
rrpientissimi  jussu,  in  membraiiis  vitulinis  egregie 
ffdescripta,  quœ  per  singulos  annos,  nudo  capite 
rret  flexis  genibus,  teste  l^hilippo  Mazerio.  venera- 
rrbundus  lectitabat  rex.  n  (D.  Becquet,  GaHicce  Ca- 
leslinoruin  coiigregalionis  tnonasteriorum fondntiones . 
p.  17.) 

Manuscrils  in-fol.  n"  TL  li\ 


CÉLESTJNS.  91 

l'iclie,  eu  quatre  volumes  in-folio,  rrescripte  en  veelin  par  des  relifjicuscs  et 
i|ui,  jusqu'au  wif  siècle,  servit  poui*  les  lectures  du  réfectoire''^'.  II  leur  donna, 
enlin,  un  beau  bréviaire  destiné  à  l'infirmerie  Les  religieux  mentionnèrent  en 
ces  termes  les  libéralités  du  prince  sur  leur  registre  des  fondations  pieuses  : 
f-Kundatio  unius  misse  quotidiane. . .  pro  domino  Ludovico,  duce  Aurelianensi , 
rrlilio  doniini  régis  Karoli  quinti. . .  a  quo  habuimus  c  libras  pro  reditu .  .  .  cuni 
r- pluribus  jocalibus .  .  .  et  pluribus  libris^^'.n 

Nous  trouvons  dans  le  même  manuscrit  la  mention  suivante  :  crFundatio  unius 
remisse  alte  in  anno,  in  cappella  domini  Pbilippi  de  Maiseriis. . .  Dimisit  etiam 
crnobis  plures  reditus  et  multa  volumina  librorum'^'.  n  Pendant  l'année  qui  pré- 
céda la  mort  du  roi  Charles  V,  un  de  ses  plus  fidèles  serviteurs,  devenu  son  con- 
seiller' intime,  le  brave  et  intelligent  Philippe  de  Maizières,  avait  dit  adieu  au 
monde,  et,  renonçant  à  servir  son  pays  autrement  que  ])ar  la  plume,  avait  choisi 
pour  retraite  le  couvent  des  Célestins,  sans  doute  en  raison  de  l'affection  que 
leur  portait  son  maître.  Il  y  composa,  sous  le  nom  du  Pauvre  pèlerin,  des  ou- 
vrages inspirés  par  un  ardent  amour  de  l'humanité,  et  y  mourut  le  29  mai  ikob  , 
après  avoir  disposé  de  la  presque  totalité  de  ses  biens  en  faveur  du  monastère 
qui  lui  avait  servi  d'asile.  Nous  avons  trouvé  parmi  les  manuscrits  de  la  Biblio- 
thèque impériale  une  copie  du  curieux  testament  de  Philippe  de  Maizières 
On  n'y  voit  spécifié  aucun  legs  de  livres;  mais  il  est  probable  que  la  bibliothèque 
du  Pauvre  pèlerin  avait  été  l'objet  d'une  donation  antérieure,  car  on  rencontre, 
à  la  fin  de  quelques  volumes  provenant  des  Célestins,  la  note  suivante,  qui  date 
de  la  fin  du  xiv*'  siècle'"'  : 

tmurttmlj  xtpu 

J.  Dubreul,  Tlœalre  des  (mtiquitez^  de  Paris. 
p.  684. 

L.  Jacob,  Traiclc  des  plus  belles  bibliolltèques , 
p.  boli. 

J.  Dubreul,  Théâtre  des  anltquitez  de  Paris, 
p.  680. 

'''^  Fundationes  Celestinorum ,  p.  5.  Bibliothèque 
Mazarine,  manuscrits,  n"  i985. 
Page  tx. 

''''  (rLa  copie  du  testament  de  messire  Philippe 
rde  Maisières,  chancelier  de  Cypre.  qui.  par  hu- 
milité,  se  nomme  luy  mesme  en  ses  cscrits  le 
-povre  vieil  pèlerin...  Supplie  le  couvent  des  Ce- 


rf lestins  que,  lanlost  et  sans  arrest  que  Tame  sera 
r  partie  du  corps,  la  charogne  du  pèlerin  soit  des- 
rtpouillëe  toute  nue,  excepté  que  une  petite  pièche 
ffde  sac  ou  d'un  touillon  de  cuisine  en  forme  d'un 
Tescu  soit  mise  et  bien  attachée  sur  les  membres 
'-honteux...  Escrit  tellement  quellement  de  la  main 
rrdu  povre  pèlerin  en  sa  celle  des  Célestins  de  Paris, 
rnon  pas  sans  paoïir  attendant  son  jugement,  en- 
ffviron  l'an  de  grâce  1892. «  (Bibliothèque  impé- 
riale, manuscrits,  fonds  latin,  n°  iSoyy,  ancien 
fonds  de  Saint-Victor,  n°  999.) 

Bibliothèque  impériale ,  manuscrits  ,  fonds 
latin  n°  17380,  ancien  fonds  des  Célestins,  n°  i5. 


92  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Le  nécrologe  des  Célestins  nous  révèle  plusieurs  autres  libéralités,  faites  vers 
la  même  époque  en  faveur  de  la  bibliothèque  du  couvent.  Les  seules  auxquelles 
nous  puissions  assigner  une  date  certaine  sont  presque  contemporaines.  Eu 
1870,  Adam  de  Melun  et  son  frère  Guillaume,  archevêque  de  Sens,  donnèrent 
à  la  Maison  des  livres  de  théologie  et  de  philosophie  :  ccMissa  quotidiana  pro 
frdouiino  Adam  de  Melduno,  milite,  et  pro  domino  Guillermo,  archiepiscopo 
frSenonensi,  fratre  suo,  a  quibus  habuimus  ccccc  francos...  cum  ccrtis  libris  theo- 
frlogie  et  philosophie,  n  Cet  exenqde  fut  bientôt  imité  par  l'évêque  Claude  de 
Grandmont,  qui,  suivant  le  Gallia  christiana,  'mourut  en  i3oi  :  «  Obitus  domini 
rr démentis  de  Grandimonte,  quondam  episcopi  Lodovensis,  de  cujus  bonis 
rr  habuimus  plures  libros''^'  et  octoginta  francos.  n 

Le  dépouillement  du  nécrologe  nous  fournit  encore  les  mentions  suivantes  : 

rr  Obitus  magistri  Martini  Senescali. . .  qui  dédit  in  libris  juris  canonici  et  civilis 
rr  circiter  centum  francos.  11 

rr  Obitus  Pétri  Barbou,  civis  Parisiensis'^^  qui  dcdit  ...  unam  Bibliam  glosatam 
cr  in  xuij  voluminibus.  11 

Aux  indications  qui  nous  sont  fournies  par  le  nécrologe,  il  faut  joindre  celles  que 
nous  avons  puisées  dans  l'examen  d'un  nombre  considérable  de  volumes  prove- 
nant du  monastère  des  Célestins. 

En  i/i83,  après  la  mort  de  Jean  Cœur,  quatre-vingt-septième  archevêque  de 
Bourges  Geoiïroi  Cœur,  son  héritier,  donna  au  couvent  un  manuscrit  sur  lequel 
on  trouve  cette  note  :  crNotum  quod  hune  librum  dédit  huic  monasterio  dominus 
ffGoll'redus  Cordis,  miles,  et  dominus  de  la  Ghaucée,  post  mortem  domini  archie- 
rrpiscopi  Bituricensis ,  tanquam  hères  ipsius;  presentibus  et  acceptantibus  Fr. 
rrHelya  Foi'elli,  priore,  et  Fr.  Thomas  Sablon,  procuratore  Celesthiorum  de  Pai-i- 
crsius*^).  n  Le  h  février  1689,  douze  ans  avant  sa  mort,  JeanBudé,  secrétaire  du 
roi,  audiencier  de  la  chancellerie  de  France  et  père  du  savant  Guillaume  Budé, 
le  bibhothécaire  de  François  I",  voulut  avoir  part  aux  prières  des  religieux,  et 
leur  offrit  dans  ce  but  un  très-beau  volume,  à  la  fin  duquel  on  écrivit  :  crAniio 
cr  Domini  m°  cccc°  octogesimo  nono,  nij  februarii,  honorabilis  ac  discretus  vir  ma- 
crgister  Johannes  Bude,  notarius  et  secretarius  domini  nostri  régis,  ac  cancellarii 
rrFrancice  audientiarius,  hune  librum  dédit  nobis  Celestinis  de  Parisius,  in  puram 
rr  elemosinam ,  ut  sit  particeps  precum  nostrarum''^).  n 

En  1  5  1  /i,  autre  libéralité,  faite  par  le  conseiller  Jean  Lecoq,  à  l'instigation  de 


Gallia  christiana ,  t.  VI,  col.  ôbg. 

Le  iiiunuscriL  de  la  bibliollièque  Mazarine 
porte  :  r...  certes  libros  théologie. •« 

Le  manuscrit  de  la  bibliothèque  Mazarine 
ajoute  :  rr...  et  uxoris  sae.-n 

Il  mourut  le  2  5  juillet,  et  lut  enterré  à  le- 


glise  des  Célestins,  dans  la  chapelle  dite  depuis  des 
ducs  de  Gesvres.  (Voyez  le  Gallia  chrisliana,  t.  II. 
p.  88,  et  Beurier,  Histoire  du  momslcvc  des  Céles- 
tins, p.  386.) 

''''  Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  1112. 
Ibid.  incunables,  n°  910  M. 


CELESTINS.  93 

son  fils  Jacques,  reli<jieiix  célcstin  :  rrHunc  librum  donavit  conventui  Gcicstino- 
rcrum  Béate  Marie  de  Parrhisius,  devotissimus  senator  ejusdem  urbis,  Johannes 
«Le  Coq,  ordini  nostro  deditissiuius,  intuitu  fdii  sui  fratris  Jacobi  Le  Coq,  pro- 
fffcssi.  Aniio  Domiiii  iBi^,  die  lo  inciisis  sepleiiilM'is.  Orale  pro  eo'''.T)  Enfin, 
le  18  juillet  1 5/1/1,  Jean  Legraiii  oilVit  au  couvent  un  manuscrit  des  œuvres  de 
Galien,  qui  lut  placé  à  l'infirmerie;  on  lit  à  la  fin  :  ce  Donné  à  renffermerie 
rrpar  M*^  Jehan  le  Grain.  L'an  i5/i/i,  ce  18  juillet'^'. it 

Les  inscriptions  suivantes  ne  portént  pas  de  date,  et  il  nous  a  été  impossible  de 
leur  en  assigner  : 

p-Iste  liber  est  Celestinorum  Béate  Marie  de  Parisius,  quem  dédit  magister 
crNicholaus  de  Melietz,  Sancti  Martini  Turonensis  prcpositus,  ob  amorem  fratris 
ffJobannis  Poucliin,  intus  prol'essi n 

rriste  liber  est  Celestinorum  Béate  Marie  de  Parisius,  quem  dédit  magister 
ctLudovicus  de  Melietz,  prepositus  ecclesie  Sancti  Martini  Turonensis,  ob  aino- 
crrem  fi^atris  Joliannis  Poucbin,  intus  professi'*'.  n 

fr  iste  liber  est  magistri  Job.  Yseberti  de  Autissiodoro,  quem  dédit,  cum  pluri- 
rrbus  aliis  bonis,  conventui  Celestinorum  de  Parisius  '^'.ii 

crHec  Biblia  optime  impressa  et  totaliter  compléta,  cum  interpretationibus  no* 
trminum  hebraïcorum,  sigiiataque. . .,  est  de  monasterio  Celestinorum...  Hanc 
frdederunt  buic  monasterio  parentes  fratris  Pétri  Solder,  pro  suo  usu  quamdiu 
rc  placuerit  patri  priori  ^^K  v 

rdste  liber  est  Celestinorum...  quem  dédit  frater  Gudlermus  l^inet,  aale  pio- 
rr  fessionem  suam '""^  n 

cr  Celestinorum. . .  ex  dono  fratris  Jo.  Roches,  ante  professionem  suam'^^.ii 

rrHoc  volumen,  cum  aliis  quam  plurimis ,  dédit  nobis  Celestinis  Parisius,  ante 
rrsuam  professionem,  frater  Droco  Charron  n 

criste  liber  est  Celestinorum...  ex  dono  fratris  Guillelmi  Charpentier,  ante 
cf  suani  professionem  t^"'.  n 

cr  Celestinorum. . .  per  fratrem  Stephanum  Rousselli  de  Pontisara  apportatum^^''. 

cfiste  liber  est  Celestinorum...  acquisitus  per  fratrem  Petrum  la  Vache  huic 
ff  monasterio  f'^'.  -n 

Ln  frère  profès,  nommé  Gui  de  Vitry,  donna  au  monastère  un  grand  nombre 
d'ouvrages  précieux,  et,  en  téte  de  chacun  d'eux,  on  plaça  une  note  ainsi  conçue  : 
rrHunc  librum  dédit  huic  monasterio  frater  Guido  de  Vitry,  professus  ejusdem 

Bil)liotlièc]ueMazai'ine,  incunables,  11°  ai 3i8.              Bibliothèque  Mazarine,  incunables,  numéros 

Ihid.  manuscrits,  n°  1281.  it/iyo*,  1/17/1  G,  12178  A. 

Ihid.  incunables,  n°  1.587  B.  Ibid.  incunables,  n°  26653  G. 

Ibid.  incunables,  n°  2o55  G.  Ihid.  incunables,  n°  16871  A. 

Ibid  manuscrits,  n°  io83.  Ibid.  incunables,  n°  1279  H. 

Biblia  sacra,  Venise,  i/i83,  in-/i°.  Biblio-              /èiVi.  manuscrits,  n"  12/i/i. 

ihèque  Mazarine,  incunables,  n°0i7  H".  Ihid.  manuscrits.  n° 


9à  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

fr Celestinorum  de  Parisiiis*^*. n  Une  autre  libéralité,  considérable  aussi,  fut  faite 
au  couvent  par  un  religieux  de  la  même  famille,  Ambroise  de  Yitry  :  cr  Iste  liber, 
-lit-on  à  la  fin,  est  Celestinorum  Béate  Marie  de  Parisius,  quem  dédit  frater 
rrAmbrosius  de  Vitry,  ante  professionem  suam'^lT)  Cette  formule  crante  profes- 
crsioneni  suanm  se  rencontre  dans  la  plupart  des  inscriptions  de  cette  nature;  on 
est  donc  fondé  à  supposer  que  pendant  longtemps  on  exigea  des  nouveaux  reli- 
gieux qu'avant  de  prononcer  leurs  vœux  ils  fournissent  un  volume  à  la  biblio- 
thèque; c'était  une  règle  adoptée  dans  quelques  monastères,  chez  les  frères  de  la 
Sainte-Croix ,  par  exemple 

Nous  ne  possédons  point  d'autres  détails  sur  l'origine  de  la  bibliothèque  des 
Célestins.  Nous  sommes  encore  plus  heureux  que  Maichel,  qui  déclare  qu'il  n'a 
rien  découvert  sur  ce  sujet,  et  que  le  bibliothécaire  lui-même  Ji'a  pu  lui  fournir 
aucun  renseignement'*'. 

La  bibliothèque  avait  cependant  déjà  un  règlement  fort  détaillé,  inséré  dans 
les  Constit'Ulions  de  l'ordre.  Voici  la  traduction  du  chapitre  xiv,  qui  est  consacré  aux 
devoirs  du  bibliothécaire  : 

crLe  bibliothécaire  doit  classer  tous  les  livres  du  couvent  dans  la  bibliothèque, 


Bibliothèque  Mazarine,  incunables,  n°'  ^72, 
i56oG*,  1862  F. 

Ibid.  incunables,  n"'  i4i6o  A,  i863  C*^  et 
12936  B*. 
*  *  Voyez  t.  P',  p.  332. 

ffEjus  originem  atque  progressum  non  œque 
ffuc  anlecedentium  historica  enarratione  persequi 
apossum,  quia  fontes,  exquibus  ea  coaluit,  mibi  a 
frbibliolhecario  nunquani  fuerunt  indicati,  neque 
-eos  investigando  alibi  invenire  potui.n  (Maiche- 
lius,  Introduclio  nd  liisloriam  Uterariam  de  prœci- 
puis  bibliothecis ,  p.  108.) 

DE  OFFICIO  BIBLIOÏHECARII. 

''Ad  bibliotbecavium  pertinet  omnes  libros  mo- 
frnasterii  eo  ordine  in  bibliotlieca  collocare,  ut  sin- 
ffgulis  facultatibus  suus  sit  certus  locus  proprio  ti- 
'rtulo  inscriptus;  et  libri  ipsi  singuli  singulis  etiam 
r'tuni  auctorum  tum  subjectoruni  titulis  exterius 
•-insigniti.  Omnium  librorum  catalogura  ordine  al- 
■pbabetico  digestum  liabere,  et  libros  ipsos,  ne 
■rinjm-ia  aut  ignorantia  nionaslerio  pereant,  ipsius 
-monasterii  et  congregationis  nomine  interius  in- 
"scribere.  Libris  studentibus,  ut  opus  fuerit.  de 
f|)rœlati  licentia  distribuere,  et.  ne  distraliantur 
n-aut  perdanlur,  caulionem  a  sumentibus  accipere, 
Tet  tandiu  retinere  donec  libros  reddiderint.  Libros 
''de  prœlati  licentia  externis  niuluo  forte  conces- 
-sos,  diligenter  annotare,  cum  eorum  nominibus 


f'quibus  concessi  fuerinl,  eosque  suo  tempore  se- 
ffdulo  requirere  et  reciperc.  Bibliothecam  niundam 
fret  corapositam  tenere,  ex  libris  subinde  pulverem 
rrexcutere,  et  cavere  nealiquo  eventu  quomodolibet 
fccorrumpantur.  Sane  in  loco  publico,  prœsertim  in 
frmajoribus  monasteriis,  extent  quidam  communio- 
frres  libri,  quos  unusquisque  pro  ratione  studiorum 
ffsuorum  libère  adiré  et  consulere  possit.  Fratres 
rrautem  nostri  ne  in  cellis  suis  libros  babeant,  nisi 
fquoseis  prior  permiserit;  nec  in  bis  aliquid  scri- 
(fbant,  notent  aut  deleant.  Nullus  etiam  libros  ul- 
rrlos  exportet  aut  exportari  curet  extra  monaste- 
rrrium,  neque  vero  etiam  de  novo  in  monasterium 
trimportet  aut  importari  faciat,  nisi  conscio  et  con- 
rrsentiente  majore.  Libri  auteni  proliibiti  non  com- 
ffburantur  quidem  aut  projiciantur,  sed  sub  clave 
n-recludantur.  Qui  etiam  provinciali  suo  tempore 
trexibeantur,  ut  prœvio  diligenti  examine,  quinam 
trex  ipsis  reservari  debeant,  ipse  de  prioris  et  sa- 
ffpientum  consilio  prudenter  statuât.  Ejusdcfu  curas 
ffsit  ut  aliquid,  juxta  monasterii  facultatem,  quot- 
rrannis  emptioni  librorum  tribuatur.  Denique  clavis 
rrbibliothecœ  sit  tantum  pênes  bibliotbecarium,  et 
rf(ut  summum)  patres  priorem  et  suppriorem; 
ffqui  etiam  nullum  librum  inde  sibi  aut  altcri  sii- 
rrmant,  nisi  adhibita  cautione  supradicta.  n  (Consli- 
tutiones  frntnnn  Celestinorum  provincicr  franco-gnlli- 
canw,  pars  xii,  liber  II,  p.  88.) 


CÉLESTINS.  95 

frde  manière  que  chaque  matière  occupe  un  endroit  spécial  et  clairement  dési- 
ff  gné  ;  les  livres  eux-mêmes  porteront  chacun  extérieurement  inscrit  le  nom  de 
rr  l'auteur  et  le  titre  du  sujet  qui  y  est  traité.  Le  bibliothécaire  possédera  un  ca- 
r' talogue  rédigé  par  ordre  alphabétique;  de  plus,  afin  d'éviter  les  pertes  que  l'in- 
rr justice  ou  l'ignorance  pourraient  faire  subir  à  la  Maison,  le  nom  du  couvent  et 
ff  celui  de  la  congrégation  figureront  dans  chaque  volume.  Le  bibliotiiécaire  prê- 
fctcra,  avec  l'autorisation  du  supérieur,  des  livres  à  ceux  qui  en  auront  besoin 
f-pour  leurs  travaux;  mais,  afin  de  prévenir  les  détériorations  ou  les  pertes,  il 
tr  exigera  des  emprunteurs  une  caution  qu'il  conservera  jusqu'à  ce  que  les  volumes 
traient  été  restitués.  S'il  arrivait  que,  de  l'avis  du  supérieur,  des  livres  eussent 
crété  prêtés  à  des  étrangers,  le  bibliothécaire  prendrait  exactement  les  noms  des 
iT emprunteurs,  et  aurait  soin,  au  moment  voulu,  de  réclamer  les  volumes  et  de 
ffles  recouvrer.  Il  veillera  à  ce  que  la  bibliothèque  soit  toujours  propre  et  bien 
cr  rangée ,  battra  fréquemment  les  livres  et  s'assurera  qu'aucun  risque  ne  les  me- 
fcnace.  Dans  les  monastères  importants  surtout ,  il  pourra  être  mis  en  commun 
rr  un  certain  nombre  de  volumes  dans  un  endroit  accessible  à  tous  les  religieux; 
rret  chacun  aura  le  droit  de  venir  librement  les  consulter  pour  ses  travaux.  Nos 
rr  frères  ne  pourront  avoir  des  livres  dans  leur  cellule  qu'avec  la  permission  du 
rr  prieur,  et  ils  auront  soin  de  n'y  rien  ajouter,  noter  ou  effacer.  Que  personne 
m'emporte  ou  ne  laisse  emporter  des  livres  hors  du  couvent,  que  personne  n'en 
rr  introduise  ou  n'en  laisse  introduire  sans  l'autorisation  du  supérieur.  Les  ouvrages 
rr  défendus  ne  seront  ni  brûlés  ni  jetés,  mais  enfermés  sous  clef.  On  les  présentera 
rrau  provincial  lors  de  sa  visite,  afin  que,  prenant  conseil  du  prieur  et  de  per- 
rr sonnes  prudentes,  il  décide  en  dernier  ressort  quels  sont  ceux  qui  doivent  être 
rrmis  à  part.  Le  bibliothécaire  veillera  à  ce  que  tous  les  ans  une  certaine  somme, 
r:  proportionnée  aux  ressources  du  couvent,  soit  affectée  à  l'achat  de  livres.  Enfin 
rrle  bibliothécaire  seul,  ou  tout  au  plus  le  prieur  et  le  sous-prieur,  auront  une 
rr  clef  de  la  bibliothèque;  mais  ces  derniers  ne  pourront  emprunter  de  livres  sans 
rr  fournir  la  caution  ordinaire,  -n 

Les  prescriptions  si  nettement  exposées  dans  ce  règlement  n'ont  certainement 
pas  toujours  été  observées;  mais  il  est  certain  que  le  monastère  consacrait  tous 
les  ans  une  petite  somme  à  l'acquisition  d'ouvrages  qui  lui  manquaient.  La  biblio- 
thèque de  l'Arsenal  possède,  en  effet,  un  registre  u\-k°  qui  est  intitulé  :  Cata- 
logue des  livres  achclcs  par  les  Célesiins;  table  de  quelques-uns  et  qui  renferme  la 
liste  d'une  partie  des  livres  achetés  par  la  Maison  entre  iC6i  et  1670.  Au  reste, 
les  donations  continuaient  encore  à  cette  époque.  Le  i5  mars  iGGi,  le  P.  Obr\ 
offrit  au  couvent  deux  cent  cinquante  volumes  environ,  dont  le  catalogue  est 
aujourd'hui  conservé  à  la  bibliothèque  Mazarine       Constatons  encore  pour 

Bibliotli.  de  l'Arsenal,  manuscrits,  n°  889  L.  la  bihliolhhqitc  le  i5mars  16G1.  Bibliothèque  Maza- 
Catalogue  des  livres  que  le  R.  P.  Obri/  a  mis  à       une ,  manuscrits ,  n"  .3 1 88. 


96  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

mémoire  le  don  à\m  beau  missel  du  xv^  siècle  sur  lequel  on  lit  :  et  Ce  présent 
ce  messel  a  été  donné  aux  Pères  Gélestins  de  Paris  par  Monsieur  Le  Noir,  apoticairc , 

rren  167/i '".•)■> 

Michel  de  MaroHes,  ordinairement  si  emphatique,  est  très-sobre  d'éloges  pour 
cette  collection  : 

On  peut  considérer  aussi  la  Célestine, 

dit-il Il  est  vrai  que  Marolles  écrivait  en  1 67G ,  et  que  la  bibliothèque  était  sans 
doute  alors  en  assez  mauvais  état,  car,  en  1682  ,  elle  dut  être  entièrement  remise 
à  neuft^'.  Gomme  composition,  c'était  pourtant  déjà  l'une  des  plus  riches  collec- 
tions de  Paris;  elle  renfermait,  vers  1700,  sept  à  huit  mille  volumes''*',  près  de 
douze  mille  en  1722  et  avait  alors  pour  bibliothécaire  le  P.  Becquet'^',  biblio- 
graphe instruit,  qui  l'éleva  rapidement  au  chiffre  de  dix-sept  mille  volumes 
Les  Gélestins  passaient  d'ailleurs  pour  être  fort  peu  assidus  au  travail;  en  re- 
vanche, ils  possédaient  la  plus  belle  batterie  de  cuisine  qu'on  pût  voir'*',  et  les 
omelettes  à  la  Gélestine  furent  longtemps  célèbres. 

Au  miheu  du  xvm*  siècle,  deux  personnages  éminents  contribuèrent  à  enrichir 
la  bibliothèque  des  Gélestins.  Marc-Piené  Voyer  d'Argenson,  qui  remplit  pendant 
près  de  vingt  ans  les  fonctions  de  lieutenant  général  de  police,  envoyait  à  ce  cou- 
vent la  plupart  des  ouvrages  hétérodoxes  dont  il  ordonnait  la  confiscation  Di- 
sons en  passant  que  ce  magistrat  fut  le  grand-père  de  Marc-Antoine-René  de 
Paulmy  d'Argenson,  dont  la  riclie  collection,  achetée  en  1786  par  le  comte 
d'Artois,  est  devenue  la  bibliothèque  actuelle  de  l'Arsenal. 

En  février  17/11,  Gharles  de  Hénaut,  conseiller  au  grand  conseil,  k  vir  bene 
rr litteratus, dit  Becquet,  laissa  par  testament  sa  bibliothèque  aux  Gélestins''"'; 


Bibliothèque  iMazarine,  manuscrits,  n°  228. 

Micliel  de  Marolles,  Paris  ou  description  suc- 
cincte de  celle  grande  ville,  p.  4  7. 

D.  Becquet,  Gallicœ  Celestinorurn  congrega- 
lionis  monasleriorum  fundationes ,  p.  16. 

J.  G.  Némeitz,  Le  séjour  de  Paris,  c'est-à-dire 
instructions  jidclcs  pour  les  voyageurs  de  condition, 
t.  I",  p.  272. 

G.  Wallin,  Lutetia  Parisiomm  erudita  sui  tem- 
poris,  hoc  est  annorum  hvjus  sœculi  xxi  et  xxii , 
p.  120. 

rrQuodsummam  rei  altinet .  praestare  possum 
trlectori  liane  bibliotliecain  libris  instructissimam 
fresse;  in  qua  ornanda  prœclare  bactenus  nuinere 
ffsuo  perfunclns  est  doniinus  Becquetus,  hujus  or- 
rfdinis  aLque  convcntus  socius,  qui  jam  per  phires 
tfannoshuicbibliotliecœ  prœest ,  eamque  elegantioris 
ffliteraturœ  notitiam  tenet,  quœ  huic  officie  perfecte 


rrrespondet.'i  (Maichelius,  Inlroduclio  ud  hisluriam 
literariam  de  prœcipuis  hibliolhecis  Paris,  p.  109.) 
—  Germain  Brice  écrit  de  son  côté  :  rfLe  B.  P.  An- 
fctoine  Becquet,  né  à  Paris,  qui  en  est  bibliothé- 
rrquaire,  fort  entendu  dans  le  choix  des  bons  livres, 
rapporte  tous  ses  soins  pour  la  rendre  plus  ample 
«•qu'elle  na  été  jusqu'ici,  quoique  le  nombre  des 
tf  livres  qu'elle  contient  soit  déjà  assez  considérable.  1 
[Nouvelle  description  de  la  ville  de  Paris,  t.  Il, 
p.  3o3.) 

Piganiol  de  la  Force ,  Description  historique  de 
Paris,  t.  IV,  p.  261. 

Jordan,  Histoire  d'un  voyage  littéraire  fait  en 
1 795,  p.  1  iG. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t,  IV,  p.  261. 

D.  Becquet,  Celestinorurn  motiasierioriwi  fun- 
daliones,  p.  18. 


CELRSTINS.  97 

elle  se  eoiiiposait  de  (juaLic  mille  volumes  choisis  avec  soin  et  bien  reliés'". 
Presque  tous  jjortent  la  note  suivante,  écrite  d'une  main  déjà  tremblante  : 

Tn  ^ag^  ^odii^  Confilu> 

Nous  ne  pouvons  d'ailleurs  expliquer  cette  date  de  1710,  qui  est  contraire  à 
celle  que  lournissent  Piganiol  de  la  Force  et  même  Becquet,  le  bibliothécaire 
alors  en  fonctions.  La  bibliothèque  Mazarine  possède  le  catalogue  manuscrit  de 
la  coHection  de  Hénaut;  il  forme  deux  volumes  in-/i°  qui  ont  pour  titre  :  Caialo- 
giis  lihronwi  CI.  V.  D.  Caroli  de  Henaut,  in  magno  Galliœ  consilio  miatonis,  anno 

Becquet  donna  ou  légua  sans  doute  aussi  ses  livres  au  couvent,  car  l'inscription  : 

se  rencontre  fréquemment  sur  les  volumes  de  la  Maison.  11  mourut  en  17.30,  et 
nous  ne  savons  quel  fut  son  successeur,  dont  Jordan  disait  en  1782  :  rrLe  biblio- 
rrthécaire  est  fort  peu  chargé  de  science,  et  n'a  pas  l'air  fort  spirituel  '^l  n 

La  bibliothèque  des  Célestins  était  située  au-dessus  de  l'un  des  dortoirs**);  elle 
se  composait  d'une  galerie  assez  élégante  et  décorée  de  pilastres  ioniques 
sculptés  avec  soin.  Au  fond,  de  plain-pied  avec  la  galerie,  s'ouvraient  deux 
arrière-cabinets''').  Outre  les  ouvrages  que  nous  avons  cités  déjà,  on  remarquait 
dans  cette  bibliothèque  un  grand  nombre  d'ouvrages  imprimés  pendant  le 
xv'^  siècle'^).  Citons,  avant  tout,  l'édition  princeps  (en  caractères  mobiles)  du 
célèbre  Spéculum  humanœ  salvationis,  dont  on  ne  connaît  que  quatre  exemplaires; 
celui  des  Célestins  fut  acheté  par  le  duc  de  La  Vallièrc  et  est  aujourd'hui  à  la 


Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris, 
t.  IV,  p.  261. 

^'  Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits.  n'"'Si'jh 
et  8175. 

Jordan ,  Histoire  d'un  voyage  littéraire , 
p.  116. 

G.  Brice,  Description  de  la  ville  de  Paris, 
l.  Il,  p.  3o3. 

II. 


Maichelius  ,  Introductio  ad  historiani  litera- 
riam,  p.  i  1 1 . 

Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris, 
t.  IV,  p.  261.  —  Le  cabinet  des  estampes  de  la  Bi- 
bliothèque impériale  possède  six  grandes  esquisses 
au  crayon  relatives  à  cette  bibliothèque  {Topogra- 
phie de  Paris). 

.4ntonini.  Mémorial  de  Paris,  t.  I",  p.  2o3. 

i3 


98  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Bibliothèque  impériale  de  Vienne'''.  On  remarquait  encore  la  glose  de  Nicolas 
de  Lyra  sur  la  Bible,  édition  de  1/172  et  la  Bible  latine  de  Gering,  Crantz 
et  Friburger  la  première  qui  ait  été  imprimée  à  Paris.  Le  cabinet  des  manus- 
crits était  relativement  moins  riche.  On  y  voyait  pourtant  l'original  du  Songe 
du  vieux  pèlerin,  composé  par  Philippe  de  Maizières  pour  l'instruction  de 
Charles  VI'*';  le  cardinal  Du  Perron  faisait  tant  de  cas  de  cet  ouvrage  qu'il 
se  rendait,  dit-on,  souvent  au  couvent  des  Gélestins  exprès  pour  le  lire'^'. 
Parmi  les  manuscrits  modernes  figuraient  presque  tous  les  travaux  de  l'avocat 
Etienne  Garneau,  qui  se  retira  chez  les  Gélestins  en  iGSo'*^'.  Puis  un  volume 
qui  rappelle  la  passion  que  ces  religieux  avaient  pour  la  musique :  cfG'étoit,  dit 
rrPernetti,  un  traité  des  articles  de  foi  selon  leur  analogie  avec  la  musique,  ou 
tfla  musique  de  la  foi.  L'auteur  prétend  que  tout  ce  qui  appartient  à  la  foi  con- 
rrsiste  dans  le  poids  et  la  mesure;  il  dérive  de  là  le  rapport  de  la  foi  avec  la 
rr  musique.  Le  bécarre  et  le  bémol  y  ont  leur  comparaison;  la  basse,  la  taille  et  la 
T haute-contre  désignent  la  foi,  l'espérance  et  la  charité;  les  articles  de  foi  sont 
remarqués  par  les  jointures  des  doigts;  c'est  la  tablature  des  sons'^'.  n  Le  Lyonnais 
François  de  Larbent,  auteur  de  ce  singulier  travail,  l'avait  légué  à  Gharles  de 
Lorraine,  archevêque  de  Reims,  qui  le  donna  aux  Gélestins. 

On  avait  joint  à  cette  bibliothèque,  dont  l'accès  était  assez  facile  pour  les  sa- 
vants'^', un  cabinet  de  curiosités,  où  l'on  voyait  deux  momies  d'une  très-belle 
conservation 

Le  dernier  bibliothécaire  des  Gélestins  fut  le  père  L.-F.  Daire,  qui  donna  plu- 
sieurs manuscrits  au  couvent ''"'. 

Nous  ne  connaissons  qu'un  seul  catalogue  de  la  bibliothèque  des  Gélestins.  Il 
est  rédigé  par  ordre  alphabétique,  ne  porte  pas  de  date,  et  forme  un  volume 
in-folio  qui  a  pour  titre  :  Bibliotheca  Cœleslmorum  Parisiensiiim.  On  trouve  à  la  suite  : 
Catalogue  des  Livres  que  le  R.  P.  Ohry  a  mis  à  la  Bibliothèque  le  i5  mars  1661  ;  puis, 
Appendix  Bibliothecœ  PP.  Celestinorum  Parisiensium,  ordine  alphabetico  per  auctorum 
agnomina^^^\ 


J.-M.  Guichard,  Notice  sur  le  Spéculum  huma' 
nœ  salvalionis ,  p.  36. 

D.  Becquet,  Celestinorum  monasteriorumfun- 
dationes,  p.  ly. 

A.  Ghevillier,  Origine  de  l'impr.  de  Paris,  p.  79. 

Le  véritable  titre  de  ce  manuscrit,  qui  forme 
trois  volumes  in-folio,  est  ainsi  conçu  :  Cy  est  le 
livre  appelé  le  Songe,  adressant  au  blanc  faucon  a 
bec  et  pieds  dorés. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris, 
t.  IV,  p.  a6/i. 

Hurtaut  et  Magny,  Dictionnaire  historique  de 
Paris,  t.  II,  p.  i32. 


Jordan,  Histoire  d'un  voyage  littéraire  fait  en 
ijsS,  p.  116. 

Pernetti,  Recherches  pour  servir  à  l'histoire  de 
Lyon,  t.  I",  p.  33 1. 

Durey  de  Noinville ,  Dissertation  sur  les  bi- 
bliothèques, p.  5o. 

Le  géographe  parisien ,  etc.  t.  I",  p.  SaS.  — 
Jèze ,  Etat  ou  tableau  de  la  ville  de  Paris  relativement 
à  l'utile,  etc.  p.  197. 

Voyez  le  Catalogue  des  manuscrits  déposés  chez 
les  Célestins  par  le  P.  Daire.  Bibliothèque  impériale, 
manuscrits,  fonds  français,  n"  iSago. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  3 188. 


CÉLESTINS.  99 

Les  Gélestins  avaient  pour  armoiries  :  cr  d'azur  à  une  longue  croix  entortillée 
ff  d'une  S  d'argent  et  accostée  de  deux  fleurs  de  lis  d'or;n  ces  diiTérentes  pièces 
se  retrouvent  dans  l'estampille  de  la  bibliothèque  : 


LS  désigne  la  ville  de  Sulmone  où  était  le  monastère  du  Saint-Esprit,  cliel- 
iieu  de  Tordre,  et  les  deux  Heurs  de  lis  avaient  été  accordées  aux  Gélestins  par 
Philippe  le  Bel.  L'estan^pille  que  nous  venons  de  reproduire  était  frappée  en  or 
sur  les  plats  des  volumes.  On  ne  la  rencontre  jamais  dans  l'intérieur;  elle  y  est 
remplacée  par  des  inscriptions  manuscrites  qui,  conformément  aux  termes  du 
règlement  de  la  bibliothèque,  indiquent  à  la  fois  le  nom  de  la  congrégation  et 
celui  (hi  couvent  : 

ISTE  LIBER  EST  DE  CENOBIO  CELESTINORUM  DE  PARISIUS. 
ISTE  LIBER  EST  MONASTERII  CELESTINORUM  BEATE  MARIE  DE  PARISIUS. 
CELESTINORUM  PARISIENSIUM. 
ISTE  LIBER  EST  DE  CONVENTU  FRATRUM  CELESTINORUM  DE  PARISIUS. 
DES  CELESTINS  DE  PARIS. 

Les  Gélestins  poussèrent  si  loin  le  désordre  et  l'immoralité,  qu'en  1778  on  fut 
contraint  de  les  supprimer;  ils  obtinrent  plus  tard  de  rentrer  dans  leur  couvent. 

i3. 


100  LES  A^CIEN?^ES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Mais,  pendant  l'année  qui  précéda  leur  disgrâce,  ils  vendirent  en  secret  un  grand 
nondîre  de  volumes  dont  la  majeure  partie  fut  achetée  par  le  duc  de  La  Val- 
lière  et  le  marquis  de  Paulmy'-'. 

L'église  des  Célestins,  i-emplie  de  monuments  liis1ori(|ues  de  la  ])lus  haute  im- 
portance, a  été  démolie  après  la  Révolution,  et  ce  qui  i-estait  des  hâtimeiits  fut 
alors  converti  en  caserne. 

Mémoires  secrets,  dits  (le  linchauinont ,  91  n\'vi\  Miilin,  Ariliqnités  nationales,  Célestins.  t.  1". 

1776,  t.  IX,  p.  i33.  1».  i<57. 


?ac-3iniile  héliographique. 


Flan  de  Jouvin  de  Kochefort  (  1676  ) 


COLLEGE  DE  JLSTICE. 


Jean  de  Justice,  clianlre  de  Bayeux  et  chanoine  de  Notre-Dame  de  Paris, 
mourut  en  i353.  Il  ordonnait  par  son  testament  qu'un  collège,  destiné  à  des 
étudiants  des  diocèses  de  Rouen  et  de  Bayeux,  serait  établi  dans  quelques  mai- 
sons qu'il  avait  acquises  de  l'Hôtel-Dieu,  et  qui  étaient  situées  rue  de  la  Harpe, 
presque  en  face  du  collège  de  Sens.  Ses  intentions  lui-ent  réalisées,  dès  l'année 
suivante  par  ses  exécuteurs  testamentaires,  Denis  Duclei-  et  Guillaume  Racine. 
Ceux-ci  rédigèrent,  quatre  ans  après,  les  statuts  du  collège,  et  l'un  des  articles 
qui  y  figurent  nous  prouve  qu'il  y  avait  déjà  dans  cette  maison  un  commence- 
ment de  bibliothèque.  «Chacun,  y  est-il  dit,  jurera  de  conserver  fidèlement 
fr comme  siens  les  livres  de  l'établissement,  et  de  ne  les  prêter  au  dehors  à  per- 
rr sonne.  Ces  livres  seront  déposés  et  enchaînés  dans  une  librairie,  où  tous  ceux 
trqui  en  auront  besoin  pourront  entrer  et  étudier.  Nous  voulons  qu'on  inscrive 
rravec  soin  sur  un  registre  conservé  dans  la  librairie  les  titres  des  volumes  et  les 
rt  noms  de  ceux  qui  les  auront  offerts  ii 

Nous  manquons  ensuite  de  renseignements  jusqu'au  milieu  du  xvi*  siècle.  Le 


Jaillot,  Quartier  Sainl-André-des- Arcs,  p.  85. 
—  Voyez  J.-V.  Le  Clerc,  dans  Vlltsloire  littéraire  de 
la  France,  t.  XXIV,  p.  2/16. 

tritem  quilibet  jurabit  libros  domus  siciit  suos 
fffideiiter  cuslodire,  nec  extra  (loinutn  aliciii  coni- 
frmodare.  Qui  siquidem  libri  in  una  libraria  inca- 


(T  tenati  ponanlur,  ubi  onines  qui  loquetuin  quœrere 
rrvoluerint  intrare  poleriint  et  studere.  Et  vohiimis 
rrquod  iioiiiina  libroruni  scribantur  in  libraria  in 
ff  registre  speciose,  et  noniina  illoruni  qui  prœdic- 
fftos  libros  erogaverunt. n  (Arcbives  de  l'Empire, 
série  M,  carton  n"  187.) 


102  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

fameux  président  Lizet,  mort  abbé  de  Saint-Victor  en  1 55^,  fit  de  grandes  libé- 
ralités au  collège  de  Justice,  et  lui  légua  sa  bibliothèque,  dont  le  très-curieux 
inventaire  est  conservé  aux  Archives  de  l'Empire.  Il  débute  ainsi  :  r?  Dudict  jour 
crde  vendredy,  quinziesme  jour  des  dicts  mois  et  an'^'.  .  .  .  furent  inventoriez  les 
ce  livres  trouvez  en  l'estude  de  la  maison  du  dict  defîunct  et  autres  lieux  en  icelle 
cf  maison,  apportez  et  inventoriez  en  icelle  estude.  .  .  .  par  Caillot  du  Pré  et  Jehan 
rcde  Roigny,  libraires  jurez  en  l'Université  de  Paris,  après  serment  par  eulx  faict 
cren  la  manière  accoustumée,  eu  égard  au  temps  qui  court '-^n 

Nous  citerons  quelques-uns  des  ouvrages  mentionnés  dans  cet  inventaire. 

PREMIEREMENT,  LES  LIVRES  DE  THEOLOGIE  ET  SAINCTES  LECTRES. 

Une  Bible  de  Anvers,  impression,  relié  en  ung  moyen  volume.  Prisée  quinze  sols  tournoys. 
Les  œuvres  sainct  Grégoire,  impression  de  Paris,  relliés  en  ung  volume.  Prisez  vingt  solz 
tournois. 

Les  œuvres  sainct  Jehan  Crisostome,  impression  d'AUemaigne,  relliés  en  cinq  volumes.  Prisez 
cent  solz  tournois. 

Les  œuvres  de  Berchorius     relliés  en  quatre  volumes.  Prisez  vingt  solz  tournois. 
Les  œuvres  de  sainct  Cirille,  impression  de  Paris.  Prisez  sept  solz  six  deniers  tournois. 
Les  œuvres  sainct  Hillaire,  impression  de  Paris.  Prisez  sept  solz  six  deniers  tournois. 
Les  œuvres  sainct  Clément,  impression  d'Allemaigne.  Prisez  douze  solz  six  deniers  tournois. 
Les  œuvres  de  Nicolas  Cusanus     reliés  en  deux  volumes.  Prisez  vingt  solz  tournois. 
Theopliilatus :  sur  les  Evangilles,  impression  d'Allemaigne.  Prisé  dix  solz  tournois. 
Les  œuvres  sainct  Ambroise,  relliés  en  trois  petitz  volumes.  Prisez  quinze  solz  tournois. 
Opuscula  sancti  Crisostomi,  tous  relliés  en  cinq  volumes.  Prisez  ensemble  quinze  solz  tournois. 
Ung  volume  des  Concilies  généraulx,  impression  d'Allemaigne.  Prisez  vingt  solz  tournois. 


AULTRES  LIVRES  TANT  DE  GRAMMAIRE,  POISIE,  PUILOZOPIIIE  QDE  HISTOIRES. 

Vita?  Plutarchi,  impression  de  Paris.  Prisé  douze  solz  six  deniers  lournois. 
Opéra  Platonis,  impression  de  Paris.  Prisé  douze  solz  six  deniers  tournois. 
Cornélius  Tacitus,  en  ung  grant  volume.  Prisé  douze  solz  tournois. 
Paulus  Emilius,  grant  volume.  Prisé  douze  solz  six  deniers  tournois. 
Baptista  Fulgosus,  grant  volume.  Prisé  dix  solz  tournois. 
Titus  Livius,  impression  de  Paris.  Prisé  dix  sept  solz  six  deniers  tournois. 
Appianus  Alexandrinius,  Angélus  Politianus,  Livius,  Eutropius,  Amuonius  monachus,  Dioni- 
sius  Halicarnassus,  reliiez  en  six  volumes.  Ensemble  prisez  trente  solz  tournois. 
Strabo  :  de  Citu  orbis.  Prisé  troys  solz  tournois. 

.\lexander  ab  Alexandro,  relié  en  ung  grant  volume.  Prisé  douze  solz  tournois. 


">  Juin  thbli. 

Archives  de  l'Empire ,  série  M ,  carton  n°  1 87. 

Savant  bénédictin  du  xiv'  siècle,  premier 
traducteur  de  Tite-Live.  —  Voyez  plus  loin, 
p.  1 10. 


Le  célèbre  cardinal  Chryiïlz  ou  Krebs,  connu 
sous  le  nom  de  Nicolas  de  Cusa. 

Il  ne  s'agit  pas  ici  de  Théophyiacte ,  rhistoricn 
byzantin;  mais  de  son  homonyme,  qui  fut  arche- 
vêque d'Acride  en  Bulgarie,  et  mourut  vers  1070. 


COLLEGE  DE  JUSTICE.  103 

AUTRES  LIVRES  EN  HUMANITE,  GRAMMAIRE  ET  HISTOIRES. 

Opéra  Xenoplientis,  rellié  en  ung  volume  couvert  de  perchemyn.  Prisé  quinze  solz  tournois. 
Marrobius  :  de  Bello  Gothorum...,  en  quatre  petitz  volumes.  Prisez  ensemble  dix  solz  tournois. 


AUTRES  LIVRES  TANT  EN  DROICT  CANON  QUE  CIVIL. 

La  lecture  O  de  Panorme rellié  en  neuf  petitz  volumes.  Prisé  six  livres  tournois. 
Lambertus  :  de  Jure  patronatus,  impression  de  Rome,  rellié  en  ung  volume.  Prisé  trente  solz 
tournois. 

La  lecture  de  Jo.  de  Turre  Cremata'^),  super  Decreto,  rellié  en  quatre  volumes.  Prisé  quatre 
livres  dix  solz  tournois. 

Innocentius:  super  Decretales.  Prisé  huict  solz  tournois. 

Cinq  volumes  delà  lecture  de  Panorme,  telz  quelz.  Prisez  ensemble  vingt  solz  tournois. 


LIVRES  EN  DROICT  CIVIL. 

Ung  cours  de  droict,  première  impression,  avec  les  Institutes  sans  sommaire,  rellié  en  six 
grans  volumes  telz  quelz.  Prisez  dix  solz  tournois. 

Ung  autre  cours  avec  les  glozes  et  sommaires  . . . ,  relié  en  cinq  moyens  volumes.  Prisez  sept 
livres  dix  solz  tournois. 

Angélus     :  super  Instituta.  Prisez  dix  solz  tournois. 

Jo.  Fabri(^)  :  super  Instituta.  Prisez  huict  solz  tournois. 

Matheus  de  Afïlicfis  :  in  Usibus  feudorum,  impression  de  Venise  C'',  rellié  en  trois  volumes. 
Prisé  cinquante  solz  tournois. 

Lectura  Fulgosi,  ung  volume.  Prisé  sept  solz  six  deniers  tournois. 

Lectura  Francisci  Aretini ,  relié  en  deux  volumes  telz  quelz.  Prisez  douze  solz  six  deniers  tournois. 
Quarente  cinq  grans  volumes  tant  de  traictez  que  répétitions  que  lectures  de  plusieurs  doc- 
teurs, non  parfaictz  ...  Prisez  ensemble  dix  livres  tournois. 


AUTRES  LIVRES  TANT  DU  DROICT  CANON  QUE  CIVIL,  RELLiÉS  EN  PARCUEJIYN. 

Ars  notariatus.  Prisé  sept  solz  six  deniers  tournois. 

Placentinus  super  Codice,  d'AUemaigne Prisé  sept  solz  six  deniers  tournois. 


AUTRES  LIVRES  EN  MEDECINE. 

Arnaldus  de  Villa  Nova     tel  quel.  Prisé  dix  solz  tournois. 


Le  mot  lectura  était  à  peu  près  synonyme  de 
glossa  ou  co?nmentariu,<t. 

Sans  doute  Antoine  Benaccelli,  dit  Panormita. 

Jean  de  Torquemada. 

Le  jurisconsulte  Angelo. 
'^^  Jean  Lefèvre,  jurisconsulte  français  qui  mou- 
rut en  i.S/io. 


^^'i  Matthieu  d'AfTIitto,  mort  vers  i5io. 
(')  i53/i,  in-folio. 

Sans  doute  l'édition  de  Mayence,  1.536,  in- 
folio. 

Les  œuvres  d'Arnauld  de  Villeneuve  furent 
publiées  pour  la  première  fois  à  Lyon,  en  i5o^i. 
in-folio. 


lOà  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PAULS. 

AUTRES  LIVRES  TANT  EN  DROICT  CANON  QUE  CIVIL,  RELLIEZ  EN  PARCHEMYN  ET  OOUVERS 

DE  PARCHEMYN. 

Lectura  Hipoliti  de  Marciliis '^),  rellié  en  ung  volume.  Prisé  quinze  solz  tournois. 
Concilia  Stephani  Bertrandi  de  Carpentras,  rellié  en  trois  vol  lûmes     Prisé  cjuarenle  cinq  solz 
tournois. 

Quatre  volumes  de  répétitions  imprimez  à  Venise.  Prisé  cent  solz  tournois. 
Concilia  Alexandii  de  Imola      rellié  en  deux  volumes.  Prisé  trente  solz  tournois. 
Lectura  Marci  Mantue      Prisé  vinj}t  solz  tournois. 

LIVRES  EN  THÉOLOGIE,  RELLIEZ  ET  COUVERTZ  DE  PARCHEMYN. 

Le  répertoire  des  œuvres  sainct  Augustin  et  sainct  Jhérosine,  reliiez  en  deux  volumes.  Prisé 
ensemble  dix  solz  tournois. 

Cassidiorus  :  de  Annima.  Prisé  dix  solz  tournois. 

LIVRES  EN  THÉOLOGIE,  BLANCS,  NON  RELLIEZ. 

Glossa  ordinaria  intellinaria ,  dernière  impression  de  Lyon,  non  rellié,  en  sept  volumes.  Prisé 
quinze  livres  tournois. 

Deux  opéra  Lizeti,  impression  de  Lyon  et  Paris.  Prisez  ensemble  vingt  solz  tournois. 

LIVRES  EN  DROICT,  AUSSI  BLANCS,  NON  RELLiÉS. 

Opéra  Alciati,  impression  d'Allemaigne,  avec  le  répertoire  en  six  volumes.  Prisé  soixante  solz 
tournois. 

Practica  criminalis.  Prisé  sept  solz  six  deniers  tournois. 

AUTRES  LIVRES  TANT  EN  HUMANITÉ,  HISTOIRES  QUE  POISIE,  NON  RELLIEZ. 

Les  œuvres  de  Cicero,  impression  d'Allemaigne.  Prisé  soixante  solz  tournois. 

Opéra  Aristolelis,  impression  d'Allemaigne,  trois  volumes.  Prisé  cinquante  solz  tournois. 


LIVRES  EN  FRANÇOIS. 

Perceval  le  Gallois.  Prisé  six  solz  tournois. 

Les  Coustumes  de  Bretaigne  et  Poiclou.  Prisez  ensemble  quatre  solz  lournoiz. 

Trente-cinq  volumes  tans  grans ,  moyens ,  que  petis ,  escriptz  à  la  main ,  tant  en  parclieinyn  que 
papiers,  telz  quelz.  Prisez  le  tout  ensemble  cinquante  solz  tournois. 

Plusieurs  meschans  papiers  tant  escriptz  à  la  main  que  imprimez.  Prisez  ensemble  ciiui  solz 
tournois. 

Le  collège  de  Justice  fut  recotistruil  eu  1761  et  réuni  à  l'Université  en  176/1. 

Imprimé  à  Bologne,  i5oi,  in-folio.  Alexandre  de  Imola  mourut  eu  1/187. 

Les  Conseils  et  non  les  Concî/es  d'Etienne  Marc Benavides.  surnommé  Marco  Maiiluano , 

Bertrand,  jurisconsulte  originaire  de  Carpentras.  mort  en  1689. 
ont  été  imprimés  en  i532  en  six  tomes  in-tolio. 


Pûc-simile  héliographique. 


Plan  de  Lacaille  (17i4). 


COLLÈGE  DE  BOISSY. 


Par  son  testament,  daté  de  i353,  Godefroy  de  Boissy,  clianoine  de  Chartres 
et  clerc  du  roi  Jean,  ordonna  qu'aussitôt  après  sa  mort  tous  ses  biens  seraient 
vendus  et  la  somme  qui  en  proviendrait  distribuée  aux  pauvres  de  Paris  et  de 
Boissy-le-Sec ;  à  moins,  ajoutait-il,  que  ses  exécuteurs  testamentaires  n'en  trou- 
vassent  un  meilleur  emploi.  Son  neveu,  Etienne  Vidé  de  Boissy,  ajouta  à  cette 
libéralité  une  pai'tie  de  sa  propre  fortune,  et  fonda  en  i  358,  dans  la  l'iie  du  cime- 
tière Saint-André,  un  collège  qu'il  destina  à  des  membres  de  sa  famille^'*.  C'est 
de  tous  les  collèges  de  Paris  le  seul  qui  ait  été  établi  sous  une  condition  de  ce 
genre.  A  défaut  de  membres  de  la  famille  Vidé,  les  boursiers  devaient  être  pris 
dans  le  village  de  Boissy  ou  sur  la  paroisse  Saint-Andrè-des-Arts;  mais,  dit  la 
charte  de  fondation  que  nous  traduisons  textuellement,  rr pourvu  qu'ils  soient  du 
f  petit  peuple,  point  nobles  et  pauvres,  comme  nous  et  nos  pères  l'avons  été.  n 
Les  statuts  ne  menlionnent  pas  la  présence  d'une  bibliothèque  dans  ce  collège; 
ils  ordonnent  seulement  la  lecture  de  la  Bible  pendant  les  repas.  L'établissement 
eut,  plus  tard,  de  riches  protecteurs,  Michel  Chartier  et  Guillaume  Hodey,  entre 
autres,  qui,  sans  doute,  s'efforcèrent  de  combler  cette  lacune;  mais  le  collège  fut 
si  mal  administré,  ([u'au  xvu*^  siècle  il  ne  possédait  plus  un  seul  volume. 

Son  principal,  Gervais  Lenoir,  y  vécut  pendant  quarante-six  ans  comme  dans 
une  maison  qui  lui  eût  appartenu  et  sans  y  admettre  aucun  écolier;  crie  collège 

Abroge  chronologique  de  la  fondation  el  histoire  du  collège  de  Boissij,  1 72  A  .  in-fol.  p.  1 . —     Article  7. 


106  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PAUIS. 

rotait  alors  dans  une  telle  obscurité,  qu'il  n'était  point  connu,  même  dans  la  rue 
f  on  il  est  situé.  '•> 

Des  réclamations  surgirent  enfin.  Un  arrêt  du  27  janvier  força  Lenoii-  ce  à  mettre 
rrun  écriteau  sur  la  porter  et  à  rendre  compte  des  revenus  de  l'établissement. 
Cette  dernière  clause  était  fort  embarrassante,  puisque  le  principal  avait  employé 
les  rentes  du  collège  à  ses  dépenses  personnelles.  Il  mourut  sur  ces  entrefaites, 
et  le  procès  traîna  en  longueur;  ses  héritiers  furent  cependant  condamnés,  le 
27  septendjre  1686,  à  restituer  au  collège  une  somme  de  i/i,5oo  livres  et  à 
lui  abandonne!'  la  bibliothèque  que  Lenoir  y  avait  i"asseniblée  ])our  son  propre 
usage'''. 

Cette  collection  semble  avoir  eu  une  réelle  importance.  On  consei've,  en  ell'et. 
aux  Archives  de  l'Empire  un  volume  in-folio  de  17/1  pages,  couvert  en  parchemin, 
(fui  est  intitulé  Catalogue  des  Livres  de  la  hihJiolèque  du  collège  de  Boisstj ,  et  qui 
comprend  la  liste  de  cinq  mille  volumes  environ.  Ceux-ci  sont  classés  avec  beau- 
coup de  soin  suivant  l'ordre  des  matières.  Vient  ensuite  le  catalogue  des  manus- 
crits, au  nombre  d'une  centaine,  puis  une  table  détaillée  par  noms  d'auteurs; 
enfin  une  liste  des  ouvrages  anonymes. 

Abrégé  chronologique  de  la foitdation  du  collège  de  Boissy,  p.  5.  —  Arcliives  de  l'Empire,  série  MM, 
rarinii  n°  ?)C)8. 


FiC-simile  héliographique. 


Flan  dit,  de  Turgot  (1739). 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI. 


I. 

Pépin  le  Bref  semble  èlre  le  premier  roi  de  France  qui  ait  songé  à  léunir 
quelques  \olumes;  ou  cite  comme  lui  ayant  a])partenu  un  Antiplionier,  un  Res- 
ponsal,  la  Dialectique  d'Aristote  et  les  livres  de  saint  Denis  l'Aréopagite,  présents 
du  pape  Paul  I"''*.  Son  fils  Cliarlemagne  rassembla  dans  son  palais,  à  Aix-la- 
Gbapelle^-  ,  une  biblioLlièque  vraiment  considérable  pour  l'époque,  rr  magnam 
frcopiam  libroruni,n  dit  Eginliard,  et  qui ,  suivant  Maichelius,  renfermait  plusieurs 
ouvrages  composés  ou  écrits  par  lui,  crin  qua  plui-es  codices  manu  ejus  exarali 
f  continebantur^'^l  t  On  dit  que  Gernandus  servit  de  bibliothécaire  à  Gharlemagnc'"', 
qui  eut  aussi  des  livres  an  monastère  de  saint  Gall  et  à  l'île  Barbe Leidrade, 
puis  Agobai'd,  tous  deux  archevêques  de  Lyon,  furent  successivement  à  la  tête*"*  de 


On  lit  (Inns  une  lettre  du  pape  I^aul  1"  ù  Pé- 
pin :  rDirexiiuns  etiani  Excellcnlissinue  l^rœcellen- 
r-tia?  vestr;e  et  libros,  quanlos  reperire  potuinuis, 
'■itl  est.  Antij)lionale  et  Responsale,  insiinnl  Arteni 
-oraniniaticani  Aristolelis,  Dionysii  Aiiopajjitai  li- 
rbros,  geonielricani,  oitli()!>rapbiani ,  graiiunali- 
-cani.  onines  grœco  eloquio  scriplores,  necnon  et 
-liorologiuni  noctui'nuni. ^  (Voyez  1).  Bouquet, 
liecueil  (les  historiens  des  Gaiilex,  t.  V,  p.  5i3.) 

rNam  ut  nunc  oniitlam  Caroliini  iMagnuiu. 
"illustrissiini  vestri  generis  auctorem  .  qui  et  biblio- 
:-lhecani  sin,oiilaiein  in  suo  palatio  instiluit .  etc. . . 


((j.  Gesner,  Bibliolheca  inslilula  etcollecla,  epislola 
nuncupatoria ,  p.  ,').) 

'  '  Maichelius ,  Introdiiclio  ad  liislorium  literariiuii 
de prœcipuis  biblioth.  p.  i.  —  .Sur  le.s  connaissances 
liltéiaires (le Cliarlemagne,  voy.  J.-J.  Ampère,  Ilisl. 
lin.  de  la  France  avant  le  xn'  siècle,  t.  III,  p.  36,  et 
B.  Hauréau,  Cliarlemagne  cl  sa  cour,  p.  ao  et  suiv. 

Morboff,  Pohjhislor,  t.  L  lib.  I,  j).  /i6. 

Bibliolheca  veterum  PatruiH ,  t.  XIV,  p.  2  33. 

Histoire  de  la  bibliothèque  du  lioij.  Bibliollièque 
Sainte-Geneviève,  manuscrit  Z  f  i .  Ce  manuscrit 
n'a  point  de  pagination. 


108  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

f-ettc  dernière  collection.  MaLillon  cite  un  diplôme  de  Charlemagne  qui  autorise 
les  religieux  de  Saint-Bertin  à  tuer  dans  ses  forêts  les  cerfs  et  les  daims  dont  les 
peaux  seraient  nécessaires  pour  la  reliure  des  ouvrages  appartenant  à  l'abbaye  ('\ 
L'empereur  ordonna  en  mourant  que  tous  ses  livres  seraient  vendus,  et  l'argent 
qui  en  proviendrait  distribué  aux  pauvres 

Louis  le  Débonnaire  et  Charles  le  Chauve  possédèrent  quelques  volumes, 
rriibri  in  thesauro.  Le  premier  eut  successivement  pour  bibliothécaires  Ebbon, 
archevêque  de  Reims,  et  le  poète  Garward La  bihliothèque  du  second  était 
sous  la  garde  d'Hilduin  abbé  de  Sithiu,  puis  de  Saint-Denis,  qui  avait  compilé 
pour  Louis  le  Débonnaire  la  Vie  de  saint  Denis.  Charles  partagea  ses  livres  entre 
son  fils  et  les  abbayes  de  Saint-Denis  et  de  Compiègne  '^l  Dans  le  nombre  se 
trouvait  le  magnifique  manuscrit  encore  connu  sous  le  nom  de  Bible  de  Charles  le 
Chauve,  et  qui  est  un  des  plus  précieux  monuments  littéraires  de  la  seconde  race; 
le  début  de  chacun  des  livres  de  l'Ecriture  sainte,  et  parfois  des  pages  entières, 
sont  tracées  en  lettres  d'or  qui  ont  conservé  leur  lustre  et  leur  éclat Possédé 
longtemps  par  l'abbaye  de  Saint-Denis,  les  religieux,  au  xvi*  siècle,  songèrent 
à  se  défaire  de  cet  admirable  manuscrit;  Henri  IV  le  leur  confisqua,  et,  le 
ao  août  i5()5,  un  arrêt  du  Parlement  ordonna  qu'il  serait  déposé  à  la  biblio- 
thèque du  Hoi.  11  en  a  été  récemment  enlevé,  et  est  aujourd'hui  conservé  au 
Musée  des  souverains. 

Les  témoigages  de  l'amour  de  Louis  IX  pour  les  livres  sont  nombreux Il 


ffConcessimus  Autlando  abbali  et  uionacliis 
ffcx  monasterio .  .  .  ubi  sancti  Audomariis  atque 
ffBertinus  Christi  confessores  corporc  i-equiesciinl . 
(fiit  ex  nostra  indulgentia  in  eoruin  proprias  sil- 
ffvas  licentiam  liaberent  eoriini  bomines  veiialio- 
ffiiem  exercere,  unde  fratres  consolationem  habere 
rrpossint,  tani  ad  vobimina  bbrorum  tegenda .  .  . 
ffData  VII  kal.  apribs,  aniio  \\  regiii  noslri.^i  (Ma- 
rrbillon,  De  re  diplomatica ,  lib.  VI,  p.  611,  n°  cxcix. 
—  Voyez  encore  ie  Carlulaire  de  l'iihhdije  de  Saint- 
lieiiin,  t.  T',  p.  ^S.) 

trStatuit  ut  ab  bis,  qui  eos  babere  velleiit, 
ffjiisto  pretio  fuissent  redenipti,  pretiiiniquo  in 
ffpauperes  erogalum.n  (Eginbard,  Vila  Caroli  impc- 
raloris,  cap.  xxxiii.) 

Histoire  littéraire  de  la  France,  t.  IV,  p.  9 2 3. 

<*'  Morbolï,  Polyhistor,  t.  I,  lib.  I,  p.  fiô.  — 
Struvius ,  Introductio  ad  nolitiam  rei  litterariw ,  p.  ()5 . 

''^^  frLibri  nosiri  qui  in  ibosauro  nostro  sunt,  si- 
ffcut  disposiluni  babeiiuis,  inler  Sanctum  Diony- 
frsium  et  Sanclain  Mariam  in  Conipendio  et  lîbum 
Tuoslruni  disperliantur.  "  (Ét.Baluze,  Uegum  Frnn- 
corum  capitularia ,  t.  Il,  col.  aO/i.) 


On  le  trouve  décrit  dans  le  nouveau  Traité  de 
diplomatique,  t.  III,  p.  88. 

'  '  Voici  l'un  des  plus  naïfs  :  frLi  benoiel  saint 
rfLoys  enlendanz  que  len  ne  doit  pas  despendre  le 
fftens  en  clioses  oiseuses  ne  en  demandes  curieuses 
ffde  cest  monde,  lequel  tens  doit  estre  emploié  en 
rrcboses  de  pois  et  meilleurs,  sestude  il  metoit  a 
fflire  sainte  escriture;  car  il  avoit  la  bible  glosée, 
•ret  originaux  de  saint  Augustin  et  dautres  sainz ,  et 
^'autres  livres  de  la  sainte  escripture,  csquex  il 
f'iisoit  et  fesoit  lire  moult  de  foiz  devant  lui  el  tens 
rdentro  disner  et  beure  de  dormir,  cest  a  savoir, 
••quant  il  dormoit  de  jour;  mès  pou  li  advenoit 
rrque  il  dormist  a  tele  beure;  et  quant  il  convenoit 
«■que  il  dormist,  sidemoioit  il  pou  en  son  dormir. 
irEt  ce  meemes  fesoit  il  moult  de  foiz  après  dormir 
n-jusques  a  vespres,  quant  il  nestoit  emI)esoigné  de 
rrcboses  pezans .  .  .  Cbascunjour.  ..  il  senraloit  en 
rrsa  cbambre;  et  adoncques  estoit  alumee  une  cban- 
rrdele  de  certaine  longueur,  cest  a  savoir  de  trois 
rrpiez  ou  environ;  et  endenientiei'es  que  ele  duroit. 
■r  il  lisoit  en  la  bible  ou  en  un  autre  saint  livre  ;  et  quant 
rrla  cbaiidele  estoit  vers  la  (in,  un  de  ses  cba])elains 


4 


RiniJOTHEOUK  DU  UOI.  109 

autorisa  les  savants  à  venir  consulter  un  certain  nombre  d'ouvrafijcs  qu'il  avait 
réunis  dans  une  salle  spéciale  à  la  Sainte-Chapelle.  Lui-même  s'y  rendait  pai'l'ois, 
à  ses  heures  de  loisir,  pour  y  lire  (juelques  traités  des  Pères  de  TEf^lise  qui  avaient 
été  copiés  par  ses  ordres;  mais,  en  mourant,  il  partagea  cette  collection  entre  les 
quatre  communautés  religieuses  qu'il  ailectionnait  le  plus^''. 

C'est  ])our  Philip])e  le  Hardi  que  le  dominicain  Laurent  composa,  en  i  -a-yC),  la 
Somme  des  vices  et  des  vertus,  qui  l'esta  si  longtemps  célèbre. 

Philippe  le  Bel  et  ses  trois  fds  léguèvent  leurs  livres  à  des  couvents.  Au  reste, 
dans  l'inventaire  qui  fut  dressé  après  la  mort  de  Louis  le  Hutin,  on  ne  voit  figu- 
rer, en  dehors  des  ouvrages  de  dévotion,  qu(»  cinq  volumes^'  :  le  Roman  du  Reclus, 
le  Tournoiemenl  de  rAiilechrisl,  un  Traité  des  Echecs  et  deux  Chronifjues. 

Philippe  VI  aima  trop  la  guerre  ])our  songer  à  rassembler  une  bibliothèque. 
Le  roi  Jean ,  au  contraire,  protégea  les  lettres  et  encouragea  les  essais  qui  se  pro- 
duisirent sous  son  règne.  Il  rechei'chait  déjà  les  beaux  livres  alors  qu'il  n'était 
(jue  duc  de  Normandie,  car  un  acte  du  a/i  octobre  iS/iy  nous  apprend  que 
Thomas  de  Maubeuge,  libraire  à  Paris,  lui  avait  vendu  rrun  roumant  de  mo- 
r alité  sur  la  Bible  ii  quatoi'ze  florins  d'or  '^l  On  conserve  à  la  Bibliothèque  impé- 
riale un  volume  à  la  fin  duquel  est  écrit : 


et  ces  lignes  sont  d'autant  plus  précieuses  qu'on  ne  connaît  d'autres  signatures  du 
roi  .lean  que  celle-ci  et  celle  qui  figure  au  bas  d'une  lettre  adressée  à  son  fds  le 
19  juillet  1.357  i358.  Il  avait  avec  lui,  le  jour  du  désastre  de  Poitiers,  un 
exemplaire  de  la  Bible  qui  est  aujourd'hui  au  British  Musevm,  et  sur  lequel  on  lit  : 
rrCest  livre  fust  pris  ove  le  roy  de  Fraunce  à  la  bataille  de  Peyters  ii 

Pendant  sa  captivité,  il  montra  les  mêmes  préoccupations.  Le  aB  janvier  i358, 
on  voit  figurer  dans  ses  comptes,  pour  32  deniers,  rr  Marguerite  la  relieresse,  pour 


rrestoil  apelé,  et  lors  il  disoit  compile  avecqiies  lui.  1 
(  Vie  de  saint  Louis,  par  le  confesseur  de  la  reine 
Marguerite ,  dans  le  Recueil  des  tiisloriens  des  Gaules , 
t.  XX,  p.  79.) 

Voyez,  t.  1",  p.  2i3,  la  notice  sur  la  biblio- 
thèque de  la  Sainte-Chapelle. 

Histoire  de  In  hibliotJièque  du  Botj;  manuscrit  de 


la  bibliothèque  Sainte-Geneviève.  (Voyez  à  la  fin  de 
cette  notice.  ) 

L.  de  Laborde,  Les  ducs  de  Bourgogne,  t.  f". 
p.  /i5(). 

Bibliotlièque  impériale,  manuscrits,  fonds 
français,  n°  6y. 

'  Documents  inédits,  rapport  au  ministre,  p.  1 18. 


110  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

rr  relier  un  livre  où  la  Bible  en  françois  estoit  contenue  ,  et  le  couvrir  tout  de  neuf, 
ret  mettre  quatre  fermoirs  neux;r  et  pour  3  sols  G  deniers,  le  12  mars,  cr  Jacques 
^•le  relieur  de  livres,  pour  relier  un  des  bréviaires  de  la  chapelle,  mettre  unes 
rrais  toutes  neuves,  et  le  couvrir  d'une  pel  vermeille,  le  broder  et  blanchir;- 
puis  crpour  avoir  mis  quatre  clés  de  laiton  et  les  petits  clous  à  les  estachiers  à 
rMin  l'oman  de  Guilont' L'année  suivante,  rrafin  que  Philippe,  son  quart  fds, 
rduc  de  Bourgoigne,  évitast  le  péchié  d'oiseuse,  ^i  Jean  commande  à  son  premier 
chapelain  Gaces  delà  Buigne  un  poëme  sur  la  chasse.  A  Londres,  au  moment  de 
rentrer  en  France  après  la  paix  de  Bréligny,  il  achète  un  manuscrit  de  Garin  le 
Loherain  rpour  un  noble  ou  G  sols  8  deniers,  n  et  le  Tournoiement  de  l' Antéchrist 
pour  1 0  sols. 

Jean  ne  possédait  cependant  au  moment  de  sa  mort  qu'une  douzaine  de 
volumes  :  deux  Bibles  latines,  lemarquables  par  l'élégance  de  l'écriture,  le  fini 
des  vignettes  et  la  beauté  du  vélin,  des  fragments  de  la  version  fiançaise  de  la 
Bible  commencée  par  Jean  de  Sy;  la  MoraJilc  des  nobles  hommes  sur  le  jeu  des 
échecs  et  le  Miroir  liislorial  de  Vincent  de  Beauvais,  traductions  qui  furent  présen- 
tées au  roi  par  Jean  de  Vignay,  religieux  de  Saint-Jacques  du  Haut-Pas  un 
dialogue  latin  composé  par  Guillaume  de  Couches,  et  où  Henri  II,  duc  de  Nor- 
mandie, figure  comme  interlocuteur;  un  très-riche  bréviaire;  un  extrait  des  Chro- 
niques de  Nangis  et  de  Guillaume  de  Tyr;  le  roman  du  Saint-Graal;  la  traduction 
de  Tite-Live  ^^"^  faite,  sur  l'ordre  du  i"oi,  par  le  bénédictin  Pieri-e  Bercheure  ;  un 
missel;  enfin  Garin  le  Loherain  ,  le  Roman  du  Picnard  et  le  Tournoiement  de  V Antéchrist, 
tous  trois  achetés  par  le  roi  en  Angleterre. 

Cette  petite  bibliothèque  ne  pouvait  que  s'augmenter  entre  les  mains  de 
Ciiarles  V,  qui  montrait  un  vif  amour  pour  l'étude  et  les  dispositions  les  plus 
bienveillantes  en  faveur  des  lettres'^'.  Robert  Gaguin,  et  après  lui  le  P.  Jacob  et 


Henri  d'Orléans  (duc  d'Aumale) ,  Notes  et  do- 
cuments retalifs  à  Jean,  roi  de  France ,  et  à  sa  cap- 
tivité en  Angleterre,  p.  97  et  109. 

ffA  très  noble  et  excellent  prince,  Jehan  de 
r- France,  duc  de  Normandie,  et  aisné  fils  de  Phi- 
r lippe,  par  la  grâce  de  Dieu  roy  de  France,  je 
'•Jelian  de  Vignay,  vostre  petit  religieux  entre  les 
'raultresde  voustre  seigneurie,  paix ,  santé  et  joye, 
rret  victoire  sur  vos  ennenn's.  Très  cher  et  redoubté 
iT seigneur,  pour  ce  que  j'ay  entendu  et  sçay  que 
rfvons  v(?ez  et  ouez  volentiers  choses  proufitables 
rret  lionnestes.  et  qui  tendent  à  l'information  de 
ff  bonnes  meurs,  ayje  mis  un  pelit  livret  de  latin  en 
ffrançoys,  lequel  m'est  venu  à  la  main  nouvelle- 
ff nient...  71  (Les  Ecliecs  moralises,  prologue.) 

frC'est  le  ronimans  de  Titus  Livius.  et  premiè- 


rr rement  s'ensuit  le  prologue  du  translateur.  A 
frprince  do  très  souveraine  excellence,  Jehan,  roy 
r-de  France  par  grâce  divine,  frère  Pierre  Berceure, 
ff  son  petit  serviteur,  prestre  à  présent  de  Saint-Eloy 
ffde  Paris,  toute  humble  révérence  et  subjection. 

[i)  Pierre  Berceure  ou  Berchoire,  et  plus  exacte- 
ment Bersuire,  du  nom  de  Bressuire,  sa  ville  natale. 

ffDès  le  temps  que  vouseustes  premièrement 
ffcognoissance,  vous  avez  lousjours  aymé  science,  el 
ffhonnoré  les  bons  clercs,  et  estudié  continuelle- 
ffinenl  en  divers  livres  et  sciences,  se  vous  n'avez 
ffcu  aultre  occupacion.  Et  avez  l'ait  faire  et  trans- 
fflater  plusieurs  livres,  tant  pour  plaire  à  vous, 
ff  comme  pour  proufTiter  à  vos  subgectz.-^  (Haoul  di' 
Presles.  Traduction  de  la  Cite  de  Dieu,  prologue  du 
translateur.) 


RinLIOTHKQUE  DU  ROI.  III 

E.  Duboulay,  ont  dit  que  ce  prince  ijjnorait  la  lan<}iie  latine;  niais  cette  assertion, 
très-invraisenihlable,  est  démentie,  de  la  manièi-e  la  plus  formelle,  par  Christiiu; 
de  Pisan^'^  Il  faut  cependant  reconnaître  que  les  ouvrages  entrepris  sur  l'initiative 
de  Charles  V  sont  presque  (ous  des  traductions  du  latin  et  dn  grec  en  français  : 
rrde  si  grant  providence  f u  ,  pour  la  grant  amoui'  (ju'il  avoit  à  ses  successeurs,  (pic 
cran  temps  à  venir  les  volt  pourveoir  d'enseigneniens  et  sciences  introduisiblcs  à 
rr toutes  vertus,  dont  pour  celle  cause  fist  par  solennelz  maistres,  et  soufïisans  en 
cr  toutes  les  sciences  et  ars^'-',  translater  de  latin  en  françoiz  tous  les  plus  notables 
r  livres Son  précepteur,  Nicolas  Orcsme,  devenu  grand  maître  du  collège;  de 
Navarre  traduisit  les  PoUliques,  les  Klliùjucs,  les  Kionomiqiies  et  le  Traité  du  ciel 
et  dumonde  d'Aristote  ainsi  que  les  Remèdes  de  tune  et  l' autre  fortune  de  Pétrarque. 
Evrard  de  Gonty,  médecin  du  roi,  entreprit  une  version  des  Problèmes  d'Aristote 
Jean  Golain,  Goulain  ou  Golein,  provincial  des  Carmes,  mit  en  français  le  Ratio- 
iial  des  divins  offices  ^'^\  les  Collations  de  Jean  Cassien,  plusieurs  opuscules  de  Ber- 


Le  livre  dci  fait  cl  boniieti  meurs  du  stiffc  roi/ 
Charles  V;  voyez  le  chapitre  xii,  inlilulé  ('i  dit  coin- 
inenl  le  roij  Charles  aiinoil  lirres  et  des  belles  Innitlacions 
qu'il  en fist  faire  :  rr...Mais  non-obstanl  que  l)ien  en- 
rrlendist  le  latin ,  et  que  ja  ne  fust  besoing  que  on  lui 
rrexposasl... et  encore  chapitre  m  :  rrll  éloit  anieur 
(le  la  sapience  et  niesmes  imbué  eu  ycelle...  El  pour 
ffce  que  peut  estre  n'avoit  le  latin,  pour  la  force  des 
termes  soubtilz ,  si  en  usage  comme  la  langue  fran- 
rrçoise,  list  de  llie'ologie  translater  plusieurs  livi'esde 
frS.  Augustin  et  autres  docteurs.')  Voyez  aussi  Tabbe' 
Lebeuf,  Dissertations  sur  l'histoire  ecclésiastique  et 
civile  de  Paris,  t.  111,  p.  Sgo. 

fril  fist  en  tous  pays  querre  et  cberchier  et 
rr appellera  soy clercs  solemnels,  philosophes  fondez 
rren  sciences  mathématiques  et  sp(?culatives.  «  (Chris- 
tine de  Pisan,  Le  livre  des  fais  et  bonnes  meurs,  etc. 
i"  partie  ,  chap.  xv.) 

Christine  de  Pisan ,  Le  livre  des  fais  et  bonnes 
meurs,  etc.  S'  partie,  chap.  xii. 

Duboulay,  Hist.  Universitatis  Parisiensis ,  l.  IV , 
p.  977. —  rfOresme...  fit  prendre  [à  Charles]  legoust 
ff  des  belles  lettres ,  c'est  pourquoy  ce  prince  luy  donna 
frordre  de  chercher  des  livres  pour  en  composer  une 
rr bibliothèque,  n  (Histoire  de  la  bibliothèque  du  Roy, 
manuscrit  de  la  bibliothèque  de  Sainte-Geneviève.) 

Oresme  reçut  cent  francs ,  en  1871,  pour  la 
traduction  des  Ethiques;  celle  des  Politiques  fut  r('- 
compensée  par  une  pension  :  voyez  Crevier,  Histoire 
de  l'Université  de  Paris,  t.  II,  p.  /127  ,  et  Van  Praet, 
Inventaire  ou  catalogue  des  livres  de  l'ancienne  biblio- 
thèque du  Louvre,  p.  60.  Enfin  Oresme  termine  en 


ces  termes  sa  version  des  livres  du  ciel  et  du  monde  : 
"YA  ainsi,  à  l'aide  de  Dieu,  j  ay  accompli  le  livre 
trdu  ciel  et  du  monde,  à  commandement  de  très 
rrexcellent  prince  Charles,  quint  de  cestnom.par 
ffla  grâce  de  Dieu  roy  de  France;  lequel,  en  ce  fui- 
Tsant,  m'a  fait  évestpie  de  Lisieux.'^ 

G.  Naudé,  De  anliquitate  et  dignilale  scholw 
mcdieœ  Parisiensis ,  p.  hh. 

L'exemplaire  original,  qui  est  aujounfhui  à 
la  Bibliothèque  impériale  ( fonds  français ,  n"  iSy), 
porte  la  signature  de  Charles  V  : 


El  ces  lignes  également  tracées  de  la  main  du  roi  : 


112  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

nard  Gui,  et  les  Chroniques  de  Guillaume  de  Burgos.  Jean  Corbeclion^^'  ou  Corbi- 
clioii,  religieux  augustin  et  chapelain  du  roi,  donna  une  version  de  la  compilation 
encyclopédique  que  Barthélémy  de  Glanville  avait  publiée  sous  le  titre  de  Proprielate 
rermn.  Cet  ouvrage  fut  très-souvent  réimprimé  dans  la  suite  à  la  fin  d'un  exem- 
plaire sans  date  qui  est  aujourd'hui  conservé  à  la  Bibliothèque  impériale,  on  lit  : 
rr  Cestuy  livre  des  Propriétez  des  clioses  fut  translaté  de  latin  en  francoys  l'an  de 
cf  grâce  mil  ccc.lxxu,  par  le  commandement  de  très  puissant  et  noble  prince  Charles 
crie  quint  de  son  nom,  régnant  en  ce  tems  en  France  puissamment.  Et  le  translata 
ffson  petit  et  humble  chapelain  frère  Jehan  Gorbichon,  de  l'ordre  Saint-Augustin,  n 
Simon  de  Hesdin  olfrit  à  Charles  V  une  traduction  des  sept  premiers  livres  de 
Valère  Maxime version  qui  fut  terminée  en  i/ioi  par  Nicolas  de  Gonesse;  on 
conserve  à  la  bibliothèque  Mazarine  un  magnifique  manuscrit  (xiv''  siècle)  de  cet 
ouvrage.  Raoul  de  Presles  fît  pour  le  roi  la  première  traduction  française  de  la 
Cité  de  Dieu  de  saint  Augustin'*';  commencée  le  jour  de  la  Toussaint  1871,  elle 
fut  achevée  le  1"  septembre  1  876,  et  récompensée  par  une  pension  de  koa  livres, 
plus  tard  portée  à  600  livres.  Charles  V  commanda  encore  à  Jacques  Bauchant 
une  traduction  des  Voies  de  Dieu,  et  à  Denis  Foulechat  le  Pohjcratique  de  Jean 
de  Salisbury.  Ces  ouvrages,  et  beaucoup  d'autres  «que  plusieurs  scavans  per- 
ffsonnages  présentèrent  encore  à  Charles  V,  et  qu'il  recevoit  très  volontiers '^',  t) 
prirent  place  dans  sa  bibliothèque. 

Charles  V  avait  employé  des  sommes  considérables  à  la  restauration  du  château 
du  Louvre  qu'il  voulait  transformer  en  manoir  d'habitation.  11  y  installa  sa  biblio- 
thèque, qui  était  restée  jusque-là  dans  le  palais  de  la  Cité;  deux  étages  d'abord, 
puis  les  trois  étages  de  l'une  des  tours,  furent  consacrés  aux  livres  du  roi. 

M.  Le  Roux  de  Lincy  a  publié,  d'après  un  manuscrit  de  la  bibliothèque  de  l'Ar- 
senal, le  compte  des  dépenses  faites  par  Charles  V  au  château  du  Louvre'^';  et  ce 


Ce  Jean  Corbeclion  paraît  avoir  eu  une  bibliothèque  assez  nombreuse;  on  lit  en  efTet,  sur  plusieurs 
manuscrits  du  \iv'  siècle,  la  mention  suivante  : 


Voyez,  entre  autres,  à  la  bil)liotlièque  Mazarine 
les  manuscrits  cotes  169  et  3i3. 

rrLe  grand  propriétaire  de  toutes  choses  très 
«rutiles  et  profitables  pour  tenir  le  corps  humain  en 
cr santé,  contenant  plusieurs  et  diverses  maladies,  et 
«dont  ils  procèdent,  et  aussi  les  remèdes;  idem, 
ffles  propriétés  du  ciel,  de  la  terre,  des  bestes,  des 
rroyseaulx.  .  .  translaté  de  latin  en  François  par 
ffpar  M.  Jean  Corbechon,  docteur  en  théologie,  s 
i'aris,  1  556,  in-folio. 


frCy  commence  la  translation  de  Valère  le 
ffGrant,  laite  et  compilée  par  frère  Simon  de  Hes- 
ffdin,  de  l'ordre  de  Saint  Jehan  de  Jérusalem,  doc- 
rrleur  en  théologie  à  Paris,  à  la  requeste  de  très 
ffhault  et  très  puissant  prince  Charles  le  quint,  roy 
rrde  France,  n 

C'est  le  premier  livre  imprimé  à  Abbeville  , 
1  ^86 ,  2  vol.  in-folio. 

L.  Jacob ,  Traicté  des  plus  belles  hihlioth.  p.  hh2>. 

Bevuc  arcliéologhjve ,  année  i85'2. 


HIBLIOTllEgUE  DU  ROI.  113 

document,  qui  renlermc  j)lusieurs  particularités  intéressantes,  nous  apprend  que 
l'appropriation  du  nouveau  local  lut  entreprise  dans  les  premiers  mois  de  l'année 
1867.  Par  un  marché  passé  le  i/i  mars,  Jacques  du  Parvis  et  Jean  Grosbois, 
Imchiers,  se  cliargèrcnt,  moyennant  5o  francs  d'or,  de  diminuer  d'un  pied  et  de 
transporter  à  la  tour  du  Louvre  les  pupitres  et  les  roues  qui  garnissaient  la  bihlio- 
thè([ue  de  la  Cité;  ils  Iburnirent  en  même  temps  d'autres  sièges  trde  merien 
frnuefn  pour  remplacer  les  anciens  qui  furent  trouvés  crtrop  viez^''.ii  Le  nouveau 
local  fut  organisé  avec  un  grand  luxe;  les  murs  de  la  salle  du  premier  étage 
furent  entièrement  lambrissés  de  bois  d'Irlande  sculptés,  et  les  voûtes  recouvertes 
de  bois  de  cyprès.  Le  k  mai  i368,  on  paya  18  francs  d'or  au  crcagetiern  Pierre 
Lescot,  qui  avait  garni  les  deux  étages  de  grillages  destinés  à  défendre  les  livres 
des  atteintes  des  croyseaux  et  autres  bestes'^'.  ■ii  Les  volumes,  suivant  la  coutume 
de  cette  époque,  étaient  enchaînés  et  posés  à  plat  sur  des  lettrins  ou  pupitres 
disposés  tout  autour  de  la  pièce  Enfin,  ce  qui  tendrait  à  faire  supposer  que 
le  roi  venait  parfois  travailler  au  mUieu  de  ses  livres,  il  avait  voulu  que  trente 
chandeliers  et  une  lampe  d'argent  y  restassent  allumés  pendant  la  nuit'*>. 

La  situation  de  la  tour  qui  renfermait  cette  bibliothèque  a  été  déterminée  de  la 
manière  la  plus  rigoureuse  par  M.  A.  Berty  dans  son  travail  sur  la  Topographie 
historique  du  vieux  Paris^^\  Appelée  d'abord  rr  tour  de  la  Fauconnerie  -n  elle  occu- 
pait l'angle  nord-ouest  du  Louvre,  et  prit  le  nom  de  retour  de  la  Librairies  après 
que  Charles  V  y  eut  installé  ses  livres. 


rrA  Jacques  du  Parvis  et  Jean  Grosbois,  hu- 
-chiers,  pour  leur  peine  d'avoir  dessemblé  tous  les 
ff bancs  et  deux  roes  qui  esloient  en  la  librairie  du 
(rRoy  au  palais,  et  iceux  faict  venir  aud.  Louvre, 
i-avec  les  lettrins  et  icelles  roes  estre'cies  chacune 
-d'ini  pied  tout  autour;  et  tout  rassemble'  et  pendu 
"les  lettrins  es  deux  derraines  estages  de  la  tours, 
ffdevers  la  Fauconnerie,  pour  mettre  les  livres  du 
rrRoy;  et  lambroissié  de  bois  d'Illande  le  premier 
ffd'iceux  deux  estages  tout  autour  par  dedans,  au 
rpris  de  l  francs  d'or,  par  niai'cbé  faict  à  eux  par 
Tled.  raaistre  Jacques,  xiv"  jour  de  mars  1.367. 
-•depuis,  pour  ce  que  les  sièges  estoient  trop  viez 
-ont  esté  faictz  de  merien  nuef  que  lesd.  buchiers 
'onl  quis,  dont  led.  marché  leur  a  esté  creu  de  vui 
f- francs,  tant  pour  ce  que  pour  courbe  et  siages  de 
r  Lx  pièces  de  grans  bois.  1  (  Compte  des  dépenses  faites 
par  Charles  V au  château  du  Louvre,  n°  1 06 ,  p.  98.) 

ffA  Pierre  Lescot,  cagetier,  pour  avoir  faict  et 
"treillissé  de  lil  d  archasau  devant  de  deux  croisiées 
Tde  châssis  et  de  deux  fenestres  flaraengés  ez  deux 
rderraiiis  estages  de  la  tour  devers  la  Fauconnerie, 
(faud.  Louvre,  où  est  ordonné  la  librairie  du  Roy, 

M. 


ff  pour  deffense  des  oyseaux  et  autres  bestes ,  à  cause 
rret  pour  la  garde  des  livres  qui  y  seront  mis;  pour 
rrfil  d'archas,  crochet  de  fer  et  peine  de  ce,  par 
rrmarchié  faict  à  luy  par  led.  maistre  Jaccjues, 
(ri"  jour  de  mai  i3G8,  et  quictance  3  juin  ensui- 
rrvant,  en  xvui  francs  d'or  xnn  1.  vu  s.  p.n  (^Compte 
des  dépenses  faites  par  Charles  V  au  château  du  Louvre, 
n"  108 ,  p.  99.) 

ff  A  Andrieu  du  Verger,  febvre ,  pour  x  treillis 
fcde  fer,  deux  cents  petits  gons  et  deux  cents  cro- 
rrchets  de  fer,  pour  la  librairie  du  Roy,  et  illec 
rr ferré  deux  forts  huis,  et  plusieurs  autres  besognes 
rrdeson  mestier  par  lui  fnicteset  livrées  aud.  chastel 
"du  Louvre,  laquelle  le  Roy  nostred.  seigneur  luy 
rrdoitxxiui  l.uu  S.  VI  d.  «  [Compte  des  dépenses  faites 
par  Charles  V au  château  du  Louvre,  n"  1 17,  p.  3i.) 

Sauvai ,  Histoire  des  antiquités  de  la  ville  de 
Paris,  t.  Il,  p.  i5.  Il  faut  cependant  remarquer  que 
cette  dépense  se  trouve  portée ,  non  au  compte  de  la 
tour  de  la  Librairie,  niais  à  celui  de  la  grosse  tour. 

f'*'  T.  I",  p.  l^5.  Voyez  aussi  le  plan  qui  accom- 
pagne la  page  129. 

Voyez  ci-dessus  les  notes  1  et  2. 

1 5 


ïlà  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Gilles  Malet,  valet  de  chambre  préféré  ('',puis  maître  d'hôtel  de  Charles  V,  joignit 
à  ces  titres  celui  de  bibliothécaire;  et  il  dressa,  en  iSyS,  un  inventaire  des  livres 
dont  il  avait  la  garde.  Ce  travail,  qui  est  conservé  à  la  Bibliothèque  impériale 
forme  un  volume  in-folio  de  i  3o  feuillets;  il  est  en  papier,  écrit  en  lettres  de  note 
à  longues  lignes,  et  relié  en  maroquin  rouge  aux  armes  de  France. 

Le  titre,  en  lettres  de  forme,  est  ainsi  conçu  :  crCy  après  en  ce  pappier  sont 
rrescrips  les  livres  de  très  souverain  et  très  excellent  prince  Charles,  le  (Juint  de 
r  ce  nom,  par  la  grâce  de  Dieu  Roy  de  France,  estans  en  son  chastel  du  Louvre,  en 
fftroiz  chambres  l'une  sur  l'autre.  L'an  de  grâce  m.ccc.lxxui.  Enregistrés  de  son 
r  commandement  par  moy.  Gilet  Malet,  son  varlet  de  chambre.  Cinq  lignes 
d'une  autre  écriture  portent  ces  mots  :  crLes  livres  contenus  cy  après  en  ce  livre 
rront  estés  inventoriés  par  maistre  Jehan  Blanchet'^',  secrettaire  du  Roy,  du  corn- 
er mandement  de  mons.  de  Bourgoigne,  le  vj*^  de  novembre  mil  ccc  nij''\  Et  tous  y 
contestez  trouvez,  exceptez  ceulz  qui  sont  signez  et  escrips  sur  les  marges  avoir 
r:  estez  bailliez  par  le  Roy,  dont  Diex  ait  l'ame.  Et  ce  fait  ledit  maistre  Jehan  a  prise 
ffla  clef  desdictes  n|  chambi-es,  et  portée  au  Roy  avecques  un  roule'"'  qu'il  a  fait 
rrde  la  coppie  des  diz  livres. n  Enfin  au-dessous:  cr Plusieurs  des  livres  cy  après 
fc contenus  ont  esté  recouvers  depuiz  que  ce  présent  inventoire  lu  fait,  si  que  il 
rrne  se  fault  pas  arrester  aux  couverturez.  n 

Gilles  Mallet  consacre  à  chaque  salle  un  chapiti'e  spécial.  La  rc  première  chambre 
rr  pai- bas  11  renfermait  a 7 6  manuscrits;  la  r- chambre  du  milieu,  n  2  55,  et  la  rr  nj*^ 
rr chambre  au  plus  hault,n  hkk;  ce  qui  donne  un  total  de  978  volumes. 

Ce  catalogue  est  un  document  précieux  pour  notre  histoire  littéraire.  On  y 
trouve  des  Bibles  latines  et  françaises,  des  Missels,  des  Psautiers,  des  Heures,  des 
Bréviaires;  la  Légende  dorée,  les  Vies  des  Saints,  des  relations  de  miracles;  peu 
d'ouvrages  des  Pères,  mais  un  grand  nombre  de  traités  d'astrologie,  de  géoman- 
cie et  de  chiromancie,  sciences  dans  lesquelles  Charles  V  avait  une  grande  foi.  La 
médecine  comprenait  seulement  quelques  ouvrages  d'Hippocrate,  des  fragments 
d'Avicenne  et  des  traductions  de  l'arabe.  La  jurisprudence  était  représentée  par 
les  Décrétales,  le  Digeste  et  trois  ou  quatre  coutumes  de  diverses  provinces. 
I^es  livres  d'histoire  étaient  assez  nombreux.  La  plupart  de  ces  volumes  contenaient 
d'ailleurs  de  magnifiques  miniatures,  étaient  revêtus  de  riches  étolTes  et  garnis 
de  fermoirs  en  métal  précieux'-''.  Aussi  Christine  de  Pisan  parle-t-elle  avec  admi- 

n-Le  roy  Charles  avoit  un  sien  variai  de  du  wii' siècle,  à  l'archevêque  de  lioiien;  il  passa  de 

ffchanibre,  lequel,  pour  cause  que  en  lui  savoit  là  dans  la  bibliothèque  de  Golbert,  où  il  était  enre- 

fpplusieurs  vertus,  moult  ainoit.  Celluy,  par  especial  gistré  sous  le  n°  1008.  Acquis  parie  roi,  il  lut 

rrsur  tous  autres  ,  souverainement  bien  lisoit  et  d'abord  coté  83 Si ^  •  il  fait  aujourd'hui  partie  du 

rrponcloit,  et  entendens  homs  estoit. «  (Christine  de  fonds  français,  et  porte  le  n°  2700. 
Pisan,  Le  livre  des  fais  et  bonnes  tueurs  du  sage  roy  Voyez  ci-dessous,  p.  1  19. 

Charles,  3°  partie,  chap.  xxi.)  Voyez  ci-dessous,  p.  lâo. 

Ce  manuscrit  ap|)artenait.  au  commencement  De  tous  rfles  lieurs  de  livres  -  qui  ont  travaillé 


LES  ANCIENNES  BIB 


A.  Franklin  dir  . 


PREMIER  FEUILLET  E 


pTHÈOUES   DE  PARIS 


mmlm 


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<^  w   ^    h  C" 


CATALOGUE  DE  1373 


BIBLIOTHKOUE  DU  ROI.  115 

ration  de  rrla  belle  assscmbiée  de  notables  livres  et  belle  librairie  qu'avoit 
rrCbarles  V  de  tous  les  plus  notables  volumes  (|ui  par  souverains  aucteurs  ayent 
cresté  compiliez,  soit  de  la  saincle  Esci  ipture,  de  théologie,  de  philosophie,  et  de 
r toutes  sciences,  moult  bien  escripts  et  richement  adornez;  et  tout  temps  les 
cr  meilleurs  escripvains  que  on  peust  trouver  occupez  jjour  luy  en  tel  ouvrage n 
Le  coiu't  extrait  (pii  suit  suflira  pour  donner  une  idée  du  travail  de  (jlilles 
IVIalet  : 

Une  Bible  historiée {fiant  en  un  volume,  el  est  en  François,  à  iiij  feruioers  d'arjjiint  des 
armes  de  la  royne  de  Bourbon  f^-,  couverte  de  cuir  rouge  à  empraintes Enmarge:Le  Roy(^) 
l'a  prise  le  wix''  de  décembre  iiij"  et  xvii). 

Une  Bible  eu  un  volume,  en  Irançois,  et  est  couverte  de  cuir  rouge  à  empraintez.  Eu  inanje  : 
Donnée  par  le  Roy  à  Monss.  d'Alcnçon  quant  Tarest  de  la  confiscacion  de  la  ducliié  de 
Bretagne  fu  pronuncié 

Une  Bible  en  un  volume,  en  françoiz,  couverte  de  soie  à  queue  à  deux  fermoers  d'argent. 
En  marge  :  Portée  à  S.  Germain  en  Laye  Tan  lxxvhj  ,  et  mise  pour  le  Roy  en  son  estude. 

Une  Bible  en  un  volume,  en  françois,  couverte  de  cuir  rouge  à  enq)raintes,  à  mj  l'ermoers. 
En  marge  :  Bailliée  au  comte  de  Flandre xxviij"  de  jenvier  inj""  et  i. 

La  Bible  historiée  toute  à  ymages,  qui  fu  de  la  royne  Jehanne  d'Evreux historiée  toute  à 
ymages  et  toute  figurée. 

Le  premier  livre  de  Tristan  de  Léonnoys  et  du  roy  Marc  de  Cornouaille,  en  un  estuy  de 
cuir  blanc. 

L'original  de  Titus  Livius,  en  françois,  la  première  translacic  n  qui  en  fu  faite'"',  escript  de 
mauvèse  lettre,  mal  enluminé  et  point  yslorié.  En  marge  :  A  Mor'ss.  de  Bourbon,  xnj*  d'ottobre 
iiq"'  et  xij. 

Les  Gestes  du  roy  Peppin  et  de  sa  femme  Berthe  au  grant  pi  ,  et  les  Gestes  de  Charlemaine, 
ryraés,  bien  escript,  en  iij  coulombezC^',  bien  ystorié,  et  en  très  grant  volume.  En  marge  :  A  la 
Royne ,  xxiv'=  d'aoust  iiij"  et  x.  —  Le  Roy  les  lui  a  ostées,  et  données  à  Monss.  de  Coucy. 

Le  Livre  du  Trésor''^',  le  Bestiaire''*),  l'Ymage  du  monde  <'^',  tout  figuré  et  historié. 

Gode  en  françois,  couvert  de  soie  ynde'''*'  et  vermeille,  et  ferme  3rs  d'argent. 

Décrettalez  en  plus  petit  volume,  et  fermoers  d'argent. 

Unez  Groniques  de  France,  en  françois  ,  couvertes  de  veluyau''"'*  à  fieurs  de  liz  et  boullions'^*) 
d'argent,  bien  escriptes.  En  marge  :  Le  Roy  les  prinst  xvj"  de  décembre  iiij",  il  les  a  rendus. 


pour  Charles  \ ,  Mathieu  Gongnëe  est  le  seul  dont 
le  nom  soit  venu  jusqu'à  nous. 

Christine  de  Pisan,  Le  livre  des  fais  et  bonnes 
meurs  du  sage  roy  Charles,  chap. 

Enrichie  de  miniatures. 

Blanche,  femme  de  Pierre  le  Cruel,  roi  d'Es- 
pagne. 

Ornements  frappés  à  froid  sur  le  cuir. 
Charles  VI. 

Pierre  II,  troisième  fils  de  Charles  II,  comte 
d'Alençon. 

Le  18  décembre  1878. 

Lanière  attachée  à  la  couverture  pour  la  lier. 


Louis  de  Maie. 

Jeanne  d'Evreux ,  troisième  femme  de  Charles 

le  Bel. 

(")  Par  Pierre  Bercheure.  (Voyez  ci-dessus,  à  la 
page  1 10.) 

Colonnes. 

Par  Brunelto  Lalini. 

Par  Richard  de  Fournival. 

Par  Gautier  de  Metz. 

Soie  azur. 

Velours. 

Ornements  façonnés  avec  des  fils  d'or  cl 
d'argent. 

i5. 


116  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Les  Espitrez  Sénèque  à  son  amy  Lucile;  et  en  la  fin  du  livre  est  la  table  de  ce  qui  contenu  y 
est,  escripte  de  plus  menue  lettre.  En  marge  :  A  monss.  d'Anjou ,  . . .  vj"  de  mars  iiij". 

Les  Espistres  et  Evangiles,  couvertes  de  veluyau  ynde,  lesquellez  furent  translatez  par  maistre 
Jehan  de  Vignay;  [et  ne  sont  pas  enluminez]      mais  ellez  sont  bien  escriptes. 

Un  Livre  faisant  mencion  de  Dieu,  des  Angelzt^'  et  du  Ciel,  des  Elémens,  des  vij  Sages,  des 
Métaulx,  des  Bestes,  de  Paradis,  d'Enffer,  et  autres  choses,  couvert  de  cuira  queue. 

Le  Governement  des  Roys  et  des  Princes,  selon  Gile  l'Augustin En  marge  :  Le  Roy  le  prinl 
xiiij"  d'ottobre  iiij'^  et  i. 

Cirurgie  de  maistre  Guigo'''',  en  un  très  gros  livre  bien  escript,  que  donna  au  Roy  Monss. 
d'Angiou. 

Regnarl,  rymé  et  historye'      couvert  de  cuir  rouge  à  empraintes. 

Le  Governement  des  Roys  et  des  Princes,  avecques  plussieurs  autres  choses  de  médecine,  à 
savoir  son  corps  garder  en  santé;  escript  de  lettre  boulenoise''''. 

Un  Psautier  en  françois  et  en  latin,  couvert  de  veluyau  sanguin  fourré  de  cendal  jaune. 
Le  Livre  du  Trésor,  appellé  maistre  Brunnet  Latin  t^'. 

Le  Procès  messire  Robert  d'Artoiz     en  lettre  de  note,  couvert  de  drap  de  soie. 
La  Vie  S.  Loys,  roy  de  France,  et  les  Faiz  de  son  Voyage  d'oultremer.  En  marge  :  Le  Roy 
fa  devers  soy. 

Les  Fables  Ysopet'-'',  le  Bestiaire  maistre  Richart  de  Furnival  d'Amiens,  ystorié  et  rymé. 
Le  Jeu  des  Eschez  moralisé,  qui  s'appelle  Moralité  des  noblez  hommes,  em  prose. 
La  Vie  S.  Loys  et  ses  Miracles,  couvert  de  drap  d'or  marramas,  à  fermoers  d'argent,  etem 
prose. 

Messire  Guillaume  de  Maureville,  qui  parle  d'une  partie  des  merveilles  du  monde  et  des 
pays,  couvert  de  veluyau  ynde;  et  le  donna  au  Roy  maistre  Gervaise  Chrestien  son  premier 
phisicien.  En  marge  :  Le  Roy  fa  prins  xx"  de  novembre  iiij"  et  xij. 

Végesse  :  de  Chevallerye       couvert  de  drap  d'or,  à  fermoers  d'argent. 

La  misérable  Condicion  humaine couverte  de  veluyau  vert,  en  un  petit  livret. 

De  l'Angnelet  qui  pour  Dieu  fu  rosty;  où  sont  oroisons  et  dévocions  em  prose,  couvert  de 
veluyau  vermeil  à  fermoers  d'argent. 

Le  Livre  des  Eschez  moralisé 'i^',  couvert  de  veluyau  vermeil  à  queue,  à  fermoers  d'argent  à 
oignez  blanz;  et  le  donna  au  Roy  monss.  de  Rerry  son  frère. 

Le  Livre  du  sacre  des  Roys,  en  latin  et  en  françois,  tous  les  mislèrez,  vestures  et  officiers, 
figurez  et  historiez,  couvert  d'un  drap  dor,  et  fermoers  d'argent.  En  marge  :  Le  Roy  fa  prins 
pour  son  sacre,  v''  d'otobre  inj^f^*'. 

Le  Miroer  de  l'Eglise,  translaté  par  frère  Jehan  de  Vignay. 

La  Vie  S.  Martin  de  Tours,  très  parfaitement  bien  escripte  et  ystorié,  em  prose,  à  fermoers 
d'argent  esmaillé  de  France  et  Bourgongne. 


Ces  mots  sont  rayés  dans  l'original. 

Par  François  Ximenès. 

De  regimùie  principum  de  Gilles  de  Rome. 

Guy  de  Chauliac,  chirurgien  du  xiv°  siècle. 

Le  roman  du  Renard. 

Écriture  lourde  et  arrondie. 

Brunetto  Latini. 

Condamné,  le  19  mars  iSSa.  au  bannisse- 
ment perpétuel. 


Les  fables  d'Ésope. 

Maître  Gervais  Chrétien,  l'ondateur  d'un 
collège  dont  il  sera  parlé  plus  loin. 

Végèce ,  Epitome  rei  militaris. 

Liher  miserirr  conditionis  humanœ ,  par  le  pape 
Innocent  III. 

Voyez  ci-dessus,  p.  110. 

Charles  VI  fut  sacré  le  k  novembre  i38o. 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  117 

Un  livre  appelé  les  Voiez  de  Dieu,  que  Irainslala  un  ser<{cnt  d'armes  du  Roy,  nommé  Jacques 
Baucliant  de  S.  Quentin,  et  est  couvert  de  veluyau  ynde. 

Végesse  :  de  Clievallerye,  em  prose,  très  bien  escript  et  yslorié,  couvert  de  veluyau  célestin''', 
et  fermoers  d'argent  des  armes  d'Auceirre. 

Cliançons,  Pastourelles,  Courronnéez,  Demandes  d'amours,  Serventois  de  Nostre  Dame,  en 
un  livre  couvert  de  parchemin. 

Motès  et  Conduiz     en  un  cayer  couvert  de  parchemin. 

Avaluement'3)  des  Monnoyes,  en  un  cayer  très  petit. 

Un  livre  de  la  Cité  de  Dieu  C*',  en  deux  volumes  très  grans,  couvert  de  soie  à  queue,  à  iiij  fer- 
moers d'argent  chascun.  En  marge  :  A  monss.  d'Anjou,  xvij"  de  novembre  luj". 

Le  Romant  de  la  Rose,  le  Testament  maislre  Jehan  de  Meung,  rymé,  très  bien  escript  et  ystorié. 

Un  livre  à  une  chemise  de  soie  longue,  nommé  le  Racional  de  l'Eglise'^',  à  fermoers  d'argent 
esmaillez,  et  le  translata  maistre  Jehan  Goulain.  En  marge  :  A  monss.  d'Anjou  ,  viij  d'ottobre  uij'". 

Un  livre  nommé  Polithiques  et  Ycononiiques  C^',  couvert  de  soie  à  queue,  à  ij  fermoers  d'ar- 
gent haschiez  des  armes  de  France.  En  marge:  A  monss.  d'Anjou,  vij''  d'ottob.  uij". 

Un  livre  dont  les  aiz  sont  couvers  de  brodeure  à  fleurs  de  liz  et  deux  fermoers  d'or  :  de  la  Per- 
fection S.  Jeh.  l'Évengéliste.  Eti  marge  :  Donné  au  Roy  par  niad.  d'Orléenz 

Un  Messel  en  françois,  couvert  de  brodeure  à  aigles,  à  deux  fermoers  d'or  ans  armes  de  la 
Royne.  En  marge:  A  monss.  de  Bourgongne'*',  m.cccc  et  iij,  xviij*  d'avril,  par  commandement 
du  Roy. 

Policralicon translaté  en  françois  par  frère  Denys  Foulechat,  couvert  de  belle  soie  à  queue, 
et  fermoers  d'argenl. 

De  Celo  et  Mundo,  en  françois,  translaté  par  maistre  Nicole  Oresme,  évesque  de  Lixiex;  cou- 
vert de  soie  vermeille  à  queue,  à  ij  fermoers  d'argent  dorés,  haschiés  aus  armes  de  France.  En 
marge:  A  monss.  d'Anjou'^"'. 

Valerius  Maximus  couvert  de  soie  vermeille  à  queue,  très  bien  escript  et  ystorié.  Enmarge: 
A  monss.  d'Anjou ,  vj"  de  mars  iiij". 

Un  livre  de  Code  en  françois,  couvert  de  cuir  rouge  à  inj  fermoers,  du  conte  de  Saint  Pol. 
En  marge  :  Rendu  par  le  Roy  au  conte  de  Saint  Pol. 

Du  roy  Artus,  de  la  Table  Ronde,  et  de  la  Mort  dudit  roy,  très  bien  escript  et  enluminé,  et 
de  grant  volume,  à  iij  coulombes.  En  marge  :  Le  Roy  l'a  fait  baillier  à  la  Royne iiij'"  et  iiij. 
XX'  d'avril. 

Les  Croniques  d'Outremer,  et  comment  Mahommet  conquist  presque  toute  la  terre  de  Surye, 
et  Godeffroy  de  Rillon. 

Croniques  assembléez  de  Julius  Cessar  et  de  Goddefroy  de  Billion,  en  pappier,  en  prose. 
Le  livre  de  Proprietatibus  rerum,  de  frère  Barthélémy,  Angloiz,  de  l'ordre  des  Frères  Meneurs, 
couvert  de  cuir  noir,  à  iiij  fermoers  f'^). 


Jaune. 

Cantiques. 

Evaluation. 

Traduit  par  Uaoul  de  Presles.  (  Voyez  ci-dessus , 

p.  112.) 

Le  Rational des  divins  offices  de  Durant,  évê- 
que  de  Mande.  (Voyez  ci-dessus,  p.  1 1 1.) 

Traités  d'Aristote,  traduits  en  français  par 
Nicolas  Oresme.  (Voyez  p.  i  i  i .) 


Valentine  de  Milan,  morte  à  Blois,  en  1/108. 
Philippe  le  Hardi. 

Policrnticon  seu  de  mgis  curialium,  par  Jean 
de  Salisbury.  (Sur  Denis  P'oulecliat,  voyez  p.  112.) 

Voyez  ci-dessus,  p.  111. 

Traduction  commencée  par  Simon  de  Hesdin 
et  achevée  par  Nicolas  de  Gonesse. 

Isabelle  de  Bavière. 

Voyez  ci-dessus,  p.  112. 


118  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

La  Passion  et  Résurrection  de  Jhésuchrist,  Viez  de  plusieurs  Sains,  em prose,  très  bien  escripi , 
et  es  marges  les  armes  de  Chambly^''.  En  marge  :  A  mad.  de  Bar,  xw]"  de  février  iiij"  et  xi|. 
Digeste  vielle,  en  françois. 

Enforçade sans  aiz,  couvert  d  une  pel  '-^^  de  parchemin. 
Alixandre rymé  et  ystorié  d'encre  sans  couleurs  '^^ 

La  Guerre  du  roy  de  France  et  du  roy  d'Angleterre  f*^',  et  les  Faiz  du  roy  de  Navarre''''  et  de 
ceulx  de  Paris  (|uant  ils  furent  contre  le  Roy,  escript  en  un  pappier,  sans  aiz,  couver!  de  jiar- 
cliemin. 

Le  Jeu  qui  se  fait  par  le  Jeu  des  Dez,  bien  ystorié  et  bien  escript. 

Guillaume  d'Orenge'*',  rymé. 

Le  Reclus  de  Moi  léenz,  en  un  caier,  rymé. 

La  Vie  et  les  Faiz  de  César,  em  prose,  en  deux  coulombez ,  bien  escript.  En  marge  :  Le  Roy  l  a 
à  Beauté''^',  xij"  de  septembre  nij"  et  xiij. 

Un  livre  du  Sacre  des  roys  de  France,  en  françois  et  latin ,  couvert  de  drap  d'or. 
Des  vij  Péchiez  morlelz,  en  un  petit  livre,  em  ])rose,  et  Comment  on  se  doit  conlesser. 
Un  livre  de  Chant,  bien  noté,  bien  escript  et  enluminé,  en  latin,  et  à  point  dorgue. 
Médecine  et  Cirrurgie  pour  oyseaux  de  proie. 

Le  Coustumier  de  Normandie.  En  marge  :  Baillé  par  le  Roy  au  bailli  de  Rouen''"'. 
Un  livret  des  Monnoyes       bien  escript. 
Solinus  :  des  Merveilles  du  monde. 
Un  livre  nommé  Instilude''^'. 

Un  Messel  grant,  noté,  en  un  volume,  à  l'usage  de  Rouen,  couvert  d'une  chemise  de  soie  à 
queue;  que  donna  au  Roy  le  cardinal  de  Beauvaiz  C^'.  En  marge  :  Baillé  par  le  Boy  à  monss.  de 
Guienne,  son  ainsné  filz,  le  viij"  d'avril  mil  iiij"  et  x,  pour  sa  chappelle. 

Ethiques  glozéez,  couvert,  et  à  ij  fermoers.       wîrtrge  :  Donné  aus  escolles  maislre  Gervèse. 

Ethiques,  couvert  de  cuir  noir,  à  iiij  fermoers.  En  marge:  Donné  par  le  Boy  à  maislre  Ger- 
vèse 

Hypocras  C^',  couvert  de  cuir  blanc  à  i  fernioer. 

Un  petit  livret  couvert  de  cendal  vermeil  à  queue,  où  sont  les  Heurez  Noslre  Dame  et  au(res 
choses,  h  ij  fermoers  d'argent.  En  marge:  Baillé  à  mad.  Katerine iiij"  de  février  iiij''  et  nij. 

Les  Heurez  de  Chevalerye,  couvert  de  soie  à  (jueue,  en  un  petit  volume.  En  marge  :  A 
monss.  le  Dauphin  ''^'. 

Introductoire  Alkabice interprèle  de  Jehan  d'Yspalence en  un  caier,  sans  aiz,  couvert 
de  cuir  vert,  fermé  à  ij  lasnières. 

Arishmétique,  couvert  d'une  pel  velue  dont  le  poil  est  cheu. 

Un  petit  livret  en  françois  ;  de  la  nature  du  Zodiaque,  couvert  de  parchemin. 


Famille  de  la  femme  de  Gilles  Malet. 

Infortiat. 

Peau. 

Roman  en  vers  de  Lambert  le  Coui  t. 
Dessins  à  l'encre  et  non  enluminés. 
Jean  II  et  Édouard  III. 
''^  Charles  le  Mauvais. 

Guillaume  de  Bapaunie. 
"'  Un  des  châteaux  de  Charles  V,  près  du  bois 
(le  Vincennes. 

Oudard  d'Otteville,  ou  Guy  Chrétien. 


''''  Par  Nicolas  Oresrne. 

Les  luslilvles  de  Justinien. 

Le  cardinal  Dormans.  fnndatenr  du  collège 
de  Beauvais  à  Paris. 

Au  collège  fondé  par  inaîire  Gervais  Chré- 
tien. (Voyez  plus  bas.) 

Hippocrate. 

Catherine,  bile  de  Charles  V,  morte  en  i;]88. 
<")  Charles  VI. 

L'astrologue  Alchabitins. 
Jean  de  Séville. 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  119 

Ua  Vie  S''  Haiilliciiil  <'  ,  loync  de  France,  très  l)ieii  escripte,  en  un  c<ii(!r  couverl  de  par- 
chemin. 

Un  pelil  livret  plat,  en  latin,  nommé  Bestiaire,  (ijjuré,  ([ue  Gilet a  donn(!  au  Roy. 

Un  très  viez  caier  intitulé  :  Incipit  prœfacio  Pelri  Aba-lardi 

La  Vie  S'"  Crotilde'*',  en  lalin,  couvert  de  soie,  à  ij  fermoors  d'arjfenl. 

Un  très  bel  Psaultier.  en  grant  volume,  escripl  (l(!  grosse  lettre  et  ancienne,  (jue  on  a  donné 
au  Roy  à  Notent  le  Roy,  à  une  chemise  blanche  à  (jucuc,  à  ij  lernioers  d'argent.  Eu  margr  :  l'resté 
par  le  Roy  à  messire  Philippe  de  Maisières  sa  vie  durant. 

Un  Psanllierà  nieiulref'")  volume,  à  une  chemise  pertuisée  ('■',  très  bien  yslorié  et  Irès  bien 
escripl. 

(iéomeiicie,  en  un  vie\  livre  dont  les  aiz  ne  sont  poini  couvers,  à  ij  l'ermoers. 

Un  livre  couvert  de  veluyau  ynde,  très  plat,  qui  se  nomme  Lamentacio  super  Jherusalem  ,  de 
Negligencia  christianorum ,  qui  vint  de  messire  Philippe  de  Maisièrez 

La  moitié  d'un  Bréviaire,  dont  les  aiz  sont  couvers  de  brodeure  de  France  et  de  Bourgongne 
endentées,  à  ij  l'ermoers  d'or  e.smail lez  de  France. 

Le  Psaullier  pappe  Urbain      en  un  quaier  de  [)appier  couvert  de  ])archemin. 

Ars  notaria  '^l,  dont  les  aiz  ne  sont  point  couvers  de  cuir,  mais  est  lié  de  cordez. 

Autres  plussieurs  caiers  touchans  Astronomie,  liez  en  un  troussel  de  nulle  value. 

Une  piau  de  parchemin  .  où  sont  plussieurs  ystoires  (jue  fist  maistre  Jehan  de  Lignan  ''"^ 

Chai'les  V  mourut  au  château  de  Beauté  le  16  septembre  i38o.  Presque 
aussitôt  Philippe  le  Hardi,  duc  de  Bourgogne,  associé  à  la  régence,  chargea  le  se- 
crétaire du  roi,  Jean  Blanchet,  de  faire  un  récolement  de  l'inventaire  dressé  par 
(iilles  Malet.  Celui-ci  se  traiisj)()rta  au  Louvre  le  6  novembre,  et  constata  quetou;- 
les  volumes  portés  sui'  l'inventaire  étaient  encore  en  place,  à  l'exception  de  ceux 
qui  avaient  été  donnés  ou  ])rètés  par  le  feu  roi"".  Il  fit  en  même  temps  exécuter 
une  copie  du  catalogue  et  le  remit  au  roi  avec  la  clef  des  trois  chambres.  Cette 
copie,  en  forme  de  rouleau,  existe  à  la  Bibliothèque  impériale^'-';  elle  se  com- 
pose de  dix-neuf  feuilles  de  parchemin  cousues  ensemble ,  et  chaque  feuille  a 
environ  soixante  et  dix  centimètres  de  longueur.  Sur  le  premier  feuillet,  on  lit  ces 
mots  à  demi  effacés  :  Inventoire  des  livres  du  Roy  Charles  le  Quint.  Le  titre  est  à  peu 


'''  Sainte  Bathil'le,  femme  de  Clovis  II. 
Gilles  Malet. 
Pierre  Abélard. 
Sainte  Clotilde. 
Moindre. 
Trouée. 

Sur  Philippe  de  Maizières,  voyez  ci-dessus 

p.  yi. 

Urbain  V. 

Traclaius  de  arte  notarin,  par  Rolandinus. 

L'astronome  Jean  de  Lignano. 

On  lit  page  xl  v"  du  catalogue  de  Mallet  : 

r  Item,  comme  après  le  Irespassement  dudit 

fffeu  l'oy  Charles,  qui  fut  en  septembre  mil  ccc 


f  mj",  ledit  inventoire,  ainsy  fait  et  escript  par  ledit 
"feu  messire  Giles,  fut  recelé  le  vi'  jour  de  no- 
frvembre  oudit  an  nij"  par  feu  maistre  Jehan 
fBlanchet,  secrétaire  du  roy  nostre  dit  seigneur, 
rdu  commandement  de  feu  monsseignenr  le  duc  de 
rrBourgoigne  derrenièrenient  trespassé,  et  y  furent 
rftouz  iceulx  livres  trouvez,  exceptez  ceulx  qui  es- 
rrloient  signez,  sur  les  marges  dudit  inventoire. 
rravoir  esté  baillez  à  diverses  personnes  par  ledit 
"feu  roy  Charles  ou  de  son  ordonnance,  comme 
rril  est  escript  ou  q"  fueillet  dudit  présent  livre  ou 
rf  inventoire.  1 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  de 
Baluze,  n°  ^97. 


120  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

près  le  même  que  celui  de  l'inventaire  de  1873  :  Cy  après  en  ces  roillez  sunt  escrips 
les  livres  de  très  souverain  et  excellent  prince  Charles,  le  quint  de  son  nom,  par  la 
grâce  de  Dieu  roy  de  France,  lesquielz  estotent  en  son  chastel  du  Louvre,  en  trois 
chambres  lune  sus  l'autre,  l'an  de  grâce  mil  cccc  soissante  et  Ireze,  enregistrés  de  son 
commandement  par  moy  Gilet  Malet. 

Le  duc  de  Bourgogne  approuva  la  gestion  de  Malet  et  le  confirma  dans  ses 
fonctions  de  bibliothécaire  Malheureusement  on  continua  à  prêter  des  volumes 
aux  seigneurs  de  la  cour,  qui  ne  se  firent  aucun  scrupule  de  les  garder  ;  la  plupart 
des  ouvrages  que  prit  le  duc  d'Anjou,  à  son  départ  pour  l'Italie  en  i38o,  ne 
repassèrent  point  les  Alpes.  En  revanche,  lorsque  les  Juifs  furent  chassés  de  Paris 
en  iSgB ,  on  découvrit  au  faubourg  Saint-Denis,  dans  une  maison  qui  leur  appar- 
tenait, cent  quatorze  volumes  et  une  quantité  d'extraits  de  la  Bible  et  du  Talmud; 
tous  furent,  par  ordre  du  trésorier  de  France,  transportés  au  Louvre  et  délivrés 
à  G.  Malet  Quelques  années  après,  vingt  volumes  furent  donnés  à  la  biblio- 
thèque par  le  duc  de  Guyenne,  fils  aîné  du  roi,  et  alors  chef  du  conseil  de  régence. 
G.  Malet  les  catalogua  à  la  suite  de  l'inventaire  général;  il  eut  seulement  soin  de 
placer  en  tête  de  la  liste  l'avertissement  suivant  :  cr  Ce  sont  les  livres  que  noble 
fret  puissant  prince  monss""  le  duc  de  Guyenne,  ainsné  fils  du  roy  Charles,  le  vj'' 
ffde  ce  nom,  roy  de  France,  a  envolez  en  la  librarye  du  roy  mondit  seigneur  au 
«Louvre,  par  maistre  Jehan  Daussonval,  confesseur  et  maistre  d'escolle  de  mon 
ffdit  seigneur  de  Guienne,  et  les  quelz  ont  esté  receuz  et  mis  en  la  dicte  librarye 
frpar  moy  Gilet  Malet,  maistre  d'ostel  du  roy  mon  dit  seigneur,  et  garde  de  ladicte 
rr librarye,  le  vij*^  de  jenvier  mil  nij*^  et  nuef '^'.n 

ff .  .  .Item,  que  assez  tost  après,  c'est  assavoir  Inventaire  de  Gilles  Malet,  p.  wxvij.  —  Voici 

ffle  cinquiesme  jour  du  mois  de  novembre  l'an  la  liste  des  ouvrages  cités  dans  ie/«c-«M;27e  que  nous 

n-mil  CGC  iiij",  et  fut  à  Reins  le  Roy  nostre  sire ,  qui  donnons  ci-contre  : 

ff  à  présent  est ,  bien  acertené  par  mess,  ses  oncles  et  rfUne  Bible  en  françois,  en  très  g-rant  volume, 

ff  autres  de  son  conseil  de  la  bonne  garde  que  a  voit  recouverte  d'une  cbeniise  de  soie  à  queue,  à  ij  fer- 

fffaicte  ledit  feu  raessire  Giles  des  livres  dessus;  et  rmioers  d'argent  à  testes  dorées, 
rroy  le  rapport  dudit  maistre  Loys  Blancbet,  voult  frJosephus,  escript  en  françois,  en  lettre  de  note, 

fret  ordonna,  par  ses  lettres  données  ledit  jour,  rrcouvert  de  veluyau  azuré,  à  ij  fermoers  de  cuivre 

fftranscriptes  en  la  fin  de  ce  présent  compte,  que  ff  dorez,  à  tissuz  de  soie. 

tricellui  messire  Giles  feust  tenu  pour  quitte  et  des-  rr  Titus  Livius,  en  françois,  en  très  grant  volume, 

ffcbargié  de  touz  les  livres  qui  par  l'ordonnance  rrcouvert  de  cuir,  qui  autres  feiz  fu  au  Roy,  à  ij  fer- 

ff  dudit  feu  roy  Charles  avoient  esté  baillez,  sanz  en  rrmoers  d'argent  esmaillé  à  fleurs  de  liz,  très  bien 

rrdemander  autre  quictance  ou  enseignement  que  trystorié  et  e.-îcript. 

fflesdictes  lettres,  desquelles  lettres  ladicte  vefve  et  frLa  première  partie  de  la  Cité  de  Dieu,  en  fran- 

rrenfans  ont  entencion  de  eulz  aidier  en  plusieurs  reçois  et  lettre  de  note,  couvert  de  cuir  à  empraintes, 

reparties  de  ce  présent  compte. n  (Inventaire  de  rf à  ij  fermoers  de  latton  dorez. 
G.Malet,  p.  XL  v°.)  ff  L'autre  partie,  paroillement  escripte  en  françois, 

'^^  Sauvai,  Histoire  de  la  mile  de  Paris,  t.  II,  rret  aussi  couvert,  et  ij  telz  fermoers. 
p.  280.  —  Velly,  Histoire  de  France,  t.  XII,  p.  1  91.  ff  Le  livre  des  Propriétés  des  choses,  en  françois , 

Mais  ce  fait  est  contesté  par  Jourdain,  Mèmaire  his-  rrescript  de  lettre  de  note,  couvert  de  cuir  à  eni- 

torique  sur  la  bibliothèque  du  roij,  p.  v.  rrpraintes,  à  ij  fermoers  d'argent  des  armez  de  Mon- 


122  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Gilles  Malet  mourut  en  janvier  1610  et  Antoine  des  Essars,  rr  escuyer,  varlet 
rr  Lrenchant  du  Roy,^^  lui  succéda.  Malet  laissait  deux  fds  :  Jean,  cf  chevalier  et 
cr  maistre  d'ostel  du  Roy,  n  et  Charles,  ft  licencié  en  lois;n  conjointement  avec  leur 
mère  Nicole  de  Chambly,  ils  remirent  tous  les  volumes  au  nouveau  bibliothécaire 
Un  autre  inventaire  fut  aussitôt  dressé  par  trois  officiers  de  la  chambre  des  comptes, 
et  transcrit  à  la  suite  du  catalogue  de  Malet,  sous  ce  titre  :  crlnventoire  des  livres 
rrdu  roy  Charles  nostre  sire,  vj"^  de  ce  nom,  estans  eu  une  tour  de  son  chastel  du 
ff  Louvre  en  trois  chambres  ou  estaiges  l'une  sui-  l'autre.  Commencé  à  faire  le 
frxxui]'"  jour  de  janvier  l'an  mil  cccc  et  dix  et  autres  jours  ensuivans,  par  sire 
•rMichiel  de  Laillier,  et  maistre  Nicolas  des  Prés,  conseiller  maistre,  et  Jehan  Le- 
ff  bègue,  clerc,  notaire,  et  secrétaire  et  greffier  en  la  chambre  des  comptes  du  Roy, 
nostre  dit  seigneur,  à  Paris,  à  ce  commis  par  le  commandement  de  bouche  de 
rr  nosseigneurs  desdiz  comptes.  En  la  présence  de  messires  Guillaume  de  Senliz, 
rr  seigneur  de  Praelles,  exécuteur,  et  Jehan  Malet,  chevalier,  héritier  en  partie 
rcde  feu  messire  Giles  Malet,  qui,  par  l'ordonnance  de  feu  le  roy  Charles,  derre- 
rcnièrement  trespassé,  en  avoit  eu  la  garde  :  après  ce,  toutes  voyes,  que  lesdiz 


rrtagu,  par  avant  grant  maistre  d'ostel  du  Roy. 

ff  Ovide  Methamorj)hoseos,  en  François,  de  leUre 
ffde  note,  couvert  de  cuir  à  empreintes,  et  ij  fer- 
'rmoers  de  la  ton. 

ffUn  Greel  [Graduel)  pour  une  église,  noté,  et 
ffcouvert  de  cuir  à  queue,  à  ij  fermoers  de  laton. 

ff  Ethiques,  en  françois,  et  lettre  de  note,  couvert 
f-de  cuir  à  empraintes,  et  ij  fermoers  de  laton.  n 

On  a  découvert,  vers  180/1,  dans  l'église  de 
Soisy-sous-Etioles  (Seine-et-Oise),  une  pierre  con- 
sacrée à  rappeler  le  souvenir  do  G.  Malet.  Cette 
pierre  est  gravée  en  creux  et  rehaussée  de  couleurs 
dont  le  dessin  enluminé  forme  tableau.  Un  C>hiist 
en  croix  occupe  le  centre,  et  autour  de  lui  sont 
rangés  divers  personnages,  paimi  lesquels  tigurenl 
Gilles  Malet ,  recouvert  d'une  armure,  et  sa  femme, 
en  jupe  et  riche  corsage.  L'inscri|)tion  suivante  est 
gravée  sur  l'encadrement  de  la  pierre  :  Monseignieur 
Giles  Malet,  chevalier,  seigniedr  de  Villepescle, 

CONSEILLIER  ET  MaISTRE  DOSTEL  DU  RoV,  ClIASTELLAIM 

DE  PoNT  Sainte  Maxance,  Visconte  de  Corbeil  et 

SEIGNIEUR  DE  SoiSY.  MaDAME  NiCOLE  DE  ChAMBLY  SA 

FEME.  Cette  pierre,  dit  M.  de  (ïuilhermy,  est  peut- 
être  aujourd'hui  le  seul  monument  où  Gilles  Malet 
soit  représenté.  (Voyez  L.  I^acour,  Anmiaiic  du  bi- 
bliophile, année  1 86a  ,  p.  i  /12 ,  et  le  Magasin pillo- 
resffue,  année  1861,  p.  1  70  et  286,  où  la  pierre  a 
été  re])roduite.) 

ff .  .  .C'est  le  compte  de  madame  Nichole  de 


rrChanibly,  vefve  de  feu  messire  Giles  Malet,  à  son 
ff  vivant  chevalier  et  maistre  d'ostel  du  Roy  nostre 
ffsire,  de  messire  Jehan  Malet,  chevalier  et  maistre 
ff  d'ostel  dudit  seigneur,  et  de  maistre  Charles  Malet, 
•r licencié  en  lois,  enfans  dudit  feu  messire  Giles  et 
ffde  ladicte  dame,  des  livres  estans  ou  chastel  du 
ff  Louvre,  en  trois  chambres  l'une  sur  l'autre,  dont 
ff  ledit  messire  Giles  a  eu  la  garde  :  c'est  assavoir 
'f  depuis  l'an  mil  ccc  lxxiij  jusques  ou  mois  de  jan- 
ffvier  mil  cccc  et  dix,  qu'il  est  alé  de  vie  àtrespas- 
ff sèment;  après  lequel  trespassement  ladicte  vefve 
ffot  enl'ans  ont  rendu  lesdiz  livres  à  Anthoine  des  Es- 
Tsars,  escuier,  commis  de  par  le  Roy  nostre  dit 
ff  seigneur  à  la  garde  d'iceuz,  ])ar  inventoire  nouvel- 
'fleiuenl  fait,  et  commencé  par  messeigneurs  sire 
ffMicliiel  de  Laillier,  conseiller  et  maistre  des 
ffconqites  dudit  seigneur,  maistre  Nicolas  des  Pi'ez. 
ff  conseiller  et  correcteur  desdiz  comptes,  et  Jehan 
ff  Le  Bègue,  greffier  de  la  Chambre  d'iceulz  comptes, 
ff  et  achevé  par  ledit  Le  Bègue ...  ;  lequel  inventoire 
'f  nouvel  commence  ou  lu]"  fiieillet  de  ce  présent 
ff  volume  ou  livre.  Touz  lesquelz  livres  estans  en 
ff  l'ancien  inventoire.  .  .  ont  esté  trouvez  esdictes 
ff  chambres,  exceptez  toiilesvoyes  ceulz  qui  sont  es- 
ffcripz  en  ce  présent  compte,  lesquelz  ont  esté 
ff  baillez  et  délivrez  tant  par  feu  le  roy  Charles  le 
ff  Quint,  dont  Dieux  ait  l'ame,  comme  par  le  roy 
ff  notre  sire  qui  à  présent  est.  .  .  [IiweiUaire  de 
Gilles  Malet,  \).  xl.) 


LES  ANCII- 


^^V^  ^^^^   (^^^  OijLvv^-  H^^XvcvLv^ 
^rv^vdjÇjè  M^03**v*w>t  glÈrCwvÇ  ffikyi^-  S| 

^3,i^Wvtv<>7  if^v^c^  ^V%V  Cl^^  /Eve  f^^/*^ 


^1 


,3«-v\^  f'Cv/f^- 


tvt^^wj  Ov^^  Qcyyy^ 


T[TRE  DEL'  f  N  VENT 


^ifiv^  <^^v^  tv^ri^-*^  W/>> 


5  -,tv» 


RE  DRESSE  EN  1410 


12/i  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

ff  exécuteur  et  héritier  orent  premièrement  juré  et  affermé  ausdiz  commissaires 
cr  qu'ilz  n'avoient  onques  veu  ne  sceu  que  ledit  deffunct  eust  eu  aucun  inventoire 
rrdesdiz  livres  devers  lui,  et  que  s'aucun  inventoire  en  y  avoit,  on  le  devroit 
rr  trouver  en  l'une  desdictes  trois  chambres.  En  la  présence  aussy  de  Anthoine  des 
rrEssars,  escuier,  varlet  trenchant  du  Roy  nostredit  seigneur,  et  commis  de  nouvel 
rrpar  lui  à  la  garde  d'iceulz  livres,  et  de  sire  Bureau  de  Dampmartin,  hourgoys 
rrde  Paris,  qui  le  plus  du  tems  y  vacqua  à  reprendre  lesdiz  livres,  pour  et  ou 
ff  nom  et  du  consentement  dudit  Anthoine,  et  lequel  les  reprint  au  plus  près  que 
ff  faire  ce  pot,  et  non  mie  au  juste  selon  l'ordre  de  l'ancien  inventoire  fait  par 
ff  ledit  feu  messire  Giles,  commençant  ou  nj*'  fueillet  de  ce  présent  livre;  lequel 
ff  livre  fut  lors  trouvé  en  la  basse  desdictes  chambres,  en  la  présence  des  susdiz; 
ffet  ne  porent  lesdiz  commis  en  tout  garder  l'ordre  dudit  ancien  inventoire 
ffpour  la  grant  multitude  de  livres  et  difficulté  qui  y  estoit,  mesmement  que 
ff  lesdiz  livres  n'estoient  mie  de  renc  et  en  ordre  esdiz  trois  estages,  et  que 
ff  plusieurs  d'iceuz  livres,  qui  dévoient  estre  ou  bas  estage  ou  chambre  d'icelle 
fftour,  estoient  en  l'un  des  deux  autres,  et  semblablement  des  autres  qui 
ff  dévoient  estre  es  autres  deux  estages.  Ce  présent  inventoire  parfait  et  achevé 
ffpar  ledit  Bègue,  par  l'ordonnance  de  nosdiz  seigneurs  des  comptes,  pour  les 
ff  grandes  occupations  desdiz  sire  Michiel  et  des  Prez,  en  la  présence  toutesvoyes 
ffet  du  consentement  dudit  messire  Jehan  Malet,  et  dudit  Anthoine  des  Essars  ou 
ff  Bureau.  Apres  la  parfection  duquel  inventoire,  en  fut  le  double  baillé  audit  An- 
ffthoine,  comme  il  est  escript  et  signé  de  sa  main  en  la  fin  de  ce  présent  inven- 
fftoire,  ou  vj^xuj^  fueillet  de  ce  livre ''In  Au  revers  du  dernier  feuillet  du  nouvel 
inventaire,  Antoine  des  Essars  écrivit  en  effet  ce  récépissé,  dont  nous  donnons 
le  fac-similé ^-^  :  ffJe  Anthoine  des  Essars,  escuier,  varlet  trenchant,  conseiller 
ffet  garde  des  deniers  de  l'espargne  et  de  la  libraierie  du  Roy  nostre  seigneur, 
ff  confesse  avoir  eu  et  receu  de  Messieurs  des  comptes  du  Roy,  nostredit  seigneur, 
fren  six  cayers  de  parchemin  contenans  lxxij  foillez,  le  double  de  ce  présent  inven- 
fftoire,  deuement  collationné  par  maistre  Jehan  Le  Bègue,  notaire  et  secrétaire 
tr  du  Roy,  nostredit  seigneur,  et  greffier  en  ladicte  chambre,  avec  les  hvres  contenuz 
fret  déclairez  en  icellui,  depuis  le  liij'^  fueillet  dudit  présent  inventoire  jusques  cy. 
ff  Lesquelz  livres  sont  en  une  tour  du  chastel  du  Louvre ,  en  trois  chambres  ou  estaiges 
ff  l'une  sur  l'autre,  desquelles  chambres  ou  estaiges  les  clefs  me  furent  baillées  par 
ff  l'ordonnance  desdictes  gens  des  comptes  dès  le  vij*^  jour  de  juillet  derrenier  passé. 
ffTesmoing  mon  saing  manuel  cy  mis  le  xj'^  jour  de  mars,  l'an  mil  cccc  et  unze. 
ffANTiioiiNE  DES  EssARS.  n  Deux  ceut  sept  volumes  étaient  absents,  et  l'on  comptait 
environ  deux  cents  acquisitions  nouvelles,  ce  qui  plaçait  la  bibliothèque  dans  le 
même  état  que  quarante  ans  auparavant. 

Inventaire  de  Gilles  Malet,  p.  luj.  —      Voyez  page  i-23. 


126  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

Un  exilait  des  Mémoriaux  de  la  chambre  des  comptes,  qui  nous  a  été  conservé 
par  J.  Dubrcul  nous  apprend  que,  le  19  mai  1/112,  Charles  VI  remplaça 
des  Essars  par  Garnier  de  Saint- Yon;  celui-ci  est  qualifié  de  crcommissus  ad 
ffcustodiam  librariae  Régis  in  Lupara,  et  aliorum  etiam  librorum,  quocumque  loco 
rrfuerint,  ^1  ce  qui  prouve  bien  que  le  roi  possédait  encore  des  livres  ailleurs  qu'au 
Louvre 

Moins  d'un  an  après,  Jean  Maulin,  clerc  du  roi,  succéda  à  Garnier  de  Saint-Yon, 
destitué,  comme  son  prédécesseur,  pour  avoir  pris  parti  contre  la  maison  d'Or- 
léans On  dut  dresser  un  autre  inventaire  qui,  cette  fois,  ne  fut  pas  inscrit  à 
la  suite  de  celui  de  Gilles  Malet;  il  forme  un  petit  in-folio,  écrit  sur  vélin  en 
lettres  de  note  et  à  longues  lignes     II  commence  ainsi  : 

rrlnventoire  des  livres  du  roy  Charles  nostre  sire  qui  à  présent  est,  estans  en 
ffsa  librarie  du  Louvre.  C'est  assavoir  en  une  tour,  en  trois  chambres  l'une  sur 
r:  l'autre.  Commencié  le  mercredy  xviij^  jour  d'octobre  l'an  mil  cccc  et  xuj  par 
rr  maistres  Thomas  Daunoy  et  Jehan  Delacroix,  conseilliers  et  maistres  des  comptes 
ffd'icellui  seigneur,  et  Jehan  Le  Bègue,  notaire  et  secrétaire  dudit  seigneur,  et 
rr greffier  en  la  chambre  desdiz  comptes,  à  ce  commiz  par  les  gens  des  comptes 
cf  d'icellui  seigneur;  en  la  présence  de  Guillaume  des  Molins,  frère  de  la  femme 
rt  Garnier  de  Saint  Yon,  qui  derrenièrement  en  avoit  la  garde,  et  de  maistre  Jehan 
rr  Maulin,  clerc  d'icellui  seigneur  en  laditte  chambre  des  comptes,  auquel  Maulin 
rr  ledit  seigneur  en  avoit  de  nouvel  baillé  la  garde.  Toutesvoyes  n'y  fu  mie  ledit 
rr  Guillaume  présent  tout  au  long,  ainçois  quant  esté  y  ot  par  aucuns  jours  se 
rr  excusa  de  plus  y  venir,  disant  qu'il  se  attendoit  à  ce  que  fait  en  seroit  par  lesdiz 
r' commiz,  et  semblablement  lesdiz  maistres  Thomas  et  Delacroix,  pour  autres 
rr  charges  et  occupacions  qu'ilz  orent  es  affaires  du  Roy  et  autrement,  n'y  porent 
rrmie  longuement  vaquer.  Si  fu  ledit  inventoire  achevé  par  ledit  Bègue,  présent 
r  ledit  Maulin,  et  y  furent  trouvez  les  livres  qui  ensuivent,  n 

Jean  Maulin  écrivit  à  la  fin  la  déclaration  suivante  : 

rr  Je  Jehan  Maulin,  clerc  du  Roy  nostre  sire  en  sa  chambre  des  comptes  à  Paris, 
rret  garde  de  sa  librarie  estant  au  Louvre,  congnois  et  confesse  avoir  eu  et  receu 


rrGarnerius  de  S.  Yon,  scabinus  villœ  Pari- 
trsiensis,  commissus  ad  cuslodiam  iibrariœ  Régis  in 
ff Lupara,  et  aliorum  etiam  librorum,  quocumque 
'•loco  fuerint,  loco  Anlonij  de  Essartis,  causis  certis 
Tad  hoc  ipsum  regem  moventibus  exonerati,  per 
ffcius  literas  datas  octavo  maij  liis ,  sic  signatas: 
ffPar  le  Roy,  presens  messire  Philippe  de  Poictiers, 
rrrnessire  Gu'ard  de  Graneual ,  et  autres.  Calot.  Duo- 
ffdecimoque  mensis  eiusdem  prœstitit  solitum  iura- 
rr  nienlum.  (Dubreul,  Théâtre  des  antiquilez  de  Paris, 
p.  781.) 

Voyez  d'ailleurs  Van  Praet,  Inventaire  des 


joyaulx,  reliques  et  autres  choses  estant  en  lEstude 
du  Roy,  en  la  tour  du  boys  de  Vincennes,  eiiiprc  la 
liaulte  chambre ,  en  la  présence  de  inonss.  de  la  Ri- 
vière, Giles  Malet  et  Heuitequin  Durivier,  orfèvre  et 
vai-lez,  de  chambre  du  Iloy.  Fait  le  .if  jour  davril 
ccc  iiij'". 

Pierre  des  Essars,  frère  d'Antoine,  fut  con- 
damné à  mort  et  exécutë  le  1"  juillet  iAi3. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  autrefois 
Supplément  français,  n°  178'^  aujourd'hui  Fonds 
français,  n°  (jA3o.  Nous  donnons,  page  isS,  le 
fac-siniile  du  premier  feuillet. 


128  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

ce  en  ma  garde  touz  les  livres  et  autres  choses  contenuez  et  déclairéez  en  ce  présent 
rr  inventoire ,  contenant  soixante  neuf  fueillez  escripz,  exceptez  ceulz  qui  sont 
ffcontenuz  et  déclairez  cy  dessoubz  es  cincj  prouchains  fueillez  ensuivans.  Duquel 
ce  inventoire  le  double  contenant  quatre  vins  dix  huit  fueillez  en  papier,  avecques 
ff  les  clefz  d'icelle  librarie,  m'ont  esté  baillez  par  maistre  Jehan  Le  Bègue,  clerc, 
rr  notaire  et  secrétaire  d'icellui  seigneur,  et  greffier  en  ladicte  chambre  des  comptes, 
ce  qui  par  messeigneurs  desdiz  comptes  avoit  esté  commis  audit  inventoire  faire, 
r  moy  présent.  Tesmoing  mon  saing  manuel  cy  mis,  le  x*^  jour  de  janvier,  l'an  mil  cccc 
ce  et  quinze'^'.  Mauli\.  ^ 

Un  nouvel  inventaire  fut  rédigé  à  l'avènement  de  Charles  VII,  en  lûaS,  par 
trois  commissaires  de  la  chambre  des  comptes  ;  en  présence  de  Garnier  de  Saint- 
Yon,  redevenu  bibliothécaire  en  juillet  i/n8,  ils  passèrent  cinq  jours  à  ce  tra- 
vail. La  collection  ne  renfermait  plus  que  huit  cent  cinquante-trois  volumes,  et 
trois  libraires  experts  jurés  les  estimèrent  deux  mille  trois  cent  vingt-trois  livres 
quatre  sols. 

L'original  de  cet  inventaire  semble  aujourd'hui  perdu,  mais  la  bibliothèque 
Sainte-Geneviève  en  possède  une  copie  faite  au  xvu*^  siècle.  On  lit  à  la  fin  : 
ce  Le  deuxiesme  jour  de  mars  i636,  un  certain  escrivain  me  vint  apporter  un 
ce  gros  cahier  de  papier  contenant  soixante  huict  feullets,  pour  le  voir  et  en 

ce  prendre  copie  Je  trouvay  que  c'estoit  l'inventaire  original  fait  par  trois  com- 

cemissaires  députez  l'an  i/i23,  les  ii,  12,  i3,  \  h  et  i5  d'avril,  des  livres  de 
cela  bibliotlièque  du  Roy  estant  au  chasteau  du  Louvre  en  trois  chambres,  après  le 
cedécez  du  roi  Charles  sixiesme,  avec  la  prisée  qui  en  fut  faite  par  trois  libraires, 
ce  Garnier  de  Saint  Yon  estant  garde  de  ladite  bibliothèque  ou  librairie.  Le  nombre 
cèdes  volumes  desdits  livres,  tous  manuscrits,  la  plus  part  en  parchemin,  se  monte 
ce  à  huit  cent  cinquante  trois,  et  l'évaluation  de  la  prisée  à  deux  mil  trois  cent 
ce  vingt  trois  livres  quatre  solz^^ln 


Inventaire  de  iâi3,  p.  lxiiij. 

Bibliothèque  Sainte -Geneviève,  manuscrits, 
n°  Q,  f.  5 .  Une  autre  copie,  également  du  xvn*  siècle . 
existe  à  la  bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  H, 
igSA.  Dans  les  deux  manuscrits,  chaque  article  est 
accompagné  d'une  estimation  indicpiant  le  prix  de 
l'ouvrage.  Ce  catalogue  vient  d'être  publié  par 
M.  Douët-d'Arcq,  sous  ce  titre  :  Invenlaire  de  la 
bibliothèque  du  roi  Charles  VI fait  au  Louvre  en  lâaS, 
par  ordre  du  Régent,  duc  de  Dedfort.  M.  Douët-d'Arcq 
a  emprunté  au  manuscrit  de  la  bibliothèque  Ma- 
zarine la  désignation  des  volumes  et  leur  prix  d'es- 
timation, et  en  même  temps  il  a  relevé  leur  titre 
exact  sur  l'inventaire  de  Gilles  Malet. 

En  i83o.  J.  Barrois  estimait  que  cette  somme 


pouvait  représenter  261,592  francs  de  notre  mon- 
naie (voyez  Bibliothèque  protypographique ,  p.  xij). 
Voici  comment  débute  cet  inventair  :  «L'an  de 
frgrace  mil  cccc  vint  et  trois,  les  xj°,  xij',  xuf,  xiv"  et 
"xv"  jours  du  mois  d'avril  avant  Pasques,  par  l'or- 
fl-donnance  de  messieurs  les  commissaires  ordonnez 
rrpar  le  Boy  nostre  sire  sur  le  fait  des  obsecques, 
"funérailles  et  inventoire  de  feii  nostre  sire  le  roy 
rr  Charles  VI"  de  ce  nom,  dernier  trépassé,  et  en  la 
rfprésence  de  messieurs  maîtres  Philippes  de  Builly, 
rr  conseiller  du  Boy  nostre  sire  en  sa  cour  de  Parle- 
rrment  et  tbrésorier  de  la  Saincte-Chapelle  du  Palais 
rr  royal  à  Paris,  Jacques  Branlart,  aussy  conseiller 
rrdudit  seigneur  en  sa  cour  de  Parlement,  de  sire 
rMichel  de  Cailler,  conseiller  et  maitre  des  comptes 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI. 

On  a  pu  voir,  par  l'extrait  que  nous  avons  donné  du  catalogue  dressé  par 
Malet,  (juelles  riches  reliures  portaient  presque  tous  les  volumes  de  cette  collec- 
tion. On  employait  surtout  alors,  pour  recouvrir  les  livres,  le  cuir  blanc  ou  ver- 
meil, le  velours,  les  draps  de  soie  et  de  satin.  Une  belle  reliure  empruntait  à  la 
l'ois  l'art  de  l'orfèvre,  de  l'émailleur  et  de  l'imagier.  De  forts  clous  de  cuivre  pré- 
servaient du  frottement  les  étoffes  qui  garnissaient  les  plats  et  les  pierres  pré- 
cieuses qui  y  étaient  parfois  enchâssées.  Les  fermoirs  en  or,  en  vermeil,  en  argent, 
en  cuivre,  ou  même  en  fer,  avaient  surtout  pour  objet  de  tenir  sans  cesse  en 
presse  le  vélin,  qui  se  dilate  au  contact  de  l'air  chaud;  ces  fermoirs  étaient  presque 
toujoui's  émaillés  et  ornés  soit  de  figures  finement  gravées,  soit  des  armes  du  sei- 
gneur auquel  le  livre  appartenait. 

La  précieuse  collection  rassemblée  par  Charles  V  allait  disparaître  au  milieu 
des  orages  qui  bouleversèrent  la  France  au  commencement  du  règne  de  Charles  VII. 
Le  duc  do  Bedford,  régent  du  royaume  au  nom  de  Henri  VI,  fut  plus  qu'un  gé- 
néral habile,  il  aima  les  lettres  et  sut  les  protéger;  de  superbes  manuscrits  exé- 
cutés par  ses  ordres  existent  encore  Les  livres  réunis  au  Louvre  devaient 
naturellement  exciter  sa  convoitise;  il  vint  les  visiter  dès  i^aB,  s'en  fit  présente!' 
l'inventaire,  mais  n'osa  point  encore  s'en  emparer.  Il  fallut  quatre  années  pour 
dissiper  ses  scrupules  :  en  1629,  il  domia  une  décharge  conqjlète  à  Garnier  de 
Saint-\on,  compta  douze  cents  livres  à  Pierre  Thiéry,  entrepreneur  du  mausolée 
de  Charles  VI et  fit  passer  en  Angleterre  les  ouvrages  que  contenait  la  tour 
du  Louvre.  Tous  ces  faits  étaient  attestés  pai'  des  notes  écrites  à  la  fin  de  l'in- 
ventaire de  1628. 

On  y  lit  : 

Le  vendredy  xxij  jour  de  juin  mil  cccc  xxv,  très  haut  prince  et  mon  très  redouté  seigneur 
mons.  .lehan,  régent  du  lioyaume  de  France,  duc  de  Bedt'ord,  demoure  content  de  tous  les 
livres  cy  dessus  désignez  et  spécifiez,  montans  par  prisée  à  la  somme  de  deux  mil  trois  ceni 
vingt  et  trois  livres  quatre  sols  parisis,  lesquels  il  a  receus  de  Garnier  de  Saint-\on,  jadis  garde 
desdits  livres,  et  en  acquitte  et  décharge  ledit  Garnier;  et  en  témoin  de  ce,  j'ay,  par  son  ordon- 
nance et  commandement,  escript  de  ma  main  cesl  présent  article,  et  signé  de  mon  seing  ma- 
nuel, fan  et  jour  dessusdits. 

Petmel. 


rrd'iceluy  seigneur,  el  de  M'  Andry  Courtevache, 
rrclerc  desdils  comptes,  conunissaires,  avec  autres, 
rrsur  le  fait  desdits  ohsecques;  par  Girard  Maucler 
fret  Adam  Deschamps,  clers  notaires  jurez  d'iceiuy 
trseigneur  en  son  Chàtelet  de  Paris,  fut  fait  inven- 
rftoire  des  livres  appartenons  audit  feu  seigneur, 
ffcstans  et  trouvez  en  sa  lihrairie  du  chastel  du 
rrLouvre  à  Paris,  et  montrez  par  Garnier  de  Saint 
rr  Yon ,  garde  de  ladite  librairie.  Et  les  livres  qui 
rr trouvez  ont  esté,  prisez  par  maitres  Jean  Merles, 


rr  Denis  Goutillier  et  Jean  de  Sautigny,  libraires  jurez 
rren  l'Université  de  Paris,  après  qu'ils  ont  juré  de 
ffles  priser  bien  et  justement.  ■■î 

Voyez  le  Magasin  pittoresque,  année  18J9. 
p.  3oo,  et  Vallet  de  Virivilie,  Notice  de  quelques 
manuscrits  précieux  sous  le  rapport  de  l'art,  écrits  cl 
peints  en  France  durant  l'époque  de  la  domination  an- 
glaise. 

Boivin,  Dissertation  sur  la  bibliothèque  du 
Louvre,  dans  les  Mémoires  de  l'Académie  des  ins- 


II. 


17 


130  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Depuis  la  quittance  et  décharge  desusdites,  mondit  sieur  le  Régent  a  baillé  en  garde  tous  les 
livres  en  ce  présent  papier  escriplz  et  désignez,  lequel  Garnier  l'a  tenu  et  obligé  de  luy  en 
rendre  compte  bon  et  loyal.  Escript  de  ma  main  ledit  xxij*  jour  de  juin  mil  cccc  xxv,  sous  mon 
seing  manuel. 

Petmel. 

Le  samedy  xv"  jour  doctobre,  l'an  mil  cccc  xxix,  très  haultet  puissant  prince  mons"^  le  Régent 
du  royaume  de  France,  duc  de  Bedford,  se  tient  comptant  de  tous  les  livres  désignez  et  déclarez 
cy  devant  en  cest  présent  inventoire,  et  en  quitta  en  ma  présence  Garnier  de  S'  Yon,  et  veut 
qu'il  en  fut  et  demouràl  quille  et  deschargé,  en  tesmoing  de  laquelle  chose  j'ay,  par  l'ordon- 
nance el  mandement  de  monseigneur  le  Régent,  escript  cest  présent  article  de  ma  main  et  signé 
de  mon  seing  manuel,  l'an  et  jour  dessusdif. 

J.  Salvain 

Charles  VII  ne  songea  pointa  réparer  cette  perte.  Mais  Louis  XI,  qui,  suivant 
les  expressions  mêmes  de  Robert  Gaguin  ,  crcallebat  litteras,  et  supra  quam 
rr  regibus  mos  est,  erat  eruditus '2',  n  s'efforça  de  rétablir  la  bibliotbèque  du 
Louvre.  Il  y  plaça  d'abord  quelques  volumes  épars,  depuis  Charles  V,  dans  diffé- 
rentes maisons  royales.  Ce  premier  fonds  reçut,  en  mai  1/172,  un  accroissement 
assez  considérable  par  la  mort  de  Charles,  duc  de  Berry,  qui  avait  institué  pour 
héritier  Louis  XI,  son  frère  Charles  aimait  les  lettres,  et  il  avait  été  un  des 
j)remiers  à  former  une  collection  de  livres  imprimés'*'.  A  ces  volumes  le  roi 
réunit  presque  aussitôt  la  bibliotlièque  des  ducs  de  Bourgogne,  dont  les  Etats 
lurent  alors  réunis  à  la  France;  cette  bibliothèque,  fondée  par  Philippe  le  Hardi 
était  devenue  rapidement,  grâce  à  la  prodigalité  de  ses  possesseurs,  l'une  des  plus 
belles  et  des  plus  considérables  de  l'Europe.  Elle  s'augmenta  d'abord,  sous  son 
fondateur,  d'une  collection  rassemblée  par  son  beau-père,  Louis  de  Maie'''',  comte 
de  Flandre;  les  immenses  richesses  et  les  goûts  littéraires  de  Philippe  le  Bon  con- 


rrlptioHs,  t.  II,  p.  760.  Boivin  reproduit  là  une 
circonstance  également  affirmée  par  Sauvai  et  par 
Félibien,  niais  dont  raulhenticilé  nous  semble  con- 
testable. Nous  n'en  avons  pas  trouvé  trace  d'ailleurs 
dans  les  documents  manuscrits. 

L'auteiu'  anonyme  de  l'iiistoire  manuscrite  de 
la  bibliothèque  du  Roi  dit  :  ffJ'ay  veu  un  Tite 
rrbive,  à  la  fin  duquel  ces  mots  estoient  escritz  : 
ffCe  livre  a  esté  envoyé  des  parties  de  France  par 
"le  duc  de  Betfort,  régent,  au  duc  de  Gloceslre, 
" son  beau  frère,  en  Angleterre ,  l'an  ili-ili;  il  a  esté 
rrrapporté  depuis  en  France  par  hazard. (Biblio- 
thèque Sainte-Geneviève,  manuscrits,  Z  f  1.) 

Rob.  Gagnin,  Competidium  super  Francorum 
ffestis,  lib.  X,  p.  cxli. 

Voyez  le  Catalogue  des  livres  qui  paraissent 


avoir  composé  la  bibliotbèque  de  Louis  XI.  Biblio- 
thèque impériale,  manuscrits,  fonds  français. 
n°  2919,  in-folio.  Voici  comme  cet  inventaire  est 
désigné  dans  le  marmscrit  :  Livres  en  français  es- 
criptz  h  la  main  à  Tours  devant  l'hostel  monseigneur 
(le  Dvnois. 

Vallet  de  Viriville,  Histoire  de  l'instruclion 
publique  en  France,  \).  907. 

Voyez ,  dans  la  Bibliothèque  protypographique 
de  J.  Barrois,  p.  io5,  ï Inventoire  des  livres  rou- 
mans  de  feu  monseigneur  Philippe  le  Hardi,  que 
maislre  Richart  le  Conte ,  son  barbier,  a  euz  en  garde 
à  Paris. 

Voyez,  dans  Barrois,  p.  110,  Inventoire  de 
Marguerite  de  Maie,  héritière  de  Flandre,  veuve  de 
Philippe  le  Hardi. 


BIBLIOTHKQUE  DU  ROI.  131 

tribuèrent  encore  à  l'enricliir''^;  Charles  le  Téméraire  avait  fait  aussi  d'impor- 
tantes acquisitions 

Louis  XI  eut  pour  sa  bibiiotliècjue  un  cnluinineur  ou  litie,  Jean  Fouquet,  et 
successivement  deux  bibliotbécaii-es,  Laurent  Palmier  et  Robert  Gaguin 1^'em- 
prunt  qu'il  fit  à  la  Faculté  de  médecine  des  œuvres  de  Rliasès,  dont  il  voulaif 
avoir  une  copie,  et  les  difiicultés  que  rencontra  cette  demande,  sont  restés  cé- 
lèbres dans  l'histoire  de  la  bibliographie 

Charles  VIll,  malgié  les  guerres  continuelles  qui  remplirent  son  règne,  con- 
tribua à  augmenter  le  dépôt  du  Louvre.  Depuis  Robert  d'Anjou,  le  protecteur  de 
Pétrarque  et  de  Boccace,  Naples  possédait  une  bibliothèque  qui,  sous  Alphonse  1" 
et  Ferdinand  d'Aragon,  princes  aussi  éclairés  que  cruels,  était  devenue  réelle- 
ment précieuse.  Charles  VIll,  pendant  sa  rapide  expédition  en  Italie,  put  s'em- 
parer d'une  partie  de  cette  collection;  il  la  rapporta  en  France,  où  Robei  t  Gaguin 
l'ajouta  aux  livres  rassemblés  par  Louis  XI. 

Mais  déjà  la  maison  d'Orléans  possédait  à  Blois  une  bibliothèque,  précieuse 
surtout  par  la  beauté  des  volumes  que  le  duc  Louis,  fils  de  Charles  V,  avait  fait 
exécuter  à  ses  frais.  Cliarles  d'Orléans  eut  pour  les  livres  le  même  goût  que  son 
père,  et  s'efforça  d'augmenter  la  collection  que  celui-ci  avait  laissée.  Un  premier 
inventaire  en  fut  rédigé  au  mois  de  mai  i/iiy,  par  P.  Renoul,  secrétaire  du 
prince Dix  ans  après,  on  songea  à  l'aliéner  pour  payer  la  rançon  du  prince; 
un  nouvel  inventaire  fut  alors  dressé  (3i  mai  1/127)  P'^''  'ii^ître  Jehan  de 
Tuillières,  tclicencié  en  lois^'''.")  Cet  inventaire  comprend  quatre-vingts  volumes, 
parmi  lesquels  figurent  des  bibles,  des  évangiles,  des  missels,  des  ouvrages  théo- 
logiques, des  romans,  et  quelques  poëtes  latins,  mais  pas  un  livre  grec.  L'année 


Voyez  A.  Pincliart,  Miniaturistes ,  enlumineurs 
et  calligraphes  emploijés  par  Philippe  le  Bon  et  Charles 
le  Téméraire,  1868,  in-8°. 

'"'  Voyez  Gabriel  Peignot,  Catalogue  d'une  partie 
des  livres  composant  la  bibliothèque  des  ducs  de  Bour- 
gogne au  xv'  siècle,  et  J.  Barrois  ,  Bibliothèque 
protypographique ,  p.  117. 

*  '  L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques , 
p.  448. —  On  a  contesté  ce  titre  à  Robert  Gaguin. 
Cependant  sur  son  épitapbe,  longtemps  conservée 
au  couvent  des  Malliurins ,  il  était  qualifié  de  Selectœ 
Ludovici  XI  bibliothecœ  authoris  et  prœfecli.  (  Voyez 
Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris,  t.  VI, 
p.  293.) 

Voyez  ci-dessus  notre  notice  sur  la  biblio- 
thèque de  la  Faculté  de  médecine. 

Robert  Gaguin  mourut  le  a  2  niai  i5oi,  et 
non  en  i5o2,  comme  le  disent  toutes  les  biogra- 
phies. Voyez  un  extrait  de  son  épitaphe  reproduit 


dans  G.  Brice,  Description  de  Paris,  t.  111,  p.  l>-2. 

Archives  de  l'Empire,  série  K.  n°  534. 

Il  a  été  publié  avec  des  notes  inléi'ossantes 
par  M.  Le  Roux  de  Lincy  dans  la  Bibliothèque  de 
l'Ecole  des  chartes  [t"  série,  t.  V,  i843,  p.  69). 
Voici  le  titre  de  ce  précieux  document  : 

ffS'ensuient  les  livres  de  monseigneur  le  duc 
ffd'Orliens,  par  maislre  Jehan  de  Tuilies,  licencié 
ffcn  lois,  et  lieutenant  de  monsieur  le  gouverneur 
ffde  Blois,  devers  lequel  ilz  ont  esté  en  garde  bailliés 
ffet  délivi'és  le  dernier  jour  de  niay  l  an  mil  quatre 
ff  cens  vingt  sept,  à  messire  Jehan  de  Rochechouart, 
rr  chevalier,  seigneur  deMortemar,  chambellan,  et 
"inaistre  Pierre  Sauvage,  secrétaire  et  conseiller  de 
"mon  dit  seigneur  le  duc,  par  lui  ordonnés  et 
rr  commis  àyceulx  livres  retraire  et  rassambler,  pour 
rten  faire  et  disposer  par  le  dit  seigneur  de  Mor- 
fftemar,  selon  ce  que  mon  dit  seigneur  le  duc  lui 
ffdoit  avoir  naguères  ordonné  et  commandé.  « 


'7- 


132  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

suivante,  le  duc  d'Orléans  ayant  appris  que  les  Anglais  préparaient  une  expédi- 
tion sur  les  bords  de  la  Loire,  craignit  que  sa  collection  de  livres  et  d'objets  d'art 
ne  tombât  au  pouvoir  de  l'ennemi;  il  les  fit  transporter  d'abord  à  Saumur,  puis 
à  la  Rochelle,  où  on  les  installa  dans  l'hôtel  de  Jean  de  Rochechouart,  sire  de 
Mortemart. 

Charles  d'Orléans  et  son  frère  Jean,  comte  d'Angoulême,  retenus  captifs  pen- 
dant vingt-cinq  ans,  cherchèrent  dans  les  lettres  une  consolation  aux  peines  de 
l'exil.  Tous  deux,  instruits  pour  leur  époque,  s'efforcèrent  de  racheter  quelques- 
uns  des  manuscrits  que  le  duc  de  Bedford  avait  enlevés  de  la  tour  du  Louvre; 
et,  quands  ils  revinrent  en  France  (i/i/io),  ils  rapportèrent  une  soixantaine  de 
volumes  que  Charles  d'Orléans  expédia  à  Blois,  où  les  livres  de  son  père  avaient 
été  replacés  en  i/i36.  On  conserve  à  la  Bibliothèque  impériale  quelques  manus- 
crits provenant  de  la  bibliothèque  de  Charles  V,  et  qui,  après  avoir  été  emportés 
à  Londres  par  Bedford,  y  furent  rachetés  soit  par  Charles  d'Orléans,  soit  par 
Jean  d'Angoulême,  et  revinrent  avec  eux  en  France.  Le  plus  curieux  peut-être  de 
ces  précieux  monuments  de  notre  histoire  littéraire  est  \e  Ralional  des  divins  ojfices , 
exécuté  en  187/1  pour  Charles  V^'l  II  porte  Yex  lihris  et  la  signature  de  ce  prince 
(it  on  lit  en  outre  sur  la  couverture  ces  mots  : 

Louis  XII,  lils  de  Charles  d'Orléans,  avait  conservé  poui- Blois,  sa  ville  natale, 
une  prédilection  très-marquée  ;  il  y  transporta  tous  les  ouvrages  que  renfermait 
encore  la  Tour  du  Louvre'^',  les  réunit  à  la  bibliothèque  de  son  père,  et  plaça 
celle-ci  sous  la  direction  de  François  du  Refuge,  son  aumônier.  Pendant  son 
éphémère  conquête  du  MHanais,  il  trouva  le  temps  d'envoyer  à  Blois  (1699)  la 
belle  bibliothèque  que  les  Visconti  et  les  Sforze  avaient  formée  à  Pavie,  et  qui  ne 
comptait  pas  moins  de  mille  manuscrits  grecs,  latins,  italiens  et  français Sa 
campagne  contre  les  Etats  vénitiens  lui  permit  de  s'enq)arer  d'une  partie  de  la 
précieuse  collection  qui  avait  fait  les  délices  de  Pétrarque;  l'infatigable  érudit 
l'avait  rassemblée  avec  des  peines  extrêmes  ;  il  la  traînait  avec  lui  dans  tous  ses 
voyages,  et  avait  fini  par  la  donner,  en  1 862  ,  à  la  république  de  Venise.  Louis  XII 
enrichit  encore  sa  bibliothèque  d'une  collection  appartenant  à  Louis  de  Bruges, 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  cette  collection,  et  qui  sont  aujourd  hui  à  la  Bil»lio- 
français,  n°  /(Sy.  thèque  impériale,  on  lit  ces  mots,  que  nous  em- 

Nous  les  avons  reproduits  ci-dessus,  p.  111.       pruntons  au  volume  coté  fonds  français,  n°  ySS  : 

G.  Naudé,  Addillon.s  à  l'hisl.  du  roij  Louis  XI, 
p.  87.  —  Jourdain,  Mémoire  historique  sur  la  bi- 
hliotltkiiie  du  Roy,  p.  vnj. 

Sur  presque  tous  les  volumes  provenant  de 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  133 

seigneur  de  la  Gnithuyse.  Le  cabinet  de  ce  savant  bibliophile  était,  après  celui 
des  ducs  de  Bourgogne,  le  plus  beau  et  le  plus  nombreux  de  toute  la  Flandre. 
Louis  de  la  Gruthuyse  avait  fait  exécuter  lui-même,  à  Bruges  et  à  Gand,  la  plupart 
des  manuscrits  qu'il  possédait.  Le  format  des  volumes,  la  beauté  du  vélin  et  de 
l'écriture,  la  richesse  et  la  quantité  des  miniatures,  le  luxe  des  reliures  en  velours 
garnies  de  coins,  de  clous  et  de  fermoirs  dorés,  attestent  que  rien  de  ce  qui  peut 
rendre  des  livres  précieux  n'avait  été  épargné  par  leur  opulent  possesseur.  Après 
sa  mort  (1692),  cette  collection  passa  à  son  fds  Jean  de  Bruges,  qui  la  donna  ou 
la  vendit  à  Louis  XII;  on  ne  sait  rien  de  précis  à  cet  égard,  mais  la  dernière  sup- 
position est  la  plus  vraisemblable.  En  effet,  afin  de  transmettre  à  la  postérité  le 
souvenir  de  son  amour  poui-  les  livres,  le  seigneur  de  la  Gruthuyse  avait  multiplié 
dans  les  siens  ses  armes  et  sa  bannière,  avec  son  chiffre  et  sa  devise'^';  or  tous 
ces  emblèmes  furent,  lors  de  la  réunion  des  deux  bibliothèques,  effacés  ou  re- 
couverts par  les  armes  du  roi  '^l 

Nous  avons  une  preuve  certaine  de  l'importance  que  ces  acquisitions  avaient 
donnée  au  dépôt  de  Blois;  car,  le  monarque  l'ayant  montré  à  L.  Bolognini, 
qu'Alexandre  VI  venait  de  lui  envoyer  comme  ambassadeur,  celui-ci  le  fit  figurer 
dans  l'ouvrage  qu'il  consacra,  quelques  années  après,  aux  Quatre  merveilles  de  la 
France 

François  l",  sous  qui  les  arts  allaient  briller  d'un  si  vif  éclat,  portait  aux  lettres 
un  réel  intérêt,  que  la  création  du  Collège  de  France  suffii-aità  prouver.  La  bi- 
bliothèque du  Roi  prit,  pendant  son  règne,  un  rapide  essor. 

Au  moment  où  François  I'"''  monta  sur  le  trône,  la  collection  de  Blois  avait 
pour  bibliothécaire  l'aumônier  de  la  reine,  Adam  Laigre,  qui  touchait  par  an 
soixante  livres  tournois'*'.  Il  fut  remplacé  en  i5i8  par  le  dominicain  Guillaume 


Gruthuyse  portait  :  au  1  et  4  d'or,  à  la  croix 
(le  sable,  qui  est  Gruthuyse;  au  2  et  .3  de  gueules, 
au  sautoir  d'argent,  qui  est  Van  derAa.  Son  cimier 
était  un  bouc  ou  capricorne  issant  de  sable ,  accolé 
d'azur  et  accorné  d'or  dans  un  vol  d'hermine  de 
trois  rangs.  Pour  supports  deux  licornes,  et  au- 
dessus  la  devise  :  Plus  est  en  vous  ;  en  flamand  : 
Meer  es  in  u. 

Voyez  Van  Praet,  Recherches  sur  Louis  de 
Bruges,  seigneur  de  la  Gruthuyse;  suivies  de  la  no- 
tice des  manuscrits  qui  lui  ont  appartenu,  et  dont  la 
plus  grande  partie  se  conserve  à  la  bibliothèque  du 
Roi. 

Hic  est  bibiintheca  novis  plena  artibus  :  alque 
Piuribus  antiquis  

L'ouvrage  est  intitulé  :  De  quatuor  singularita- 
tibus  in  Gallia  repertis  ;  il  fut  adressé  par  l'auteur 
à  Symphorien  Champier,  qui  l'inséra  dans  son 


hvre  De  triplici  disciplina,  Lyon,  i5o8,  in-8°; 
le  volume  n'a  point  de  pagination. 

La  pièce  suivante  a  été  publiée  dans  le  Bulle- 
Ictin  du  Bibliophile  du  mois  d'août  i868,  p.  445  : 
ff  Je  Adam  Laigre,  prebstre,  aumonnier  de  la  Hoyne 
fret  garde  de  la  librayrie  du  Roy  nostre  sire,  es- 
irtant  en  son  chasteau  de  Bloys,  confesse  avoir  eu 
fret  receu  de  maistre  Jacques  Viart,  recepveur  du 
rrdommaine  de  la  conté  du  dit  Bloys,  la  somme 
(fde  quinze  livres  tournois  à  moy  ordonnée  pour 
n-la  garde  de  la  dicte  librayrie  pour  les  moys  d'oc- 
(rtobre,  novembre  et  descembre  iceiluy  inclus.  De 
ff  laquelle  somme  de  xv  l.  l.  f  me  liens  pour  con- 
(ftent  et  bien  paié,  et  en  quicte  le  dit  seigneur,  re- 
ffcepveur  et  tous  autres,  tesmoing  mon  seing  ma- 
trnuel  cy  niys,  le  xxix°  jour  de  descembre  l'an  mil 
ffcinq  cens  et  seze. 

Adam  Laigre.  » 


13/i  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Petit,  qui  lut  successivement  évêque  de  Troyes  et  de  Senlis,  et  qui  dressa  un 
inventaire  de  la  bibliothèque.  Ce  travail,  transporté,  on  ne  sait  comment,  à  la 
Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  a  été  récemment  publié  par  M.  H.  Miche- 
lant;  il  porte  pour  titre  :  S'ensuit  le  répertoire,  selon  l'ordre  de  l'alphabete,  de  tous 
les  livres,  volutnes  et  traictez  en  françoys,  italien  et  espaignoï,  couvers  de  veloux  et  non 
rouvers,  de  la  librairie  du  très  chrestien  roy  de  France  Françoys,  premier  de  ce  nom, 
estant  pour  le  présent  à  Bloys;  lequel  répertoire  a  esté  commencé,  moyennant  la  grâce  de 
Nostre  Seigneur,  parfaict  et  accomply  par  frère  Guilielme  Peruy^^\  de  Tordre  des  frères 
Prescheurs ,  indigne  chapelain,  très  obéissant  suhject  et  immérité  confesseur  dudict  sei- 
gneur, ïan  de  grâce  mil  cinq  cens  et  iviii,  et  de  son  règne  le  quatnesme 

Mais  bientôt,  trouvant  la  bibliothèque  de  Blois  trop  éloignée,  François  I'^"'  en 
commença  une  nouvelle  à  Fontainebleau,  et,  s'il  faut  en  croire  le  P.  Dan,  la 
confia  d'abord  au  savant  Pieire  Gilles'^*. 

Le  personnel  de  la  bibliothèque  du  Roi  s'était  composé  jusque-là  d'un  biblio- 
tiiécaire  en  titre  et  de  quelques  copistes.  François  I"  créa  en  iBys»  une  place  supé- 
rieure à  celles-ci,  celle  de  maître  de  la  librairie  du  roi.  Cette  charge,  destinée  sur- 
tout à  récompenser  le  mérite  littéraire,  fut  aussitôt  considérée  comme  une  des 
plus  honorables  et  des  plus  élevées  de  l'Etat.  Le  savant  Guillaume  Budé'*^  en  fut 
pourvu  le  premier,  et  le  roi  ne  pouvait,  sous  tous  les  rapports,  faire  un  meilleur 
choix.  Le  goût  des  livres  était  héréditaire  dans  la  famille  de  Budé  :  son  père  était, 
dit  un  biographe,  rc  librorum  emacissimus;  ii  lui-même  ne  voulut  pas  regai'der  comme 
une  sinécure  la  haute  position  qui  venait  de  lui  être  accordée.  Passionné,  ainsi 
que  le  roi,  pour  la  littérature  grecque,  il  mit  tout  en  œuvre  pour  se  procurer 
des  manuscrits  en  cette  langue  et  obtint  à  cet  égard  de  François  I'^''  l'appui 
le  plus  complet.  Jean  de  Pins,  évêque  de  Rieux,  et  Guillaume  Pcllicier,  évêque 
de  Montpellier,  successivement  ambassadeurs  de  France  à  Venise,  emportèrent, 
avec  leurs  instructions  diplomatiques,  l'ordre  d'acheter  tous  les  manuscrits  grecs 
qu'ils  pourraient  trouver,  et  de  faire  copier  ceux  qu'on  refuserait  de  leur  vendre ''^l 


Pam  (Petit). 

Catalogue  de  la  bibliothèque  de  François  I" ,  a 
Blois,  en  i5i8,  puljlié  d'après  le  manuscrit  de  la 
Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  par  II.  Michclant  , 
i863,  in-8°. 

ff  Apres  la  description  de  ces  bains  et  de  ces 
rrestuves,  ie  viens  au  dernier  estage  de  ce  depnrte- 
ffment,  qui  est  la  gallerie  où  a  esté  autrefois  la 
ff  librairie  que  ie  grand  roy  François  a  voit  dressé 
fren  celle  maison  royale  avec  un  grand  si)in  et  cu- 
frriosité,  dont  il  donna  la  cbarge  au  docte  Pierre 
rfGiliius.  .  .  .  (j'estoit  bien  une  des  choses  les  plus 
ff  considérables  de  ce  lieu,  où  ce  Prince  n'avoit  rien 
ff  épargné  pour  recouvrer  tous  les  livres  et  tous 


ffles  itianuscrils  les  plus  rares  et  les  plus  curieux 
ffqui  fussent  point  ailleurs,  ayant  poui"  cet  effet 
ffenvoyé  ledit  Gillius  et  plusieiu's  autres  person- 
frnages  en  Asie,  en  Grèce  et  en  diverses  parties  du 
ff  monde.  "  (P.  Dan,  Le  trésor  des  merveilles  de  la 
maison  royale  de  Fontainebleau ,  p.  98.) 

<*'  Génébrard,  Chronoffraphiœ  libri  IV,  p.  718. 

ffiM.  Budé,  l'un  des  docles  personnage  s  de  la 
ffchrestianté,  en  fut  quelque  temps  le  premier  gar- 
ffdien  et  recbercheur,  pour  de  jour  en  jour  l'em- 
ffbeilirde  nouveaux  volumes.»  (Brantôme,  Vies  des 
grands  capitaines,  édit.  Jaunet,  t.  III,  p.  'J^y.) 

Charron,  Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  de 
Jean  de  Pins.  —  D'Aigrefeuiile ,  Histoire  ecclésiastique 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  135 

Jérôme  Fondule,  envoyé  à  la  reclierche  de  documents  du  môme  genre,  rassemble 
soixante  volumes  (ju'il  paye  douze  cents  écus,  et  François  I"  lui  compte  quatre 
mille  écus  d'or  ])our  ses  dépenses  de  voyage.  Le  roi,  d'ailleurs,  contre  l'avis  de 
son  bibliolliécaire,  préférait  encore  les  manuscrits  orientaux  aux  manuscrits  grecs; 
Guillaume  Postel,  Juste  Tenelle  et  Pierre  Gilles  partent  pour  le  Levant,  munis 
de  sommes  importantes,  de  puissantes  recommandations,  et  pleins  d'ardeur  pour 
la  mission  qui  leur  est  confiée  Pieri-e  Gilles,  oublié  en  Asie  Mineure,  voit  ses 
ressources  équisées;  la  misère  le  force  à  vendre  les  manuscrits  qu'il  avait  achetés; 
il  est  mis  en  prison  doit  s'engager  dans  les  troupes  de  Soliman  II  et  faire 
avec  lui  une  campagne  contre  les  Perses''.  Des  secours  arrivent  enfin  et  lui 
permettent  de  racheter  sa  liberté.  Quoi([ue  malade  déjà,  il  recommence  ses  re- 
cherches; arrêté  de  nouveau  par  le  manque  d'argent,  il  sollicite  sans  relâche 
l'intercession  de  puissants  protecteurs  et  ne  peut  revoir  la  France  que  sous 
Henri  II.  A  la  môme  époque,  les  savants  étrangers  payaient  l'accueil  qu'ils  rece- 
vaient à  la  Cour,  en  enrichissant  la  bibliothèque  du  Roi;  parmi  les  plus  célèbres 
ou  du  moins  les  plus  généreux,  on  cite  :  Antoine  Eparque,  le  poëte  de  Corfou'^^, 
Jean  Gaddi  et  François  d'Asola,  le  beau-père  du  fameux  Aide  Manuce La  col 
lection  de  Fontainebleau  fut  encore  augmentée  des  volumes  appartenant  au  con- 
nétable de  Bourbon  ('î,  dont  tous  les  biens  furent  confisqués  en  lôaS;  le  cata- 


dc  Mo)ilj)ellier.  —  Pollicier,  dans  une  lettre  ([ui  nous 
a  ëlé  conservée,  écrivait  au  roi,  le  -29  août  i.Sio, 
(|u"il  avait  à  farauds  frais  réuni  un  nombre  considé- 
rable d'ouvrages  syriaques,  hébreux  et  grecs,  et 
qu'il  occupait  huit  écrivains  pour  faire  copier  les 
manuscrits  qu'il  ne  pouvait  se  procurer  à  prix  d'ar- 
gent. A  son  retour  en  P'rance,  l'ellicier  quitta  la 
Cour  et  se  retira  à  Montpellier,  où  il  forma  une 
bibliothèque  très -précieuse.  (Teissier,  Vies  des 
hommes  illustres  tirées  de  de  Thou,  t.  I",  p.  200.) 

A.  Chevillier,  Origine  de  l'imprimerie  de  Paris, 
p.  996.  —  G.  Naudé,  Additions  à  l'histoire  du  roij 
Louis  XI ,  p.  i65.  —  Maiclielius,  Introductio  ad 
historiam  literariam  de  prœcipuis  hibliothccis ,  p.  10. 
—  B.  G.  Struvius,  Introductio  ad  notitiam  rei  lil- 
ternriœ  et  iisum  hihliothecarum ,  p.  87.  —  Histoire 
manuscrite  de  la  bihliolhcque  du  Boy. 

Se.  de  Sainte-Marthe,  Gallorum  doctrina  illus- 
Irium  qui  nnstra  memoria  jloruerunt  elogia,  lib.  I, 
p.  i3. 

Teissier,  Vies  des  hommes  illustres  tirées  de 
de  Thou,  t.  I".  p.  -2^19. 

frSire,  il  y  a  environ  huit  ans  qu'il  pleut  au 
tfeu  Roy,  de  saincte  mémoire,  envoyer  un  des  miens 
ffà  Constanlinople  et  autres  lieux  de  Grèce,  cher- 


'fcher  et  amasser  des  livres  anciens,  pour  l'accom- 
ff  plissement  de  sa  librairie.  Il  y  a  mis  si  grande  di- 
rrligence  qu'il  en  a  arresté  im  granrl  nombre,  et 
"l'eust  envoyé  par  delà  si  les  deniers  que  ledit  Sei- 
ffgneur  avoit  ordonné  luy  eussent  esté  délivrez, 
ff Parce,  Sire,  que  ce  seroit  dommage  de  perdre  un 
"si  grand  thresor,  à  faute  de  si  petite  somme,  i'en 
^ruy  bien  voulu  donner  cet  advertissement  à  vostre 
'f Majesté,  pour  entendre  son  bon  plaisir,  et  suivre 
'fson  saint  vouloir.  Monsieur  de  Mascon,  qui  est 
«auprès  de  vous,  a  conduit  cet  affaire;  il  vous  en 
rrpoura  donner  plus  certain  advis.  et  à  moy  decla- 
ration  de  vos  commandemens,  lesquels  attendant , 
frie  vais  continuer  mes  prières  à  Dieu  pour  vosti'e 
f  santé  et  prospérité.  De  Rome,  ce  1 1  janvier  15/17. 
rrSî^ne'le  cardinal  d'Armagnac.  1  (G.  Ribier.  Lettres 
et  mémoires  d' Estât  des  roy s ,  princes ,  ambassadeurs 
et  autres  ministres  sons  les  règnes  de  François  1", 
Henri  II  et  François  II ,  t.  II,  p.  99.) 

Voyez  Fabricius,  Bibllotheca  grœca,  t.  X. 
p.  470. 

Renouard,  Annales  de  V imprimerie  des  Aides, 
t.  III,  p.  85. 

Jourdain,  Mémoire  historique  sur  la  biblio- 
thèque du  Boy,  p.  \i. 


136  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

logue  des  livres  fut  dressé,  le  19  septembre,  par  un  commissaire  du  roi  nommé 
Pierre  Antoine;  il  a  été  publié  par  M.  Le  Roux  de  Lincy"'. 

Budé  mourut  en  i5/io,  après  avoir  pleinement  justifié  ces  deux  vers  du  vieux 
Lascaris  : 

Augusti  ut  Varro,  Francisci  bibliopolam 
Auget  Budaeus,  Paliadis  auspiciis. 

Il  eut  pour  successeur  Pierre  Duchâtel,  alors  évêque  de  Tulle,  et  l'un  des 
plus  nobles  caractères  de  cette  époque.  Le  cardinal  du  Bellay  l'avait  recommandé 
à  François  I",  qui  le  prit  auprès  de  lui,  et  le  chargea,  dit-on,  de  l'endormir  chaque 
soir  par  la  lecture  de  quelque  auteur'^';  il  ne  tarda  pas  à  reconnaître  son  mérite, 
et  sut  le  récompenser. 

Une  mesure  importante  marqua  le  début  de  l'administration  de  Duchâtel;  ii 
décida  François  l^*"  à  réunir  à  sa  collection  de  Fontainebleau  la  bibliothèque  qui 
était  restée  à  Blois,  et  que,  comme  on  le  verra  tout  à  l'heure,  François  F""  n'avait 
pas  entièrement  perdue  de  vue.  Lefèvre  d'Etaples,le  célèbre  helléniste,  en  était 
bibliothécaire  à  la  fin  de  mai  i53o,  et  venait  de  rédiger  l'inventaire  des  volumes 
qu'elle  renfermait;  c'est  du  moins  ce  qui  résulte  de  la  lettre  que  Marguerite  de 
Navarre  écrivait  alors  au  connétable  Anne  de  Montmorency  :  ce  Le  bon  homme 
ffFabri  m'a  escript  qu'il  s'est  trouvé  ung  peu  mal  à  Bloys.  .  .  ,  et  pour  changer 
rr d'air  yroit  voulentiers  veoir  ung  amy  sien  pour  ung  temps,  si  le  plaisir  du 
ffRoy  estoit  luy  vouloir  donner  congié.  Il  a  mis  ordre  en  sa  librairie,  cotté  les 
rr  livres  et  mis  tous  par  inventaire,  lequel  il  baillera  à  qui  il  plaira  au  Hoy  ^^'.ii  La 
démission  de  Lefèvre  d'Etaples  fut  acceptée,  et  on  le  remplaça  par  Jean  de  la 
Barre,  qui  avait  été  attaché  à  la  maison  de  François,  comte  d'Angoulème.  Jean 
de  la  Barre  eut  lui-même  pour  successeur  Mellin  de  Saint-Gelais,  abbé  du 
Reclus.  Ce  fut  sans  doute  à  la  sollicitation  de  ce  dernier  que  François  I"  rendit 
l'ordonnance  du  8  décembre  i538,  dont  les  sages  dispositions  sont  encore  en 
vigueur.  Par  cette  ordonnance,  le  roi  prescrivait  aux  libraires  de  remettre  un 
exemplaire  de  toutes  leurs  publications  rren  grand  ou  petit  livre,  ès  mains,  disait- 
^il,  de  nostre  amé  et  féal  conseiller  et  aumosniei'  ordinaire  l'abbé  de  Reclus, 
ff Mellin  de  Saint-Gelais,  ayant  la  charge  de  nostre  dicte  librairie  estant  en  nostre 
frclialeau  de  Blois,  ou  aultre  personnage  qui  par  ci-après  pourra  avoir  en  son  lieu 
^rladicte  charge  et  garde.  ...  le  tout  à  peine  de  confiscation 

Mellin  de  Saint-Gelais  fut  le  dernier  garde  de  la  librairie  de  Blois  ;  des  lettres 
patentes  du  22  mai  ibkk  ordonnèrent  que  la  collection  tout  entière  serait  trans- 
portée à  Fontainebleau.  Deux  maîtres  des  comptes,  Jean  Grenaisie  et  Nicolas  Dux, 

Catalogue  de  la  bibliothèque  des  ducs  de  Bour-  Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  de 

gogne,  i85o,  in-8°.  Bëlbune,  n°  85ii,  p.  79. 

Bay\e ,  Dictionnaire  historique ,  arlieh  Cbastel  Renouard,  Annales  de  l'imprimei'ie  des  Aides , 

(du).  t.  I,p.  63. 


BIBLIOTHEQUE  DU  BOI.  137 

allèrent  dresser  l'inventaire  des  rr livres,  sphères,  ^dobes  et  autres  choses ii  con- 
servés à  Blois;  le  tout  fut  mis  en  ballots,  et,  parles  soins  de  Mellin  de  Saint- 
(ielais,  transporté  à  Fontainebleau.  Mathieu  La  Bisse,  chargé,  avec  Mellin  de 
Saint-Gelais,  de  veiller  sur  la  nouvelle  collection,  prit  possession,  le  22  juin 
1565,  des  livres  provenant  de  la  bibliothèque  de  Blois.  Ceux-ci  d'ailleurs  restèrent 
l'econnaissables.  Les  bibliothécaires  de  Blois,  Jean  de  la  Barre  surtout,  avaient 
été  très-prodigues  d'inscriptions  sur  les  volumes;  on  y  trouve  encore  aujourd'hui 
mentionnées,  tantôt  la  date  de  leur  acquisition,  tantôt  diverses  circonstances  im- 
porlantes,  telles  que  la  demande  que  le  roi  en  avait  faite,  tantôt  môme  des  in- 
dications assez  naïves,  celle-ci  par  exemple"^  : 


^/^^jT^  L/Ï^c^  ctrJ4i\m^ 


destinées  à  faire  connaître  la  place  qu'ils  occupaient  dans  la  bibliotlièque, 

L'inventaire  rédigé  à  l'occasion  de  ce  transport  a  pour  titre  :  Inventaire  original  de 
la  hibliolhèqiie  de  Blois  lors  du  transport  à  Fontainehleau^'^^  ;  et  il  commence  ainsi  :  k  Inven- 
fr  taire  fait  par  nous  Jehan  Grenaisie,  licencié  en  loix,  et  Nicollas  Dux,  conseillers 
crdu  Boy  et  maistres  ordinaires  de  ses  comptes  à  Blois,  à  ce  commis  par  la  cham- 
rbre,  en  vertu  des  lectres  patentes  dudit  seigneur,  données  à  Sainct  Germain  en 
et  Lave  le  vingt  deux'"*^  jour  de  may  dernier  passé,  signées  François,  et  au  des- 
ffsoubz,  par  le  Boy,  de  Laubespine,  seellées  de  cyre  jaune  du  grant  seel  dudit 
rr  seigneur,  de  tons  les  livres  estans  en  la  librarye  de  Blois,  tant  en  langue  latine, 
rr  grecque,  hébraïque  c[ue  vulguaires,  ensemble  des  sphères  théoriques  et  autres 
ff corps  d'astrologie,  pour  iceulx  transporter  dudit  Blois  à  Fontainebleau,  selon 
rr  qu'il  est  mandé  par  ledit  seigneui"  pai-  ses  dictes  lectres.  A  veoir  faire  lequel 
rr  inventaire  ont  assisté  vénérable  maistre  Mellin  de  Sainct  Gelaiz,  conseiller  dudit 
«seigneur,  abbé  commandataire  de  Beclus,  Jehan  de  la  Barre,  commis  à  la  garde 
ffde  la  librairie  dudit  Bloys.n 

On  lit  sur  le  dernier  feuillet  :  rrLe  quatriesme  jour  de  l'an  mil  cinq  cens  qua- 
crrante  et  quatre,  noble  et  discrète  personne  maistre  Melin  de  San  Gelais,  con- 
cseiller  du  Boy  nostre  sire,  son  aulmosnier  ordinaire,  abbé  commendataire  de 
cr  Beclus  en  Brye,  a  confessé  avoir  receu  de  nobles  hommes  maistres  Jehan  Gre- 
rrnaisie  et  Nicolas  Dux,  aussi  conseillers  dudit  seigneur..  .  les  livres,  sphères, 
crglobbes  et  autres  choses  contenues  et  déclairées  par  les  inventaires  cy  dessus 
rrescriptz.  .  .  n  Cet  inventaire  se  compose  de  128  feuillets,  et  nous  y  voyons  que 

Bibl.  imp.  manuscrits,  fonds  français,  n°  970.  Un  double  de  cet  inventaire  existe  dans  le  même 
Ibul.  manuscrits,  fonds  français,  n"  5GGo.       fonds,  n°  1 29()9. 

11.  18 


138 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  139 

la  bibliothèque  de  Blois  renfermait  alors  1,890  volumes,  dont  109  imprimés 
seulement.  H  faut  y  ajouter  une  quarantaine  de  manuscrits  grecs  que  le  vieux 
Constantin  Lascaris  venait  d'apporter  de  Naplcs^''. 

Nous  ne  pouvons  déterminer  aussi  exactement  le  nombre  do  volumes  que  pos- 
sédait à  ce  moment  la  bibliothèque  de  Fontainebleau.  Un  catalogue  des  maimscrils 
grecs  fut  dressé,  sous  François  I",  par  lo  célèbre  calligraphe  Ange  Vergèce,  dont 
l'écriture  était  si  belle  qu'elle  servit  de  modèle  pour  la  fonte  des  magnifiques 
caractères  grecs  do  Uobort  Estienne: 

Ange  Vergèce  grec,  à  la  gentilo  main, 
Pour  l'écriture  grecque  écrivain  ordinaire 
De  vos  granpère  et  père  et  le  vosire.  .  . 

dit  Baïf  dans  une  épître  dédicatoire  à  François  l'''. 

Le  catalogue  dressé  par  Vergèce  contient  la  liste  de  960  manuscrits Quel- 
ques volumes  dédiés  au  roi,  d'autres  qui  lui  furent  donnés  par  Louise  de  Savoie 
sa  mère  et  Marguerite  do  Valois  sa  sœur,  augmentèrent  encore  la  bibliothèque 
de  Fontainebleau,  qui  ne  renferma  cependant  jamais  plus  de  200  volumes  im- 
])i-imés,  en  y  comprenant  ceux  qui  avaient  été  apportés  de  Blois. 

Nous  avons  dit  déjà  que  la  bibliothèque  de  Fontainebleau  était  installée  au 
ff  dernier  estager  du  château.  Tous  les  écrivains  de  l'époque  ont  célébré  sa  ma- 
gnificence et  l'afTabie  hospitalité  qu'y  recevaient  les  savants  de  tous  les  jjays.  C'est 
là  que  Ramus  persécuté  allait  chercher  un  studieux  asile,  tandis  que  ses  ennemis 
pillaient  à  Paris  sa  propre  bibliothèque,  déposée  au  collège  de  Presles^^'.  François 
de  Belleforest,  cjui  écrivait  au  milieu  du  xvi^  siècle,  décrit  ainsi  les  magnificences  de 
la  colleclion  de  Fontainebleau  :  cr Colle  librairie  et  superbe  bibliothèque,  dressée 
i-'iadis  par  les  roys  Egyptiens  en  Alexandrie,  ne  fut  onc  plus  belle  ny  plus  riche 
rque  celle  que  Françoys,  premier  du  nom,  a  ordonné  en  ceste  sienne  maison, 
r:  n'ayant  espargné  frais  aucun  ny  la  peine  d'un  grand  nombre  d'hommes  do 
rr  grand  sçavoir,  qu'il  a  envoyez  par  toute  la  Grèce  et  Asie  pour  recouvrer  les 


On  sait  que  ce  savant  rassembla  une.  très- 
précieuse  bibliothèque  qu'il  légua  au  sénat  de  Mes- 
sine. Elle  a  été  depuis  transportée  en  Espagne,  et 
l'ait  aujourd'hui  partie  de  la  bibliothèque  de  l'Es- 
curial.  (Voyez  Villeniain,  Lascaris,  note  C,  et  les 
FJogia  (le  Paul  Jove.)  rrll  faut  remarquer,  dit  G. 
friNaudé,  que  Janus  Lascaris  Rhyndacenus,  exilé 
frde  Conslantinople,  a  le  premier  trouvé,  ou  au 
T  moins  restably  et  remis  en  usage  les  grandes  let- 
i-tres,  ou  pour  mieux  dire  majuscules  et  capitales 
-de  l'alphabet  grec,  esquelles  il  fit  imprimer  l'an 
m4()4  des  sentences  morales  et  autres  vers  qu  il 


f  dédia  à  Pierre  de  Médicis,  avec  une  fort  longue 
rrépitre  liminaire  où  il  finforme  de  son  dessein  el 
rde  la  peine  qu'il  avoil  eue  à  rechercher  la  vraye 
rr figure  de  ces  grandes  lettres  parmy  les  plus 
ff vieilles  médailles  et  monumens  de  l'antiquité,  r 
(G.  iVaudé,  Additions  à  lliisloire  du  roy  Louis  XI , 

P-   

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds 
grec,  n°  3o66. 

'  '  Voyez  J.  E.  Freigius,  Vila  Pétri  Lïami,  et 
Antoine  Teissier,  Eloges  des  hommes  savaiis  tirez  de 
l'histoire  de  M.  de  Tliou,  t.  II,  p.  /109. 

18. 


UO  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

rr meilleurs  livres  qu'on  pourroit  trouver  pour  l'enrichissement  de  cesle  biblio- 
rrtheque,  que  les  Princes  estrangers  ont  souhaité  de  voir  venans  en  France  pliis- 
rrtost  que  les  plus  exquis  thresors  et  plus  riches  ioyaux  cpii  soyent  en  ce  royaume. 
frQnoy  plus?  Ce  grand  Roy,  sçachant  que  les  Muses  ayment  les  solitudes,  et 
rrPallas  les  lieux  de  repos,  et  que  la  laborieuse  Dyane  fuit  les  villes  oiseuses,  a 
rr  aussi  fait  dresser  icy  le  temple  des  Muses  et  la  retraite  de  Palias,  et  les  courses 
rrboscageres  de  Diane  la  chasseuse;  et  au  reste,  si  i'estoy  quelque  grand  poëte  ou 
cr  disert  orateur,  ie  bastiroy  aussi  quelque  belle  œuvre  sur  le  los  tant  du  Roy  qui  a 
rr  fondé  ce  temple  Palladien,  que  de  la  magnificence  du  bastiment  et  richesse 
rrdes  livres,  tableaux,  effigies  et  choses  rares  qui  sont  en  ceste  bibliothecque, 
rrmais  ayant  défaut  de  ce,  et  laissant  ceste  charge  à  ceux  qui  ont  gousté  l'eau 
rrcaballine  et  aux  bons  livres,  et  en  la  faveur  des  Roys,  et  qui  ont  le  cœur  haucé 
rret  hardy  pour  se  voir  recompensez  de  leurs  peines,  je  passeray  outre  '''.n 

Duchâtel  survécut  cinq  ans  à  François  ^^  Ne  trouvant  pas  chez  Henri  II  des 
dispositions  aussi  généreuses  que  chez  son  père'"^',  il  renonça  à  augmenter  le 
nombre  des  volumes  de  la  bibliothèque,  et  chercha  surtout  à  assurer  la  conser- 
vation de  ceux  qui  restaient  en  multipliant  les  reliures.  Celles-ci,  d'ailleurs, 
étaient  devenues  depuis  longtemps  moins  riches  et  moins  pesantes;  il  avait  fallu 
renoncer  aux  pierres  précieuses,  au  velours,  aux  belles  étoffes,  quand  on  s'était 
trouvé  en  présence  de  plusieurs  centaines  de  volumes  à  pourvoir.  Le  fer  et  le 
cuivre  avaient  disparu  aussi;  le  carton  remplaça  les  lourds  ais  de  bois,  et  les 
armes  du  souverain  en  devinrent  presque  le  seul  ornement.  Un  exemplaire  des 
poésies  latines  de  Fausto  Andrelini,  que  l'auteur  fit  relier  pour  l'olTrir  à  Louis  XII , 
porte  sur  sa  couverture  en  veau  fauve  estampé  un  porc-épic  avec  la  devise  du  roi 
cominus  et  eminus.  On  sait  que  l'ordre  du  Porc-Epic  avait  été  institué  par  Louis 
d'Orléans,  grand'père  de  Louis  XII.  La  bibliothèque  du  Louvre  possède  un  vo- 
lume dont  la  reliure  a  pour  seul  ornement  au  milieu  des  plats  une  bande  où 
alternent  les  armes  de  France  et  des  porcs-épics.  Le  très-précieux  exemplaire  sur 
lequel  nous  avons  fait  exécuter  le  fac-similé  que  nous  donnons  ci-contre,  appar- 
tient à  la  bibliothèque  Mazarine'^^;  outre  l'écu  de  France  et  les  porcs-épics,  on  y 
voit  figurer  les  hermines,  pièce  principale  des  armoiries  d'Anne  de  Bretagne. 
La  plupart  des  volumes  qui  furent  reliés  à  Blois  sous  le  règne  de  Louis  XII 
sont  l'œuvre  d'un  prêtre  nommé  Gilles  Mannequin. 

Les  reliures  exécutées  sous  François  P'  sont  en  général  très-simples;  le  cuir  et 
le  maroquin  noir  y  furent  presque  seuls  employés  par  Jean  le  Faulcheur,  qui  se 


Séb.  Munster,  La  cosmonrapliie  universelle  de 
loul  le  monde;  édition  revue  et  complétée  par  Fr. 
de  Belleforest,  t.  I,  p.  333. 

ff  Henry  II,  quoy  que  bien  instruit  en  sa  jeu- 
ffnesse,  fut  tellement  diverty  par  les  guerres  qu'il 


rr  continua  avec  Cbarles  Quint,  qu'il  n'eut  gueres 
rr  moyen  de  caresser  ou  favoriser  les  muses. -o  (G. 
Naudé,  Additions  à  Vhisloire  du  roy  Louis  XI , 
p.  167.) 

Imprimés,  n"  iiSyS. 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARI^^ 


RELIURE   AUX  ARMES    DE   LOUIS  XII 
ET  D'ANNE  DE  BRETAGNE;- 


% .  OufJan  aîné.  Paris . 


Franklin  di 


lavprnier  se 


RELIURE  EXÉCUTÉE  POUR  HENRI  M 


Ch.  ûiardon-.cùné^.  Paria,  r.//au.f.e/èuille',ii 


RIBLIOTIIÈOUE  DU  ROI.  l'il 

(|iuililiait  (le  rrlil)iaire  cl  relieur  ordiiiaii'c  du  voi.-n  Les  F  couronnés,  parfois  suivis 
(le  la  lettre  1»,  fi^rurenl  sur  presque  toutes;  assez  fréquemment,  les  plais  sont 
ornés  des  armes  de  France,  au-dessous  desquelles  s'étend  une  salamandre : 


Le  blason  de  Claude  de  France  accompagne  quelquefois  celui  du  voi;  et 
1(!S  dauphins  unis  aux  salamandres  indiquent  que  le  volume  a  été  relié  sous 
François  I*""",  mais  pour  le  Dauphin. 

Avec  le  règne  de  Henri  II  s'ouvre  une  des  plus  belles  époques  de  la  reliure. 
L'amoui-  du  l  oi  pour  Diane  de  Poitiers  vint  se  manifester  jusque  sur  les  livres 
de  la  bibliothèque.  Autour  des  armes  de  France,  accompagnées  d'ornements 
exécutés  avec  un  goût  exquis,  sont  semés  des  H  et  des  D  entrelacés,  des  crois- 
sants, des  arcs,  des  carquois  et  d'autres  emblèmes  de  la  chasse.  Parfois  les 
armes  de  France  sont  remplacées  sur  les  deux  plats  par  la  devise  équivoque 
que  Henri  II  avait  adoptée  : 

DONEC 
TOTVM 
IMPLEAT 

ORBEM 

mais  alors  les  croissants  dominent,  et  sont  beaucoup  plus  nombreux  que  les  mo- 
nogrammes. Les  mêmes  initiales  et  les  mêmes  symboles  se  rencontrent  encore  sur 


Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n'  2261. 


\fi-2  LES  ANCIEÎSNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

]es  volumes,  extrêmement  rares,  qui  furent  reliés  aux  armes  de  la  favorite.  Le 
manuscrit  sur  lequel  nous  avons  pris  cet  élégant  blason  : 


appai'tient  à  la  bibliotlièque  de  l'Arsenal,  et  nous  a  été  si^^nalé  par  M.  Jules 
Cousin. 

Pierre  Ducliàtel  mourut  le  2  février  i552,  regretté  de  tous  les  savants,  qui  se 
souvenaient  qu'il  avait  osé  défendre  Robert  Eslienne  contre  la  Sorbonne,  et  Et. 
Dolet  contre  le  roi.  Pierre  de  Mondoré  devint  maître  de  la  libraii'ie,  et  la  place 
de  garde  fut,  peu  de  temps  après,  donnée  au  mathématicien  Jean  Gosselin. 

Bibliollièqiic  de  l'Arsenal,  manuscrits  in-folio,  n"  ÏF  ()8. 


BIHLIOTHEQUE  DU  ROI.  là'A 

Leprince,  tous  les  historiens  qui  l'ont  précédé  et  presque  tous  ceux  qui  l'ont 
suivi  disent  que  Henri  II,  confirmant  l'ordonnance  rendue  en  i53G  par  Fran- 
çois 1",  avait  enjoint  aux  libraires  de  fournir  à  la  bibliothèque  du  Roi  un  exem- 
plaire sur  vélin  et  relié  de  tous  les  livres  qu'ils  inq)rimeraient  pai-  privilège.  Or 
cette  ordonnance  n'a  jamais  été  rendue  que  par  Raoul  Spifame,  un  pauvre  diable 
monomane,  qui  eut  l'étrange  idée  de  composer  un  recueil  de  trois  cent  six  arrêts 
ou  règlements  qu'il  publia  vers  i558,  sous  le  nom  de  Henri  II  et  comme  ayant 
été  promulgués  par  lui.  Ces  arrêts  supposés  ont  d'ailleurs  été  pris  au  sérieux  par 
de  véritables  érudits,  le  président  Boubier  et  Abel  de  Sainte-Mai  the  entre  autres. 
Voici  le  texte  de  l'ordonnance  rendue  par  Spifame  en  faveur  de  la  bibliothèque 
du  Roi,  ordonnance  qui  pendant  deux  cents  ans  a  été  regardée  comme  parfaite- 
ment authentique  : 

rrLe  Roy,  pour  l'amplification  des  bonnes  lettres  chrestiennes,  et  toutes  choses 
rrhonnestes  et  profitables,  et  cntretenement  de  ses  librairies  et  biblioteques , 
fr(ju'il  a  establies  pour  exercer  et  employer  les  bons  espcritz  de  ses  subieclz,  sca- 
rrvans,  et  lettrez,  et  toutes  personnes  vertueuses,  et  gens  amateurs  de  bons 
cf livres,  et  notables  elucubrations,  A  ordonné  et  ordonne  que  doresenavant  ne 
rc  sera  baillé  aucun  privilège  d'imprimer,  que  ce  ne  soit  à  la  charge  que  tous 
ff  livres  qui  s'imprimeront  luy  en  sera  baillé  et  présenté  un,  imprimé  en  parche- 
ff  min  de  vellin,  relié  et  couvert  comme  il  appartient  luy  estre  présenté,  pour  estrc 
remis  en  sa  bibliothèque  et  librairie  de  son  chasteau  de  Fontainebleau;  et  après 
rricelle  bibliothèque  de  Fontainebleau  fournie,  estre  mis  en  sa  librairie  de  son 
ff  chasteau  de  Rloys,  et  consequemment  aux  autres,  ainsi  qu'il  sera  par  luy  advisé 
cret  ordonné  '^^  r 

Deux  catalogues  des  manuscrits  grecs  de  la  bibliothèque  de  Fontainebleau 
furent  dressés  sous  Henri  II  par  Constantin  Palaeocappa,  et  recopiés  par  Vergèce. 
L'un  est  disposé  par  ordre  alpliabétique,  l'autre  par  ordre  de  matières;  tous 
les  deux  sont  conservés  à  la  Bibliothèque  impériale 

François  II  régna  une  année  à  peine,  et  c'est  de  cette  époque  que  datent  les 
persécutions  religieuses  qui  assombrirent  si  longtemps  notre  histoire  ;  la  seule 
acquisition  que  la  bibliothèque  ait  faite  sous  ce  prince  a  précisément  cette  triste 
origine.  Le  président  Aimar  de  Ranconnet,  un  des  hommes  les  plus  savants  du 
xvi^  siècle,  fut,  sous  prétexte  de  rehgion,  jeté  à  la  Bastille  par  le  cardinal  de  Lor- 
raine; il  y  mourut  de  chagrin  en  iBBg,  et  ses  livres  confisqués  entrèrent  à  la 
bibliothèque  de  Fontainebleau 

Les  reliures  au  chifl're  de  François  II  sont  naturellement  assez  rares.  Au  milieu 


n .  S[)ify me ,  Dicœarchiœ  Ilenrici  régis  christia- 
nissiini  progymnasmata,  8'  arrêt.  Le  volume  u  n 
point  de  pa^'ination. 

Manuscrits,  fond^  [,n-cc,  n"'  3oG5  et  3oC6. 


Maicheliiis,  Iiitrodudio  ad  hisloriam  litera- 
riam,  p.  1-2.  —  A.  de  Sainte-Marthe,  Discours  au 
Boj  sur  le  rélahlissemcnt  de  la  hibliotJièque  royale  de 
Fonlniuehlcau  (sans  pagination). 


làà  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

(les  plais  un  écusson  ovale  renferme  les  armes  de  France,  au-dessous  desquelles 
sont  deux  F  couronnées  et  parfois  suivies  du  nombre  II''  : 


Sur  le  dos,  entre  les  nerfs  de  la  reliure,  alternent  des  F 


Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonils  français,  n°  1 186. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  UOI. 
et  des  fleurs  de  lis  toujours  surmontées  d'une  couronne  : 


Plusieurs  de  ces  reliures,  commencées  sous  François  II,  ne  furent  achevées  que 
sous  Charles  IX;  celles-ci  portent  semés  sur  les  plais  plusieurs  C  entrelacés  et  cou- 
ronnés; on  peut  en  voir  un  exemple  dans  la  marque  que  nous  venons  de  reproduire. 

A  l'avénement  de  Charles  IX,  protecteur  de  Ronsard  et  poëte  lui-même,  on 
pouvait  espérer  une  ère  favorable  aux  lettres;  mais  les  luttes  religieuses  en  déci- 
dèrent autrement.  La  bibliothèque  du  Roi  n'acquit  sous  ce  règne  aucune  collec- 
tion nouvelle,  et  elle  perdit  un  de  ses  chefs.  Pierre  de  Mondoré,  soupçonné  d'at- 
tachement au  calvinisme,  dut  en  iBGy  se  retirer  à  Sancerre,  où  il  mourut  trois 
ans  après'''. 

Contrairement  à  une  assertion  universellement  acceptée  jusqu'ici,  ce  fut  vers 
cette  époque,  et  en  tout  cas  sous  le  règne  de  Charles  IX,  que  la  bibliothèque  du 
Roi  fut  transportée  de  Fontainebleau  à  Paris.  Le  fait  est  établi  d'une  manière 
irréfutable  par  une  lettre  très-toucliante  de  Gosselin,  adressée  plus  tard  à  tous 
les  amis  de  la  littérature  :  rrll  y  a,  dit-il,  trente  quatre  ans  et  plus  que  j'ay  la 
r  charge  de  garder  la  librairie  du  Roy,  qui  est  un  des  plus  beaux  thrésors  de  ce 
-royaume;  durant  lequel  temps  je  l'ay  gardée  plusieurs  années  dedans  le  chas- 
ffteau  de  Fontainebleau,  et  puis,  par  le  commandement  du  roy  Charles  IX,  je  la 
fffeis  apporter  dans  ceste  ville  de  Paris'-',  n  Nous  ne  savons  d'ailleurs  où  la  biblio- 
thèque fut  alors  installée.  Gosselin  demeui'ait  près  de  l'église  Saint-Nicolas-des- 
Champs,  mais  il  résulte  des  termes  mêmes  de  sa  Remonstrance  qu'il  ne  logeait  pas 
à  la  bibliothèque. 

Pierre  de  Mondoré  eut  pour  successeur  le  savant  Jacques  Amyot,  qui  avait  été 
le  précepteur  du  roi  et  celui  de  ses  deux  frères.  Le  célèbre  helléniste  fut  le  pre- 


Pierre  de  Mondoré  sétait  formé  à  Orléans 
une  riche  l)ibliothèque,  où  dominaient  les  auteurs 
grecs  et  les  ouvrages  de  inalliéiuati(jups;  elle  fut 
pillée  pendant  la  Sainl-Barthélemy  :  rrSed  ob  reii- 
-gionis  causam.  quum  Sanceras  ad  Ligurim  con- 
■  fiigisset.  contraclo  ex  uiœrore  m^rbo,  animaia 
-Deo  reddidit.  Bibliotlieca  etiam  ejus,  onuiiuin  li- 
-broruni  copia  instrucla.  mathematicis  prœserlim 
-et  grœcis,  illisque  iiiajoiein  parlem  nianuscriplis . 
f-alque  ipsins  studio  emendatis.  barbara  is(a  in;- 

II. 


rrmanitate  direpta  est. (Corn.  Tollius,  De  infe- 
Ucilatc  litleralorum ,  à  la  suite  des  Analecta  de 
calniiiilate  litteratorum ,  p.  /iG-2.) —  Voyez  aussi, 
sur  ce  point,  J.-A.  deTbou.  Htsl Jiiœ  sui  lemporis, 
lib.  LU. 

Ensuit  une  remonstrance  touchant  la  garde  de  lu 
librairie  du  Boi/,  addrcssée  à  toutes  personnes  qui 
aliment  les  lettres,  par  Jean  Gosselin,  (>arde  d'icelle 
lihrairie;  publiée  par  Edouard  Fournier,  Variétés 
historiques  et  littéraires,  t.  1,  p.  i. 

'!) 


MG  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

inier,  dil-on,  qui  songea  aux  services  que  ce  précieux  dépôt  pouvait  rendre  aux 
érudits,  et  il  consentit  à  communiquera  quelques-uns  d'entre  eux  les  manuscrits 
dont  ils  avaient  besoin 

On  fit  relier  sous  Charles  IX  un  assez  grand  nombre  de  volumes,  et  tous  sont 
faciles  à  reconnaître.  Quelques-uns  portent  au  milieu  des  plats  deux  C  entrelacés, 
el  sur  le  dos  un  semis  du  même  monogramme ^-^  : 


()uand  les  plats  sont  ornés  du  fer  que  nous  reproduisons  à  la  page  suivante, 
le  chill're  IX  qui  s'y  trouve  est  parfois  remplacé  par  deux  G,  et,  alors,  sur  le  dos 
figure,  entre  chaque  nerf,  un  double  C  surmonté  d'une  couronne. 


Lf'princc,  E.ssni  lii.sloritiiw  siii-  la  bibliollù'quc  BibliolliP(|ue  impéii.ile,   iiiamisciils .  fonds 

du  Uni .  |t.  O.S.  français,  n"  868. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  ROI.  1/j7 

Les  reliures  les  plus  éléjfantes  sont  ornées  des  armes  de  France  placées  an 
sommet  (riin  ovale;  au-dessous  de  l'écu  se  trouvent  deux  petits  C  entrelacés 
et  suivis  du  rliitlre  IX,  puis  le  titre  de  l'ouvrafje  : 


Quand  le  titre  de  louvrage  n'existe  pas  sur  les  plats,  l'ovale  est  rempli  par  plu- 
sieurs C  couronnés,  et  au  bas  figure  le  nombre  IX. 

Enfin,  sur  quelques  reliures,  infiniment  plus  lares,  on  rencontre  l'emblème 

Bitjliolhèfjne  iinjiiîi-iale,  iiiamiscrits.  fonds  franrais,  n°  ySo. 


U8  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

que  le  chancelier  de  THopilal  avait  fourni  au  roi  :  deux  colonnes  surmontées  d'une 
couronne  et  accompagnées  de  cette  devise  :  Pietale  el  ju8lilia^^\ 


Henri  lli  eut  pour  les  belles  reliures  le  môme  {ijoiit  que  son  ])ère.  Son  oi- 
donnance  somptuaire  du  mars  i583,  qui  défendait  aux  bourgeoises  de  porter 
des  pierreries,  les  autorisait  à  en  orner  leurs  livres  d'heures.  Le  roi  lui-même 
n'alla  cependant  pas  jusque-là.  La  marque  distinctive  des  reliures  exécutées  sous 
son  règne  est  un  double  écusson  aux  armes  de  France  et  de  Pologne,  enlouiv 


Hibliolliôquc  (le  l'Arsoiiai. 


I 


LES  ANCIENNES  B  I BLIOT  H  È(^U  ES  DE  PARIS 


RELIURE  EXECUTEE  POUR  HENRI  III 


BIBLIOTHÈQUE  DU  BOL  l/i9 

du  collier  de  Tordre  du  Saint-Esprit,  avec  la  devise  Spes  mea  Deus  ou  Manet  iil- 
lima  cœlo;  au-dessous  de  l'écu  se  trouve  une  H  couronnée 


On  sait  dans  quel  désespoir  fut  jeté  Henri  III  par  la  mort  de  la  princesse  de 
Coudé,  Marie  de  Clèves;  c'est  alors  quil  institua  l'ordre  des  Pénitents  et  ses  lu- 
gubres processions,  en  même  temps  qu'il  couvrait  de  têtes  de  morts  ses  vêtements 
et  jusqu'aux  aiguillettes  de  ses  chaussures.  Les  reliures  faites  pour  lui,  à  cette 
époque,  portent  les  traces  de  cette  singulière  monomanie.  Les  plats  sont  couverts 
de  squelettes,  de  crânes  desséchés,  de  larmes,  de  croix,  d'ossements  dorés,  argen- 
tés ou  estampés  sur  maroquin  noir.  Parfois,  d  un  coté  du  volume  se  trouve  le 
nom  de  Jésls  et  de  l'autre  celui  de  Marie,  puis  la  devise  Mémento niori.  Ces  reliures, 
où  le  deuil  est  loin  d'exclure  le  luxe,  sont  aujourd'hui  très-recherchées.  Le  volume 
(jui  a  foin  ni  le  fac-sitnile  que  nous  publions  appartient  à  la  bibliothèque  Mazarine; 
les  ornements  hmèbres  y  ont  été  frappés  en  argent;  ils  sont  en  or  sur  un  exem- 
])laire,  identiquement  semblable  pour  tout  le  reste,  que  possède  la  bibliothèque 
du  Louvre,  dans  la  collection  Motteley. 

La  bibliothèfpie  du  Roi  faillit  être  anéantie  pendant  la  Ligue.  Tandis  que  la 
collection  particulière  de  Henri  III  était  vendue  à  l'encan  devant  l'Hôtel  de  Ville*-', 
deux  ligueurs  forcenés,  Guillaume  Rose,  évêque  de  Seidis,  et  le  curé  François 
Pigenat,  firent  plusieurs  tentatives  pour  s'emparer  des  livres  du  roi;  un  peu  plus 

lîibliollièquo  Mazarine.  non vrau  fonds,  jiiris-  [je\wince.  Essai  historifpic  sur  lu  liihlintlipque 

priidcnoo,  in-8",  n"  56.  du  Roi,  p.  33. 


150  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

tard,  ce  fut  le  tour  de  deux  maîtres  des  comptes,  MM.  de  Joelmy  et  Dupré. 
Gosselin,  qui  avait  alors  près  de  quatre-vingt-dix  ans,  semble  avoir  montré  peu 
d'énergie  dans  cette  circonstance.  11  fit  d'abord  appel  à  l'influence  du  président 
Brisson;  mais  il  craignit  sans  doute  ensuite  de  se  voir  compromis  avec  les  li- 
gueurs, car,  deux  mois  avant  le  siège  de  Paris,  il  se  retira  auprès  du  roi  à  Saint- 
Denis,  puis  à  Melun.  Avant  son  départ,  il  eut  cependant  soin  de  or  très  bien  fermer 
rr  la  porte  d'icelle  librairie  avec  une  bonne  serrure  et  un  bon  cadenat,  et  par  dedans 
rravec  une  forte  barre,  n  Mais  le  président  de  Nully,  peu  scrupuleux  sur  le  choix 
des  moyens,  ne  recula  point  devant  refi"raction;  il  fit  tout  simplement  rr  rompre  la 
rr  muraille  pour  entrer  en  la  dicte  librayrie,  n  et,  une  fois  en  possession,  il  la  garda 
six  mois,  jusqu'à  la  fin  de  mars;  quand  il  dut  la  rendre,  il  manquait  déjà  bien 
des  volumes.  Tous  ces  faits  nous  sont  attestés  par  le  pauvre  Gosselin,  qui,  réduit 
à  l'impuissance,  protesta  du  moins  par  écrit  et  voulut  conserver  à  la  postérité  le 
souvenir  de  ces  attentats,  en  même  temps  que  les  noms  des  misérables  qui  les 
avaient  commis;  il  a  raconté  tous  ces  faits  en  tête  d'un  des  manuscrits  de  la  biblio- 
thèque, les  Marguerites  hisioriales  de  Jean  Massue'^'.  Voici  cette  note,  le  plus  pré- 
cieux document  qui  existe  sur  l'histoire  de  la  bibliothèque  du  Roi  pendant  la 
Ligue  : 

ff  Mémoire  que  le  président  de  Nully,  durant  la  Ligue  et  durant  la  trêve,  s'est 
r saisi  de  la  librairie  du  Roy,  environ  la  fin  de  septembre,  ayant  fait  rompre  la 
ff  muralle  pour  entrer  en  la  dicte  librairie,  laquelle  il  a  possédée  jusques  environ 
ffla  fin  du  mois  de  mars  en  l'an  iSg/i''^',  qui  sont  six  mois;  durant  lequel  temps 
ff  on  a  couppé  et  emporté  le  premier  cayer  du  présent  livre,  auquel  cayer  estoient 
ff  contenues  choses  remarquables'^'.  Item,  durant  le  temps  susdict  ont  esté  emportez 
ff  de  ceste  dicte  librairie  plusieurs  livres  dont  le  commissaire  Chenault  feist  enqueste 
ffbientost  aprez  que  ledit  président  eut  rendu  iccllc  librairie.  Gosselin,  ita  est. 


Ce  volume  est  aujourd'hui  à  la  Bibliothèque 
impe'riale.  D'abord  coté  7292,  il  porte  maintenant 
le  numéro  gSô  dans  le  fonds  français;  c'est  un  bel 
in-quarto  sur  vélin ,  qui  a  pour  titre  :  La  Marguerite 
des  vertus  et  vices,  composé  par  frère  Jean  Massue. 
Une  note  de  M.  P.  Paris  porte  de  plus  :  domestique 
de  Jehan  de  Chahannes,  comte  de  Dampmartin,  com- 
posé en  làgj.  Sur  le  dernier  feuillet,  on  lit:  Les 
margarites  hystoriatles  composées  par  ung  prieur,  con- 
tenantes plusieurs  faictz  et  dictz  vertueux  ou  vicieux  de 
certaines  personnes  tant  grandi  seigneurs  que  aultres. 

ff  Au  président  de  Nully,  qui  ce  jour  se  pré- 
(Tsenta  pour  faire  la  révérence  à  Sa  Majesté,  elle 
(f  fist  demander  par  Sanssi  en  quelle  qualité  il  la  lui 
T  vouloit  faire ,  auquel  ledit  président  ayant  respondu 
frque  c'estoit  en  qualité  de  son  très-humble  ettrès- 
f  obéissant  sujet  et  serviteur,  le  Roy  l'ayant  entendu , 


rrlui  renvoya  dire  par  Sanssi  qu'il  ne  tenoit  point 
frpour  ses  sujets  ni  pour  ses  serviteurs  ceux  qui  fes- 
fftoientde  l'Espagnol,  et  qu'il  ne  laissast  pas,  si 
ff  bon  lui  sembloit,  de  s'en  aller  avec  eux.n  (Lestoile. 
Journal  de  Henri  IV,  22  mars 

ffCe  jour  ou  escrivit  en  grosses  lettres  sur  la 
ff  porte  du  président  deNulli  :  fr  François,  pendés  cest 
ff  homme  nieschant.îi  II  avoit  eù  un  billet  deux  jours 
ffauparavant,  ayant  esté  esconduit  de  la  recjueste 
frqu'il  avoit  présentée,  qui  portoit  qu'attendu  son 
ffâge  et  sa  qualité  il  lui  fust  permis  de  se  retirer 
fren  l'abbaye  Saint-Viclor-lez-Paris  ou  en  quel- 
ff qu'autre  Moinerie  des  Fauxbourgs.n  (Lestoile, 
Journal  de  Henri  IV,  27  mars  i5ç)li.) 

Il  contenait  une  généalogie  de  la  Maison  de 
Chabannes,  dont  il  ne  reste  plus,  en  effet,  que  les 
deux  derniers  feuillets. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  ROI.  151 

rritem,  ung  docteur  de  Sorboiine  et  évesque  de  Senlis,  nommé  monsieur  Rose, 
rr  familier  amy  du  président  susdict,  a  faict  amende  honorable  en  la  cour  de  parle- 
frment,  par  arrest  de  la  dicte  cour,  pour  avoir  prononcé.  .  .  durant  la  Ligue,  et 
fr  encores  depuis,  paroles  indignes  d'ung  homme  de  sa  qualité;  il  feist  celle  amende 
crie     jour  de  septembre  1598. 

ff  Davantage  ledict  évesque  et  ung  docteur  de  Sorbonne,  nommé  Pégenac  ''^  ont 
rr  faict  ce  qu'ilz  ont  peu  pour  posséder  ladicte  librairie;  mais  feu  de  bonne  mémoire 
rrle  président  Brisson,  à  ma  requeste  et  solicitation,  a  empesché  leur  intention, 
cf  Lesquelz,  par  après,  sont  allez  inssiter  la  chambre  des  comptes  pour  venir  mettre 
crics  (?)  en  ladicte  librairie.  Monsieur  de  Joelmy  et  Monsieur  Dupré,  maistres  des 
c"Com])tes  en  ladite  chambre,  ont  vouleu  entreprendre  ce  que  lesdits  docteurs 
>T  n'a  voient  peu  faire;  mais  mondicl  seigneur  président  leur  a  encores  rompu  leur 
rr  desseing  comme  il  avoit  faict  auparavant,  n 

Dans  une  lettre  publiée  plus  tard,  Gosselin  raconte  les  mêmes  faits,  mais  avec 
([uelques  variantes  qui  ne  manquent  pas  d'importance,  rr  Dieu  m'a  faict  la  grâce 
rr  d'avoir  fidellement  gardé  icelle  librairie,  et  d'avoir  empesché  plusieurs  fois  qu'elle 
c-n'ayt  esté  dissipée  ou  ruynée,  et  signamment  depuis  le  commencement  des  der- 
c-niers  troubles,  que  quelques-uns  des  supposts  de  la  Ligue  ont  voulu  s'ingérer 
cr  d'entrer  en  icelle,  souz  couleur  d'y  vouloir  donner  ordre  selon  leur  façon,  lesquels 
cj'ay  empesché,  par  la  grâce  de  Dieu  et  par  l'a  y  de  de  Messeigneurs  et  amis,  et, 
rr  voyant  que  je  ne  pourois  plus  résister  contre  la  force  de  tels  supposts,  estimant 
r  aussi  qu'ils  auroient  plus  de  hardiesse  d'entrer  en  la  dicte  librairie  en  ma  pré- 
rsence,  me  contraignant,  par  emprisonnement  de  ma  personne,  leur  en  faire 
cr  ouverture,  qu'ils  n'auroient  pas  en  mon  absence,  j'ay  très  bien  fermé  la  porte 
•rd'icelle  librairie  avec  une  bonne  serrure  et  un  bon  cadenat,  et  par  dedans  avec 
rr  une  forte  barre,  et  me  suis  absenté  de  ceste  ville  de  Paris  deux  mois  devant 
rr  qu'elle  ait  esté  assiégée,  et  me  suis  retiré  à  Saint-Denis,  où  estoit  Sa  Majesté,  et 
rrpar  après  me  suis  réfugié  en  la  ville  de  Meleun,  qui  estoit  en  l'obéissance  du 
rrroy,  là  où  j'ay  esté  jusques  à  la  dernière  trêve,  durant  laquelle  le  président  de 
rrNully,  qui  pour  lors  avoit  moult  d'autorité  en  ceste  ville  de  Paris,  meu  d'une 
cr  particulière  affection,  s'est  adressé  à  la  dicte  librairie,  a  fait  crocheter  la  serrure 
cret  le  cadenat  dont  la  porte  d'icelle  était  fermée;  et  ne  pouvant  ouvrir  icelle 
reporte,  à  cause  qu'elle  estoit  fermée  par  derrière  avec  une  forte  barre,  il  a  fait 
cr  rompre  la  muraille  afin  d'ouvrir  la  dicte  porte,  est  entré  en  icelle  librairie  avec 
cr  telle  compagnie  qu'il  luy  a  pieu,  et  y  est  allé  plusieurs  fois  avec  ses  gens,  qu'on 
cra  veu  s'en  aller  avecques  luy  portans  d'assez  gros  pacquets  soubs  leurs  man- 
crteaux,  et  a  possédé  la  dicte  librairie,  ainsi  qu'il  l'a  voulu,  jusques  au  temps  que 
cr  ceste  ville  a  esté  réduite  en  l'obéissance  du  roy,  et  que  Sa  Majesté  lui  a  mandé 


François  Pigenat. 


152  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

rcde  me  rendre  les  clefs  d'icelle  librairie,  et  remettre  en  la  dicte  librairie  les  livres 
rr  d'icelle  si  aucuns  en  avoit  pris,  et  le  dict  président  m'a  seulement  rendu  les  clefs, 
fr  disant  qu'il  n'avoit  pris  aucune  chose  dedans  la  dicte  librairie  n 

On  voit  que,  dans  cette  nouvelle  rédaction,  Gosselin  passe  sous  silence  le  rôle 
si  honorable  qu'il  avait  auparavant  attribué  à  Barnabe  Brisson.  Gosselin  avait  sans 
doute  été  trompé,  comme  bien  d'autres,  par  la  conduite  dissimulée  du  savant 
président,  qui,  au  dire  de  Mezeray,  s'efforça  pendant  la  Ligue  de  rc nager  entre 
ffdeux  eau\,T)  soutenant  tout  haut  les  Seize  et  protestant  en  secret  de  son  atta- 
chement au  roi;  on  sait  d'ailleurs  que  cette  politique  ne  lui  réussit  guère.  S'il 
faut  en  croire  quelques  écrivains,  pas  plus  que  le  président  de  Nully,  il  ne  res- 
pecta la  bibliothèque  ;  mais  il  mit  moins  de  franchise  dans  ses  yoIs  et  se  garda 
bien  de  renverser  aucune  muraille.  Suivant  l'abbé  Tricaud,  Brisson  alla  prendre 
des  livres  à  la  bibliothèque ,  et ,  les  ayant  portez  chez  lui ,  suivant  sa  coutume ,  pour 
rrles  examiner  plus  à  loisir,  et  dans  le  dessein  de  les  remettre  ensuite  à  leur  rang, 
fffut  prévenu  par  la  mort,  .  .;  et  sa  veuve,  qui  trouva  ces  livres  parmi  ceux  de 
rson  mari,  sans  démêler  s'ils  estoient  de  la  bibliothèque  Royale  ou  non,  les  vendit 
rravec  les  autres'-'. n  Scaliger  dit  tout  crûment  que  Brisson  emporta  chez  lui  une 
bonne  partie  de  la  bibliothèque  du  Roi,  et  que  sa  veuve  les  vendit  ensuite  pour 
presque  rien,  pour  un  morceau  de  pain^^'. 

Amyot  était  mort  pendant  l'année  qui  précéda  ces  événements,  et  Jacques-Au- 
guste de  Thou,  un  des  hommes  les  plus  instruits  et  un  des  caractères  les  plus 
respectés  du  \\f  siècle,  venait  de  lui  succéder.  Les  dangers  qu'avait  courus  la  bi- 
bliothèque au  milieu  des  derniers  troubles  déterminèrent  Henri  IV  à  la  transporter 
en  un  lieu  plus  sûr.  Des  lettres  patentes  du  mai  ib^li,  qui  ne  purent  d'ail- 
leurs recevoir  leur  exécution  qu'en  mai  lôgB,  ordonnèrent  qu'elle  serait  installée 
rue  Saint-Jacques,  dans  les  bâtiments  du  collège  de  Glermont,  aujourd'hui  lycée 
Louis-le-Grand**'.  Il  appartenait  aux  jésuites,  qui,  chassés  de  France  à  la  suite  do 
l'attentat  de  Jean  Ghastel,  venaient  de  l'abandonner;  eux-mêmes  avaient  réuni 
dans  cette  maison  une  bibliothèque  composée  d'au  moins  vingt  mille  volumes, 


Ensuit  une  remonslrance  touchant  la  garde  de 
la  librairie  du  Hoy,  addressée  à  toutes  personnes  qui 
ayment  les  lettres,  par  Jean  Gosselin,  garde  d'icelle 
librairie. 

Essais  de  littérature  pour  la  connaissance  des 
livres,  t.  I,  p.  i5. 

ffBarnabas  Brissniins  bonam  paiieni  libro- 
«mim  regioriini  in  doiiium  suani  tran.slulit.  Post 
f  casuni  ejus,  vidiia  avara  fnisto  paiiis,  si  ila  ioqiii 
rrfas  est  ,  (livendidit. '^(Jos.  ScaWger,  Epistola- ,  iib.  I, 
epist.  L.viii.) 

(f  Du  iiiercredy  iv  oclnbre.  La  Cour,  après  avoir 
ffoy  les  coniniissairos  coiuniis  par  icelie,  cpii  ont 


"faict  procéder  aux  réparations  de  ce  qui  estoit  ne- 
ffcessaire  au  colieg'e  de  Clerniont,  pour  y  mettre 
f'Ia  bibliothèque  du  Roy,  a  ordonné  et  ordonne  que 
'fdes  deniers  procedans  de  la  vente  des  meubles 
ffdes  Jesuistes  et  revenus  des  immeubles,  les  mas- 
'*  sons,  menuisiers,  cbnr[)enticrs .  serruriers  et  autres 
frmanœuvres  qui  ont  travaillé  ausdils  ouvi'ages. 
T réparations,  et  ce  qui  a  esté  l'aict  de  l'ordonnance 
rrdesdicts  commissaire,-;,  seront  les  premiers  et  avant 
fftous  autres  payez  de  leuis  ouvrages,  salaires, 
ffclc. ...  «  [Deslinalion  du  colli'ge  de  VAcrmont pour  ta 
bibli'jtlièqiie  du  Roj ,  dans  Félihion.  Ilisloircde  Pai-is , 
I.  V,  p.  -2  8.) 


BIBLIOTHÈQUE  DU  BOI.  153 

qui  furent  en  {jrande  partie  dispersés'''.  La  seule  acquisition  inq)ortanle  que  fit 
la  bibliothèque  du  Uoi  pendant  son  séjour  dans  ce  local  eut  pour  objet  les  manus- 
crits provenant  de  la  succession  de  Catherine  de  Médicis. 

Le  cardinal  Ridolli,  neveu  de  Léon  X,  avait  possédé  une  riche  bibliothèque, 
presque  exclusivement  composée  de  manuscrits;  après  sa  moi't,  elle  fut  achetée 
[)ar  le  maréchal  Strozzi Celui-ci  périt  au  siège  de  Thionville  en  juin  i558; 
il  laissait  un  fds,  à  qui  Catherine  de  Médicis,  sa  parente  éloignée,  enleva  la  col- 
lection, en  donnant  pour  prétexte  que  celle-ci  provenait  de  la  bibliothèque  des 
iMédicis et  en  promettant  d'ailleurs  de  la  payer  un  jour,  ce  quelle  se  garda  bien 
de  faire'*'.  Catherine  mourut  ])erdue  de  dettes;  on  ne  ti'ouva  rien  chez  elle,  dit 
Brantôme,  r rien,  pas  mesme  un  seul  sol . . .  elle  estoit  endehtée  de  huit  cent  mille 
rr  escus T)  A  Cette  époque,  la  collection  se  composait  de  huit  cents  volumes  en- 
viron; Jean-Baptiste  Benciveni abbé  de  Bellebranche,  aumônier  et  bibliothé- 
caire de  Catherine,  les  avait  apportés  du  château  de  Saint-Maur,  et  les  gardait 
chez  lui  rue  Plâlrière  '^'.  Jacques  de  Pleurs  et  Barnabe  de  Ceriziers,  maîtres  de  la 
chambre  des  comptes,  chargés  de  faire  l'inventaire  de  tous  les  biens  meubles  laissés 
par  la  reine,  dressèrent  aussitôt  (19  août  iSSq)  la  liste  de  ces  manuscrits,  qui 
lurent  confiés  à  la  garde  de  l'abbé  de  Bellebranche.  Mais  les  nombi'eux  créanciers 
de  la  reine  ne  voulaient  pas  laisser  échapper  ce  gage  précieux;  ils  firent  mettre  les 
scellés  sur  les  manuscrits,  et  ceux-ci  allaient  être  vendus'*',  quand  le  président 
de  Thou  intervint,  déclarant  qu'ils  devaient  faire  retour  à  la  couronne.  Pierre 
Pithou  rédigea  une  déclaration'^',  aux  termes  de  laquelle  le  roi  ordonnait  rrque 
frtous  les  anciens  exemplaires  hébreux,  grecqs,  en  latin  et  en  françois,  italiens  et 
ff  autres,  trouvez  entre  les  meubles  de  la  defîuncte  royne,  mere  des  roys  ses  pre- 

Voyez  ci-dessous  notre  notice  sur  la  l)iblio-  ninnnscrils  après  la  prise  de  Constantinopie  par 

tlièque  du  collège  I>ouis-le-Grand.  Mahomet  II. 

''''  fril  paroissoit  bien  aussy  que  ce  grand  capi-  rr  Du  despuis  la  mort  dudictmareschal,  la  royne 

rtaine  estoit  bien  amateur  des  lettres,  car  il  avoit  «mere  la  retira,  aveeque  promesse  d'en  rescompan- 

ffune  très  belle  bibliothèque  de  livres.  Je  ne  diray  rrser  son  fils  et  la  luy  payer  un  jour;  mais  jamais 

ff  pas  de  luy  comme  le  bon  rompu  le  roy  Louis  XI  di-  fril  n'en  a  eu  un  seul  sol.  Je  sçay  bien  qu'il  m'en  a  dicl 

(fsoit  d'un  prélat  de  son  royaume,  qui  avoit  une  rf d'autres  fois,  en  estant  mal  contant.»  (Brantôme  . 

-très  belle  librairie  et  ne  la  voyoit  jamais,  qu'il  Vies  des  grands  cnpilaines ,  t.  II,  p.  a^^ig.) 

frressembloit  un  bossu  qui  avoit  une  belle  grosse  Uranlome^Vtesdesdaines illustres, t.l^p.Sb. — 

rr  bosse  sur  son  dos  et  ne  la  voyoit  pas.  Mais  M.  le  Voyez  Debtes  et  créanciers  de  la  royne  mère  Catherine 

frmareschal  visitoit,  voyoit  et  lisoit  souvant  sa  belle  de  Médicis,  documents  publiés  par  l'abbé  G.  Chc- 

fflibrairie;  elle  estoit  venue  du  cardinal  Ridolphe,  valier,  1869,  in-8°. 

ff  et  acheptée  après  sa  mort ,  qui  estoit  un  très  sçavant  Le  nom  de  ce  personnage  a  été  fort  défiguré  : 

ff  prélat.  Elle  estoit  estimée  plus  de  quinze  mille  le  Parlement  l'appelle  Benclievinij,  Félibien  Bene- 

rescus  pour  la  rareté  des  beaux  et  grands  livres  momj,L.iAe:GhBencirigni Beneiregnius , 

rqui  y  estoient.  n  (Brantôme,  Vies  des  grands  capi-  et  M.  B.  Hauréau,  Bencivennij. 

taines,  édit.  Jannet,  t.  Il,  p.  aig.)  Histoire  de  la  bibliothèque  du  Roy,  manuscrit 

L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques,  de  la  bibliothèque  Sainte-Geneviève, 

p.  /i.58.  —  Catherine  était  fille  de  Laurent  de  Mé-  Grosley,  Vie  de  P.  Pithou,  t.  I,  p.  Sa  A. 

dicis.  qui  avait,  en  effet,  acheté  plusieurs  de  ces  Grosley,  ibid. 


154  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

te  decesseurs .  .  .  .  seroient  mis  és  mains  du  sieur  d'Emery,  conseiller  d'Estat,  que 
cfle  dit  seigneur  a  choisy  et  nommé  pour  maistre  de  sa  librairie,  qui  les  prendra 
rrpar  inventaire,  pour  demeurer  le  trésor  uny  aux  meubles  de  la  couronne  de 
cr France'^'.  Ces  lettres  patentes  sont  du  juin  iBg/i;  le  17  août  suivant,  elles 
furent  enregistrées  au  Parlement,  qui  arrêta  que  «la  dicte  bibliothèque  seroit 
rr  transportée  avec  celle  du  deffunct  roy,  sans  aucune  innovation  ou  dérogation  des 
«droits  et  hypoteques  des  créanciers,  lesquels,  nonobstant  ledict  transport,  de- 
crmeureront  en  leur  force  et  vertu  ^^'.n  Malgré  cette  assurance,  les  créanciers  for- 
mèrent opposition.  Les  choses  traînèrent  fort  en  longueur,  mais  de  Thou  ne  se 
décourageait  point;  en  mars  1697,  nommer  trois  commissaires  :  Pellerin, 
Lassilé  et  François  Pithou ,  qui  furent  chargés  de  dresser  un  autre  inventaire  et 
de  faire  l'estimation  de  la  collection.  Ils  déclarèrent  qu'elle  valait  cinq  mille  quatre 
cents  écus,  ccencores,  ajoutaient-ils,  qu'elle  ne  se  puisse  assez  estimer,  tant  pour 
«la  rareté  et  bonté  des  ditz  livres,  qui  ne  se  pourroient  trouver  ailleurs,  que  pour 
cf  estre  une  bonne  partie  d'iceulz  non  imprimez  et  les  ditz  livres  originaux  et 
frnon  copies,  dignes  d'estre  reservez  en  France  pour  la  postérité,  conservation 
ffdes  bonnes  lettres,  et  pour  l'honneur  du  royaulme,  et  impossibilité  de  pouvoir 
fccoHiger  et  assembler  à  présent  une  telle  bibliothèque  pour  quelque  prix  et  en 
ff  quelque  pays  que  ce  soit'^ln  L'estimation  avait  donc  été  fixée  surtout  en  vue  de 
l'acquisition  que  méditait  le  roi.  Aussi  de  nouvelles  difficultés  surgirent,  et,  le 
k  novembre  1698,  Henri  IV  mandait  encore  à  de  Thou  :  :rJe  vous  ay  cy  devant 
rr  escript  pour  retirer  des  mains  du  nepveu  du  feu  S'  abbé  de  Bellebranche  la 
rr  librairie  de  la  feue  Roine,  mere  du  Roy  mon  seigneur;  ce  que  je  vous  prie  et 
rr  commande  encores  un  coup  de  faire,  si  jà  ne  i'aviés  faict,  comme  estant  chose 
rrque  je  désire,  affectionne  et  veulx,  affin  que  rien  ne  s'en  esgare,  et  que  vous  la 
rr  faciès  mettre  avec  la  mienne.  Adieu '"^'.n  Benciveni  venait  en  effet  de  mourir;  le 
procureur  général  en  donna  avis  au  Parlement,  qui  déclara  qu'il  ne  regardait  plus 
les  volumes  comme  en  sûreté,  et  rendit  (sB  janvier  1 699)  un  arrêt  ordonnant  que. 


Félibien,  Histoire  de  Paris,  t.  II,  p.  1289, 
et  t.  V,  p.  95. 

Félibien,  Histoire  de  Paris,  t.  II,  p.  1289, 
et  t.  V,  p.  2  5. 

Un  extrait  de  cet  inventaire  a  été  publié  par 
M.  Le  Roux  de  Lincy  dans  le  Bulletin  du  bibliophile, 
année  i858,  p.  926. 

Publiés. 

rrNous  soubzsignez,  commis  et  nommez  pour 
'Aa  prisée  et  évaluation  de  la  bibliothèque  et  livres 
fr hébreux,  arabes,  grecs,  latins,  François  et  italiens 
frqui  ont  appartenu  à  la  reine  mere  deffuncte  Ca- 
rrlherine  de  Médicis,  certifions  à  tous  ceux  qu'il  ap- 
rrpartiendra  avoir  veu,  visité,  feuilleté  ensemble- 


trment,  au  logis  du  sieur  abbé  de  Bellebranche,  tous 
rret  ung  chascun  les  volumes,  livres,  papiers  des- 
^quelz  le  catalogue  et  indice  est  cy  dessus  trans- 
rr  cript ,  qui  sont  pour  la  pluspart  grecz ,  escriptz  à  la 
frmain,  antiens,  et  nous  ont  estez  représentez  par 
tr ledict  sieur  abbé,  et  que  tous  les  dictz  livres,  vo- 
rrlumes,  papiers  à  nous  représentez  vallent  bien, 
tf argent  contant,  cinq  mil  quatre  cens  escus. .  .  . 
T  Faict  ce  xx'  mars  mil  cinq  cens  quatre  vingtz  dix 
Tsept.  -n 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  de 
Dupuy,  n°  /107.  —  Berger  de  Xivrey,  Recueil  des 
lettres  missives  de  Henri  IV,  t.  V,  p.  62. — De  Thou, 
Historiœ  sui  temporis,  lib.  XCIV,  p.  887. 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  155 

crà  la  conservation  des  droicts  de  qui  il  appartiendra, n  la  bibliothèque  de  Cathe- 
rine serait  déposée  au  collège  de  Glermont,  mais  à  part,  pour  ne  pas  être  confondue 
avec  celle  du  roi,  et  confiée  à  Gosselin,  garde  de  la  librairie,  qui  s'en  chargerait 
et  sur  l'inventaire  cy-devant  faict'^'.n  Pierre  Dominique  Benciveni,  neveu  de 
l'abbé  de  Bellebranche,  fit  encore  quelque  résistance,  et  il  fallut  un  nouvel  arrêt 
pour  le  déterminer  à  céder.  Le  3o  avril,  le  conseiller  Denis  de  Here,  délégué  à 
cet  eflet,  se  fit  représenter  tous  les  volumes  provenant  de  la  succession  de  Cathe- 
rine de  Médicis''^',  et  surveilla  leur  transport  au  collège  de  Glermont,  où  ils  furent 
installés  dans  une  salle  contiguë  à  celle  qui  renfermait  la  bibliothèque  du  Roi'^'. 
Maichelius  se  trompe  quand  il  avance  que  crmulti  ex  illis  libris  in  pulcherrimo 
crmaroquino  ligati  erant^*);Ti  ils  furent,  en  effet,  reliés  magnifiquement,  mais  un 
peu  plus  tard,  et  même,  dit-on,  du  produit  d'une  rente  qui  appartenait  aux  Jé- 
suites, et  que  le  roi  touclia  pendant  tout  le  temps  que  dura  leur  expulsion A 
l'époque  de  la  mort  de  Catherine,  très-peu  de  volumes  étaient  reliés.  Parmi  ceux- 
ci,  les  uns  portaient  un  semis  de  K  et  de  G  entrelacés  et  couronnés;  les  autres 
montraient  sur  leurs  plats  le  curieux  emblème  que  la  reine  avait  adopté  depuis  la 
mort  de  Henri  II,  une  montagne  de  chaux  vive  sur  laquelle  tombent  des  larmes, 
et  comme  devise  ces  mots  :  Ardorem  extincta  teslantur  vivere  jlamma.  Cet  ornement 
était,  au  reste,  non  pas  frappé  en  or  par  le  relieur,  mais  peint  en  miniature,  et 
placé  soit  aux  coins  de  la  reliure,  ainsi  qu'on  le  voit  sur  un  manuscrit  de  la  biblio- 
thèque de  l'Arsenal,  soit  au  milieu  de  la  couverture,  comme  le  prouve  un  magni- 
fique exemplaire  conservé  à  la  bibliothèque  du  Louvre,  dans  la  collection  Motteley. 
Les  Jésuites  ayant  obtenu  leur  rappel  en  1606,  la  bibliothèque  du  Roi  dut 


cfDu  lundy  xxv  janvier  m.d.xcix.  Sur  ce  que 
fie  procureur  gênerai  du  roy  a  remonstre'  à  la 
frcour  le  decez  n'agueres  advenu  de  i  abbé  de  Bel- 
(flebranclie,  au  logis  duquel  avoit  esté  mis  en  dé- 
«post  la  bibliothèque  de  la  feuë  royne  mere  du 
trdefl'unct  roy,  ordonnée  par  le  roy  régnant  estre 
(rniise  ès  mains  de  raessire  Jacques-Auguste  de 
rThou ,  conseiller  au  Conseil  d'Estat  et  président 
rrenladicte  cour,  non  encores  exécutées,  au  moyen 
ffde  l'opposition  des  créanciers  d'icelle  deffuncte 
trdanie  royne,  preleiidans  que  icelle  bibliothèque 
ffdoit  cstre  vendue  à  leur  prollict;  requérant,  at- 
<r tendu  que  le  logis  où  est  de  présent  icelle  biblio- 
frtheque  est  loiié  à  personnes  estranges,  n'y  seroit 
"seurement,  qu'il  y  fust  pourveu  par  la  cour. .  .  . 
trA  ordonné  et  ordonne  que,  à  la  conservation  des 
tr droicts  de  qui  il  ap[)articndra ,  ladicte  bibliothèque 
(Tsera  transportée  au  collège  de  Glermont,  proche 
fret  séparé  la  bibliothèque  du  Roy,  et  mise  en  la 
▼garde  de  M.  Gosselin,  garde  de  la  librairie  dudict 


tf seigneur,  qui  s'en  chargera  sur  l'inventaire  cy- 
ff  devant  faict,  lequel  à  cette  fin  sera  représenté  et 
ffi  eceu  en  présence  dudict  procureur  gênerai  du 
rrroy  ou  de  l'un  de  ses  substituts,  le  syndic  des 
(rcréanciers  appellé,  pour  y  demeurer  jusques  à  ce 
«que  lesdicts  créanciers  oys  sur  leur  dicte  opposi- 
rtion  en  soit  ordonné.  Et  pour  l'exécution  du  pre- 
ssent arrest  a  commis  maistre  Denis  de  Tiere, 
ff conseiller  du  roy."  (Félibien,  Histoire  de  Paris, 
t.  V,  p.  38.  Voyez  aussi  même  ouvrage,  t.  Il, 

p.  1252.) 

Voyez  Inventaire  de  la  bibliothèque  de  Cathe- 
rine de  Médicis,  fait  en  iSgg.  Bibliothèque  impé- 
riale, manuscrits,  fonds  de  Baluze,  n"  loolo^ 

Leprince,  Essai  historijue  sur  la  bibliothèque 
du  Roi ,  p.  38. 

Maichelius ,  Introductio  ad  historiam  literariam 
de prœcipuis  bibliothecis ,  p.  i3. 

L.  Jacob ,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques , 

p.  liC)-2. 

20. 


156  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

abandonner  la  rue  Saint-Jacques.  Elle  fut  transportée  dans  une  salle  du  cloître 
du  jrrand  couvent  des  Cordeliers situé  sur  l'emplacement  occupé  aujourd'hui 
par  les  cliniques  de  l'Ecole  de  médecine,  Lestoile,  qui  visita  alors  cette  collection, 
nous  dit  que  l'on  y  voyait  rr force  manuscripts  de  la  main  de  messire  Angelot*-' 
ff  (la  première  du  monde  en  matière  de  graecq'^'),  et  des  reliures  magnifiques  et 
cr  exquises  de  toutes  sortes,  dont  y  en  a  beaucoup  qui  valent  mieux  que  le  dedans  n 
Ce  n'était,  d'ailleurs,  là,  aux  yeux  de  Henri  IV,  qu'une  installation  provisoire. 
Par  son  ordre,  le  cardinal  du  Perron,  le  duc  de  Sully,  le  président  de  Tbou  et  un 
conseiller  du  Parlement  allèrent,  le  28  décembre  1609,  visiter  les  collèges  de 
Tréguier  et  de  Cambray,  qu'il  était  question  de  supprimer,  tret  à  la  place  d'iceux 
rr collèges,  dit  Lestoile,  Sa  Majesté  veut  faire  édifier  un  autre  plus  magnifique, 
fcqui  sera  appellé  Collège  royal,  dans  lequel  sera  mise  la  biblioteque  du  Roy^^'.r 
Mais  la  mort  de  Henri  IV  vint  interrompre  tous  ces  projets. 

Un  grand  nombre  de  volumes  avaient  été  reliés  sous  ce  règne,  et  presque  tous 
en  maroquin  rouge.  Les  ornements  qui  les  couvrent  sont  très-variés.  Tantôt  les 
armes  de  France  et  de  Navarre,  accompagnées  d'une  H  couronnée,  figurent  des 


Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris ,  t.  m,  p.  1/12. 

Ange  Vergèce. 

Voyez  ci-dessus,  p.  189. 
''''  Journal  du  règne  de  Henri  IV,  i  7  octobre  1607. 
''^  Lesloile,  Journal  du  règne  de  Henri IV,  28  dé- 


cembre iGog.  —  Voyez  encore  :  Histoire  de  la  bi- 
bliothèque du  Roij,  niaimsci'it  de  la  bibliolbèqiie 
Sainte-Geneviève; — Cl.  Malingre,  Antiquités  de  Pa- 
ris, p.  363  ;  —  JLe  Mercure  françois,  année  1 0 1 1 , 
p.  ^07; —  Piganiol  de  In  Force.  Description  histo- 
rique de  Paris,  t.  V,  p.  386. 


BIBLIOTHEQUK  DU  ROI.  157 

deux  cotés  de  la  couverture;  tantôt  elles  ne  se  trouvent  que  sur  l'un  des  plats, 
et  snr  l'autre  on  lit  cette  inscription  : 


\>e  dos  porte,  en  généial,  des  H  surmontées  d'une  couronne  : 


La  même  lettre,  parfois  suivie  du  nombre  IIII,  se  rencontre  assez  fréquemment 
aux  quatre  coins  de  la  couvei-ture. 

Le  relieur  du  roi  sous  Henri  iV  était  Nicolas  Eve  ou  (llovis,  son  lils,  (|iii 
moururent  entre  iGio  et  1620'''. 


Pendunt  près  ilun  siècle,  la  famille  Eve  a 
brillé  dans  la  reliiiiT  et  la  t\ pograpliie.  Clovis  I" 
l'ut,  croit-on,  relieur  seulement.  Nicolas  se  fil  de 
plus  imprimeur,  et  sa  marque  (ypng-rapbique,  as- 


sez rare  d'ailleurs,  re|3ri'sente  le  groupe  d  Adam 
et  \t.\c.  On  suppose  que  Nicolas  mourut  vers  1610. 
Clovis  II,  son  fils,  lui  succéda  et  exerça  jusque 
vers  1690. 


158  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Les  l'eliures  aux  armes  de  Marie  de  Médicis  portent  son  chiffre  sur  le  dos  et  son 
blason  sur  les  plats  : 


on  ne  le  trouve  guère,  au  reste,  que  sur  les  ouvrages  qui  lui  furent  offerts,  et  sur 
quelques-uns  de  ceux  qui  furent  reliés  pendant  les  quatre  années  de  sa  régence. 

Au  moment  où  la  bibliothèque  du  Roi  fut  transportée  rue  des  Cordeliers,  elle 
était  sous  la  garde  d'isaac  Casaubon,  désigné,  dès  1601,  pour  remplacer  Gos- 


BibliotlicqiK!  de  l'Arsenal,  manuscrits  in-8°,  n°  TL,  3i2. 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  159 

selin,  qui  mourut  presque  cenleuaire  en  1606.  Les  dernières  années  de  ce  vieux 
serviteur,  successivement  bibliothécaire  sous  quatre  rois,  furent  abreuvées  d'amer- 
tumes. H  avait  fui  Paris  à  l'époque  de  la  Ligue,  et,  pendant  son  absence,  rr  aucuns 
crde  ceux  qui  estoient  en  ceste  ville  vinrent  en  son  logis,  auprès  de  Sainct 
rr  Nicolas  des  Champs,  où  il  avoit  laissé  sa  femme,  et  ravirent  tout  son  bien, 
rr  tellement  qu'il  ne  luy  demeura  rien.:-'  Il  réclama  auprès  de  Henri  IV.  Celui-ci 
linitpar  écouter  ses  doléances,  et  ordonna  au  trésorier  de  l'épargne  de  lui  payer 
seize  cent  soixante-six  écus  deux  tiers que  Gosselin  eut  encore  bien  de  la  peine  à 
obtenir,  si  toutefois  il  les  obtint^'-'.  Sa  mort  fut,  selon  toute  apparence,  le  résultat 
d'un  accident;  il  mourut  «tout  bruslé,  dit  Scaliger,  estant  tombé  dans  son  feu, 
cret  à  cause  de  son  âge,  estant  seul ,  ne  s'est  pu  relever  On  soupçonna  d'abord 
son  domestique,  mais  il  fut  relâché  faute  de  preuves;  voici,  au  reste,  le  récit  très- 
complet  que  Lestoile  donne  de  cet  événement:  cr Gosselin,  gardien  de  la  librairie 
r-du  Roy,  âgé  de  près  de  cent  ans,  homme  de  bien  et  grand  mathématicien,  fust 
"  en  ce  tenqjs  trouvé  mort  dans  une  chaise  près  de  son  feu ,  tout  havi  et  bruslé  et 
frdéjà  vert,  ayant  esté  aissé  seul  par  son  homme,  qui  gagna  tout  aussitost  le  haut 
fret  s'enfuist,  ayant  veu  ce  prodigieux  accident,  et  craignant  qu'on  ne  luy  voulust 
rr  imputer.  De  fait,  son  corps,  porté  au  Chastelet,  fust  visité  des  chirurgiens,  qui 
cflui  trouvèrent  un  coupa  la  teste,  mais  ne  vouloient asseurer  que  ledit  coup  fust 
rde  cheute  ou  d'elîort  qu'on  lui  eust  fait.  Ce  qui  rendist  le  valet  plus  soubçonné, 
rrestoit  qu'il  sembloit  malaisé  qu'un  homme  de  son  âge  tombé  dans  le  feu  se 
rrpeust,  tout  bruslé  qu'il  estoit,  relever  et  asseoir  dans  une  chaise,  comme  il 
rr  avoit  fait.  A  quoi  on  respondoit  que  le  serviteur,  qui  avoit  toujours  esté  tenu 
rrpour  fidèle  et  esprouvé  tel  de  son  maistre,  avant  que  s'en  aller  le  voulust,  tout 
r-mort  possible,  l'asseoir  dans  sa  chaise,  pour  lui  rendre  ce  dernier  service.  Mais 
rrla  descharge  principale  du  valet  fust  qu'on  ne  trouva  faute  aucune,  ni  à  son 
r- argent,  ni  à  autre  chose  quelconque  qui  lui  appartinst ii 

Après  l'assassinat  de  Henri  IV,  Casaubon  qui  était  protestant,  ne  se  crut  pas 
en  sûreté  à  Paris;  il  gagna  l'Angleterre,  où  il  conserva,  jusqu'à  sa  mort,  arrivée 
en  161/1,  ses  pensions,  ses  appointements  de  trois  mille  livres^^',  et  son  titre  de 


Ensuit  la  copie  du  mandement  par  lequel  le 
Roy  mande  très  expressément  à  maistre  Baltliasar 
Gobelin,  ihresorivr  de  l'Espargne ,  qu'il  paye  à  Jean 
Gosselin ,  garde  de  la  librairie  Royale ,  les  gages  qui 
lui  sont  deuz  et  les  deniers  qu'il  a  desboursez  pour 
l'enlrctenement  de  la  dicte  librairie.  Pièce  publiée  par 
M.  Edouard  Fournier,  Variétés  historiques  et  litté- 
raires, t.  I,  p.  7. 

Ensuit  une  remonstrance  touchant  la  garde  de 
la  librairie  du  Roy,  addressée  à  toutes  personnes  qui 
ayment  les  lettres,  par  Jean  Gosselin,  garde  d'icelle 
librairie. 


Scaliger ana ,  ]).  178. 

Lestoile,  Journal  du  règne  de  Henri IV,  âo  no- 
vembre 160/1. 

Michel  de  Marolles,  dit  rrcincj  à  six  mille 
rr  livres"  : 

Casaubon  et  Rigaiid  curent  le  soin  des  livres 
Sous  les  deux  derniers  rois,  qui  les  traitèrent  bien  , 
Ordonnant  a  tous  deux  un  honnête  entretien, 
A  chacun  tous  les  ans  cinq  à  six  mille  livres. 

{Paris  ou  description  succincte  et  néantmoins  assez 
ample  de  celle  grande  ville,  ii.  43.  ) 

Marolles  exagère  cerlainement ,  et  il  n'a  pas  ici 


160  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

garde  de  la  bibliothèque  du  Roi.  On  voit  dans  son  Journal  (|u'il  n'avait  pas  (Micoi-e 
quitte''  la  France  à  la  fin  de  septembre  iGio,  car,  le  29  de  ce  mois,  il  fit  les 
honneurs  de  la  bibliothèque  au  jeune  Louis  XIII,  qui,  dit-il,  parut  examiner 
avec  un  très-vif  intérêt  les  trésors  qu'on  lui  montra 

]\icolas  Rigault,  qui  remplit  les  Ibnctions  de  garde  de  la  bibliothèque  pendant 
l'absence  de  Casaubon,  fut  nommé  à  sa  place  en  i6i5.  Deux  ans  après  mourut 
le  président  de  Thou,  et  le  titre  de  maître  de  la  librairie  échut  à  son  fils  François 
de  Thou,  (|ui  n'avait  encore  que  neuf  ans.  La  direction  absolue  de  l'établissement 
se  trouva  donc  concentrée  entre  les  mains  de  Rigault. 

Le  moment  était,  d'ailleurs,  peu  favorable.  La  régente  ne  se  préoccupait  guère 
de  bibliographie,  et  quant  au  roi,  dépourvu  de  toute  initiative,  il  comprit  bientôt 
que,  sous  ce  rapport  encore,  il  devait  laisser  l'autorité  à  Ricljelieu. 

Le  marquis  de  Brèves,  qui  avait  été  pendant  vingt-deux  ans  ambassudeui-  à 
Gonstantinople,  en  avait  rapporté  de  beaux  manuscrits  syriaques,  arabes,  persans 
et  turcs,  ainsi  que  d'admirables  caractères  typograj)hiques  pour  l'impression  de 
ces  difïérentes  langues.  Vitré  fit  l'estimation  de  toutes  ces  richesses,  et,  sur  l'ordre 
de  Richelieu,  les  acheta  au  nom  du  roi*'^^  Mais  le  cardinal  commençait  à  réunir 
pour  lui-même  une  bibliothèque;  il  ne  laissa  entrer  ni  caractères  ni  manuscrits 
dans  celle  du  Roi;  il  s'empara  de  tout,  et  refusa  de  rien  payer Plus  tard,  après 
la  prise  de  la  Rochelle,  il  y  ajouta  la  bibliothèque  publicpie  de  cette  ville. 

Louis  XllI  eut  cependant  l'idée  assez  étrange  de  rétablir  une  bibliothèque  royale 
à  Fontainebleau.  Est-ce  encore  Richelieu  qui  s'y  opposa?  on  ne  sait.  Ce  qu'il  y  a 
de  sûr,  c'est  cjue  le  roi  se  contenta  de  faire  revivie  le  titre  de  garde  de  cette  biblio- 
thèque. Il  fut  donné  en  iG'jy  à  Abel  de  Sainte-Marthe qui.  le  2  mars,  prêta 


son  excuse  ordinaire ,  car  le  vers  eût  été  aussi  mau- 
vais, mais  aussi  juste,  s'il  eût  dit  :  rrdeux  à  trois 
f  mille  livres.  1 

ftJussus  sum  a  rege  bibliothecam  ipsi  osten- 
ffdere.  Vidit  optiinus  rex  illos  thesauros,  el  sibi  id 
rfgralissinuim  esse  spectaculnm  ostendit.n  (Casau- 
bon ,  Epliémérides ,  iv  Icalend.  septembris  1610.)  — 
Lestoile  raconte  ainsi  le  même  fait  :  rLe  dimancbe 
tfag,  le  Roy  alla  aux  Cordeliers,  où,  estant  entré 
f-dans  le  réfectoire,  prist  plaisir  à  voir  disner  les 

rf  moines  Il  alla  après  voir  la  bibliothèque,  où  il 

fffut  conduit  par  le  père  Cotton  et  Casaubon,  qui 
ff  entrèrent  en  dispute  et  conférence  ensemble  de  la  re- 
rrligion.n  {Journal  du  règne  de  Henri  IV,  août  1610.) 

L.  Jacob ,  Traiclé  des  plus  belles  bihlioth.  p.  i  80 . 

Sur  cette  affaire,  qui  donna  lieu  à  de  longues 
contestations,  consulter  une  brochure  anonyme  inti- 
tulée :  Histoire  du  procès  que  l'on  renouvelle  de  temps 
en  temps  à  Vitré,  à  cause  de  l'achat  que  le  roi  l'a  obligé 


de  faire  des  poinçons ,  des  matrices  et  des  manuscrits 
turcs,  arabes  et  persans  que  M.  de  Brèves  avoit  ap- 
portés du  Levant. 

fr Aiijourd'huy  huitième  février  mil  six  cens 
ff  vingt  sept,  le  Roy  estant  à  Paris,  et  ayant  mis  en 
ff  considération  les  sei'vices  que  le  sieur  de  Sainlc- 
ff Marthe  faisné  luy  a  faits  en  plusieurs  occasions, 
ffpour  le  mérite  desquels  Sa  Majesté  luy  auroit  cy- 
ffdevaut  fait  expédier  un  bi'evet  de  conseiller  en 
ffson  Conseil  d'Estat;  désirant  en  outre  le  gratifier 
ff  et  favorablement  trailter,  et  estant  pleinement  sa- 
fftisfait  de  ses  écrits  faits  pour  la  grandeur  et  gloire 
ffde  son  nom,  ensemble  de  sa  suflisance et  fidélité , 
ffSadite  M.ijesté  luy  a  fait  don  de  la  charge  et  oflice 
ffde  conseiller  en  son  Conseil  d'Estat  et  garde  de 
ffsa  bibliothèque  royale  de  Fontahiebleau ,  à  la- 
ff quelle  elle  auroit  joint  et  affecté  la  soamie  de 
ff  quinze  cens  livres  de  pension;  que  Sadite  Majesté 
ffluy  auroit  cy-devant  accordé  pour  gages  dudit 


RIHLIOTIIKQUK  DU  ROI.  IGl 

scniRMit  (Ml  celte  (jualité'''.  Au  mois  d'août  i  G/iG,  Abcl  donna  sa  démission  en  faveui' 
de  son  (ils;  mais  cehii-ci  ne  voulut  pas  se  contenter  d'nne  sinécure,  et  il  supplia  le 
roi  de  reconstituer  la  bibliotliè(jne,  puisqu'il  avait  nommé  un  bibliothécaire;  c'est 
l'objet  d'un  mémoire  qu'il  ])ul)lia  en  i  GhS  sous  ce  titre  :  Discours  nu  Roi/  sur  le  réUi- 
hlissemeiil  do  la  bibliollièquc  roijalc  de  Fonlaùiehieau.  ce  On  lireroit,  dit-il,  un  avantafife 
rr  très  considérable  du  restablissement  de  cette  bibliothèque  pour  l'insli'uction  de 
rr  Monseigneur  le  Dauphin  pendant  son  séjour  à  Fontainebleau.  Comme  cette  ins- 
rtruclion  est  de  la  dernière  importance  et  pour  liiy-mesme  et  pour  l'Estat,  et 
rr  qu'elle  demande  une  infinité  de  connoissances  pour  orner  et  pour  enrichir  avec 
rrplus  de  succez  la  seconde  teste  du  monde,  il  seroit  presque  impossible  que  l'on 
rrs'acquitast  d'un  employ  si  diflicile  sans  le  secours  d'une  ample  bibliothèque, 
'•puisque  les  sciences  sont  liées  les  unes  aux  autres,  et  que  souvent  une  mesme 
'•  matière  est  répandue  en  plusieurs  volumes  et  traitée  diiTeremment  par  diH'erens 
rr  auteurs.  A  cét  entretien  muet  on  pourroit  faire  succéder  l'entretien  des  doctes, 
rr  qu'une  bibliothèque  attireroit  en  cette  maison  royale,  et  s'exerçant  avec  eux 
redonner  plus  d'action  à  son  esprit  pour  agir  avec  plus  d'elï'et.  J'ajoûteray  qu'à  la 
rrveuë  de  tant  de  livres  et  de  gens  qui  s'y  attacheroient,  ce  prince  en  un  âge  plus 
rr  avancé  seroit  encore  invité  à  la  lecture,  qu'il  seroit  à  souhaiter  qu'il  eust  moyen 
rrà  toute  lieure  de  s'y  divertir  et  d'apprendre;  et  qu'enfin  il  en  sera  de  mesme  de 
rr  Messeigneurs  les  enfans  de  France  qui  ponri  ont  naître  à  l'avenir,  n  Nous  avons 
dit  que  ce  galimatias  obtint  tout  le  succès  qu'il  méritait  :  la  bibliothèque  de  Fon- 
tainebleau ne  fut  point  rétablie,  et  Abel  (II)  de  Sainle-Mai'the,  mort  en  170G, 
n'eut  point  de  successeur, 

La  bibliothèque  du  Roi  ne  s'enricliit  guère,  sous  Louis  XIII,  que  des  manuscrits 
de  Philippe  Hurault,  évèque  de  Chartres.  Il  les  tenait  de  son  père,  le  chancelier 
de  Chivei'ny,  qui  lui-même  les  avait  reçus  de  Jean  Hurault,  seigneur  de  Boistaillé, 
conseille!'  d'Etat  et  ambassadeur  à  Constantinople  sous  Charles  IX.  Cette  collection 
se  composait  de  quatre  cent  dix-huit  volumes,  dont  cent  cinquante  en  langue 
grecque.  Pierre  Dupuy  et  deux  experts  désignés  par  les  héritiers  en  firent  l'esti- 


rrortice  de  garde  de  la  ljil)liotlic(jiie,  pour  en  eslre 
ffpayé  sur  les  deniers  tanl  ordinaires  quextraordi- 
rrnaires  de  son  espargiie,  voulant  pour  cet  eiïel 
irque  toutes  lettres  nécessaires  luy  en  soient  expe- 
Tdiées,  et  cependant  le  présent  brevet  qu'elle  a 
"Voulu  signer  de  sa  main,  et  fait  contresigner  par 
rmoy  conseiller  en  son  Conseil  d'Estat  et  secre- 
ff  taire  de  ses  commandemens  et  finances.  Signé 
ffl^ouis,  et  plus  bas  Le  Heauclerc." 

Brevet  d'Abel  de  Sainle-Marthe  de  la  cliavffe  de 
Garde  de  la  Bibliothèque  roi/ale  de  Vonlainehleau  ; 
dans  A.  de  Sainte-Marllio,  Discours  au  Roy  sur  le 

11. 


rèlahlisscmcnt  de  la  bibliotliciiuc  royale  de  Fontaine- 
bleau, preuves,  p.  19. 

rr  Aujourd'buy  deuxième  jour  de  mars  mil  six 
rrcens  vingt  sept,  M.  Abel  de  Sainte-Marthe  a  fait 
rret  presté  le  serment  qu'il  estoit  tenu  de  Testât  et 
rrolHce  de  garde  de  la  bibliothèque  royale  de  Fon- 
rrtaiuebleau ,  e's  mains  de  Monseigneur  de  Mariilac, 
rrgarde  des  sceaux  de  France,  moy  conseiller  se- 
rrcretaire  de  Sa  Majesté  et  de  ses  finances  pre- 
rrsent.  Signé  Le  Coq."  {Discours  au  Boy  sur  le  réta- 
blissement de  la  bibliothèque  royale  de  Fontainebleau , 
preuves,  p.  91.) 

2 1 


102  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

rnatioii  (1622),  et  fixèrent  le  prix  à  douze  mille  livres Presque  tous  porlaient 
sur  les  plats  les  aruies  de  la  famille  de  Hurault  : 


{[()[■  à  la  croix  d'azur,  cantonnée  de  quatre  ombres  de  soleil  de  <|ueules.  L'on 
trouve,  en  outre,  au  commencement  de  plusieurs  d'entre  eux,  le  nom  de  leur 
premier  possesseur  et  des  renseignements  écrits  de  sa  main  sur  l'origine  du  ma- 
nuscrit et  même  sur  le  prix  qu'il  l'avait  payé. 

La  même  année,  la  bibliothèque  du  Roi  changea  encore  une  fois  de  hxal.  Les 
Cordeliers,  qui  tenaient  à  en  débarrasser  leur  cloître,  offrirent  au  roi  de  la  faire 
transporter  rue  de  la  Harpe,  au-dessus  de  l'église  Saint-Côme,  dans  une  nuiison 
qui  leur  appartenait,  et  dont,  au  reste,  ils  exigèrent  un  loyer.  Deux  des  anciens 
plans  de  Paris  indiquent  cette  maison  et  mentionnent  la  destination  qui  venait  de 
lui  èire  donnée  :  celui  de  Gomboust,  dressé  en  i652, 


L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  hihliothcques 
publiques  et  particulières ,  p.  465, —  Voyez  encore 
à  la  Bibliollièque  impériale  :  Procès-verbal  de  Ni- 


colas Rigault  et  Pierre  Dnpmj,  portant  ('caluatiou 
des  livres,  etc.  fonds  îles  cinq  cents  Colbert.  mi- 
uiéro  5/1. 


BIRLIOTHÈOUH  DU  ROI. 
(M  celui  (le  .loiiviii  de  Roclieforl,  qui  fut  dressé  vers  t6go; 


1G3 


il  y  avait  cependant  alors  près  de  quaranle  ans  que  la  bibliotlièque  du  lloi  avait 
abandonné  la  maison  de  la  rue  de  la  Harpe.  Les  livres  y  furent  placés  dans  la 
longue  galerie  que  reproduisent  les  deux  plans;  à  son  extrémité  était  une  petite 
salle  destinée  aux  niaïuiscrits  '^l  Un  peu  plus  tard,  la  bibliothèque  agrandie  occu])a 
le  premiei-  et  le  second  étage;  de  là  les  noms  de  rr  haute  et  basse  librairies n  qui  se 
rencontrent  dans  quelques  actes  de  cette  époque.  Nicolas  Rigault  obtint,  près  de 
la  bibliothèque,  un  logement  qu'il  conserva  jusqu'en  i635;  il  fut  alors  nommé 
conseiller  au  parlement  de  Metz,  et  les  deux  frères  Pierre  et  Jacques  Dupuy 
devinrent  gardes  de  la  bibliothèque  Enfin  François  de  Thou,  ayant  été  déca- 
pité en  iG^a,  fut  remplacé  par  le  savant  Jérôme  Bignon  t-^'.  La  bibliothèc|ue  du 
Hoi  ne  renfermait  encore  à  cette  époque  que  six  mille  volumes 

On  se  plaignait  depuis  longtemps  de  l'imperfection  des  catalogues.  Isaac  Ca- 
saubon,  trois  ans,  il  est  vrai,  avant  d'être  nommé  bibliothécaire,  s'exprimait  ainsi 
au  sujet  du  catalogue  alors  en  usage  :  rr  Video  multos  libros  in  album  illud  non 
rresse  relatos,  neque  est  quicquam  eo  catalogo  ineptius  Casaubon  ne  paraît 
cependant  pas  s'être  occupé  de  remédier  au  désordre  qu'il  signalait  si  énergique- 
ment.  Cette  tache  échut  à  Nicolas  Rigault. 

Avant  de  quitter  la  bibliothèque,  il  termina  avec  l'aide  de  Sanmaise,  de  Hau- 
tain et  de  Piene  Dupuy,  un  catalogue  complet  de  la  collection.  Ce  travail,  con- 
servé encore  aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  impériale'*'',  forme  deux  volumes  petit 


Histoire  de  la  hihlioûque  du  Roy,  manuscrit 
de  la  bibliothèque  Sainte-fienoviève. 

D.  Huet,  Commentarius  de  rébus  ad  eumperti- 
nentibus,  lib.  I ,  p.  06. 

Taisand,  Vies  des  Jurisconsultes,  p.  71.  — 
Maichelius,  Iniroduclio  ad  liistoriam  lilerarium  de 
prœcipuis  bihliothecis ,  p.  \h. 


''''  Mémoires  sur  quel'iues  bihliothkpes  de  Paris , 
rassemblés  par  le  P.  Léonard  de  Sainte-Catherine. 
liibliotlièque  impériale,  manuscrils,  fonds  français, 
n°  9269-1!  (ancien  fonds  des  Petits  l'ères,  n"  lyj. 

J.  Casaubon.  Epistol'C,  t.  I",  p.  i3o. 

Fonds  latin,  n"'  io3G'i  et  io3()5. 


21 . 


ICâ  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS, 

in-folio,  reliés  en  maroquin  rouge,  aux  ai  mes  de  Louis  Xlil  ; 


il  n  poui'  titre  : 

GATALOGUS 

HIBLIOTHECAE 

REGIS  GHRISTIANISS. 
DESCRIPTUS  ANÎNO  CIL)  IDC  XXII. 

On  lit  au-dessous  : 

Pars  I.      Gonliiiet  iibros  manuscriptos  Hebraïcos,  Graecos,  Arabicos  t'I  vcliistiofes  Laliuos. 

I'ars  II.     Continet  ii])ros  manuscriplos  Lalinos  iccontiores. 

Pars  III.    Continet  Iibros  manuscriptos  Gallicos,  Ital.  Hisp. 

Pars  IllI.  Conlinet  libres  impressos  lypis  antiquis  lîcbraïcos,  Giaecos,  Lalinos. 

I^ARs  V.     Conlinet  Iibros  impressos  lypis  antiquis  Gallicos,  Ital. 

Le  catalogue  des  livres  d'impression  moderne  forme  trois  autres  xoliiiiies  in- 
folio  ,  intitulés  : 

CATALOGLlS 

LIBRORUM 

TYPIS  IMPRESSORUM 
B1RL10TI1EC.\E  REGIAE. 

Ils  sont  conservés  également  à  la  Bibliothèque  impériale,  mais  parmi  les  im- 
primés. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  ROI.  165 

En  tète  de  chacun  de  ces  cinq  volumes  se  trouve  l'inscription  suivante,  qui  est 
imprimée  sur  une  feuille  double,  et  collée  sur  onglet  : 


LVDOVICVS-REXCHRISTIANISS. 
PIVS- FELIX -SEMPER-AVG. 
INTER •  GRAVES •  BELLI •  CI VILIS  C VRAS 
SCRIPTORVM-VETERVM-BIBLIOTECAM 
AB -LVDOVICO  •  Xïl  •  FRANCISCO  •  i 

HENRICO-II-CAROLOIX 
HENRICO  •  MAGNO  •  CONGESTAM 
INSTAVRAVIT 
ATQ- AD  •  VSVS  •  P  VBLICOS 
SEDE-  COMMOUISSIMA  •  CONLOCATAM 
CODICIB-EXQVISITISSIMIS-COMPLVRIB 
AMPLIFICARI 
REGIA-  MVNIFICENTI A  •  I VSSIT 


On  se  tromperait  étrangement  si,  aux  termes  de  cette  inscription,  on  croyait 
(jue  la  bibliothèque  du  Roi  fut  publique  dès  1622.  Le  projet  de  publicité  existait 
sans  doute  déjà,  mais  il  ne  reçut  son  exécution  que  beaucoup  plus  tard.  Vingt 
ans  api'ès,  dans  une  lettre  datée  de  Paris,  22  août  i6/i3,  H.  Grotius  s'engageait 
encore  à  employer  tout  son  crédit  pour  faire  pénétrer  Isaac  Vossius  dans  cette 
bibliothèque  ^'^ 

Mais  ce  fut,  croyons-nous,  vers  cette  époque  que  l'on  commença  à  marquer 
d'une  estampille  les  livres  de  la  bibliothèque.  Le  premier  modèle  enq)loyé  laisse, 
au  reste,  foi't  à  désirer  sous  le  rapport  de  l'exécution  : 


on 


(|ui,  probablement,  lui  succéda. 


Pnestantium  ac  eiudilorum  virorum  epistoice,  epist.  dlxxxviii  ,  p.  826. 


IGG 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  Dl^  PARIS. 


II. 

De  nouveaux  mouvements  eurent  lieu  clans  le  personnel  durant  les  premières 
années  du  règne  de  Louis  XIV.  Bignon  obtint,  en  i  G5 1 ,  la  survivance  de  sa  charge 
en  faveur  de  son  fds,  nommé  Jérôme  comme  lui.  En  i6/i5,  Rigault  avait  traité 
de  la  sienne  avec  les  frères  Dupuy;  mais,  Pierre  Dupuy  étant  mort  au  mois  de 
décembre  i65i,  son  frère  Jacques  resta  seul  en  possession  de  la  place  cju'ils  oc- 
cupaient ensemble,  aux  appointements  de  quatre  cents  livres  par  an  Lui-même 
mourut  le  17  novembre  i656,  et  légua  au  roi  la  riche  bibliothèque  qu'il  avait 
rassemblée,  et  qui  se  composait  de  neuf  mille  volumes  imprimés  et  d'environ 
trois  cents  manuscrits  il  suppliait  en  même  temps  Louis  XIV  de  vouloir  bien 
donner  une  cliarge  militaire  à  son  neveu,  seul  héritier  du  nom  de  Dupuy.  Le  roi, 
par  lettres  patentes  enregistrées  au  Parlement  le  7  avril  i6h^'^^\  accepta  ce  legs'*'. 
MM.  Talon,  Fouquet  et  Bignon  se  rendirent  au  domicile  de  Dupuy  et  chargèrent 


L.  Jacob,  Traiclé  des  plus  belles  bibliothèques 
publiques  et  parltculières ,  p.  Aya. 

Nouvelle  biographie  générale,  t.  XV,  p.  877. 
—  Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque  du 
Iloi,  p.  167.  — Jourdain,  Mémoire  histori'iue  sur  la 
bibliothèque  du  Boy,  p.  \.\iv,  dit  deux  cents  manus- 
crits seulement,  et  Petit-Radel,  Essai  sur  les  bi- 
bliothèques anciennes  et  modernes,  p.  2A5,  donne  le 
chiffre  de  deux  cent  vingt-trois. 

aVeu  par  la  cour  les  lettres  patentes  du  roy 
''données  à  Paris  le  20  mars  dernier,  par  lesquelles 
ff  ledit  seigneur,  après  avoir  fait  voir  en  son  conseil 
"le  testament  de  feu  son  amé  et  féal  conseiller  en 
'fses  conseils  Jacques  du  Puy,  vivant  garde  de  la 
rt  bibliothèque  dudit  seigneur  roy,  attaché  soubs 
rfle  contre  scel  desdites  lettres,  auroit  agréé  et  con- 
rrlirmé  ledit  testament,  et  accepté  le  legs  fait  à  son 
"prolit  par  iceluy;  et  en  conséquence,  conforme- 
'rment  aux  clauses  et  conditions  y  contenues,  veult 
'■et  luy  plaist  que  la  bibliothèque,  ensemble  les 
rf manuscrits  et  autres  livres,  cartes  et  tableaux  à 
rrluy  léguez  par  ledit  feu  sieur  du  Puy,  soient  et 
cf  demeurent  unis  inséparablement  à  sa  bibliothèque 
'rpour  n'en  composer  à  l  advenir  qu'une  seule,  qui 
ff  demeurera  soubs  la  garde  de  son  amé  et  féal  con- 
rrseiller  en  ses  conseils,  le  sieur  Colbert,  prieur  de 
ffla  maison  de  Sorbonne,  auquel  et  à  ses  succes- 
'fseurs  en  ladite  charge  il  deffend  le  transport 
rr  desdits  livres  hors  du  lieu  destiné  pour  leur  con- 
r-servation,  enjoinct  à  ses  améset  féaux  conseillers, 
ffses  advocats  et  procureur  gênerai,  et  maislre  de 


ffsa  bibliothèque,  et  à  leurs  successeurs,  delà  visiter 
rrdeux  fois  l'année,  et  de  tenir  la  main  à  la  con- 
rrservation  d  icelle,  conformément  à  l'intention  du- 
ffdit  sieur  du  Puy.  Ladite  cour  a  ordonné  et  or- 
rr donne  que  lesdites  lettres  seront  registrées  au 
rr  greffe  d'icelle  pour  être  exécutées  selon  leur  forme 
ff  et  teneur,  n 

Les  catalogues  de  cette  cullection  sont  très- 
nombreux;  nous  citerons  seulement  :  Inventaire  des 
titres  et  chartes  de  M.  Dupuy,  2  vol.  iti-folio,  Biblio- 
thèque impériale,  uianuscrits,  fonds  français, 
n"  i3ooi  et  1 3oo5  ;  —  Catalogue  des  manuscrits  de 
la  bibliothèque  de  du  Puy,  2  vol.  in-folio.  Bibliothè- 
que impériale  ,  manuscrits,  fonds  français,  ti"  2/1/182 
et  2/i/i83  (ancien  fonds  des  Missions ,  n"  2o5);  — 
Inventaire  général  des  volumes  manuscrits  de  M.  du 
Puy,  2  vol.  in-folio,  Bibliothè(jue  impériale,  ma- 
nuscrits, fonds  français,  n"  23/126  et  28/127  (an- 
cien fonds  de  Mortemart,  n°'  69'  et  Sg");  —  Inven- 
taire des  manuscrits  faisant  partie  de  la  collection 
rassemblée  par  Pierre  du  Puy,  2  vol.  in-folio,  biblio- 
thèque Mazarine ,  manuscrits .  n°  1 8 1 1  E.-F  ;  —  Ca- 
talogue des  manuscrits  de  M.  du  Puy,  3  vol.  in-foli.i, 
Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  fi'ançais, 
22677  à  22679  (ancien  fonds  de  la  Sorbonne, 
11°'  1 1 26  à  1 1 28)  ;  —  Table  alphabétique  des  manus- 
crits de  MM.  du  Puy,  1  vol.  in-folio.  Bibliothèque 
impériale,  manuscrits  (ancien  fonds  des  catalogues, 
n°  220).  Dans  tous  ces  inventaires  figure  le  précieux 
recueil  de  pièces  historiques  dont  nous  parlerons 
plus  loin. 


I5IBLI0TIIÈQUE  DU  UOI.  167 

iiii  siil)sliliil  du  procureur  nriKM'al  de  faire  riuvcutaii'c  de  la  l)il)li()lli(k|ue ,  opéra- 
lion  rendue  lacile  par  l'exisleiice  d'un  catalogue  que  Jacques  avait  drcssi'  lui- 
inèine.  Ce  travail  ne  lut  ce|)endant  achevé  que  le  i"'  octobre,  et  les  livres  furent 
alors  délivrés  à  Nicolas  Colbert,  ([ui  avait  remplacé  l)uj)uy  couinie  garde  de  la 
bibli()t!iè(|ue  du  Roi.  Les  volumes  provenant  de  cette  collection  sont  faciles  à  recon- 
naître; ils  portent  en  général  sur  les  plats  les  armes  de  leur  premier  maître, 


et  sur  le  dos.  entre  chaque  nerf  de  la  l'eliure,  figurent  deux  A  entrelacés  : 


En  outre,  la  signature  de  Dupuy  se  trouve  très-fréquemment  sur  la  première 
page  des  manuscrits'". 


'  Feu  d  ërudits  ont  laissé  un  nom  plus  univei- 
sellenienteslinié  que  lesdeux  frères  Dupuy.  fqunrum 
trcerte  iiomen  vera  laus  est,"  dit  Huet.  Leur  père. 
Claude  Dupuy,  jurisconsulte  distingué,  élève  de 
Tiirnèhe  et  de  Cujas,  était  parent  de  l'illustre  de 
Thon.  Comme  lui  hildiopliile .  il  avait  réuni  un 


certain  nombre  de  manuscrits  anciens  qu'il  légua  à 
ses  deux  fils ,  Pierre  et  Jacques. 

Ceux-ci  eurent  presque  en  tout  des  destinées 
communes.  Tous  deux  donnèrent  leurs  soins  à  l'ad- 
mirable collection  du  président  de  Thoii  ;  Ions  deux 
furent  gardes  de  la  bibliothèque  du  Roi:  tous  deux 


168  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Le  grand  Golbert,  en  faisant  donner  la  place  de  garde  à  son  frère,  entendait 
avoir  bientôt  un  pouvoir  absolu  à  la  bibliothèque  du  Roi ,  et  son  infatigable  génie 
rêvait  déjà  pour  elle  des  destinées  que  le  temps  s'est  chargé  d'accomplir.  En  effet, 
Nicolas  Golbert  fut  nommé  évêque  de  Luçon  en  1661,  et  son  frère,  déjà  surin- 
tendant des  bâtiments  du  roi,  eut,  sans  titre  officiel,  la  direction  de  la  biblio- 
thèque, qui  ne  possédait  encore  que  16,766  volumes 

Sous  l'énergique  impulsion  donnée  par  Golbert,  elle  prit  un  rapide  accroisse- 
ment. Nous  allons  voir  les  dons  et  les  achats  se  succéder  sans  interruption. 

En  i663,  Hippolyte,  comte  de  Béthune,  chevalier  d'honneur  de  Marie-Thé- 
rèse, offrit  au  roi  la  riche  bibhothèque  que  son  père,  Philippe  de  Béthune,  frère 
du  fameux  duc  de  Sully,  avait  réunie  au  prix  des  plus  grands  sacrifices  pécu- 
jiiaires,  pendant  plusieurs  armées  de  missions  diplomatiques  dans  toute  l'Europe*-^'. 


eurent  poiu-  les  livres  une  véritable  passion,  et 
composèrent  le  plus  riche  recueil  de  pièces  histo- 
riques qui  ait  jamais  existé. 

Quand  de  Thou  sentit  la  mort  approcher,  il 
songea  à  assurer  l'avenir  de  la  riche  bibliothèque 
qu'il  avait  réunie  avec  tant  de  sollicitude.  Il  tenait 
à  ce  qu'elle  ne  fût  ni  vendue  ni  dispersée,  et  vou- 
lait qu'un  homme  instruit  et  sûr  se  chargeât  de  la 
surveiller  jusqu'au  jour  où  elle  pourrait  être  remise 
entre  les  mains  de  ses  enfants.  Personne  n'était 
plus  digne  et  plus  capable  de  remplir  cette  tâche 
que  Pierre  Dupuy  :  rr  [  Ejus  bibliolheca'] ,  dit  de  Thou 
tfdans  son  testament,  custodiam  Petro  Puteano,  co- 
rrgnato  ineo,  et  multis  nominibus  mihi  caro,  donec 
fflilii  adolescant,  committo...')  Ces  volontés  furent 
ponctuellement  observées;  Pierre  Dupuy  continua 
d'administrer  la  collection  du  pr-ésident,  tandis  que 
sou  frère  en  dressait  le  catalogue. 

Ils  formèrent  en  même  lemps  une  belle  biblio- 
thèque destinée  à  leur  propre  usage ,  et  pour  laquelle 
ils  dépensèrent  jusqu'à  vingt  mille  écus.  Ajoutons 
qu'ils  communiquaient  volontiers  les  richesses  bi- 
bliographiques qu'ils  avaient  ainsi  acquises ,  et  qu'ils 
étaient  liés  avec  tous  les  savants  de  leur  époque  ; 
ce  fut  Pierre  Dupuy  qui  mit  Naudé  en  relations  avec 
le  cardinal  Bagni.  Ils  ne  vinrent  habiter  la  biblio- 
thèque du  Roi  que  vers  i6/i5,  et  ils  y  installèrent 
alors  leurs  livres.  Tous  deux  tinrent  à  honneur  de 
|)erpétuer  les  savantes  conférences  dont  de  Thou 
avait  pris  l'initiative,  et  qui  avaient  lieu  tous  les 
jours  à  la  bibliothèque. 

Pierre  Dupuy,  en  mourant  (iZi  décembre  i65i), 
légua  une  partie  de  ses  manuscrits  au  (ils  du  pré- 
sident de  Thou.  Jacques  Dupuy  mourut  cinq  ans 
après,  le  17  novembre  i656. 


On  peut  consulter  sur  l'histoire  de  cette  biblio- 
thèque :  Huet,  Commentariius  de  rehus  ad  eiiin  perti- 
neiitibus,  lili.  I,  p.  C5;  —  Lestoile,  Journal  de 
Henri  IV,  \"  octobre  iSgi;  —  Scévole  de  Sainte- 
Marthe  ,  Gallorum  doctrhia  illustrium  qui  noslrn  me- 
moria  Jloruere  elogia,  lib.  IV,  p.  lao;  —  Leprince, 
Essai  historique  sur  la  bibliothèque  du  Pioi,  p.  i56; 

—  L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques , 
p.  558; —  Illustrissiini  viri  J.-A.  Thuaiii  testamen- 
tum,  à  la  suite  des  Commentarii  de  vita  sua,  p.  ici  ; 

—  Naudé,  Bibliographie  politique ,  traduct.  de  Ch. 
Challine,  p.  6;  —  Mich.  de  Marolles,  Mémoires, 
t.  Il,  p.  â  18;  —  Taisand,  Vies  des  Jurisconsultes , 
p.  788;  —  Vigneul-Marville,  Mélanges  d'histoire 
et  de  Ulléralure ,  t.  II,  p.  219;  —  Struvius,  Intro- 
ductio  ad  notitiam  rei  litterariœ,  p.  ^97  ;  —  Nie. 
Rigault,  Vita  Pétri  Putcani. 

Leprince ,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Ptoi ,  p.  /iG. 

Philippe  de  Béthune,  comte  de  Selles  et  de 
Charost,  remplit  sous  Henri  IV  et  sous  Louis  XIII 
de  nombreuses  missions  diplomatiques.  Envoyé 
successivement  en  Italie,  en  Savoie,  en  Ecosse  et 
en  Allemagne,  il  put  se  livrer  à  sa  passion  pour  les 
documents  historiques,  et  recueillit  toutes  les  lettres 
et  toutes  les  pièces  authentiques  qu'il  put  se  pro- 
curer. Il  y  ajouta,  dans  la  suite,  des  tableaux,  des 
statues,  des  antiquités  de  tous  les  genres;  et,  en 
i652  ,  Christine  de  Suède  offrit  cent  mille  écus  de 
la  collection  complète.  Loret  le  constate  en  ces  ter- 
mes dans  sa  Ga:,elle  du  1 0  mars  : 

L'iilusire  reine  de  Suéde, 

Qui,  comme  cLaciiri  sçait,  possède 

Un  esprit  haut  et  généreux, 

Des  belles-leltres  amoureux, 

Ayant  api-is,  des  fois  plus  d'une, 


BIBLIOTHÈQUE  DU  HOI. 


169 


La  collection,  dont  Christine  de  Suède  avait  oU'ert  cent  mille  écus,  renfermait 
alors  mille  neuf  cent  vinjjt- trois  manuscrits  modernes,  fcdes  tableaux  originaux, 
fret  crayons  aussy  des  plus  excellens  peintres  d'Italie  et  de  France,  antiens  et 
rr  modernes,  et  des  statues  et  bustes  de  marbre  et  de  bronze  antiques  n  Cette 
donation  fut  accept/'e  par  lettres  patentes  du  21  décembre  i663^''';  les  ouvrages 


Que  le  sieur  comte  de  Béthune 
Dans  son  cabinet  de  Paris 
Avoit  d'excellents  matiuscrits, 
Comme  aussi  pluzicurs  antiquailles, 
Sçavoir  :  quantité  de  médailles. 
Reliefs,  portraits,  crayons,  tableaux. 
Des  plus  rares  et  des  plus  beaux, 
A  fait  proposer  audit  comte 
Une  somme  d'or  qui  se  monte. 
Tant  en  justes  qu'en  quart-d'écus , 
Justement  à  cent  mille  écus. 
S'il  vouloit  vendre  sa  boutique 
A  cette  reine  magnifique. 

Hippolyte  de  Bélhune,  qui  avait  hérité  des  goûts 
de  son  père ,  refusa  cette  offre  et  travailla  à  aug- 
menter sa  précieuse  collection.  Il  ne  se  borna  pas 
à  rassembler  les  manuscrits  relatifs  à  la  politique 
et  à  l'histoire;  il  forma  une  bibliothèque  complète, 
où  étaient  richement  représentées  la  théologie,  la 
jurisprudence,  la  philosophie,  les  sciences  et  les 
belles-lettres.  Michel  de  Marolles,  qui  s'était  in- 
téressé à  la  formation  de  ce  cabinet,  s'exprime 
ainsi  dans  ses  mauvais  vers  sur  les  bibliothèques  de 
Paris  : 


Les  recueils  à  la  main  du  comte  de  Béthune 
Où  je  pourrois  encore  prendre  quelqu'interet , 
Pour  l'avoir  augmentée  en  manière  de  prêt, 
Dont  la  commodité  seconda  sa  fortuoe. 

On  peut  consulter  sur  l'histoire  de  cette  biblio- 
thèque :  Michel  de  Marolles,  Paris  ou  description 
succincte  et  néantmoins  assez,  ample  de  cette  grande 
ville; —  Loret,  La  Muze  historique ,  n"  du  lo  mars 
1 65  2  ;  —  J.-F.  Jugler,  Bibliotheca  historiœ  litlcrariœ 
selecta,  t.  I,  p.  216;  —  Leprince,  Essai  historique 
sur  la  bibliothèque  du  Roi,  p.  161;  — Moréri,  Grand 
dictionnaire  historique,  article  Béthune;  —  Mich. 
de  Marolles,  Mémoires,  t.  III,  p.  289; — Catalogue 
des  lettres  originales  contenues  dans  les  manuscrits  de 
Bélhune,  2  vol.  in-folio.  Bibliothèque  impériale, 
manuscrits  (ancien  fonds  des  catalogues). 

Lettres  patentes  du  21  décembre  i663.  Bi- 
bliothèque impériale ,  manuscrits,  fonds  des  5 00 
Colbert,  n°  54  ,  feuillets  822  et  828. 

rr  Louis,  par  la  grâce  de  Dieu  roy  de  France 
fret  de  Navarre,  à  tous  présens  et  à  venir,  salut. 


«La  mémoire  des  recommandables  services  qu'a 
ff rendus  à  la  France,  sous  les  règnes  des  roys 
Henry  3 ,  Henry  A  surnommé  le  Grand ,  et  Louis  1 3 
ff  nostre  très  honoré  seigneur  et  père,  le  feu  s'  comte 
ffde  Bélhune  de  Néelles  et  de  Charosts,  chevalier 
rrde  nos  Ordres,  gouverneur  de  la  persoime  de 
i-f  notre  très  cher  et  très  amé  oncle  le  duc  d'Orléans , 
«second  fils  du  roy  Henry  le  Grand,  premier  gen- 
fftilhomme  de  sa  chambre,  et  surintendant  de  sa 
rr  maison,  et  lieutenant  de  sa  compagnie  des  gens 
rr  d'armes,  lieutenant  du  roy  en  Bretagne,  chef  du 
rr  conseil  des  despesches  estrangères ,  et  plus  antien 
rrconseiller  d'Estat,  l'ayant  esté  56  ans;  lesquels 
rrservices  ont  signalé  son  zèle,  sa  prudence  et  sa 
rr  capacité,  tant  par  ses  diverses  andjassades  ordi- 
r  naires  et  extraordinaires  à  Bome ,  Venise  et  Savoye , 
rren  Alemagne,  Angleterre  et  Escosse,  et  autres 
rives  grands  emplois  dont  il  a  esté  honoré,  notam- 
rrment  celuy  qu'il  eut  dans  le  royaume,  d'une  si 
rr  particulière  confiance,  par  l'envoy  vers  la  reine 
rr  Marie  de  Médicis  nostre  grand  mère,  s' estant  re- 
rr tirée  de  Blois  à  Angoulesme  en  l'année  1619,  les- 
rrquels  l'ont  occupé  presque  toute  sa  vie,  ne  nous 
ffdoit  pas  moins  estre  agréable  que  ses  laborieux  et 
rr  utiles  seings,  que  marque  le  reciieil  de  très  grand 
rr  nombre  de  manuscrits  originaux  qu'il  a  laissez , 
r- montant  à  2000  volumes  et  plus,  et  que  nosire 
^-aiué  et  féal  chevalier  de  nos  ordres  et  chevalier 
"d'honneur  de  la  reine  nostre  très  chère  espouse  et 
rr  compagne ,  le  sieur  comte  de  Béthune  son  fils  aisné . 
rrnous  a  supplié  vouloir  accepter.  Gomme  c'est  une 
f  recherche  et  un  travail  de  70  années,  bien  avancé 
rrpar  le  père,  amplifié  et  achevé  par  le  fils,  et  que 
rrla  dignité  et  la  rareté  des  matières  dont  il  est 
rrremply  a  donné  subject  aux  princes  estrangers 
rrde  luy  en  faire  proposer  le  transport  hors  le 
rr  royaume,  avec  des  avantages  qu'un  autre  moins 
•rzelé  et  fidèle  que  luy  eust  peu  n'en  estre  pas  seu- 
"leinent  tenté,  mais  les  eust  volontiers  acceptez,  il 
^a  creu  aussy  qu'un  ouvrage  de  cette  nature  et  de 
rr  cette  importance  devoit  estre  conservé  en  son  en- 
rrtier,  et  que,  pour  empescher  qu'après  sa  mort  il 
rrne  fust  divisé  par  ses  héritiers  en  autant  de  por- 
rr  tiens  qu'il  y  aura  de  testes  au  partage  desdits 


n. 


2'2 


170  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

imprimés  furent  intercalés  avec  ceux  de  la  bibliothèque  du  Roi,  et  les  manuscrits 
formèrent  un  fonds  spécial ,  encore  désigné  il  y  a  quelques  années  sous  le  nom  de 
Fonds  de  Béth  itne.  La  plupart  des  volumes  qui  en  font  partie  sont  luxueusement  i-eliés 
en  niaroquin  l'ouge  et  portent  sur  les  plats  les  armes  de  la  famille  de  Bétbune, 


el  sur  le  dos  un  double  P  surmonté  d  une  couronne  de  comte  : 


A  la  même  époque,  on  acbetait,  par  les  soins  de  Colberl,  l'incomparable  re- 
cueil connu  sous  le  nom  de  Manuscrits  de  Brienne ;  son  histoire,  encore  assez  obs- 
cure, doit  ti'ouver  place  ici.  Il  semble  ressortir  des  opinions  souvent  contradic- 
toires qui  ont  été  émises  à  cet  égard,  que  quatre  personnes  ont  concouru  à  la 

"biens, ces  manuscrits  devoyent  estre  unys  el  incor-      "grâce  iGC3,  et  de  nostre  règne  le 9 1.  Signé  Louis, 
rrporez  aux  autres  pièces  rares  de  nostre  Courone. . .       fret  sur  le  reply  par  le  Roy  :  de  Guénegaud,  et  scelle's 
ff  Uonud  à  Paris ,  au  mois  de  décembre,  Tau  de       rrsur  Incqs  de  soye  du  grand  sceau  de  cire  verte. s 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  171 
ci-éalioii  de  ce  recueil.  Nicolas  Lefèvre,  précepteui-  de  Louis  XIII,  avait  rassemble 
plusieurs  manuscrits  cm-ieux,  qu'il  lé<]ua  au  président  de  Tliou  Celui-ci  les 
|)rêta  à  Pierre  Dupuy,  et  les  lui  abandonna  quand  il  mourut'-'.  D'un  autre  côté, 
Pierre  Pitliou  avait  commencé  un  recueil  de  traités  et  de  pièces  rares  relatifs  à  notre 
histoire (3'.  Ce  travail  fui,  après  lui,  transmis  à  Dupuy,  qui  le  continua.  Enfin 
plusieurs  manuscrits  peu  connus,  appartenant  à  Peiresc,  augmentèrent  encoie 
cette  collection  qu'Antoine  de  Loménie  allait  rendre  sans  rivale.  Ce  ministre 
avait  réuni  un  nombre  immense  de  documents  originaux  rares  ou  uniques;  il  les 
confia  à  Dupuy,  afin  qu'il  les  nn't  en  ordre.  Celui-ci  en  fit  faire  sous  ses  yeux  une 
copie  par  un  sieur  Vallier;  M.  de  Loménie  s'en  contenta  et  laissa  les  originaux  à 
Dupuy*''.  Ces  deux  recueils  eurent  cliacun  une  fortune  dilTérente.  Pierre  Dupuy, 
en  mourant,  légua  tous  ses  manuscrits  au  président  de  Thou(°';  les  originaux  des 
pièces  historiques  en  faisaient  partie.  Ils  furent  donc  achetés  en  1G80  par  M.  de 
Ménars,  avec  la  bibliothèque  de  de  Thou'^'.  Ils  passèrent  de  là  entre  les  mains  du 
procureur  général  Joly  de  Fleuryt''^  qui,  en  176^,  les  céda  au  roi,  avec  les  ma- 
nuscrits que  hii-meme  avait  rassemblés  (^'.  Quant  à  la  copie  faite  sous  les  yeux  de 
Dupuy,  elle  fut  reliée  par  Le  Gascon  en  trois  cent  cinquante-huit  volumes,  et 
Antoine  de  Loménie  la  donna  à  Henri  Auguste,  son  fils,  qui,  dès  161  5,  avait  la 
survivance  de  la  charge  de  secrétaire  d'État.  Richelieu  lui  acheta,  moyennant  qua- 
rante mille  livres''"',  tous  ces  manuscrhs  pour  le  roi;  ils  entrèrent  ensuite,  on  ne 
sait  comment,  dans  la  bibliothèque  de  Mazarin.  Après  l'arrêt  de  vente  de  cette 
bibliothèque,  le  29  décembre  1 65  1'"',  le  roi  écrivit  au  procureur  général  Fouquet 
pour  ordonner  que  ces  manuscrits  fussent  déposés  chez  le  comte  de  Brienne,  à 
qui  il  les  confiait.  Le  procureur  général  les  garda  en  dépôt  et  en  fit  faire  l'inven- 
taire par  Denis  Godefroy.  Mazarin,  revenu  au  pouvoir,  les  reprit  à  Fouquet;  et, 
quand  le  cardinal  fut  mort,  Colbert,  nous  venons  de  le  voir,  les  restitua  à  la 
bibliothèque  du  Roi. 

Cet  établissement  s'enrichit  encore,  en  1  G6-j  ,  de  la  collection  de  Raphaël  Trichet 
du  Fresne''-',  qui,  successivement  bibliothécaire  de  Gaston  d'Orléans  et  de  Cliris- 


''  Scëvole  de  Sainte-Marthe,  Galloruin  doclrina 
illustriuni  qui  iioslra  motitoria  floniere  elogia,  lib.  V, 
p. i6i . 

Leprince,  Essai  liislorigue  sur  la  hibliollwquc 
du  Roi,  p.  i5g. 

J.  Boivin ,  Vila  Pétri  Puleaiii ,  p.  9  2 .  —  Dissert, 
historique  touchant  la  bibliotli.  de  P.  Pitliou,  p.  76. 

^'  Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliolhèi/ue 
du  Roi,  p.  1  Go. 

Dissertation  historique  touchant  la  bibliothèque 
de  P.  Pithou,  p.  78. 

Micli.  de  Marolies,  Mémoires,  t.  II,  p.  aiq. 
—  \oyez  Catalogue  des  manuscrits  que  P.  Dupuy  a 


légués  au  président  de  Thou.  Bibliothèque  Mazarine. 
manuscrits,  n°  SaoS. 

Lemaire,  Paris  ancien  et  nouveau,  l.  III, 
|).  988.  —  Vigneul-Marviile,  Mélanges  d'histoire  et 
de  littérature ,  1. 1,  p.  97. 

W  Mich.  de  Marolies,  Mémoires,  t.  H,  p.  218. 
I^eprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  1 67. 

Nie.  Bigault,  Pétri  Putcani  cita,  p.  59. 

Voyez  plus  loin  notre  notice  sur  celte  biblio- 
thèque. 

J.-F.  Juglei',  Ribliotheca  historiée  litterariœ 
selecta,  p.  2  1  ^i. 


aa . 


172  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

tine  de  Suède  avait  parcouru  l'Europe  pour  réunir  des  livres  curieux.  Sa  biblio- 
thèque particulière  était  composée  d'environ  douze  cents  volumes,  qui  allaient 
être  vendus  par  sa  veuve    quand  Colbert  les  fit  acheter  pour  le  roi''^'. 

Colbert,  bibliophile  passionné,  se  formait  dans  le  même  temps  une  bibliothèque 
qui  bientôt  égala  presque  celle  du  roi.  Le  soin  en  était  confié  à  un  bibliographe 
très-instruit,  M.  de  Carcavi,  qui  avait  abandonné  une  charge  de  conseiller  au 
grand  conseil  pour  se  livrer  exclusivement  à  la  recherche  des  ouvrages  précieux. 
Colbert,  voulant  récompenser  son  zèle,  le  nomoia,  en  i663,  commis  à  la  biblio- 
thèque du  Roi.  Depuis  le  départ  de  Nicolas  Colbert,  le  service  avait  été  lait  par 
l'historien  Antoine  Varillas,  qui,  ami  des  deux  frères  Dupuy,  leur  avait  été  donné 
comme  adjoint 

Mais  des  modifications  plus  importantes  se  préparaient.  Les  nouvelles  acqui- 
sitions dont  la  bibliothèque  venait  de  s'enrichir  l'avaient  tellement  augmentée, 
que  le  local  de  la  rue  de  la  Harpe  ne  pouvait  plus  lui  suffire.  Colbert,  qui  tenait 
à  l'avoir  sans  cesse  sous  les  yeux,  la  fit,  en  i  666,  transporter  rue  Vivienne,  dans 
une  vaste  demeure  dont  il  était  propriétaire,  et  qui  se  trouvait  presque  contiguë 
à  son  propre  hôtel 


C'est  de  cette  même  année  1666  que  date  l'installation  à  la  bibliothèque  de 


D.  Huet,  CoDunenUirius  de  rehua  nd  cnm  per- 
linentibvs,  lib.  Il ,  p.  i  1 1. 

Le  catalogue  avait  même  déjà  été  publié  :  Cn- 
Inlogus  lihrorum  hihliolheae  Raphaelis  Tricheti  dit 
Fresne,  Parisius,  apud  viduam  et  hœredes,  ruë  du 
Mail,  1669,  in-h'.  En  tête  est  un  joli  portrait  de 
Tricliel. 

'  J.-F.  Jugler,  Bibliolheca  histonœ  liUeraviœ 
■selecla,  t.  I,  p.  21/1. 

Congédié  en  i()63,  Varillas,  qui  avait  tou- 


jours eu  un  logement  à  la  bibliothèque,  ne  voulut 
pas  s'en  éloigner;  il  se  retira  dans  la  communauté 
de  Saint-Gôme,  avec  une  pension  de  1,200  livres 
que  le  roi  lui  accorda. 

Voyez  G.  Brice,  Nonvelle  dcscviplioii  de  Paris , 
t.  I,  p.  .3iù;  —  Félibien,  Histoire  de  la  ville  de 
Paris,  t.  11,.  p.  lAcjS; —  \)\.\d\ef>tte ,  Becherches  sur 
une  ancienne  galerie  du  palais  M azarin,  e^c.  p.  3;  — 
et  le  plan  de  Lacaille  dont  nous  donnons  un  frag- 
ment en  fac-similc. 


RIRLIOTIIKQUE  DU  ROI.  173 

deux  spécialités  qui  y  forment  aujourd'liui  des  départements  importants,  celui  des 
médailles  et  celui  des  estampes.  Rappelons  en  quelques  mots  leur  origine. 

François  I"  est  le  premier  de  nos  rois  qui  ait  eu  l'idée  de  réunir  des  médailles; 
il  en  fit  déposer  près  de  deux  cents  au  garde-meubles,  oii  elles  étaient  conservées, 
dit  le  P.  Dumolinet,  dans  un  coffret  de  vermeil  refait  en  manière  de  livre ^'V^ 
d'autres  étaient  enchâssées  dans  des  coupes,  dans  des  salières,  dans  des  aiguières, 
dans  des  plats  d'argent  ciselé.  Henri  II  ajouta  à  ce  premier  fonds  une  assez  belle 
collection  provenant  des  grands-ducs  de  Toscane,  et  que  Gatlierinc  de  Médicis, 
sa  femme,  avait  apportée  d'Italie.  On  réunit  cette  collection  à  celle  de  François  l*^"", 
et  toutes  deux  furent  placées  à  la  bibliothèque  du  Roi,  alors  au  château  de  Fon- 
tainebleau. Charles  IX  enrichit  ce  cabinet  par  l'achat  de  celui  qu'avait  formé  à  Lyon 
le  célèbre  bibliophile  Grolier'^';  en  même  temps  il  enleva  toutes  les  médailles  de 
Fontainebleau,  les  fit  transporter  au  Louvre  dans  un  local  spécial,  et  créa  une 
place  de  amaistre  des  cabinets,  médailles  et  antiquités  de  Sa  Majesté. -i  Antoine 
Rascas  de  Bagarris,  gentilhomme  provençal,  en  fut,  croit-on,  pourvu  d'abord . 
Henri  IV  lui  acheta  les  médailles  qu'il  avait  rassemblées,  et  l'autorisa  à  acquérir  tout 
ce  qui  lui  serait  présenté  dans  ce  genre.  Bagarris  a  raconté  lui-même  les  entretiens 
pleins  d'intérêt  qu'il  eut  à  ce  sujet  avec  le  roi^'*'.  Il  fut  moins  heureux  auprès  de 
l'indolent  Louis  XIII  et  se  retira.  Sa  place  resta  vacante  pendant  trente-trois  ans, 
et  fut  donnée,  vers  16/1/1,  à  un  conseiller  d'état  nommé  Jean  de  Chaumont 

En  1657,  Gaston  d'Orléans  légua  au  roi  le  riche  cabinet  de  médailles  qu'il  pos- 
sédait à  Blois,  et  l'abbé  Bruneau,  son  bibliothécaire,  fut  nommé  intendant  du  ca- 
binet du  Louvre,  en  remplacement  de  Ghaumont.  Mais,  Bruneau  ayant  été,  deux 
ans  après,  assassiné  dans  le  Louvre  même  par  un  voleur,  on  craignit  pour  le  dépôt 
qui  lui  était  confié;  le  roi  réunit  alors,  sur  la  tête  de  Nicolas  Golbert,  la  charge 
d'intendant  des  médailles  à  celle  de  garde  de  la  bibliothèque,  et,  en  1  667,  la  col- 
lection fut  transportée  rue  Vivienne,  dans  les  bâtiments  de  la  bibliothèque'''',  où 
Garcavi  se  chargea  de  les  classer. 

Golbert,  pour  augmenter  ce  précieux  dépôt,  envoya  des  savants  à  l'étranger, 
avec  ordre  de  rechercher  des  monnaies  et  des  médailles.  M.  Vaillant  parcourut 


Voyez  le  Mercure  de  France,  n°  de  mai  1719, 
p.  iG. 

J.-\.  de  Tliou,  Historiarum  stii  leuiporis  lib. 
.xxxvni,  p.  106.  —  Une  histoire  manuscrite  dn 
Cabinet  des  médailles  du  Roy,  qui  appartient  à  la 
bibliothèque  Sainte-Geneviève,  cite  parmi  les  per- 
sonnes qui  avaient  alors  à  Paris  des  collections  de 
médailles  :  le  prince  de  Condé,  le  chancelier  de 
l'Hospital,  les  cardinaux  de  Bourbon,  de  Lorraine, 
de  Tournon,  d  Armagnac,  de  Ghàtillon,  de  Givry, 
les  ducs  de  Nevers ,  de  Lorraine ,  de  Montmorency, 


le  président  Brisson,  la  princesse  de  Gondé,  Diane 
de  Poitiers ,  etc.  elc. 

Marion-Dumersan,  Histoire  du  cabinet  des  mé- 
dailles, p.  ik'j. 

Voyez  Pl.  de  Bagarris,  Nécessité  de  l'usage 
des  médailles,  Paris ,  1611,  in-h". 

INiceron,  Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  des 
hommes  illustres,  etc.  I.  XL,  p.  iç)o. 

''''  Jourdain,  Mémoire  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roy,  p.  xMx.  —  E.-J.-B.  Bathery,  Notice  histo- 
rique sur  l'ancien  cabinet  du  Roi,  p.  G. 


17/1  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

l'Italie,  la  Grèce,  l'Egypte  et  la  Perse;  tout  l'Orient  fut  exploré  par  MM.  de  Mon- 
ceaux, Wansleben,  Petis  de  la  Croix,  Ant.  Galland,  de  Nointel  et  P.  Lucas.  On 
achetait  en  même  temps  les  collections  réunies  par  l'abbé  Séguin,  doyen  de  Sainl- 
Germain-l'Auxerrois;  par  MM.  Tardieu,  lieutenant  de  police;  Lauthier,  acquéreur 
de  celles  de  Peiresc,  de  Sère,  conseiller  d'Etat,  le  comte  de  Brienne,  Charron, 
auditeur  à  la  cour  des  comptes,  et  de  Trouenne,  intendant  du  duc  d'Epernon. 
Après  la  mort  de  Colbert,  Louvois  fit  transporter  (168/1)  le  cabinet  des  mé- 
dailles à  Versailles rf  près  de  l'appartement  de  Sa  Majesté,  qui  prenoit  plaisir  à  y 
cr  venir  presque  chaque  jour  au  sortir  de  la  messe  -n  Après  avoir  i-ecu,  dans  l'es- 
pace de  soixante  et  dix  ans,  des  accroissements  considérables,  ce  cabinet  fut,  en 
1761,  replacé  à  la  bibliothèque  du  Roi,  où  on  lui  avait  ménagé  un  grand  salon 
faisant  suite  à  la  galerie  qui  longe  la  rue  Richelieu 

Le  cabinet  des  estampes  n'a  pas  d'histoire;  un  legs  de  Gaston  d'Orléans  (1  667) 
en  composa  le  premier  fonds,  qui  s'augmenta  bientôt  de  l'admirable  collection 
rassemblée  par  Michel  de  MaroHes'*'  et  de  nombreuses  gravures  exécutées  par 
l'ordre  de  Louis  XIV  11  s'enrichit  ensuite  successivement  par  des  achats,  et  des 
donations  émanant  de  MM.  de  Gaignères,  Clément,  de  Beringliem,  maréchal 
d'Uxelles,  Fevret  de  Fontette,  Bégon,  comte  de  Caylus,  etc.  C^'' 

Revenons  maintenant  à  Colbert  et  aux  trésors  qu'il  continuait  d'accumuler  rue 
Vivienne. 

Dans  le  Luxembourg,  alors  palais  d'Orléans,  Gaston,  frère  de  Louis  XIII,  avait 
l'éuni  une  bibliothèque  dont  les  contemporains  se  sont  plu  à  célébrer  les  mer- 
veilles. Elle  était  installée  dans  le  grand  pavillon  de  droite à  l'extrémité  de  la 
longue  galerie  où  Rubens  avait  peint  la  vie  de  Marie  de  Médicis.  Les  boiseries, 
d'une  extrême  délicatesse  de  travail,  étaient  ornées  de  riches  peintures,  et  cliaque 
tablette,  bordée  de  crépines  d'or,  était  entièrement  garnie  de  velours Enfin  les 
volumes,  reliés  presque  tous  par  Le  Gascon'"',  étaient  couverts,  d'une  manière 

Maichelius,  Introductio  ad  Jitstoriam  Utero-  G. Duplessis,  Le  cabinet  du  Roi,  collection  d'es- 

riam  de  prœcipuis  bibliothecis ,  p.  /i8. —  G.  Brice,  d'estampes  commandées  par  Louis  XIV,  dans  le  Bi- 

Nouvelle  description  de  Paris,  t.  I,  p.  3^g.  bliophile français,  numéro  du  i"  juin  1860,  t.  III, 

Leprince,  Essai  liistorique  sur  la  bibliothèque  p.  87. 

du  Roi,  p.  975.  J.  Duchesne,  Description  des  estampes  ex- 

Mavxon  \)vLmeT?,an ,  Histoire  du  cabinet  des  inc-  posées  dans  une  galerie  du  palais  Mazarin,  etc. 

dailles,  p.  i58.  avertissement,  p.  vi.  viii  et  i\.  —  G.  Duplessis, 

On  lit  dans  la  préface  du  catalogue  qu'il  pu-  Le  département  des  estampes  à  la  Bibliothèque  impé- 

biia  en  1666  :  rr .  .  .  de  toutes  lesquelles  choses,  rialc ,  passim. 

ff  j'ay  recueilly  cent  vingt  trois  mille  quatre  cents  Il  porte  encore  le  nom  de  Parillon  de  la  Bi- 

rrpièces  de  plus  de  six  mille  maistres,  en  quatre  bliothcquc  sur  le  plan  du  Luxembourg  publié  par 

"Cents  grands  volumes,  sans  parler  des  petits  qui  J.  Mariette. 

rfsont  au  nombre  de  plus  de  six  vingts,  ce  qui  ne  L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques, 

n-seroit  pas  indigne  d'une  bibliothèque  royale,  où  p.  ^77. 

rrrien  ne  se  doit  négliger.   (Voyez  encore  Michel  de  Ed.  Fournier.  Histoire  de  la  reliure  en  France, 

MaroUes,  Mémoires,  t.  I'',p.  i53,  198,  288,  289.)  p.  lAo. 


HIBLIOTIIÈQUE  DU  KOI.  175 

uniforme,  en  veau  fauve,  et  portaient,  tantôt  sur  le  dos,  tantôt  sur  les  plats,  le 
cliiflre  de  leur  maître,  un  double  G  surmonté  soit  d'une  couronne. 


soit  d'une  fleur  de  lis, 


3C 


Gaston  mourut  en  février  1660,  et  laissa  au  roi  par  testament  toute  sa  coUec- 
lion,  dont  les  manuscrits  étrangers,  au  nombre  de  cinquante  et  un,  faisaient  la 
principale  richesse 

L'infortuné  Fouquet  possédait  à  Saint-Mandé  trente  mille  volumes  précieux,  qui 
furent  mis  en  vente  après  sa  disgrâce.  Carcavi  dressa  aussitôt  un  inventaire  des 
livres  compris  dans  cette  collection,  et  qui  ne  se  trouvaient  pas  à  la  bibliothèque 
du  Roi;  celle-ci  acquit  ainsi  plus  de  onze  cents  volumes,  dont  la  plupart  étaient 
reliés  aux  armes  du  malheureux  ministre^-'. 

Christine  de  Suède  cherche  à  acquérir  la  bibliothèque  de  Gilbert  Gaulmin, 
doyen  des  maîtres  des  requêtes;  elle  recule  devant  le  prix  exorbitant,  rrimmane 


Gaston  ne  se  contentait  pas  de  réunir  des  vo- 
lumes ;  par  ses  ordres,  Trichet  du  Fresne  enlreprit 
plusieurs  voyages  d"où  il  rapporta  des  médailles  an- 
tiques, des  objets  d'art  et  de  précieux  manuscrits, 
que  Bruneau,  médecin  et  bibliothécaire  du  prince, 
se  chargeait  d'examiner  et  de  classer.  Du  reste. 
Gaston  possédait ,  à  ce  qu  il  paraît ,  une  connaissance 
approfondie  des  médailles  :  rr  Je  puis  dire  sans  flat- 
frteric ,  écrit  naïvement  le  P.  Jacob ,  que  ni  Alexandre 
(r Sévère,  empereur  romain,  ni  Atlicus,  grand  ami 
ffde  Cicéron,  ni  le  docte  Varronn  ne  l'ont  dépassé 
en  celte  science.  Mais  le  duc  d'Orléans  apportait 
dans  son  amour  pour  les  livres  la  même  bassesse 
de  sentiments  cpii  l  a  déshonoré  en  politique  :  on 
verra  plus  loin  avec  quelle  mesquine  jalousie  il  s'ef- 
força, pendant  la  Fronde,  de  presser  la  vente  de 
la  bibliothèque  du  cardinal  Mazarin. 

Gaston  eut  pour  bibliollx'caire  le  malheureux 


])oëte  Lasserre,  celui  dont  Boileau  .s'est  tant  mo- 
qué; puis  l'abbé  Bruneau,  savant  numismate, 
qui  devint  intendant  du  cabinet  des  médailles  au 
Louvre,  et  y  fut  assassiné  en  1666. 

Parmi  les  ouvrages  légués  au  roi  par  Gaston  se 
trouvait  une  admirable  collection  de  planches  d'his- 
toire naturelle;  le  prince  les  avait  fait  peindre  en 
miniature  et  sur  vélin  par  Nicolas  Robert,  d'après 
les  plantes  de  son  jardin  botanique  et  les  animaux 
de  sa  ménagerie  à  Blois.  Golbert  ordonna  de  pour- 
suivre ce  travail;  il  fut  repris  par  Jean  Joubert, 
qui  eut  pour  continuateurs  Nicolas  Aubriet,  puis 
Madeleine  de  Basseporte.  Au  moment  de  la  Révo- 
lution ce  précieux  recueil  comprenait  près  de  six 
mille  planches,  qui  font  aujourd'hui  partie  de  la  bi- 
bliothèque du  Muséum. 

Sur  la  bibliothèque  de  Fouquet,  voyez  plus 
loin  la  notice  consacrée  au  collège  Louis-le-Grand. 


176  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

rrpretiiim^'',  n  qu'on  lui  en  demande.  Mais  Colbert  n'hésite  pas;  il  fait  donner  aux 
héritiers  de  Gaulmin  2,685  livres,  en  échange  desquelles  127  manuscrits  hé- 
braïques, 661  manuscrits  arabes,  persans  ou  turcs,  deux  manuscrits  grecs  et 
61  5  volumes  imprimés '"-Wiennent  enrichir  la  bibliothèque  du  Roi^^l  Celle-ci  ac- 
quiert encore,  dans  le  courant  de  la  même  année  1G67,  la  collection  particulière 
de  M.  de  Carcavi'*'. 

Colbert  était  un  des  exécuteurs  testamentaires  de  Mazarin.  Un  arrêt  du  1  2  jan- 
vier 1668  l'autorise  à  échanger,  contre  des  doubles  de  la  bibliothèque  du  Roi, 
les  précieux  manuscrits  provenant  de  la  succession  du  cardinal.  Il  s'empare  ainsi 
de  2,096  manuscrits,  qui  furent  payés  tant  bien  que  mal 

MM.  de  Monceaux  et  Laisné,  qui  voyageaient  alors  dans  le  Levant,  reçoivent 
de  Colbert  des  instructions  spéciales,  et  ils  envoient  à  Paris  non-seulement  des 
manuscrits,  mais  jusqu'à  des  peaux  de  maroquin  destinées  aux  reliures. 

Le  petit-fds  du  président  de  Thou  désirait  alors  vendre  l'incomparable  biblio- 
thèque de  son  grand-père Colbert  la  laissa  échapper,  et  M.  de  Ménars  finit 
par  l'emporter  sur  le  roi^''';  mais  une  lettre  adressée  à  ce  sujet  par  le  vendeur  à 


D.  Huet,  Commentarius  de  rehus  ad  eum  per- 
tineiitibus,  iib.  II,  p.  106. 

Jourdain,  Mémoire  historique  sur  la  biblio- 
thèque du  Boy,  p.  XXXI. 

J.-F.  Jugler,  Bihliotheca  historiœ  litterariœ 
selecta,  t.  I",  p.  2 15. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  52. 

Voyez  plus  loin  tous  les  détails  de  cette  opé- 
ration, dans  notre  notice  sur  la  bibliothèque  du 
collège  Mazarin. 

D.  Huet ,  Commentarius  de  rébus  ad  eum  per- 
tinenlibus,  lib.  VI,  p.  890  à  892. 

Jacques-Auguste  de  Thou,  le  célèbre  histo- 
rien ,  était  le  troisième  fils  de  Christophe  de  Thou , 
premier  président  au  parlement  de  Paris.  Destiné 
d'abord  à  l'état  ecclésiastique,  il  passa  ses  pre- 
mières années  dans  le  cloître  de  Notre-Dame,  au- 
près de  Nicolas  de  Thou ,  son  oncle ,  qui  était  cha- 
noine de  cette  église  et  conseiller  au  Parlement. 
Celui-ci,  nommé  bientôt  évêque  de  Chartres,  laissa 
le  canonicat  à  son  neveu,  qui  le  conserva  près  de 
quatorze  ans.  Ce  fut  là,  en  iSyS,  que  de  Thou, 
âgé  de  vingt  ans  à  peine ,  commença  à  rassembler 
cette  bibliothèque  qui  était  appelée  à  devenir  une 
des  plus  célèbres  du  xviT  siècle. 

Dès  le  principe,  il  ne  négligea  aucune  occasion 
pour  l'enrichir.  Le  savant  Pierre  Pithou ,  qui  avait 
lui-même  réuni  une  assez  considérable  collection  de 
livres,  exprima  le  vœu,  en  mourant,  que  sa  biblio- 


thèque fût  conservée  par  sa  famille  ou  livrée  en  en- 
tier à  une  seule  personne.  De  Thou  s'empressa  d'ac- 
quérir tous  les  manuscrits,  et  de  s'assurer  le  concours 
dévoué  de  François  et  de  Jacques  Pithou.  Nicolas 
Lefèvre,  le  savant  précepteur  de  Louis  XIII,  lui 
légua  ses  manuscrits,  et  nous  savons  par  Scévole 
de  Sainte-Marthe  et  par  L.  Jacob  qu'il  en  avait 
une  magnifique  collection. 

Pendant  ses  fonctions  de  maître  de  la  librairie, 
de  Thou  s'était  réservé,  dans  l'établissement,  un 
cabinet  de  travail  oii  se  réunissaient  presque  chaque 
jour  les  savants  les  plus  célèbres  de  l'époque ,  qui 
tous  s'honoraient  d'être  ses  amis  ;  et  c'est  certaine- 
ment en  souvenir  de  cette  douce  et  sérieuse  inti- 
mité qu'il  ordonna  par  testament  que  sa  biblio- 
thèque fût  toujours  tenue  à  la  disposition  de  ceux  qui 
pourraient  en  désirer  l'accès. 

De  Thou  a  dit  avec  vérité  qu'il  avait  formé  cette 
cr nobles  bibliothèque,  comme  l'appelle  Michel  de 
Marolles,  tr  magna  diligentia  ac  sumptu.5)  Ses  fré- 
quentes missions  auprès  des  souverains  étrangers, 
ses  fonctions  au  Parlement,  la  rédaction  même  de 
son  admirable  histoire,  ne  lui  firent  point  oublier 
un  instant  sa  passion  pour  les  livres.  Dès  qu'il 
était  informé  qu'il  s'imprimait  un  bon  ouvrage  en 
Allemagne  ou  en  Hollande,  il  y  envoyait  du  grand 
papier,  fabriqué  à  Paris  exprès  pour  lui;  les  vo- 
lumes lui  étaient  ensuite  expédiés  en  feuilles,  afin 
qu'il  pût  mettre  à  part  les  plus  belles,  et  com- 
poser ainsi  un  exemplaire  sans  défauts.  Les  reliures 


HIHLIOTHKQUE  DU  ROI.  177 
M.  de  Carcavi  nous  apprend  que  la  bibliothèque  du  [\ôÏ  reuleiinait  alors  l renie 

élaiont  egnleiiient  surveillées  avec  le  soin  le  plus  par  Le  Gascon  en  maroquin  rouge,  vei't  ou  cilron, 
niinulioiix;  suivant  Struvius,  il  y  consacra  plus  portaient  sur  le  dos  le  inonop-raniine  <le  leur  pos- 
(le  :> 0.000  ('eus.  Presque  tous  les  volumes,  couverts  sesseur. 


et  sur  les  plats  un  écusson,  (pii  fut  assez  souvent  sifion  oflVe  les  armes  du  président  île  Thon  accolées  à 
mndilié  dans  ses  (h'Iails,  et  dont  la  dei'nière  dispo-       celles  de  (iaspanle  de  la  Cliastre,  sa  seconde  femme  : 


Ismaël  Doulliau,  père  de  ruslronomi!  du  même 
nom  ,  puis  le  savant  Pierre  Dupuy, eurent  successi- 
vement la  garde  de  celte  bibliothèque,  (pii ,  au  com- 
mencement du  dix-septième  siècle,  renfermait  |)rès 
de  mille  manuscrits  précieux  et  plus  de  huit  mille 
volumes.  Elle  avait  déjà  une  telle  réputation  en 
iô<)8,  que  le  pape  Léon  XI,  qui,  avant  son  pon- 
lilicat.  était  venu  en  France  pour  régler  la  paix 
de  Vervins,  voulut  la  visiler,  et  avoua  qu'il  n'en 
existait  pas  une  pareille  en  Italie.  Cette  magni- 

II. 


iique  collection  était  alors  installée  dans  le  bel  liùlel 
de  la  famille  de  Tliou;  Gbristophe  favait  l'ait  coiis- 
ti'uire  vers  i  58o,  à  l'extrémité  de  la  rueSainl-.Vndri'- 
des-Arts,  près  de  l'église  de  ce  nom. 

Jusqu'à  sa  mort,  arrivée  le  7  mai  1  G 1 7.  de  Thon 
s'occupa  d'enrichir  sa  bibliothèque  et  d'augmenter 
une  assez  belle  collection  de  médailles  qu'il  avait 
récemment  commencée.  Il  n'a  pas  oublié,  en  écri- 
vant son  testament,  ces  deux  objets,  qui  avaient 
tenu  ime  si  grande  place  dans  sa  vie,  et  la  lecture 

23 


178  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

mille  volumes  :  rrJe  vous  envoie,  écrivait  M.  de  Thou,  l'extrait  du  catalogue  quil 


fie  ses  dernières  volontés  à  leur  égard  sulTirait 
pour  nous  prouver  tout  i'amour  qu'il  leur  portait  : 
il  confie  provisoirement  sa  bibliothèque  à  P.  Dupuy, 
qui  la  remettra  plus  lard  aux  lils  de  de  Thou,  l'in- 
lérêt  de  la  famille  comme  celui  des  lettres  exigeant 
qu'elle  ne  soit  ni  dispersée  ni  vendue  :  rrBiblio- 
frlhecam  nieani,  xl  amplius  annorum  spatio, 
fr  magna  diligentia  ac  sumplu  congestam,  quam 
ffintegram  conservari,  non  soluni  fauiiliœ  rnece,sed 
(fctiam  rei  lilterariœ  interest,  dividi,  vendi  ac  dis- 
i<-sipari  veto;  camque  communem,  cum  numisma- 
frtibus  antiquis  aureis,  argenteis  et  aereis,  inter 
fffdios,  qui  litteris  operam  manabunt,  facio,  ita 
cfut  etiam  exteris  aliisque  philologis  ad  usum  pu- 
rrblicum  pateat.  Ejus  cusiodiam  Petro  Puteano, 
ffcognato  meo,  et  niullis  nominibus  mihi  caro,  do- 
ffuec  fiiii  adolescant,  coniniitto,  qui  et  libros  manu- 
rrscriptos  iis  qui  opus  habebunl  utendos  darepote- 
rrrit,  modo  de  iilis  reslituendis  idonee  caveatur.  i 
Les  volontés  de  de  Thou  fiwent  ponctuellement  exé- 
cutées; sa  bibliothèque  passa  à  ses  descendants,  et 
P.  Dupuy  continua  à  en  avoir  la  direction ,  tandis 
que  son  frère  s'occupait  d'en  dresser  le  catalogue. 
Elle  fut  bientôt  célèbre  par  toute  l'Europe.  Peu  de 
temps  avant  la  mort  de  François-Auguste  de  Thou, 
fils  aîné  du  célèbre  premier  président ,  et  qui  fut  dé- 
c<ipité  à  Lyon  en  i6iâ  ,  son  beau-frère  M.  Picardet, 
procureur  général  au  parlement  de  Dijon,  avait 
laissé  une  certaine  quantité  de  bons  livres  qui,  par 
les  soins  de  Dupuy,  vinrent  encore  augmenter  la  bi- 
bliolhèque  de  la  rue  Saint-André-des-Arts.  Enfin 
P.  Dupuy  mourut  en  iG5i,  et  légua  tous  ses  ma- 
nuscrits à  la  riche  collection  qu'il  avait  tant  contri- 
bué à  former;  dans  le  nombre  se  trouvaient  toutes 
les  pièces  originales  du  célèbre  recueil  connu  sous 
le  nom  de  Becueil  de  Loméiiie. 

L'amour  des  livres  fut  longtemps  héréditaire  dans 
la  famille  de  Thou.  En  i6/ig,  quand  le  Parlcnunl, 
décidé  à  ne  plus  garder  aucune  mesure  contre  Ma- 
zarin,  ordonna  la  vente  de  ses  biens  et  de  sa  riche 
bibhothèque,  du  sein  même  de  la  cour  de  justice 
irritée,  une  voix  s'éleva  pour  défendre  cette  pré- 
cieuse collection;  de  Thou  rappela  qu'elle  rrestoit 
rrdesja  destinée  au  public,  que  par  conséquent  il 
ffcstoit  d'avis  de  la  conserver.  .  .  et  que  ce  seroit 
"un  dommage  irréparable  pour  les  lettres  de  la 
«dissiper  ou  diviser,  n  On  sait  que  ces  sages  paroles 
ne  parvinrent  à  calmer  que  momentanément  la  co- 
lère des  Frondeurs,  et  que  la  magnifique  collec- 


tion de  Mazarin  finit  par  être  vendue  aux  enchères. 

En  1670,  la  bibliothèque  de  de  Thou  fut  mise  en 
vente  par  l'abbé  de  Thou,  qui  n'avait  guère  trouvé 
que  des  dettes  dans  la  succession  de  son  père;  il 
avait  fallu  deux  ans  à  Ismaël  Boulliau  et  à  Joseph 
Quesnel  pour  dresser  le  catalogue  de  ce  précieux 
cabinet.  Le  président  de  Ménars  en  donna  trente 
mille  livres;  et  la  célèbre  Bibltolheca  Thuana,  qui 
renfermait  alors  mille  manuscrits ,  tous  rares ,  et 
plus  de  neuf  mille  volumes  imprimés,  quitta  le  vieil 
hôtel  de  Thou,  et,  sous  le  nom  de  Bibliotheca  Me- 
narsiana  que  lui  donne  Santeuil,  fut  installée  chez 
M.  de  Ménars,  dont  l'hôtel  touchait  à  celui  de  Col- 
bert.  Elle  n'y  retrouva  pas  l'aiïection  et  les  soins  que 
lui  avaient  si  longtemps  prodigués  le  vieux  président 
de  Thou  et  son  ami  P.  Dupuy.  Son  nouveau  pro- 
priétaire s'occupa  peu  de  l'augmenter,  et  en  1706 
il  la  vendit  pour  36,3oo  hvres  au  cardinal  de 
Rohan  Soubise,  évêque  de  Strasbourg. 

Celui-ci  possédait  déjà  un  commencement  de 
bibliothèque;  il  habitait  rue  du  Chaume  l'admi- 
rable hôtel  qui  porte  encore  son  nom,  et  la  collec- 
tion qu'il  venait  d'acquérir  fut  placée  dans  les  appar- 
tements du  rez-de-chaussée.  Le  cardinal  en  avait 
compris  toute  la  valeur  :  il  choisit  pour  bibliothé- 
caire l'abbé  d'Oliva ,  Italien  d'une  grande  érudition , 
qui  rendit  à  la  bibliothèque  de  de  Thou  une  partie 
de  l'éclat  dont  elle  avait  joui  sous  son  premier  maître  ; 
elle  devint  de  nouveau  un  centre  intellectuel,  où 
les  savants  de  toutes  les  nations  étaient  sûrs  de 
trouver  toujours  un  affectueux  accueil.  L'abbé  d'Oliva 
s'occupa  surtout  de  compléter  cette  l'iche  collection 
que  la  négligence  de  M.  de  Ménars  avait  rendue 
déjà  un  peu  arriérée;  il  mit  au  courant  les  ouvrages 
périodiques,  et  fit  venir  de  l'étranger  toutes  les 
productions  de  quelque  valeur  et  des  manuscrits 
très-précieux.  Trente-six  années  de  soins  augmen- 
tèrent à  tel  point  cette  bibliothèque,  qu'elle  finit 
par  renfermer  plus  de  quinze  mille  volumes  im- 
primés ,  dont  l'abbé  d'Oliva  dressa  le  catalogue  en 
vingt-cinq  volumes  in-folio.  La  collection  de  l'hôtel 
Soubise,  alors  ffla  mieux  choisie  qu'on  put  voir," 
passa ,  après  la  mort  du  cardinal ,  à  son  héritier,  le 
maréchal  prince  de  Soubise,  que  la  déroute  de  Ros- 
bach  a  rendu  si  tristement  célèbre.  Par  une  assez 
étrange  coïncidence,  ce  maréchal  choisit  pour  bi- 
bliothécaire C.-F.  Dupiiis,  le  savant  auteur  dcVOri- 
ffine  des  cultes. 

Après  la  faillite  Guéinenée,  les  descendants  de 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  179 

rrvoiis  a  plu  (le  me  commiinicpier,  o.l  suis  surpris  que,  dans  les  Ironie  mille  vo- 
cf lûmes  à  (pioi  monte  la  bibliothèque  de  Sa  Majesté,  il  (m  manque  encore  ce 
rr  nombre    . .  v 

Enfin,  l'année  suivante,  on  acheta,  moyennant  25,ooo  livres,  la  collection  tout 
entière  du  médecin  J.  Mentel,  savant  bibliophile,  rr admirablement  versé,  dil 
r- Michel  de  Marolles,  dans  la  connoissance  de  tous  les  beaux  livres,  aussi  bien 
rrque  dans  les  secrets  les  plus  importants  de  sa  professionnel  r»  Sa  bibliothè([ue 
avait  eu  pour  premier  fonds  une  partie  de  celle  de  J.  Passerat,  qui  était  mort  au 
commencement  du  siècle;  quelques  années  plus  tard,  il  avait  acquis  encore  une 
certaine  quantité  de  livres  provenant  du  cabinet  du  savant  professeur].  Grangier, 
et  en  i6/i3  il  se  trouvait  posséder  rr  quatre  à  cinq  mille  volumes  bien  reliés  et 
crbicn  conditionnés Sa  bibliothèque  s'au<)nienta  rapidement  à  partir  de  cette 
époque;  car  il  recherchait  avec  une  égale  ardeur  tout  ce  qui  concernait  la  théo- 
logie, la  jurisprudence,  la  philosophie,  l'histoire  et  les  belles-lettres;  Naudé,  son 


la  famille  de  Soubise  mirent  en  vente  cette  splendide 
bibliollièque,  qui  comprenait  au  moins  cinquante 
mille  volumes.  Les  enchères  durèrent  plus  de  quatre 
mois,  du  1 2  janvier  au  22  mai  1 789  ;  faites  sur  un 
mauvais  catalogue  rédige'  à  la  hâte  par  le  libraire 
Guillaume  Leclerc ,  elles  produisirent  seulement 
2()0,ooo  livres. 

On  peut  consulter  sur  l'histoire  de  celle  admi- 
rable collection  :  Niceron,  Mémoires  pour  servir  à 
l'histoire  des  hommes  illustres  de  la  république  des 
lettres,  t.  IX.  p.  3i'J,  et  t.  V,  p.  '19;  —  Grosley, 
Vie  de  Pierre  Pittion,  t.  Il,  p.  2  46;  —  Lomeir,  De 
bibliothecis  liber,  p.  807  ;  —  Scév.  de  Sainte-Marthe, 
Gallorum  doetrina  illuslrium  qui  noslra  memoria  jlo- 
ruere  elo<>ia,  lib.  111,  p.  82,  et  lib.  V,  p.  161;  — 
L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliotlicques ,  p.  56o  ; 

—  Michel  de  Marolles,  Mémoires,  t.  Il,  p.  219;  — 
Sauvai,  Histoire  de  Paris,  t.  111,  p.  62;  —  Piga- 
niol  de  la  Force,  Description  historique  de  Paris, 
t.  IV,  p.  339; — Vigneul-Marville ,  Mélanires  d'his- 
toire et  de  littérature,  t.  1",  p.  26;  —  G.  Naudé, 
Advis  pour  dresser  une  bibliothèque,  p.  189;  — 
Leniaire,  Paris  ancien  et  nouveau,  t.  111,  p.  288; 

—  Leprince.  Essai  historique  sur  la  bibliothèque  du 
Roi,  p.  56  et  354; —  llluslrissimi  viri  J.-A.  Thuani 
testameiitum,  ù  la  suite  des  Commentariorum  de  vita 
sua  libri  sex ,  p.  1  o4  ;  —  Dissertation  historique 
louchant  la  bibliothèque  de  Pierre  Pithou,  p.  71;  — 
.1  Imanach  royal,  année  1 709 ,  p.  2 1 9  ;  —  G.  Brice , 
ï\ouvelle  description  de  Paris,  t.  II,  p.  92;  —  Le- 
rouge,  Curiosités  de  Paris,  t.  I",  p.  292;  — 
Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers  voya- 


geurs à  Paris,  t.  1",  p.  584;  —  Journal  contenant 
ce  qui  s'est  fait  et  passé  en  la  Cour  de  Parlement  sur 
le  sujet  des  affaires  du  temps  présent,  p.  8i;  — 
J.-C.  Némeitz,  Le  séjour  de  Paris,  ou  instructions 
curieuses  pour  les  personnes  de  condition,  etc.  t.  1". 
p.  2 7 6  ;  — Nouvelle  bioffi-aphie générale,  article  Oliva ; 
— Ed.  Fournier,  L'art  de  la  reliure  en  France,  p.  1 1 5  ; 

—  Struvius ,  Introdiictio  ad  notiliam  rei  lilterarue , 
p.  98  ;  —  P.  Lacroix ,  Curiosités  de  l'histoire  des  arts, 
p.  179;  —  Journal  de  d'Ormesson,  t.  1",  p.  178. 

—  Journal  des  Savants,  année  167g,  p.  229;  — 
Santeuil,  Opéra  omnia,  1"  partie,  p.  i56;  — 
D.  Huet,  Commentarius  de  rébus  ad  eum  pertinen- 
tibus ,  lib.  VI,  p.  890; —  Bulletin  du  Bouquiniste , 
n"  du  10  octobre  4  868;  —  Mémoires  sur  quelques 
bibliothèques  de  Paris,  rassemblés  par  le  P.  Léonard 
de  Sainte  -  Catherine ,  Bibliollièque  impériale,  ma- 
nuscrits, fonds  français,  n°  22592  (ancien  fonds 
des  Petits-Pères,  n°  17);  — G.  Brunei,  Diction- 
naire de  bibliologie  catholique,  p.  588;  — P.  Paris, 
Les  manuscrits  françois  de  la  bibliothèque  du  Roi, 
t.  IV,  p.  189  et  suiv.  43i  et  suiv. —  A. -P.  Fau- 
gère,  Journal  d'un  voyage  à  Paris  en  iGô'j  et  16Ï18 , 
p.  86  et  493. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi ,  p.  56.  — Jourdain  ,  Mémoire  historique  sur 
la  bibliothèque  du  Roy ,  p.  xxxni. 

Michel  de  Marolles,  Mémoires,  t.  11,  p.  217. 

—  Voyez  aussi  sa  Description  succincte  et  nèantmoins 
assez  ample  de  Paris,  p.  4i  et  44. 

L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques, 
p.  534. 

23. 


180  LES  A?yCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

ami  intime,  lui  légua  plusieurs  ouvrages  ^'l  Quand  Mentel  mourut,  sa  bibliothèque 
l'enfermait  dix  mille  volumes et  plus  de  cent  manuscrits  excellents. 

Depuis  longtemj)s  la  bibliotlièque  du  Roi  recevait  chaque  année,  par  les  soins 
des  ambassadeurs  d'Angleterre,  de  Hollande,  d'Allemagne  et  d'Italie,  presque  tout 
ce  qui  s'imprimait  dans  ces  contrées.  En  1670,  M.  de  Verjus,  membre  de  l'Aca- 
démie française  et  ambassadeur  en  Portugal,  avait  envoyé  deux  cent  cinquante 
volumes,  tous  relatifs  à  l'histoire  de  la  Péninsule,  de  l'Asie,  de  l'Afrique  et  de 
l'Amérique'^'.  Le  président  Doat  a  l'ordre  de  parcourir  le  midi  de  la  France  et  de 
faille  copier  dans  les  archives  des  ditlérentes  villes,  dans  les  maisons  religieuses, 
les  archevécliés,  etc.  toutes  les  pièces  relatives  soit  à  la  politique,  soit  à  l'iiis- 
toire.  crNous  vous  commettons,  disaient  les  lettres  patentes,  ordonnons  et  dépu- 
re tons,  pour  vous  transporter  dans  tous  les  trésors  de  nos  chartes,  et  dans  toutes 
rrles  archives  des  villes  et  lieux,  archevêchés,  évêchés,  abbayes,  prieurés,  coni- 
rr  manderies  et  autres  communautés  ecclésiastiques  et  séculières.  ...  et  dans  les 
rr archives  des  archevêques,  évêques,  abbés,  prieurs,  commandeurs  C|ui  en  pour- 
rrroient  avoir  de  séparées  de  celles  de  leurs  chapitres,  vous  faire  représenter  et 
rr  délivrer  tous  les  titres  que  vous  jugerez  nécessaires  pour  la  conservation  des 
rr  droits  de  notre  couronne  et  pour  servir  à  l'histoire,  pour  en  faire  des  copies, 
rrque  vous  ferez  collationner  en  votre  présence  par  votre  grellier,  dont  vous 

rr  signerez  les  actes  Voulons  qu'à  cet  elîet  les  gardes  des  trésors  de  nos 

rr  chartes  et  des  archives  de  nos  provinces  de  Guyenne,  de  Languedoc  et  pays  de 
rrFoix,  et  tous  autres  qui  seront  chargés  desdits  titres  et  qui  les  auront  en  leur 
rr  pouvoir,  soieut  tenus  de  vous  les  représenter,  et  vous  délivrer  ceux  que  vous 
rr  aurez  choisis;  pour  être  les  copies  ainsi  par  vous  extraites,  envoyées  au  garde  de 
rr  notre  bibliothèque  royale '"l  n  Doat  part,  et,  dès  1667,  il  envoie  à  Colbert  qua- 
rante-trois ballots  de  copies  émanant  du  Béarn  et  du  Languedoc,  et  représentant 
])lus  de  trois  cents  volumes.  Alland,  président  à  l'élection  de  Grenoble,  reçoit 
une  mission  analogue  pour  le  Dauphiné,  tandis  que  Godefroy,  garde  des  archives 
de  Flandres,  est  chargé  d'opérer  dans  le  nord^^'.  Le  dominicain  Jean-Michel 
Wansleben  rapporte  d'Orient  six  cent  soixante  manuscrits  hébraïques,  syriaques, 
coptes,  arabes,  grecs,  turcs  et  persans '"^^  Petis  de  la  Croix  et  Antoine  Gallaud 
vont  recueillir  des  manuscrits  à  Constantinople,  et  y  traduisent  les  Confessions 


Leprince,  Essai  hislorique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  57. 

Chomel ,  Essai  hislorique  sur  la  médecine  en 
France,  p.  70  el  71.  —  Il  en  existe  1111  catalogue  à 
la  Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  latin, 
11°  9870. 

Jourdain,  Mémoire  hislorique  sur  la  biblio- 
ihèque  du  Iloy,  p.  xxxi\ . 

Leprïoce,  Essai  hi'.lorique,  p.  S!o5. 


Jourdain,  Mémoire  historique  sur  la  biblio- 
thèque du  Roy,  p.  XXXV.  —  Leprince,  Essai  histo- 
rique, p.  58  et  206. 

Le  Journal  de  son  voyage  a  été  imprimé  à 
Paris  en  1C77,  et  on  le  traduisit  presque  aussitôt 
en  anglais.  11  existe  manuscrit  à  la  bibliothèque  de 
Gotha  et  à  la  Bibliothèque  impériale  do  Paris,  l'onds 
dos  mamisci'it^  italiens.  n°  /4  35. 


BinLlOTlIKOUE  DU  ROI.  181 

(le  foi  tl(>s  E<>liscs  jjroc(jucs.  Le  vova'jeiii'  aiifrlais  Bruce  ollVe  an  roi  une  iiia<>iii- 
li(jiie  copie  du  livre  d'Enocii,  (ju'il  a  trouvé  eu  Abyssiuie.  (ïassiiii  lui  donne 
liuil  cents  volumes  de  uiatliéniatiques.  Le  couvent  des  Carmes  de  la  place  Mau- 
bert  possédait  une  belle  bibliolbèque ;  on  négocie  avec  les  religieux,  et,  nioyen- 
nanl  une  rente  perpétuelle  de  six  minots  de  sel,  ils  livrent  au  roi  dix-liuit  incu- 
nables et  soixante-sept  manuscrits  latins Un  peu  ])lus  tard,  Colbeii  enti'eprend 
de  s  emparer  de  tous  les  manuscrits  de  Tabbaye  de  Moissac  ;  il  y  envoie  l'abbé  de 
Foulbiac,  qui  travaille  le  chapitre  et  obtient  son  autorisation;  celle  de  l'abbé  com- 
mendalaire  de  Moissac,  M.  d'Estrades,  alors  ambassadeur  à  Venise,  fut  accordée 
plus  facilement  encore,  et,  au  mois  de  juin  1678,  la  collection,  composée  de 
cinq  cents  manuscrits,  entrait  à  la  bibliotbè([ue.  En  1680,  un  trésorier  de  France 
à  Montpellier,  nommé  Boudon,  envoie  à  Colbert  douze  tonnes  remplies  des  ma- 
nuscrits du  collège  de  Foix  ;  et,  l'année  suivante,  il  s'empare  de  la  collection 
appartenant  aux  chanoines  du  Puy  En  même  temps,  M.  de  Rignac,  conseiller 
à  la  cour  des  aides  de  Montpellier,  donne  au  roi  cent  quatre  manuscrits. 

Nicolas  Colbert,  qui,  passé  de  l'évêché  de  Luçon  à  celui  d'Auxerre,  avait  tou- 
jours conservé  le  titre  de  garde  de  la  bibliothèque,  mourut  en  1676;  il  fut  lem- 
placé  par  Louis  Colbert,  fils  du  ministre.  Enfin  la  bibliothèque  du  Roi  fit,  en 
iG83,  deux  perles  irréparables  :  le  grand  Colbert  mourut,  et  Carcavi  se  retira. 
Le  marquis  de  Louvois,  surintendant  des  bâtiments,  ])rit  la  direction  de  la  biblio- 
thèque, mais  il  la  consei'va  un  an  à  peine.  Il  se  fit  céder  la  charge  de  maître  de 
la  librairie  par  Bignon,  celle  de  garde  par  Louis  Colbert,  et  les  réunit  toutes  deux 
sur  la  tète  de  son  fils  Camille  Le  Tellier,  alors  âgé  de  neuf  ans  seulement.  Car- 
cavi avait  été  remplacé  ])ar  l'abbé  Gallois,  (|ui  céda  j)i'esque  aussitôt  ses  fonctions 
à  l'abbé  de  Varès'*';  celui-ci  mourut  l'année  suivante  et  eut  pour  successeur  Mel- 
chisédech  Théveimt,  qui  administra  l'établissement  pendant  la  minorité  du  jeune 
surintendant. 

Nous  avons  oublié  de  mentionner  un  fait  qui  eut  lieu  en  1G81,  ce  année,  dit 
cr  naïvement  Leprince,  qui  sera  à  jamais  rcinar(|uable  par  la  visite  dont  Louis  XIV 
rdaijjna  honorer  sa  bibliothèque.  Sa  Majesté  y  vint,  accompagnée  de  Monseigneui-, 
crde  Monsieur,  de  M.  le  Prince  et  des  plus  grands  seigneurs  de  la  Cour.  Après 
■••que  Colbert  eut  montré  tout  ce  qui  y  étoil  le  plus  capable  d'attirer  l'attention, 
f-le  Roi  fit  aussi  l'honneur  à  l'Académie  des  sciences  d'assister  à  une  de  ses  assem- 
cfblées  qu'elle  tenoit  encore  dans  la  bibliothèque  n 


'  Voyez  ci-dessus  notre  notice  sur  cette  bibiio- 
llièqiie. 

l'iganiol  de  la  Force.  Description  historique 
de  Paris,  t.  V,  p.  1 63. 

Jourdain,  Mémoire  liisloiirpie  sur  la  btllio- 

tlivq'IC  (lu  Iloij.  J).  WXVII. 


ffli'abbe'  de  Varez  a  été  mis  à  la  [ilace  de 
rrM.  (jallois,  pour  avoir  soiu  de  la  bibliothèque  du 
'rlioi;  cela  lui  donnera  un  logement  et  mille  écus  de 
rrreiile.  7)  [Journal  de  Dan/jeau,  iSaviil  i68/i.) 

l.epriuce.  Essai  Itistorique  sur  la  bibliothèque 
du  Iloi ,  p.  6-J. 


I8l>  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

Colbert,  dont  le  vaste  génie  embrassait  à  la  fois  tous  les  détails  de  la  lâclie 
immense  qii'd  s'était  imposée,  avait  accordé  à  la  question  des  reliures  une  atten- 
tion sérieuse,  et  une  immense  quantité  d'ouvrages  reçurent,  sous  son  adminislra- 
lion,  de  magnifiques  couvertures  de  maroquin  rouge.  Des  L  entrelacées  et  cou- 
l  onnées  sont  frappées  sur  le  dos  entre  chaque  nerf, 


ou  u  y  trouve  plus  d'ailleurs  aucun  emblème. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  BOl.  183 
Les  seuls  ornements  sont  les  armes  de  France.  Le  fac-similé  (|iie  nous  donnons  ici 


est  pris  sur  un  des  grands  volumes  d'eslampes  qui  furent  reliés  avec  les  ballots 
de  maroquin  rapportés  du  Levant  pour  la  bibliothèque.  A  partir  de  cette  époque, 
on  ne  trouve  guère  sur  les  reliures  que  les  armes  de  France,  accompagnées  d'un 
entourage  plus  ou  moins  élégant.  Quelques  modifications  successivement  ap- 
portées dans  la  forme  des  fleurs  de  lis  permettent  seules  de  distinguer  les  unes 


I8â  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS, 

dos  autres  les  reliures  exécutées  sous  Louis  XIV,  sous  le  Régent,  sous  Louis  XV 
et  sous  Louis  XVI.  Une  assez  grande  quantité  de  volumes  reliés  pendant  la  régence 
d'Anne  d'Autriche  portent  les  armes  de  cette  princesse  au  milieu  des  plats, 


qui  sont  en  outre  souvent  couverts  soit  d'un  semis  de  lleurs  de  lis,  soit  d' \ 
enlrolarés  : 


Antoine  Ruette  lut  relieur  de  la  bibliotiièque  depuis  la  fin  du  règne  de  Louis  XIII. 
Dans  un  registre  des  dépenses  de  Louis  XIV,  qui  est  conservé  aux  Archives  do 
l'Empire,  on  lit,  à  la  date  du  3  juillet  i65o,  que  le  roi,  rr voulant  gratifiei- et 
rr  lavorablement  traiter  Antoine  Ruette,  son  relieur  de  livres  ordinaire,  en  consi- 
rr  dération  des  bons  services  qu'il  lui  a  rendus  et  au  feu  roy  son  père,  lui  accoi-de 
ffson  logement  sa  vie  durant  dans  le  Collège  l'oyal.n  Ruette  eut  pour  successeui's 
Rernache  et  Nyon,  qui,  comme  la  plupart  des  relieurs  de  cette  éj)0(pie,  étaieiil 
('•tablis  aux  environs  de  l'église  Saint-Ililaire  Les  relieurs  du  roi  lurent  ensuile 
Dubois,  Padeloup,  (|ui  demeurait  place  de  la  Sorbonne,  et  Louis  Douceur.  En- 


Priulelles,  Les  (ulies,scs  de  la  rillr  de  Paris  [iCxjj) ,  p.  90. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  ROI.  185 

lin,  suivant  Lepi'ince,  à  la  fin  du  xyiii*^  siècle,  le  cr relieur  des  livres  de  la  biblio- 
rrlhèquen  était  crM.  Durand,  relieur  du  clergé  de  France,  rue  du  Mont-Saint- 
rrHilaire,  vis-à-vis  le  Puits-Certain'"',  n 

On  se  décida ,  vers  la  fin  du  règne  de  Louis  XIV,  à  modifier  l'estampille  que 
l'on  apposait  sur  le  premier  feuillet  de  cliaque  volume.  Le  nouveau  modèle,  beau- 
coup plus  petit  que  le  premier,  et  comme;  lui  toujours  imj)rimé  en  rouge, 


est  également  loin  d'être  irréprochable  au  point  de  vue  artistique.  Il  fut,  dans  la 
suite,  remplacé  par  un  timbre  aussi  laid,  mais  plus  simple. 


Les  doubles,  dont  la  bibliothèque  jugeait  à  propos  de  se  défaire,  recevaient, 
avant  de  quitter  l'établissement,  une  autre  estampille 


qui  garantissait  les  droits  de  l'acheteur. 

La  bibliothèque  continua,  sous  Louvois,  à  s'enrichir  de  nombreux  achats  faits 
au  dehors.  Pendant  que  Mabillon  adressait  d'Italie  plus  de  trois  mille  volumes  au 
roi'-',  M.  d'Avaux  en  envoyait  de  Hollande,  M.  d'Obeil  d'Angleterre,  M.  Pique- 
tière  de  Suède,  Gallandde  Turquie,  et  Besnier  faisait  parvenir  de  Constantinople 
deux  cents  manuscrits  provenant  de  la  «bibliothèque  du  Grand  Seigneur '^'. n  Un 
arrêt  du  3i  janvier  1689  confirmait  celui  de  François  ^^  et  forçait  les  libraires  à 
exécuter  les  prescriptions  relatives  au  dépôt  légal.  On  s'occupait  en  même  temps 
d'un  catalogue  dont  nous  parlerons  plus  loin,  et  une  note  écrite  de  la  main  même 
de  l'un  des  employés  nous  apprend  que  la  bibliothèque  possédait  alors  (1688) 
quarante-trois  mille  volumes  imprimés. 

Le  Tellier,  archevêque  de  Reims,  oncle  du  jeune  Louvois,  avait  provisoirement 

Lepviixce .  Essai  litstorùjue ,  avertis?,,     x\j.  Jourdain,  Mémoire  historique  sur  la  hihlin- 

D.  Tassin,  Histoire  littéraire  de  la  Congréga-       tlièque  du  Roy,  p.  xl. 
lion  de  Saint-Maur,  |).  aïo. 


18G  LES  ANCIEA?JES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABLS. 

]a  direclion  supérieure  de  la  bibliothèque;  mais,  depuis  Colbert,le  surintendant 
des  bâtiments  du  roi  y  prétendait  certains  droits.  Un  arrêt  du  conseil  les  annula. 
Le  2  1  aoijt  1691,  il  fut  décidé  que  l'abbé  de  Louvois  aurait  le  titre  de  cr  maître 
trde  la  librairie,  intendant  et  garde  du  cabinet  des  livres,  manuscrits,  médailles 
crct  raretés  antiques  et  modernes,  et  garde  de  la  bibliothèque  de  Sa  Majesté, 
rrsous  l'autorité  de  Sa  Majesté  seulement,  nonobstant  qu'il  soit  porté  par  ses  pro- 
rr visions  d'avril  168/1  qu'il  devoit  l'exercer  sous  l'autorité  et  direction  du  sur- 
rr intendant  des  bâtimens,  dont  Sa  Majesté  le  décharge  et  dispense,  lui  et  ses 

rr  successeurs  en  ladite  charge  Et  seront  les  dépenses  qu'il  conviendra  faire 

crpour  la  bibliothèque,  le  cabinet  des  manuscrits,  médailles,  raretés  et  autres, 
rr  concernant  les  fonctions  et  exercice  de  ladite  charge,  ordonnées  par  Sa  Majesté, 
cret  les  estats  et  ordonnances  signées  d'elle,  et  contresignées  par  le  secrétaire 
cr  d'Estat  et  des  conimandemens,  ayant  le  département  de  sa  maison  ^''.r) 

On  bâtissait  alors  la  place  Vendôme,  et  Louvois  avait  résolu  d'y  transférer  la 
bibliothèque  du  Roi.  Tout  un  côté  de  la  place  était  réservé  dans  ce  but,  et  des 
plans  avaient  même  été  dressés  et  approuvés puisque,  le  1  2  mars  1691,  Michel 
Germain  écrivait  à  son  ami  Magliabecbi  :  rcRien  n'égalera  la  magnificence  de  cet 
rr  édifice;  on  y  entrera  par  huit  degrés.  Vous  prendrez  sans  doute  part  à  cet  auguste 
cf  logement  des  Muses  qui  font  vos  uniques  délices  ii  La  mort  de  Louvois  fit 
abandonner  ce  projet Les  acquisitions  continuaient  d'ailleurs,  et  l'établissement 
commençait  à  se  trouvei'  fort  à  l'étroil  rue  Vivieniie;  on  lit,  dans  la  lettre  ([ue 
nous  venons  de  citer,  que  les  volumes  rrétoient  arrangés  sur  de  simples  tablettes 
crdans  vingt  ou  vingt-cinq  chambres,  ii 

Le  jeune  abbé  de  Louvois,  en  entrant  en  fonctions,  ])rit  l'initiative  d'un  projel 
qui  malheureusement  éclioua;  il  voulut  rendre  publique  la  bibliothèque  du 
Roi.  ]Nous  avons  vu  (qu'aucun  essai  n'avait  été  fait  dans  cette  voie  depuis  Amyot, 
qui  consentit  à  prêter  des  manuscrits  à  quelques  savants  privilégiés.  En  1691, 
Les  adresses  de  la  ville  de  Paris  publiaient  encore  des  notes  comme  celle-ci  :  rrLes 
rr  curieux,  par  faveui-,  peuvent  avoir  quelque  entrée  dans  la  bibliothèque  du 
rrRoy,  rue  Vivienne  (■'l  n  Louvois,  l'année  suivante,  résolut  d'ouvrir  deux  fois  par 
semaine  cette  bibliothèque  rrà  tous  ceux  qui  voudi'oient  y  venir  estudier  n  et, 
pour  fêter  le  jour  de  l'inauguration,  il  m'égala  plusieurs  sçavans  d'un  magnifique 
rr  repas  11  Diverses  causes  firent  presque  aussitôt  interdire  l'entrée  de  l'établisse- 
ment, qui  ne  devint  détinitiveinent  public  qu'en  lySS. 

Lepriiice,  Essai  histo)-i(jiie  sur  la  hihliothl'qnf  se  trouvent  <iu  cnhinot  des  estampes  de  la  Bil)li()- 

duRoi,  ]).  67.  tlièque  impériale,  Topogi-Kpliie  de  Paris,  quartier 

Voyez  Tliiéry,  Guide  des  amnleiirs  et  des  étran-  de  la  place.  Vendôme,  l,  h. 
gers  l'oyogeurs  à  Paris,  t.\,\).  i<j~.  Les  adresses  de  la  ville  de  Paris,  mdc\ci. 

Correspondance  inédile  de  Mahilion  et  de  Mont-  p.  1 1. 
faucon,  [.  II,  p.  .Siy.  Mercure  galant ,  novembre  iGQâ,  p.  ."Jâo. 

Une  partie  des  plans  (pii  avaient  été  dressés  Mercure  galant ,  novembre  1692,  p.  .'îâo. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  ROI.  1S7 

L  abbé  dcLouvois  fut  un  bon  administrateur,  tout  dévoue  au  soin  do  la  collection 
qui  lui  avait  été  confiée;  mais  Colbert  n'était  plus,  et  la  bibliotliè([ue  du  l»oi  ne 
retrouva  jamais  les  jours  brillants  que  sa  prodigieuse  activité  savait  lui  prépare)'. 
Les  donations  et  les  achats  devinrent  moins  multipliés  et  moins  inqiortants.  Ils 
ne  cessèrent  cependant  point.  En  i G97,  l'empereur  de  la  Chine  envoya  au  roi, 
])ar  l'intermédiaire  des  missionnaires  jésuites,  quarante-neuf  volumes  en  langue 
chinoise;  la  bibliothèque  n'en  possédait  encore  que  quatre,  c{ui  provenaient  des 
livres  de  Mazarin^'l  En  1699,  on  acheta,  pour  livres,  treize  manuscrits  sortis 
de  la  belle  bibliothèque  de  J.  Brodeau^^^  .  En  1700,  un  médecin  arabe,  nommé 
Nosrallah  Gildé,  offi'it  au  roi  un  manuscrit  du  Pentatenque,  en  langue  hébraïque, 
et  trois  manuscrits  arabes  renfermant  une  histoire  des  Druses.  Maurice  Le  Tellier, 
archevêque  de  Reims,  donna  cinq  cents  manuscrits  précieux î^^.  Au  mois  de  sep- 
tembre de  la  même  année,  on  acheta  trente-cinq  manuscrits  relatifs  à  la  Lorraine. 
Le  mois  suivant,  le  P.  Fontenay  rapporta  de  la  Chine  douze  gros  volumes  chinois 


Jourdain,  Mémoire  historique  sur  la  hiblio- 
ihèfjue  du  Roij,  \). 

^'  Voyez  L.  Jacob,  Tvaiclé  des  plus  belles  hihlio- 
ihèques ,  p.  5 02. 

Ils  se  divisaieiil  ainsi:  3oG  nianiiscrils  latins, 


111  grecs.  53  français,  ili  orientaux,  i(i  italiens. 
Ils  provenaient  presque  tous  du  surintendant  Fon- 
quet,  et  avaient  appartenu  avant  lui  à  Charles  de 
Montclial ,  archevêque  de  Toulouse,  dont  ils  por- 
taient la  marque  sur  les  plats  : 


■2!, 


188  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

et  tartares.  Le  célèbre  P.  Faure  avait  réuni  une  nombreuse  bibliothèque;  il  la 
légua  à  Le  Tellier,  qui  céda  les  manuscrits  au  roi'''.  L'abbé  de  Louvois  par- 
courait alors  l'Italie  et  y  recueillait  de  curieux  ouvrages  pour  la  bibliothèque. 
En  1708,  M.  de  Sparvvenfeld,  maître  des  cérémonies  de  la  cour  de  Suède,  envoya 
le  premier  manuscrit  en  langue  russe  qu'ait  possédé  la  bibliothèque.  En  même 
temps,  D.  de  la  Pai-re,  procureur  général  de  la  congrégation  de  Saint-Maui', 
acquit  à  Rome  le  précieux  manuscrit  qui  contenait  les  textes  de  Pétrone  et  de 
Catulle,  et  plusieurs  morceaux  encore  inédits  de  Tibulle,  de  Properce  et  de  Glau- 
dien^'-^l  Enfin,  en  1706,  on  acheta  quatre  cent  cinquante  manuscrits  provenant 
de  l'admirable  bibliothèque  de  la  famille  Bigot '^l 


Ils  étaient  au  nombre  de  276,  et  furent  paye's 
1  ,.5oo  livres.  On  peut  consulter  sur  la  bibliothèque 
(lu  P.  Faure  :  Lemaire ,  Paris  ancien  et  nouveau ,  1. 1 , 
p.  906;  —  Journal  des  Sçavans ,  année  1698 ,  p.  i  34  ; 

—  Legallois,  Traitté  des  plus  belles  bibliothèques , 
p.  199;  —  Bibllolheca  Tclleriana,  avertissement; 

—  Catalogus  manuscriptorum  Antonii Faure,  Biblio- 
thèque impériale ,  manuscrits ,  fonds  latin ,  n°  1 7 1 7  /i . 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  72. 

Cette  bibliothèque  fut  commencée  par  Jean 
Bigot,  doyen  de  la  cour  des  aides  de  Noruiandie. 
Son  fils  Louis  Emeric  la  compléta  et  en  fit  une  des 


meilleures  de  Paris;  il  entreprit  dans  ce  but  de 
nombreux  voyages  en  Italie,  en  Angleterre,  eu 
Hollande  et  aux  foires  de  Francfort.  A  sa  mort, 
elle  comprenait  vingt-deux  mille  volumes  environ, 
et  était  estimée  /io,ooo  livres.  Plusieurs  ouvrages 
provenaient  des  précieuses  collections  de  Groslier  et 
de  de  Mesmes. 

La  signature  d'Em.  Bigot  se  trouve  sur  le  titre  de 
plusieurs  volumes, 

et  presque  tous  portent  son  e-r  libris,  avec  ses  armes  : 


Souvent  le  nom  manque  au  bas  de  fécusson, 
qui  est  quelquefois  soutenu  par  deux  lévriers.  Jean 
Bigot  avait  employé  un  autre  ex  libris,  semblable, 
sauf  dans  quelques  détails,  à  celui  que  nous  re- 
produisons, mais  qui  est  gravé  avec  beaucoup 
moins  de  soin. 

Par  son  testament,  daté  de  1689,  Em.  Bigot 
recommanda  à  sa  famille  de  conserver  religieuse- 
ment cette  collection,  et  ordonna  même  qu'un  fonds 
spécial ,  pris  sur  le  produit  de  la  vente  de  ses  meu- 
bles, fût  affecté  à  son  entretien.  Ses  espérances 
furent  trompées.  Ses  héritiers  conservèrent  la  biblio- 


Ihèquc  quelrpies  années,  puis  se  décidèrent  à  la 
vendre  ;  le  catalogue ,  rédigé  par  Pi'osper  Marchand , 
fut  publié  en  1705. 

On  peut  consulter  sur  l'histoire  de  cette  biblio- 
thèque :  Nicei'on ,  Mémoires  pour  servir  à  l'histoire 
des  hommes  illustres  de  la  république  des  lettres, 
l.  VIII,  p.  86;  —  Ménagiana,  t.  I,  p.  2/10  et  292; 
t.  II,  p.  3i  1  ;  t.  ni,  p.  63;  —  Vigneul-Marville, 
Mélanges  d'histoire  et  de  littérature,  t.  I,  p.  211; 

—  Dictionnaire  de  Bayle,  article  Bigot  ; —  Leprince , 
Essai  historique  sur  la  bibliothèque  du  Roi,  p.  7/1; 

—  Journal  des  Savants,  année  1706,  p.  lioo;  — 


BIBLIOTHÈQUE  DU  ROI.  189 

Nicolas  Clément,  d'abord  employé  comme  copiste  par  Garcavi  chez  Colbert, 
était  entré  à  la  bibliothèque  avec  le  titre  de  commis  adjoint  en  1670;  son  zèle 
le  fit  passer  sous -bibliothécaire  en  1  691,  après  la  mort  de  Melchisédech  Thévenot. 
Clément,  plein  d'activité  et  d'ardeur,  s'était  dévoué  à  la  rédaction  du  catalogue 
des  livres  imprimés  de  cette  innnense  collection.  Commencé  vers  1675,  il  lui 
achevé  en  1686  :  l'ordre  alphabétique  comprend  six  volumes  in-folio;  Tordre 
méthodique  en  remplit  ([uatre;  ces  dix  volumes  existent  encore  à  la  Bibliothèque 
impériale. 

Mécontent  de  son  travail,  Clément  entreprit  presque  aussitôt  de  le  refaire,  e( . 
(juatre  ans  après,  il  avait  achevé  les  catalogues  dits  de  1G88,  qui  fui'ent  mis  au 
net  par  le  laborieux  écrivain  Buvat.  L'ordre  alphabétique  comprenait  vingt  et  un 
volumes  in-folio.  Sans  cesse  interfoliés  ])our  être  tenus  au  courant  des  acquisitions 
nouvelles,  ces  vingt  et  un  volumes  en  forment  aujourd'hui  quarante-cinq,  (jui 
constituent  le  catalogue  usuel  de  la  Bibliothèque,  et  sont  déposés  dans  la  grande 
salle  de  travail.  On  lit  sur  le  premier  feuillet  : 

Notifia 
VniversaJis  A Iphahetica 
Authorum  omnium, 
Quorum  Lihri  vel  Tractatus 

Typis  itnpressi, 
In  Bibholliccâ  Regid  exta.nt  ; 
In  qud,  quanlùni  Jicri  poluil, 
Sivgnlonini  Nomen,  Cognonien, 
Pallia,  /Elas,  Dignitates, 
Instiiula  prœmiUuntur ; 
Varia  interdùni  de  iis 
Erudilorum  Jiidicia  exhihenlur 
Lncubralionum  Tiluli 
Recetisentur. 

Buvat  a  écrit  à  la  fin  du  dernier  volume  :  cr  Haec  notitia  authorum  alphabetica 
crdescribi  finita  est  21  tomis,  sicut  et  catalogus  ordine  materiarum  dispositus  et 
r  16  tomis  digestus,  Joannis  Buvat  Catalaunensis  manu,  die  29  martii,an.  lyi/i.^i 
Le  catalogue  méthodique  en  quatorze  volumes  dont  parle  ici  Buvat  avait  été  achevé 
par  lui  dès  1701,  comme  l'indique  cette  note  qui  termine  le  dernier  volume  : 
rrJoan.  Buvat  Cathalaunensis  hoc  volumen  ut  et  alia  tredecim  catalogi 

cr BibliothectB  Begiae,  scripsit  et  finivit  anno  1701.11 

On  s'occupait  en  même  temps,  et  depuis  1682,  de  rédiger  un  nouveau  cata- 

P.  Paris,  Les  manuscrits  françois  de  la  bibliothèque  bibliologie,  p.  io5;  —  L.  Jacob,  Traicté  des  plus 
du  Tioi,  t.  I.  p.  90;  —  G.  I^runel,  Dictionnaire  de       belles  bibliothèques,  p.  680. 


190  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

lojjiie  des  manuscrits;  il  forma  huit  volumes  in-folio  et  fut  complété  vers  1G90.  Le 
juif  Louis  de  Compiègne  et  l'abbé  Renaudot  s'étaient  chargés  d'inventorier  les 
manuscrits  hébreux;  les  manuscrits  turcs  et  persans  l'avaient  été  par  Dipy  et 
Petis  de  la  Croix,  les  manuscrits  arabes  par  d'Herbelot,  les  manuscrits  grecs  par 
Ducange  et  Colelier,  et  les  manuscrits  latins  par  les  PP.  Mabillon  et  Placide. 

Clément  passait  ajuste  titre  pour  un  des  meilleurs  employés  de  l'établissement. 
(|uand  son  imprudence  devint  la  cause  d'un  vol  qui  eut  alors  un  grand  retentis- 
sement. Un  prêtre  du  Dauphiné,  nommé  Jean  Aymont,  avait  abjuré  le  catholi- 
cisme pour  se  marier,  et  s'était  retiré  à  la  Haye.  Il  parvint,  en  1706,  à  sur- 
])rendre  la  confiance  de  Clément,  et  eut,  par  son  entremise,  un  passe-port  pour 
se  rendre  en  France.  Là,  il  fut  présenté  au  cardinal  de  Noailles,  qui  entreprit  de 
le  convertir  et  le  fit  admettre  au  séminaire  des  Missions  étrangères.  Aymont 
avait  déjà  publié  quelques  ouvrages,  et  s'occupait  de  recherches  historiques;  il 
obtint,  sur  les  instances  de  l'archevêque  de  Paris,  la  faveur  de  travailler  à  la 
bibliothèque  du  Roi,  où  Clément  le  laissa  souvent  seul.  Après  un  an  de  séjour, 
Aymont  retourna  subitement  en  Hollande,  et  ses  propres  indiscrétions  fournirent 
bientôt  la  preuve  qu'il  avait  dérobé  une  douzaine  de  manuscrits  très-précieux, 
et  qu'en  outre  il  avait  arraché  et  détaché  à  coups  de  canif  des  feuillets  et  des  mi- 
niatures dans  plusieurs  volumes,  entre  autres  dans  la  magnifique  bible  de  Charles 
le  Chauve.  Des  poursuites  furent  commencées,  mais  elles  demeurèrent  à  peu  près 
sans  résultat  ''^ 

Clément  ne  se  consola  jamais  de  cet  événement,  et  pour  réparer,  autant  que 
possible,  le  tort  qu'il  avait  causé  à  la  bibliothèque,  il  lui  légua  un  riche  recueil 
de  portraits  gravés,  qui  renfermait  plus  de  dix-huit  mille  pièces 

On  gardait  à  la  douane,  depuis  quinze  ans,  une  caisse  que  personne  ne  récla- 
mait; le  contrôleur  général  la  fit  ouvrir,  et  on  y  trouva  cent  quatorze  volumes 
tartares,  qui  furent  déposés  à  la  bibliothèque.  Cet  établissement  s'enrichit  encore, 
en  1709,  des  livres  appartenant  à  Haudicquer  de  Blancourt,  gendre  de  François 
Duchesne;  accusé  d'avoir  contrefait  d'anciens  titres  de  noblesse,  il  fut  condamné 
à  une  prison  perpétuelle,  tous  ses  biens  furent  saisis,  et  un  arrêt  du  10  juil- 
let 1708  attribua  ses  manuscrits  à  la  bibliothèque  du  Roi.  L'année  suivante,  le 
comte  de  Pontchartrain  y  envoya  vingt-trois  manuscrits  grecs,  arabes,  turcs  et 
persans,  qui  avaient  été  rapportés  d'Orient  par  P.  Lucas;  et  M.  de  Valincourt 
offrit  au  roi  ti'ois  cents  cartes  manuscrites  présentant  une  topographie  complète 
de  l'Irlande.  Enfin  on  acheta,  en  1712,  huit  cent  cinquante  volumes  qu'avait 
réunis  Charles  Bulteau,  doyen  des  secrétaires  du  roi^^*;   deux  cent  quatre- 


Leprince,  Essai  historique  sur  In  bibliothèque 
du  Roi,  p.  78.  —  Sur  loiile  cette  affaire,  voyez 
li.  Hauréaii,  Singularités  historiques  et  littéraires, 
j).  2 86  et  siiiv. 


B.  de  Montfaucon,  Eloge  de  Clément,  en  tête 
des  Hexaples  d'Origène.  —  G.  Duplessis ,  Le  cabinet 
des  estampes  h  la  Bibliothèque  impériale,  p.  7. 

Sur  l'origine  de  la  biljliotlièque  de  Charles 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  191 

vingt-dix  manuscrits  provenant  de  la  collection  de  Melchiscdech  Thévenot*^',  qui, 
en  1  C8/i,  avait  remplacé  comme  garde  l'abbé  de  Varès,  et  vingt-neuf  planches  de 
la  description  de  Tliôtel  des  Invalides  ])ar  Boulancourt.  Presque  en  même  temps, 
Caille  du  Fourny,  auditeur  de  la  Chambre  des  comptes,  laissait  au  roi  six  porte- 
feuilles remplis  de  pièces  relatives  aux  duchés  de  Lorraine  et  de  Bar  et  Antoine 
Galland  lui  léguait  cent  manuscrits  orientaux La  bibliothèque  renfermait  alors 
(171^)  au  moins  soixante  et  dix  mille  volumes  W. 

M.  de  Gaignières  avait  donné  au  roi,  dès  1711,  sa  magnifique  collection,  qui 
comprenait  des  imprimés,  des  manuscrits,  des  tableaux,  des  cartes  et  des  estampes; 
ces  richesses,  déposées  d'abord  chez  M.  de  Clerambault,  qui  avait  été  chargf' 
d'en  dresser  inventaire,  entrèrent  à  la  bibliothèque  pendant  la  première  année 
du  règne  de  Louis  XV. 

Mais  plus  l'établissement  s'augmentait,  plus  l'insullisance  du  local  se  i'aisail 
sentir.  Le  sui'intendant  obtint  du  régent  l'autorisation  de  le  transporter  dans  la 
grande  galerie  du  Louvi-e;  les  plans  et  devis  furent  arrêtés,  et  l'on  commençait  à 
poser  les  tablettes,  quand  l'arrivée  de  l'infante  dEspagne,  qui  devait  habiter  ce 
j)alais,  vint  arrêter  les  travaux  Louvois  mourut  sur  ces  entrefaites  (5  novembre 
1718),  et  l'abbé  J.-P.  Bignon  lui  succéda '''l  Son  premier  soin  fut  de  classer  à  la 
hibliotlièque  trois  cents  volumes  environ  légués  par  son  prédécesseur;  lui-même 
se  défit  aussitôt  des  collections  ([u'il  avait  rassemblées,  et  donna  au  roi  ses  manus- 
crits orientaux.  11  eut  aussi  l'idée  de  dresser  un  nouvel  inventaire  de  tout  ce  que 
renfermait  la  bibliothèque;  mais  ce  travail,  commencé  en  octobre  1721,  ne  fut 
point  achevé.  C'est  enfin  à  Bignon  que  l'on  doit  la  division  de  l'établissement  en 
quatre  départements  :  celui  des  manuscrits,  celui  des  imprimés,  celui  des  titres  et 
généalogies,  et  celui  des  estampes.  Les  médailles  étaient  encore  à  Versailles.  En 
conséquence  de  cette  nouvelle  organisation,  Jean  Boivin  fut  nommé  garde  des 
manuscrits,  l'abbé  de  Targn\  eut  les  imprimés,  Guiblet  les  titres,  et  Deiahaye  les 
estampes. 


Bulleau  et  de  son  frère  Louis,  voir  io  préface  du 
catalogue  de  la  Bibliothcca  Biiltcliiann ,  qui  fut  pu- 
blié en  171Q,  et  ie  Journal  des  Savants,  anne'e 
1712,  p.  64. 

Sur  cette  collection ,  voyez  :  Ménagiana,  t.  II, 
p.  178;  —  Michel  de  Maroiles,  Paris  ou  descrip- 
tion succincte  de  cette  grande  ville,  p.  5o  ;  — Journal 
des  Savants,  année  1696  ,  p.  68. 

Leprince,  Essai  liistoriqiic  sur  la  bihliothequc 
du  Roi,  p.  1 98. 

Niceron,  Mémoires  pour  servir  à  l'hisloirc  des 
hommes  illustres,  t.  Vf,  p.  i8(). 

Jourdain,  Mémoire  histori'fue  sur  la  biblio- 
thèque du  Roi/,  p.  i.iii. 


Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  85. 

La  famille  Bignon  régna  à  la  bibliothèque  du 
Pioi  pendant  plus  d'un  siècle  et  demi;  c'est  à  elle 
que  Villiers  faisait  allusion,  en  1796,  dans  un 
rapport  à  l'Assemblée  nationale,  quand  il  disait 
que  la  bibliothèque  avait  été  rr réservée  à  quelques 
rr familles  privilégiées  dont  elle  semblait  être  l'héri- 
ftage.s  Jérôme  Bignon,  le  chef  de  cette  dynastie 
de  bibliophiles,  possédait  une  magnifique  biblio- 
thèque, qui  rr  renfermait  les  meilleurs  livres  en  toutes 
rr  sciences.  T)  Quand  il  mourut,  en  i656,  il  la  laissa 
à  Jérôme  son  fils,  qui  lui-môme  la  transmit  à  son 
fils  Jean-Paul.  Cette  bibliothèque  était  alors  devenue 


192  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

On  acquit  encore  à  cette  époque  six  cents  manuscrits  provenant  de  la  biblio- 
thèque de  Philibert  de  la  Mare,  conseiller  au  parlement  de  Bourgogne et  huit 


frl'ime  des  plus  nombreuses  et  des  plus  accomplies 
fr qu'on  puisse  avoir."  Composée  d'environ  soixante 
mille  volumes,  elle  remplissait  toute  la  partie  supé- 
rieure de  la  maison  qu'occupait  Bignon,  rue  des 


Bernardins,  et  était  sous  la  garde  de  l'abbé  Bor- 
nemann. 

Une  marque  fort  simple  figurait  seule  sur  les 
plats  : 


et  sur  le  dos  des  volumes 


l'ar  une  exception  assez  rare,  même  à  cette  époque, 
Bignon  rme  refusoit  pas  l'entrée  de  sa  bibliothèque 
craux  curieux,  et  recevoit  très-bien  les  étrangers. « 
(3n  retrouvait  en  lui  le  zèle  éclairé  et  la  sévère 
probité  qui  avait  été  une  des  gloires  de  son  grand- 
père;  aussitôt  qu'il  fut  nommé  à  la  bibliothèque 
du  Roi,  il  songea  à  se  défaire  de  la  sienne,  afin  de 
pouvoir  se  consacrer  tout  enlier  à  celle  dont  les 
intérêts  venaient  de  lui  être  confiés.  Il  mit  de  côté 
ses  livres  chinois,  tarlares  el  indous,  les  donna  à 
la  bibliothèque  du  Roi ,  el  vendit  tout  le  reste. 


Sur  la  bibliothèque  de  la  famille  Bignon,  voyez  : 
Pérau,  Vie  de  J.  Bignon,  Paris.  1767,  in-i-j  ;  — 
J.  C.  Némeitz,  Le  séjour  de  Paris,  etc.  1. 1,  p.  27/1  ; 

—  Alinanacli  roi/al,  année  1709,  p.  219; —  L. 
Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques,  p.  5oo; 

—  Le  Voyageur  fidèle,  etc.  p.  819;  —  Mémoires 
de  l'Académie  des  inscriptions ,  t.  XVI,  p.  876,  el 
t.  XL ,  p.  1 87  ;  —  Taisand ,  Vies  des  Jurisconsultes . 
p.  71;  —  Maichelius,  Litroductio  ad  historiam  lite- 
rariam  de prœcipuis  bibliothecis ,  p.  ^9  et  5o. 

Il  mourut  en  1716.  Sa  collection  fut  vendu 


BIBLIOTHEQUE  DU  BOI. 


193 


cents  manuscrits  qui  avaient  appartenu  au  savant  Etienne  Baluze.  Celui-ci,  ori- 
ginal jusqu'à  la  fin,  avait  institué  pour  légataire  universelle  une  femme  étran- 
gère, quoiqu'il  chérit  ses  livres  et  qu'il  eût,  de  sa  belle  écriture,  mis  son  nom 
presque  sur  chacun  d'eux, 

Au  lieu  d'imiter  les  bibliopiiiles  de  son  temps,  qui,  désireux  de  voir  leur  col- 
lection leur  survivre,  exprimaient  le  vœu  qu'elle  ne  fôt  pas  dissipée  après  eux, 
lîaluze  fit  une  clause  spéciale  pour  ordonner  le  contraire  :  rr  Je  défends  et  prohibe 
rr expressément,  dit-il,  la  vente  de  ma  bibliothèque  en  gros,  voulant  ([u'elle  soit 
cr  vendue  au  plus  offrant  et  dernier  enchérisseur,  afin  que  les  curieux  en  puissent 
avoir  leur  part,  y  ayant  une  très-grande  (quantité  de  livres  rares,  difficiles  à 
«trouver,  et  que  les  gens  de  lettres  seront  bien  aises  d'avoir  l'occasion  d'acquérir,  ii 
Sa  volonté,  à  cet  égard,  ne  fut  point  respectée.  Les  livres  imprimés  furent,  il  est 
vrai,  vendus  aux  enchères,  mais  Bignon  obtint  du  duc  d'Orléans  l'autorisation 
d'acheter  les  manuscrits  pour  la  bibliothèque  du  Roi.  B.  de  Montfaucon  et  le 
P.  Lelong  en  firent  l'estimation,  et  ils  furent  payés  3o,ooo  livres  ^'l 


7.000  livres  aux  libraires  Ganeau  et  Moette.  La 
bibliothèque  du  Roi  leur  paya  a,5oo  livres  les  ma- 
nuscrits; encore  Ganeau  se  réserva-t-il  ceux  qui 
renfermaient  des  notes  autographes  de  Sauniaise. 

Etienne  Baluze  fut  peut-être  le  plus  gai  et  le 
plus  original  de  tous  les  érudits  du  xvii'  siècle.  Sa- 
vant de  premier  ordre,  mais  en  même  temps  ami 
ge'néreux  et  joyeux  convive,  il  fit  longtemps  de  sa 
maison  le  rendez -vous  de  tous  les  hommes  dis- 
tingués de  son  époque,  et  c'est  surtout  à  lui  que 
l'on  doit  l'introduction  en  France  de  ces  soupers 
littéraires  dont  l'usage  se  prolongea  avec  tant  d'é- 
clat jusqu'à  la  fin  du  xvni"  siècle.  Successivement 
secrétaire  de  trois  archevêques,  il  remplaça,  en 
1662,  Carcavi,  comme  bibliothécaire  de  Golbert, 
et  son  zèle  éclairé  contribua  pour  une  large  part 
à  la  formation  de  l'admiralile  bibliothèque  de  ce 
ministre. 

Après  la  mort  de  Golbert ,  cette  collection  passa 
à  son  fils,  le  marfpiis  de  Soignelay.  Mais  Baluze, 
ne  trouvant  pas  auprès  de  celui-ci  ffles  mêmes 
fragrémons.-"  renonça  à  cette  position  et  se  retira, 
en  1700,  dans  une  jolie  maison  dépendante  du 
collège  des  Ecossais.  Il  y  installa  avec  nu  certain 
luxe  la  belle  l)ibliotliè(pie  qu'il  sélait  formée  et 
dont  il  dressa  alors  lui-même  le  catalogue.  Elle 
renfermait  quatorze  mille  volumes  imprimés  et  près 


de  mille  manuscrits,  auxquels  il  faut  joindre  envi- 
ron cinq  cents  recueils  de  pièces  originales ,  conte- 
nant un  nombre  considérable  de  bulles  pontificales, 
de  chartes,  lettres,  actes  de  différents  rois  et  mi- 
nistres; des  titres  relatifs  aux  abbayes,  aux  monas- 
tères, aux  églises,  aux  conciles;  des  décrets,  des 
ordonnances,  des  testaments,  des  délibérations  po- 
litiques, etc.  et  enfin  toutes  les  œuvres  manus- 
crites de  M.  de  Marca. 

Accusé,  en  1709,  d'avoir  voulu  soutenir,  dans 
son  Histoire  de  la  maison  d'AuL-ergne ,  les  prétentions 
du  duc  de  Bouillon  sur  la  |)rincipauté  de  Sedan, 
Baluze  fut  exilé.  Ses  livres,  pondant  son  absence, 
restèrent  en  dépôt  à  l'abbaye  de  Sainte-Geneviève; 
on  les  lui  rendit  en  1713.  après  la  paix  d'Utrecht, 
quand  il  obtint  son  rappel.  11  mourut  en  1718, 
et  le  catalogue  de  sa  collection  fut  publié  l'année 
suivante. 

On  peut  consulter  sur  l'histoii'e  de  cette  biblio- 
thèque :  Taisand,  l  ies  des  Jiirisconsiilles,  p.  igS; 
—  J.  G.  Némeitz,  Le  séjoar  de  Paris,  etc.  t.  I. 
p.  9.80;  —  G.  Brice,  Xourelle  de^cri/ition  de  Paris, 
t.  III,  p.  Sgfi;  —  Leprince.  Essai  hisloriqite  sur  la 
hibliolkèrjiie  du  I\oi ,  p.  1 9O  :  —  Journal  des  Savants , 
année  1719.  p.  207;  — Niceron,  Mémoires  pour 
servir  à  l'histoire  des  hommes  illustres,  etc.  t.  I, 


p.  19? 


Lectori,  en  lêlo  du  catalogue  de  la 


19/i  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Le  local  de  la  rue  Vivienne  devenait  chaque  jour  plus  insuffisant  :  crFatendum 
rrest,  disait  à  cette  époque  Maichelius,  hune  locum  non  respondere  prœstantiœ 
rcatque  amplitudini  hujus  bibliothecœ,  neque  hic  adparere  dignum  patella  opér- 
er culum  n  On  commençait  en  outre  à  craindre  réellement  pour  la  solidité  de 
l'édifice,  car  les  planchers  pliaient  sous  le  poids  immeuse  des  livres  qu'ils  suppor- 
taient. Les  considérants  d'un  arrêt  rendu  le  ii  octobre  1720  portent  que,  rtle 
rr  sieur  abbé  Bignon  ayant  voulu  faire  mettre  les  lieux  en  état,  la  maison  oii  ladite 
rr bibliothèque  est  actuellement  s'est  trouvée  si  caduque  et  si  surchargée,  qu'il 
cra  fallu  en  étayer  diligemment  la  plus  grande  partie '^'.n  La  chute  de  la  fameuse 
banque  de  Law  venait  précisément  de  laisser  libre  l'hôtel  de  Nevers,  dans  la  rue 
Richelieu;  Bignon  le  demanda  pour  la  bibliothèque  du  Roi,  et  le  transport  des 
livres  commença  aussitôt 

Les  nouveaux  bâtiments,  situés  entre  les  rues  Neuve-des-Petits-Champs,  Vi- 
vienne,  Colbert  et  Richelieu,  avaient  été  en  grande  partie  construits  par  Mazarin, 
qui  les  avait  habités  pendant  toute  sa  vie  et  y  avait  accumulé  ses  richesses  artis- 
tiques et  sa  magnifique  bibliothèque  Après  sa  mort,  le  palais  fut  divisé  en  deux 
lots.  Le  premier,  donnant  sur  la  rue  Vivienne,  fut  attribué  au  duc  de  la  Meille- 
raie,  époux  d'une  nièce  du  cardinal,  et  porta  jusqu'en  1719  le  nom  d'hôtel  de 
Mazarin.  Le  second  lot,  situé  du  côté  de  la  rue  Richelieu,  échut  au  marquis  de 
Mancini,  et  devint  l'hôtel  de  Nevers;  la  banque  de  Law  y  eut  ses  bureaux,  et  le 
célèbre  financier  venait  de  quitter  la  France  quand  ce  local  fut  accordé  à  la  biblio- 
thèque du  Roi,  qui  comptait  alors  quatre-vingt  mille  volumes  imprimés  et  seize 
mille  manuscrits  La  galerie,  qui  servait  naguère  de  salle  publique  de  lecture, 
avait  été  élevée  par  Law  et  n'était  point  terminée;  du  moins  les  portes  ni  les 
fenêtres  n'étaient  pas  encore  posées. 

Au  reste,  il  fallut  tout  le  crédit  de  l'abbé  Bignon,  appuyé  par  le  comte  de 
Maurepas,  pour  faire  ratifier  cette  prise  de  possession,  et  c'est  en  172/1  seule- 
ment que  l'on  put  obtenir  les  lettres  patentes  en  vertu  desquelles  Louis  XIV  affec- 
tait à  perpétuité  l'hôtel  de  Nevers  à  l'installation  de  la  bibliothèque  du  Roi.  On 
eut  presque  aussitôt  l'idée  d'agrandir  les  bâtiments  du  côté  de  la  rue  Richeheu,  en 
construisant  une  galerie  transversale  pour  relier  les  salles  de  l'est  avec  celles  de 
l'ouest;  mais  ce  projet  dut  être  ajourné  par  suite  des  réclamations  de  la  marquise 


Bibliotheca  Balaziana;  —  Piganiol  de  la  Force, 
Description  historique  de  Paris,  t.  III,  p.  \hh\  — 
G.  Brunei,  Dictionnaire  de  hihliologie,  p.  to6i;  — 
Alf.  de  Bougy,  Histoire  de  la  bibliothèque  Sainte-Ge- 
neviève, p.  1  o3. 

Maichelius,  Introductio  adhistoriam  literariam 
de  prœcipuis  bihliothecis  (1721),  p.  48. 

Arrestdu  Conseil  d' Estât  du  roij,  concernant  la 
Bibliothèque  de  Sa  Majesté,  p.  2. 


En  septembre  1721. 

Voyez  plus  loin  notre  notice  sur  la  biblio- 
thèque du  collège  Mazarin. 

Maichelius,  Introductio  ad  historiam  literariam 
de  prœcipuis  bibliothecis ,  p.  17. —  L'année  suivante 
(1722)  le  nombre  des  imprimés  était  le  même, 
mais  la  bibliothèque  possédait  deux  mille  manus- 
crits de  plus;  voyez  G.  Wallin,  Lutetia  Parisiorum 
erudita  stii  temporis,  etc.  p.  116. 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  195 

de  Lambert  ('l  Au  mois  de  mars  1698,  le  duc  de  Nevers  lui  avait  cédé  l'extrémité 
de  la  galerie  qui  s'avance  vers  la  rue  Colbert;  elle  y  avait  dépensé  des  sommes 
importantes,  avait  même  fait  élever  à  ses  frais  le  corps  de  logis  encore  existant 
rue  Colbert,  n°  12.  Ses  droits  furent  reconnus,  et  l'on  dut,  pour  agir,  attendre  la 
mort  de  la  marquise,  qui  arriva  en  1783 

Les  acquisitions,  un  instant  suspendues,  reprirent  avec  d'autant  plus  d'ardeur 
que  le  nouveau  local  offrait  toute  facilité  pour  le  classement  d'un  nombre  im- 
mense de  volumes.  On  y  apporta  d'abord  les  deux  vastes  globes  de  Goronelli, 
offerts  à  Louis  XIV  par  le  maréchal  d'Estrées  et  qui  étaient  restés  jusque-là 
à  Marly  On  vit  arriver  ensuite  tous  les  livres  du  cabinet  du  Louvre  qui  venait 
d'être  réuni  à  la  bibliothèque  du  Roi  (1722);  la  collection  particulière  de 
Dacier,  laissée  à  Louis  XV  par  testament;  les  cent  vingt-neuf  gravures  des  ta- 
bleaux de  Van  der  Meulen,  retraçant  le  règne  de  Louis  XIV  (172/1);  un  recueil 
de  soixante  mille  pièces  diverses  imprimées  et  manuscrites,  données  par  Morel 
de  Thoisy,  rt  trésorier  payeur  des  gages  de  la  cour  des  monnoyes'*^'  ;  r>  la  bibliothèque 
musicale  léguée  au  roi  par  Sébastien  de  Brossard;  un  nombre  considérable  de 
volumes  expédiés  de  Madrid,  de  Lisbonne,  d'Amsterdam,  de  Venise,  de  Londres, 
de  la  Haye,  de  Saint-Pétersbourg,  ou  achetés  aux  foires  de  Francfort  et  de 
Leipsick;  enfin  plusieurs  ouvrages  liturgiques  donnés  par  le  P.  Lebrun,  de  l'Ora- 
toire (1727).  Les  abbés  Sevin  et  de  Fourmont  furent  envoyés  à  Constantinople 
pour  copier  le  catalogue  de  la  bibliothèque  du  Sultan  (1728);  ils  rapportèrent 
en  outre  plus  de  six  cents  manuscrits.  Le  directeur  de  la  Compagnie  des  Indes 
fut  invité  à  mettre  à  profit  ses  relations  avec  l'Orient  pour  procurer  au  roi  des 


Anne-Tliérèse  de  Marguenat  de  Coiircelles, 
fille  d'Etienne  Marguenat,  seigneur  de  Courcelles, 
mort  maître  des  comptes  en  i65o. 

Archives  de  l'Empire ,  st^rieQ ,  carton  n°  1 1 58. 
—  Frédéric  Lock,  dans  le  Bulletin  du  Bouquiniste , 
année  i865,  p.  38i. 

Nous  reproduisons  ci-contre,  d'après  V Architec- 
ture française,  de  Blondel  (t.  III,  p.  80),  le  plan 
des  bâtiments  qui  composaient  la  bibiiolhè(jue  du 
Roi  en  1754.  Les  lettres  de  renvoi  sont  ainsi  expli- 
quées : 

A,  pieds-droits  désignant  le  commencement  d'un 
mur  de  séparation  entre  les  deux  parties  de  la  cour. 

B ,  escalier  conduisant  au  premier. 

C ,  escalier  conduisant  au  premier. 

D,  salles  renfermant  les  presses,  les  papiers 
d'impression,  les  doubles  des  épreuves,  etc. 

G,  atelier  occupé  par  M.  Pierre,  peintre  du  roi. 

H,  atelier  occupé  par  M.  Restout,  peintre  du  roi. 

I,  bureaux,  salles  de  rédaction  des  catalogues. 


K ,  chapelle.  On  y  dit  la  messe  les  dimanches  et 
fêtes  seulement. 

M,  salle  des  globes. 

N ,  escalier  conduisant  au  cabinet  des  médailles. 
R,  escalier. 

T,  cour  autour  de  laquelle  se  trouve  le  logement 
de  M.  Bignon. 

Voyez  le  tome  I ,  p.  ni. 

Voyez  Ph.  de  la  Hire,  Description  et  explica- 
tion des  globes  qui  sont  placés  dans  le  pavillon  du 
château  de  Marly,  Paris,  1706,  in-8''.  — La  salle 
qu'ils  occupent  aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  im- 
périale fut  construite  pour  eux  en  1781. 

J.-F.  Jugler,  Bibliotheca  historiœ  Ulterariœ  se- 
lecta,  t.  I,  p.  217.  —  E.-J.-B.  Rathery,  Notice 
historique  sur  l'ancien  cabinet  du  Boi ,  p.  10. 

Les  pièces  relatives  à  la  jurisprudence  forment 
385  volumes,  la  théologie  en  remplit  172,  l'his- 
toire 8G,  et  les  belles-lettres  là- —  Leprince,  Essai 
historique  sur  la  bibliothèque  du  Roi,  p.  222. 

35. 


196  Î-ES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

mamiscrits  persans  et  sanscrits.  En  1729,  deux  cent  soixante  manuscrits,  conservés 
jusque-là  à  Versailles,  sont  transportés  rue  Richelieu;  on  acquiert  six  cents  manus- 
crits appartenant  aux  héritiers  du  président  de  Mesmes'''  (1  ^Si),  et  quatre-vingt 
mille  estanqies  provenant  de  l'évêque  du  Puy,  fils  du  marquis  de  Beringhen. 


De  Mesmes  eut  pour  bibliothécaire  Florent 
Gbrélien ,  puis  Gabriel  Naudé,  qui  lui  dédia  son 
Advis  pour  dresser  vue  bibliothèque.  La  Croix  du 
Maine,  Fauchet,  Passerai,  Turnèbe  et  Lambin  ont 
fait  l'éloge  de  cette  collection,  que  Christine  de 
Sui'de  cbei'cba  à  acquérir.  Les  ouvrages  qui  com- 
posaient ce  cidjinol  avaient  été  clioisis  avec  un  très- 
grand  soin  et  se  faisaient  plutôt  remarquer  par  leur 


mérite  réel  que  par  leur  condition.  Les  reliures 
étaient ,  en  général ,  assez  simples  ;  plusieurs  d'entre 
elles,  cependant,  avaient  reçu  les  armoiiies  du 
célèbre  magistrat,  (pii  portait  :  écartelé.  au  1  d'or 
au  croissant  de  sable,  aux  9  et  3  d'argent  à  deux 
lions  léopardés  de  gueules  posés  l'un  sur  l'autre, 
au  4  d'or  à  une  étoile  de  sable  au  chef  de  gueules 
et  en  pointe  coupé  et  ondé  d'azur. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  BOI.  197 

Pour  perpétuer  le  souvenir  d'acquisitions  si  nombreuses,  l'Académie  des  ins- 
criptions fit  frapper,  en  17.32,  une  médaille  qui  olTrait  d'un  côté  le  buste  de 
Louis  XV  et  de  l'autre  ces  mots  j)lacés  au  milieu  d'une  couronne  formée  de  lauriei- 
et  d'olivier  :  Quod  bono  reipublic^  liter.  consuluit  bibliothecA  regiâx,  millib.  codd. 
Mss.  AUCTÀ  M  Dcc  xxxu.  Cette  médaille,  cr  témoignage  immortel  de  juste  reconnois- 
trsance,n  comme  dit  Leprinco  existe,  mais  en  bronze  seulement,  au  cabinet  de 
la  Bibliotlièque  impériale. 


Frapper  une  médaille  en  l'honneur  de  Sallier  ou  de  Sévin  nous  eût  paru  beau- 
coup plus  logique.  Il  est  assez  étrange  de  célébrer  ainsi  le  mérite  d'un  roi  qui 
cnricliit  sa  propre  bibliothèque,  et  l'on  sait  de  reste  que  Louis  XV  n'employait 
pas  précisément  ses  loisirs  à  des  études  bibliographic[ues  ou  littéraires. 

Après  la  mort  de  Colbert,  l'admirable  bibliothèque  qu'il  avait  formée  échut 


lin  monogramme  assez  élégant  : 


On  pent  consulter  sur  cette  bibliothèque:  La  Ci'oix 
fin  Maine,  Bihliotlù-que  française,  t.  I ,  p.  36g;  — 
.1.  Passerai,  Œuvres  poétiques ,\>.  3  et  6;  —  Bur- 
mann ,  Sylloges  epislolurum ,  t.  III,  ]).  i6i;  —  Le- 
gallois,  Traitlé  des  plus  belles  hihUothèques ,  p.  127; 
—  G.  Naudé,  Advis  pour  dresser  une  bibliotlièque , 
p.  G  et  dédicace;  —  Warée,  Curiosités  judiciaires, 
p.  29;  —  P.  Paris,  les  Manuscrits  frauçois  de  la 
bibliothèque  du  Roi,  t.  I,  p.  16;  — Leprince,  Essai 


historique  sur  la  bibliothèque  du  Fioi,  p.  i<)'j;  — 
Michel  de  Marolle.s,  Paris  ou  description  succincte  et 
néantmoins  assez  ample  de  cette  grande  ville,  p.  h  h; 
—  L.  Jacob,  Traicté  des  pins  belles  bibliothèques , 
p.  538  et  appendice. 

Essai  historique  sur  la  bibliothèque  du  Roi, 
p.  96. 

Colbert  avait  commencé  à  former  sa  biblio- 
thèque vers  i658;  il  y  engloutit  des  sommes  im- 


198  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

à  son  fils  le  marquis  de  Seignelay.  On  en  dressa  l'inventaire'",  où  nous  voyons 
les  volumes  imprimés  estimés  hi,Skh  livres,  et  les  manuscrits  i3,oi^  livres.  Le 
marquis  de  Seignelay  eut  le  bon  esprit  de  conserver  Etienne  Baluze  pour  biblio- 
thécaire, et  il  veilla  à  ce  que  les  acquisitions  commencées  par  son  illustre  père 
fussent  continuées.  Le  marquis  de  Seignelay  mourut  le  3  novembre  1690,  et  la 
bibliothèque  devint  la  propriété  d'un  autre  fils  du  grand  Colbert,  Jacques  Nicolas, 
archevêque  de  Rouen.  Celui-ci  s'occupa  de  l'augmenter  et  en  rendit  l'accès  facile 
aux  érudits,  «strenue  laborat  in  augenda  et  illustranda  haec  bibhotheca ,  1?  dit 
Maichelius*^'.  Bien  que  Maichelius prétende  encore  qu'elle  était  «non  in  mole  sed 
rc  in  bonitate  Xdpts,  n  il  résulte  de  l'examen  du  catalogue  qui  en  fut  dressé  plus 
tard'^)  qu'elle  renfermait  environ  soixante  mille  volumes,  reliés  avec  un  grand 
luxe ,  aux  armes 


et  au  chiffre 


du  célèbre  homme  d'État. 


nienses,  et  employa  pour  l'augmenter  jusqu'à  ses 
agents  diplomatiques.  En  167^ ,  il  acquit  la  biblio- 
thèque de  Chandelier;  en  1676,  celle  d'André  Du- 
chesne  et  les  manuscrits  de  Claude  Hardy;  en 
1676,  celle  de  l'académicien  Balesdens.  Sa  riche 
collection,  qui  fut  successivement  administrée  par 
Carcavi,  par  Etienne  Baluze,  par  les  abbés  Du- 
chesne  et  Guillaume  Milhet,  était  installée  dans  son 
hôtel  de  la  rue  Neuve -des -Petits -Champs,  où, 


suivant  Legallois  (Trailté  des  plus  belles  hibliolhhques 
de  l'Europe,  p.  126),  il  lui  avait  réservé  une  salle 
ff  fort  propre  et  fort  agréable,  n 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  mélanges 
de  Colbert,  n°  77. 

Maichelius ,  Introductio  nd  hisloriam  literariam 
deprœcipuis  hihliothecis,  p.  61. — Voyez  aussi  \Al- 
manach  royal,  année  1709,  p.  219. 

Bibliotheca  Colbertina,  seu  catalogus  libroriiiii 


BIBLIOTHÈOUE  DU  ROI.  199 

Parmi  les  iii-folios,  un  nombre  considérable  d'ouvrages  étaient  revêtus  de  splen- 
dides  couvertures  de  maroquin  rouge,  qui  portaient  sur  les  plats  les  armoiries  de 
Colbert  :  d'or  à  une  couleuvre  d'azur  posée  en  pal. 


bihliolhccœ  qiKP  fuit  primum  illmlriss.  V.  dom.  J.-B. 
Colbert,  rcfjtii  admitiislvi ,  drindo  illiisiri.ss.  V.  doni. 
J.-B.  Colbert.  marchio)ti.s  de  Selijiielay  ;  postea  l'cier. 


et  illiistr.  d.  .I.-Mc.  Colbert,  Rotliomairensis  nrcliie- 
jmcojil ,  (te  demnm  illiisiriss.  d.  Ctiroli  Leonorli  Col- 
bert,  coiiiitk  de  Seigiieliiii,  Pai  is.  i  798 ,  3  vol.  in-8°. 


200  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

et  son  monogramme  à  chaque  coin  : 


L'archevêque  de  Piouen  laissa  cette  magnifique  collection  à  son  neveu  Charies- 
Eléonor  Colhcrt,  comte  de  Seignolay.  Plus  curieux  d'argent  que  de  science,  ce- 
lui-ci vendit  d'ahord  les  imprimés  aux  enchères^'',  et  les  manuscrits  allaient  avoir 
le  même  sort,  quand  le  roi  intervint.  En  août  1728,  quatre  experts  furent  nom- 
més, l'ahbé  Sallier  et  Falconet  pour  le  roi,  le  P.  Montfaucon  et  Lancelot  pour 
M.  de  Seignelay;  mais  il  ne  purent  s'accorder  sur  festimation  de  ces  trésors,  et 
quatre  années  se  passèrent  en  contestations.  Le  petit-fds  de  Colhert  prit  alors  le 
parti  d'olfrir  (février  1732)  tous  les  manuscrits  au  roi,  en  le  priant  de  régler 
lui-même  la  somme  qu'il  jugerait  à  propos  d'en  donner.  On  s'arrêta  au  chiffre  de 
3oo,ooo  livres,  dont  la  quittance  fut  passée  le  27  mai  1782  par-devant  M"' Bronod 
et  Junot,  notaires  à  Paris;  et,  le  1  1  septeiubre  de  la  même  année,  la  collection 
fut  transportée  à  la  bibliothèque  du  Roi. 

On  acheta  encore  près  de  huit  mille  volumes  tirés  du  cabinet  de  M.  de  Cangé 
(août  1733);  puis  Lancelot  donna  au  roi  deux  cents  manuscrits  et  cinq  cents 
portefeuilles  remplis  de  pièces  détachées.  En  178/1,  fabbé  Sallier  fait  entrer  à  la 
bibliothèque  quatre  cents  chartes  du  xi%iu  xv^  siècle,  presque  toutes  revêtues  de 
sceaux  précieux;  M.  de  Targny  obtient  tous  les  manuscrits  de  l'abbé  Drouin. 
M.  de  la  Baslie,  ambassadeur  en  Italie,  envoie  un  grand  nombre  de  volumes;  le 


La  Bibliollièque  du  roi  en  acheta  mille  environ. 
Lej)rince ,  Essai  Imlorique  sur  la  hihUotlteqnc 
du  roi,  p.  207.  —  Le  catalogue  dTmberl  de  Cangé  a 


été  publié  en  lySS,  in-ia;  il  est  aujourd'hui  très- 
recherché.  Sauf"  dans  deux  ou  trois  exemplaires,  le 
nom  de  Cangé  ne  ligure  pas  sur  le  titre. 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  201 

comte  de  Fronlay,  ambassadeur  à  Venise,  tous  les  livres  arméniens  que  renfermait 
cette  ville;  le  marquis  de  Villeneuve,  ambassadeur  à  Constantinople,  des  manus- 
crits orientaux;  et  le  marquis  de  Bonnac,  ambassadeur  en  Suisse,  plusieurs  ma- 
nuscrits turcs. 

Pendant  cette  jiériodc,  quelques  cliangements  avaient  eu  lieu  dans  le  personnel 
de  l'établissement.  Boivin,  mort  le  29  octobre  1796,  avait  été  remplacé  par 
l'abbé  Sallier.  Le  3  mai  1737,  le  décès  de  l'abbé  de  Targny  permit  de  donner 
son  enq)loi  à  Tabbé  Sévin,  qui  lui  avait  été  adjoint  depuis  longtemps.  Celui-ci 
mourut  en  17^1,  et  eut  pour  successeur  Melot,  de  l'Académie  des  Inscriptions. 
Enfin  l'abbé  Bignon,  parvenu  à  sa  quatre-vingtième  année,  se  retira  (17/11)  cl 
laissa  la  place  à  son  neveu  Bignon  de  Blanzy,  qui  mourut  en  mars  17/13,  et  eut 
pour  successeur  Armand-Jérôme  Bignon,  son  frère. 

Un  événement  très-important  avait  eu  lieu  dans  l'intervalle.  La  bibliothèque 
du  Roi  s'était  décidée  à  suivre  l'exemple  que  lui  donnaient  déjà  à  Paris  quatre 
bibliothèques;  elle  avait,  en  1735,  ouvert  ses  portes  au  public. 

VAlma7iach  royal  de  1  709  s'exprime  ainsi  :  rrEn  attendant  qu'on  luy  ait  donné 
crun  vaisseau  propre  pour  placei'  tout  le  monde,  les  sçavans  qui  se  font  connoître 
rf  y  sont  toujours  aussi  bien  reçus  que  dès  les  premiers  jours  de  cet  établisse- 
rment''';!!  ce  qui  signifie  qu'on  n'y  pouvait  entrer  qu'au  moyen  de  puissantes 
recommandations.  L'abbé  Bignon  résolut  de  modifier  dans  le  sens  le  plus  libéral 
cette  organisation;  il  obtint,  le  11  octobre  1720,  un  arrêt  du  conseil,  qui  était 
ainsi  conçu  :  rrLa  bibliothèque  du  Roy  sera  ouverte  à  tous  les  sçavans  de  toutes 
ffles  nations,  en  tout  temps,  aux  jours  et  heures  qui  seront  réglez  par  le  biblio- 
ccthécaire  de  Sa  Majesté,  et  il  sera  préparé  des  endroits  convenables  pour  y  rece- 
rr  voir  lesdits  sçavans  et  les  mettre  en  état  d'y  vacquer  à  leurs  études  et  recherches 
ravec  toute  commodité.  Outre  lesdites  entrées  accordées  aux  sçavans,  ladile 
cr bibliothèque  sera  ouverte  au  public  une  fois  la  semaine,  depuis  onze  heures  du 
rc matin  jusqu'à  une  heure  après  midi;  et  seront  alors  toutes  les  personnes  que  Sa 
T Majesté  a  déjà  attachées  à  ladite  bibliothèque,  ainsi  que  les  autres  qu'Elle  se 
cr  propose  d'y  attacher  encore,  sous  les  ordres  dudit  sieur  bibliothécaire,  obligées 
rrde  se  trouver  durant  ledit  temps  és  sales,  cabinets  et  galleries  d'icelle,  pour 
r  satisfaire  la  curiosité  de  tous  ceux  que  l'envie  de  s'instruire  y  attirera n  II  faut 
noter  comme  un  fait  très-remarquable,  la  distinction,  déjà  jugée  nécessaire  à  cette 
époque,  entre  les  lettrés  et  le  public  proprement  dit.  Mais  toutes  ces  bonnes 


Alinanacli  royal,  année  1709,  p.  -218. 

Arrest  du  conseil  d'Estal  du  roy  concernant  la 
hlhllollicf/iie  de  Sa  Majesté,  articles  3  et 

L'article  -2  était  ainsi  conçu  :  ffll  ne  sera  tiré 
(fde  ladile  bibliothèque  aucun  livre,  médaille,  ni 
f  antre  chose  quelconque  inscrite  sur  les  inven- 

11. 


fftaires  ou  catalogues,  sous  prétexte  de  le  prêter 
trà  qui  que  ce  puisse  être,  ou  pour  toute  autre 
«raison,  sans  un  ordre  exprès  de  Sa  Majesté,  si- 
trgné  par  le  secrétaire  d'État  ayant  le  département 
irde  sa  Maison,  et  adressé  au  bibliothécaire  de  Sa 
ff  Majesté.  T 

2G 


•202  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

intentions  restèrent  d'ailleurs  longtemps  encore  à  l'état  de  théorie;  VAlmanacli 
royal  de  1721  et  celui  de  1722  l'avouent  avec  un  certain  embarras  :  ce  Les  Liblio- 
fftèques,  y  est-il  dit,  ayant  été  de  tout  tems  regardées  comme  les  trésors  dos 
sciences  et  des  arts,  il  est  juste  qu'il  y  en  ait  de  publiques  dans  cette  capitale  du 
ffi'oyaiime,  afin  que  les  particuliers  qui  ont  du  génie,  sans  avoir  la  commodité 
ffdes  livres,  ne  manquent  pas  de  ces  moyens  pour  cultiver  et  faire  valoir  leuis 
rrtalens.  La  bibliotèque  du  Roy  avoit  été  destinée  à  cet  usage,  qui  avoit  déjà  été 
recommencé  il  y  a  quelques  années'^',  et  qui  n'a  discontinué  C[u'à  cause  de  la  peti- 
rrtesse  du  lieu  où  elle  se  trouve,  en  comparaison  de  la  nudtitude  de  volumes 
ff  qu'elle  renferme  ^'l  n  Cincj  ans  après,  on  déclare  d'une  manière  positive  que  rrla 
rr bibliotèque  sera  ouverte  au  public  trois  fois  la  semaine,  depuis  onze  heures  du 
rr  matin  jusqu'à  une  heure  après  midi^^'.i^  Mais  cette  promesse  n'était  pas  encore 
réalisée  en  lyS/i,  car,  à  cette  ànte ,V Alnianach 7'oijaJ  annonce  encore  que,  rc quoique 
rrles  travaux  que  le  Roy  a  ordonné  depuis  quelque  tems  pour  l'embellir  n'ayent 
frpas  encore  permis  de  la  rendre  publique  à  des  jours  et  heures  marquées,  les 
rrsçavans  et  les  curieux  françois  ou  étrangers  y  trouvent  en  tout  tems  un  accès 
fr  facile  W.T  C'est  l'année  suivante  que  ces  projets,  si  longtemps  dilférés,  reçurent 
leur  exécution;  on  lit,  en  effet,  dans  un  Guide  de  1786  :  rt  Quoique  les  travaux 
rr  qu'on  fait  faire  à  la  bibliothèque  du  Roi  ne  soient  pas  encore  finis,  on  ne  laisse 
rrpas  d'y  recevoir  les  mardis  et  vendredis  jusqu'à  midi  ceux  qui  y  vont  pour 
f  étudier;  et  ceux  c|ue  la  curiosité  seule  y  conduit  y  trouvent  toujours  un  accès 
rr  facile  auprès  des  pei'sonnes  à  qui  M.  Bignon  en  a  confié  le  soin  '^'.n  L'Almanacli 
royal  de  1787  confirme  purement  et  simplement  cette  asseiiion''''.  Ajoutons  que 
les  vacances  duraient  du  8  septembre  au  i5  novembre,  et  qu'aucun  changement 
n'eut  lieu  dans  cette  organisation  jusqu'à  la  fin  du  xvui*' siècle. 

On  travaillait  alors  activement  à  l'impression  du  catalogue  des  livres  imprimés, 
dont  la  rédaction  avait  été  confiée  à  Capperonnier,  Boudot  et  Sallier.  Le  premier 
volume  parut  en  1739,  le  sixième  et  dernier  en  1753-.  ils  furent  l'objet  de  cri- 
tiques assez  vives  Les  trois  premiers  volumes  sont  consacrés  à  la  théologie,  les 
deux  suivants  aux  belles-lettres,  le  sixième  à  une  partie  de  la  jurisprudence.  En 
tète  se  trouve  un  Mémoire  historique  sur  la  hibliollièquc  du  Roy,  résumé  fait  avec 
soin,  mais  fort  incomplet  pour  les  temps  qui  précèdent  le  règne  de  Louis  XIII; 
l'auteur  a  cependant  le  mérite  d'avoir  ouvert  la  voie  et  facilité  la  tâche  de  ses 
successeurs.  Le  Catalogus  codicum  manuscriplorum  hihliolhecœ  regiœ  devait  ])araîti'e 


Allusion  il  la  teatalivo  faite  en  ifig-j. 
AliiKiiiarh  vdijal,  années  1 7-3 1  et  1 732  ,  p.  'j5 3. 
Abnanach  royal,  année  1727,  p.  281. 
Abnanach  roijal ,  année  1734,  p.  3ii. 
S.  de  Valhebcrt.  L'agenda  du  roijagciir  à 
Paris,  p.  08. 


Abnanach  royal,  année  1737,  p.  393. 

Voyez  J.  Saas,  Lettre  d'un  académicien  à  M*" 
sur  le  catalogue  de  la  hihUothè'iuc  du  Roi,  s.  i.  n.  (1. 
in-i  2. 

L'alibé  Jourdain,  entré  comme  secrétaire  à 
la  bibliothèque  e''  juillet  172/1. 


niBLlOTIIKQUE  DU  ROI.  203 

en  inniic  temps  ([iic  celui  des  imprimés;  quali'e  volumes  seulement  fui-eiit  pu- 
bliés, de  1739  à  17/1/1. 

La  retraite  et  la  mort  si  rappi-ocliées  de  deux  surintendants  avaient  momenla- 
némont  ralenli  les  ac([uisilions;  elles  reprirent  en  1706  par  l'achat  de  cinquanle 
manuscrits  du  savant  Ducann^e,  pres(|ue  tous  l'elalifs  à  la  Picardie,  et  (jui  lurent 
j)ayés  au  moyen  dune  l'entc  via<jèrc  de  trois  mille  livres'''.  Le  3  avril,  on  eut 
trois  cents  précieux  volumes  appartenant  à  la  cathédrale  de  Paris Dans  le 
cours  de  la  même  année,  la  bibliothèque  du  Roi  reçut  encore  la  collection  d'es- 
tampes du  maréchal  d'Lxelles,  (!t  quatre  cents  manuscrits  de  M.  de  Sérilly  qui 
i'orniaient  le  plus  riche  recueil  de  jurisprudence  qu'il  y  eût  alors  en  Europe, 
ï/année  suivante,  on  acheta  pour  vin^jt-deux  mille  francs  les  trois  mille  trois  cents 
médailles  rassemblées  par  M.  de  Cary  Ce  fut  bientôt  le  tour  d'un  des  plus  pré- 
cieux cabinets  de  Paris,  celui  du  médecin  Falconet,  qui  avait  réuni  près  de 
cinquante  mille  volumes'*'.  En  17/12,  il  ofïVit  à  Louis  XV  tous  ceux  de  ses  livres 
qui  ne  se  trouvaient  pas  à  la  bibliothèque  du  Roi  '■'',  s'en  réservant  seulement  l'usage 
pendant  sa  vie '°'.  Falconet  mourut  en  1762'^',  et  Capperonnier  fut  alors  chargé 


'  '  Leprince ,  Essni  historique  sur  la  bibliolhèfjue 
du  Roi,  p.  208. 

Voyez  tome  1",  p.  38  et  suiv. 

Mai'ion-Duinersan ,  Histoire  du  cabinet  des 
médailles,  p.  161. 

Mémoires  secrets  dits  de  Backaumont ,  9  fé- 
vrier et  ili  novenil)re  176-2,  t.  t,  p.  ho  et  lAG. 
—  Avertissement ,  en  tète  du  Catalogue  de  la  biblio- 
thèque de  Falconet,  p.  v. 

Le  Tliieullicr,  UrerislaudatioC.  Falconet,  p.  20. 

Avertissement,  en  tête  du  Catalogue  de  la  bi- 
hlinlhcque  de  Falconet,  p.  vi. 

Le  nom  do  Falconet  fut,  pendant  plus  de  deux 
siècles,  célèbre  dans  la  médecine.  Camille  Falconet 
était  le  pelit-rds  d'André  Falconel ,  qu'une  intime 
amitié  unissait  à  Gui  Patin,  et  c"est  sans  doute  dans 
la  fréquentation  du  savant  bibliophile  que  le  jeune 
homme  puisa  cet  amour  des  livres  qui,  autant 
que  ses  travaux  scientifiques,  l'ont  recommandé  à  la 
postérité.  Dès  i'iîge  de  vingt  et  un  ans,  il  commença 
à  former  sa  bibliothèque,  et  il  poiu-suivit  celte  tache 
juscpi'à  sa  mort  arrivée  soixante  et  dix  ans  plus  tard. 
Devenu  médecin  du  duc  de  Bouillon,  il  se  concilia 
rapidement  ralTection  de  celle  famille,  et,  quand 
mademoiselle  de  Bouillon  mourut,  elle  lui  légua  la 
belle  bibliothèque  qu'elle  tenait  de  son  père.  Ce 
n'était  au  reste  pas  pour  lui  seul  que  Falconet  réu- 
nissait tant  de  volumes;  connue  Gui  Patin,  il  met- 
tait avec  empressement  ses  trésors  bibliographiques 
à  la  disposition  non-seulement  de  ses  amis,  mais 


même  de  toutes  les  personnes  studieuses.  Un  de 
ses  biographes  nous  dit  que  la  célèbre  devise  de 
Grollier  ciit  dii  figurer  sur  tous  ses  livres,  et  un 
ouvrage  publié  de  son  vivant  nous  déclare  que 
(fsa  bibliothèque  pourroit  être  mise  au  rang  des 
rrbibliolhèques  publiques,  puisque  les  gens  de 
rrlellres  ont  la  liberté  d'y  aller  faire  les  recherches 
rrdoiit  ils  ont  besoin. n  On  assure  même  quil  lui 
arrivait  souvent  de  racheter  des  ouvrages  qu  il 
avait  prêtés,  supposant  que,  puisqu'on  ne  les  lui 
rendait  pas,  on  les  avait  perdus,  ou  i'on  désirail 
les  garder.  Ouand  l'âge  le  força  de  renoncer  à  sa 
profession,  il  se  livra  tout  entier  à  la  recherche  des 
seules  richesses  qu'il  ail  jamais  souhaitées  :  frlotus 
fffnit  in  augendis  avidilale  spleudida  diviliis  quibus 
ffsolis  vota  excitari  poluissent  alque  cumulari.n 
Nous  n'avons  pas  rencontré  (Vex  libris  gravé  sur 
ses  volumes,  mais  il  écrivait  souvent  au  milieu  du 
litre  cette  phrase  : 


qui  ne  présente  guère  d'autre  variante  que  la  date 
de  l'année  où  il  avait  acheté  le  livre. 

Outre  les  ouvrages  déjà  cités,  on  peut  consulter 


2G. 


20/1  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

fie  l'examen  des  volumes;  après  dix-huit  mois  de  travail,  il  y  prit  pour  la  biblio- 
thèque onze  mille  soixante  et  douze  volumes  estimés  au  moins  vingt  mille  livres. 
Le  roi  n'avait  cependant  donné  à  Falconet  qu'une  rente  de  douze  cents  livres  ré- 
versible sur  la  tête  de  sa  sœur;  les  autres  héritiers  réclamèrent  auprès  de  Bignon, 
qui  fit  accorder  au  sieur  Drouet,  neveu  du  défunt,  la  survivance  de  la  pension 
de  douze  cents  livres;  il  obtint  en  même  temps  pour  Gapperonnier  une  gratifica- 
tion de  six  cents  livres  f'^l 

L'expulsion  des  Jésuites,  qui  eut  lieu  l'année  suivante,  fit  encore  entrer  rue 
Richelieu  un  grand  nombre  de  volumes.  Ces  religieux  avaient  cà  Paris,  dans  diflé- 
rents  établissements,  trois  bibliothèques  et  l'abbé  Boudot  fut  chargé  d'y  prendre 
les  ouvrages  que  le  roi  ne  possédait  pas.  Le  savant  évêque  d'Avranches,  Huet,  avait, 
en  1691,  légué  tous  ses  livres  aux  Jésuites  de  la  maison  professe,  rue  Saint-An- 
toine, à  condition  qu'ils  seraient  conservés  à  part,  et  que,  sous  aucun  prétexte, 
ils  ne  seraient  déplacés,  rrsin  secus  fiât,  disait  l'acte  de  donation,  irritam  esse  do- 
rr  nationem  hanc,  et  liœredibus  suis  hîeredumve  posteris  bibliothccœhujus  repetendfe 
rr  jus  auctoritatemqueessevoluit.  n  Ces  livres  allaient  être  vendus,  quand  M.  de  Char- 
signé,  neveu  et  héritier  de  Huet,  les  réclama,  et  un  arrêt  du  1 5  juillet  1-768  les  lui 
attribua.  L'impératrice  de  Russie  en  offrit  cinquante  milleécus;  M.  de  Charsigné 
refusa,  et,  ne  sachant  où  placer  tant  de  volumes,  il  pria  M.  Bignon  de  les  recevoii- 
en  dépôt.  Celui-ci  les  fit  provisoirement  installer  dans  une  des  salles  de  la  biblio- 
thèque du  Roi;  il  s'entendit  ensuite  avec  le  ministre  pour  tâcher  de  les  y  consei- 
ver.  Des  ouvertures  furent  faites  en  ce  sens  à  M.  de  Charsigné,  qui,  moyennant 
une  rente  de  dix-sept  cent  cinquante  livres ,  céda  au  roi  la  bibliothèque  de  son  oncle. 
Elle  se  composait  de  huit  mille  deux  cent  soixante  et  onze  volumes  imprimés,  et 
de  deux  cents  manuscrits  grecs,  latins,  turcs  et  arabes. 

En  1765,  le  président  de  Mesnières  offrit  à  Louis  XV  soixante  et  onze  cartons 
remplis  de  litres  originaux.  La  même  année  on  acquitte  cabinet  de  M.  de  Foii- 
tanieu,  riche  en  imprimés,  en  manuscrits'^',  en  estampes''^',  et  renfermant  plus 


sur  celte  bibliothèque  ■.Encyclopédie ,  t.  II,  p.  287; 
—  Méinoiresur  la  vieetles  ouvrages  de  MM.  Falconet , 
p.  1  h  elsuiv.  —  Leprince.  Essai  historifjiie  sur  la  hi- 
hliollicque  du  Roi,  p.  io3  ;  —  Pigauiol  de  la  Force, 
Description  historique  de  Paris,  t.  III,  p.  686;  — 
Lebean ,  Eloge  de  Falconet,  1  yG-i ,  in-i°;  —  Dibdin , 
Voyage  bibliographique,  t.  III,  p.  121  et  128. 

Le  catalogue  de  la  colloclion  entière  a  été 
publié  sous  ce  titre  :  Catalogue  de  la  bibliothèque  de 
feu  M.  Falconet,  médecin  consultant  du  roi  et  doyen 
des  médecins  de  la  Faculté  de  Paris,  Paris,  lytiS, 
2  vol  in-8°.  Les  livres  acquis  par  la  bibliothèque 
sont  [)lacés  entre  deux  crochets.  Aujoiu'd'luii  encore , 
[jour  certaines  matières,  le  catalogue  de  la  biblio- 


thèque impériale  renvoie  aux  numéros  du  catalogue 
de  Falconet. 

Archives  de  l'Empire,  série  M,  carton  n°  79/1. 

Voyez  plus  loin  nos  notices  sur  les  biblio- 
thèques du  collège  Louis-le-Grand ,  de  la  Maison 
professe  et  du  Noviciat  des  Jésuites. 

L'acte  de  vente  est  du  27  août.  Voyez  à.  la 
Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  fran- 
çais, n°  i3oo6. 

L'inventaire  général  ot  le  catalogue  forment 
sept  volumes  in-folio,  qui  sont  conservés  à  la  Bi- 
bliothèque impériale,  manuscrits,  fonds  français, 
n"  i3oo7  à  1 3oi3. 

Le  catalogue  des  dessins  et  des  estampes  se 


BIBLIOTHEQUE  DU  ROI.  205 

de  soixante  mille  pièces  détachées  relatives  à  l'histoire  de  France ''^  Presque  aus- 
sitôt, Capperonnier,  qui  avait  remplacé  Melot,  mort  en  lyÔQ,  ohtint  pour  le 
l'oi,  du  duc  de  la  Vallière,  plusieurs  manuscrits  précieux;  on  acheta  en  même 
temps  cent  boîtes  pleines  de  titres  généalogiques,  qui  avaient  été  rassemblés  par 
Blondeau  de  Charnage.  En  1770,  Fevret  de  Fontette  céda  à  la  bibliothèque  sa 
magnifique  collection  d'estampes;  et  Dubuisson  lui  vendit  un  curieux  recueil  de 
titres  et  de  généalogies. 

Il  fut  alors  question  encore  une  fois  de  déplacer  la  bibliothèque.  Louis  XV 
ayant  résolu  de  continuer  le  Louvre,  on  songea  à  l'y  installer  et  à  vendre  l'em- 
placement de  la  rue  Richelieu  (-';  mais  ce  projet  n'eut  pas  de  suite. 

Armand-Jérôme  Bignon  mourut  le  8  mars  1772  et  son  fils  Jean-Frédéric 
lui  succéda  :  Louis  XV  avait  tenu  à  conserver  cette  savante  dynastie,  qui  depuis 
près  d'un  siècle  et  demi  régnait  sur  la  bibliothèque  du  Roi. 

Pendant  la  première  année  du  règne  de  Louis  XVI,  on  acheta  pour  3  00,0 00  francs 
les  82,699  médailles  de  Joseph  Pellerin^*';  puis,  successivement,  une  partie  du 
célèbre  cabinet  d'estampes  de  Mariette;  un  grand  nombre  de  volumes  et  de  ma- 
nuscrits indiens,  persans,  russes,  arabes  et  chinois;  huit  mille  titres  originaux 
vendus  par  Jault  (1780);  les  portefeuilles  de  l'orientaliste  Louis  de  Fourmont; 
soixante  estampes  de  Finiguerra  trouvées  à  Constantinople  (1781),  elles  manus- 
crits de  Capperonnier,  qui  était  mort  en  1775. 

Jean-Frédéric  Bignon  se  retira  en  1781  et  fut  remplacé  par  J.-C.-P.  Lenoir, 
l'ancien  lieutenant  général  de  police;  trois  ans  après.  Van  Praet  entrait  à  la 
bibliothèque.  En  dehors  de  deux  cent  cinquante-cinq  manuscrits  provenant  de 
la  collection  du  duc  de  La  Vallière,  elle  n'acquit  guère,  durant  les  années  qui 
suivirent,  que  des  médailles  et  des  antiques.  On  acheta  la  collection  de  M.  Goii- 
sinery,  agent  de  France  à  Salonique  (1787),  et  les  riches  cabinets  de 
MM.  Dennery  et  Tressan. 

Mais  déjà  la  Révolution  s'annonçait  et  allait  porter  le  trouble  au  sein  de  la 
bibliothèque  du  Roi;  en  revanche,  nous  la  verrons  tout  à  l'heure  tripler  d'un 
trait  de  plume  le  nombre  des  volumes  qui,  depuis  le  commencement  de  la  se- 
conde race,  s'entassaient  dans  cet  établissement.  L'Assemblée  constituante  réduit 
d'abord  de  160,000  à  110,000  livres^'''  le  budget  qui  lui  est  alloué  pour  les 


trouve  à  la  Bibliothèque  impériale,  manuscrits, 
fonds  français,  n"  iSoi'a. 

Il  en  existe  de  très-nombreux  catalogues. 
Voyez  à  la  Bibliothèque  impériale,  dans  le  fonds 
français,  les  n"  9^36  et  i3ooG  à  i3oi  A. 

Mémoires  secrets  dits  de  Bachaumont ,  1 1  cl 
I  i  janvier  1  768 ,  t.  III,  p.  281  et  283. 

Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions ,  t.  XL , 
p.  187. 


Marion-Dumersan ,  Histoire  du  cabinet  des  mé' 
dailles,  p.  i  Ga.  —  En  177^  ,  I  impératrice  de  Bus- 
sie  en  avait  offert  cinq  cent  mille  livres.  Mémoires 
secrets  dits  de  Bachaumont,  5  avril  ijjà,  t.  VII, 
p.  i55. 

Marion-Dumersan,  Histoire  du  cabinet  des 
médailles,  p.  iGa. 

En  1787,  le  budget  de  la  bibliothèque  avait 
élé  augmenté  de  dix  mille  livres.  Voyez  une  lettre 


-JOf)  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Iioiioraires  du  personnel  et  les  achats  de  livres (3  septembre  1790);  elle  lui 
enlève  ensuite  son  nom ,  et  la  Bibliolhêque  du  Roi  devient  Bibliothèque  nationale 
(1792). 

Lenoir,  dont  la  nomination  avait  été  assez  mal  accueillie,  est  forcé  de  donner 
sa  démission  en  i79o('-',  et  Louis  XVI  confie  la  direction  de  la  bibliothèque, 
(|ui  comptait  alors  1  52,868  volumes  imprimés'^',  au  descendant  d'une  des  ])lus 
anciennes  familles  de  France,  à  Ainie-Louis-François  de  Paule  Lefèvre  d'Oi- 
messon  de  Noyseau.  Rolland  le  destitua  et  nomma  pour  le  remplacer  Carra 
et  Chamfort  ;  mais,  en  septembre  1792,  ces  deux  administrateurs,  Van-Praet, 
l'abbé  Barthélémy  et  son  neveu  de  Courçay  furent  arrêtés  et  enfermés  aux 
Madelonnettes.  Van  Praet  put  s'échapper  et  trouva  un  refuge  chez  le  libraire 
Tli.  Barrois  ;  Carra  fut  guillotiné  quelques  mois  seulement  avant  d'Ormesson, 
son  prédécesseur,  et  les  deux  Barthélémy,  mis  en  liberté,  reprirent  leur  place 
au  cabinet  des  médailles  juste  à  temps  pour  empêcher  qu'elles  fussent  toutes 
envoyées  à  la  fonte,  comme  l'avait  proposé  Romme,  alors  président  du  comité 
d'instruction  publique Après  la  mort  tragique  de  Chamfort,  les  fonctions  de 
bibliothécaire  national  furent  confiées  à  Lefèvre  de  Villebrune,  qui  les  remplit 
jusqu'en  1795. 

La  bibliothèque  reçut  alors  une  organisation  nouvelle.  A  la  suite  d'un  rapport 
de  Villiers,  l'Assemblée  nationale,  considérant  rr qu'il  existe  une  place  de  biblio- 
rrtliécaire  créée  par  un  tyran  que  la  flatterie  a  surnommé  le  restaurateur  des 
rf lettres.  .  .  que  le  mérite,  incapable  de  s'avilir  en  rampant,  fut  privé  de  cette 
rr  position,  qui  fut  réservée  à  quelques  familles  privilégiées  dont  la  bibliothèque 
rr  semblait  être  l'héritage;  qu'ainsi,  dans  les  états  monarchiques,  tout  est  trafic 
rrou  prérogatives,  mais  que  le  régime  républicain  ne  souffre  point  de  charges 
rr  aristocratiques  n  déclara  supprimée  la  place  de  bibliothécaire  de  la  Biblio- 
thèque nationale,  et  ordonna  que  l'établissement  serait  désormais  administré 
par  un  conservatoire  composé  de  huit  membres,  et  qui  choisirait  lui-même 
dans  son  sein  un  directeui-.  Le  choix  se  porta  sur  Legrand  d'Aussy,  alors  con- 
servateur des  manuscrits.  Voici  le  texte  de  ce  décret,  qui  a  régi  la  bibliothèque 
jusqu'en  1  882  : 


de  M.  d'Ormesson,  dalée  du  17  décembre  1791. 
Archives  de  l'Empire,  se'rie  M,  11°  797. 

LeUre  à  MM.  les  commissaires  des  biens  nnlio- 
naux.  Archives  de  l'Empire,  série  M,  corton  797. 
—  Observations  sur  la  bibliothèque  du  Uoi ,  brocli. 
in-8°,  s.d.  Archives  de  l'Empire ,  série  M,  cnrion  7()'i. 

Voyez  L'an  i']8'],  précis  de  l'administration 
de  la  bibliothèque  du  Roi  sous  M.  Lenoir,  in- 12  de 
16  p.  s.  1.  n.  d. 

Cliampoliion-Figeac,  dans  le  Dictionnaire  de 


la  conversation ,  t.  VI,  p.  88.  —  A. -A.  Barbier  dit 
900,000  volumes  imprimés  et  60,000  manuscrits; 
Annuaire  administratif  du  département  de  la  Seine. 
par  Allard,  p.  /106. 

Marion-Dumersan,  Histoire  dn  cabinet  da 
médailles,  p.  168. 

Rapport  présenté  au  nom  du  comité  d'instruc- 
tion publique  sur  l'organisation  de  la  Bibliothèqtie 
nationale,  dans  la  séance  du  6  vendémiaire  an  n  . 
Archives  de  l'Empire,  série  AD,  carton  n°  •2-20. 


BIBLIOTHKQUE  DU  ROI. 


207 


La  Convontion  iialionaio,  après  avoir  onlendii  lo  rapport  de  son  comité  d'inslriiclion  publique, 
d('crèle  : 

Article  premikr. 

La  place  do  ])i])liolh('cairc  do  la  Bibliothèque  iiationalo  est  supprimée. 

Art.  2. 

Ledit  établissomonl  sera  désormais  administré  par  un  Conservatoire  composé  do  liuil  membres, 
savoir  : 

i"  Deux  conservateurs  pour  les  livres  imprimés'''; 
2°  Trois  pour  les  livres  manuscrits''^'; 

3°  Deux  pour  les  antiques,  les  médailles  et  les  pierres  gravées '''; 
h°  Un  ])our  les  estampes'^'. 

Art.  3. 

Tous  les  conservateurs  auront  les  mêmes  droits  et  recevront  le  même  traitement,  (jui  sera  de 
six  mille  livres. 

Art.  li. 

Il  sera  nonnné  dans  le  soin  du  Conservatoire,  et  par  les  consor\ atours  oux-mènies,  un  direc- 
leur  temporaire,  dont  les  fonctions  se  borneront  à  surveiller  l'exécution  dos  règlements  et  déli- 
bérations du  Conservatoire,  qu'il  présidera;  il  correspondra,  au  nom  de  tous  les  conservateurs, 
avec  le  pouvoir  executif,  pour  les  affaires  générales  qui  intéressent  la  Bibliothèque  nationale. 

Art.  5. 

Le  directeur  sera  lonouvelé  tous  les  ans;  néanmoins  il  pourra  être  continué,  mais  pour  une 
année  seulement. 

Art.  6. 

Les  attributions  annuelles,  décrétées  pour  l'établissement,  seront  remises  en  masse  à  un 
membre  du  Conservatoire,  nommé  par  ses  collègues,  pour  être  répai  ties  sous  sa  responsabilité. 

Art.  7. 

L'administration  des  difl'oronts  (h'pêts  et  tous  les  détails  relatifs  à  l'organisation  particulière 
du  Conservatoire  seront  l'objet  d'un  règlement  que  les  conservateurs  demeurent  chaigés  de 
rédiger  et  de  soumettre  au  pouvoir  exécutif. 

Art.  8. 

La  première  nomination  des  membres  du  Conservatoire  sera  faite  par  la  Convoiilion  natio- 
nale, .sur  la  présentation  du  comité  d'instruction  publique. 


Ce  furent  Capperonnier  et  V  an  Praet. 
Langlès ,  Laporte  dn  Tlioil  et  Legrand  d'Auss 


Barthélémy  de  Courçay  et  Millin. 
")  Joly. 


208 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


Art.  9. 

En  cas  de  vacance  d'une  place  de  conservateur  par  mort,  démission  ou  autrement,  le  Conser- 
vatoire nommera  le  savant  ou  homme  de  lettres  qu'il  jugera  le  plus  propre  à  remplir  la  place 
vacante. 

Art.  10. 

Le  Conservatoire  nommera  aux  autres  places  de  l'e'tablissement  sur  la  présentation  du  conser- 
vateur dans  la  partie  dutpiel  les  places  seront  vacantes. 

Art.  1 1 . 

II  sera  affecté,  sur  les  fonds  de  la  trésorerie  nationale,  une  somme  de  cent  quatre-vingt-douze 
mille  livres,  tant  pour  le  traitement  des  conservateurs  et  des  employés  que  pour  les  dépenses 
et  augmentations  de  la  Bibliothèque'^'. 

On  comprend  qu'au  milieu  de  ces  bouleversements  la  Bibliothèque  avait  dû 
faire  plus  de  pertes  que  d'acquisitions.  Il  avait  fallu  un  décret  de  la  Convention 
pour  empêcher  que  des  mains  trop  zélées  mutilassent  toutes  les  reliures  sous  pré- 
texte d'en  faire  disparaître  les  insignes  de  la  royauté  '^l  Le  même  décret  ordonnait 
(jue  désormais  les  volumes  porteraient  comme  seule  marque  rtles  lettres  R  F  et 
cries  emblèmes  de  la  liberté  et  de  l'égalité  ;t)  enfin,  aux  termes  de  l'article  7, 
les  fabricants  de  papiers,  iuiprimeurs,  relieurs,  graveurs,  etc.  ne  devaient  plus 
rrse  servir  de  formes  ni  d'ornements  fleurdelisés  ou  armoriés, n  Rappelons,  pour 
montrer  que  l'époque  révolutionnaire  n'eut  pas  le  monopole  de  ces  puérilités, 
qu'en  1816  M.  de  Chazet  proposa  de  changer  la  reliure  de  tous  les  volumes  qui 
portaient  les  armes  impériales'*'. 

Le  décret  de  la  Convention  n'aboutit  qu'à  faire  modifier  encore  une  fois  les 
marques  et  les  estampilles  de  la  Bibliothèque. 

Le  premier  modèle  enqjloyé  représente  un  faisceau  surmonté  du  bonnet  de  la 
liberté  et  entouré  d'une  couronne  de  laurier;  en  exergue  on  lit  les  mots  BIBLIO- 
THÈQUE NATIONALE,  On  trouve  ensuite  une  estampille  sur  laquelle  les  lettres 
R  F  entrelacées  figurent  seules  avec  la  même  inscripti  on  : 


Loidwsô  vendémiaire  ann-  (17  octobre  lyg.S)  mairies  et  autres  marques  de  propriétés  féodales  em- 

relative  à  l'organisation  de  la  Bibliothèque  nationale.  preinles  sur  la  reliure  de  tous  les  livres  de  la  liihliih- 

2/1  octobre  1793.  thèque  nationale.  Archives  de  l'Empire,  série  AD. 

Voyez  une  brochure  fort  curieuse  intitulée  :  carton  n°  920. 

Conversation  familière  entre  un  homme  de  lettres  et  Voyez  le  Bulletin  de  l'alliance  des  arts,  n°  du 

un  ancien  libraire  sur  le  projet  de  supprimer  les  ar-  10  décembre  18/46,  p.  201. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  BOI.  '20\) 

Sur  le  dos  d'un  grand  nombre  de  volumes  reliés  à  cette  époque,  on  rencontre 
lin  monogramme  beaucoup  plus  logique,  un  B  et  une  N  entrelacés  : 


Les  projets  de  déplacement  surgissaient  de  toutes  parts.  En  l'an  iv,  Hamel, 
député  de  l'Aude,  proposa  au  conseil  des  Cinq  Cents  de  ternnner  le  Louvre,  de 
placer  les  tableaux  dans  la  galerie  du  Nord,  et  la  Bibliothèque  nationale  dans  la 
galerie  qui  longe  la  rivière.  Il  développait  ainsi  son  programme  pour  le  déména- 
gement :  crLes  livres  de  la  Bibliothèque  nationale  seront  attachés  ensemble  avec 
(Tun  numéro  d'ordre.  Les  tablettes  seront  transportées  dans  l'ancienne  galerie  du 
rr Louvre.  Lors(jue  les  tablettes  seront  établies,  les  douze  nouveaux  arrondis- 
ffsements  de  Paris  enverront  chacun  mille  hommes  le  jour  de  décade  qui  sera 
rr indiqué.  Ces  citoyens  seront  rangés  sur  six  fdes  dans  les  rues  qui  commu- 
frniquent  de  la  Bibliothèque  nationale  à  la  galerie.  Il  sera  détendu  ce  jour-là 
rrde  traverser  les  rues  occupées  par  les  files'''.  .  .  Trois  ans  plus  tard,  il  hil 
<|uestion  d'attribuer  à  la  Bibliothèque  l'église  de  la  Madeleine,  alors  à  peine 
commencée''^*,  et,  en  lan  ix,  un  déci-et  des  consuls  ordonna  sa  translation  au 
Louvre 

Pendant  c(;  temps,  nos  généraux  se  Taisaient  |)ayer  en  objets  d'art  et  en  livres 
précieux  les  triomphes  (ju'ils  remportaient.  C'est  ainsi  qu'arrivèrent  successi- 
vement à  la  Bibliothèque  nationale  de  nombreux  manuscrits  provenant  des 
collections  de  la  Belgique,  de  la  Hollande,  du  Vatican,  de  Venise  et  de  Munich 
La  Bévolution  venait  en  outic  de  mettre  à  la  disposition  des  bibliothécaires  de 


De  Laborde .  Première  lettre  sur  l'organisation 
des  bibliothèrjues  dans  Paris ,  p.  9.1. 

A.-J.-B.  de  Gisors.  Projet  d'étahlissemmt  de  la 
Bihiiollicque  nationale  dans  l'édifice  ci-decaiil  destiné 
à  la  paroisse  de  la  Madeleine. 

Sur  tous  ces  projets,  voyez  L.  de  Laborde, 


Bévue  critique  des  pr.jjels  présentés  pour  le  déplace- 
ment de  la  Bibliothèque  roijale,  18/1 5,  in-8°;  et  la 
Topographie  de  Paris,  au  cabinet  des  estampes  de 
la  Bibliothèque  impériale. 

Ces  manuscrits  nous  lïu'ent  repris  en  181. 5, 
en  vertu  du  même  droit  qui  nous  les  avait  acquis. 


M. 


27 


•2\()  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Paris  un  trésor  incomparable,  et  tel  qu'aucune  époque  n'en  avait  encore  vu. 
()uand  l'Assemblée  nationale  déclara  supprimées  les  maisons  ecclésiastiques,  elle 
ordonna  que  leurs  biens  feraient  retour  à  l'Etat.  Presque  toutes  possédaient 
de  précieuses  bibliotlièques,  et  l'on  forma  des  quinze  cent  mille  volumes 
(ju'elles  contenaient  huit  grands  dépôts,  qu'enrichirent  encore  les  livres  con- 
fisqués chez  les  émigrés.  Les  chefs  des  bibliothèques  conservées  furent  autorisés 
à  y  ciioisir  les  ouvrages  qui  manquaient  à  leurs  collections,  et  Van  Praet  y  re- 
cueillit trois  cent  mille  volumes  pour  la  Bibliothèque  nationale.  Plus  de  dix 
mille  manuscrits,  arrachés  à  l'incendie  de  Saint-Germain-des-Prés'^',  y  entrèrent 
à  la  fois;  les  autres  manuscrits,  classés  suivant  leur  origine,  composèrent  plu- 
sieurs fonds  spéciaux,  qui  portèrent,  jusqu'à  ces  dernières  années,  le  nom  des 
communautés  religieuses  auxquelles  ils  avaient  été  enlevés.  Tous  les  manuscrits 
acquis  à  celte  époque,  qu'ils  provinssent  des  maisons  ecclésiastiques  supprimées 
ou  des  collections  particulières  saisies,  viennent  d'être  réunis  à  l'ancien  fonds  de 
la  Bibliothèque,  et,  comme  ceux-ci,  classés  suivant  la  langue  dans  laquelle  ils 
sont  écrits. 

De  nouvelles  acquisitions  portèrent,  en  1818,  à  huit  cent  mille'"'  le  nombre 
(les  volumes  possédés  parla  bibliothèque  du  Boi,  qui  renfermait  en  1860  quinze 
cent  mille  volumes environ. 

Résumons  maintenant  rapidement  les  faits  que  nous  avons  racontés. 


IMPRIMES  ET  MANUSCRITS. 


JEAN 
(i35o  h  i36/i). 

CHAULES  V 
(1.364  Ji  i38o). 

—  1373  — 
973  volumes 
CHVRLES  VI 
(i38o  à  1/133). 

CIIAnLES  VII 
(1I23  à  i4Ci  ). 

-  1423  — 

853  volunn^s*^). 

LOUIS  .\1 
(i4Gi  il  i484). 

CHARLES  VIII 
{ 1/18/1  à  1/198). 


Gilles  Malet,  garde  de  la  librairie.  i368?à  ikii  

Antoine  des  Essarts,  garde  de  la  librairie,  iki  1  à  1  A l 'j . 
Ganiier  de  Saint-Yon ,  garde  de  la  librairie.  1  i  1 2  à  1  /i  1  3. 

Jean  Maulin,  garde  de  la  librairie  i4i3?  à  ik^b  

Gainier  de  Saint-Yon,  garde  de  la  librairie,  1  4i8  à  1  iaq. 

Laurent  Palmier,  garde  de  la  librairie,  ih']^  

Jean  Prévost,  garde  de  la  librairie.  14^3  

Robert  Gaguin,  garde  de  la  librairie.  1/180  

Jean  Lascaris,  garde  de  la  librairie.  i5oo  


I  a  Paris ,  au  palais  de  la  Cilélf). 
[  (i3ôo  à  1367.) 


A  Paris , 
la  tour  du  Louvre 
(  1367  il  i5oo.  ) 


Chanipollion-Fig'eac,  dans  le  Dictionnaire  de 
la  conversation ,  t.  VI,  p.  71. 

Pniil  Lacroix,  Réforme  de  la  bibliothèque  du 
Hoi,  p.  G9. 

Voyez  tomel",  p.  la.S. 
''''  Petit-Radel ,  Recherches  sur  les  Inhtiothèques 
anciennes  et  modernes,  p.  3hh. 


Jules  Taschereau,  Accrlissemcnl ,  en  tèle  du 
premier  volume  du  Catalogue  de  l'histoire  de 
France. 

Voyez  page  11-2. 

Voyez  page  1 1  3. 

Voyez  page  1 1  4 . 

Voyez  page  128. 


lUBLIOTIlÈOUE  DU  ROI. 


211 


LOllS  Ml 
1A98  à  i5i5). 

—  15i/i- 
i.Sgo  volumes  I''. 


FRANÇOIS  I" 
(  i5i5  à  15/17). 


HENRI  II 

(1547  à  1559) 
FRANÇOIS  II 
( 1 559  à  1 560  ) 
CHARLES  IX 
( i56o  à  1576  ) 

HEMil  111 
(  1674  à  iSSg) 

HENRI  IV 
(1589  à  1610) 

LOLIS  XIII 
(  1610  à  iGia ) 

—  1642  — 
6,000  voliimps 


LOUIS  XIV 
( 1649  à  17 15 )■ 

-1661  — 
16,766  voluniei. 

-  1669  — 
3o,ooo  volumes. 

—  1688  — 
43,000  volumes. 


—  1715  — 
70,000  volumes. 


François  dv  Refige,  frarde  de  la  librairie.  tï)ok  

Guillaume  de  Sanzay,  ^arde  de  la  librairie.  i5o()  

Adam  L AIGRE,  ^j-arde  de  la  librairie.  iHiG  

Guillaume  Petit,  garde  de  la  librairie.  i5i8  

Jacques  LefIèvre  d'Etaples,  garde  de  la  librairie.  i53o.  . 
Guillaume  BUDE,  maïtixe  de  la  libuairie.  1622  à  i56o  . 

Jean  DE  LA  Barre,  garde  de  la  librairie.  i53i  

Melliii  DE  Saint-Gelais,  garde  de  la  librairie.  1 534  à  1  SiT). 

Pierre  Gilles,  garde  de  la  librairie.  1622  

Malliieu  Labisse,  garde  de  la  librairie,  ihhh  à  i56o..  .  . 
Pierre  DUCHASTEL,  maître  de  la  librairie.  i5Zioài552. 
Pierre  DE  MONDORE,M^/T/îE/)£L/i  librairie.  155231667. 
Jacques  AMYOT,  maître  de  la  librairie.  1667  à  1593. 

Jean  Gosselin,  garde  de  la  librairie.  i56o  à  160/4  

Jacques-Auguste  DE  THOU,  maître  de  la  librairie.  1  693 

{11617  

Isaac  Casaubon,  garde  de  la  librairie.  i6o4à  161/1.... 
.Nicolas  RiGAULT,  garde  de  la  librairie.  161  5  à  i645.  .  .  . 
François  DE  THOU,  maître  de  la  librairie.  16173  16/13. 

Pierre  Dupuy,  garde  de  la  librairie.  i6/i5ài65i  

Jacques  Dupuy,  garde  de  la  librairie.  i6/i5à  i656  

Jérôme  I  BIGNON,  maître  de  la  librairie.  16/12  à  i65i  .  . 
Antoine  Varillas,  garde  de  la  librairie.  16/10  à  i663.  .  . 
Jérôme  II BIGNON,  maître  de  la  librairie.  i05i  à  1672. 
Nicolas  CoLBERT,  garde  de  la  librairie.  i656  à  1676.  .  .  . 
Jean-Baptiste  Colbert,  surintendant  des  bâtiments  du  roi. 

1661  à  i683  

Pierre  de  Carcavi,  garde  adjoint  de  la  librairie.  i663  à 

i683  

Nicolas  Clément,  garde  de  la  librairie.  16703  1712  

Jérôme  III  BIGNON,  .w.i/r/ii' fl£  la  librairie.  1672  à  168/1. 

Louis  Colbert,  garde  de  la  librairie.  1676  à  168/1  

Jean  Gallois,  garde  de  la  librairie.  i683  à  iGSk  

Camille  LE  TELLIER,  abbé  de  Louvois,  bibliothécaire  du 

ROI.  1 68/1  à  1718  

L'abbé  de  Varès,  garde  de  la  bibliothèque.  168/1  

Melchisédech  Tuévenot, />-rt)Y((e  de  la  bibliothèque.  168/1  à 

1692  

Jean  Boni^,  garde  des  manuserils.  1691  à  1726  

L'abbé  de  Targnv,  garde  des  manuscrits.  1712  à  1737..  . 


Au  cliàieau  de  Blois  l'I. 
(1 5oo  il  1 544.  ) 


Au  rhàtp.ni 
(le  KouUnineblcau  i-"!. 
(  i59  2  ;i  i56?.  ) 


A  Paris,  local  incoiiuu  l'I. 
(i56n  1595.) 

A  Paris, 
au  collège  de  Clermontl^'. 
(i5i)5  k  i6i4.) 

A  Paris , 
au  couvent  des  Cordeiiers  f*'. 
(  i6i4  à  1699. ) 

A  Paris,  rue  de  la  Harpe  l'I. 
(  t6i2  5  1G66.) 


A  Paris,  rue  Vivieune 'L 
( 1666  à  1791.) 


Quoique  d  une  date  postérieure  à  Louis  XII, 
ce  chilTre  représente  le  nombre  des  volumes  rassem- 
blés jusqu'à  ce  prince.  Il  est,  en  efifet,  fourni  par 

I  inventaire  de  la  bibliothèque  de  Blois,  à  laquelle  on 

II  iivaitrien  ajouté  depui.s  ravénementde  François  I". 

''''  Voyez  page  i3-2. 


Voyez  page  i36. 
Voyez  page  i/i5. 
Voyez  page  iSa. 
Voyez  page  i56. 
Voyez  page  162. 
Voyez  page  172. 


27. 


212 


LOUIS  XV 
(  1715  à  1774). 

—  1721  - 
96,000  \oiumes  l'I. 

—  1722  — 
g8,ooo  volumes 


LOUIS  XVI 
(1775  à  1798). 

—  1790- 
i5si,868  volumes^). 


REPUBLIQUE 
(  1793  }>  180Z1). 

—  1795- 
/i5o,(:iu(j  volumes 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

j  Jean-Paul  BIGNON,  bibliothécaibe  du  roi       1718  à  \ 
17^1   ' 

Michel  FouRMONT,  garde  des  imprimés.  1718  

Claude  S  ALLIER,  garde  des  imprimés.  1791  à  1760  

François  Seviin,  garde  des  manuscrits.  1787  à  1741.... 

Jean-Michel  M Aim ,  garde  des  imprimés.  1780  à  1791... 

J.  DE  Lagny,  garde  des  imprimés.  1783  

Anicet  Meloj,  garde  des  manuscrits.  17^1  à  1769  

BiGNON  DE  BLANZY,  bibliothécaire  dv  jîoi 17Z11  à 
17/13  

Armand-Jérôme  BIGNON ,  B/BL/ora^Cyi/RE  du  roi^'^K  17/18 
31772  

Jean  Capperonnier,  garde  des  imprimés.  1769  à  1776..  . 

François  Béjot,  garde  des  manuscrits.  1760  à  1787.  .  .  . 

Pierre-Jean  Boudot,  garde  des  imprimés.  176?  à  1771  .  . 

Nicolas-Théodore  Leprince,  garde  des  imprimés.  1766  à 

1792--  

Jean-Augustin  CapperoniMer,  garde  des  imprimés.  1765.. 

JeAN-FrÉDÉRIC-GuILLAUME    BIGNON,    BIBLIOTHÉCAIRE  DU 

i?o/(*'.  1779  à  1788  

Desaulnais,  garde  des  imprimés.  1770  

Van  Praet,  garde  des  imprimés.  178/j  

J.-P.-C.  LENOIB,  BIBLIOTHÉCAIBE  DU  ROI  ^^K  1  78/1  à  I79O. 

Caussin  DE  Perceval,  gfl)Y/e  «(«HMsm'te.  1787  à  1792. 
Lefèvre  D'ORMESSON  de  NOISEAU,  bibliothécaibe  du 

ROI        1 790  à  1799  

Jean-Louis  CARPiA,  bibliothécaire  .national  ^^^K  1792  à 

1793  

Séb.-Roch -Nicolas  CHAMFORT,  bibliothécaibe  natio- 
nal      1799  à  1 79/1  

J.-M.  GiREY-DuPRÉ,  garde  des  manuscrits.  1798.  

Bélissin,  gai'de  des  imprimés.  1798  

Lefèvre  DE  VILLEBBUNE,  bibliothécaire  national^^^K 
1798  à  1795  

Legrand  D'AUSSY,  directevr''^^K  1795  à  1800  

Martin,  garde  des  manuscrits.  1796  

Louis-Mathieu  Langlès,  garde  des  manuscrits.  1795.  .  .  . 

F.-J.-G.  DE  la  Porte  du  Theil,  garde  des  manuscrits. 


A  Phris,  rue  Richelieu. 
(1751  à  ) 


1795. 


Voyez  page  19/1. 
Voyez  page  19/1. 
Voyez  page  206. 
Voyez  page  206. 
Voyez  page  191. 
Voyez  page  201. 
Voyez  page  201. 


Voyez  page  206. 
Voyez  page  2o5. 
t'")  Voyez  page  306. 
Voyez  page  206. 
Voyez  page  206. 
Voyez  page  20 G. 
Voyez  page  20O. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  UOI. 


213 


CABINET  DES  MÉDAILLES. 

Antoine-RaSCaS  DK  BaGARRIS.  1608   \  a  KonUinebIcau. 

I  (!5i5ài565.) 

Joan  DE  ClIAUHONT.  l646   j  Au  Louvre  (,5fir>  0  ,667. 

Bruneau.  i6G/i   \ 

Nicolas  COLBERT.  1666   / 

F  A  lii  l.iljli(illièiiui'  tlu  Hoi  , 

Pierre  de  CaRCAVI.   1667   )  nu.  Viviemie. 

Louis  CoLBERT.  167G   \  i '^''G-,  h  .m.  ) 

Bainssant.  iHSk  

OUDINET.  l685   

ViN'CENOT.  1  7  1  !2  ,  

J.-Fr.  Simon.   1712    [  ^  Versailles. 

GODONESCII.   1716   [  (.(iSih  .741.) 

cl  de  boze.  1719..  

Ladvenant.  1720  ,  

J.-J.  Barthélémy.  17/15  

Barthélémy  de  Golrçay.  1772  

COINTREAU.  1773  

Barbié  DU  Bocage.  1785   ,,     ,  , 

'  a  la  lilbllutitoijue  flu  Uni, 

iMlLLlN.   1  79/1   \  rue  Richelieu 

MiONNET.  1795  

Th.  Marion-Dumersan.  1790  

Fr.-Pascal  Gosselin.  1799  

Tii.-Fr('(L  Winckler.  1800.  


(.74,  ;,....) 


•     CABINET  DES  ESTAMPES. 

Nicolas  Clément. 
De  Targny. 
Delaiiay. 
Ladvenant. 
Coypel. 
Delacroix. 
Hujiues-Adneii  Joly. 
B0LNIEU. 

Jacques-Adrien  Joly. 
Dlciiesne  aîné. 


•2ïf^  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 


L^HISTOIRE  DE  LA  BIBLIOTÈQUE  DU  ROY''). 

Comme  c'est  une  chose  très  constante  qu'il  y  a  eu  des  oscoies  publiques  dans  le  palais  de  nos 
rois  de  la  seconde  race,  on  doit  aussy  tenir  pour  certain  qu'il  y  avoit  des  livres  pour  l'usage 
des  maistres  qu'on  y  faisoit  venir  de  tous  costez  pour  y  professer  les  sciences.  Charlemagne,  ayant 
alfection  pour  les  lettres,  amassa  deux  belles  bibliothèques  :  l'une  en  son  palais  d'Aix-la-Ciia- 
|)elle,  qu'il  ordonna  par  son  testament  d'estre  vendue  au  proffit  des  pauvres,  et  l'autre  qu'il 
donna  à  l'abbaye  de  l'Isle-Barbe,  auprès  de  Lion,  qu'il  avoit  fait  baslir,  où  il  eut  Le  Drad  pour 
bi])liotliéquaire,  et,  après  luy,  Agobard,  qui  furent  depuis  tous  deux  archevesques  de  Lion. 

Louis  le  Débonnaire  donna  charge  à  Amalarius,  diacre  de  l'Eglise  de  Metz,  de  dresser  les 
canons  du  concile  d'Aix-la-Chapelle,  don!  la  pluspart  estoient  tirez  des  Pères  de  l'Église,  et  luv 
lournit,  pour  cet  effet,  les  livres  de  son  palais  dont  il  avoit  besoin,  ttdedit  ei  Imperator  copiani 
fflil)roriMn  de  palatio  suo.w 

L'empereur  Lothaire  avoit  aussy  des  escoles  et  des  livres  en  son  palais,  où  un  certain  moine 
de  Luxueil,  nommé  Angelomus,  dit  qu'il  estoit  venu  estudier  et  lire  les  S'"  Escritures  :  rrin 
Tsacro  vesfro  palatio  sub  obtenlu  traditionum  liberalium  arliuni  enucleationemque  divinarum 
rrScripturaruni,  etc. Mais  en  la  décadence  de  cette  seconde  race,  sous  les  rois  qui  furent  ap- 
])('ll('z  Fainéans.  les  livres  furent  bannis  de  leurs  palais  aussy  bien  que  les  estudes. 

Le  roy  Robert,  ayant  esté  élevé  par  un  excellent  maistre,  sçavoir  Gerbert,  archevesque  de 
Reims,  qui  fut  depuis  pape,  se  rendit  fort  sçavant,  et  r'appella  les  Muses  en  son  palais,  qui  en 
avoient  esté  chassées.  Comme  Trithème  assure  de  luy  qu'il  avoit  toujours  quelque  livre  à  la  main, 
on  ne  doit  pas  douter  qu'il  n'en  ait  fait  un  amas  considérable  :  ff  de  ejus  nianibus  liber  nunquam 
ff  recedebat.  -o 

On  ne  trouve  pas  ce  que  sont  devenus  ces  livres  ni  ceux  que  les  autres  rois,  ses  successeurs, 
avoient  peu  amasser.  Ils  estoient  réduits  à  si  peu  de  ciioses  du  temps  de  Louis  Hutin,  que  dans 
son  Inventaire,  au  chapitre  de  ses  livres,  on  ne  trouve  que  cinq  volumes,  outre  ceux  d'église; 
sçavoir  :  deux  livres  de  Chroniques,  le  roman  du  Reclus,  le  livre  du  Tournoment,  un  livre  de 
Comptes  à  images,  et  le  Jen  des  Eschetz. 

Cette  indifférence  pour  les  livres  et  pour  les  estudes  continua  dans  l  esprif  de  la  cour  jusqu'à 
(jH ARLES  V,  qui ,  ayant  eu  Nicolas  Oresme,  très  habile  homme,  pour  précepteur,  il  luy  fil  prendre 
le  goust  des  belles  lettres;  c'est  pourquoy  ce  prince  luy  donna  ordre  de  chercher  des  livres  pour 
en  composer  une  bibliothèque,  dont  il  eut  la  direction;  l'engagea  à  faire  des  traductions  de 
laliii  en  fiançois,  aussy  bien  que  Raoul  de  Presles,  Jean  Corbichon,  el  plusieurs  autres,  afin 
que  les  courtisans  et  la  noblesse,  qui  n'entendoient  pas  la  langue  latine,  qui  n'estoit  alors 
coiinuë  que  des  clercs,  ne  croupissent  pas  dans  l'ignorance,  faute  de  pouvoir  entendre  les  livres. 


Bibliothèque  Sainte-Geneviève,  manuscrits, 
iu-h",  II"  Z'i . 

Colle  notice,  malgré  les  nombreuses  erreurs 
qu'elle  renferme,  nous  a  paru  digne  d'être  impri- 


mée; c'est  d'ailleurs,  croyons -nous.  In  prcniièie 
tentative  qui  ait  été  faite  pour  esquisser  dune 
manière  méthodique  l'histoire  de  la  bibliothèque 
du  Roi. 


BIBLIOTHÈQUE  DU  ROI.  215 

Il  (Mil  (loue  soin  de  faire  Iraduire  les  meilleurs  aulheurs,  tant  sacrez  ({ue  proplianes  :  comme  la 
Bihle,  la  Cilé  de  Dieu,  hfi  Morales  iVAristolc,  Titelive ,  Valèrc  le  Gratid  et  plusieurs  autres,  qu'il  fit 
mcsme  orner  de  miniatures,  pour  donner  |)lus  d'envie  de  les  lire,  ce  qui  s'appelloit  un  livre 
bien  iiistorié.  C'est  ainsy  qu'il  amassa  une  belle  et  cuiieuse  bibliothèque  qu'il  mit  à  Fon- 
tainebleau. 

Le  roy  Chaules  VI,  son  fils,  ayant  aussy  de  lalleclion  pour  les  sciences,  comiiK!  on  le  lif 
dans  le  Songe  du  Verger,  amassa  plusieurs  livres  qu'il  mit  au  Louvre,  y  joignant  ceux  de  son 
père,  qu'il  fit  venir  de  Fontainebleau  pour  en  composer  une  bibliothèque  royallc,  dont  il  fit 
Anioine  des  Kssarls  le  direcleur,  et  après  luy  Garnier  de  S'-Yon,  en  iii8.  Il  y  avoil  environ 
8G()  volumes,  qui  est  iienl  lous  manuscritz,  distribuez  en  trois  chambres. 

Ce  roy  estant  mort  en  liaS,  pendant  que  les  Anglois  tenoienl  Paris,  le  duc  de  Hetfort,  qui 
estoit  régent  en  France,  fit  l'aire  l'inventaire  des  manuscritz  de  cette  bibliotiièque  royaile,  et  la 
prisée,  qui  se  monta  à  la  somme  de  5,393  livres.  Il  en  déchargea  S'-Yon,  qui  estoit  alors 
eschevin  de  Paris,  et  s'empara  de  tous  ces  livres,  qu'il  fit  probablement  passer  en  Angleterre, 
avec  les  meubles  les  plus  précieux  du  Louvre.  J'ay  veu  un  Titelive  à  la  fin  duquel  ces  mots 
estoient  escritz  :  rfCe  livre  a  esté  envoyé  des  parties  de  France  par  le  duc  de  Betfort,  régent,  au 
n-duc  de  Glocestre,  son  beau  l'rère,  en  Angleterre,  l'an  lia/i.  Il  a  esté  rapporté  depuis  en  France 
trpar  hazard.li 

Louis  XI,  qui,  selon  le  témoignage  de  Gaguin,  aimoit  les  Ictlics  et  cullivoit  les  sciences,  r^cal- 
rf  lebat  litteras  et  supra  quam  regibus  mos  est  erat  eiudilus,r  fit  une  grande  provision  de  livres 
à  la  sollicitation  du  mesme  Gaguin  qu'il  avoit  estably  son  bibliolhéquaire,  lequel  achepfa  et  fit 
transcrire  les  meilleurs  qu'il  peut  rencontrer.  On  trouve  sur  les  registres  de  la  Faculté  de  mé- 
decine que  ce  roy  leur  demanda  à  enq)runter  le  Rasis,  qui  est  un  livre  d'un  médecin  arabe, 
poui'  le  faire  copier.  11  mit  cette  bibliothèque  au  château  de  Fontainebleau. 

Charles  VIII,  son  fils,  qui  luy  succéda,  fut  dès  sa  jeunesse  si  occupé  à  la  guerre,  et  mou- 
rut si  jeune,  qu'il  n'eut  pas  le  loisir  de  cultiver  les  lettres. 

Mais  Louis  XII  les  eut  en  singulière  estime,  et  fit  chercher  des  livres  de  tous  costez  [)our 
former  une  bibliothèque  à  Blois,  oij  il  faisoit  sa  demeure  ordinaire.  En  effet,  il  en  amassa  une 
si  considérable  que  Symphorien  Campier.  qui  a  escrit  la  vie  de  ce  roy,  le  compare  |)our  cela  à 
Ptolomée  Philadelphe,  roy  d'Egypte,  teest  bouarum  litterarum  amantissinuis  ac  librorum  cupi- 
«dissimus,  instar  Plolemœi  Philadelphi,  nec  minus  sumptuosam  quam  ipse  Philadelphus  bi- 
Tbliolhecam  extruxit. n  Après  la  prise  de  Milan,  il  en  fit  apporter  plusieurs  livres,  particuliè- 
rement pour  le  droict,  en  sorte  qu'un  ambassadeur,  nommé  Bologninus,  voyant  à  Blois  cette 
bibliothèque,  l'estima  la  première  des  quatre  singularitez  qu'il  avoit  remarquées  en  France,  au 
laport  du  mesme  Campier. 

Quoyque  i\P  de  Thou  assure  que  le  roy  François  I"  n'ait  point  estudié  en  sa  jeunesse, 
frquamvis  a  pueritia  nullis  litteris  imbutus,n  il  ne  laissa  pas  d'aymer  les  sciences  et  de  les 
vouloir  apprendre,  prenant  plaisir  de  s'en  entretenir  avec  des  sçavans,  particulièrement  avec 
Jacques  Cholin,  qui  luy  tint  lieu  de  précepteur,  selon  M""  de  Thou,  Lascaris,  Budée  et  Chas  - 
telain.  Ce  fut  à  la  sollicitation  des  deux  premiers  qu'il  prit  résolution  de  relever  la  bibliothèque 
royalIe  de  Fontainebleau,  l'an  1597;  qu'il  fit  le  mesme  Budée  son  bibliothéquaire,  puis  Pierre 
Cbastelain;  qu'il  envoya  Guillaume  Postel  et  Gillius  dans  le  Levant  pour  achepter  des  manus- 


•216  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

critz  des  langues  orientales,  ausquelz  il  donna  i  9,000  liv.  pour  cet  effet;  qu'il  institua  en  1 53 1 
des  professeurs  en  ces  langues  orientalies  au  collège  de  Cambray;  qu'il  prit  dessein  de  le  re- 
bastir  magnifiquement,  et  de  le  doter  de  cinquante  mil  escus  de  revenu  pour  y  entretenir  six 
cens  escoliers,  avec  des  maistres  en  toutes  les  facultez.  Mais  sa  mort  arresta  l'exe'cution  d'un 
si  ge'néreux  dessein. 

Henri  II  succéda  à  cette  noble  inclination  que  son  père  eut  pour  augmenter  sa  bibliotbèque. 
fit  venir,  comme  il  y  a  bien  de  l'apparence ,  les  livres  que  Gillius  avoit  acbetez  en  Grèce  par 
l'ordre  de  François  premier,  et  donna  en  1 556  l'arrest  qui  ordonne  aux  libraires  de  fournir  à  la 
bibliotbèque  royalle  deux  exemplaires  de  tous  les  livres  qui  s'imprimeroient,  dont  l'un  estoit 
pour  la  bibliotbèque  de  Fontainebleau,  l'autre  pour  celle  de  Blois. 

Après  la  mort  de  Pierre  Chastelain,  qui  fut  évesque  d'Orléans,  Pierre  deMondore',  conseiller 
au  grand  conseil,  fut  choisy  pour  maistre  et  directeur  de  la  bibliothèque  de  Sa  Majesté. 

Catherine  de  Médicis  apporta  en  France  une  partie  des  manuscritz  de  la  bibliothèque  de 
Florence  que  Cosme  de  Médicis  avoit  eu  du  débris  de  celle  des  empereurs  de  Constantinople. 
Elle  les  mit  en  la  bibliothèque  de  Fontainebleau  avec  ceux  qui  y  estoient  desjà.  Et  comme 
après  la  mort  d'Henry  II  elle  se  retiroit  souvent  à  Blois,  où  elle  est  morte,  elle  y  fit  venir 
ses  manuscritz  pour  les  mettre  en  ce  chasteau,  avec  ceux  que  Louis  XII  y  avoit  desjà  amassez, 
et  elle  en  donna  la  garde  à  l'abbé  Bencinenni  italien. 

Quoyque  les  troubles  des  guerres  de  la  Religion  qui  arrivèrent  sous  le  règne  de  Charles  IX 
eussent  porté  grand  préjudice  aux  lettres,  toutefois,  ce  jeune  prince  ayant  esté  fort  bien  instruit 
par  Jacques  Amiot,  son  précepteur,  il  conserva  toujours  de  l'amour  pour  les  sciences,  et  par- 
ticulièrement pour  la  poésie  à  laquelle  il  se  divertissoit  quelquefois,  ce  qui  fit  qu'il  ayma  tou- 
jours les  livres  et  qu'il  achepta  ceux  du  président  Ranconnet,  quoyque  ses  finances  fussent  fort 
courtes  en  ces  temps  calamiteux,  afin  d'en  augmenter  la  bibliothèque  royalle,  ou  plustost  poui' 
réparer  les  pertes  qu'elle  avoit  souffertes  durant  les  désordres  de  ces  guerres  civiles.  Il  en  donna 
la  direction  au  mesme  Jacques  Amiot,  son  précepteur,  après  la  mort  de  Mondoré. 

Henry  IV  estant  eniré  dans  Paris  et  ayant  donné  la  paix  à  ses  sujetz  ne  pensa  plus  qu'à  leur 
en  faire  gouster  les  fruits  et  à  faire  refleurir  les  arts  et  les  sciences  par  tout  son  royaume.  Il 
prit  donc  résolulion  de  faire  venir  à  Paris  ses  deux  bibliothèques,  celle  de  Fontainebleau  et  celle 
de  Blois,  afin  de  les  joindre  ensemble,  tant  pour  les  augmenter  plus  facilement  que  pour  servir 
plus  utilement  aux  gens  de  lettres.  11  fit  donc  mettre  celle  de  Fontainebleau  dans  le  collège  de 
Clermont,  d'où  les  Jésuistes  estoient  sortis,  et  ensuilte  ordonna  par  arrest  au  S'  Bencinenni, 
abbé  de  Bellebranclie,  d'y  faire  aussy  apporter  ceux  de  Catherine  de  Médicis,  qu'il  avoit  desjà  fait 
venir  à  Paris  en  son  logis,  rue  Plastrière,  au  nombre  de  sept  cent  soixante  trois  volumes,  dont 
l'inventaire  est  encore  à  la  Chambre  des  comptes;  et  tant  les  uns  que  les  autres  furent  mis  entre 
les  mains  de  Jacque  de  Thou  que  Sa  Majesté  avoit  choisy  pour  maistre  de  sa  librairie,  qui 
les  fit  relier  en  maroquin  rouge,  aux  despens  d'une  confiscation. 

Les  Jésuistes  ayant  esté  rappeliez  à  Paris,  on  leur  rendil  leur  collège  de  Clermont,  et  l'on 
transporta  la  bibliollièque  en  une  maison  qui  fut  louée  auprès  de  S'  Cosme,  appartenante  aux 
Cordeliers. 

En  1609,1e  mesme roy  Henry  IV  prit  la  résolution  de  faire  exécuter,  en  tout  ou  en  partie,  le 
dessein  qu'avoit  formé  François  premier  de  faire  bastir  un  collège  royal  en  celuy  de  Cambray, 
tant  pour  y  faire  enseigner  toutes  les  sciences  par  des  professeurs  royaux  dont  il  augmenta  le 


BIBLIOTHÈQUE  DU  BOL  217 

nombre  et  les  appoinfemens,  que  pour  y  mettre  la  plus  ample  et  la  plus  belle  bibliothèque  qui 
so  pouroil.  Il  commit  Foxe'cution  de  ce  projet  à  quatre  grands  personnages,  au  cardinal  Du 
Perron,  au  duc  de  Sully,  au  président  de  Tliou  et  au  S'  Gillot,  conseiller  de  la  Cour,  qui  se 
transportèrent  sur  les  lieux  le  28  décembre  de  la  mesme  année,  et  arrestèrent  les  desseins  et  les 
marchez  des  bastimens  qui  esloient  à  faire.  Mais  la  mort  impréveuë  de  ce  grand  roy  en  fit  sur- 
seoir pour  quelque  temps  l'entreprise. 

LoL'is  XIII,  qui  luy  succéda,  y  fit  travailler  dès  Tannée  suivante.  Il  en  mit  la  première  pierre  le 
«S^aoust  iGi  1,  et  y  fit  apporter  tant  de  diligence  que  la  principalle  face  du  bastimenl  fut  bien- 
tost  mise  en  sa  perfection;  mais  les  troubles  qui  arrivèrent  dans  l'Estat  furent  cause  que  le  reste 
est  demeuré  imparfait  jusqu'à  présent;  en  sorte  que,  la  bibliothèque  royalle  n'ayant  ])û  y  estrc 
placée,  comme  c'estoit  le  dessein,  elle  demeura  auprès  des  Cordeliers,  M'  le  président  de  Thou 
en  estant  toujours  le  maistre,  et  mess"  Gosselin,  Casaubon  et  Bigaull  successivement  les  gardes 
sous  luy.  Elle  ne  consistoit  d'abord  qu'en  une  grande  chambre  et  une  gallerie  médiocre  auprès, 
qui  contenoient  tous  les  manuscrits. 

Ce  roy,  quoyque  fort  jeune  et  quoyqu'il  eut  peu  le  loisir  d'étudier,  ne  laissa  pas  de  penser 
à  augmenter  sa  bibliothèque.  Car,  ayant  appris  que  Philipes  Hurault  de  Chiverny,  évesque  de 
Chartres,  avoit  laissé  par  sa  mort  un  nombre  considérable  de  bons  livres,  et  particulièrement 
plusieurs  manuscrits,  il  les  fit  retenir  pour  sa  bibliothèque  et  en  paya  douze  mil  livres,  suivant 
la  prisée  qui  en  avoit  esté  faite. 

Ensuitte,  comme  elle  se  trouva  desjà  suffisamment  remplie  en  1628,  et  qu'il  n'y  en  avoit  point 
d'inventaire,  on  nomma  M"  Bigault,  Hautin  et  Saumaise  pour  y  travailler,  ce  qu'ils  firent  avec 
une  grande  assiduité  et  une  application  particulière.  François  de  Thou  ayant  succédé  à  son  père 
à  la  charge  de  maistre  de  la  librairie  du  roy,  et  M' Bigault,  qui  en  avoit  la  garde,  ayant  achepté 
quelques  années  après  une  charge  de  conseiller  au  parlement  de  Metz,  Pierre  Dupuy  fut  subs- 
titué en  sa  place  pour  garde  de  la  mesme  bibliothèque.  En  1662,  après  la  mort  de  François  de 
Thou,  Hiérosme  Bignon,  advocat  général,  fut  choisy  par  le  roy,  pour  sa  grande  probité  et  son 
rare  sçavoir,  alTin  de  remplir  sa  place;  Abel  de  Marthe  eut  le  soin  des  livres  qui  estoient 
restez  à  Fontainebleau,  et  M"'  de  Chaumont  de  ceux  du  cabinet  et  de  la  chambre  du  roy.  Pierre 
Dupuy  s'associa  Jacques  son  frère,  qui  estoit  bénéficier  et  prieur  de  S'  Sauveur,  aussy  homme 
de  lettres,  qui  le  survesquit,  et  exercea  son  employ  après  sa  mort.  Lequel  mesme  légua  par  tes- 
tament à  la  bibliothèque  royalle  tous  leurs  livres,  qui  se  montèrent  à  plus  de  i5,ooo  volumes, 
et  qui  sont  marqués  de  leurs  armes. 

Après  le  décès  de  Hiérosme  Bignon,  arrivé  l'an  16 .  .,  le  roy  Louis  le  Grand  gratifia  son  fils, 
qui  avoit  succédé  à  sa  charge  d'avocat  général  et  à  ses  mérites,  de  celle  de  maistre  de  la  librairie 
de  Sa  Majesté,  et  pourveut  M""  l'abbé  Colbert,  docteur  en  Sorbonne,  de  la  garde  de  la  biblio- 
thèque. 

Ce  fut  alors  que  M"^  Colbert,  comme  sur-intendant  des  bastimens  ayant  la  direction  des  arts 
et  des  sciences,  voyant  que  la  bibliothèque  du  Boy  ne  répondoit  pas  à  la  grandeur  de  Sa  Ma- 
jesté, et  qu'il  y  en  avoit  dans  Paris  qui  estoient  plus  nombreuses,  prit  dessein  de  l'augmenter, 
soit  de  manuscrits,  soit  de  livres  imprimez,  et,  comme  le  lieu  où  elle  estoit  n'en  pouvoit  contenir 
davantage,  il  la  fit  transporter  en  deux  logis  auprès  de  son  hostel,  en  attendant  qu'on  ait  basty 
un  lieu  assez  vaste  et  assez  commode  pour  recevoir  le  grand  amas  de  livres  dont  on  prétendoit 
le  remplir. 

On  choisit  M'  de  Carcavy,  ancien  conseillei'  du  Grand  Conseil,  foit  versé  dans  la  connois- 
11.  a8 


218  LES  AiNCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

sance  des  livres,  pour  en  avoir  la  garde  sous  M'  Colbert,  aiors  évesque  de  Luron,  qui  le  lut  de- 
puis d'Auxerre;  et  on  luy  donna  charge  de  metire  les  livres  dans  les  appartomens  de  ces  mai- 
sons, ce  qu'il  fit  avec  tout  l'ordre  que  le  lieu  j)ouvoit  permettre.  Il  s'y  trouva  d'abord  environ 
95,000  volumes,  tant  manuscriplz  qu'imprimez,  y  compris  la  bibliotbècpie  de  M'  le  duc  d'Or- 
léans qu'on  lit  venir  du  Louvre  pour  l'incorporer  en  celle  de  Sa  Majesté. 


■  lie  h'^hographiqae.  i-ian  dit       Tcrgot  (  il 3'3  ). 


COLLÈGE  DE  LA  MARCHE. 


Au  coin  de  la  rue  Sans-Bout  et  de  la  rue  d'Amboise  qui  allait  de  la  place 
Maubert  à  la  Seine,  un  patriarcbe  de  Constantinople,  nommé  Pierre,  avait  fondé 
un  collège  qui,  mal  entretenu,  ne  possédait  plus,  en  i362  ,  qu'un  seul  boursier. 
Jean  de  la  Marclie  se  présenta  à  cette  époque  poui-  habiter  les  constructions 
dépendantes  de  ce  collège;  et  l'Université  y  consentit,  désirant  appliquer  à  la 
réparation  des  bâtiments  les  revenus  de  la  location.  Jean  de  la  Marche  mourut 
peu  après,  et  le  bail  fut  continué  à  son  neveu  Guillaume,  clianoine  de  Toul. 

Celui-ci  consacra  tous  ses  biens  à  la  réorganisation  du  collège  et  il  désigna 
pour  exécuteur  testamentaire  Beuvin  de  Winville,  tr  homme  fort  riche  et  opulent, 
rqui,  animé  de  la  même  pensée,  délibéra  ériger  et  faire  de  son  bien  propre  une 
«autre  nouvelle  fondation  de  ce  collège,  pour  adjoindre  à  la  première n  Par 
son  testament,  daté  du  3o  octobre  i/iaS,  et  dont  l'original  est  conservé  aux  Ar- 
chives de  l'Empire  Beuvin  de  Winville  laissa  au  collège  presque  toute  sa  for- 
lune,  et,  entre  autres  legs,  l'hôtel  qu'il  habitait  au  bas  de  la  rue  de  la  Montagiie- 
Sainte-Geneviève,  presque  en  face  du  collège  de  Laon;  il  ordonnait  que  les  écoliers 


'   Appelé  plus  tard  cul-de-.sac  d'Amboise. 
J.  Dubreul,  Théâtre  des  antiquile:,  de  Paris, 
p.  55-2. 

Richard  de  Wassebourg,  Les  aiiliqtiitez  de  In 
Gaule  Belgique,  l.  I,  p.  ^171  reclo. 

'  "In  iinmine  Doniiiii.  Amen.  .  .  Anno  Domini 


ffmiliesimo  quadringentesimo  vicesimo  (erlio.  .  .  . 
rrdie  vero  tricesima  mensis  octobris.  .  .  magisler 
rrBuevinus  de  Winvilla,  magister  in  artibus  et  de- 
ffcretis,  baccaiarius  ac  beneficialus  in  ecciesia  Pa- 
frrisiensi,  sanus  intellectu,  mente  et  corpore  coin- 
pos .  .  .  ^  (  Archives  de  l'Empire .  série  M ,  n"  171 .) 


220  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

vinssent  s'y  installer,  la  proximité  de  la  Seine  rendant  le  local  de  la  rue  Sans-Bout 
crtrop  humide  etrumaticque, "n  dit  Richard  de  Wassebourg Il  donnait  en  outre 
à  l'établissement  tous  ceux  de  ses  livres  qui  étaient  de  nature  à  y  former  une 
bibliothèque,  à  la  condition  qu'ils  y  demeureraient  à  jamais  enchaînés;  tels  sont, 
dit-il,  mon  CathoUcon,  ma  Bible,  ma  Légende  dorée,  mon  volume  de  Nicolas  de  Lyra 
et  mon  traité  des  Propriétés  des  choses.  En  outre,  les  livres  servant  à  la  chapelle 
du  testateur  devaient  être  transportés  dans  celle  du  collège 

Beuvinde  Winville  mourut  le  8  avril  1/182.  Les  Archives  de  l'Empire  possèdent 
aussi  l'inventaire  qui  fut  dressé  après  son  décès.  Le  titre  est  en  latin  :  Inventarium 
omnium  bonornm  mohilium  et  immohilium  hone  memorie  defiincti  magistri  Buevivi  de 
Winvilla,  secundi  fundatoris  collegii  de  Marchia  et  de  Winvilla...  Ohiit  autemin  dicta 
rollegio  anno  Domini  millesimo  cccc°xxxif,  die  octava  aprilis  ante  Pascha. 

Le  reste  de  la  pièce  est  en  français  : 


Anliquile:  de  In  Gaule  Belgique ,  t.  I,p.  471  v'.  rtonines  de  dicLo  collegio  in  eis  studere  cl  proficere 

ffVolo  quaiii  libri  niei,  qui  erunt  ydonei  pro  trpossint.  Missale  vero  cum  ornamentis  capellemee 

fflibraria  dicli  collegii,  in  eadem  libraria  sint  et  ff in  capella  dicti  collegii  volo  remanere.»  (Archives 

ff perpétue  nianeant  incalhenati,  ut  puta  :  Callioli-  de  l'Empire,  série  M,  n°  171.) 

fcon,  Biblia  mea,  Legenda  aurea,  de  Lira,  de  r,- ..  .Inventaire  par  Guillaume  de  la  Halle  et 

rrPro[)rie(alibus  l'erum,  et  sicdealiis,  ad  finem  qui  rf Guillaume Hemonnet,  notaires  du  roy  nostresire, 


COLLÈGE  DE  LA  MARCHE. 


222  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Beuvin  de  Winville  possédait  quarante-deux  volumes,  qui  formèrent  le  premier 
fonds  de  la  bibliothèque  du  nouveau  collège  delà  Marche-Winville.  Voici ,  d'après 
l'inventaire,  les  plus  curieux  de  ces  ouvrages  : 

Une  Bible  à  deux  fermouers  d'argent  doré. 

Ung  texte  de  Sentences  (i),  entre  deux  aiz. 

Ung  livre  de  Proprietatibus  rerum 

Ung  petit  livret  de  Confessionibus. 

Ung  livre  appelle  l'histoire  de  Troyes,  en  latin 

Ung  livre  appelle'  Digeste. 

Ung  livre  appelle  le  Re'pertoire  de  Durant      entre  deux  aiz. 

Une  Légende  dorée,  entre  deux  aiz  couverts  de  cuir  rouge. 

Ung  livre  appellé  Décrétalles,  entre  deux  aiz. 

Ung  livre  appellé  Clémentines,  entre  deux  aiz. 

Ung  livre  appellé  le  Texte  de  philosophie,  entre  deux  aiz. 

Ung  Messel  à  l'usaige  de  Paris,  entre  deux  ais,  non  noté. 

Ung  grant  Collataire entre  deux  aiz. 

Quatre  livres  de  médicine,  entre  deux  aiz. 

Ung  romand  de  la  Rose  en  lettre  courant,  entre  deux  aiz. 

Ung  autre  romand  de  la  Rose,  de  lettres  de  fourme  C"',  entre  deux  aiz. 

Deux  petis  livres  platz  :  Des  quatre  vertus  de  Sénecque  translatez  en  l'rançois. 

Ung  Bréviaire  à  l'usaige  de  Verdun,  entre  deux  aiz,  à  deux  fermouers  d'argent  doré. 

Ung  livre  appellé  le  Livre  de  Métalisique  Pétri  de  Alvergnia 

Un  legs  de  la  même  nature,  et  presque  aussi  important,  fut  fait  au  collège,  en 
i5oi,  par  son  principal  Nicolas  Warin,  qui  mérita  le  titre  de  troisième  fonda- 
teur. 11  créa  deux  bourses  nouvelles,  et  laissa  à  l'établissement  rromnia  débita  sua 
frac  bona  tam  mobilia  quam  immobilian,  sauf  poui^tant  quelques  legs  particuliers 
en  faveur  de  sa  famille. 


ffde  par  lui  eslabliz  en  son  Chaslellet  de  Paris,  de 
rrtous  les  blens ,  meubles , lectrcs ,  debtes  et  créances 
ffqui  ajipartenoient  audit  defTunt,  trouvez  en  son 
rrhostel  assiz  à  Paris  en  la  grant  rue  sainte  Gene- 
crviefve,  près  et  à  l'opposite  du  collège  de  Laon, 
rrjadiz  nommé  thostel  de  Joinville,  monstré  el  en- 
ffseignez  par  Jehan  Vaillant,  clerc  et  serviteur  d'i- 
•fcellui  deffunt ,  qui  jura  et  fist  serenient  sollenipnel 
rrauxsaings  Euvangilles  de  Dieu  de  dire,  nionstrer 
ff  et  enseigner  auxdiz  notaires  tout  ce  qu'il  saroit 
trestre  et  appartenir  à  icellui  defTunt  au  jour  de 
rfsondit  trespas,  pour  eslre  mis  et  escripz  en  ce 
fr présont  inventaii'e,  sur  les  peines  en  tel  cas  intro- 
rf  duitos ,  qui  lui  furent  dictes  et  déclairées  par  yceulx 
rr notaires,  prisez  yceulx  biens  par  Jehan  de  So- 
fr lentes .  priseur  juré  du  roy  Jiostre  sire  à  Paris ,  qui 


"jura  de  tous  iceulx  biens  priser  justement,  loyal - 
rfment  à  son  povoir  selon  le  cours  du  temps,  ■n 
(  Archives  de  l'Empire ,  série  M ,  carton  n°  171 .) 

Sans  doute  l'ouvrage  de  Pierre  Lombard. 

Par  Barthélémy  de  Glanville;  Jean  Corhechon 
le  traduisit  en  h'ançais  sur  l'ordre  de  Charles  V. 
(  Voy.  ci-dessus ,  p.  119.) 

Peut-être  le  roman  lïEdipus ,  fils  de  Lnius. 
'    C'est  le  Reperloriian  jiiris  cnnontci  (\e  DuranI , 
évêque  de  Mende. 

Nous  dirions  aujourd  hui  :  Colkctaire;  c'était 
le  recueil  des  collectes  ou  oi'aisons  que  le  prêtre  ré- 
citait pendant  la  messe. 

Lettres  de  forme  gothique. 

Le  chanoine  de  Notre-Dame,  Pierre  d'Auver- 
gne, a  commenté  plusieurs  ouvrages  d'Arislole. 


I 


COLLEGE  DE  LA  MARCHE.  223 

L'inventaire  de  ses  biens  fut  rédigé  en  juin  i5oi  ;  c'est  un  cahier  de  grand  for- 
mat en  parchemin  que  l'on  conserve  aux  Archives  de  l'Empire  La  prisée  des 
livres  fut  confiée  à  «Jehan  Richart,  libraire  juré,  aj)rès  le  serment  par  luy  fait.^^ 
Cette  petite  collection  se  composait  de  vinjjt-huit  ouvrages,  parmi  lesquels  nous 
remarquons  : 

Boèco  :  de  Consolacion,  reiyd  onlrc  deux  ays,  en  papier  et  impression. 
IJnjl  Psaultier  à  l'usaige  de  Paris,  couvert  de  rouge,  reiyé  entre  deux  ays. 
Virgille,  en  impression  et  papier,  relyé  entre  deux  ays,  couvert  de  rouge. 
ALinipulus  curatorum      relyé  entre  deux  ays,  couvert  de  rouge. 

Exposicio  Jacol)i  de  Forlinio  supei'  lil)io  Tegni'^',  relié  eulre  deux  ays,  de  papier,  couveit 
de  cuir  rouge. 

Une  Bible,  escriple  en  parchemyn  et  à  la  main,  relyée  entre  deux  ays,  couverte  de  rouge. 
De  AHiaco,  sur  les  Sentences'*',  relyé  entre  deux  ays. 

Une  Institute  en  impression  et  papier,  reliée  entre  deux  ays,  couverte  de  vert. 
La  Logicque  d'Oquam'^',  relyé  entre  deux  ays,  couvert  de  vert. 
Ung  texte  de  Térence,  relié  entre  deux  ays,  avec  Perse,  couvert  de  vert. 
Ung  texte  de  Sentences'*^',  en  impression  et  en  papier,  relié  entre  deux  ays,  couvert  de 
rouge. 

Liber  de  Complantu  nature'^',  relié  entre  deux  ays ,  couvert  de  rouge,  escript  à  la  main. 
Ung  Bréviaire  à  fusaige  de  Paris,  en  parchemyn  et  à  la  main,  tel  quel,  relié  entre  deux  ays. 
Le  texte  des  Clémentines,  escript  à  la  main,  relyé  entre  deux  ays,  couvert  de  cuir  blanc. 
La  2"  2"  sainct  Tbomas  d'Aquin'^',  relyé  entre  deux  ays,  en  lectre  d'impression,  en  papiei. 

Le  collège  de  la  Marche-Winville  acquit  dans  la  suite  quelque  célébrité,  et  sub- 
sista jusqu'à  la  Révolution;  mais  nous  n'avons  aucun  renseignement  sur  l'histoire 
de  sa  bibliothèque  pendant  cette  période  de  près  de  trois  cents  ans.  Tous  les  ou- 
vrages imprimés  restent  muets  à  cet  égard,  et  nous  n'avons  découvert  aucune 
estampille,  aucune  inscription  qui  puisse  se  rapporter  à  cette  collection,  pourvue 
d'un  fonds  si  riche  au  commencement  du  xvi''  siècle.  Nous  ne  connaissons  qu'un 
seul  volume  qui  porte  des  traces  évidentes  de  son  séjour  au  collège  de  la  Marche; 
et  encore  ce  volume,  trouvé  par  nous  à  la  bibliothèque  Mazarine*'',  était-il,  sui- 
vant toute  apparence,  destiné  à  être  donné  en  prix  à  l'un  des  élèves.  La  reliure 


Série  M,  carton  n"  172. 

Ce  Manuel  des  curés,  composé  en  i303  par 
Gui  de  Montrocher  [Guido  de  Monterocherii) ,  eut 
plus  de  cinquante  éditions  dans  les  trente  dernières 
années  du  xv"^  siècle.  La  première  est  de  1671. 

Sans  douleVArs  parva  de  Galien;  voyez  A.-F. 
Recherches  sur  In  hihUnthhque  de  la  Faciillé  de  méde- 
cine de  Paris ,  p.  lia. 

Ce  commentaire  est  un  des  premiers  ouvrages 
de  Pierre  d'Ailly. 


C'était  alors  un  des  traités  les  plus  répandus 
de  Guillaume  Ockani. 

Par  Pierre  Lombard. 

L'ouvrage  ici  désigné  est  du  pliilosoplie  Alain 
de  Lille  [Alnnns  de  hisulis);  voici  son  lilie  cotii- 
plet  :  De  plaiictu  nalurœ  ad  Dcum,  sive  cnchiridion 
de  rébus  naturœ. 

La  Seconde  SECoyuE  [secundu  secund.e)  de 
Saint-Thomas  d'Aquin. 

Nouveau  fonds,  Littérature.  11°  65G. 


1U  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

est  (Ml  veau  rouge,  et  à  chaque  coin  se  trouve  une  fleur  de  lis;  on  lit  sur  les  plats, 
d'uti  côté,  ainsi  disposé,  le  mot  : 


et  de  l'autre  : 


Les  bâtiments  de  ce  collège  furent  vendus  en  1790,  et  transformés  en  ca- 
serne.  Ils  ont  disparu  complètement  par  suite  du  j)ercenient  de  la  rue  des  Ecoles. 


Fac-simile  hëliographique. 


Flan  dit  de  Ducerceau  (1560). 


COLLÈGE  DE  MAÎTRE  GERYAIS. 


Le  20  février  1870  '',  par  acte  passé  devant  notaires,  maître  Gervais  Chré- 
tien ,  chanoine  de  ia  cathédrale  de  Paris  cr  premier  médecin  ou  physicien  du 
tfroy  très-chrestien  Charles  V,  acquit  plusieurs  maisons  ès  rue  d'Eremhourg  de 
rrBrie,  autrement  dicte  des  Enlumineurs''',  et  celle  du  Foin,  derrière  les  Mathu- 
rrrins  :  lesquelles  il  convertit  en  collège  qui  retient  encore  son  nom'^ln 

Charles  V  prit  l'établissement  sous  sa  protection  ;  il  voulut  qu'on  y  enseignât  la 
médecine  et  l'astrologie,  et  il  lui  donna  dans  ce  but  des  instruments  et  des  livres 
Deux  de  ces  volumes  sont  mentionnés  sur  le  catalogue  de  la  bibliothèque  de 


<"  Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t.  VI ,  p.  37 1 . 

Gervais  Chrétien,  que  Chomel  appelle  Gervais 
Vany  ou  Keranyou  Christiani,  était  encore  doyen 
de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris ,  chanoine  de 
Lisieux,  de  Bayeux,  de  Saint-Quentin,  et  archi- 
diacre de  Chartres;  il  mourut  en  1882.  (Voyez 
Cl.  Héniéré,  De  Academia  Parisiensi,  p.  ,  et  Cho- 
mel. Essai  historique  sur  la  médecine  en  France, 
p.  17  et  262.  ) 

Quand  1" Université  commença  à  se  former, 
ceux  de  ses  memhres  (jui  enseignaient  ou  prati- 
quaient la  médecine  s'appelaient  phjjsiciens.  Le  pre- 
mier médecin  du  roi  prenait  le  titre  de  physicus 
domini  régis ,  et  cette  dénomination  s'est  maintenue 


en  France  pendant  près  de  trois  siècles.  (Voyez 
Chomel,  Essai  historique  sur  la  médecine  en  France, 
p.  G5.) 

C'est  celle  que  notre  plan  nomme  rue  Bout  de 
hrye.  On  écrit  aujourd'hui  rue  Boutebrie. 

J.  Dubreul,  Théâtre  des  antiqutteZ'  de  Paris, 
p.  bhi.  —  Voir  encore  :  J.  Riolan,  Becherches  cu- 
rieuses sur  les  esclioles  en  médecine  de  Paris  et  de 
Montpellier,  p.  197;  et  G.  Naudé,  De  anliquitate  et 
digniintc  scholœ  medicce  Parisiensis ,  p.  hk.  —  Des- 
tiné d'abord  plus  spécialement  à  des  jeunes  gens 
nés  dans  le  diocèse  de  Bayeux,  on  l'appela  aussi 
Collège  de  Notre-Dame  de  Bayeux. 

Velly,  Villaret  et  Garnier,  Histoire  de  France, 
t.  XI,  p.  120. 


29 


226  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Charles  V  qui  fut  dressé  en  1873  par  Gilles  Malet ce  sont  deux  exemplaires 
des  Ethiques  d'Aristote.  Le  premier  est  inscrit  sous  ce  titre  :  rr  Ethiques,  couvert  de 
fr  cuir  noir,  à  iiij  fermoers ,  n  et  on  lit  en  marge  :  rr  Donné  par  le  Roy  à  maistre  Ger- 
fr  vèse.  v  Le  second  est  ainsi  mentionné  :  rr  Ethiques  glozéez,  couvert  de  cuir  vert  et 
ffà  ij  fermoers;  11  puis  en  marge  :  «Donné  aus  escolles  maistre  Gervèse.-n  II  parait 
au  reste  que  Gervais  Chrétien  offrait  aussi  des  livres  à  Charles  V,  témoin  cette 
indication  du  même  catalogue  :  rtMessire  Guillaume  de  Maureville,  qui  parle  d'une 
repartie  des  merveilles  du  monde  et  des  pays,  couvert  de  veluyau^^'  ynde^^';  et  le 
rr  donna  au  Roy  maistre  Gervaise  Chrestien ,  son  premier  physicien,  n 

A  la  prière  du  roi,  Urbain  V  confirma  la  donation  que  ce  souverain  avait  faite 
au  collège,  et  lança  Tanathème  contre  ceux  qui  oseraient  enlever  les  instruments 
et  les  livres  qu'il  y  avait  placés'**.  Mais  cette  menace  ne  suffit  pas  pour  les  protéger; 
car  nous  avons  trouvé  aux  Archives  de  l'Empire  l'original  sur  vélin  d'une  ordon- 
nance adressée  le  6  mars  i5oi  par  le  cardinal  d'Amboise  à  l'archidiacre  de 
Rayeux,  et  dont  le  but  était  d'amener  la  restitution  d'objets  qui  avaient  été  déro- 
bés au  collège;  or,  dans  l'énumération  qu'en  fait  le  cardinal,  nous  voyons  men- 
tionnés crlibros  capelle,  thesauri  et  bibliothecae n 

Parmi  ces  derniers  figuraient  plusieurs  manuscrits  précieux  qui  provenaient 
de  l'évêque  d'Avranches  Robert  de  la  Porte,  et  sur  lesquels  on  lisait  ces  mots  : 
rrEx  dono  Roberti  Portae.n  Cette  donation  était  antérieure  à  1878,  car  Robert 
de  la  Porte  était  mort  en  1879,  et  ses  biens  avaient  été  confisqués  l'année  précé- 
dente ^^l 

Ces  pertes  furent  réparées  dans  la  suite,  soit  par  des  achats,  soit  par  des  do- 
nations, et  J.  Dubreul  nous  apprend,  en  1689,  que  le  collège  de  maître  Gervais 
possédait  alors  trune  belle,  riche  et  magnifique  librairie n  Nous  ne  savons,  du 
reste,  s'il  la  conserva,  ni  ce  qu'elle  devint  quand  l'établissement  fut  réuni  à  l'Uni- 
versité. 

Ce  collège  eut,  pendant  quelque  temps,  pour  principal  Gossehn,  qui,  en  1 5 60, 
devint  garde  de  la  bibliothèque  du  Roi'**;  il  a  lui-même  écrit  et  signé  à  la  fin  d'un 
volume  renfermant  les  statuts  du  collège ces  mots  :  crllle  ego  Gosselinus,  qui 
rrtunc  collegii  Gervasii  principalis  eram,  postea,  videlicet  anno  Christi  i56o,  fac- 
rrtus  hujus  bibliothecae  regiae  cuslos. . .  ^^^^  n 


Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds 
français,  n"  2700.  Voyez  ci-dessus,  p.  11/1  et  suiv. 
Velours. 
Bleu. 

E.  DuLoulay,  Historia  Universitalis  Parisien- 
sis,  l.  IV,  p.  ASo.  —  Lebeuf,  Histoire  de  la  ville  et 
du  diocèse  de  Paris,  t.  III,  p.  A5o. 

Archives  de  l'Empire,  série  M,  carton 
n"  168. 


Histoire  littéraire  de  la  France,  t.  XXI ,  p.  A8 1 . 
J.  Dubreul,  Théâtre  des  antiquités  de  Paris, 
p.  5/1/1. 

Voyez  ci-dessus,  p.  i5o  et  suiv. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds 
latin,  n°  /i-Sgy  A. 

'  °'  Ce  volume  a  pour  titre  :  Statuta  collegii  ma- 
gislri  Gervasii,  hic  data  a  Jonnne  Gossclin,  anno  Do- 
mini  1600.  Ou  lit  au-dessous  :  aUlinam  juramen- 


COLLEGE  DE  MA[TRE  GERVAIS.  227 

Le  collège  de  maître  Gervais  avait  été  entièrement  reconstruit  à  la  fin  du  dix- 
septième  siècle;  les  derniers  vestiges  des  bâtiments  qu'il  avait  occupés  ont  disparu 
lors  de  la  création  du  boulevard  Saint-Michel. 


ftum  horum  statutoruiii  pro  libraria  prudenter 
(Tconstitiitum,  etiam  in  bibliotbeca  regia  perpetuo 
cservetur.  «  Ce  volume  est  enlré  à  la  bibliotbèque 
du  Roi  parles  soins  de  Gosselin,  qui  s'en  était  rendu 


acquéreur  en  1601.  n-Quaudo  reperi  hœc  Statuta 
rr  venalia  publicaque ,  tpiœ  auro  emi ,  ut  illa  in  biblio- 
fthecam  regiam  servanda  darem,  ne  lapsu  tempo- 
ffris  ainitterentur  in  prefato  coHegio.  n 


COLLÈGE  DE  FORTET. 


Par  son  testament,  daté  du  12  août  1891,  cr vénérable  et  discrette  personne 
crmessireii  Pierre  Fortet('),  d'Aurillac,  chanoine  de  Notre-Dame  de  Paris,  ordonna 
qu'un  collège  serait  établi,  aux  frais  de  sa  succession,  dans  une  maison  dite  les 
Caves  qu'il  possédait  à  Paris,  et  qui  était  située  rue  des  Cordierst^). 

Pierre  Fortet  mourut  le  9^  avril  iSgZ».  Le  chapitre  de  Notre-Dame  désigna 
pour  remphr  les  fonctions  d'exécuteurs  testamentaires  Bertrand  de  Cherne,  Jean 
du  Soc  et  Jean  de  Ghanteprime,  tous  trois  chanoines  de  l'église.  Ceux-ci  ne  réa- 
lisèrent qu'à  moitié  les  intentions  du  défunt  :  aucune  des  maisons  laissées  par  lui 
n'ayant  été  jugée  propre  à  l'installation  du  collège,  ils  en  achetèrent  une  dans  la 
rue  des  Sept -Voies  '^K 

Nous  ne  connaissons  d'autre  document  relatif  à  la  bibliothèque  de  ce  collège 
qu'un  précieux  manuscrit  de  la  Bibliothèque  impériale,  qui  contient  le  testament 
de  Pierre  Fortet  et  toutes  les  pièces  relatives  à  sa  généreuse  fondation  W.  Pierre 


J.  Dubreul,  Théâtre  dct  antiquité:,  de  Paris, 
p.  546. 

Jaillot,  Recliercites  critiques,  historiques  et 
topographiques  sur  Paris,  quartier  Saint-Benoît, 
p.  226. 


Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  VI ,  p.  97. 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds 
français,  n"  863o;  autrefois  dans  le  supple'nient 
français  n°  1  4 92. 


230  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Fortet  avait  réuni  une  bibliothèque  très-nombreuse  pour  son  temps;  elle  fut  inven- 
toriée et  mise  en  vente  : 

Fortet,  en  effet,  n'avait  disposé  que  d'une  très-petite  partie  de  ses  livres  :  il 
avait  légué  à  son  neveu  Girard  cr  Decretales,  Sexlum,  Clementinas  et  Johanninas;  n  à 
son  autre  neveu  nommé  Pierre  requinque  libros  légales,  videlicet  Digestum  vêtus, 
Inforciatum ,  Digestum  novum,  parvum  volumen,  Codicem;-n  mais  nous  ne  voyons 
pas  qu'il  ait  songé  à  organiser  une  bibliothèque  dans  l'établissement  qu'il  fon- 
dait. Ses  exécuteurs  testamentaires  y  pensèrent  pour  lui,  car,  à  la  vente  de  ses 
livres,  ils  achetèrent  dans  ce  but  vingt-six  volumes;  ceux-ci  figurent  dans  l'inven- 
taire avec  cette  mention  :  rf  Baillé  au  collège.  t>  Voici  donc  de  quels  ouvrages  se 
composa,  à  l'origine,  la  bibliothèque  du  collège  de  Fortet. 

Un  petit  volume  qui  se  commence  ou  second  fouiilet  :  fret  jus  quo. «  Prisé  vj  s. 
Digeste  vielle,  qui  se  commence  ou  second  fouiilet  :  tfvari  precipimus.  w  Prisé  c  s. 
Innocens,  commençant  ou  second  fouiilet  :  fquam  spectat.  »  Prisé  xlviij  s.  par. 
Ung  messel  à  l'usaige  de  Paris,  commençant  ou  second  fouiilet  :  rtin  illo  lempore.w  Prisé 
xij  lib. 

Le  livre  de  Daniel,  glosé,  commençant  ou  second  fouiilet  :  fr viduatus. »  Prisé  xl  s. 

Décrétalles  en  deux  volumes  de  la  glose  d'Ostiensis  (^),  dont  le  premier  volume  commence  ou 
second  fouiilet  :  tr  ff  penultimuspi  l'autre  volume  commence  ou  second  fouiilet  :  tret  consilium.ri 
Prisé  vj  lib. 

Une  Inforsade     commençant  ou  second  fouiilet  :  rrquare  sit  marilus.  ii  Prisé  xlviij  s. 
Le  Psaultier  glosé,  commençant  ou  second  fouiilet  :  «de  Christo.w  Prisé  lxiiij  s. 
Mathé  et  Marc,  glosez,  commençans  ou  second  fouiilet  :  rrgenuit  Ysaac. w  Prisé  xx  s. 
L'Arcediacre  sur  le  vf  (^),  commençant  ou  second  fouiilet  :  trunde  dico.15  Prisé  xl  s. 
Les  livres  de  Genesis,  de  Exode,  glosez,  commençans  ou  second  fouiilet  :  trerat  quantum. 
Prisés  xxxij  s. 

Les  livres  Levitici ,  Numeri  et  Deuteronomii,  commençans  ou  second  fouiilet  :  ctmasculum.  71 
Prisés  xxxij  s. 

Certains  escrips  de  S'  Thomas  sur  le  livre  des  Sentences,  commençans  :  asuperiorem.  n  Pri- 
sés XL  S. 

Voyez  la  note  1,  p.  281 .  d'un  commentaire  sur  le  Sexte  (VI'  partie  des  Dé- 

L'Infortiat.  crétales).  Pour  les  noms  des  deux  commentateurs. 

Il  s'agit  ici  et  dans  l'avant-dernier  article      voyez  ci-dessus,  p.  7^,  notes  5  et  6. 


COLLEGE  DE  FORTET.  231 

Ung  Code,  commençant  ou  second  fueillet  :  cf  constitucionis. "  Prisé  viij  iib. 
Les  xij  Prophètes,  glosez,  commençans  ou  second  fueillet  :  «tavani  sive  fornicacionem. n 
Prisé  xxiiij  s. 

Mathé  et  Marc,  glosez,  commençans  ou  second  fueillet  :  te  Abraham  genuit.»  Prisé  xxiiij  s. 
Le  livre  de  Josue,  Judicum  et  Ruth,  glosez,  commençant  ou  second  fueillet  :  ffme  priorem.n 
Prisé  XX  s. 

La  seconde  partie  de  la  Somme  d'Ostiensis commençant  ou  second  fueillet  :  ttecclesias- 
fftico.  1  Prisé  xl  s. 

Ung  livre  appelé  Methaphosica  Aristotilis,  commençant  ou  second  fueillet  :  fffuerit  ista.n 
Prisé  X  s. 

Les  Evangilles  de  Luc  et  de  Johannes,  glosez,  commençans  ou  second  fueillet  :  trex  ordine.w 
Prisé  xxiiij  s. 

Les  Epitres  de  saint Pol,  glosées,  commençans  ou  second  fueillet  :  rr  laudes  Deo.n  Prisé  lxiuj  s. 
L'autre  partie  de  la  Summe  d'Ostiensis,  conunençant  ou  second  fueillet  :  k  Christus  ab  Adam,  v 
Prisé  xxinj  s 

Le  livre  de  Job,  glosé,  commençant  ou  second  fueillet  :  ffnequeunt. n  Prisé  xx  s. 
Ung  texte  de  Sentences,  commençant  ou  second  fueillet  :  rrsanctus  minor. »  Prisé  xxnij  s. 
Digeste  nove ,  commençant  ou  second  fueillet  :  te  non  edilficet.  r)  Prisé  luj  lib. 
Jehan  André'-'  sur  le  vj%  commençant  ou  second  fueillet  :  «patres  et  duramus.v,  Prisé 
xxiiij  s. 

La  première  partie  de  frère  Thomas,  commençant  ou  second  fueillet  :  rrad  sextum.w 
Prisé  xij  s. 

Le  collège  était  déjà  en  exercice  quand  il  reçut  encore  une  trentaine  de  vo- 
lumes, dont  nous  ignorons  la  provenance.  On  lit  en  effet  à  la  fin  du  manuscrit 
que  nous  avons  cité  :  «Premièrement,  pour  livres  baillez  audit  collège  ou  mois 
cr  de  septembre  l'an  mil  quatre  cens  et  douze,  n 

Nous  remarquons  dans  cette  énumération  les  ouvrages  suivants  : 

Une  Digeste  vielle ,  qui  se  commence  ou  second  fueillet  :  «  nolumus.  v  Prisié  xxnij  s. 

Un  Code  imparfait,  commençant  :  tfmodo.»  Prisié  inj  s. 

Manipulus  florum  (^).  Prisié  iiij  lib. 

Un  Collectaire.  Prisé  xxinj  s. 

Une  Légende  dorée      Prisié  c  s. 

Pauie  sur  les  Clémentines.  Prisé  lxuij  s. 

Un  livre  de  Collectes      Prisié  iiij  s. 

De  Proprietatibus  rerum      Prisé  vj  lib. 


La  Somme  du  cardinal  Henri  de  Bartliolomeis , 
plus  connu  sous  le  nom  de  Henri  de  Suze,  qui  fut 
un  des  plus  célèbres  canonistes  du  xui'  siècle,  et  qui 
mourut  évêque  d'Oslie. 

^'  Jean  André,  savant  canoniste  italien,  a  com- 
menté les  Clémentines ,  les  Décrctales  et  les  Sentences 
de  Pierre  Lombard. 

Sans  doute  l'ouvrage  suivant  :  Manipulus Jlo- 
rum,  seu  hisloria  Mediolani,  ah  origine  urbis  usque 


ad  annum  iSyi,  par  Galvaneo  Fiamma.  11  a  été  in- 
séré par  Muratori  dans  son  Scriplores  rerum  italica- 
rum,  t.  XI ,  p.  553 ,  et  t.  XII ,  p.  991. 

*'  Le  célèbre  ouvrage  de  Jacques  de  Voragine. 

^'  On  appelle  collectes  les  oraisons  que  le  prêtre 
récite  pendant  la  messe  ;  elles  commencent  par  cette 
invitation  aux  fidèles  :  Oremus. 

Par  Barthélémy  de  Glanville.  Ce  travail  a  eu 
douze  éditions  de  1^79  à  1/196. 


232  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Racionale     Prisié  xij  lib. 

Une  lecture  sur  le  Décret     Prisé  lxiij  s. 

Les  Concordances  abrégiées.  Prisié  c  s. 

Le  Répertoire  de  Guillaume  Durant Prisé  xxxij  s. 

Quedam  pars  Dialogoiuim  Gregorii  C'',  commençant  :  tmeque  super,  n  Prisé  vj  s. 

Un  Messel  tout  nuef.  xlv  lib.  par. 

Un  gros  Bréviaire  à  l'usage  de  Paris.  Prisié  xl  lib. 

Un  Journal  t^'  à  l'usage  de  Paris,  ix  lib.  xij  s. 

De  Lira  sur  le  Nouvel  Testament  C^'.  xl  lib. 

Un  Spéculum  juris  C'.  Prisié  xiiij  lib.  viij  s. 

Un  volume  contenant  les  quatre  livres  des  Roys,  glosez,  commençant  :  'tquid  non  ego.-n 
Prisé  Lx  s. 

Nous  ne  savons  si  ce  premier  fonds  fut  augmenté  dans  la  suite ,  car  aucun  au- 
teur, ancien  ou  moderne,  n'a  dit  un  mot  de  cette  bibliothèque.  Le  collège  de 
Fortet  [Collegium  Forteticim),  réorganisé  en  i']ok^'^\  subsista  cependant  jusqu'à 
la  Révolution,  et  l'on  voit  encore,  au  numéro  21  de  la  rue  des  Sept-Voies,  quel- 
ques traces  des  bâtiments  qu'il  occupait. 


Ratianale  divinorum  officiorum,  libris  octo  di.t- 
tinctum,  par  Duranti,  évêque  de  Mende;  il  a  été  im- 
primé dès  1  iSg. 

Les  commentaires  sur  le  Decretum  de  Gralien 
sont  innombrables. 

C'est  le  Repertorium  juris  canonici  de  Guil- 
laume Duranti.  Il  a  été  imprimé  à  Venise  en 
1/196. 

Ces  Dialogues  ont  été  contestés  à  saint  Gré- 
goire. Ce  sont  des  récits  d'histoires  miraculeuses  re- 
latives à  différents  saints.  M.  Le  Roux  de  Lincy  les 


a  publiés  en  partie,  à  la  suite  de  son  édition  des 
Quatre  livres  des  Rois. 

Livre  d'église  qui  contenait  l'otTice  de  chaque 
jour;  c'est  le  Diurnal  actuel. 

Nicolas  de  Lyra  commenta  toute  la  Bible  : 
Postillavit  Bibliam  n  principio  usque  ad  Jînem ,  dit  son 
épitaphe. 

Sans  doute  le  Spéculum  jndiciale ,  de  Guil- 
laume Duranti:  cet  ouvrage  a  eu  trenle-deux  édi- 
tions de  1 478  à  1 668. 

Uist.  littéraire  de  la  France,  t.  XXIV,  p.  26 1 . 


Far.-simile  heliographique . 


Flan  de  Lacaille  (1714). 


COLLÈGE  DE  SÉEZ. 


Grégoire  Laiiglois,  évêque  de  Séez,  laissa  en  mourant  la  somme  nécessaire 
pour  la  fondation  de  deux  collèges,  dont  l'un  devait  être  établi  à  Angers  et  l'autre 
à  Paris'''.  Jean  Langlois,  son  neveu  et  son  exécuteur  testamentaire,  se  chargea 
d'acquitter  ce  legs,  et  le  nouveau  collège  fut  installé  rue  de  la  Harpe,  alors  rue 
Saint-Côme,  en  face  du  collège  de  Justice,  le       février  1/127*'^'. 

L'établissement  eut  aussitôt  une  bibliothèque,  dont  le  premier  fonds  fut  pris 
parmi  les  livres  qu'avait  possédés  Grégoire.  On  en  trouve  la  liste  dans  l'inventaire 
de  ses  biens,  daté  du  17  mai  i/io/i,  et  qui  est  conservé  aux  Arcliives  de  l'Em- 
pire'^'. JJInveiUoire  des  livres  comprend  une  vingtaine  de  volumes,  parmi  lesquels 
nous  remarquons  : 

Un  cours  de  droyl  canon  bien  notable. 
Lu  autre  cours  de  drovt  canon. 
La  Règle  de  Benoist. 
Le  Rosaire  en  deux  volumes. 
Un  volume  contenant  six  livres. 
Deux  cours  de  droit  civil. 
Un  Digeste  nove. 
La  Somme  de  Hostience '*'. 
Le  Répertoire  Guillaume  Durant  '^'. 

Piganiol  de  la  Force,  Descrijilion  hislor  'Kjue  de 
Paris,  t.  VI.  p.  3i3. 

J.  Dubreul,  Théâtre  des  anliquilei  de  Paris, 
p.  5.Ô.3. 

II. 


''''  Archives  de  l'Empire ,  série  M ,  carton  n°  191. 
Voyez  ci-dessus ,  page  9  3 1  ,  note  1 . 
Voyez  ci-dessus,  pageaSa,  note  3. 

.3o 


234  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Ce  précieux  commencement  de  bibliothèque  fut  transporté  au  collège,  et  Ton 
eut  soin  de  faire  figurer  dans  les  statuts  toutes  les  dispositions  nécessaires  pour 
en  assurer  la  conservation.  Les  livres  devaient  être  placés  sur  des  pupitres,  et 
attachés  avec  des  chaînes,  dont  les  clefs  seraient  enfermées  dans  le  coffre  du  trésor. 
On  accordait  à  chaque  boursier  une  clef  de  la  bibliothèque;  mais  il  leur  était  in- 
terdit d'y  laisser  pénétrer  aucun  étranger,  à  moins  qu'il  ne  leur  fût  bien  connu , 
et  encore  fallait-il  qu'il  fût  constamment  accompagné  par  le  boursier  qui  l'avait 
introduit  Un  autre  article  enjoignait  au  principal  d'examiner  fréquemment  les 
livres,  et  d'en  faire  dresser  l'inventaire  à  la  fin  de  chaque  année  scolaire  Ce 
collège  fut  reconstruit  avec  luxe,  vers  1780,  aux  frais  d'Alexandre  Lallemand, 
évêque  de  Séez;  en  1768,  on  le  réunit  à  l'Université. 

Ce  qui  restait  des  bâtiments  a  été  démoli  lors  du  percement  de  la  rue  des 
Ecoles. 


rfitem,  statuiiniis  quod  in  collegio  sit  una 
fflibraria,  in  qua  libri  débite  disponantur  in  pul- 
apitis,  et  incathenentur  cum  calhenis  fermantibus 
ffad  seras,  quarum  claves  reponantar  in  arcba 
rrthesauri;  et  de  ipsa  libraria  quilibet  bursarius 
rrbabeat  davem,  nec  intret  extraneus  nisi  notus, 


"Cl  adhuc  in  presentia  continua  alicujus  bursarii." 

rrlteni,  de  iibris  dispositis  in  dicta  libraria 
frsepissinie  (ial  visitalio  per  magistrum  et  ilios  de 
ff collegio,  ne  quid  inibi  depereat;  et  salteni  in  anno 
rtcirca  fîneni  stiidii  liât  invenlariuni  de  dictis  li- 
er bris,  v  (  Archives  de  l'Empire ,  série  M ,  carton  191.) 


Pac-simile  heliographique. 


Flan  de  Lacailîe  (1714). 


CAPUCINS  DE  LA  RUE  S AINT-HONORÉ. 


Les  Capucins,  cr  ainsi  nommez,  dit  Aiibert  Le  Mire,  à  raison  du  capuce  pointu 
cr  qu'ils  portent  (",11  furent  institués  en  iBaB  dans  le  duché  de  Spolète  par  Mathieu 
Basclii.  Vers  i56o,  le  cardinal  de  Lorraine  amena  d'Italie  quatre  religieux  de 
cet  ordre  et  les  installa  dans  son  parc  de  Meudon;  mais,  à  la  suite  de  la  morl 
du  cardinal,  ils  regagnèrent  leur  pays.  Peu  d'années  après,  un  ex-cordelier, 
nommé  Pierre  Deschamps,  fonda  à  Picpus  un  petit  couvent  de  Capucins  Leur 
nombre  augmenta  peu  à  peu,  et,  comme  ils  passaient  pour  rt  austères,  dévotieux, 
cr  charitables  et  vivant  selon  l'esprit  pour  acquérir  Paradis n  Henri  III  les  prit 
sous  sa  protection  spéciale,  et  leur  fit  construire  un  immense  couvent,  qui  ren- 
ferma plus  tard  jusqu'à  cent  trente  religieux. 

Les  Capucins  s'y  installèrent  en  i  576;  mais  c'est  en  août  1  B98  que  nous  voyons 
leur  bibliothèque  citée  pour  la  première  fois.  Sur  un  volume  de  Fr.  Gonzague, 
De  origine  seraphinœ  religionis  Franciscanœ,  qui  fut  publié  en  1687,  in-folio,  nous 
avons  trouvé  la  note  suivante  :  rc  Liber  iste  dalus  fuit  Conventui  R'''"'"'"  Patrum  Ca- 
rpucinorum  a  Pi"''°  P.  fr.  Francisco  Gonzaga,  episcopo  Mantuano  et  nuncio  apos- 
crtolico  in  Gallia  ad  Henricum  iiij,  Galliarum  i-egem,  et  rogat  ut  memoriam  pro  illo 
rr  liabeant  in  suis  orationibus.  Die  29  augusti  1  5()8.  Parisiis   .  ii  Quarante-deux  ans 


Aub.  Le  Mire,  Histoire  de  roriifine  cl  inslitu- 
tion  de  divers  ordres  de  congrégations  religieuses, 
p.  y. 

Chronologie  hislorique  des  Capucins  de  In  pro- 
vince de  France ,  \).  19.  Bibliothèque  impériale,  iiia- 


nuscrils,  fonds  français,  n°  a^ohli  (ancien  fonds 
des  Capucins  Saint-Honoré,  n"  h  ter). 

J.  Dubreul,  Théâtre  des  antiquités  de  Paris, 
p.  G9G. 

Bibliothèque  Mazarine,  doubles,  11°  lAi. 

3o. 


236  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

après,  cette  collection  était  organisée  et  pourvue  d'un  bibliothécaire;  car  on  lit, 
en  1  Gûo,  dans  les  Ordonnances  capitulaires  de  la  province  de  Paris  :  rrQue  les  pré- 
crdicateurs  ne  retiennent  point  dans  leur  chambre  plus  de  livres  qu'ils  n'en  ont  ac- 
re tuellement  besoin  pour  faire  leurs  sermons,  affin  de  ne  pas  dégarnir  les  biblio- 
rrtèques.  Ils  en  donneront  une  liste  au  supérieur  ou  au  bibliotéquaire,  affin  que, 
ff  quand  quclqu'autre  prédicateur  les  demandera,  on  poura  sçavoir  qui  lésa  pour 
ffles  luy  redemander  11 

Les  renseignements  relatifs  à  cette  bibliothèque  sont  ensuite  très-contradictoires. 
Le  P.  L.  Jacob  déclare,  en  i6/i3,  que  cria  bibliothèque  des  Pères  Capucins  du 
rr  faubourg  Saint-Honoré  est  de  considération  pour  la  quantité  et  la  qualité  de  ses 
rr  livres  ;  v  mais,  en  i  663  ,  les  Ordonnances  capitulaires  que  nous  avons  citées  ren- 
dent, en  ces  termes,  à  la  même  collection  un  témoignage  beaucoup  moins  favo- 
rable :  rrLes  bibliotèques  sont  tellement  négligées,  que  les  livres  sont  tous  pourris 
rr  et  mangez  des  rats  et  des  souris.  La  poudre  et  les  vers  les  consomment,  de  ma- 
rrnière  que  tout  est  dans  un  triste  état.  Les  Pères  gardiens,  que  cela  regarde, 
rr  doivent  y  avoir  l'oëil  n  Michel  de  Marolles  pouvait  donc  avec  raison  appliquer 
alors  à  la  bibliothèque  de  Paris  l'épithète  de  rr  pauvres  : 

Et  qu'on  y  range  encor  la  pauvre  capucine'*'. 

Il  semble,  au  icste,  que  le  chapitre  du  couvent  s'occupait  assez  peu  de  cette 
pauvre  collection,  carie  i-ecueil  de  ses  délibérations  contient  fort  peu  de  décisions 
qui  y  soient  relatives.  La  seule  que  nous  ayons  à  citer  est  de  167/1;  le  chapitre 
assemblé  arrêta  que  les  livres  pourraient  être  prêtés  au  dehors  à  des  personnes 
connues  par  leur  piété  et  leur  attachement  au  monastère.  Le  provincial  de  chaque 
couvent  fut  en  même  temps  autorisé  à  envoyer  dans  une  autre  maison  ou  à  éclian- 
ger  contre  d'autres  volumes  ceux  qui  seraient  jugés  inutiles 

En  1686,  un  sieur  .lean  Dubois,  frère  d'un  Capucin  missionnaire,  laissa  quel- 
ques livres  au  couvent,  comme  l'indique  cette  note  que  nous  avons  rencontrée  sur 
un  certain  nombre  de  manuscrits  :  crEx  dono  domini  .Joannis  Dubois,  fratris 
rrV*^'  Patris  Basilii  Suessioncnsis  Capucini  concionatoris  et  missionarii  apostolici. 
rr  1  686.  Orate  pro  eo     n  Une  donation  beaucoup  plus  considérable  fut  due,  bientôt 

Annales  des  Révérends  Pères  Cnpvcins  de  la  rmonnulla  dubia ,  et  sunt  1 1°  An  possiiit  muluari 

province  de  Paris.  Bibliothèque  Mazarine,  manus-  rrlibri  bibliothocaruni  nostrarum  aHcui  devoto  seu 

crits,  n°  H  2879 ,  p.  297.  rrreligioso  per  aiiquod  tempus,  absqne  periculo 

f'''  L.Jacob,  Traicté  des  plus  belles  hibliolheques ,  rrexcommunicationis.   Patres  provinciales  possunt 

p.  5o3.  fflibros  superiluos  transmitlere  in  alium  locuni, 

Annales  des  Révérends  Pères  Capucins ,  etc.  rrvel  in  alios  libros  conimutare.i  {  Capilularia  ge- 

p.  967.  neralia  Capiicinorum  [i5-3()-i  Gg8] ,  xx.ï  vii'""  capi- 

Mich.  de  Marolles,  Paris  ou  description  suc-  tulum,  p.  16g.  Bibliothèque  Mazarine,  nianus- 

cincte  et  néantmoins  assez  ample  de  cette  grande  ville,  crits ,  n°  2/119.) 

p.  46.  Voyez  entre  autres  bibliothèque  Mazarine, 

cfin  hoc  capitule  fuerunt  proposita  el  resoliita  manuscrits,  n"  T  Ci  5. 


CAPUCINS  DE  LA  HUE  S  A l NT-HONORÉ.  237 

après,  à  un  Capucin  nommé  IVère  Fulgence;  on  trouve,  en  effet,  sur  une  nmlti- 
lude  de  volumes  imprimés  qui  ont  appartenu  à  cette  maison,  les  mots  :  rrF.  Ful- 
o-gence  de  Paris,  capucin,  ii 

Mais  ce  qui,  plus  que  tout  cela,  contribua  à  relever  la  bibliothèque  des  Ca- 
pucins, ce  lut  la  nomination  du  P.  Athanase  de  Mégrigny  au  poste  de  bibliothé- 
caire. Il  s'occupa  de  classer  les  volumes  suivant  les  matières  qu'ils  traitaient, 
s  efforça  d'en  ac([uérir  de  nouveaux,  et  commença  un  catalogue  général  de  la  col- 
lection. 11  lut,  sui-  ces  entrefaites,  nommé  évêque  de  Grasse;  mais  on  lui  donna 
pour  successeur  au  couvent  le  P.  Héliodore,  qui  hérita  de  son  zèle  et  continua 
le  catalogue  commencé.  Celui-ci  forme  deux  volumes  in-folio  écrits  avec  beaucoup 
de  soin.  Le  premier  volume  fut  terminé  en  1726 ,  comme  on  le  voit  par  ce  titre 
détaillé ,  dont  nous  reproduisons  textuellement  l'orthographe  : 

CATALOGUS 
LiBRORUM  Omnium  Bibliothéc^ 

PROUT  POSITI  SUNT  SUE  TiTULIS 

habita  ralione  diversariim  Matériarum  in 
ipsis  conlentariim 
Pnmum  quidem  à  Révérendo  in  Chrislo  Pâtre 

P.  Athanasio  de  Méguigny  Cap. 

nunc  vero  Grassae  Episcopo  inceplus, 
et  post  quadraginta  très  circiter  annos  à  P. 

Héliodoro  Parisino  Bibliothécario  , 
suprà  dicti  R.  P.  et  Illuslriss.  Prœsulis  alumno, 
Résnmpliis,  Continûatits,  Perfectus  et  Tertiâ  Jéré 
parte  Librorum  adauctus, 

Atque  in  prœstantiorem  formam,  ac  méliorem 
ordinem,  ut  vider e  est,  rédactus. 

AnNO    DoMlNICJE  InCARNATJONIS 

Le  second  volume,  qui  contient  l'ordre  alphabétique,  fut  achevé  deux  ans  plus 
tard.  On  lit  en  tète  :  Catahgus  nominum  aulhorum  quorum  libri  sunt  in  Bibliothecâ, 
ordtne  aJphabélico  dispositus.  Opéra  et  studio  Patris  Héliodoin ,  Parisiîii,  Bibliotliccarii. 
Anno  ab  Imarnalione  Domini  nostri  Jesu  Cliristi  ij3'j^''\ 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  3-i89.  —     Bibliotlièqiie  Mazarine,  manuscrits,  n"  3983. 


238  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Ce  catalogue  est  précédé  d'une  Dédicace,  d'un  Admonilio  émanant  du  P.  Atha- 
nase  de  Mégrigny,  et  de  quatre  Avertissements.  On  en  ti'ouvera  plus  loin  des  frag- 
ments, qui  renferment  plusieurs  détails  curieux  relatifs  à  la  bibliothèque. 

Au  moment  de  la  Révolution,  le  vaisseau  qui  renfermait  cette  collection  était 
fort  beau,  long  de  cent  pieds  et  large  de  vingt-deux Au  milieu  se  trouvaient 
des  espèces  de  bureaux  ou  de  butTets,  au  nombre  de  cincj  et  remplis  de  livres'-'. 
On  y  voyait  aussi  deux  globes  exécutés  par  Goronelli  en  i  698  ,  et  plusieurs  curio- 
sités parmi  lesquelles  figurait  une  reproduction  en  nacre  de  perles  de  l'église  du 
Saint-Sépulcre  à  Jérusalem;  c'était  un  présent  du  comte  de  Vergennes ,  qui  l'avait 
reçu  lui-même  à  Constantinople ,  où  il  avait  été  ambassadeur 

De  nombreuses  donations,  dont  nous  n'avons  pu  retrouver  aucune  trace,  vin- 
rent successivement  accroître  cette  collection,  qui,  en  1790,  était  rcla  plus  belle 
fret  la  plus  volumineuse  de  toutes  celles  du  même  ordre  qui  se  trouvent  en 
cr  France ,  n  et  contenait  rr  de  dix-huit  à  dix-neuf  mille  volumes,  n  dit  la  Déclaration 
officielle;  cependant  Thiéry,  dès  1787,  lui  en  attribuait  vingt-quatre  mille^. 

Parmi  les  richesses  de  cette  bibliothèque,  on  citait  un  nombre  assez  considé- 
rable de  livres  orientaux;  aussi  trouve-t-on  parfois  inscrit  sur  le  titre  de  certains 
volumes  ces  mots  :  Linguarum  orientalium,  academiœ  Capiicinorum  sancli  Honorati.  Le 
rapport  adressé  par  le  bibliothécaire  à  l'Assemblée  nationale,  décrit  ainsi  la  com- 
position  de  la  bibliothèque  des  Capucins:  cr L'Ecriture  Sainte,  y  compris  les  inter- 
ff  prêtes,  est  assez  complette  en  tout  genre  et  principalement  en  langues  orien- 
rf taies.  Une  Bible  manuscrite  du  xiv"^  siècle,  grand  in  folio  sur  vélin,  avec  de 
et  très  belles  vignettes,  en  quatre  volumes,  est  fort  estimée.  Plusieurs  Bibles  ma- 
ernuscrites,  in  octavo  et  in  douze  fort  anciennes,  ont  leur  mérite.  Un  Nouveau 
tr  Testament  grec,  aussy  manuscrit,  qu'on  croit  du  x''  ou  xi*^  siècle,  n'est  pas  moins 
rr  précieux.  La  collection  des  Conciles  et  des  Pères  est  bien  soignée;  dans  ce  qu'elle 
cr  contient,  plusieurs  éditions  romaines  et  angloises  n'en  font  pas  le  moindre  orne- 
r'ment.  L'histoire  ecclésiastique  y  est  assez  étendiie  dans  toutes  ses  parties;  les 
cr  Bollandistes  finissent  au  mois  de  septembre.  L'histoire  profane  renferme  d'excel- 
rr lents  morceaux  et  de  bonnes  éditions;  la  Bysantine  en  29  volumes  in  folio  est 
rrdans  le  meilleur  état.  Les  livres  moreaux,  ascétiques,  sermonaires,  ouvrages  de 
ce  piété  et  de  controverse,  sont  très- nombreux.  Les  belles-lettres,  bibliographes, 
et  dictionnaires,  etc.  ont  aussy  leur  prix.  On  peut  surtout  distinguer  la  belle  col- 
rtlection  des  antiquités  grecques  et  romaines  en  36  volumes  in  folio,  édition  d'Hol- 
cc lande;  les  antiquités  de  dom  Montfaucon  en  19  vollumes;  plusieurs  musées 


Thiéry,  Guide  des  nmalcurs  et  des  étrangers, 
t.  I ,  p.  111. 

Drclfirulion  de  In  nutison  et  cuMissement  des 
Capucins  de  la  rue  Saint-IIonorc  de  la  ville  de  Paris, 
conformément  an  décret  de  l'Assemblée  nationale  du 


i3  nove)nbre  i'/8(j.  Archives  de  l'Empire,  se'rie  S, 
ri°  8706. 

Tliiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
t.  I ,  p.  111. 

Tliiéry,  iiid. 


CAPUCINS  DE  LA  RUE  SAINT-MONORE.  ^239 

rrd'Italio,  des  receuils  accadéiniques,  etc  J''.  n  Jordan  rapporte  un  l'ait  qui  donne 
la  plus  haute  idée  de  rorthodoxie  des  Capucins  :  rr  On  me  conta,  dit-il,  que  dans 
ftleur  bibliothèque  on  avoit  vu  un  Nouveau  Testament  d'Erasme,  à  la  tête  duquel 
cr  on  avoit  écrit  ces  mots  :  Liber  [)roliibitus  primae  classis  i7 

Nous  avons  dit  que  le  catalogue  de  cette  bibliothèque  datait  du  commence- 
ment du  wni*^  siècle  et  formait  deux  volumes  in-folio.  Au  moment  de  la  Révolution, 
on  s'occiqiait  de  refaire  ce  travail 

En  1789,  l'Assemblée  nationale  s'(!mpara  de  la  bil)iiotiièque  des  Capucins  pour 
y  établir  cinq  de  ses  bureaux,  rc  On  a ,  dit  le  bibliothécaire,  couvert  toutes  les  faces 
rrde  l'emplacement  de  planches  ou  de  tapisseries,  en  sorte  que  nous  n'avons  plus 
rreii  la  jouissance  d'aucun  livre,  excepté  de  ceux  qui  se  trouvent  dans  nos  cham- 
ffbres  et  qui  sont  à  notre  usage,  lesquels  sont  de  peu  de  conséquence n  Un  peu 
plus  tard,  ce  couvent  fut  un  des  locaux  désignés  pour  la  centralisation  des  ouvrages 
enlevés  aux  bibliothèques  des  personnes  émigrées  et  des  maisons  ecclésiastiques 
supprimées  f^'. 

La  bibliothèque  des  Capucins  n'avait  point,  à  proprement  parler,  d'estampille. 
On  trouve  seulement,  frappés  en  grosses  capitales  sur  les  plats  de  quelques  vo- 
lumes, ces  mots  : 


AVX  CAPYGINS 
DE    S.  HONORE 


Les  inscriptions  manuscrites  sont  très-fréquentes,  mais  leur  forme  varie  peu  : 

PRO  CONVENTU  CAPUCINORUM  PARISIENSIUM  SANCTI  HONORA  TL 
DU  COUVENT  DES  CAPUCINS  DE  PARIS  SAINT-HONORÉ. 
AUX  CAPUCINS  SAINT-HONORÉ. 

Sur  l'emplacement  que  couvrait  cet  immense  couvent,  on  a  percé  la  rue  Cas- 
tiglione,  la  rue  du  Mont-Thabor,  et  une  partie  de  la  rue  de  Rivoli. 


''  Déclaration  de  la  maison  et  étahlhsemenl  des 
Capucins,  etc.  Archives  de  l'Empire,  série  S,  carton 
n°  8705. 

Jordan,  Histoire  d'un  voyage  littéraire,  p.  yS. 
^'  Déclaration  de  la  maison  et  établissement  des 
Capucins,  etc. 

Déclaration  de  la  maison  et  établissement  des 
Capucins,  etc.  Ce  document  se  termine  ainsi  :  frCe 


'fque  je  déclare  et  certiffie  en  ma  qualité  de  biblio- 
lliécaire ,  et  par  ordre  de  mes  supéi'ieurs ,  ce  1  "  jan- 
rrvier  1790.  Et  a  signé  frère  Jean-Baptiste  de  Bouil- 
rrion,  ancien  provincial  et  bibliothécaire." 

Jacquemard,  Remarques  sur  les  abbayes ,  col- 
légiales, etc.  .supprimées,  p.  902.  —  tjcnoir,  Des- 
cription des  monuments  réunis  au  musée  des  Pelils- 
Augustins,  p.  -i. 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


EXTRAIT  DU  CATALOGUE  TERMINÉ  EN  1725 

PAR  LE  PÈRE  HÉLIODORE<". 

REVERENDO  IN  CHRISTO  PATRI 

P.  Theodosio  Parisino 
hujus-ce  Conventus  Sancti  Honorali 

GUARDIANO  ViGILANTISSIMO 
DE  BiBLIOTHECA 

multis  modis  bene  merito 
Oratio  Dedicatoria. 

Catalogum,  quadragiuta  tribus  abhinc  annis  jam-inde  inceptum,  et  tantum  modo ,  ut  verum 
dicain,  delineatum,  ac  veiuti  adumbratum,  tandem  multo  studio  perfectum,  indefessoque 
labore  cousummatum,  atque  in  praestantiorom  formam,  ac  meiiorem  ordinem,  ut  videre  est, 
Dei  gratia  reductum  R.  P.  vestrae  offerimus;  ut  quicunque  ad  cognitionem  librorum  pervenire 
cupiet,  ejus  auxilio  atque  adjumento  utatur.  Sicut  enim  clavis  ad  apertionem  cubicuioruni, 
ita  Catalogus  ad  cognitionem  librorum  prorsus  necessarius  est.  Sic  autem  eum  disposuimus 
atque  accommodavimus,  ut  cujuscunque  iiigenii  aut  gustus  sit  iHe  qui  ipsuni  atlrectare  volue- 
rit,  in  eo  quod  ipsi  satisfacere  possit  facillime  atque  ad  aperturam  iibri  inveniat  :  sive  enim 
ordinem  librorum,  sive  ordinem  authorum,  sive  ordinem  materiarum,  sive  impressionum  se- 
riem  desideraverit,  hœc  omnia  suo  quaeque  ordini  accommodata  ob  oculos  continue  reperiet  ; 
nihil  enim  in  eo  desiderandum  relinquere  voluimus;  nam,  ut  l'usius  retuli  in  una  ex  praefa- 
tionibus,  sive  admonitionibus  meis  gallicis,  Catalogus  iste  non  est  sinq)lex,  sicut  fieri  solet 
catalogus  ;  sed  ex  quatuor  catalogis,  sibi  invicem  correspondentibus,  atque  in  ununi  eundem- 
que  finem  recta  collineantibus,  sic  conflatus  est,  ut  tam  docti  quam  indocti,  tam  tyrones  quam 
magistri  quod  ipsis  arridere  possit  incunctanter  indesinenterque  inveniant.  Hii^c  ad  gloriam 
unicam  Dei,  ad  Ordinis  honorem,  Religiosorumque  studiosorum  utilitatem,  Deo  aillante  ac 
conducente,  excogitavimus,  Ipsoque  protegente  contra  ad versan lia  omnia  executi  sumus 

H.    PATERNrrATI  VESïRjE 

humillimus  atque  obedientissimus  filius 
F.  Heliodorus  Parisinus. 

ADMONITIO 

R.  P.  Atbanasii  de  Megrigni  hujus-ce  Catalogi  positionis  Auflioris  primarii. 

Lectori. 

Ut  varias  variorum  authorum  de  eodem  scribendi  argumento  lucubrationes  facile  possis 
periustrare,  amice  lector,  omnes  qui  de  eadem  re  scriptilaruni  simul  collocaviunis. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n"  3-282  et  8283.  Voyez  ci-dessus,  p.  a37  et  '238. 


CAPUCINS  DE  LA  HUE  S AINT-HONORÉ.  'i/il 

Ul  iiiiius  cil  jusque  scriploris  nionlcin,  collalis  iiiler  so  ejusdcni  opci'ihus,  iiiliiiic  penetrare 
valeas,  uuivoisa  (■ujuslil)et  aullioiis  scripta  ipsius  iiouiiiii  subscripsiiiuis;  el,  ad  iiiajorem  l'acili- 
latoni,  dupliceni  coiifecimus  calaloguiu  :  secuudus  aulliorum  oxliibel  iiidiccin;  prinius,  scMvato 
lorum  ac  scienliarum  ordine,  singulos  bibliothecae  tractatus  enunieial,  additis  autborum  nomi- 
iiibus  (>t,  ([uanlum  fieri  poluit,  oorumdeni  temporibus,  cdilionuni  quocpie  aiiiiis  ac  locis, 
cxcmplariuriicpic  (\uol  bic  babonius  numéro,  secunduni  eam  quani  inicr  se  obliiient  disposi- 
tionis  sericiu,  oïdiiialionibus;  in  qua  (dispositione)  sequentes  servaviinus  régulas  : 

1°  Incepimus  a  parte  loci  magis  intima,  et  ab  angulo  ejus  sinistro  pergendo  versus  parlem 
dextram  eo  modo  quo  vulgo  scribimus; 

9°  Ab  iiiferiori  parte  ad  superiorem  ascendinius  (sed  conlrariuni  a  piurii)us  observalur, 
nam  incipinnl  a  superiori  parte  descendendo  ad  inl'eriorem  ea  ralione  (jua  scribitur)  ;  quid  in 
bac  re  secuti  simus  dicemus  in  nostra  admonitione  gallica  sequenti; 

3°  Classes  octodecini,  secundum  varia  iibrorum  argumenta,  distinxinius,  et  unicuique  ciassi 
suam  assignavimus  litteram  cuilibet  volumini  inscriptam  (sed  cum  bœc  littercc  alpbabeticaî  inul- 
lis  displicerent  et  prœsertini  superioribus,  iilas  subtraximus,  et  earum  ioco  notas  numérales 
seu  aritbmeticas  substituimus,  ut  in  cxplicatione  ipsarum  gallica  legentibus  clarius  innotescel). 


Premier  Avertissement. 

Il  seroit  inutile  de  répéter  icy  ce  qui  est  marqué  dans  l'Avertissement  précédent  du  l\.  P. 
Atbanase  de  Mégrigny,  puisque  j'ay  suivi  le  mesme  ordre  et  que  j'ay  conservé  tout  ce  que  j'y  ay 
trouvé  de  bon  et  de  bien  ordonné.  11  ne  s'agit  plus  que  de  marquer  ce  que  j'y  ay  ajouté  ou 
cbangé,  et  (jue  d'expliquer  les  raisons  que  j'ay  eu  de  le  faire. 


Second  Avrutissement  pour  sei  vir  de  mémoires  à  la  bibliotèque. 

La  bibliotèque  étoit  autrefois  dans  le  bâtiment  qui  est  du  côté  de  la  porte  du  couveni,  au 
dessus  de  l'endroit  où  est  le  parloir,  n'ayant  pas  plus  de  largeur  ny  plus  d'étendue.  Comme  elle 
étoit  trop  petite  pour  contenir  tous  les  livres,  les  supérieurs  jugèrent  à  propos  de  la  transférer 
dans  le  bâtiment  nouveau,  à  l'endroit  où  elle  est  à  présent.  Mais,  nonobstant  ce  cbangement  et 
la  diférence  qui  se  trouve  entre  l'étendiie  de  l'ancienne  et  de  la  nouvelle,  elle  n'est  pas  encore 
assés  grande.  Pour  y  remédier,  il  faudra  dans  la  suite,  si  l'occasion  s'en  présente,  et  que  le 
temps  devienne  plus  favorable  qu'il  n'est  maintenant,  joindre  à  la  bibliotèque  la  classe, 
avec  l'escalier  qui  la  précède;  cela  n'est  pas  dificile  à  exécuter,  comme  je  l'ay  fait  voir  à  des 
arcbifectes  qui  en  sont  convenu  :  il  n'y  a  qu'à  élever  un  escalier  dans  le  bout  du  grenier  qui 
est  procbe  des  lieux  du  premier  dortoir  du  grand  bâtiment  derrière  le  poêle,  lequel  escalier 
ira  rendre  vis  à  vis  de  la  grande  porte  de  la  bibliotèque  qui  doit  être  transférée  derrière  la 
classe,  directement  à  la  place  où  est  la  chaire  du  R.  P.  lecteur;  par  le  moyen  de  cet  escalier, 
on  remédira  aux  inconvents  (sic)  qui  pourroient  résulter  du  retrancbement  du  baut  de  celuy  qui 
monte  du  poêle  à  la  classe.  Mais,  en  attendant  que  la  Providence  nous  fournisse  les  moyens 
d'exécuter  ce  dessein,  il  faut  mettre  au  milieu  de  la  bibliotèque  trois  tables  de  trois  toises  de 
longeur  (.sîc)  cbacune,  sur  trois  pieds  de  largeur,  et  environ  trente  pouces  de  hauteur,  sous  les- 
quelles on  posera  trois  rangs  de  planches,  à  distances  inégales,  pour  placer  les  in-octavo  et  les 
in-douze  qui  ne  sont  pas  encore  placés.  Il  faut  que  ces  trois  tables  soient  éloignées  l'une  de 
l'autre  et  de  la  grande  porte  d'un  espace  raisonnable,  afin  que  l'on  puisse  commodément  passer. 
De  plus  il  est  à  propos  que  les  deux  bouts  de  ces  tables  soient  fermés  par  des  armoires,  dans 
II.  3i 


2à2  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

les  quelles  on  posera  cinq  ou  six  rangs  de  tablettes,  à  hauteur  inégale,  afin  d'y  placer  les  petits 
livres  in-seize,  in-^i  et  in-Sa  qui  ne  peuvent  trouver  de  place  alieurs.  Pour  les  cotez,  on  peut 
les  faire  en  armoires  à  paneaux,  comme  sont  celles  qui  sont  au  dessous  des  fenestres,  ce  qui 
seroit  sans  doute  le  plus  propre  et  le  plus  commode,  ou  à  simples  châssis  fermés  avec  du  fil 
de  fer.  Mais  il  faut  remarquer  que  ces  armoires  ne  doivent  avoir  qu'un  pied  de  profondeur  de 
chaque  coté,  parce  qu'il  est  nécessaire  que  les  tables  débordent  pai'  le  haut  de  l'espace  envi- 
ion  d'un  demi-pied  des  deux  cotez,  afin  que  ceux  qui  voudront  lire  puissent  commodément 
s'asseoir. 

De  plus  j'avertis  que,  comme  le  planché  du  bout  de  la  bibliotèque,  du  côté  des  croisées  qui 
regardent  le  grand  jardin,  étoit  beaucoup  plus  bas  que  celuy  qui  s'étend  du  côté  de  la  grande 
poite  qui  est  vis  à  vis  de  la  classe,  on  a  été  obligé  d'y  faire  apporter  beaucoup  de  terre  pour 
l'égaler.  Si  donc  on  s'aperçoit,  dans  la  suite,  que  cette  terre  pèse  trop  sur  les  solives,  et  qu'elle 
y  fasse  quelque  impression,  il  ne  faudra  pas  diférer  d'y  remédier,  de  peur  que,  ce  fardeau 
extraordinaire  venant  à  rompre  la  charpente  ou  à  pousser  le  mur,  le  planché  ne  vint  à  tomber. 

.le  crois  qu'il  n'est  pas  hors  de  propos  d'expliquer  icy  pourquoy  j'ay  commencé  le  Catalogue 
par  le  second  tome,  au  lieu  de  le  commencer  par  le  premier,  comme  il  semble  que  je  devois 
faire.  Je  vais  donc  en  apporter  les  raisons,  et  cela  d'autant  plus  volontiers  que  leur  exposition 
simple  et  naïve  aprendra  à  la  postérité  plusieures  choses  qu'il  ne  luy  sera  peut  être  pas  indifé- 
rent  de  sçavoir. 

J'ay  été  établi  bibliotécaire  en  l'année  1718,  au  Chapitre  intermédiat  du  premier  provin- 
cialat  du  R.  P.  Pacifique  de  Calais,  qui  se  tint  cette  année  le  17""  du  mois  demay.  Le  R.  P.  Paul 
de  Paris,  premier  définifeur  et  gardien  de  S'  Honoré,  m'en  mit  en  possession,  de  la  part  de 
Sa  Révérence,  la  surveille  de  la  Pentecôte,  et  m'avertit  en  mesme  temps  de  me  disposer  à 
sortir  les  livres  hors  de  la  bibliotèque  le  lendemain  des  festes,  parce  que  le  mur,  du  côté  du 
jardin,  menaçoit  de  ruine.  Je  fus  donc  obligé  de  faire  transporter  les  livres  dans  des  chambres 
sans  avoir  eu  le  temps  de  remarquer  comment  la  bibliotèque  étoit  disposée,  ny  d'examiner 
de  quelle  manière  les  livres  étoient  arrangés  (parce  que  j'étois  confesseur  des  pages  de  Sa 
Majesté,  qui  pour  lors  faisoit  sa  résidence  à  Paris,  et  que  les  R''*  Pères  supérieurs  n'avoient 
encore  nommé  personne  pour  me  succéder).  Quand  il  fallut  rentrer  les  livres  dans  la  biblio- 
tèque, après  qu'elle  fut  racommodée,  je  me  trouvay  dans  un  très  grand  embarras,  parce  que 
les  ouvriers,  à  qui  j'avois  dis  de  ne  pas  toucher  aux  titres,  les  avoient  ôtés,  et  que  d'alieurs  il 
y  avoit  au  dessus  de  la  bibliotèque  des  chambres  où  mes  prédécesseurs  avoient  mis  tous  les 
livres  qui  leur  étoient  survenus  depuis  que  la  bibliotèque  avoit  été  arrangée;  et,  comme  les 
supérieurs  avoient  donné  ces  chambres  à  M.  l'Evesque  coadjuteur  de  Québec  pour  s'y  loger,  il 
ialloit  nécessairement  mettre  ces  livres  nouveaux  dans  la  bibliotèque,  ce  que  je  ne  pouvois 
l'aire  sans  déranger  entièrement  l'ordre  du  Catalogue.  Je  pris  donc  le  parti  d'en  l'aire  un  nou- 
veau, afin  d'y  insérer  tous  les  titres  de  ces  livres  qui  n'y  étoient  pas  marqués,  et  je  le  connnen- 
çny  sur  la  fin  de  l'année  1719.  Mais,  à  peine  avois-je  fait  la  moitié  de  la  première  partie  du 
premier  Catalogue,  qui  est  celuy  qui  explique  l'ordre  dans  le  quel  les  livres  sont  placés  sous  leurs 
titres,  (|ue  l'on  m'avertit  que  les  supérieurs  se  disposoient  h  faire  une  nouvelle  bibliotèque. 
Cela  fut  cause  que,  pour  ne  pas  perdre  mon  temps  et  ma  peine  en  travaillant  à  un  ouvrage  que 
le  changement  de  lieu  auroit  rendu  inutile,  j'abandonnay  cette  première  partie  commencée 
pour  m'apliquer  à  la  seconde,  laquelle,  étant  par  ordre  alphabétique,  étoit  indépendanle  de  la 
situation  du  lieu  et  de  la  disposition  des  titres  :  et  c'est  la  première  partie  du  second  tome 
(]ui  fut  finie  et  présentée  au  mois  de  juin  de  l'année  1721.  Comme  cette  partie  ne  contient 
que  les  in-folio  et  les  in-quarto  des  auteurs  et  des  matières,  je  Iravaillay  ensuite  à  faire  la 
seconde  qui  est  des  octavo  auteurs  et  matières,  et,  colle-cy  étant  réglée,  je  passay  à  la  tioisième 


CAPUCINS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORÉ.  -llii 

<|iii  csl  (les  iii-doiize  et  (les  in-iG,  do  nicsinc  (ju(!  la  piocédente  auteurs  et  matièies.  Comme 
je  me  disposois  à  les  mettre  au  net,  le  Seigneur,  qui  me  conduisoit  connue  par  la  main  dans 
l'exécution  de  ce  grand  ouvrage,  m'inspira  l'idée  du  quatrième  Catalogue,  qui  est  celuy  qui 
contient  les  tables  générales  des  auteurs  et  des  matières  distinguées  par  espèces.  Ce  dessein  me 
|)aru(  si  ulilc  et  si  beau,  (jue  je  sursis  à  transcrire  les  deux  parties  cy  dessus  mentionnées,  pour 
uTapplicpuM'  à  perfectionner  celuy-cy  :  et  c'est  le  troisième  tome  du  Catalogue  qui  fut  acbevé 
et  présenté  au  mois  de  septembre  de  l'année  1723.  Pendant  que  j'étois  occupé  à  cet  ouvrage, 
le  R.  P.  Pacifique  de  Calais,  qui  avoit  été  élu  provincial  pour  la  seconde  fois  le  19  du  mois 
d'aousl  de  l'année  précédente,  travailloil  de  son  côté  à  faire  accommodei'  la  nouvelle  biblio- 
lèque;  la  quelle  ayant  été  mise  en  l'état  où  on  la  voit,  il  me  donna  ordre  d'y  l'aiie  transporter 
les  livres,  ce  que  j'exécutay  sur  la  fin  de  la  mesme  année  1728.  Au  commencement  de  l'année 
1726,  les  titres  étant  écris  et  les  livres  placés,  je  cru  qu'il  étoit  temps  de  travailler  à  la  pre- 
mière pal  lie  du  Catalogue,  afin  de  me  déterminer  sur  l'ordre  dans  le  quel  je  devois  les  arranger. 
Dans  ce  dessein,  je  m'apliquay  à  examiner  le  Catalogue  ancien  du  R.  P.  Atbanase,  ([ue  je 
n  avois  fait  tjue  parcourir  auparavant,  et,  ayant  trouvé  que  la  première  partie  étoit  bonne  et  bien 
ordonnée,  je  me  déterminay  d'en  suivre  la  méthode  en  y  insérant  les  titres  des  livres  qui  n'y 
étoient  pas  écrits,  et  y  ajoutant  quelques  divisions  nouvelles  pour  y  aporter  plus  de  distinction 
et  plus  de  clarté,  et  c'est  ce  quej'ay  heureusement  achevé,  par  la  grâce  de  Dieu,  au  commen- 
cement de  l'année  1725. 

Il  reste  encore  laseconde  partie  du  premier  tome..  .  à  faire.  .  .  Cela  étant  fait,  la  bibliotèque 
sera  arrangée  et  le  Catalogue  sera  parfait. 

Claudito  jam  rivos,  pueri ,  sat  prala  biberunt. 

Troisième  Avertissement. 

La  Providence  de  Dieu  s'étanl  rendu  favorable  à  mes  desseins,  mes  désirs  ont  étez  accomplis 
au  delà  mesme  de  mon  espérance. 

Les  tables  dont  j'ay  parlé  dans  l'Avertissement  précédent  ont  été  faites  et  posées  par  le  se- 
cours du  R''  P.  Nicolas  Fiançois  de  Paris,  ancien  provincial,  et  actuellement  déliniteur,  sur  la 
fin  de  Tannée  1729;  et,  comme  les  livres  augnientoient  tous  les  jours,  tant  par  la  mort  des 
religieux  que  par  le  don  que  quelques  ecclésiastiques  de  mérite  afïectionnés  à  l'Ordre  nous  ont 
fait  de  leurs  livres  après  leur  décès,  je  fus  obligé  d'accommoder  en  bibliotèque  la  chambre 
qui  est  auprès  de  celle  du  P.  bibliotécaire,  où  il  y  avoit  di^'à  beaucoup  de  livres  en  piles  sur  des 
tables.  C'est  ce  que  j'ay  exécuté  (avec  la  grâce  de  Dieu)  l'année  suivante  1780. 

Pour  la  mesme  raison,  et  pour  décharger  la  chambre  de  beaucoup  de  livres  inutiles  qui 
remplissoient  les  tablettes  et  qui  occupoient  la  place  des  bons  qui  pouvoient  venir,  j'ay  fait 
accommoder  en  bibliotèque,  celte  année  1783,  le  dessus  de  la  chambre  du  P.  bibliotécaire, 
(jui  étoit  vide  et  ne  servoit  à  rien,  afin  de  luy  procurer  de  la  place  pour  se  débarasser  de  fout 
ce  qui  l'incommodera  tant  dans  la  chambre  d'en  bas  que  dans  la  bibliotèque. 

Quatrième  Avertissement. 

Comme  depuis  que  cette  première  partie  du  Catalogue  a  été  mise  au  net,  il  est  venu  à  la 
bibliotèque  un  très  grand  nombre  de  livres  in-folio  et  in-quarto,  qui  valoient  mieux  et  qui 
étoient  mieux  conditionés  que  plusieurs  de  ceux  qui  étoient  écris  sur  le  Catalogue  et  arrangés 
sur  les  tablettes,  il  a  falu,  pour  faire  place  aux  nouveaux,  en  sortir  beaucoup  des  anciens,  ce 
qui  ne  s'est  pu  faire  sans  déianger  plusieures  des  cottes  ([ui  se  trouvent  dans  ce  Catalogue. 
.1  avei  lis  donc  que  les  livres  qui  ne  se  trouveront  [)as  justes  à  leur  cotte  ont  été  transférés  dans 

3i. 


2M  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

les  chambres  de  la  bibliotèque;  ainsi  on  les  trouvera  là,  ou  bien  dans  les  chambres  des  reli- 
gieux. Il  est  vray  qu'ils  ne  sont  pas  en  ordre  dans  ces  chambres,  n'y  ayant  que  les  in-8°  et 
les  in-12  qui  soient  ariangés  et  cottes  pour  demeurer;  mais  dans  la  suite,  quand  les  planches 
seront  plaines,  on  poura  les  mettre  en  ordre  en  faisant  un  petit  Catalogue  séparé  pour  ces 
chambres,  ou  bien  les  arranger  sous  leuis  litres,  s'ils  y  <'n  oui,  pai'  ordre  alphabétique  des 
matières,  alin  de  les  trouver  ])lus  l'acilemcnt. 

.le  n'ay  pas  cru  pour  cela  devoir  ellacei'  les  cottes  de  ces  livics  (jui  ne  sont  plus  dans  la 
bihliotèque,  de  peur  de  gaster  le  Catalogue;  je  me  suis  contenté  de  cotter  les  iu)uveaux  à 
leur  place,  et  de  l'aire  cet  Avertissement  pour  empêcher  qu'on  n'y  soit  trompé.  Il  en  arrivera 
encore  autant  dans  la  suite;  on  pourra  suivre  cette  méthode  si  on  la  trouve  bonne,  si  non  la 
change)',  comnu^  on  le  jugera  à  propos. 


COLLÈGE  LOUIS-LE-GRAND. 


Les  bâtiments  délabrés  qui  abritent  aujourd'Imi  le  collège  Louis-le-Grand,  au 
sommet  de  la  rue  Saint-Jacques,  sont  les  vestiges  du  premier  établissement  que 
les  Jésuites  aient  eu  à  Paris. 

(Quoique  Ignace  de  Loyola  eût  fait  dans  cette  ville  ses  études  de  théologie,  et 
que  la  Société  y  eût  pris  naissance,  elle  ne  fut  acceptée  en  France  qu'à  la  suite  de 
longs  débats.  Guillaume  Duprat,  évêque  de  Glermont,  installa  d'abord  quelques- 
uns  de  ces  Pères  dans  son  diocèse*'';  puis,  de  concert  avec  le  fameux  cardinal  de 
Lorraine,  il  s'elforça  de  les  introduire  à  Paris.  Le  Parlement  et  la  Sorbonne  oppo- 
sèrent à  ce  projet  une  vive  résistance;  enfin,  le  5  juillet  i56i,  après  dix  années 
de  luttes,  l'admission  des  Jésuites  fut  prononcée. 

Guillaume  Duprat,  resté  jusqu'à  la  fin  fidèle  soutien  de  la  Compagnie,  lui  lit 
plusieurs  legs  qu'elle  employa  à  l'acquisition  d'une  maison  située  rue  Saint- 
Jacques,  et  alors  nommée  la  Cour  ou  l'Hôtel  de  Langres*^'.  L'intention  des  nou- 
veaux religieux  était  d'y  créer  un  collège,  mais  l  Université  protesta  énergique- 
ment.  Les  Jésuites  réussirent  cependant  à  porter  l'affaire  devant  le  Conseil  du 
roi,  où  ils  avaient  de  puissants  appuis,  et,  en  i56/i,  ils  furent  autorisés  à  ensei- 
gner la  jeunesse,  sans  être  pourtant  incorporés  à  l'Université**'.  Ils  ouvrirent 


''  J.  Duhreiil ,  Tlieatre  des  anliq.  de  Paris,  p.  556. 
Piganiol  de  In  Force,  Description  liistori/pw  de 
Paris,  t.  VIII,  p.  ;?73. 

Parce  qu'elle  avail  longtemps  appartenu  à 


Bernard  delà  Tour,  évêque  de  Langres.  (Voy.  El. 
Baluze,  Histoire  généalogique  de  la  maison  d'Au- 
vergne, p.  3i3.) 

CI.  Malingre,  Antiquités  de  Paris,  p.  .'55o. 


246  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

aussitôt  leur  établissement,  que,  par  reconnaissance  envers  leur  premier  protec- 
teur, ils  appelèrent  Collège  de  Clermont. 

Ils  songèrent  dès  lors  à  y  établir  une  bibliotbèque.  Le  médecin  Jérôme  Varade, 
échevin  de  Paris  en  1068,  en  avait  une  assez  nombreuse,  qu'il  leur  légua,  et  les 
Jésuites,  en  retour  de  cette  libéralité,  donnèrent  à  son  fds  Claude  la  place  de 
recteur  mais  celui-ci,  compromis  plus  tard  dans  le  procès  de  J.  Cliastel,  lui 
brûlé  en  effigie  le  25  janvier  iBgB 

A  la  fin  de  l'année  1671,  Pieri'e  de  Saint-André,  président  au  Parlement, 
abandonna  aux  Jésuites  sa  bibliothèque  t^';  il  avait  lui-même  acheté  celle  du 
savant  Guillaume  Budé^''*,  bibliothécaire  du  roi  sous  François  P^ 

Soigneux  administrateurs,  les  Jésuites  avaient  déjà  rédigé  un  règlement  fort 
détaillé  pour  assurer  la  conservation  de  leurs  livres.  Cette  pièce  curieuse  figure 
en  efl'et  dans  les  plus  anciennes  éditions  des  Règles  de  la  Compagnie  de  Jésus;  nous 
la  donnons  ici  en  français,  d'après  la  traduction  qui  en  fut  faite  en  1620,  et  nous 
reproduisons  en  note  le  texte  latin  sur  l'édition  de  i58o. 

BeGLES   du   PREFECT   de   L\  BIBLIOTHEQUE 

I.  Qu'il  aye  en  la  bibliothèque  findice  des  livres  deffendus,  et  de  crainte  qu'il  n'y  en  eusl 
d'aventure,  parniy  les  bons,  quelques  uns  de  ceux  la,  ou  d'autres  dont  l'usage  ne  doit  pas  estrc 
commun,  il  y  prendra  garde. 


L.  Jacob,  Tratcté  des  plus  belles  bibliothèques, 
p.  521.  —  Malingre  {Anlifjuités  de  Paris,  p.  661) 
écrit  par  erreur  que  ce  legs  fut  fait  à  la  Maison 
professe  des  Jésuites. 

Lestcile,  Journal  de  Henri  IV,  2  5  janvier 
1595. 

L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques, 

p.  521. 

Leprince,  Essai  historique  sur  In  bibliothèque 
du  Roi,  p.  28.  —  G.  Bricc,  Description  de  Paris, 
\.  m,  p.  61. 

ReGUL/E  PR-ÏFECTI  BIBLIOTHECE. 

rrl.  Indicem  librorum  proliibitoruin  in  biblio- 
rrtheca  habeat,  et  videat  ne  forte  ullus  sit  inter  eos 
frex  prohibitis,  aut  alii  (piorum  usus  connnunis 
ffesse  non  débet. 

ffll.  Bibliotheca  clausa  sit,  cuius  claves  ipse  ha- 
ffbeat,  et  illis  tradat,  qui  eas,  juxta  superioris  ju- 
ftdiciimi,  liabere  debebunt. 

fflll.  Libri  omnes  eo  ordine  in  bibliotheca  col- 
"locentur,  ut  singulis  facultatibus  suus  certes  sit 
fflocus  proprio  tilulo  inscriptus. 

rrIV.  Singuli  libri  tilulis  oxlerius  inscribanlur, 
•Mit  facile  cognosci  possint. 


rrV.  Omnium  librorum,  qui  domi  sunt,  calalo- 
ffgum  habeat,  diversarum  facultatum  auctoribus 
fr ordine  alphabetico  in  diversas  classes  distributis. 

ffVI.  In  alio  calalogo,  divisis  etiam  per  classes 
rr facultatibus,  ij  libri  scribantur,  qui  in  nostroruin 
r'usum  extra  bibliothecani  concessi  sunt;  qui  vero 
ffintra  dies  oclo  restituendi  extrahuntur;  in  tabula 
"  'm  hune  usum  parieti  appensa  notentur;  quibus 
frredditis,  quod  fuerat  scriptuni  deleatur. 

rrVII.  INulluni  libruni  ex  bibliotheca  cuipiaiii 
ffdabit  sine  superioris  licentia  speciali  aut  generali, 
ret  advertat,  ne  quis  librum,  etiam  cum  licentia. 
ffse  inscio  accipiat. 

frVIlI.  Guret,  ut  bibliotheca  vakle  munda  et 
rrcomposita  sit;  quam  in  hebdoniada  bisverret,  et 
ffsemel  ex  libris  pulverem  excutiet;  cavere  etiam 
rrdebet,  ne  libri  humiditate  aut  alla  relœdantur. 

fflX.  Quando  intellexerit  domi  déesse  aliquos  li- 
frbros  necessarios,  aut  aliquos  valde  utiles  in  lucem 
fr  édites  esse,  certiorem  faciat  superiorem,  ut  si 
r  illi  visum  fuerit  emantur;  si  vero  domi  hbri  inu- 
fftiles  fuerint,  eumdein  admoneat,  an  cum  aliis 
fcmeliorilnis  coiiinnitandi  sint. 

rrX.  In  loco  pnblico  ,  prœsertiin  in  magnis  colle- 


COLLEGE  LOUIS-LE-GRAND.  247 

IL  Que  la  bibliotlioque  soil  rcrinéo,  et  qu'il  en  ayo  les  clefs,  les  baillaiil  à  d'autres,  lesquels 
suivant  le  jugement  du  supérieur  les  doivent  avoir. 

III.  Les  livres  seront  rengez  en  tel  ordre  dans  la  hibliollieqni;  que  chaque  l'acuité  soit  sépa- 
rée,  e(  bien  distincts  par  l'insciiplion  de  leurs  propres  lilires. 

IV.  Que  chaque  livre  ayc  ses  tiltres  en  escrit  sur  la  couverture,  afin  (ju'il  puisse  estre  aisé- 
ment recogneu. 

V.  Il  aura  un  catalogue  de  tous  les  livres  qui  sont  à  la  maison,  les  autheurs  de  diverses 
facultez  y  estans  distribuez  en  divers  ordres,  suivant  les  lelires  alphabétiques. 

VL  En  un  autre  catalogue,  les  facultez  estant  aussi  divisées  par  ordre,  que  les  livres  soient 
remarquez  qui  sont  concédez  pour  l'usage  des  nostres  hors  la  bibliothèque,  et  ceux  qui  sont 
tirez  d'icelle  poui'  estre  rendus  dans  huict  jours  seront  marquez  dans  une  tablette  penduë  au 
paroy  pour  ce  faire,  et  les  ayant  rendus,  on  elîacera  ce  qui  estoit  escrit. 

VII.  Il  ne  baillera  aucun  livre  de  la  bibliothèque  à  qui  que  ce  soit  sans  licence  générale  ou 
spéciale  du  supérieur,  et  prendra  garde  que  personne  n'en  emporte  à  son  deceu,  voire  mesme 
avec  permission. 

VIII.  Il  soignera  que  la  bibliothèque  soit  tousiours  fort  nette  et  en  bon  ordre,  et  la  baliiera 
deux  fois  la  sepmaine,  et  une  fois  il  espoudrera  les  livres,  et  doit  pareillement  regarder  qu'ils 
ne  se  gaslent  à  cause  de  l'humidité  ou  autres  choses, 

IX.  Quand  il  entendra  que  quelques  livres  nécessaires  manquent  à  la  maison,  ou  qu'il  y  en 
aura  quelques  uns  fort  utiles  mis  en  lumière,  il  en  donnera  advis  au  supei'ieur,  afin  qu'ils 
soient  acheptez,  s'il  le  juge  à  propos;  mais,  si  à  la  maison  il  en  avoit  d'inutiles,  pareillement 
il  en  advertira  le  mesme,  pour  scavoir  si  on  les  doit  changer  à  de  meilleurs. 

X.  En  un  lieu  public,  spécialement  es  grands  collèges,  qu'il  y  aye  quelques  livres  plus 
communs,  desquels  un  chacun  pourra  user,  selon  que  ses  leçons  le  requerront. 

XI.  Qu'il  aye  un  livre  dans  lequel  soient escripts  diligemment,  suivant  le  jugement  du  supé- 
rieur, toutes  les  choses  choisies,  qui  sont  publiquement  proposées  et  exposées  en  son  collège, 
comme  les  comédies,  les  dialogues,  oraisons  et  autres  semblables;  qu'il  garde  aussi  les  thèses 
ou  conclusions  de  chasque  année,  qui  se  defTendront  publiquement,  et  qu'elles  soient  cousuës 
ensemble  dans  la  bibliotheipie. 

XII.  Si  l'on  prestoil  quelques  livres  hors  la  maison,  ([u  il  face  diligence  de  les  recouvrer  en 
Icui-  temps:  et  ce  pendant  il  notera  en  un  livre  quels  ils  sont,  et  à  qui  il  les  a  prestez'^). 

L'attentat  de  Jean  Cliaslel  contre  Henri  IV  vint  tout  à  coup  arrêter  les  |)rogrè.s 
lie  cette  collection.  Jean  Cliastel  avait  fait  ses  études  au  collège  de  Clermont,  et 
les  Jésuites,  complices  de  son  crime,  lurent  condamnés  avec  lui.  Une  heure  après 
Tatlenlat,  la  maison  fut  occupée  militairement;  on  mit  les  scellés  sur  toutes  les 
pièces,  et  elles  furent  le  lendemain  visitées  par  des  conseillers  du  Parlement. 
Dans  la  chambre  du  P.  Guignard,  qui  était  alois  bibliothécaire,  on  trouva  plu- 


•'gijs,  sint  quidam  comniuniores  libri,  quibns  unus- 
•■(|uisqiip.  pro ratione  suorum  studioruin ,  uti  possit. 

■rXl.  liabeat  librum,  in  quo  ea  oninia  judicio 
rfsuperioris  selecta  diligenter  scribantur,  quœ  in 
"suo  coilegio  publiée  exhibentur,  ut  comœdiœ, 
"(lialogi,  orationes,  et  id  genus  alia  :  conclusiones 
ffvero  singulorum  onnoruni  quœ  publiée  defenden- 
rrtnr  simul  consutas  in  bibliotheca  asservet. 


trXll.  Si  aliqui  libri  externis  accommodato  da- 
ffrentur,  adliil)cnt  diligenliani ,  ut  reeuperentur  suo 
fffemporo;  et  in  aliquo  intérim  libro  uotabit  qui- 
ffnani  illi  libri  sint,  et  quibus  eos  aceommodave- 
(rrit.n  {Pœgulte  Societatis  leaii,  Rome,  i58o,  in-iâ, 
p.  297.) 

(')  Brilles  de  la  Compagnie  de  Jésus,  Paris,  i  G-io , 
in-12 ,  |).  363. 


U8  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

sieurs  livres  défendus,  entre  autres  une  apologie  de  Jacques  Clément''',  dont  il 
avoua  être  l'auteur 

Le  Parlement,  par  arrêt  du  29  décembre  iBg/i,  ordonna  rrque  les  prestres  et 
crescholiers  du  collège  de  Glermont  et  tous  autres  soy-disant  de  ladicte  société, 
rr comme  corrupteurs  de  la  jeunesse,  perturbateurs  du  repos  public,  ennemis  du 
rrroi  et  de  l'Etat,  videroient  dedans  trois  jours  hors  de  Paris  et  autres  villes  et 
fr lieux  où  sont  leurs  collèges.  .  .  .  Seront  les  biens,  tant  meubles  qu'immeubles  à 
creux  appartenants,  employez  en  œuvres  pitoyables '^'.  n 

Les  Jésuites,  forcés  de  quitter  la  France,  abandonnèrent  donc  leur  collège  et 
leur  bibliothèque,  qui  était  riche  déjà  de  vingt  mille  volumes^''.  Le  gouvernement 
la  fit  saisir  et  résolut  de  la  vendre  aux  enchères.  Mais  les  choses  se  passèrent 
autrement;  suivant  Lcstoile,  crelle  fut  exposée  au  pillage,  jusques  aux  revendeus 
cf  et  plus  piestres  frippiers  de  l'Université.  On  disoit  qu'on  y  avoit  trouvé  plusieurs 
rr  papiers  escrits  contre  le  roy,  desquels  messieurs  les  revisiteurs  ne  firent  si  bien 
rrleur  proufit  que  des  bons  livres  graeqs  et  latins,  qui  furent  jugés  de  bonne 
reprise,  à  la  requeste  de  messieurs  les  gens  du  roy,  qui  s'en  accomodèrent  les 
rr  premiers,  selon  leurs  conclusions;  et  après,  les  autres,  chacun  selon  son  mérite 
rret  qualité (^'.n  Quant  au  bibliothécaire,  i\  fut  étranglé  et  pendu  en  place  de 
Grève  ce  qui,  au  reste,  lui  valut  l'honneur  d'être  placé  par  ses  confrères  au  rang 
des  martyrs'"''.  Enfin  Henri  IV,  pour  utiliser  les  bâtiments  de  l'ex-collége,  y  fil 
transporter  la  bibliothèque  du  Roi,  qui,  depuis  François  I",  était  reléguée  à  Fon- 
tainebleau. 

Cependant  les  Jésuites  ne  désespéraient  pas  d'obtenir  leur  rappel  et  ne  recu- 
laient devant  aucun  moyen  pour  arriver  à  ce  résultat.  Fouquet  de  la  Varenne,  un 
des  plus  méprisables  favoris  du  roi,  fut  gagné  par  eux  et  mit  tout  en  œuvre  pour 
séduire  son  maître.  Une  multitude  de  familiers  inférieurs,  agents  secrets  de  la 
Compagnie,  circonvenaient  à  toute  heure  le  monarque,  qui,  effrayé  des  dangers 
qu'une  opposition  persistante  pouvait  attirer  sur  sa  tête,  repoussa  les  conseils  de 
Sully  et  annula  l'arrêt  de  iBg^. 

Le  2  janvier  i6o/i,  les  Jésuites  furent  rétablis  en  France.  Mais  cette  faveur 
n'entraînait  pas  la  permission  de  rouvrir  leurs  établissements,  ni  d'enseigner  la 
jeunesse.  C'est  en  1618  seulement,  sous  le  règne  de  Louis  XIII,  que  cette  autori- 
sation leur  fut  accordée.  Ils  rentrèrent  alors  en  possession  du  collège  de  Glermont, 
et  l'on  transporta  la  bibliothèque  du  Roi  au  couvent  des  Gordeliers,  sur  l'empla- 
cement occupé  aujourd'hui  par  la  clinique  de  l'Ecole  de  Médecine. 

CE.  iordm.  Recueil  de  littérature,  de  philo-  hesloWe,  Jotirnnl  du  règne  de  Henri  IV,  S  jm- 

sophie  et  d'histoire,  p.  77.  vier  iSgS. 

Coudrette,  Histoire  des  Jésuites,  t.  I,  p.  -291.  Lestoile,  Journal  du  règne  de  Henri  IV,  7jan- 

CoudreUe,  Histoire  des  Jésuites,  t.  1,  p.  290.  vier  iSgS. 

J.  Gariiier,  Sijstema  hihliothecœ  collegii  Pari-  Parle  P.  Jouvency,  entre  autres.  Voyez  aussi 

siensis  societatis  Jesu ,  p.  h.  Lestoile,  Journal  de  Henri  IV,  3o  juin  iCio. 


s 


COLLÈGE  LOUIS-LE-GRAND.  2^9 

Les  Jésuites  auraient  fort  désiré  garder  cette  belle  collection  pour  remplacer 
celle  qu'ils  avaient  perdue.  Ils  l'avaient  déjà  laissé  entendre  assez  clairement  dans 
une  Très  humble  requesle  présentée  à  Henri  IV  :  rrNous  confessons  neantmoins, 
ff disaient-ils,  que  nous  avions  deux  grand  thresors,  et  aussi  opulents  et  riches 
crqui  fussent  non  seulement  en  vostre  royaume mais  encor  en  toute  l'Europe; 

ttc'estoyent  deux  bibliothèques,  l'une  estoit  en  la  maison  de  S.  Louys^^^  

ff  l'autre  estoit  au  Collège,  bibliothèque  remplie  des  plus  rares  volumes  et  plus 
rt doctes  qui  fussent  au  monde.  C'estoit  nostre  arsenal,  nostre  munition,  nostre 
rr grand  magasin ,  nostre  grand  thresor  et  richesse.  Ces  deux  thresors,  Sire,  nous 
ff  avons  perdu  avec  un  extrême  regret  n 

A  cet  égard,  le  vœu  des  Jésuites  ne  fut  point  exaucé;  mais  de  généreuses  dona- 
tions leur  permirent  presque  aussitôt  d'accroître  considérablement  l'étendue  de 
leur  collège'*',  et  d'y  former  une  nouvelle  bibliothèque,  qui  fut  alors  placée  sous 
la  direction  du  savant  Fronton  du  Duc. 

Elle  se  constitua  rapidement.  Le  cardinal  François  de  Joyeuse,  archevêque  de 
Rouen ,  ordonna  en  mourant  que  sa  bibliothèque  serait  partagée  entre  les  Jésuites 
de  Pontoise  et  ceux  du  collège  de  Clermont'^'.  Le  cardinal  l'avait  coniposée  en 
achetant  trois  collections  assez  nombreuses,  parmi  lesquelles  figurait  celle  de 
Pierre  Pithou  ''^';  il  n'avait  d'ailleurs  eu  de  cette  dernière  que  les  livres  imprimés, 
car  les  manuscrits  avaient  été  acquis  par  le  président  de  Thon 


La  bibliothèque  du  Roi  ne  possédait  alors 
qu'environ  six  mille  volumes.  Voyez  ci -dessus, 
page  i63. 

La  Maison  professe  de  la  Compagnie,  rue 
Saint-Antoine. 

Trcs-humble  remonstrance  et  requeste  des  re- 
ligieux de  la  Compagnie  de  lesus  au  tres-chrestien 
roy  de  France  Henry  IV,  p.  g  g. 

Voyez  Piganiol  de  la  Force ,  Description  histo- 
rique de  Paris,  t.  VllI,  p.  SyS. 

^'  J.  Garnier,  Syslema  bibliotheco'  collegii  Pari- 
siensis  societatis  Jesu ,  p.  5. 

L.  Jacob.  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques , 

p.  52  1. 

L.  Jacob,  Trniclé  des  plus  belles  bibliothèques , 
p.  Sjh. 

Les  Pithou  appartenaient  à  une  de  ces  vieilles 
familles  de  robe ,  comme  on  en  comptait  tant  au  xvn' 
siècle,  qui  se  léguaient  de  père  en  fils  une  réputa- 
tion de  science,  de  dévouement  au  travail  et  de 
probité.  Celle-ci,  par  allusion  à  son  nom,  avait 
pris  pour  devise  ces  trois  mots  ToTs  vépLois  'sreidov , 
obéissez  aux  lois,  et  certes  nulle  n'avait  plus  qu  elle 
le  droit  de  la  porter. 

Pierre  Pithou,  savant  et  vertueux  magistral  de 


Troyes ,  laissa  en  mourant  quatre  enfants ,  ferme- 
ment attachés  comme  lui  au  protestantisme,  pleins 
d'ardeur  pour  l'étude ,  et  dont  Scaliger  a  pu  dire  : 
ff  Messieurs  Pithou  sentoient  les  bons  livres  de  loin, 
ff  comme  un  chat  une  souris.  55  Leur  père  avait  réuni 
une  assez  belle  bibliothèque ,  composée  surtout  de 
jurisprudence,  de  littérature  et  d'histoire  ;  elle  échut 
par  succession  à  Jean,  son  fils  aîné.  On  était  à  la 
veille  de  la  Saint-Barthélemy ,  Jean  et  Nicole  son 
frère,  obligés  de  fuir  devant  la  persécution,  n'ayant 
pas  même  une  demeure  fixe,  réussirent  cependant, 
à  force  de  peine  et  de  courage ,  à  sauver  du  nau- 
frage général  de  leur  fortune  les  livres  et  les  col- 
lections de  leur  père.  Revenus  à  des  temps  meil- 
leurs, tous  deux  réussirent  à  se  constituer  une  bi- 
bliothèque nombreuse  et  bien  choisie ,  qui ,  à  la 
mort  de  Nicole,  passa  à  François,  sou  frère,  qua- 
trième enfant  de  Pierre  Pithou. 

Le  troisième,  qui  portait  le  même  prénom  que 
son  père,  décida  de  l'illustration  delà  famille.  Pas- 
sionné pour  le  travail,  il  avait  commencé,  dès  sa 
jeunesse,  à  réunir,  soit  par  extraits,  soit  au  moyen 
de  copies  textuelles,  tout  ce  que  renfermaient  de 
curieux  les  livres  les  plus  rares ,  le  Trésor  des  chartes, 
les  registres  du  Parlement,  le  dépôt  de  la  chambre 


250 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


Le  libraire  Cramoisy  et  une  femme  nommée  Diez,  dont  le  fils  était  jésuite, 


des  Comptes ,  les  archives  des  grandes  villes  et  des 
principaux  monastères.  Ces  extraits  entrèrent  plus 
tard  dans  la  composition  du  célèbre  recueil  de 
pièces  que  P.  Dupuy  forma  pour  M.  de  Loménie. 
Repoussé  du  barreau  de  Troyes  à  cause  de  ses  opi- 
nions religieuses,  Pierre  Pitliou  alla  chercher  un 
asile  dans  les  États  du  duc  de  Bouillon  ;  il  faillit  en- 
suite être  victime  de  la  Saint-Barthéleniy,  et  vécut 
dans  la  retraite  jusqu'au  jour  où  Henri  IV  le  força 
d'accepter  les  fonctions  de  procureur  général  du 
Parlement.  Au  milieu  delà  tourmente  politique,  il 
avait  réussi  à  rassembler  une  assez  riche  collection 
de  livres  imprimés;  vraie  bibliothèque  de  travailleur 
au  reste,  car  elle  laissait  beaucoup  à  désirer  sous 
le  rapport  de  l'élégance,  et  les  volumes  étaient, 
])araît-il,  assez  mal  reliés,  rmiais  cétoit  un  amas 
'fde  tous  livres  rares,  excellens  et  singuliers,  choi- 
rrsis  et  triés  en  toutes  sortes  de  langues  et  disci- 
ffplines.  n 

Comme  presque  tous  les  savants  de  cette  époque. 
P.  Pithou  tenait  à  la  disposition  de  ses  amis  ses 
livres,  ses  notes,  ses  extraits,  ses  recueils;  «-il  me- 
n-noit,  dit  Scaliger,  tout  le  monde  dans  sa  bibliothè- 
rrque,  prétoit  volontiers,  et  présentoit  tout  ce  qu'il 
ffavoit,  si  l'on  vouloit  s'en  servir,  n  Sa  mort,  arrivée  le 
i"  novembre  1696,  jour  anniversaire  de  sa  nais- 
sance ,  causa  un  deuil  général  parmi  les  savants  et 
les  bibliophiles  :  l'illustre  de  Thou ,  A.  de  Harlay, 
Gillot,  Casaubon,  Scévole  de  Sainte -Marthe,  s'é- 
crivirent mutuellement  des  lettres  de  condoléances 
qui  nous  ont  été  conservées. 

Pierre  Pithou  ne  laissait  que  des  filles.  Il  com- 
prit que  sa  chère  bibliothèque  serait  dissipée,  et  il 
rédigea  minutieusement,  peu  de  temps  avant  sa 
mort,  ses  volontés  à  cet  égard.  Il  léguait  au  roi, 
pour  en  enrichir  le  Trésor  des  chartes,  une  collec- 
tion de  pièces  rares  qu'il  avait  achetées  pendant  la 
Ligue;  il  ordonnait  qu'un  certain  nombre  de  vo- 
lumes auxquels  il  était  plus  particulièrement  atta- 
ché, et  qui  portaient  des  notes  de  sa  main,  seraient 
conservés  par  sa  famille;  ce  qui  restait  devait  être 
réuni  en  un  seul  lot  et  vendu  à  une  seule  personne. 
Ces  prescriptions  ne  furent  observées  qu'à  moilié. 
François  Pithou  garda  les  livres  qui  devaient  demeu- 
rer dans  la  famille ,  mais  il  conserva  aussi  ceux  qui 
étaient  destinés  au  roi  ;  il  est  vrai  qu'après  sa  mort 
Pierre  Dupuy  se  rendit  à  Troyes,  les  reprit  et  les 
lit  déposer  au  Trésor  des  chartes.  Les  autres  volumes 
furent  partagés  :  le  président  de  Thou  acheta  les 


manuscrits  anciens;  le  reste,  ainsi  que  les  impri- 
més, fut  partagé  entre  le  duc  de  Joyeuse  et  François 
Pithou. 

Le  catalogue  de  la  bibliothèque  de  Pierre  Pithou 
n'a  pas  été  dressé;  on  en  possède  seulement  trois 
inventaires  partiels.  Le  premier,  intitulé  Bibliotitecit 
ecdesiaslica  Pilhœana,  est  le  dénombrement  des 
livres  de  théologie;  le  deuxième  contient  une  liste 
des  manuscrits  qui  passèrent  à  François  Pilhou  ,  et 
dont  il  disposa  après  sa  mort;  le  troisième,  écrit 
tout  entier  de  la  main  de  Pierre,  a  pour  titre  :  Mé- 
moires des  livres  que  je  désire  entre  garder,  qui  sont 
hroiiillei  de  ma  main  pour  la  plusparl;  il  y  mentionne 
(55  volumes  in-folio,  in-quarto,  7/1  in-octavo  et 
1 7  in-douze. 

François  Pithou,  frère  puîné  de  Pierre,  habitait 
Troyes,  sa  ville  natale,  où  il  devint  procureur  géné- 
ral. Constamment  occupé  de  l'étude  de  l'anticjuité. 
c'est  par  lui  que  fut  découvert  le  précieux  manus- 
crit qui  révéla  les  fables  de  Phèdre  au  monde  mo- 
derne. Obligé,  comme  protestant,  de  fuir  un  mo- 
ment la  France,  il  avait  visité  et  étudié  toutes  les 
bibliothèques  de  l'Allemagne,  de  l'Angleterre  et  de 
ITtalie;  et,  dès  son  retour,  il  s'était  occupé  d'en  for- 
mer une  pour  lui-même.  Son  testament  fut  digne 
du  nom  qu'il  portait.  Il  légua  à  la  ville  la  maison 
(ju'il  habitait,  ;i  charge  par  elle  d'y  faire  redresser 
rrun  collège  pour  enseigner  la  jeunesse....  sans  fjue 
tries  .lésuites  y  soient  aucunement  reçus;  aullie- 
r;ment,  ajoute-t-il,  je  désire  que  le  tout  soit  vendu 
n-pourestre  employé  aux  pauvres....  Je  léguo  audit 
'f  collège  toute  ma  bibliothèque  et  tous  les  livres  qui 
rrse  trouveront  en  ma  maison,  en  oullre  tous  mes 
ff meubles  et  argent  pour  faire  bâtir  le  collège,  avec 
nmes  rentes,  si  peu  que  j'en  ay.^  Ce  collège  fut 
établi  en  i63o  seulement,  neuf  ans  après  la  mort 
du  fondateur,  par  les  Pères  de  l'Oratoire. 

On  peut  consulter  sur  I  histoire  de  cette  biblio- 
thèque: Grosley,  Vie  de  Pierre  Pilhou;  —  Sculige- 
rana,  p.  ,3i5;  —  P.  Pilhou,  Epître  dédicatoire  des 
Novelles  dr  Théodose;  — Boivin,  P.  Pilluei  vita;  — 
Taisand,  Vies  des  Jurisconsultes,  p.  lilio;  —  Loi- 
sel,  Vie  de  Pierre  Pithou;  —  J.-A.  de  Thou  llis- 
toriœ  sut  teinporis,  lib.  (jXVII,  p.  70A;  —  Se.  de 
Sainte-Marthe,  Galloruin  doctrma  illustrium  qui  nos- 
tra  inemoria  Jloruerunt  elogia,  lib.  IV,  p.  1-27  ;  — 
Niceron,  Mcinoires  pour  servir  à  l'histoire  des  honiines 
illustres,  t.  V,  |).  /ig;  —  L  Jacob,  Traicté  des  plus 
belles  bibliotht'jues ,  p.  621;  —  P.  Pithœani  vita, 


COLLÈGE  LOUIS-LE-GHAND.  251 
coiilribiUM-eiil  aussi  à  enrichir  la  bihliotlièque  du  collège^".  Le  souvenir  de  cette 
donation  lui  consacré  par  une  bande  imprimée, 

Ex  Libris  GoUegio  Parifienfi  Soc.  Iesv  datis 

à  Domina  Diez  matre  P.  Francifd  Diez. 

que  l'on  colla  dans  tous  les  volumes  qui  en  j)rovenaient. 

Le  colléfre  reçut  à  la  mêtne  époque  une  partie  de  la  collection  considérable 
qu'avait  rassemblée  le  poëte  Desportes.  Sur  un  grand  nombre  de  volumes  qui 
portent  l'estampille  de  l'établissement,  on  rencontre  sa  signature,  placée  ordinai- 
rement en  haut  du  titre,  et  tantôt  en  latin. 


tanlôl  en  français. 


Sur  les  reliures,  souvent  fort  élégantes,  on  trouve  le  double  <I><1>  qui  lui  ser 


vail  de  nujnogrannnc 


rlog'ui ,  operti ,  etc.  j).  f)i;  —  Mcmoires  siif  ijiicljites 
hibliollirqitps  de  Paris  rassemblés  par  le  P.  Léonard 
de  Sainle-Catlierine,  Biblio'.hèque  impériale,  ma- 
nuscrits, fonds  fran^-ais,  ii°  •32599  (ancien  fonds 
des  Petils-I'ères.  n°  17).  p.  i->. 

Maiclieliiis,  Inlrodiictio  ad  historiam  lilerariam 
de  prœcipiiis  Inhliothecis ,  p.  98.  —  J.  Garnier, 
Systemn  hihliolliecœ  cotlegii  Pnrisiensis  societatis 
Jesu,  p.  ô. 

Au  wi"  siècle,  la  République  des  lettres, 
conmie  on  disait  alors,  eut  plus  d'une  ressemblance 
a\ec  l  État.  On  vit,  à  la  tête  de  lune  comme  de 
l'autre,  un  roi  tout-puissant  entouré  de  luxe  et  de 


gloire;  puis,  en  bas,  des  milliers  de  mallieureux 
sans  considération,  sans  ressources,  et  souvent  fort 
inquiets  de  leur  pain  du  lendemain.  Sur  ce  trône, 
presque  aussi  envié  que  l'autre,  Desporles  succéda 
à  Ronsard.  Tandis  que  dix  mille  poètes,  suivant  le 
mot  de  Balzac,  imploraient  vainement  l'appui  de  la 
Cour  et  des  grands.  Desportes,  devenu  l'ami  de 
Henri  III,  puis  de  Henri  IV,  après  l'avoir  été  de 
Cliarles  IX ,  voyait  toutes  les  faveurs  s'accumuler  sur 
lui.  Henri  III  lui  donnait  les  abbayes  de  Tiron,  de 
Josapliat  et  do  Bon-Port,  et  dix  mille  écus  pour 
l'iiiq)ression  de  ses  œuvres  ;  un  seigneur,  le  duc 
de  Joyeus,'.  lui  payait  un  sonnet  par  ime  abbaye. 

3  a. 


252  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

Gabriel  Lailemant,  en  162^,  légua  au  collège  sa  bibliothèque,  qui  renfermait 
quelques  manuscrits  précieux 

Les  Jésuites  acquirent  ensuite ,  d'une  manière  assez  curieuse ,  une  belle  collec- 
tion de  manuscrits  grecs  et  latins.  Ces  volumes  appartenaient  à  un  abbé  dont 
nous  n'avons  pas  retrouvé  le  nom,  et  qui  vivait  en  Lorraine.  A  sa  mort,  ses  hé- 
ritiers, ne  se  doutant  guère  des  trésors  qu'ils  avaient  entre  les  mains,  vendirent 
la  collection  entière  à  un  relieur,  qui  lui-même  ne  crut  pas  acheter  autre  chose  que 
du  vieux  parchemin.  Jacques  Sirmond,  le  confesseur  de  Louis  XIII,  passant  par 
hasard  en  Lorraine,  creut  avis  de  ce  péril  des  muses  pi  il  alla  trouver  le  relieur, 
acheta  pour  cinquante  écus  tous  les  manuscrits,  et  les  envoya  au  collège  de  Cler- 
montt^l 

Mais  cette  bibliothèque  dut  surtout  son  accroissement  à  la  libéralité  du  célèbre 
surintendant  Fouquet*^',  qui  lui  donna  un  grand  nombre  de  volumes,  fit  construire 


et,  comblé  d'iionneurs ,  il  en  était  littéralement  ré- 
duit à  refuser  des  archevêchés. 

Au  reste,  Desportes  se  montra  digne  de  sa  for- 
tune et  bon  prince  dans  toute  la  force  du  terme; 
sa  bourse  était  ouverte  à  tous ,  et  sa  table  aussi  hos- 
pitalière que  somptueuse.  rrNullus  enini,  dit  scé- 
ffvole  de  Sainte-Marthe,  eum  vel  hospitalis  mensa; 
frliberalibus  epulis,  vel  instaurandœ  bibliotheca? 
rrsumptu  et  studio,  vel  omni  denique  civilis  vitœ 
cfsplendore  superavit.j?  Il  avait  rassemblé,  sans 
épargner  ni  soins  ni  argent,  une  bibhothèque  qui, 
au  témoignage  du  président  de  Thou,  pouvait 
presque  passer  pour  publique,  tant  il  mettait  d'o- 
bligeance à  en  communiquer  les  richesses. 

Quand  il  mourut,  en  1606,  après  avoir  dans 
sa  vieillesse,  comme  tant  d'autres  poètes,  fait 
hommage  au  ciel  d'une  détestable  traduction  des 
Psaumes,  il  légua,  nous  l'avons  dit,  sa  bibhothèque 
au  collège  de  Clermont;  mais  elle  n'y  arriva  pas 
tout  entière  :  Desportes  avait  un  fils  naturel  qui 
commença  par  en  dissiper  une  bonne  partie. 

On  peut  consulter  sur  l'histoire  de  cette  biblio- 
thèque :  Scévole  de  Sainte-Marthe,  Gdlorum  doc- 
Irina  illustrium  qui  nostra  memoria  Jlorueruiit  elogia , 
art.  Porlœus,  p.  ii8;  —  Goujet,  Bibliothèque 
françoisc,  art.  Desportes;  —  L.  Jacob,  Traicté  des 
plus  belles  bibliotlw^pws ,  p.  5 2/1  ;  —  Teissier,  Eloges 
des  hommes  savants  tirés  de  de  Tkou,  t.  IV,  p.  5i6; 

—  G.  Brunet,  Dictionnaire  de  bibliologie,  p.  1 0G2  ; 

—  Maichelius,  Introductio  ad  historium  literariam 
deprœcipiiis  ùibliotliecis ,  p.  gS. 

Catalogus   manuscviptorum    codicum  collegii 
Claromontani ,  p.  2 05. 


L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques, 
p.  hih. 

Fouquet  avait  rassendjié ,  à  sa  magnifique  ré- 
sidence de  Saint-Mandé,  une  bibliothèque  qui ,  lors 
de  son  arrestation,  renfermait  plus  de  trente  mille 
volumes.  Il  avait  successivement  acquis  les  collec- 
tions formées  par  Montclial ,  archevêque  de  Tou- 
louse, par  René  Moreau  et  par  Raphaël  Trichel 
du  Frcsne,  bibliothécaire  de  la  reine  Christine. 

S'il  faut  en  croire  Gui  Patin,  Fouquet  eut  alors 
une  pensée  qui  lui  fut  très -probablement  inspirée 
par  son  désir  d'égaler  Mazarin ,  qu'il  s'obstinait  à 
regarder  comme  un  rival  plutôt  que  comme  un 
maître.  La  France  ne  possédait  encore  qu'une  seule 
bibliothèque  publique,  celle  que  le  cardinal  avait 
ouverte  dans  son  propre  palais;  Fouquet  songeait 
à  faire  le  même  usage  de  la  sienne,  trce  qui  aura 
fflieu,  ajoute  Gui  Patin,  à  moins  que  les  Jésuites, 
rrdont  il  a  été  à  toute  heure  entouré,  ne  la  lui  at- 
rttrapent  pour  leur  maison,  où  de  tels  acquêts  sont 
rrde  bonne  prise.  Vous  savez  que  tous  les  moines 
ffsont  de  gros  larrons  in  nomine  Domini.  n  Gui  Patin 
ne  se  tronq)ait  qu'à  moitié  sous  tous  les  rapports; 
les  Jésuites  circonvenaient  Fouquet,  auquel,  pen- 
dant le  temps  de  sa  prospérité,  ils  arrachèrent  an 
moins  six  cent  mille  livres,  et,  à  l'époque  dont  nous 
parlons,  le  surintendant  avait  précisément  un  Jé- 
suite pour  bibliothécaire. 

Après  la  disgrâce  de  Fouquet,  environ  deux 
mille  de  ses  volumes  furent  transportés  à  la  biblio- 
thèque du  Roi,  et  les  autres  vendus  aux  enchères  à 
la  requête  des  créanciers  du  surintendant. 

Sur  cette  bibliothèque,  voyez  :  Inrentaire ,  prisée 


COLLÈGE  LOUIS-LE-GHAND.  253 

à  ses  liais  le  local       (levait  les  renfermer''),  et  ajouta  une  rente  de  mille  livres, 
cr  mille  libras  annuas'"^',  n  destinée  à  régulariser  l'achat  de  publications  nouvelles 
Les  Jésuites  se  montrèrent  reconnaissants;  ils  placèrent  dans  la  bibliothèque  le 
portrait  de  l'infortuné  ministre,  et  firent  frapjjer  en  or,  sur  les  plats 


I  l  estimation  des  livres  trouvés  à  Saiiit-Mandé  iippar- 
leiiiint  ci-derant  a  M.  Fouquet,  lîibliothèque  impé- 
riale, iiianuscrits,  fonds  fi-ançais.  n"  (j'iSH,  p.  9,66; 

—  Lettres  relatives  à  cet  inventaire,  Bibliotliè(pie 
im[}ériale,  manuscrits,  fonds  français,  n"  -20867, 
(ancien  fonds  Saint-Victor,  n"  1 096)  ;  —  Glie'niel . 
Mémoires  sur  la  vie  de  Nicolas  Vouquet ,  t.  II ,  p.  -i  8  •>. 
et  suivantes;  —  Gui  Patin,  Lettres  du  lO  février  et 
du  i3  mars  iBSy,  et  du  -i-i  mars  i658; — Le- 
prince,  Essai  historique  sur  In  bibliothèque  du  Roi, 
p.  li'j,  59  ,  53  ;  —  Niceron,  Mémoires  pour  servir  à 
l'histoire  des  hommes  illustres,  t.  XXXI V,  p.  -i^y; 

—  Jugier,  Dibliotlieca  hisloriœ  litterariœ  selecla ,  t.  I . 
p.  a i5  et  2  2  4;  —  Jourdain,  Mémoire  historique 


sur  la  bibliothèque  du  Roij ,  p.  x\\;  —  V.  l'ai  is. 
manuscrits  françois  de  la  bibliothèque  du  liai.  t.  I . 
p.  93;  —  Legallois,  Traitté  des  plus  belles  biblio- 
thèques de  l'Europe,  p.  i3i;  —  I).  tinet,  (junmen- 
tarius  de  vitn  sua,  lil).  Il,  p.  1 1 1;  et  les  onvrages 
citës  plus  loin. 

G.  Brice,  Description  de  Paris ,  l.  111,  p.  G(). 
—  J.  Garnier,  Systema  bibliothec(e  Parisiensis  socie- 
Intis  Jesu,  p.  5. 

^'  Lomeir,  De  bibliothecis  liber,  p.  3i-j. 

Durey  de  Moinville ,  Dissertation  sur  les  bihlio- 
thc'iues,  p.  5i.  —  Leroug'e,  Curiosités  de  Paris, 
t.  I,  p.  33 1.  —  Piganiol  de  la  Force,  Description 
histori'iue  de  Paris,  t.  V,  p.  423. 


•254 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


de  la  pliij)art  des  volumes  acquis  avec  les  revenus  laissés  j)ar  lui'",  sou  cliilïVe  et 
ses  armes,  cciusignia  liujus  Mœcenalis,  n  dit  Maiclielius. 

Meutionnons  ici  les  modifications  survenues  dans  la  direction  de  la  biblio- 
thèque :  Fronton  du  Duc,  moi't  en  162/1,  avait  été  remplacé  par  Denis  Pétau; 
celui-ci ,  en  1  659  .  eut  lui-même  pour  successeurs  Philippe  Briet  et  Gabriel  Cossart. 
(jui  exercèrent  conjointement''^'. 

.fusqu  ici,  les  Jésuites,  fidèles  à  la  mémoire  de  Guillaume  Duprat.  avaient  con- 
servé siii-  la  façade  de  leur  collège  l'inscription  primitive  : 


COLLEGIVM  CLAROMONTANVM  SOCIETATIS  lESV 


Mais  leur  reconnaissance  envers  ce  |)remier  i^ienlaileiir  sellaça  devant  les  libé- 
ralités d'un  protecteur  présent  et  tout-puissant.  Louis  XIV,  diiigé  j)ar  un  con- 
fesseur jésuite,  se  montra  très-généreux  envers  tous  les  établissements  qui  aj)par- 
tenaient  à  cette  Société;  le  collège  de  Glei'mont  en  particulier  reçut  des  mar(|Lies 
nombreuses  de  sa  sollicitude.  Enfin,  en  1682,  le  roi  daigna  s'eti  déclarer  le  pro- 
tecteur, il  le  décora  du  titre  de  collège  royal,  il  Ini  accorda  le  droit  de  porter  ses 
armes.  Dès  lors  l'ancienne  insci'iption  dispaï  ut  et  fui  i'em])lacée  j)ai'  celle-ci  : 


COLLEGIVM  LUDOVIGI  MAGNI  " 


Lesallaii'cs  du  collège  n'en  allèrent  j)as  plus  mal,  les  p(;nsionnaires  y  allluaienl 
de  toute  la  France.  Les  Pères  purent  aussi  ajouter  un  cabinet  de  médailles  à  leur 

Ma\rho\im,  Inlrorhicliond  liislorin  1)1  lilerni-inin  J.  Garnm:  Sj/slemn  Inbliolheia'  collegii  Pari- 

dr  j)rœcipiiiii  hihliolliecis ,  j).  96.  —  Némeilz,  Le       siensis  sodelalis  .lesii ,  |>.  (i. 
.srjiiiir  fie  Paris ,  I.  L  |).  -iGi.  le  joiH'ih'il /7;(/('nHe(//Vf//p ,  ;inn.  1       .  r. 


COLLÈGE  LOUIS-LE-GRAND.  -i.-.S 

l)il)liollir(|ii(',  comptait  alors  f rciitcvdeux  mille  voliimos'",  cl  doiil  Michel  de 
Marolles  venait  de  dii-e  : 

La  grande  de  ClennonI  est  une  Ix'lle  chose, 

Elle  croist  tous  les  jours,  e(  l'on  en  prend  grand  soin. 

Où  les  Pères  savans  consolent  leur  besoin. 

Si  chaque  esprit  le  peut  comme  il  se  le  propose''^*. 

Kri  cette  même  année  1689,  les  Jésuites  étendirent  encore  leurs  hàlimenis  jjar 
rac([uisition  des  collèges  de  Marmoutiers  et  du  Mans.  Puis,  en  1717,  Acliillc  de 
Harlay,  IV*^  du  nom,  qui  avait  considérablement  augmenté  la  bibliotliè(jue  de 
son  arrière-grand-|)ère ,  rillusire  jn-emier  ])résident  légua  à  M.  de  Gliauvelin 
Ions  ses  manuscrits,  et  au  collège  Louis-le-Grand  tous  ses  imprimés comj)re- 
nant  de  vingt à  vingt-deux  mille  volumes  relatifs  surtout  à  la  juris])rudence'''. 
Presque  tous  les  volumes  qui  provenaient  de  la  bibliothèque  de  Harlay  portaient 
déjà  ses  armes  sur  les  plats*'*' 


Jouintil (les  Sçavam ,  année  1G78,  p.  àoi. — 
J.  (îai'nier.  Systeina  hihilnlliecœ  collcgii  Parisiciists 
societati.t  Jesu,  p.  5. 

M.  (le  Mnrolles,  Paris  ou  dascriptioit  succincte 
et  néanlmoins  assez  amplf  dr  celte  grande  rillc,  p.  hC). 

Sur  l'olh^  célèbre  bibliothèque,  voyez  ci-des- 
sus, t.  1,  p.  1  -iû. 

'  S.iinl-Sirnon ,  Mémoires,  t.  XV,  p.  at). — 
Miiiciiniiiis.  fnirodiiriio  ad  liisloriani  literariam  de 
pnrnpuis  bihJiolhecis ,  p.  (j'i. 


Antonini,  Mémorial  de  Paris  et  de  ses  ciici- 
rons,  t.  I,  p.  1  97. 

Pignniol  de  la  Force  ,  iJcscriplioii  liislorii/ac  de 
Paris,  t.  V,  p.  4 -13.  —  (!.  Brice,  Nouvelle  description 
de  Paris,  t.  111,  |).  69. —  Mais  Juglor  (Bihliotheca 
Itisloriw  Utierariœ  selcctn ,  t.  1 ,  |).  -i-ih  )  el  Maicliolius 
[Introduclio  ad  hislnriani  lilerariani ,  p.  dontiiMil 
le  chiffre,  évidetinucnl  iiie\acl.do  milij:  voliuiies. 

Sauvai,  Histoire  de  Paris,  t.  111,  p.  ô-<. 

Ce  fer  n'a  pas  été  le  seul  eniplové;  sur  d'au- 


256  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

et  son  cliillre  sur  io  dos 


Les  Jésuites  ajoutèrent  encore  au  bas  du  titre  une  bande  imprimée,  qui  était  conçue 
en  ces  termes  : 

Ex  Librisijuos  Collcgio  Patifîenfi  Socletatn 
Jefa,  Ugivit  Nobiliflf.  D.  D.  Achilles  i>r 
Haklay  ,  Cornes  de  BeiuraoDt  .  Regiàf^n- 

Ces  accroissements  successits  avaient  rendu  la  bibliothèque  de  la  rue  Sainl- 
Jacques  une  des  plus  importantes  de  Pans.  Elle  devait  aussi  sa  réputation  au  zèle 
et  à  l'érudition  du  successeur  de  Gossart,  le  jésuite  Jean  Garnier,  (jui  l'enrichit  de 
])récieux  ouvrages,  en  même  temps  ([u'il  la  disposait  sur  un  plan  nouveau  et  mé- 
thodique. A  l'époque  où  nous  sommes  parvenu,  cette  collection  renfermait  environ 
quarante-sept  mille  volumes  Elle  resta  alors  à  peu  près  stationnaire,  car,  trente  ans 
plus  tard,  on  y  comptait  seulement  cinquante  mille  volumes'^',  dont  environ  six 
cents  manuscrits'^',  chiffres  qu'elle  n'a  guère  dépassé. 

La  bibliothèque  du  collège  Louis-le-Grand,  située  dans  la  seconde  cour  de 
l'établissement,  avec  vue  sur  le  jardin'*',  était  composée  de  deux  longues  galeries. 
L'une  avait  été,  nous  l'avons  dit,  construite  aux  Irais  du  surintendant  Fouquet: 
l'autre  portait  le  nom  de  Harlay.  On  lisait  sur  la  porte  de  la  première  galerie 
ces  mots  : 


DEUS  SCIENTIARUM  DOMINUS  EST 


Les  fresques  du  platond  représentaient  la  Uenomuiée  s'élançant  dans  les  aii  s  au 


très  volumes  on  trouve,  outre  les  armoiries,  une 
couronne  de  Iiaron,  un  manteau  d  hermine,  etc. 

"'  Maiciieiiiis.  Iiiirodiiclio  ml  liifilorimn  lllern- 
riain,  p.  <jh. —  Mais  G.  VValiin,  Lutctia  Parisiormii 
eruditn  siii  teinporis  (lya-î),  dit  cinquante  mille  six 
cents,  p.  1 18. —  Sauvai,  Histoire  de  Paris  [l'j -2 h) , 
se  prononce  pour  vingt  mille  volumes ,  t.  III ,  p.  5  2  ; 
l'erreur  est  évidente.  —  G.  Brice ,  Nouvelle  descrip- 
tion de  Paris  (i^aS),  indique  quarante-trois  mille 


volumes,  t.  III,  p.  (18.  —  J.-G.  Némeitz,  Le  séjour 
de  Paris  (17-27),  donne  le  chiffre  de  (juarante-six 
mille,  t.  1 .  p.  9G1 . 

Antonini,  Mémorial  de  Paris  (17/19).  '■  ^• 
p.  19G. 

Jugler,  Bibliolheca  hisloriœ  litleraria'  selecla 
(175/1),  t.  I,  p.  226. 

G.  Brice,  Nouvelle  description  de  Paris .  t.  III. 
p.  68. 


COLLEGE  LOULS-LE-GRAND.  257 

milieu  d'un  groupe  de  Génies,  et  laissant  tomber  ces  paroles  :  ce  L'illustre  Fouquet 
cra  élevé  cette  bibliotlièque,  et  l'a  dotée  avec  magnificence.  11  II  y  avait  deux  beaux 
tableaux  aux  deux  extrémités  de  la  galerie  :  au-dessus  de  la  porte,  la  mort  d'Aga- 
memnon  par  Nicolo  [Giovani Baplista  de  Ferrare),  et,  en  face,  le  portrait  de  Fou- 
quet accompagné  de  la  Foi  et  de  la  Justice. 

11  fallait  monter  plusieurs  degrés  pour  arriver  à  la  seconde  galerie,  qui  était 
soutenue  par  deux  rangs  de  colonnes  et  ornée  de  globes  et  de  tableaux.  En  re- 
gard de  chacune  des  neuf  fenêtres  se  trouvait  un  portrait  sur  toile;  on  y  avait  re- 
présenté Perpinian,  Maldonat,  Auger,  Fronton  du  Duc,  J.  Salian,  Sirmond, 
L.  Cresol,  D.  Pétau  et  Caussin. 

Les  manuscrits  étaient  classés  à  part,  ainsi  que  les  livres  défendus;  ceux-ci 
occupaient  un  étroit  cabinet ,  à  peine  éclairé  par  une  petite  fenêtre  garnie  de 
barreaux  de  fer  t^'. 

Cette  bibliothèque,  dont  l'accès  était  assez  facile,  même  pour  les  étrangers 
possédait  de  véritables  raretés  bibliographiques  et  plusieurs  éditions  princeps.  Les 
rr livres  d'humanitezn  étaient  très-nombreux,  et  rr l'histoire  d'Espagne  toute  corn- 
er plète^^Mi  Les  manuscrits  atteignaient  le  chiffre  de  huit  cent  cinquante-six  ;  on  y 
remarquait  dix  manuscrits  italiens,  quatre  espagnols,  trois  portugais,  vingt-sept 
chinois,  deux  arméniens,  treize  hébreux  et  syriaques,  trente-cinq  arabes;  la  plu- 
part de  ces  derniers  avaient  appartenu  à  Guillaume  Postel'"'.  On  y  voyait  encore 
un  certain  nombre  d'ouvrages  immoraux,  crlibri  contra  bonos  mores et  les 
originaux  des  lettres  de  Jansenius  à  Duvergier  de  Hauranne ,  qui  avaient  été  sai- 
sies chez  ce  dernier  lors  de  son  arrestation'^'. 

Vers  le  milieu  de  la  première  galerie,  à  droite,  s'ouvrait  le  cabinet  des  mé- 
dailles, qui  avait  été  commencé  par  le  P.  Sirmond.  On  citait  surtout  parmi  les 
médailles  en  or  Philippe  de  Macédoine,  Tibère,  Claude,  Agrippine,  Néron,  Ves- 
pasien ,  Trajan ,  Heraclius.  On  y  trouvait  même  une  pièce  frappée  pendant  la  Ligue , 
à  l'effigie  du  cardinal  de  Bourbon,  sous  le  nom  de  Charles  X,  roi  de  France 
Venaient  enfin  diverses  curiosités,  des  pierres  gravées,  des  antiquités  égyptiennes, 
grecques,  étrusques  et  romaines,  des  sceaux,  des  poids,  etc. 

Piganiol  de  la  Force ,  Description  kislorique  de  Calalogus  maniiHcriptorum  codtcum  collegii  Cht- 

Paris,  t.  V,  p.  422.  romontani,  n°'  \\,  \xi,  xxx,  xxxiv,  xxxvi,  xxxviii, 

G.  Brice ,  Noul\  descrip.  de  Paris ,  t.  III ,  p.  70.  lxv,  lxvi  ,  lxvii. 

J.  Garnier,  Systema  bibliothecœ  Parisiensis  col-  J.  Garnier,  Si/stema  bibliothecœ  Parisieiisis  col- 

legii  societatis  Jesu,  p.  7.  —  J.-G.  Némeitz,  Le  sé-  legii  societalis  Jesu,  p.  7. 

jour  de  Paris,  t.  I,  p.  2G1.  Piganiol  de  la  F'orce,  Description  historique  de 

Ahnanach  royal,  année  1709,  p.  219.  —  Paris,  t.  V,  p.  /i23. 

D  urey  de  Noin  ville.  Dissertation  sur  les  bibliothèques ,  Mémoires  secrets      de  Bachaumonl ,  26  juillet 

p.  Ii8.  —  Maichelius,  Introductio  ad  hislorium  lite-  1768,  t.  I,  p.  267. 

rariam,  p.  97.  Catalogue  des  médailles  et  autres  curiosités  de 

Legallois,  Traitté  des  plus  belles  bibliothèques  la  bibliothèque  du  collège  Lonis-le-Grand. 
de  l'Europe,  p.  l'ih. 

II.  33 


258  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

Jean  Garnier,  mort  en  1681  eut  pour  successeur  ie  célèbre  P.  Hardouin.  On 
sait  que  ce  jésuite,  dont  les  ouvrages,  fort  savants  d'ailleurs,  sont  semés  de  para- 
doxes, mettait  en  doute  toute  l'histoire  ancienne,  niait  l'authenticité  delà  plupart 
des  écrits  qui  nous  sont  venus  de  l'antiquité,  et  attribuait  ï Enéide  de  Virgile  et  les 
Odes  d'Horace  à  des  moines  du  moyen  âge  ;  ajoutons  que  ce  singulier  bibliothé- 
caire n'accordait  aucune  valeur  historique  aux  médailles  Il  fut  remplacé  par  le 
P.  Souciet'^',  à  qui  succédèrent  les  PP.  Thoubeau**'  et  Michel  Languedoc.  Il  se 
présente  ensuite  dans  la  liste  des  bibliothécaires  une  lacune  que  nous  ne  pouvons 
combler;  nous  connaissons  pourtant  les  deux  derniers  jésuites  qui  remplirent  cette 
charge:  ce  fut  d'abord  Pierre  Duval,  devenu  successivement  proviseur  du  collège 
d'Harcourt  et  recteur  de  l'Université,  puis  Gabriel  Brolier,  le  célèbre  humaniste. 
En  remontant  jusfju'à  l'origine  de  l'établissement,  nous  rencontrons  donc  les  noms 
suivants  : 


Jean  GUIGNABD, 
Fronton  DU  DUC, 
Denis  PÉTAU, 
Philippe  BRIET, 
Gabriel  COSSART, 
.Iean  garnier, 
J.  HARDOUIN, 
Étienne  SOUGIET, 
THOUBEAU, 
Michel  LANGUEDOC, 
Pierre  DUVAL, 
Gabriel  BROTIER. 


M.  E.-J.-B.  Rathery  a  eu  l'obligeance  de  nous  communiquer  trois  lettres  iné- 
dites, écrites  de  1727  à  1728  par  le  général  des  Jésuites,  Tamburini,  au  recteur 
du  collège  J^ouis-ie-Grand,  et  qui  renferment  quelques  renseignements  assez 
curieux. 

On  y  voit  que  les  Révérends  Pères  voulurent  employer  à  la  restauration  de 
leurs  bâtiments  une  partie  des  mille  livres  de  rente  léguées  au  collège  par  Fou- 
quet.  Le  bibliothécaire  se  plaignit  bien  haut,  et  l'affaire  alla  jusqu'à  Rome.  Tam- 
burini dit  que  lui-même  fut  appelé  à  régler  crlitem  ortam  inter  procuratorem 
fccollegii  et  praefectum  bibliothecœ  ii  il  décida  que  la  somme  totale  des  revenus 
dus  à  la  libéralité  de  Fouquet  devait  être  exclusivement  employée  en  achat  et  en 
restauration  de  livres     11  voulut  enfin  que  le  P.  Garnier  restituât  une  somme 

E.  Dupin,  BibUotheque  des  auteurs  ecclésias-  MaicheVms  Jnlrodiictio  ad  liistoriain  literariam, 

tiques,  x\n'  siècle,  t.  IV,  p.  118.  p.  97. 

Voy.  sa  Chronol.  ex  nnmmis  antiquis  reslituta.  Lettre  du  ih  octobre  17-28. 

'■"^  'à.  à(iNa\hehçrl,  L'agenda  duvoyageur  à  Pa-  frCensus  annuus  mille  libraruin  gallicariun 

rts  (17.36),  p.  7/1.  (fbibliothecœ  donatus  a  domino  Fouquet  semper  ac 


COLLEGE  LOUIS-LE-GRAND.  250 

prise  sur  les  revenus  de  la  bibliothèque,  et  (ju'il  avait  emportée  à  son  départ 
|)our  Rome'"'.  La  troisième  lettre,  datée  du  8  mai  1727,  renferme  au  sujet  de 
la  bibliothèque  des  dispositions  fort  sages,  mais  qui  ne  font  que  confirmer  le  règle- 
ment que  nous  avons  donné  plus  haut. 

Les  Jésuites  furent  de  nouveau  chasses  de  France  en  1769;  ils  durent  donc 
abandonner  encore  une  fois  leurs  établissements  et  les  bibliothèques  qu'ils  renfer- 
maient. Les  lettres  patentes  du  21  novembre  1768  accordèrent  les  bâtiments  du 
collège  Louis-le-Grand  à  l'Université.  11  fut  décidé  en  même  temps  qu'on  éta- 
blirait dans  la  vaste  maison  des  .lésuites  un  collège  général,  dans  lequel  seraient 
réunis  les  boursiers  de  tous  les  petits  collèges  où  il  n'y  avait  pas  plein  exercice. 
Ln  cr bureau  d'administrations  fut  nommé,  installé  au  collège,  et  chargé  d'orga- 
niser la  nouvelle  création. 

Pendant  l'instruction  de  leur  procès,  les  Jésuites,  (jui  en  prévoyaient  l'issue, 
s'étaient  défaits  petit  à  petit  d'un  grand  nombre  de  volumes,  dont  la  majeure 
partie  fut  achetée  par  le  duc  de  Lavallière  et  le  comte  de  Lauraguais  On  pro- 
céda cependant  contre  la  Compagnie  beaucoup  moins  arbitrairement  qu'en  iSgB. 
Les  bibliothèques  furent  vendues,  mais  suivant  les  formes  légales,  et  le  produit  fut 
destiné  à  satisfaire  aux  réclamations  des  créanciers  de  l'ordre. 

On  enleva  d'abord  du  collège  Louis-le-Grand  tous  les  manuscrits,  qui  furent 
déposés  à  l'abbaye  Saint-Germain-des-Prés.  Par  ordre  du  Parlement,  tiois  religieux 
de  ce  couvent,  D.  Pater,  D.  Housseau  et  D.  Grenier,  et  trois  religieux  des  Blancs- 
Manteaux,  D.  Durand,  D.  Tassin  et  D.  Clément,  furent  chargés  d'en  dresser  le 
catalogue'^',  qui  parut  sous  ce  titre  :  Calalogus  manuscriptorum  codicum  cnllegii 
Claromontani.  Parisiis,  17G/1,  in -8°.  On  impi-ima  ensuite  le  Catalogue  des  mé- 
dailles antiques,  modernes,  et  autres  curiosités  de  la  bibliothèque  du  collège  de  Louis 
le  Grand  de  la  rue  Saint  Jacques ,  dont  la  vente  se  fera  le  mercredi  1 3  juin ,  lendemain 
des  Fêtes  de  la  Pentecôte,  et  jours  suivans,  Paris,  1  766,  in-8°. 

Le  catalogue  des  livres  imprimés  venait  d'être  publié  sous  ce  titre  :  Catalogue 
des  livres  de  la  bibliothèque  des  ci-devant  soi-disans  jésuites  du  collège  de  Clermont,  dont 
la  vente  commencera  le  lundi  ig  mars  ij6à^"\  Un  incident  curieux  fit  suspendre  les 
enchères. 

On  se  rappelle  (ju'en  1717  le  président  de  Harlay  avait  légué  une  partie  de 
sa  bibliothèque  au  collège  Louis-le-Grand.  Son  héritier,  M.  de  Tingry,  mit  oppo- 

(fsoluniraodo  insurnatur  in  iibris  emendis,  coni-  Mémoires  dits  de  Bachaumont,  l'j  avrû  ijQ^  , 

rpingendis.  et  reficiendis  illoruni  compactionibus  t.  I,  p.  69. 

Tqiiando  i'orle  usu  corrumpentui-  aiit  deterentur.  1  D.  Tassin,  Histoire  littéraire  de  la  eongréga- 

(LeUre  du  i4  octobre  1728.)  tion  de  Saint-Maur,  p.  668. 

ffReslitiiatur  bibliotbecae  pars  illa  pecuniae  II  comprend  6,75-3  articles.  La  bibliothèque 

rrquam  P.  Joannes  Garnier,  Romam  proficiscens ,  de  l'Arsenal  possède  un  exemplaire  avec  les  prix 

n-secum  de  reditu  bibliotbecae  asportavit ,  necdum  de  vente  indique's  en  marge, 
trrestituta  est. n  (Lettre  du  ih  octobre  1798.) 

33. 


260  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

sitioii  à  la  vente,  et  réclama  tous  les  volumes  qui  provenaient  de  cette  libéra- 
lité. Le  Parlement  était  disposé  à  faire  droit  à  sa  demande  ''';  mais,  un  grand 
nombre  des  livres  de  M.  de  Harlay  ayant  été  confondus  avec  ceux  du  collège  sans 
recevoir  d'estampille  spéciale,  il  était  fort  difficile  de  les  reconnaître.  On  convint 
de  s'en  rapporter  au  procès -verbal  qui  avait  été  dressé  lors  de  la  remise  aux 
Jésuites,  et  suivant  lequel  le  legs  était  estimé  vingt-cinq  mille  livres;  M.  de 
Tingry  fut  donc  autorisé  à  prélever  cette  somme  sur  le  produit  de  la  vente  ^"-^l  Ce- 
pendant quelques  volumes  légués  par  M.  de  Harlay  portaient  soit  sa  signature, 
soit  ses  armes,  soit  l'inscription  imprimée  que  nous  avons  décrite;  ceux-ci,  recher- 
chés avec  soin,  furent  mis  à  part,  et  M.  de  Tingry  en  fit  don  à  l'Université 

D'un  autre  côté,  le  nouveau  collège  ne  pouvant  rester  sans  bibliothèque,  le 
bureau  d'administration  profita  de  la  vente  des  bibliothèques  des  Jésuites,  et  y 
acheta  des  livres  pour  une  somme  de  17,4/19  liv.  8  sols'*'. 

L'Université  avait  elle-même  une  bibliothèque  qui  venait  de  lui  être  léguée 
par  le  recteur  Petit  de  Monlempuis,  mais  qui,  faute  d'emplacement  convenable, 
n'avait  pu  encore  être  déballée 

Le  collège  Louis-le- Grand  et  l'Université  se  trouvèrent  donc  chacun  posses- 
seur d'une  bibliothèque  distincte,  et  tous  deux  avaient  le  droit  de  l'installer 
dans  les  bâtiments  du  collé(fe. 

Le  bureau  d'administration  prit  l'initiative.  Il  fit  proposer  à  l'Université  de 
réunir  les  deux  bibliothèques  de  manière  à  n'en  former  qu'une  seule''''.  L'Université 
refusa  péremptoirement,  et  nomma  pour  sa  collection  un  bibliothécaire,  M.  Lebel, 
landis  que  le  collège  en  nommait  un  également,  M.  Guèrin,  ancien  recteur  (''. 

Les  négociations  entre  l'Université  et  le  collège  durèrent  près  de  deux  ans.  Ils 
finirent  cependant  par  s'entendre.  On  lit  dans  les  procès-verbaux  des  séances  du 
bureau  d'administration  que  crie  collège  abandonna  ses  livres  à  l'Université '*'. 
Ceci  ne  devint  absolument  vrai  qu'un  peu  plus  tard,  grâce  à  l'habileté  avec  la- 
quelle manœuvra  l'Université.  Les  discussions  entre  les  deux  rivales  ne  furent 


Il  accorda  de  même  à  M.  de  Charsigné,  héri- 
tier de  révêque  d'Avranches ,  Huet,  tous  les  livres 
que  ce  dernier  avait  légués  à  la  maison  professe 
des  Jésuites. 

^'  Mémoires  secrets  dils  de  Dachaumont ,  99  juil- 
let 1768,  t.  I,  p.  958. 

Mémoires  secrets  dits  de  Bachanmoitt ,  -2  3  jan- 
vier 176^,  t.  II,  p.  12. 

On  trouve  le  cliilTre  de  18,109  liv.  8  s.  dans 
le  Recueil  de  imites  les  délibérations  prises  par  le  hu- 
renu  d'administration  du  collège  Louis- le-Grand , 
p.  598.  Le  chifl're  que  nous  avons  adopté  nous  est 
fourni  par  le  document  suivant  :  Etat  des  livres  ad- 
jugés à  Monsieur  l'ubhé  Fourneau,  grand  maître  du 


collège  de  Louis  le  Grand,  pendant  le  cours  de  la  vente 
des  lirres  de  la  Dihliothèijue  dudit  collège.  x4rchivcs 
de  l'Empire,  série  H  ,  carton  n°  A 9 5 3. 

Recueil  de  toutes  les  délibérations  prises  par  le 
bureau  d'administration  du  collège  Louis-le-Grand , 
p.  o3o. 

Aichives  du  ministère  de  l'Instruction  publi- 
que, i5'  carton,  n°  1 13,  article  20. 

Recueil  de  toutes  les  délibérations  prises  par  te 
bureau  d'administration  du  collège  Louis-le-Grand, 
p.  5-28. 

Recueil  de  toutes  les  délibérations  prises  par  li> 
bureau  d'administration  du  collège  Louis-le-Grand , 
p.  53o. 


COLLÈGE  LOUTS-LE-GRAND.  201 

closes  qu'au  mois  de  février  1765.  On  rédigea  alors  un  rr projet  d'arrangements 
qui  fut  accepté  d'un  conmiun  accord.  Ce  document  est  conservé  dans  les  archives 
du  ministère  de  l'Instruction  publique,  où  l'obligeance  de  M.  Ch.  Jourdain  nous 
a  mis  à  même  de  le  consulter'''. 

Aux  termes  de  cet  arrangement,  la  collection  de  l'Université  fut  installée  dans 
les  galeries  qu'avait  occupées  la  bibliothèque  des  Jésuites,  et  les  livres  appartenant 
au  collège  furent  confondus  avec  ceux  de  l'Université'^'.  Cependant  on  autorisa  le 
bui-eau  d'administration  à  faire  estampiller  ses  volumes  aux  armes  de  l'établisse- 
ment, afin  (ju'ils  pussent  au  besoin  être  distingués  de  ceux  de  l'Université'^'. 
L'administration  et  la  surveillance  de  la  bibliothèque  appartenaient  exclusivement 
à  l'Université'*';  le  bibliothécaire  devait  prêter  serment  entre  les  mains  du  rec- 
teur''^', et  portait  le  titre  de  bibliothécaire  de  l'Université'**'.  Il  était  choisi  par 
celle-ci  sur  une  liste  de  trois  candidats  présentés  par  le  bureau  d'administration 
du  collège  '"'  ;  tous  les  trois  devaient  d'ailleurs  être  membres  de  l'Université  '^'.  Nous 
avons  dit  que  déjà  deux  bibliothécaires  avaient  été  nommés;  on  leur  conserva  à 
tous  deux  leur  titre  et  leur  traitement;  mais  M.  Guérin  eut  le  droit  d'exercer  ses 
fonctions'^'.  Ils  n'acceptèrent  sans  doute  pas  cette  décision,  et  se  retirèrent  spon- 
lanément;  car,  dès  1766,  on  procéda  à  l'installation  d'un  nouveau  bibliothécaire 
nommé  Hamelin  ''° . 

L'Université  avait  en  outre  accordé  au  collège  l'autorisation  de  faire  dresser  un 
catalogue  spécial  de  ses  livres ''".  Le»  libraire  Barrois  demandait  une  somme  de 
deux  mille  livres  pour  l'exécution  de  ce  travail;  ï\  fut  confié  à  un  cordelier  nommé 
Bonhomme,  qui  venait  de  rédiger  l'inventaire  complet  de  la  bibliothèque  de 
son  couvent,  et  qui  ne  demandait  au  collège  d'autres  honoraires  que  l'admission 
d'un  de  ses  neveux  comme  boursier ''2'.  Ce  catalogue  fut  terminé  le  tili  novembre 
17G8;  il  est  conservé  à  la  bibliothèque  actuelle  de  l'Université,  et  a  pour  titre  : 
Catalogne  des  livres  imprimez,  manuscrits,  des  livres  de  figures  et  d'estampes  apparte- 
nants au  collège  de  Louis  le  Grand;  fait  en  ij68  ''^'. 

L'histoire  de  la  bibliothèque  du  collège  Louis-le-Grand  doit  s'arrêter  ici.  A 
partir  de  cette  époque,  la  collection,  quoique  conservée  dans  son  local  primitif, 
appartient  réellement  à  l'Université,  porte  son  nom  et  est  exclusivement  régie 
par  elle. 


I^es  registres  et  cartons  relatifs  à  l'ancienne 
Université  ont  ëté,  depuis  peu,  transfe'rés  à  la  lii- 
i)liolhèque  de  l'Université,  à  la  Sorbonne. 

Projet  d'arrangement  sur  la  bibliotlièque  de 
l'Université,  articles  3  et  /i. 

Projet  d'arrangement,  etc.  article  5. 

Projet  d'arrangement ,  etc.  arlicle  o.k. 

Projet  d'arrangement ,  etc.  article  1 1 . 

Projet  d'arrangement ,  etc.  arlicle  lo. 


Projet  d'arrangement,  etc.  articles 'j  i  et  -ïà. 
m  Projet  d'arrangement,  etc.  article  aa. 
(9)  Projet  d'arrangement,  etc.  article  ao. 

Recueil  de  toutes  tes  délibérations  prises  par 
le  bureau  d'administration ,  etc.  p.  SSg. 
(")  Projet  d'arrangement ,  etc.  article  8. 

Recueil  de  toutes  les  délibérations  prises  par 
le  bureau  d'administration ,  etc.  p.  538. 

Bibliotli.  de  l'Université ,  manuscrits . n  "  U  i  S. 


262  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

Nous  reproduisons  ici  Testampille  qu'adopta  le  collège  après  que  Louis  XIV 
l'eut  autorisé  à  prendre  les  armes  royales 


Nous  avons  fait  connaître  déjà  les  marques  qui  se  rencontrent  sur  les  reliures 
provenant  de  cette  bibliothèque.  Il  faut  y  ajouter  le  monogramme  de  la  Compagnie 
de  Jésus 


qui  ligure  très-fréquemment  sur  le  dos  des  volumes,  placé  entre  ciiaque  nerf  et 
alternant  soit  avec  les  deux  <Ï><I>  de  Desportes,  soit  avec  les  <î>  entrelacés  de  Fou- 
quet.  Enfin,  quand  le  collège  eut  reçu  le  nom  de  Prytanée français ,  il  adopta  pour 
sa  bibliothècjue  une  marque  nouvelle  et  toute  différente  des  précédentes  : 


Les  inscriptions  manuscrites  sont  assez  i-ares  et  en  général  très-brèves  : 

COLLECn  CLAEOMONrANI  PARIS.  SOC.  IRSCk 
COL  LEO  II  PARIS.  SOC.  lESU. 


Celte  dernière,  parfois  plus  abrégée  encore,  est  très-fréquente. 


COLLÈGE  LOUIS-LE-GRAND. 


•263 


BREF  ÉTAT  POUR  COMPTER 

DE  LA 

VKNTE  DES  LIVRES,  MÉDAILLES  ET  AUTRES  CURIOSITÉES 

DL  COLLEGE  DE  LOUIS  LE  GRAND 


La  vente  des  livres  nioiile  à   1 1  i  ,037^  1  8'  o'' 

Celle  des  médailles  et  ciiriositées  à   10,691     U  o 

Total   121,799^  o 


Paiements  à  déduire,  savoir  : 

Au  s'  Samson,  gardien  aux  Jésuittes,  pour  196  jours  de  Irais  de  garde,  à 
compter  du  10  févriei'  176^  jusques  et  compris  le  2  septembre  audit  an 
(ju'il  est  sorti  du  collège,  suivant  ses  quittances  dont  la  dernière  est  du  1 1  sep- 
Icmbre  dernier   <^92*^  o'  o"* 

Plus,  au  s.  Lancia! ,  autre  gardien,  pour  2/19  jours  de  garde,  à  compter 
(lu  7  janvier  176^  jusques  et  compris  le  1 1  septembre  dernier,  suivant  ses 
quittances  dont  la  dernière  est  du  9  novembre  dernier   ^98  00 

Plus,  au  nommé  Marion,  gagne  denier,  pour  117  jours  à  3o  s.  à  compter 
du  12  mars  1766  jusqu'au  3o  juillet  dernier   175  10  0 

Plus,  au  même,  pour  dépenses  de  balays,  clouds  et  fisselles   2  80 

Plus,  au  s.  Berlin,  vitrier,  pour  avoir  nétoiés  et  remis  des  carreaux  aux 
croisées  de  la  salle  où  s'est  fait  la  vente   6  18  0 

Plus,  au  s.  Monguin,  maître  menuisier,  pour  avoir  posé  des  tablettes  pour 
mettre  les  livres  lors  de  la  vente   17  00 

Plus,  à  des  gagnes  deniers,  qui  ont  servis  à  transporter  les  livres  qui  étaient 
dans  les  chambres,  à  l'effet  d'en  mettre  en  possession  le  collège  de  Lisieux. .  6100 

Plus,  paie  pour  huit  plaques  de  fer  blanc  qui  ont  servies  à  mettre  des  chan- 
delles pour  éclairer  la  vente     2    8  0 

Plus,  à  MM.  Saugrain  et  Le  Clerc,  libraires,  1  2tt  par  eux  déboursées  pour 
frais  de  voitures  et  crocheteurs  emploies  aux  transports  des  livres  condamnés.         12  00 

Plus,  aux  nommés  Marque  et  Baudouin,  afficheurs,  pour  avoir  par  eux 
apposés  2,100  affiches  indicatives  de  la  vente,  suivant  leurs  quittances  des 
16  avril,  21  mai,  17  juillet  et  i3  septembre  176^   3i  100 

Plus,  à  M.  l'abbé  Grimod,  pour  les  18  deniers  pour  livre  lui  revenant  du 
montant  de  la  vente  des  médailles  et  curiositées,  suivant  sa  quittance  du 
25  juin  dernier   801     6  G 

Plus,  à  MM.  Saugrain  et  Le  Clerc,  libraires,  pour  les  causes  énoncées  en 
leur  quittance  du  19  octobre  176^   10,327 

Total   1  2,27 1^  1 3' G-^'^) 


Archives  de  l'Empire,  série  H,  carton  11° /i  9  5  3.  il  y  a  erreur,  l'addition  ne  donnant  que  3  sols  au 
—  Voyez  ci-dessus,  p.  aSg.  lieu  de  i3.  Cette  erreur  se  prolonge  jusqu'à  la  fin 

Ce  sont  les  chiffres  fournis  par  roriginal;  mais       du  compte. 


26^  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

Report   12,^7 1^1 3'  6'' 

H  faut  encore  déduire  les  paiements  faits  à  M.  l'abbé  Fourneau,  suivant  ses 
reçus,  savoir  : 

Le  i6  avril  176/i   i3,oo2  o  o 

Le  21  juin  aud.  an   i/j,8o6  0  o 

Le  9  juillet   26,200  0  o 

Le  28  août   23,^25  0  o 

Le  22  octobre   5, 001  o  o 

Total   93,708»  1 3' G'' 

Déduisant  encore  les  adjudications  ci-après,  savoir  : 

A  M.  l'abbé  Fourneau   i'^,klxç^^  8' 0'' 

A  MM.  du  Bureau  d'administration   Zi55  00 

Total   111,608»  1' G"" 

Il  convient  encore  de  déduire  les  paiements  déboursés  et  frais  de  vente  qui 
suivent,  savoir  : 

Pour  le  droit  de  déclaration  de  ladite  vente  au  bureau   2»  0'  o** 

Pour  1 1 8  vaccations  emploiées  par  l'huissier  à  la  vente  des  livres  et  mé- 
dailles, à  7  livres  chacune   826     o  0 

Payé  au  crieur  pour  ses  vaccations  à  publier  les  enchères  et  les  recevoir, 
lors  de  la  vente   172  10  o 

Plus,  à  la  personne  qui  a  écrit  la  minutte  pour  accellérer   172  100 

Pour  l'expédition  du  procès-verbal  de  vente,  contenant  11,187  îii't'cles, 
dont  la  moitié  sera  portée  à  la  communauté  des  huissiers  priseurs,  évalué,  y 
compris  le  papier  et  droit  payé  pour  la  faire,  à   A, 632    o  0 

Pour  le  remboursement  du  papier  de  la  minute  et  controlles   92    3  0 

Pour  le  remboursement  des  fiacres  qui  ont  servis  à  porter  l'argent  chez 
M.  Fourneau  et  remboursement  des  passes  des  sacs   36  i3  o 

Plus,  paie  aux  commissaires  aux  ventes  pour  les  trois  deniers  pour  livre 
à  eux  revenant  du  montant  de  lad.  vente   i,525    8  9 

Pour  les  vaccations  emploiées  par  l'huissier  à  faire  plusieurs  grands  états 
d'adjudications  faites  tant  aux  libraires  qu'à  MM.  Fourneau,  Capronnier  et 
autres,  faire  les  recouvrements  des  débets,  peines  et  soins  extraordinaires, 
évalués  à  

Plus,  pour  avoir  été  faire  les  états  et  prisées  des  meubles  et  effets  des  col- 
lèges de  Beauvais ,  des  Trésoriers ,  des  Cholets ,  de  Bayeux ,  de  Laon ,  de 
Narbonne,  de  Cornouailles,  de  Bourgogne,  d'Autun,  de  Justice,  M°  Gervais, 
Dainville,  de  Reims,  de  Séez  et  du  Mans,  à  la  connaissance  de  MM.  Four- 
neau, Le  Neveu,  Le  Gros,  Poan  et  de  S.  Fray,  évalués  à  25  vaccations,  ci,.       3oo    0  o 

Total   118,79/1»  5'  S'*'^) 


Ici  encore  nous  donnons  les  chiffres  tels  qu'ils      à  1 1 9,367^6'3'*. 


COLLEGE  LOLilS-LE-OHAM). 


265 


RECAPITULATION'. 


La  rcccllc  iiioiile  à.  .    l'j  1,7-29*'   2'  0'' 

La  (!('|»('iis('  moule  à   iiSj^gi     5  i> 


l'ailaiil  icsic  (In   2,98/1*' 16'  <j'' 

Sur  (|uoi  depuis  paie  à  M.  le  j;iaii(l  iiiaiire.  siii\aiil  sa  (juillaiiee  du  iS  fé- 
vrier i^Gf)   2,(io5  00  0 

.'i'^;)*!  lO'  ()•' 


Mous,  soussignés,  adiiiiiiistraleurs  du  colléije  (le  Louis-le-Grand ,  et  autorisés  par  la  (h'Iilx'- 
ralion  du  3o  aoust  176/1,  à  l'ell'el  d  arrèler  le  présent  couiple,  alfendu  le  paiement  présenle- 
meiit  par  ied.  de  Grossy  ès  mains  de  M.  le  grand  maître,  ainsi  qu'il  le  reconnail,  de  la  somme 
de  (rois  cens  vingt  neuf  livres  seize  sols  neuf  deniers,  avons  doniK'  |)leine  et  entière  di-cliarge 
aud.  s''  de  Grossy  de  la  recelle  par  lui  faille,  et  reconnaissons  que  les  jùèces  juslilTicalives  ont 
été  remises  aud.  s'  de  Grossy  pour  élre  déposées  ès  archives. 

Fail  double  à  Paris,  ce  20  mars  17C5. 

Rolland.  Poam.  Foiuneaii.  Giiossy. 


II. 


Kdc-simile  heliogrdphique. 


flan  de  Jouvin  de  P.ochefort  (1690). 


COLLÈGE  DES  GRASSINS. 


Par  son  testament  du  16  octobre  lôôg,  Pierre  Grassin,  sieur  cVAlbon,  conseil- 
ler au  Parlement  de  Paris,  ordonna  qu'une  somme  de  3 0,0 00  livres  fût  prise 
sur  ses  biens  et  employée  à  la  fondation  d'un  collège.  Il  voulait,  en  outre,  que, 
si  son  fils  mourait  sans  enfant,  cette  somme  fût  portée  à  90,000  livres'''.  Ce  fils 
survécut  peu  à  son  père;  il  s'associa  à  sa  pensée  et  choisit,  comme  lui,  pour  exé- 
cuteur testamentaire  l'avocat  Thierry  Grassin,  son  oncle.  Celui-ci,  désireux  de 
contribuer  aussi  pour  sa  part  à  la  création  du  collège ,  acheta  aussitôt  entre  la 
rue  des  Sept-Voies  et  la  rue  des  Amandiers  six  maisons  qu'il  paya  de  sa  bourse 
Enfin,  le  dimanche  5  février  ibSk,  il  fit  son  testament,  qui  contient  encore  de 
nombreuses  libéralités  en  faveur  de  la  nouvelle  fondation;  il  songe  même  à  la  doter 
d'une  bibliothèque,  il  veut  crque  tous  et  chacuns  les  livres  imprimez  qui  se  trou- 
er veront  au  jour  de  son  décez  en  la  maison  où  il  est  demeurant  rue  Sainte-Avoye, 
et  tant  du  feu  sieur  d'Albon,  son  frère,  que  de  son  neveu  et  de  luy,  soient  pris 
crpour  en  faire  une  librairie  au  collège  des  Grassins,  pour  l'instruction  de  ceux  qui 
cr  habiteront  ledit  collège;  et  desquels  il  veut  après  son  décez  estre  fait  un  inven- 
cr taire  fidèle,  lequel  avec  la  clef  d'icelle  librairie  demeurera  en  la  possession  du 
«principal  dudit  collège. n 

Le  collège  des  Grassins  prospéra  d'abord.  11  passa  ensuite  en  des  mains  inha- 
biles et,  au  commencement  du  xvni^  siècle,  ses  revenus  avaient  tellement  dimi- 

J.  Dubreul,  Théâtre  des  aiitiquilez  de  Paris,  Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 

P-  559.  Paris,  t.  VI,  p.  5i. 

3i. 


2G8  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PAULS. 

mit'',  (jiie  le  l^nlciiiont  diil  iiilervoiiir.  La  l)iblioti]of[iic  était  alors  l'oi  t  ii(''gli(j('e,  et 
il  iiCii  existait  poiiil  d  iiixciitaire ;  le  Parlement  ordonna,  le  16  mal  1710,  (ju  il 
en  serait  lait  nn,  el  il  cliarjjca  de  ce  soin  le  sieur  Gocliet,  cr professeur  de  lettres 
rr  humaines Il  arrêta  en  même  temps  que,  jusqu'au  jour  où  le  colléjje  serait 
libéré  de  toutes  dettes,  douze  de  ses  bourses  resteraient  supprimées. 

Il  existait  lieureusement  encore  un  descendant  de  la  famille  des  Grassins;  il  se 
cbarjfea  d'acquitter  les  dettes  de  l'établissement  qui  resta  en  exercice  jus(pi'à  la 
Révolution.  Il  ne  restait  plus  guère  alors  de  la  bibliothèque  primitive  que  les  livres 
(ju'y  avait  mis  Thicrrv  Grassin  deux  siècles  auparavant;  c'étaient  une  quarantaine 
de  volumes  icnfeniianl  jilusieurs  Irailés  des  Pères  de  l'Eglise  et  quelques  ouvrages 
de  théologie  mvsti(pie Presque  tous  portaient  sur  les  plais  celte  marque 


qui  datait  de  l'époque  où  le  collège  était  encore  florissant. 

La  rue  de  LEcole-PolvIechnique  a  coupé  les  bâtiments  de  ce  collège.  Il  n  en 
reste  aujourd'hui  que  quelques-uns  et  l'ancienne  allée  de  la  rue  des  Amandiers 
(aujourd'hui  Laplace)  avec  sa  porte  monumentale, 

Félibien ,  IJisloirc  de  Paris,  l.  III ,  p.  689.  Bt'^giiillet  el Poncelin ,  ]l!>itni)-r  de  Paris-  (1781). 

^'  \yAm\p^ny,  ck.  Ilisloircde  Paris, t. \  ,1).  li-jo.       t.  III.  p.  917. 


FUn  de  Vassaheu  (  1609  ). 


MAISON  PROFESSE  DES  JÉSUITES. 


Les  Jésuilos  n'avaient  obtenu  qu'après  de  longues  luttes  leur  admission  en 
France;  aussi,  pendant  un  certain  temps,  apportèrent-ils  dans  toutes  leurs  dé- 
marches une  extrême  discrétion.  Mais,  quand  ils  virent  leur  collège  de  Clermont 
en  pleine  activité  et  leur  enseignement  accepté  par  la  capitale'^',  ils  songèrent  à 
y  étendre  leur  induence.  Leur  plus  ardent  désir  était  d'y  posséder  une  Maison 
professe.  Ils  intriguèrent  longtemps  auprès  du  cardinal  de  Bourbon,  le  fameux 
Charles X  de  la  Ligue,  qui,  en  i58o,  acheta  pour  16,000  livres et  leur  donna 
r-une  maison  avec  toutes  ses  appartenances  et  dépendances,  scituée  en  la  rue 
rr  Saint  Anthoine,  qui  consiste  en  plusieurs  corps  d'hostel,  cour  et  jardin,  appelée 
rr  vulgairement  l'hostel  d'AnvUle  n  Les  bâtiments  s'étendaient  de  la  rue  Saint- 
Antoine  à  la  rue  Saint-Paul;  le  cardinal  y  fit  construire  une  chapelle  sous  l'invo- 
cation de  saint  Louis,  et  les  Jésuites  s'y  installèrent.  Il  leur  attribua  en  outre  toute 
sa  bibliothèque,  rr  très-bien  reliée  en  maroquin n  Mais,  à  la  suite  de  l'attentat 
de  .Tean  Chastel,  les  .lésuites  durent  quitter  la  France,  et  cette  collection  fut  dis- 
persée 


A  la  lin  du  siècle,  le  collège  de  Glernioiit 
comptait  déjà  (rois  cents  pensionnaires  (F).  H.  I. 
Supplément  au  théâtre  des  anti'juitez  de  Pavin ,  de 
Diiljreul,  p.  ,36);  en  1725  ,  il  en  renfermait  six  cents 
(Germain  Brice,  NouccUe  description  de  Paris ,  1. 111, 

l'-6«); 

Sauvai ,  Uibtoire  et  recherches  des  antiquités  de 
Paris,  t.  Il,  p.  1 -')."]. 


Fëliljien,  Histoire  de  Paris ,  t.  111,  p.  ySa. — 
Voyez  aussi  J.-A..  de  Tliou,  Historia  sut  temporis, 
\ih.  LXXXVJ. 

Ij.  Jacob,  Traicté des  plus  belles  bibliothèques, 
p.  5-30.  —  rr  Excellemment  bien  reliée,  7)  dit  Ma- 
lingre, Antiquités  de  Paris ,  p.  661. 

Voyez  ci- dessus  noti'e  notice  sur  la  biblio- 
thèque du  collège  Louis  le-Grand. 


270  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Ils  cherchèrent  vainement  à  s'en  faire  rendre  le  prix  après  leur  rappel.  Henri  IV 
resta  sourd  aux  doléances  qu'ils  exprimaient  sur  la  perte  de  fce  grand  thrésor 
«donné  par  feu  Monsieur  le  Cardinal  Charles  de  Bourbon,  fondateur  d'icelle 
ce  maison  En  revanche,  Louis  XIII  leur  accorda  un  emplacement  assez  vaste 
sur  lequel  ils  élevèrent  l'église  Saint-Paul  actuelle,  où  Ton  voit  encore  le  tombeau 
du  cardinal  de  Bourbon. 

Tranquilles  désormais  sur  leur  avenir,  les  Jésuites  revinrent  à  l'idée  d'établir 
une  bibliothèque  dans  leur  Maison  professe.  Ils  firent  décorer  avec  luxe  une  vaste 
galerie  dont  le  plafond  fut  peint  à  fresque  par  Gherardini'"^'.  Ils  acquirent  ensuite 
un  certain  nombre  de  volumes  sur  les  fonds  de  la  Société.  Durey  de  Noinville  pré- 
tend qu'un  legs  du  philologue  François  Guyet  vint  augmenter  leur  collection'^'; 
c'est  une  erreur.  La  bibliothèque  de  Fr.  Guyet  avait  été  achetée  par  Gilles  Mé- 
nageet  celui-ci,  en  1692,  la  légua  confondue  avec  la  sienne  à  la  Maison  pro- 
fesse'^', en  considération  des  soins  qu'avait  eus  pour  lui  le  P.  Ayrault,  pendant  sa 
dernière  maladie''''. 

Trois  ans  auparavant,  le  célèbre  Daniel  Huet  avait  été  nommé  évêque  d'Avran- 
ches.  Il  était  déjà  membre  de  l'Académie  française  et  auteur  de  plusieurs  ou- 
vrages estimés.  De  puissants  intérêts  et  de  nombreuses  relations  l'appelaient  donc 
souvent  à  Paris,  et  les  Jésuites  de  la  Maison  professe  lui  offrirent  vers  cette  époque 
un  petit  logement  dans  leur  couvent'"''.  Huet  hésita  d'abord  :  il  tenait  à  habiter 
une  chambre  exposée  au  nord'^',  et  la  Maison  professe  en  avait  fort  peu;  les 
Jésuites  parvinrent  cependant  à  le  satisfaire  sur  ce  point.  Pour  leur  témoigner  sa 
gratitude,  il  leur  abandonna  d'avance  sa  bibliothèque''',  composée  de  huit  mille 


Tvps-humhle  rcmonslrnncc  et  requeste  des  reli- 
gieux (le  la  compagnie  de  lesus  au  tres-chrestien  roy 
de  France  Henri  IV,  p.  99. 

Piganiol  de  la  Force ,  Description  historique  de 
Paris,  t.  V,  p.  28. 

Durey  de  Noinville,  Dissertation  sur  les  biblio- 
thèques, p.  5i. 

D.  Huel,  Cominentarius  de  rébus  ad  eum  per- 
tinentibus,  lib.  VI ,  p.  898. 

Jugler,  Bibliotlieca  historiœ  lilterariœ  selecta, 
t.  I,  p.  22/1. 

S.  de  Valhebert,  L'agenda  du  voyageur  à  Pa- 
ris, p.  75. 

Niceron ,  Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  des 
hommes  illustres  de  la  république  des  lettres,  t.  I, 
p.  57. 

Ilueliana,  p.  05. 

Le  savant  D.  Huet,  qui  resla  longtemps  au- 
près de  Bossuct  comme  sous-pr(iceptenr  du  Dau- 
phin ,  eut ,  dès  son  enfance ,  une  véiitable  passion 


pour  les  livres ,  et  le  hasard  le  mit  à  même  de  la 
satisfaire  de  bonne  heure.  Il  entrait  dans  sa  sep- 
tième anne'e  quand  il  reçut  le  premier  fonds  de 
sa  bibliothèque.  Resté  orphelin  très-jeune,  il  avait 
été  recueilli  par  une  de  ses  tantes ,  ëpouse  du  ma- 
thématicien Gilles  Macé.  Après  la  mort  de  celui-ci, 
son  nis  Daniel,  devenu  tuteur  du  jemie  homme, 
lui  donna  tous  les  ouvrages  de  mathématiques  qui 
se  trouvaient  parmi  les  volumes  dont  il  venait  d'hé- 
riter, ff libres  neque  paucos,  neque  spernendos, ji 
écrivait  plus  tard  Huet. 

A  vingt  ans,  bien  que  sa  fortune  fût  plus  que 
médiocre,  il  résolut  de  se  former  une  bibliothèque, 
et  se  mit  à  l'œuvre  avec  autant  d'ardeur  que  d'inex- 
périence. Naudé,  son  ami,  l'aida  de  ses  conseils, 
parfois  même  de  sa  bourse,  ffCt  amice  submonuit 
ffut  caveret  a  calliditate  bibliopolarum. «  (Voyez 
Daniel  Huet,  Commentarius  de  rébus  ad  cum  perti- 
nentibus,  hb.  I,  p.  lo,  1 1  et  68;  lib.  HI,  p.  196, 
et  lib.  IV,  p.  222.) 


MAISON  PROFESSE  DES  JÉSUITES.  1>71 

deux  cent  soixante  et  onze  volumes  imprimés  et  de  deux  cents  manuscrits  et 
qui,  de  l'aveu  d'un  contemporain,  rrne  contenoit  pas  un  livre  qui  ne  lût  iort  ex- 
rr  cellenl  -n 

La  donation  eut  lieu  ccsolemniter'^',  n  le  18  avril  1691,  par  acte  passé  devant 
notaires     et  que  Huet  renouvela  chaque  année  jusqu'à  sa  mort. 

Huet  semble  d'ailleurs  avoir  regardé  les  Jésuites  comme  d'assez  tristes  biblio- 
piiiles  :  il  ordoiuia ,  en  ellet,  que  sa  bibliothèque  serait  toujours  conservée  dans 
un  local  spécial,  séparée  des  autres  livres  appartenant  à  la  communauté,  et  qu'on 
n'en  modiherait  en  aucune  manière  la  composition.  Pour  empêcher  que  cette  clause 
ne  i'ùt  éludée,  il  prit  soin  de  faire  relier  presque  tous  les  volumes  à  ses  armes. 
Une  marque  fort  élégante 


rrM.  Huet,  à  qui  l  Europe  avoit  donné  ie  sur- 
frnoni  de  savant  des  savants,  avoit  encore  aug- 
-  mente  le  prix  de  ses  livres  par  les  notes  manus- 
rrcriles  dont  il  les  avoit  enrichis,  n  (Leprince,  Essai 
historique  sur  la  bibliothèque  du  Roi  et  sur  chacun  des 
dépôts  qui  la  composent ^  p.  io4.) 

ffElle  a  cela  de  particulier  qu'elle  ne  contient 
f-pas  un  livre  ny  un  manuscript  qui  ne  soit  fort 
tf excellent,  parce  que  ce  grand  homme  est  si  sça- 
cfvant  et  si  profond  en  toutes  choses,  qu'il  luy  est 


rrfort  aisé  de  reconnoistre  les  bons  livres  d'avec  les 
ff  mauvais.  On  peut  dire  aussy  do  luy  ce  qu'Eusèbe 
cfdisoit  de  son  ami  Pamphyle,  qu'il  est  luy  niesme 
ffune  bibliothèque  vivante,  n  (Legallois,  Traittc  des 
plus  belles  bibliothèques  de  l'Europe,  p.  128.) 

Jugler,  Bibliotheca  historiœ  litterariœ  selecta, 
t.  I,  p.  2ih. 

Cet  acte  a  été  publié  dans  le  tome  V,  p.  iG/i, 
des  Amœnitates  litterariœ  de  Sclielhorn.  Nous  le  re- 
produisons ci-après,  p.  278. 


272  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

fut  frappée  en  or  sur  les  plats,  et  l'on  grava  deux  ex  libris  différents,  f  un  destiné 
aux  volumes  in-8°, 


l'autre  aux  in-folio.  Une  inscription,  placée  au  bas  de- chacun  d  eux,  mentionne 
l'origine  du  volume  et  la  manière  dont  il  est  entré  dans  la  bibliothèque  de  la 
Société. 

Une  étiquette  ainsi  conçue  : 

Ne  extra  liane  Bibliothecam  efferatiir.Ex  obedientià. 

fut,  en  outre,  collée  au  bas  du  titre  de  chaque  volume. 

Dans  sa  sollicitude  pour  ses  livres,  Iluet  voulait  encore  que  non-seulement  ils 
ne  pussent  être  prêtés  au  dehors,  mais  qu'il  ne  fût  même  pas  permis  aux  religieux 
de  la  Maison  de  les  prendre  dans  leurs  propres  chambres.  Enfin  il  mettait  pour 
dernière  condition  que,  à  l'endroit  le  plus  apparent  de  la  bibliothèque,  on  place- 
rait une  plaque  de  marbre  noir  sur  laquelle  serait  gravée,  en  lettres  d'or,  l'ins- 
cription suivante  : 

IIanc  Bibliothecam  Domui  Professée  Pauisiensi  Societatis  JESU  dono  dédit  Pétris 
Daniel  Hlet,  episcopus  Abrincensis;  ea  lege,  ne  ouïs  uxquam  luîer  quamcumque  ob 

CAUSAM  ex  ea  DlSTRAlIATUn  ,  COSniODETL'R ,  VEL  OMMNO  EXTRA  IIL'NC  LOCl'M  EEFERATUR.  Sl\ 


MAISO.X  PUOFKSSE  DES  JÉSUITES. 


'273 


276  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

SECUS  FIAT,  IRRITAM  ESSE  DO^ATIONEM  IIANC,  ET  II.EREDIBUS  SUIS  H^REDUMVE  POSTERIS  Bl- 

bliothecjî;  irtjus  repetend.e  jls  auctoritatemque  esse  voluit. 

Malheureusenient,  Huet  ne  fit  pas  transporter  aussitôt  sa  bibliothèque  chez  les 
Jésuites;  elle  resta  dans  son  logement  du  faubourg  Saint-Jacques,  cul-de-sac 
Saint-Dominique.  Tout  à  coup,  pendant  une  nuit  de  l'année  1698,  la  maison 
s'écroula;  livres,  papiers,  meubles  furent  engloutis  sous  les  décombres. 

Fulcra  donms  cecidcre,  simul  cloinus  oniiiis,  (il  una 
Caisu  insperalo  Bibliotheca  ruil''', 

dit  Santeuil,  de  sorte  qu'une  boinie  pai'tie,  crnon  conttinmenda  pars,Ti  fut  volée  ou 
détruite*-'.  Ce  qui  restait  fut  déposé  au  couvent  de  la  rue  Saint- Antoine.  Huet 
était  alors  à  Avranches,  où  son  ardeur  pour  le  travail  lui  faisait  négliger  ses  fonc- 
tions épiscopales;  il  donna  de  lui-même  sa  démission,  et  vint  s'installer  définiti- 
vement chez  les  Jésuites'^'.  Il  y  mourut  vingt  ans  plus  tard,  heureux  de  laisser  sa 
bibliothèque  dans  un  sûi"  asile,  et  la  croyant  désormais  à  l'abri  de  tout  danger. 
Nous  verrons  qu'il  se  trompait. 

A  l'époque  où  eut  lieu  la  donation  de  Huet,  l'historien  Daniel  était  bibliotlié- 
caire  de  la  Maison  professe 11  eut  pour  successeur  le  P.  Tourneniine'^,  qui,  en 
1789,  légua  à  l'établissement  sa  bibliothèque  particulière'''',  composée  d'environ 
sept  mille  volumes'"''.  Déjà,  deux  jésuites  célèbres,  le  P.  Lachaise  et  le  P.  Clia- 
millard,  l'un  antiquaire  distingué,  l'auti'e  numismate  instruit,  avaient  établi  dans 
la  Maison  un  cabinet  d'antiquités  et  un  cabinet  de  médailles  qui  fut  longtemps 
célèbre  '*'. 

La  bibliothèque  de  cette  communauté  n'était  pas  publique,  mais  les  gens  de 
lettres  y  étaient  admis  sans  dilTiculté '°'.  Piiclie  de  vingt  mille  volumes  en  1721 
do  vingt-deux  mille  en  1727'^",  elle  en  renfermait  trente  mille  en  175/1*'''.  Suivant 
Piganiol  de  la  Force,  ces  livres  étaient  crd'un  choix  exquis ''^';r  presque  tous  les 
manuscrits  provenaient  d'ailleurs  du  legs  de  Huet.  11  y  avait  aussi  quelques  es- 


Santeuil,  Bibliotheca  Huetiana  telluris  hialu 
(ibsorpta,  dans  les  Opéra  omnia  de  Santeuil,  pre- 
mière partie,  p.  279. 

Huet,  Commentarius  de  relus  ad  eum perlincu- 
lihm,  lib.  VI,  p.  396. 

Huetiana,  p.  xvj. 

Nëineitz,  Le  séjour  de  Paris  ou  instructions 
curieuses,  etc.  1. 1,  p. 

Maichelius,  Iniroductio  ad  liistoriam  titera- 
riain,  p.  2  56. 

''''  Jugler,  Bibliotheca  historiœ  litterariœ  selecta, 
t.  I,  p.  22^. 

G.  Wallin,  Lu/e//«  Parisiorutn  erudita  sui  tem- 
poris,  p.  118. 


Jèze,  Etat  ou  Tableau  de  la  rille  de  Paris 
relativement  à  l'utile,  à  l'agréable,  etc.  p.  197.  — 
Pi<5'aniol  de  la  Force,  Description  historique  de  Pa- 
ris, t.  V,  p.  ûli. 

Durey  de  Noinville,  Dissertation  sur  les  biblio- 
thèques, p.  A 8. 

Maicbelius,  Jntroductio  ad  historiam  litera- 
rinm,  p.  97. 

Némeitz,  Le  séjour  de  Paris  ou  instructions 
curieuses,  etc.  t.  I,  p.  262. 

.lugler,  Bibliotheca  historia' litterariœ  selecta , 
t.  I,  p.  2â5. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t.  V,  p.  2  3. 


MAISOA  PROFESSE  DES  JÉSUITES.  275 

lampes;  on  remarquait  surtout,  dans  le  nombre,  un  martyrologe  cr formé  d'un 
rr  nombre  presque  infini  de  gravures  ([ui  représentent  les  saints  de  l'année  avec  les 
cr  principaux  événements  de  leur  vie,  entre  lesquelles  il  y  en  a  bon  nombre  des  plus 
p- grands  maîtres, dit  (i.  Brice 

Les  Jésuites  furent  de  nouveau  cbassés  de  France  en  1762,  et  leurs  biens  con- 
fisqués. La  Maison  professe  échut  aux  chanoines  réguliers  de  la  Culture-Sainte- 
(latherine,  et  tout  ce  qu'elle  renfermait  fut  vendu  aux  enchères*"^'.  On  dressa  avec 
soin  le  catalogue  des  livres.  Celui  des  imprimés  parut  en  novembre  1763^^',  sous 
ce  titre  :  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  Maison  professe  des  ci-devant  soi- 
disans  jésuites;  il  comprend  7, 2 5 a  numéros,  qui  forment  une  collection  très-com- 
plète et  très-bien  choisie.  Le  catalogue  des  manuscrits  fut  publié  l'aimée  suivante; 
il  est  intitulé  :  Catalogus  manuscriptorum  codicum  bibJiotheca;  Domns  prof essœ  Parisien  sis  ; 
on  y  trouve  trois  manuscrits  hébreux,  neuf  arabes,  trente-trois  grecs  presque 
tous  provenant  de  la  donation  de  Huet,  dix-huit  latins,  un  malabare  écrit  sur 
feuilles  de  palmier,  cinquante  français  et  trois  italiens,  en  tout  cent  seize  manus- 
crits. On  publia  enfin  le  Catalogue  des  médailles  antiques ,  modernes  et  autres  cwiosités 
de  la  bibliothèque  de  la  Maison  professe  de  la  rue  Saint-Antoine ,  dont  la  Vente  se  fera  le 
lendemain  de  la  Fête  de  Saint  Louis,  dans  une  Salle  de  ladite  Maison,  en  vertu  d'un  Arrêt  de 
la  Cour  de  Parlement,  les  Chambres  assemblées,  du  là  Mai  de  la  présente  année.  La  pièce 
la  plus  curieuse  de  cette  collection  était  une  médaille  du  cardinal  de  Bourbon 
avec  le  titre  de  Charles  X,  qui  avait  été  frappée  pendant  la  Ligue;  cette  pièce  ne 
fut  pas  vendue,  mais  déposée  au  greffe  du  Parlement'*'. 

On  se  rappelle  quelles  minutieuses  précautions  Huet  avait  prises  en  faveur  de 
sa  bibliothèque,  lorsqu'il  la  donna  aux  Jésuites.  Prévoyant  peut-être  que  la  catas- 
trophe (|ui  avait  ébi-anlé  la  Société  (mi  iSq^  pourrait  se  renouveler,  il  avait  eu 
soin  de  déclarej-  que  si,  en  vertu  d'une  cause  quelconque,  ses  livres  quittaient  la 
Maison  professe,  la  donation  se  trouverait  annulée,  et  qu'ils  reviendraient  à  ses 
héritiers  ou  à  leurs  descendants.  Le  seul  héritier  de  Huet  était  alors  M.  de  Ghar- 
signé,  abbé  de  Fontenay;  il  j)roduisit  l'acte  de  donation  rédigé  par  son  oncle,  et 
fit  valoir  les  droits  qu'il  lui  conférait.  Il  ne  pouvait  y  avoir  nulle  difficulté  pour 
reconnaître  les  volumes,  puisque,  d'après  la  volonté  formelle  de  Huet,  ils  avaient 
été  conservés  à  pai't,  et  que  tous  d'ailleurs  portaient  le  nom  du  donateur.  Un 
arrêt  du  Conseil  d'Etat  fit  droit  à  la  demande  de  M.  de  Charsigné,  et  les  livres  lui 
furent  reniis;  on  exigea  seulement  que  la  mention  suivante  serait  inscrite  sur  le 
premier  tome  de  chaque  ouvrage  :  rr  Paraphé  au  désir  de  l'arrest  du  i5  juillet 

r:  1763.  MeSNIl'^'.  n 

G.  Brice,  ^ouvclle  dcscriplion  de  Paris,  t.  Il,  Mémoires  secrets  dits  de  Bachaunmiit,  h  110- 

P-  180.  vembre  1768,  t.  I,  p.  298. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  tiistorifie  de  Avertissement  en  tête  du  Catalogue,  p.  h. 

Pans,  t.  VIII,  p.  38 1.  Leprince.  Essai  Itistorique  sur  la  hibliollieque 

35. 


276  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

Les  Jésuites  de  la  Maison  professe  n'avaient  point  d'estampille,  et  les  inscriptions 
manuscrites  sont  elles-mêmes  peu  fréquentes  sur  leurs  volumes;  on  rencontre 
cependant  parfois  celle-ci  : 

DOMUS  PROFESS.  PARIS.  SOCIET.  JESU. 
]^ouy  marque,  également  assez  rnre,  ne  reproduit,  soit  sur  les  plats. 


soit  sur  le  dos  des  volumes. 


que  le  monogramme  de  la  Société. 

du  Roi  et  sur  chacun  des  dépôts  qui  h  composent,  champ  5o,ooo  écus  de  la  collection  complète.  M.  de 
|).  -îiO.  —  L'impératrice  de  Russie  oflVil  siir-le-       Gharsigné  refusa,  et,  ne  sachant  où  placer  (ous 


MAISON  PROFESSE  DES  JESUITES.  277 

L'église,  placée  aujourd'liui  sous  le  patronage  de  saint  Paul  et  de  saint  Louis, 
existe  encore,  et  le  collège  Charleniagne  occupe  une  partie  des  bâtiments  qui 
composaient  autrefois  la  Maison  professe.  On  y  installa,  en  1778,  la  bibliothèque 
de  la  Ville  de  Paris,  qui  avait  été  jusque-là  conservée  l'ue  Pavée  au  Marais,  dans 
raiicien  liotel  Lamoignon. 


ces  volumes,  il  pria  M.  lîigiion,  alors  bibliothé- 
caire (lu  roi,  de  les  recevoir  eu  dëpôt.  Celui-ci  les 
fit  provisoireuient  installer  dans  une  des  salles  de 
la  Bibliothèque  royale.  11  s'entendit  ensuite  avec 
le  iiiinii^lre  pour  lâcher  de  les  y  conserver.  Des  ou- 


vertures lurent  faites  en  ce  sens  à  M.  de  Charsigné, 
qui  se  déclaia  heureux  de  pouvoir  oll'rir  cette  bi- 
bliothèque à  Sa  Majesté.  11  est  vrai  que  Louis  XV, 
de  son  côté,  lui  avait  promis  une  rente  de  1,780 
livres. 


•278 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 


CONTRAT  DE  DONATION 

PASSÉ 

ENTRE  DANIEL  HUET  ET  LES  PÈRES  DE  LA  MAISON  PROFESSE  DES  JÉSUITES. 

Par  devant  Nous,  Conseillers  du  Roy,  Notaires  Gardenofes  au  Chàteiet  de  Paris  soussignés, 
Fut  présent  Illustrissime  et  Reverendissime  Seigneur  Messire  Pierre  Daniel  Huet,  nommé  par 
le  Roy  a  l'Eveché  d'Avranches,  demeurant  à  Paris,  lauxbourg  saint  Jacques,  cul-de-sac  saint 
Dominique,  Paroisse  saint  Jacques  du  Haut-pas,  lequel  a  par  ces  présentes  donné  par  donation 
entre  vifs  irrévocable,  et  en  la  meilleure  l'orme  que  l'aire  se  peut  et  que  donation  peut  valoir,  à 
la  Maison  Professe  des  Révérends  Pères  Jésuites  de  cette  Ville  de  Paris,  size  ruë  saint  Antoine, 
et  acceptant  pour  icelle  par  R.  P.  Isaac  Magnan ,  Prêtre  de  la  Compagnie  de  Jksus,  comme 
Procureur  de  R.  P.  Louis  Genevray,  aussi  Prêtre  de  la  Compagnie  de  Jésus,  Provincial  de  ladite 
Compagnie  en  la  Province  de  France,  de  luy  fondé  de  procuration  générale  pour  toutes  les  af- 
faires de  ladite  Province,  passée  devant  Thibert,  l'un  des  Notaires  soussignés,  et  son  Confrère, 
le  deuxième  de  Mars  deinier,  et  par  R.  P.  J.  de  Grieu,  Prêtre  Religieux  de  la  même  Compagnie, 
Su[)erieur  de  ladite  Maison,  lesdits  RR.  PP.  de  Grieu  et  Magnan  y  demeurans  à  ce  presens 
et  acceptans  pour  ladite  Mais!:n  Professe,  la  Bibliothèque  dudit  Seigneur  Evêque  d'Avranches, 
composée  de  plusieurs  livres  contenus  au  Catalogue  et  inventaire  d'iceux,  contenant  cent  feuil- 
lets, ((ui  est  demeuré  joint  à  la  minute  des  présentes,  après  avoir  été  paraphé  dudit  Seigneur 
Evêque,  desdits  RR.  PP.  de  Grieu  et  Magnan,  et  desdits  Notaires  soussignez,  à  leur  réquisi- 
tion, et  généralement  tous  les  livres  qui  appartiendront  audit  Seigneur  Evêque,  en  quelque 
lieu  qu'ils  se  trouvent  :  même  les  manuscrits  et  écritures,  qui  se  trouveront  aussi  après  le  decez 
dudit  Seigneur  Evêque,  soit  en  pacquets,  ou  dans  des  porte-feuilles,  sur  lesquels  se  trouvera 
écrit  en  abrégé  de  la  main  dudit  Seigneur  Evê([ue,  et  signé  de  luy  :  Pour  la  Maison  Professe  des 
lesuitrs  de  Paris.  Le  tout  à  l'exception  des  livres  doubles,  (jui  se  trouveront  dans  ladite  Biblio- 
thèque, lesquels  pour  être  reputez  tels,  faudra  qu'ils  soient  imprimés  au  même  lieu,  par  le 
même  Imprimeur,  de  la  même  impression,  et  en  la  mesme  année.  Desquels  livres  doubles  ledit 
Seigneur  Evêque  fournira  un  état  signé  de  luy  dans  six  mois  prochains,  pour  être  aussi  joints 
à  la  minute  des  présentes  :  lesquels  livres  doubles  ne  sont  compris  en  la  présente  donation. 
Pour  par  lesdits  RR.  PP.  Jésuites  jouir  de  ladite  Bibliothèque,  ainsy  qu'il  sera  cy-aprés  dit  : 
se  desaisissant  dès  à  présent  ledit  Seigneur  Evêque  de  la  propriété  de  tous  lesdits  livres  au  [»ro- 
fit  de  ladite  maison  :  voulant  iceluy  Seigneur  Evêque  ([ue  du  jour  de  son  decez  ladite  Maison 
soit  saisie  et  mise  en  possession  de  tous  lesdits  livres,  en  quelque  lieu  qu'ils  se  trouvent.  Cette 
donation  faite  à  la  charge  de  la  jouissance  desdits  livres,  que  ledit  Seigneur  Evêque  se  reserve 
|)en(lant  sa  vie;  se  constituant  les  tenir  dès  à  présent  à  tiltre  de  précaire;  sans  que  ledit  Sei- 
gneur Evêque  |)uisse  vendre  ny  engager  aucuns  desdits  livres,  mais  pourra  en  échangei'  et  en 
substituer  d'autres  de  pareille  valeur.  A  l'effet  de  quoy,  ledit  Seigneur  fera  un  memoiie  de  ceux 
((u'il  aura  substituez  en  la  place  de  ceux  qu'il  tirera  de  ladite  Bibliothèque,  ainsi  que  de  ceux 
(pi  il  ac([uerra.  Le  double  duquel  mémoire,  signé  de  luy,  il  envoira  au  Supérieur  de  ladite 
Maison  Professe,  pour  être  joint  à  la  minute  tous  les  ans.  Icelle  donation  faite  à  la  charge  (jue 
lesdits  RR.  PP.  Jésuites  ne  pourront  vendre,  engager  ny  autrement  disposer  desdits  livres  pour 
(pielque  prétexte  et  pour  (pielque  raison  que  ce  soit,  ny  même  les  prêter  aux  Religieux  des 
autres  Maisons  de  ladite  Société,  tant  de  cette  Ville  que  d'ailleurs  :  ny  aussy  souffrir  que  les 
Reli<iieii\  de  ladilc  Maison  Professe  les  (irent  de  la  salle  où  sera  ladite  Bibliothèque  pour  les 


MAISON  l'HOFESSE  DES  JÉSUITES.  'i/î) 

porter  dans  leurs  chambres  ou  ailleurs.  Et  pour  conserver  plus  réfjulièrenient  lesclits  livres, 
lesdits  IU{.  PP.  Jésuites  seront  oblijfez  de  les  tenir  en  un  corps  de  Bibliothèque  séparé,  sans 
être  meslez,  nv  en  tout,  ny  en  partie,  avec  les  autres  livres  de  leur  Maison  :  et  à  cet  effet  ils 
[)laceront  dans  le  fonds  de  la  salle  ou  Gallerie  cpi'on  bâtit  présentement  pour  servir  de  lieu  de 
IJibliotheque,  et  ils  sépareront  la  Bibliothèque  dudit  Seigneur  Evêque  de  la  leur  par  deux 
saillies  de  menuiserie  qui  avanceront  de  demy-pied  de  chaque  costé,  depuis  la  corniche  des  ta- 
blettes jusqu'en  bas.  Comme  aussi  lesdits  RR.  PP.  Jésuites  seront  tenus,  aussi-tost  qu'ils  se- 
ront en  possession  desdits  livres,  de  les  faire  mettre  dans  des  armoires  fermantes  à  clef, 
garnies  par  devant  de  fd-d'archal,  dont  la  clef  demeurera  au  Supérieur  de  ladite  Maison,  ou  au 
Bibliotbequaire  qui  sera  par  luy  choisi.  Sur  la  première  page  imprimée  de  chacun  desquels 
livres  sera  écrit  :  rr  Ex  dono  Pétri  Danielis  Huct,  episcopi  Abrincensis  :  nec  extra  hanc  Bibliothecain 
frefferatur  ex  obedientia. ■n  Et  il  ne  sera  loisible  au  Supérieur  de  ladite  Maison  Professe,  ny  audit 
R.  P.  Provincial,  de  donner  aucune  permission  à  ce  contraire,  dont  leui'  conscience  demeurera 
chargée.  Et  afin  que  lesdites  conditions  soient  plus  ponctuellement  observées,  lesdits  RR.  PP. 
Jésuites  promettent  d'obtenir  incessamment  du  R.  P.  General  de  leui'  ordre  l'approbation  de 
ladite  donation,  laquelle  portera  defence  de  contievenir  à  ce  (|ue  dessus,  sous  peine  de  dés- 
obéissance. Et  seront  tenus  lesdits  RR.  PP.  Provinciaux  de  ladite  Province  de  France,  lors- 
qu'ils feront  la  visite  de  ladite  Maison,  de  visiter  spécialement  ladite  Bibliothèque,  et  de  faire 
observer  les  choses  cy-dessus.  Et  pour  faire  connoitre  dans  tous  les  siècles  que  ladite  Bibliothèque 
provient  dudit  Seigneur  Evêque,  lesdits  PP.  Jésuites  promettent  de  faire  gravei-  ce  qui  suit  en 
lettres  d'or  sur  une  table  de  marbre  noir  :  Hxnc  Bibliothecam  Dojui  Professée  Parisiensi  So- 

CIETATIS  JeSU  DOJiO  DEDIT  PeTRIS  DaINIEL  HlET,  EpISCOPI.S  AbRINCENSIS  ;  EA  LEGE,  NE  QUIS  UNQUAM 
LIBER  QLAMCUMQUE  OB  CAUSAS!  EX  EA  DISTRAUATUR,  COMMODETUR,  VEL  OMNINO  EXTRA  HUNC  LOCUM  EFFE- 
RATUR.   Sl.N   SECfS  FIAT,    IRRITAI!    ESSE  DONATIOSEM    HANC,  ET    H;EREDIBUS    SLIS    H^REDUMVE  POSTERIS 

BiBLioTHECE  nijjLs  REPETENDjE  JL'S  ALCTORiTATEMQi E  ESSE  voLL'iT.  Laquelle  table  Sera  placée  dans  le 
lieu  où  si-ra  ladite  Bibliothèque,  à  l'endroit  le  plus  apparent,  afin  que  ladite  inscription  puisse 
être  leuë  avec  facilité  par  ceux  qui  verront  ladite  Bibliothèque.  Et  en  cas  que  les  héritiers  dudit 
Seigneur  Evêque  trouvent  quelques  uns  desdits  livres  sur  lesquels  soit  l'inscription  cy-dessus, 
et  qu'ils  puissent  prouver  que  lesdits  RR.  PP.  Jésuites  les  ayent  prêtés,  vendus  ou  changés, 
ladite  donation  demeurera  nulle.  Et  pour,  si  besoin  est,  faire  insinuer  icelle  au  Grefl'e  dudit 
Chatelet  de  Paris,  et  ailleurs  où  besoin  sera,  lesdits  Seigneur  Evêque  et  RR.  PP.  Jésuites 
constituent  pour  leur  Procureur  irrévocable  le  porteur  des  ))resentes,  auquel  ils  en  donnent 
pouvoir,  et  d'en  requérir  tous  Actes  que  besoin  sera.  Promettant,  etc.  obligeant,  etc.  renon- 
çant, etc. 

Fait  et  passé  à  Paris  en  l'Hôtel  dudit  Seigneur  Evêque  le  18  jour  d'Avril  1691,  après 
midv;  et  ont  signé  la  minute  des  présentes  demeurées  audit  Thibert,  l'un  des  Notaires  soussignez. 


L'an  1O91,  le  vendredy  Ix  jour  de  May,  le  présent  contrat  de  donation  a  été  apporté  au  greffe 
du  Chàtelet  de  Paris,  et  y  a  été  insinué,  accepté,  et  eu  pour  agréable,  aux  charges,  clauses  et 
conditions  y  apposées,  et  selon  le  contenu  en  iceluy,  par  maistre  Salomon  Pothoin,  Procureur 
audit  Chàtelet  de  Paris,  porteur  dudit  Contrat,  et  comme  Procureur  des  parties  y  dénommées, 
lequel  a  été  registré  au  172  volume  des  insinuations  du  Chàtelet,  suivant  l'ordonnance.  Ce 
requérant  ledit  Pothoin  pour  servir  et  valloir  auxdites  parties  en  temps  et  lieu  ce  que  de  raison. 
Ce  fut  fait  au  Chàtelet  le  jour  et  an  que  dessus.  Signé  Fosse  et  Saulnier,  avec  paraphes. 


Fac-similé  béUographique, 


Plan  de  Vassalieu  (1609). 


FEUILLANTS  DE  LA  RUE  S AINT-HONORÉ. 


Jean  de  la  Barrière  institua  les  Feuillants  en  1577.  Dix  ans  après,  il  céda  au 
désir  de  Henri  III,  qui  le  pressait  de  quitter  Toulouse  et  de  s'établir  dans  la  capitale; 
il  rangea  ses  soixante  religieux  sur  deux  colonnes,  se  mit  à  leur  tête,  et  vint  ainsi 
avec  eux  en  procession  jusqu'à  Vincennes,  où  ils  arrivèrent  le  9  juillet  1587'^'.  Le 
roi  les  y  attendait,  et  il  les  hébergea  dans  le  château,  car  le  monastère  qu'il  leur 
destinait  n'était  pas  encore  terminé  Il  fut  prêt  le  8  septembre.  Il  était  situé 
rue  Saint-Honoré,  à  la  hauteur  de  la  place  Vendôme  actuelle.  Limité  à  l'ouest 
par  le  grand  couvent  des  Capucins,  il  s'étendait  jusqu'à  la  partie  du  jardin  des 
Tuileries  qui  porte  encore  aujourd'hui  le  nom  de  terrasse  des  Feuillants. 

Les  Constitutions  de  cet  Ordre  se  préoccupaient  assez  peu  d'inspirei-  aux  reli- 
gieux l'amour  et  le  respect  des  livres;  le  seul  article  qui  soit  relatif  à  la  biblio- 
thèque est  conçu  en  ces  termes  :  frEn  chaque  monastère  soit  faict  inventaire 
ff  de  tous  les  livres  qui  y  sont,  et  soit  escrit  le  nom  du  monastère  en  la  première 
rrpage  de  chaque  livre  ^^'.•i  La  maison  de  Paris  eut  cependant  de  bonne  heure  une 
petite  bibliothèque,  car  nous  lisons  dans  une  chronique  manuscrite  du  couvent 

"'  Lestoile,  Journal  du  règne  de  Henri  III ,  ''''  Les  Constitutions  de  la  con;>rê!>-alion  de  Nostre 

9  juillet  1587.  Dame  de  Feiiillent  de  l'ordre  de  Cileuii  r.  Bibliothèque 

J.  Dubreiil,  Théâtre  des  antiquités  de  Paris,  Mazarine  ,  manuscrits,  11"  2/122 ,  chapitre  xxxii . 

p-  Cg/i-  p.  118. 

II.  36 


282  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

(lu'eii  1619  un  couvent  de  Feuillants  ayant  été  fondé  à  Tours,  les  religieux  de  la 
rue  Saint-Honoré  donnèrent  à  leurs  nouveaux  confrères  des  chandeliers,  des 
ornements  d'autel,  des  croix  et  rr quelques  livres '''.n 

Vingt  ans  après,  le  P.  Jacob  citait  avec  éloge  la  bibliothèque  des  Feuillants  et 
la  déclarait  cr  très-jolie  t«  Elle  devait  alors  ses  principales  richesses  à  un  béné- 
dictin'^', appelé  Jacques  le  Bossu,  d'abord  précepteur  du  cardinal  Henri  de  Guise, 
et  qui  pendant  la  Ligue  s'était  fait  une  certaine  réputation  comme  prédicateur.  11 
njoui'ut  à  Rome  le  7  juin  1626,  et  laissa  par  testament  à  son  ami  D.  Sans  de 
Sainte-Catherine,  religieux  feuillant,  tous  ses  livres,  ainsi  (ju'un  grand  nombre 
de  pièces  manuscrites  fort  curieuses'''';  on  y  remarquait  entre  autres  trois 
volumes  in-quarto  renfermant  le  récit  complet  de  ce  qui  s'était  passé  dans  la 
congrégation  de  Aiixilus,  à  laquelle  le  P.  le  Bossu  avait  assisté  par  ordre  de 
Clément  VII 

En  1  652  ,  une  nouvelle  donation  vint  (inrichir  cette  bibliothèque  d'ouvrages  qui 
se  rencontraient  assez  rarement  dans  les  couvents.  Un  ministre  protestant,  nommé 
(le  Vassan,  se  convertit  au  catholicisme  et  entra  chez  les  Feuillants,  où  il  prit  le 
nom  de  Jean  de  Saint-Paul '°';  il  apportait  à  la  communauté  une  bibliotlièque 
assez  nombreuse  et  presque  exclusivement  composée  de  livres  hétérodoxes'"'.  Ces 
ouvrages,  qu'on  ne  voulut  pas  laisser  à  la  portée  de  tous  les  religieux,  furent 
placés  dans  l'intérieur  même  des  colonnes  corinthiennes  qui  ornaient  la  biblio- 
thèque'^'. Elles  tenaient  une  place  immense  qu'on  eut  l'idée  d'utiliser:  on  les 
ouvrit,  et  elles  furent  ainsi  transformées  en  autant  d'armoires,  où  se  cachèrent 
ff])lus  de  mille  volumes,  qui  sont,  dit  Sauvai,  le  caractère  de  cette  biblio- 
tr  thèque  ■''.  n  Dans  la  suite,  tous  ces  livres  allèrent  remplir  un  petit  grenier  que 
l'on  désigna  sous  le  nom  de  VEnfer^^^'.  D'autres  ministres  apostats  ont-ils  contri- 
bué à  enrichir  cette  collection?  Deux  passages  de  Sauvai'"'  et  une  ligne  de  Piga- 
niol  de  la  Force''-'  permettent  de  le  supposer;  mais  nous  avons  vainement  cher- 
ché des  renseignements  positifs  à  cet  égai'd. 

Nous  ne  pouvons  non  plus  lixer  exactement  la  date  d'une  autre  donation  dont 


Chroniques  du  Monastère  Boi'al  de  Saint  Bernard 
des  Fucillans ,  ordre  de  Cisteau.v ,  situé  à  Paris  à  la 
rue  de  Saint-llonnré.  Bibliothèque  Mnzariiie,  nia- 
niiscrits,  ii"  17^9,  p-  5i- 

[i.  Jacob,  Traielé  des  plus  belles  liihliolhèiiues , 
p.  .^09. 

I.eprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  356. 

Pig-aniol  de  la  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t.  II,  p.  ^7-2. 

Millin,  Antiquités  liât,  de  la  France,  t.  1,  p.  68. 

Eiig.  et  Em.  Haag,  La  France  protestante, 
I.  I\.  p.  A5i. 


Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  oSG. 

Sauvai,  Histoire  et  recherches  des  antiquités  de 
Paris,  t.  111,  p.  0-2. 

Sauvai ,  Histoire  et  recherches  des  antiquités  de 
Paris,  t.  I,  p.  485. 

Piganiol  de  la  Force.  Description  historique 
de  Paris,  t.  II,  p.  47-2. 

'"'  Sauvai.  Histoire  et  recherches  des  antiquités 
de  Paris,  t.  I,  p.  /i85,  et  t.  IIL  p.  5-3. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  Il ,  p.  '179,. 


FEUILLANTS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORE.  283 

le  soiivcuii'  a  été  conservé  sur  un  grand  nombre  de  volumes  parcelle  inscription  : 
ff  Munificenlia  Viri  Clarissimi  D,  Mare  de  la  Ferlé.  Orale  pro  eo.-n 

La  bibliolliôque  des  Feuillants  avait  pour  bibliothécaire  en  tG()7  le  R.  P.  doni 
Jean  de  Saint-Anselme,  ctsçavant  personnage  dans  la  connoissance  des  bons 
fr  livres*''.  11  Elle  était  installée  dans  une  salle  fort  petite,  mais  bien  décorée.  On  nous 
la  représente  comme  entourée  cUénormes  pilastres  corinthiens  ce  d'une  assez  belle 
rc menuiserie *-',n  rr rehaussée  et  éclaircie,  ajoute  Sauvai,  d'une  certaine  couleui- 
rr bronzée,  et  réveillée  de  je  ne  sai  quelle  verdure  qui  fait  un  assés  bon  eiïet, 
quoique  l'invention  n'en  soit  pas  bien  rare  n  Au-dessus  des  armoires,  on  voyait 
les  portraits  de  tous  les  généraux  de  la  congrégation  depuis  Jean  de  la  Barrière 
et  la  porte  d'entrée  était  surmontée  d'un  fort  beau  bas-relief  exécuté  par  Jean 
Goujon  f^'. 

Les  augmentations  successives  que  reçut  celle  bibliothèque  obligèrent  les  reli- 
gieux à  joindre  à  la  galerie  principale  plusieurs  petits  cabinets.  Suivant  Thiéry, 
elle  aurait  renfermé  au  moment  de  la  Révolution  vingt-quatre  mille  volumes'*^'; 
cependant,  lors  de  l'inventaire  qui  fut  fait  dans  les  dépôts  littéraires,  on  en  trouva 
seulement  i6,5o/i'''l  II  est  vrai  cju'un  peu  plus  tard,  le  96  thermidor  an  ni, 
Langiez,  conservateur  du  dépôt  des  Capucins  Saint-Honoré,  reconnut  avoir  reçu 
vingt  mille  volumes  provenant  des  Feuillants*^'.  On  cite  parmi  les  plus  curieux 
une  traduction  de  quarante-quatre  sermons  de  saint  Bernard,  écrite  au  xn°  siècle, 
et,  par  conséquent,  précieuse  pour  l'histoire  des  variations  de  la  langue  fran- 
çaise*"^; ce  volume  avait  été  donné  à  Jean  Goulu,  général  de  l'Ordre,  par  Nicolas 
Lefèvre,  le  précepteur  de  Louis  XIII.  En  tete  des  volumes  imprimés  figurait  la 
collection  d'ouvrages  hétérodoxes  dont  nous  avons  parlé,  et  le  célèbre  Catholicon 
de  1/160*"^',  qui  passa  longtemps  pour  le  troisième  spécimen  de  la  typographie 
naissante 

Hœnel  *'^'  mentionne  un  ancien  catalogue  de  cette  maison  qui  était  conservé  <à  la 
bibliothèque  de  l'Arsenal  sous  le  n"  8/12,  et  que  nous  n'avons  pu  retrouver.  La 


Chroniques  du  Monastère  noialde  Saint  Bernard 
des  Fueillans,  etc.  Bibliothèque  Mazarine,  manus- 
crits, n°  17^9,  p.  179. 

^'  Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Rot,  p.  356. 

Sauvai ,  Histoire  et  recherches  des  antiquités  de 
Paris,  1. 1,  p.  /i85. 

Nénieitz,  Le  séjour  de  Paris  ou  instructions 
curieuses,  etc.  t.  IL  p.  611.  —  G.  Brice,  Nouvelle 
description  de  Paris,  1.  1,  p-  28^1. 

Millin  l'a  reproduit  dans  ses  Antiquités  natio- 
nales, t.  I ,  p.  62  et  69. 

Tliiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étramjers 
voyageurs  à  Paris,  t.  L  p-  119. 


Recensement  détaillé  des  livres  des  bibliothèques 
du  département  de  Paris.  Archives  de  l'Empire ,  sé- 
rie M ,  carton  n°  797. 

"  Voyez  le  rapport  de  Langiez ,  aux  Archives  de 
l'Empire,  série  F",  carton  n"  i2o3. 

Voyez  Mabiilon,  Sancti  Bemardi  opéra ,  prœ- 

l'atio. 

Stmma  quœvocatur  Catholicon,  édita  a  Joanne 
de  Janua. 

' A.  Cheviilier,  Origine  de  l'imprimerie  de  Paris, 
p.  1 4  et  1 5. 

Catalogi  Ubrorum  manuscriptorum  qui  in  bibllo- 
thecis  Gallia',  etc.  asservantur. 


36. 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

bibliothèque  Mazarine  en  possède  un  autre,  écrit  avec  beaucoup  de  soin,  et  qui 
forme  trois  volumes  in-fob'o.  Il  a  été  rédigé  en  17/16  et  a  pour  titre 

DIBLIOTHECA 
FULIENTINA 
seu 

Catalogus  Librorum  Diblio- 
thecœ  Monasterij  Regalis  Sancti 
Bernardi  Parisiensis  Ord.  Cisterc. 
Congregationis  B.  Mariœ  Fuhensis. 
Pansus. 

MDCCXLVI. 

Le  premier  volume  est  précédé  d'un  Avertissement  qui  offre  assez  peu  d'intérêt. 
L'auteur  expose  d'abord  le  plan  qu'il  a  suivi;  il  s'occupe  ensuite  des  difficultés 
que  présente  le  classement  des  ouvrages  suivant  l'ordre  des  matières,  et  déclare 
que,  pour  remédier  aux  erreurs  qu'd  doit  avoir  commises,  il  a  joint  au  dernier 
volume  une  table  détaillée  par  noms  d'auteurs;  il  nous  apprend  enfin  que  ce 
catalogue  lui  a  coûté  trois  années  de  travail  :  crFelices,  utinam!  si  triennus  labor 
rr  fratribus  nostris  acceptus  utilisque  esse  possit  !  n 

On  trouve  la  liste  de  quelques  manuscrits  provenant  de  cette  bibliothèque  dans 
un  volume  de  la  bibliothèque  de  l'Arsenal  inscrit  sous  le  n°  889  F,  et  dans  le 
catalogue  spécial  de  ceux  qui  sont  entrés  en  1796  à  la  Bibliothèque  nationale; 
ce  dernier  renferme  63  numéros,  qui  représentent  cent  volumes  environ. 

Nous  reproduisons  ici  la  grande  marque  que  les  Feuillants  faisaient  apposer 
sur  les  plats  de  leurs  volumes  : 


Bibliothèque  Mazarine,  niamiscrils.  11°'  3i5/i  à  3i5G. 


FEUILLANTS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORÉ.  i>85 
On  la  rencontre  quelquefois  un  peu  niodiliée  dans  les  détails,  la  couronne  de- 
pines,  par  exemple,  placée  antonr  du  cœur  : 


Les  religieux  avaient  en  outre  une  petite  estampille  destinée  à  l'intérieur  des 
volumes , 


elle  portait  une  S  et  un  /?  entrelacés ,  avec  ces  mots  en  exergue  :  FEUILLANS  DE 
PARIS. 

Les  inscriptions  manuscrites  ordonnées  par  le  chapitre  xxxu  des  Conslittilions 
(le  l'Ordre  sont  très-variées.  Voici  les  plus  fréquentes  : 

EX  BIBLIOTHECA  FULIENSIUM  PARISIENSIUM. 
EX  BIBLIOTHECA  MONASTERII  SANCTI  BEBNARDI  PARISIENSIS. 
EX  BIBLIOTHECA  FULLIENTINORUM  PARISIENSIUM  SANCTI  BERNARDL 
EX.  BIBL.  S.  BERN.  FUL.  PAR. 
EX  BIBLIOTHECA  COENOBII  D.  BEBNARDI  PARIS.  CONG.  B.  MARI^  FULIENSIS. 
EX  BIBLIOTHECA  MONACHORUM  FULIENSIUM  COENOBII  PARISIENSIS  SANCTI  BERNARD!. 
EX  BIBLIOTHECA  FULLIENTINA  MONASTEBII  SANBERNARDI  PARISIENSIS. 
EGO  SUM  MON.iSTERII  BEBNARDI  FULLIENTINORUM. 

Le  dernier  bibliothécaire  des  Feuillants  fut  le  R.  P.  dom  Vata"'. 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers  voyageurs  à  Paris,  t.  I,  p.  i  ly. 


286  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Ce  couvent  lut  siippi-imé  en  1790,  et,  aussitôt  que  l  Asseniblée  Constituante 
eul  abandonné  l'AiTlievêché  pour  se  transportei'  aux  Tuileries,  elle  installa  une 
partie  de  ses  bureaux  au  sein  du  monastère.  Le  prieur  s'en  plaint  énergique- 
nient  dans  la  Déclaration  qu'd  dut  présenter  à  la  municipalité  :  rrOn  ne  peut, 
tf dit-il,  donnei'  aucun  détail  des  llvies  (jui  lornHMit  la  bibliotèque,  vue  que  le 
te  vaisseau  qui  renferme  la  ditte  bibliotèque  est  actuellement  occupé  par  l'Assem- 
tcblée  nationale  qui  y  a  établi  ses  arcliives;  ce  qui  a  mis  dans  l'impossibilité  de 
refaire  aucun  travail  (jui  ])ût  dotmer  l'idée  des  volumes  qui  conr|)osent  la  ditte 
rr bibliotèque 11  Peu  de  temps  après,  ce  couvent  servit  encore  d'asile  à  une  réu- 
nion politique  qui  devint  célèbre  sous  le  nom  de  Club  des  Feuillanls. 

Toutes  les  constructions  dépendant  de  ce  monastère  ont  été  abattues  en  iSoli 
pour  faire  place  à  la  rue  de  Rivoli  et  à  la  rue  Castiglione. 

Déclaration  que  donne  le  prieur  du  monastère  biliers  et  immobiliers ,  etc.  Archives  de  l  Empire 
royal  de  Saint-Bernard  des  Fevillans,  des  biens  mo-       se'rieS,  carton  n  "  Ai6(i. 


Fac-simile  heliographiqus 


?lan  de  Lacaille  (  1714  }. 


PÉNITENTS  DE  PICPUS. 


Les  nombreuses  fondations  d'ordres  monastiques  émanées  de  François  d'Assise 
ont  formé  trois  branches  :  la  première  comprend  les  Gordeliers,  les  Capucins  et 
les  Récollets;  la  deuxième,  les  Filles  de  sainte  Claire;  la  troisième,  les  religieux  qui 
s'appelaient  eux-mêmes  Pénitents  du  troisième  ou  du  tiers  ordre  de  Saint-Fran- 
çois, rrfratres  tertii  ordinis  Sancti  Francisci  de  Pœnilentia.  n  Ces  derniers  possé- 
daient déjà  quelques  couvents  en  France,  quand,  vers  i  600,  ils  vinrent  s'installer 
rr  au  boui-g  nommé  Piquepuce  lez  Pai-is  hors  la  porte  Sainct  Antoine  n  Ils  n  eureiil 
d'abord  qu'un  monastère  fort  humble  et  une  petite  chapelle  dédiée  à  Notre- 
l)ame-de-Grâce;  mais  tous  leurs  bâtiments  furent  reconstruits  veis  1611. 

Ce  couvent  dut  sa  bibliothèque  au  cardinal  Duperron.  On  sait  que  ce  prélat, 
qui  fut  un  des  plus  ardents  protecteurs  du  Collège  de  France'-',  aimait  et  culti- 
vait les  lettres.  Sur  la  lin  de  sa  vie,  il  se  retira  au  village  de  Bagnolet,  et  s'y  livra 
tout  entier  à  l'étude;  il  avait  là  une  maison  délicieuse,  une  cr belle  bibliothèque  t 
et  même  une  imprimerie.  Antoine  Leclerc  de  Laforet,  ami  du  cardinal,  et  l'un 
de  ses  soutiens  lors  de  la  fameuse  conférence  de  Fontainebleau,  le  décida  à  léguer 
cette  collection  presque  tout  entière  aux  religieux  de  Picpus  Ce  legs  leur  fut 
délivré  en  1    1  9. 

La  RÈGLE  des  Pénitents  de  Saint-François  avait  déjà  très-sagement  prévu  l'or- 

J.  Dnbreul.  Théâtre  des  anti(]uitez  de  Paris,  L.  Jacol),  Traictc  des  plus  belles  bihllothèt/iies, 

|).  J069.  [).  .Ï7/1. 

Pe]\eliev  Jltstoirenhré'jée  lin  ritr(lin(il Duperron  ,  Burigiiv,  Vie  du  cardinal  Dvperron ,  p.  36H. 


288  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

ganisation  des  bibliothèques  dans  les  monastères  de  l'Ordre;  le  chapitre  xxiv 
énumère  ainsi  les  prescriptions  imposées  au  bibliothécaire  et  aux  religieux^''  : 

ff  Les  supérieurs  veilleront  à  ce  que  dans  chaque  couvent  il  y  ait  un  certain 
ff  nombre  de  volumes,  afin  de  faciliter  autant  que  possible  la  tâche  desprédica- 
rrteurs  et  des  religieux  qui  se  livrent  à  l'étude. 

cf  Cependant  (notre  vœu  de  pauvreté  l'exige)  nous  voulons  qu'aucun  religieux 
rrne  conserve  des  livres  d'une  manière  permanente,  dès  que  ses  travaux  ne 
fr  l'exigent  plus. 

rr  Chaque  monastère  aura,  dans  un  endroit  bien  disposé,  une  bibliothèque 
rc commune,  à  serrure  solide,  et  dans  laquelle  seront  déposés  les  livres.  La  clef 
cr  sera  confiée  à  un  prêtre  ou  à  un  clerc  profès  désigné  par  le  supérieur  du  cou- 
re vent,  et  nul  ne  prendra  de  livres  à  son  insu. 

rrPour  prévenir  toute  disparition,  on  ne  laissera  emporter  aucun  volume  lioi-s 
rrdu  monastère  aux  étrangers,  même  religieux,  même  prêtres  séculiers.  Si  quel- 
rrque  bienfaiteur  a  donné  un  livre  ou  tout  autre  objet  à  un  couvent  déterminé, 
rravec  le  désir  qu'il  y  soit  conservé,  il  ne  sera  jamais  permis  de  le  transporter 
rrdans  un  autre,  atin  que  la  volonté  des  bienfaiteurs  soit  respectée. 

et  Quant  à  ceux  de  nos  frères  qui  voudront  emprunter  un  volume  à  la  biblio- 
rrthèque,  ils  écriront  sur  un  registre  spécial  leur  nom  et  le  titre  de  l'ouvrage,  de 
tf  cette  manière  :  et  Frère  N.  .  .  a  pris  tel  volume  le.  .  .  n 

ttLe  bibliothécaire  dressera  un  double  inventaire;  il  déposera  l'un  dans  les  ar- 


rr Curent  prœterea  Siiperiores  ut  in  nnoqno- 
ffque  conventu  aliquis  liljroniiii  nunierus  sit,  ut 
(fPrsedicatorum  et  eoruni  qui  studiis  dant  operani 
ffcommodo  oportunius  prospectuni  sit. 

fflnterea  vero  (quia  id  paupertatis  status  exigit) 
trnulios  apud  se  perpetuo  tempore  libres  quempiani 
ffhabere  volumus,  sed  ad  necessitatis  exigentiani 
rrdumlaxat. 

rrin  opportune  cujuscurnque  conventus  loco  erit 
rrbibliotheca  communis,  sera  obfirmata,  in  (jua 
rrlibri  reponentur;  cujus  clavem  sacerdos  vel  cie- 
rfricus  professus  pênes  se  babebit,  nominatus  a  Su- 
ffperiore  locali;  in  qua  nuUus,  eo  inscio,  iibruni 
(f  accipiet. 

ffNulli  extraneo,  etiam  reHgioso,  vel  sacerdoli 
rrseculari,concedetur liber  ullus extra  monasterium 
irasportandus,  nelibri  perdantur.  Si  quis  autem  bf- 
rfuefactor  conventui  parliculori  librum  vel  (piid 
fraliud  dederit,  ea  intentione  ut  ibi  remaneat,  luiin- 
rrquam  liccbitaliodifferre,  ne  benefactorum  inlentio 
tffraudetur. 

ffFratres  vero  nostri,  quibus  opus  erit  libros  a 
tfbibliotbeca  educere,  nomen  libri  et  suuni  scri- 


«•bent  in  libro  ad  boc  deputato,  bec  modo  :  Frater 
rrN. . .  talc'in  librum  sunipsit  die  N. . .  mensis  N. . . 

ffEt  qui  bibliothecœ  curam  babet,  faciet  duo 
fflibrorum  invenlaria;  quoiuni  unum  in  archivio 
rrerit.  alterum  liabebit  pênes  se,  quibus  addet  li- 
re bros  recenter  dates  vel  emptos. 

frQuando  vero  fratres  ibunl  de  une  conventu 
rrin  aliurn,  nulluni  portabunt  librum,  nec  etiaiu 
rrmanu  propria  scriptum,  sine  Superioris  licentia. 
rrld  quod  etiam  intelligimus  de  omnibus  alicujus 
rrmomenti  rébus. 

ffNullus  scribet  nomen  vel  cognomen  in  aliquo 
fr  libro  etiam  manuscripto;  sed  solum  scribelur  no- 
trmen  conventus  aut  provincife  cui  liber  datus  est, 
ffcum  nomine  danlis,  et  lioc  ab  ille  qui  babet  cu- 
ffram  librorimi. 

rrOplauuis  insuper  bonestam  paupertatem  in 
r'omnibus  rébus  noslro  usui  deputatis  parère,  ila 
rrut  Missalia,  Breviaria,  I^salteria  et  alia  ejusmodi 
rrnullo  modo  sint  deaurata.« 

[Slatiitii ,  comlitutiones  et  décréta generaliii  coiifim- 
gationis  Gallicanœ  fratrum  et  sororum  Tertii  ordi/iis 
S.  Francisci  de  Pœiiitenlia  ntincnpati,  c.  wiv.  p.  ^.'j.) 


PÉNITKNTS  DK  PICPLIS.  289 

ffcliivos  (lu  coiivenl ,  ot  conservera  le  second;  il  aura  soin  d'y  inscrire  les  livres 
fc nouveaux  au  fur  el  à  mesure  des  dons  ou  des  achats. 

r  Quand  les  frères  passeront  d'un  couvent  dans  un  autre,  ils  ne  pouiionl,  sans 
fr l'autorisation  du  supéi-ieur,  emporter  aucun  volume,  l'ùt-il  même  écrit  par  eux. 
fr  Cette  règle  s'appliijuera  à  tous  les  objets  de  quelque  valeur. 

fcQue  personne  n'écrive  son  nom  sur  les  volumes  même  manuscrits.  Le  biblio- 
rrthécaire  y  inscrira  seulement  le  nom  du  couvent  ou  de  la  province  à  (jui  le 
rr livre  a  été  donné,  ainsi  que  le  nom  du  donateur. 

fr  Adoptons  une  décente  pauvreté  pour  toutes  les  choses  qui  sont  à  notre 
fc usage;  ([u'il  n'y  ait  donc  aucune  dorure  sur  nos  missels,  nos  bréviaires,  nos 
cr  psautiers,  et  autres  livres  du  même  genre,  r 

La  bibliothèque  des  religieux  de  Picpus  s'accrut  peu  à  peu,  par  suite  de  dona- 
tions et  de  legs.  Le  P.  Jérôme  Hélyot,  oncle  du  savant  auteur  de  V Histoire  den 
ordres  monasiiqiies ,  abandonna  sa  position  de  chanoine  du  Saint-Sépulcre  pour 
entrer  à  Picpus,  et  donna  à  son  nouveau  couvent  un  certain  nombre  d'ouvrages 
qu'il  avait  réunis  pour  son  usage  personnel  Ces  livres  reçurent  des  inscriptions 
très-variées;  c'est  ainsi  qu'on  lit  sur  quelques  volumes  :  trEx  dono  nobilis  viri 
rcD.  D.  Mieronymi  Heliot,  Parisini,  Sancti  Sepulchri  ejusdem  civitatis  canonici,  et 
rpostea  hujusce  conventus  de  Picpus; n  et  sur  d'autres  :  trEx  dono  D.  D.  Hiero- 
rr  nymi  Helyot,  Parisini,  possidet  conv.  Sanctae  Mariae  de  Gratia  ad  Lutetiam,  vulgo 
rr  Picpus,  FF.  Pœnit  T"  ord"  S''  Franc",  n  Nous  avons  très-peu  de  détails  sur  les 
libéralités  de  la  même  nature  qui  succédèrent  à  celle-ci;  la  plupart  ne  nous  sont 
connues  que  par  des  inscriptions  fort  laconiques  : 

EX  DONO  D.  D.  GARANGER,  m2. 
PAR  PRESENT  DE  l\r  DE  RHODE. 
EX  DONO  D.  ANDRE/E  DORMY. 

Le  libraire  Coignard  laissa  aussi  au  couvent  plusieurs  volumes  et  une  belle 
collection  de  classiques  dits  ad  nsiim  DeJphini^-\ 
Michel  de  Marolles  écrivait  en  1G7G  : 

La  Picquepuce  est  belle    .  .  . 


Cinquante  ans  plus  tard,  Germain  Brice  la  déclarait  rr  assez  nombreuse  et  assez 
r-bien  assortie W;n  enfin  un  Guide  imprimé  en  1787  nous  la  présente  avec  raison 

Piganiol  do  la  Force,  Description  Imtorirjne  Micli.  de  Marolles,  Paris  ou  description  suc- 

de  Paris,  t.  V,  p.  96.  cincie  de  cette  grande  ville ,  p.  k'j. 

Journal  des  Savants ,  année  1782,  numéro  de  G.  Brice,  Nouvelle  description  de  Paris,  t.  II, 

décembre.  p.  266. 


290  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

comme  cr  considérable  n  puisqu'au  moment  de  la  Révolution  elle  renfermait  en- 
viron douze  mille  volumes 

Le  catalogue  en  avait  été  dressé  avec  beaucoup  de  soin  en  1756.  C'est  un 
volume  in-folio  qui  a  pour  titre  : 

CATALOGUE  ALPHA- 
BETIQUE, OU  DICTIONNAI- 
RE TYPOGRAPHIQUE  DE 
LA  BIBLIOTHEQUE  DU 
COUVENT  DE  NOTRE  DAME 
DE  GRACE 
SUIVANT  LE  NOM  DES  AUTHEURS 
ET  LE  TITRE  DES  MATIERES 

Au-dessous  on  lit  cette  épigraphe  :  rrLabia  enim  sacerdotis  custodiant  scien- 
rrtiam,  et  legem  requirant  ex  ore  ejus. n  Puis  la  date  :  cr  Anno  Domini  i-yBG.n  A 
la  suite  se  trouve  le  Systema  bibliographicum  Bibliolhecœ  Regii  Conventus  Sanctœ 
Mariœ  de  Gratia,  in  très  partes  distributum.  Enfin  on  a  collé  au  verso  de  la  cou- 
verture une  feuille  de  papier  sur  laquelle  on  lit  :  Catalogue  des  livres  légués  à 
cette  maison  de  Picpus  par  Mademoiselle  de  Lorme  en  l'année  ij8à;  cette  libéralité 
comprenait  cent  vingt  et  un  volumes.  Au  bas  du  vingt-quatrième  feuillet,  on  lit 
ces  mots  : 

Nous,  officiers  municipaux  de  la  ville  de  Paris,  après  avoir  examiné  la  bibliotèque  des 
RR.  PP.  religieux  de  cette  maison,  avons  laissé  le  catalogue  en  leur  garde,  quoique  le  biblio- 
thécaire nous  aye  observé  que  plusieurs  de  ces  livres  ont  été  échangés  ou  égarés. 

A  Paris,  ce  3  mai  1790. 

Lejeune,  Desmousseaux, 
officier  municipal.  ojjicier  municipal. 

Le  dernier  bibliothécaire  de  Picpus  se  nommait  Roisin**'. 

Ce  couvent  possédait  en  outre  une  assez  précieuse  collection  de  médailles.  Le 
fonds  primitif,  composé  de  onze  cents  pièces,  avait  été  recueilli  à  Rome  et  donné 
ensuite  au  monastère  par  le  P.  Agathon  Ghirol,  procureur  général  de  l'ordre. 
Ces  renseignements  nous  sont  fournis  par  un  Avertissement'^^''  placé  en  tête  du 


Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers , 
t.  I,  p.  633. 

Etat  général  des  livres  des  maisons  ecclésias- 
tiques et  religieuses  du  département  de  Paris.  Ar- 
chives de  l'Empire,  série  M,  carton  n°  797. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  32  34. 

Procès-verbal  d'apposition  des  scellés  sur  la  bi- 


bliothèque des  frères  pénitents  de  Picpus.  Archives 
de  l'Empire,  série  S,  carton  n°  i337. 

ffNec  vero  in  grati  animi  monumeutum  hic 
r  oniittendum  ducinius  hos  numnios  ad  numerum  us- 
rf  que  mille  et  centum ....  Romœ  fuisse  coliectos  cu- 
rrris,  studiis et  expensis R*' patris  Agathonis  Ghirol, 
rrnostrae  provinciae  sacerdotis,  olim  in  curia  procu- 


PÉNITENTS  DE  PICPUS.  291 
catalogue  de  cette  collection  :  Catalogns  niimmorim  antiquorum  bibliothecœ  conventus 

PicpUS.  M.  V.  ce.  AJAV^^K 

Les  volumes  provenant  de  cette  maison  ne  portent  pas  de  marque  spéciale, 
mais  on  rencontre  assez  souvent  ces  mots  : 


CON.  S  . 
DE.GR/r- 


IVappés  en  or  sur  le  dos  des  volumes  in-folio. 

Les  inscriptions  sont  très-variées;  voici  les  plus  employées  : 

CONVENTUS  S"-  MARIEE  DE  GRATIA,  VULGO  PICPUS. 
EX  LIBRIS  BIBLIOTHECM  CONVENTUS  DE  PICPUS. 

CONVENTUS  S'^  MARIyE  DE  GRATIA  FF.  PjENITENTIUM  TERTII  ORDINIS 
SANCTI  FRANCISCI  AD  LUTETIAM. 

DU  CONVENT  DE  NOSTRE  DAME  DE  GRACE  A  PICPUCE  LES  PARIS. 

CONVENT  DES  RELIGIEUX  PÉNITENTS  DU  3'  ORDRE  DE  S.  FRANÇOIS 

A  PICPUS  LEZ  PARIS. 

AUX  RELIGIEUX  PÉNITENS  DU  COUVENT  DE  PICPUS. 

Quelques-unes  sont  en  italien  : 

DEL  CONVENTO  DI  NOSTRA  SIGNORA  DI  GRATIA  IN  VILLA  DE  PICPUS. 
RELIGIOSIS  DELL'  CONVENTO  DE  PICPUS. 

Le  monastère  de  Picpus,  supprimé  en  1790,  devint  propriété  particulière,  et 
fut  longtemps  occupé  par  un  pensionnat  de  jeunes  fdles.  C'est  aujourd'hui  l'Ora- 
toire de  Picpus,  avec  le  séminaire  du  même  nom  et  deux  couvents  de  femmes, 
occupant  tout  l'emplacement  compris  entre  l'avenue  de  Saint-Mandé  et  la  rue  de 
Picpus. 


rrratoris  nostri  generalis,  postmodum  cardinalis 
frOlthoboni  theologi,  viri  vere  religiosi,  ac  in  re 
rrnummaria  piurimum  versali;  qui,  anno  lySS, 
tin  conventu  S"  Mariœ  Miraculorum,  de  Urbe  re- 


ffcedens,  cum  noslro  permissu  reliquit  hos  nuiii- 
frnios  bibliothecœ  conventus  nostri  regii  Parisiensis, 
rfvulgo  Picpus,  destinâtes.») 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n"  j  9 1 1 . 


37. 


FRÈRES  DE  LA  CHARITÉ. 


L  ordro  de  la  Charité  lïit  institué  à  Grenade  par  saint  Jeaii-de-Dieu.  En  iGo-i , 
Marie  de  Médicis  appela  à  Paris  cinq  irères  de  cette  congrégation,  et  les  installa 
dans  la  rue  Bonaparte  actuelle,  alors  nommée  rue  de  la  Petite-Seine et  devenue 
plus  tard  la  rue  des  Petits-Augustins.  Marguerite  de  Valois,  ayant  eu  besoin  de 
l'emplacement  qu'occupaient  les  frères  de  la  Charité,  le  leur  acheta  en  1606,  et 
ils  allèrent  s'établir  près  de  là,  aux  environs  d'une  petite  chapelle  dédiée  à  saint 
Pierre.  Celle-ci  avait  donné  son  nom  à  la  rue  où  elle  était  située '"^^  qui  était  déjà 
appelée  pai-  corruption  rue  des  Saints-Pères.  Le  plan  de  Mérian ,  dressé  vers  1 6 1  5  , 


Jaillot,  Recherches  sur  Paris,  quartier  Saint-  Piganiol  de  la  Force,  Descrijniim  lii.siori//iie 

Germain-des-Prés,  p.  5.  de  Paris,  t.  VIII,  p.  siSg. 


294  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

indique  à  la  fois  la  situation  de  la  chapelle  et  du  second  domicile  des  frères  de  la 
Charité. 

Les  religieux  acquirent,  en  i638,  des  terrains  dépendant  de  l'abbaye  de  Sainl- 
Germain-des-Prés ,  y  firent  construire  de  vastes  bâtiments  auprès  de  la  chapelle , 
qui  venait  elle-même  d'être  agrandie,  et  s'installèrent  à  l'endroit  qu'occupe  encore 
aujourd'hui  l'hôpital  de  la  Charité. 

Leur  règle  leur  imposait  le  devoir  de  soigner  les  malades,  et,  dès  1776,  leur 
maison  renfermait  près  de  deux  cents  lits. 

Ils  y  avaient  aussi  une  pharmacie,  un  jardin  botanique,  un  très-riche  cabinet 
d'histoire  naturelle,  des  médailles,  et,  dit  Thiéry,  rr quelques  livres,  tels  que  les 
cr ouvrages  de  M.  de  Bufîon  et  la  nouvelle  édition  de  l'Encyclopédie'''. n 

Les  Constitutions  de  l'ordre  ne  mentionnent  cependant  que  deux  fois  cette  biblio- 
thèque :  le  chapitre  xi,  qui  traite  de  YEducation  des  novices,  renferme  ces  lignes  : 
rrOn  leur  montrera  à  conserver  soigneusement  les  livres,  les  vestemens  et  autres 
rrustenciles  de  la  maison  ;n  et  le  chapitre  xiv,  consacré  aux  Cellules  des  religieux, 
défend  à  ceux-ci  d'y  conserver  a  des  livres  profanes  ou  deshonestes  ('^l  n 

Le  catalogue  de  la  petite  collection  des  frères  de  la  Charité  fut  dressé  en  1790; 
il  est  conservé  aux  Archives  de  l'Empire  sous  ce  titre  :  Inventaire  des  livres  provenant 
de  la  Maison  dite  ci-devant  de  la  Charité,  aujourd'hui  hospice  de  l'Unité,  rue  des  Pères, 
livrés  par  le  citoyen  Massinot,  gardien  desdits  livres  On  n'y  compte  que  quatre- 
vingt-six  volumes,  qui  ne  portaient  aucune  estampille  intérieure;  mais,  à  en  juger 
par  ceux  que  nous  avons  retrouvés,  les  inscriptions  manuscrites  y  étaient  très- 
fréquentes  et  très-détaillées  : 

DE  LA  BIBLIOTEQUE  DES  RELIGIEUX  DE  LA  CHARITÉ  DE  PARIS, 
DE  L'ORDRE  DE  SAINT  JEAN  DE  DIEU.  CHARITAS. 

CE  MANUSCRIPT  EST  DE  LA  BIBLIOTEQUE  DES  RELIGIEUX  DE  LA  CHARITÉ, 

CHARITAS. 

EX  BIBLIOTHECA  CONVENTUS  ET  NOSOCOMII 
REGALIS  S"  JOANNIS  BAPTISTE  BELIGIOSORUM  PARISIENSIUM 

A  CHAUITATE  NUNCUPATORUM, 
ORDINIS  S"  JOANNIS  DE  DEO,  SUR  REGULA  SANCTI  AUGUSTINI. 

Les  frères  de  la  Charité  possédaient  en  outre  une  marque  qui  a  beaucoup  de 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers  de  l'ordre  du  R.  Jean  de  Dieu,  etc.  p.  58  et  72. 
voyageurs  à  Paris  (1787),  t.  II,  p.  626.  Archives  de  l'Empire,  série  F  carton 

Les  Constitutions  des  religieux  de  la  Charité      11 9^1,  pièce  n°  121. 


FRÈRES  DE  LA  CHARITÉ.  295 

rapport  avec  celle  des  Minimes,  mais  qu'on  ne  rencontre  que  sur  un  fort  petit 
ii()ml)i'{'  (](»  volumes  : 


Les  religieux  de  Saint-Jean-de-Dieu  administrèrent  leur  hôpital  jusqu'à  la 
Révolution. 


Fac-3im:le  hehographique. 


Flan  C&  Lacaille  (  1714  ). 


RÉCOLLETS. 


Issus  de  la  grande  famille  des  Franciscains,  les  Hécollets  vinrent,  vers  l'an  1600, 
s'établir  à  Paris,  Dès  i6o3,  un  marchand  tapissier,  nommé  Jacques  Coltard,  leur 
donna  une  maison  située  au  coin  du  faubourg  Saint-Martin  et  de  la  rue  actuelle 
des  Récollets  Protégés  par  Henri  IV,  ils  ne  tardèrent  pas  à  étendre  leurs  bâti- 
ments, et  Marie  de  Médicis  leur  fit  ronsti'uire,  en  1606,  une  église  dont  elle  ])osa 
la  première  pierre. 

Ces  religieux  songèrent  presque  aussitôt  à  se  former  une  collection  de  livres 
qu'ils  rr n'ont  cessés  de  travailler  à  augmenter  et  à  perfectionner n  et  qui, 
comme  le  dit  très-bien  Piganiol,  frfait  honneur  à  la  Providence ti  puisque, 
malgré  la  pauvreté  du  couvent,  on  y  voyait  déjà  en  i6/i3  cr  une  grande  biblio- 
ftthèque^*^n  Elle  dut  surtout  son  accroissement  aux  soins  du  P.  Jean-Damascène 
Lebret'^',  qui  s'était  acquis  une  certaine  réputation  comme  prédicateur'*"'',  et  qui  fut 
son  premier  bibliothécaire.  Selon  toute  apparence,  il  avait  ado])té  dans  le  cou- 
vent le  nom  abrégé  de  Damase,  et  c'est  de  lui  que  proviennent  les  ouvrages  sur 
lesquels  on  lit  :  «  Au  P.  Damase,  n  puis  ces  mots  :  rrlNunc  bibliotheca*  RecoU. 
rr  Paris.  T)  Nous  avons  encore  trouvé  sur  un  autre  volume  qui  a  appartenu  aux 

Lemaïre,  Paris  ancien  et  7ioiivenu,l.\l,  p.  ^liS.  t^.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothètjues , 

Etat  généra! des  biens  tant  ineubles  qu'immeubles  p.  559. 
de  la  maison  des  Récollets  établis  faubourg  Saint-  Lcmaire,  Paris  ancien  et  nouveau ,  t. M,  \).  ^ln). 

Laurent  à  Paris.  Archives  de  1  Empire,  série  S.  —  Pigniiiol  de  la  Force.  Description  historique  de 

carton  n°  ^356.  Paris,  l.  IV,  p.  70. 

Piganiol  de  la  Force.  Description  historique  de  Legeudre.  De  rita  Francisci  Ilarbci,  p.  G(). 

Paris,  t.  IV,  p.  73. 

II.  38 


298  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

Pu'^coilets  riiisci'iption  suivante  :  rrToine  I"  de  la  chronique  de  Saint-Denis  que 
ffj'ai  acheté,  moi  Damase,  pour  la  Bibliothèque  des  Récollets  de  Paris 

Le  successeur  du  P.  Damascène  fut  le  P.  Fortuné  Lantier,  rrtrès  entendu  dans 
ff  la  connoissance  des  livres «  il  contribua  également  à  enrichir  cette  biblio- 
thèque, dont  on  vantait  surtout  alors  l'admirable  situation.  Installée  au  deuxième 
étage,  elle  n'avait  point  de  rivale  j)Our  l'étendue  et  la  beauté  des  points  de  vue 
qu'on  apercevait  des  fenêtres  ;  neuf  d'entre  elles  ouvraient  au  nord  sur  la  cam- 
pagne et  trois  sur  Paris;  cinq  autres  croisées,  exposées  au  couchant,  éclairaient 
deux  vastes  cabinets  remplis  de  livres.  La  galerie  principale  avait  cent  pieds  de 
long  sur  vingt-huit  de  largeur  et  vingt  de  hauteur'*';  elle  était  entourée  de  vingt- 
sept  armoires  grillées,  en  chêne  sculpté,  et  surmontées  d'une  corniche  assez 
élégante.  Le  mobilier  qui  la  garnissait  est  ainsi  décrit  dans  le  procès-verbal 
d'apposition  des  scellés  di'essé  le  -20  décembi'e  1790;  nous  conservons  l'ortho- 
graphe oflicielle  : 

Tiente  huit  tableaux  peint  sur  toile,  repre'sentani  divers  poitraits  de  Papes,  Belijjieux  et 
autres,  le  tout  avec  bordures  de  bois  doré; 
Deux  e'chelles  de  bibliothèques; 
Un  grand  bureau  faisant  bufiet; 
Un  corp  de  bulï'et; 
Une  table; 

Deux  forts  globes  en  mauvais  état,  Tun  teneste  et  l'autre  céleste  (^); 
Seize  lant  châssis  que  fauteuils,  le  tout  couvert  de  moquette  et  bazanne''''. 

Cette  bibliothèque  parait  avoir  été  tenue  avec  un  grand  soin.  Les  livres  étaient 
l  angés  sur  les  rayons  par  ordre  de  matières  et  suivant  le  classement  adopté  déjà 
à  la  bibliothèque  du  Roi(''l  Le  prêt,  même  aux  religieux  de  la  Maison,  était  soumis 
à  des  formalités  qui  devaient  en  rendre  l'usage  très-restreint;  voici  en  etîet  ce 
(jue  nous  lisons  sur  un  assez  beau  volume  de  plans  gravés  qui  a  appartenu  à  ce 
couvent  : 

Nous  soussigné,  ancien  lecteur  de  théologie,  et  ministre  provincial  des  frèics  mineurs  Bécollels 
de  la  province  de  Saint-Denis  en  France,  permettons  par  ces  présentes  au  vénérable  Père  Na- 
thanael  Bélanger,  prestre ,  prédicateur  et  confesseur  de  cette  province,  l'usage  du  présent  livre, 
intitulé  Les  plans  et  profils  de  toutes  les  principales  villes  de  France,  divisé  <'n  deux  tomes;  à  con- 
(lilion  de  ne  le  prester  ny  donner  à  personne  du  deliois,  sous  quelque  [)rétexte  que  ce  soit.  Fait 


Bibliotli.  Mazarine,  incunables,  n"  583i  A**. 
G.  Urice,  Nouvelle  description  de  Paris,  t.  II, 
p.  /17. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  IV,  p.  78,  et  t.  V,  p.  aoa. 

Leprince.  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  [).  ?>{')  1 . 


Tous  deux  étaient  de  Coroiielli. 

Procès-verbal  d'apposition  des  scelles  sur  la 
bibliothèque  des  Hécollets  du  faubourg  Saint-Martih. 
Archives  de  l'Empire,  série  S,  carton  n"  li'Si^'i. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  36 1. 


RÉCOLLET. s.  299 

on  notre  cotivonl  de  Paris,  le  neiiviesme  juin  de  r;iti  mil  sepi  cenl  dix  sept.  F.  Epipiiane  oe 
Laleu,  ministre  provincial'''. 


Grâce  peut-être  à  de  si  excessives  précautions,  cette  bibliothèque,  qui  ue  datait 
cependant  que  du  wif  siècle,  renfermait,  disent  les  contemporains,  vingt-cinq 
mille  volumes  en  i78o("^',  et  environ  trente  mille  en  i']86^^\  Malgré  ces  deux 
témoignages  très-précis,  les  religieux  déclarèrent,  en  1790,  qu'ils  possédaient 
seulement  dix-sept  mille  cinq  cents  volumes  imprimés  et  cent  soixante-deux  ma- 
imscrits'*';  après  vérification,  on  en  trouva  dix-neuf  mille  deux  cent  cinquante'^', 
et  on  finit  par  en  transporter  vingt-trois  mille  au  dépôt  des  Capucins  de  la  rue 
Saint-Honoré'"'.  Il  est  probable  que  les  Récollets  avaient  réussi  à  faire  disparaître 
ou  à  vendre  les  autres. 

Cette  collection,  coiLsidérée  déjà  en  1725  cr comme  une  des  mieux  assorties 
cf  d'entre  les  bibliothèques  ecclésiastiques  de  Paris comprenait  d'excellents 
ouvrages.  Parmi  les  manuscrits  figuraient  deux  belles  Bibles  du  xni*^  siècle,  un 
catéchisme  chinois,  un  manuscrit  éthiopien,  rcqui  avoit  été  donné  à  un  religieux 
rrde  ce  couvent  par  Zaga  Christ,  fils  du  prêtre  Jehan quelques  missels  sur 
vélin  ornés  de  jolies  miniatures,  enfin  l'original  d'un  ouvrage  dont  les  exemplaires 
sont  devenus  fort  rares,  et  qui  fut  imprimé  de  i663  à  i665  sous  ce  titre  :  Neus- 
triapia,  seu  de  omnibus  et.  singulis  ahbatis  et prioratis  totius  Normanniœ;  un  Récollet, 
le  P.  Arlus  du  Moustier,  en  était  l'auteur.  Suivant  la  Nouvelle  biographie  générale, 
ce  manuscrit  sei^ait  conservé  aujourd'hui  dans  la  bibliothèque  des  Récollets  de 
Rouen'"'.  Les  imprimés  étaient  presque  exclusivement  relatifs  à  la  théologie  et  à 
l'histoire,  et  comprenaient  les  ouvrages  les  plus  précieux  et  les  plus  chers  :  les 
grandes  Bibles  polyglottes,  la  Bibliothèque  des  Pères  publiée  par  les  Bénédictins, 
les  Ordonnances  des  rois  de  France,  le  Gallia  christiana,  le  Monaslicum  avglicanum, 
la  Collection  byzantine etc.  etc.;  mais  on  ne  comptait  qu'un  très-petit  nombre 
d'incunables. 

Dans  sa  Déclaration  de  1790,  le  prieur  certifie  qu'il  existait  un  catalogue  en 
trois  volumes  in-folio;  il  nous  a  été  impossible  de  le  retrouver. 


Bibliothèque  Mazarine,  nouveau  fonds,  his- 
toire. in-8°,  n°  8790. 

Lepr'mce ,  Essai  historique  sur  la  bibliotiteque 
du  Roi,  p.  36 1. 

Thie'ry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
t.  I,  p.  526. 

Etat  général  des  biens  meubles  et  immeubles 
de  la  maison  des  Récollets.  Archives  de  l'Empire . 
série  S,  carton  n"  /i35/i. 

Recensement  détaillé  des  livres  des  bibliothèques 
du  déparlement  de  Paris.  Archives  de  l'Empire,  sé- 
rie M ,  carton  n"  797. 


Archives  de  l'Empire,  se'rie  F",  n"  i^oS. 
G.  Hrice,  Nouvelle  description  de  Paris,  t.  II, 
p.  A 7. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  36 1.  —  On  peut  consulter  sur  cet  aven- 
turier l'ouvi'ag-e  suivant  :  Etranges  événemens  du 
voyage  de  S.  A.  R.  le  prince  Zaga  Christ,  par  Re- 
chac. 

Nouvelle  biographie  générale ,  t.  XXXVI ,  p.  a  8. 
Etat  général  des  biens  meubles  et  immeubles 
de  la  Maison  des  Récollets.  Archives  de  l'Empire, 
sf'rieS,  carton  n°/i35/i. 

38. 


300  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Presque  tous  les  volumes  provenant  de  cette  bibliothèque  portent  le  nom  du 
couvent  écrit  à  la  main,  soit  au  milieu,  soit  en  tête  du  titre  : 


EX  LIBRIS  RECOLLECrOHUM  CONVENTUS  PARISIENSIS. 
EX  LIBRIS  FF.  MINORUM  RECOLLECTORUM  CONVENTUS  PARISIENSIS. 

RECOLL.  PARIS. 
EX  CONVENTU  PARISIENSl  FF.  MINORUM  RECOLLECTORUM. 
EX  MANUSCRIPTIS  RECOLLECTORUM  CONVENTUS  PARISIENSIS. 

Les  bâtiments  du  monastèi-e  des  Récollets  furent,  en  i  790,  alïectés  à  un  hospice 
d'incurables,  (l'est  aujourd'hui  l'Hôpital  militaire  Saint-Martin,  rues  des  JîécoUets 
et  du  Faubonrjj-Saint-Martin.  Les  bâtiments  ont  été  récemment  appropriés  à 
cette  nouvelle  destination. 


Pa^-simile  heUographique. 


Flan  dit  de  Turgot  (  1739). 


AUGUSTINS  DÉCHAUSSÉS. 


Les  Augustins  déchaussés,  ou  Petits-Pères,  furent  introduits  à  Paris  j)ar  Mar- 
guerite de  Valois,  première  femme  de  Henri  IV.  Docile  aux  conseils  du  P.  Amet, 
son  confesseur,  elle  installa,  en  1607,  vingt  de  ces  religieux  dans  une  maison 
contiguë  à  son  hôtel  du  fauhourg  Saint-Germain^^';  elle  leur  assura  en  outre  une 
rente  perpétuelle  de  G, 000  livres,  et  promit  de  leur  faire  élever  sur  l'emplace- 
ment ([u'eile  leur  accordait  un  monastère  qui  porterait  le  nom  de  Couvent  de 
Jacob.  Ceux-ci,  en  i-etour,  s'engageaient  à  chanter  deux  à  deux,  jour  et  nuit, 
sans  jamais  discontinuer,  des  hymnes  et  des  cantiques  sur  des  airs  composés  par 
Marguei-ile.  Mais,  cinq  ans  après,  la  princesse  trouva  que  le  P.  Amet  rda  repi-e- 
rrnoit  avec  trop  de  liberté  au  tribunal  de  la  pénitence  ('^^  ;  n  elle  l'évoqua  alors  les 
engagements  qu'elle  avait  pris  à  son  égard,  le  mit  à  la  porte  avec  ses  moines,  et 
les  remplaça  par  des  Petits-Augustins 

Les  religieux  expulsés  errèrent  longtemps  d'asile  en  asile,  et  finirent,  en  1620, 
|)ar  achetei'  un  terrain  de  huit  arpents,  situé  sur  l'emplacement  qu'occupent  au- 
jourd'hui les  constructions  élevées  à  l'angle  du  passage  des  Petits-Pères  el  de  la 
rue  i\otre-Dame-des-Victoires.  Le  9  décembre  1629,  Louis  XIII  posa  la  ])remiè)-e 
pierre  de  leur  église,  et  voulut  que,  en  souvenir  des  succès  cpi'il  venait  d'obtenir 
à  la  Rochelle,  elle  fût  dédiée  à  Notre-Dame-des-Victoires 

J.  Dubreul,  Tliédiie  des  nnnijuitez  de  Paris,  D.  H.  I.  Siippléiiwiil  aux  anliqiiite:  de  Paris 

\>-  570.  de  Dubreul,  p.  /i3. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  lilslorii/ue  Thit'ry.  G  aide  des  amaleurs  et  des  rlraimers . 

de  Paris,  t.  111.  p.  80.  t.  1.  p.  -îqy. 


30-2  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

L'église  fut  terminée  en  1682,  et  les  Augustins  s'établirent  alors  dans  leur 
nouveau  couvent.  Ils  n'avaient  encore  qu'un  nombre  très-restreint  de  volumes; 
mais  la  règle  des  Augustins  déchaussés  de  France  ordonnait  que  chaque  maison 
de  cet  ordre  possédât  une  bibliothèque,  et  que  le  soin  en  fût  confié  à  un  re- 
ligieux qui,  avec  l'autorisation  du  prieur,  prêterait  les  livres  à  ses  confrères'''. 
Les  volumes  furent  réunis  dans  une  des  chambres  du  premier  dortoir'^',  et  le 
P.  Bonaventure  de  Sainte-Glaire  se  chargea  de  les  conserver.  Peu  à  peu  le  goijt 
des  livres  vint  à  ce  religieux,  puis  la  passion,  et,  vers  i65o'^',  il  résolut  d'enri- 
chir le  couvent  d'une  véritable  bibliothèque 

L'argent  manquait.  Le  P.  Bonaventure,  qui  avait  quelques  relations  dans  le 
monde,  alla  solliciter  des  aumônes,  déclarant  partout  que  le  produit  était  des- 
tiné à  acheter  des  livres  pour  la  communauté.  De  plus,  afin  de  stimuler  l'amour- 
propre  de  ceux  auxquels  il  s'adressait,  il  avait  soin  d'annoncer  qu'il  ferait  mettre 
par  le  relieur,  sur  le  dos  de  chaque  volume,  le  nom  de  la  personne  qui  l'aurait 
procuré  au  couvent'^'.  Il  rassembla  ainsi  un  grand  nombre  d'ouvrages,  rratque 
rrita  hanc  bibhothecam  fundavit,n  dit  Maichelius 

Le  P.  Bonaventure  tenait  d'ailleurs  scrupuleusement  rengagement  qu'il  avait 
pris,  et  sur  un  nombre  considérable  de  volumes  provenant  de  ce  couvent  on 
lit,  frappées  en  gros  caractères  par  le  relieur,  des  inscriptions  comme  celle-ci  : 

D  •  D  • 
LE  COMTE 
F  L  E  S  S  1  S 
F  R  A  L  1  N  . 

ou  encore  : 

D  •  D  • 

LE  D  V  C  DE 
R  O  C  L  A  V  R  . 

Elles  sont  même  souvent  reproduites  à  la  main  sur  le  titre  du  volume.  Anisi 
ie  titre  de  ceux  que  nous  venons  de  citer  porte  ces  mots  :  crEx  dono  comitis  de 


' ''  frErit  in  singiilis  conventibiis  bibliolheca  clave 
f-clausa,  in  qua  onines  libri  apte  disponi  possint, 
'fcujus  etiam  cura  committatur  aiicui  fratri,  qui 
'flibros  a  puivere,  tinea  et  humiditale  conservet;  et 
•feos  pelenlibus,  sine  murmure  prions,  saltemnon 
ffcontradicente,  ministret. "  (Constituliones  fralrum 
Eremitarum  discalceatorum  congregalionis  Gallia- 
rutii ,  caput.  XI,  art.  1 .) 


Piganiol  de  la  Force,  Description  Imtorifjne  de 
Paris,  t.  III,  p.  1 1  >2. 

Durey  de  Noinvilie ,  Dissertation  sur  les  bihlio- 
thhques,  p.  53. 

Jugler,  Bibliotheca  historiœ  litterariœ  selectn, 
l.  I,  p.  926. 

Piganiol  de  la  Force,  loc.  cit. 

Maicbelius,  Introductio  ad  hist.  liter.  p.  io3. 


AUGLSTINS  DECHAUSSES.  303 

rPlessis  Praliii  H.  P.  Bonaveiiturœ  Aurelianiensi,  et  :  crDoiio  dédit  D.  dux  de 
r  Roquelaiire  R.  P.  Boiiav(!ntiji;r  Aureliaiiiensi.  :i 

Il  }  eut  bientôt  un  moment  d'aiTet.  En  i  6B6,  les  Augustins  concentrèrent  toutes 
leurs  ressources  sur  un  but  qui  leur  tenait  fort  cà  cœur  :  ils  ne  trouvaient  plus 
leur  église  assez  belle,  et  voulaient  la  faire  reconstruire.  On  se  mit  à  l'œuvre. 
Dès  que  les  travaux  intérieurs  lurent  un  peu  avancés,  on  transfoi'ma  provisoire- 
ment l'ancienne  église  en  bibliothèque,  et,  vers  i66(),  les  livres  du  couvent  y 
furent  installés 

Le  P.  Bonaventure  surveilla  le  classement  de  sa  chère  collection  dans  le  nou- 
veau local,  s'occupa  encore  de  l'augmenter,  et  mourut  plein  de  jours  en  1670. 
il  fut  remplacé  par  le  P.  Germain  t^',  qui  se  montra  aussi  zélé  que  son  prédéces- 
seur. Pour  enrichir  le  dépôt  qui  lui  était  confié,  il  mit  à  contribution  ses  amis, 
sa  famille  même'^),  et  parvint  à  réunir  une  grande  quantité  d'ouvrages  utiles, 
rramplam  copiam  librorum  haud  inutilium n 

En  1682,  cette  collection  prit  un  immense  développement  par  le  don  que  ht 
au  couvent  le  sieur  Le  Groux  de  la  Brelonnière,  qui  lui  légua  toute  sa  biblio- 
thèque, riche  de  vingt  à  vingt-deux  mille  volumes '^l  A  cette  époque,  les  livres 
étaient  encore  conservés  dans  l'église  primitive;  mais  celle-ci  allait  être  transformée 
en  sacristie,  et,  depuis  plusieurs  années,  on  travaillait  à  disposer  un  local  pour 
la  bibliothèque.  11  fut  achevé  à  la  fin  de  1682. 

Le  P.  Léonard  de  Sainte-Gatherine  succéda  au  P.  Germain;  il  hérita  de  son 
activité,  et  monti'a  un  amour  encore  plus  décidé  pour  les  livres.  Il  commença 
même  un  recueil  de  notes  assez  curieuses  relatives  aux  diverses  bibliothèques  de 
Paris;  ce  travail,  que  nous  avons  souvent  consulté,  est  resté  manuscrit,  et  se 
trouve  aujourd'hui  à  la  Bibliotlièque  impériale ''^^l  Léonard  de  Sainte-Catherine 
inscrivait  son  nom  sur  presque  tous  les  volumes  qu'il  achetait  pour  le  couvent; 
il  y  joignait  ordinairement  la  date  et  le  prix  de  l'acquisition,  et  même  les  cir- 
constances qui  l'avaient  accompagnée.  Ges  sortes  de  mentions  se  rencontrent 
donc  très-fréquemment  sur  les  ouvrages  provenant  de  la  bibliothèque  des  Petits- 
Pères,  et  nous  pourrions  en  citei-  de  nombreux  exemples.  On  lit  sur  le  feuillet 
de  garde  d'un  manuscrit  du  quinzième  siècle  :  tr  Achepté  le  21  février  1706.  Fr. 


Piganiol  de  la  Vovce ,  Description  hitilm'iqne  de 
Paris,  t.  Kl ,  p.  1 1  -2. 

.lugier,  Bihliotlicca  historin'  litlerariœ  selcctti , 
t.  1,  p.  -aoG. 

Lemaire ,  Paris  ancien  et  nouveau ,  1. 1,  p.  356. 

iMaicheliiis .  Inlroductio  ad  hisloriaiii  litcrarium , 
p.  loi. 

Durey  de  .Noinville,  Dissertation  sur  les  bi- 
bliothèques, p.  53.  —  Jngler,  Biblioihcra  hisloriœ 
litlorarlir  seleda ,  t.  I.  p.  -î-jG.  —  Maichellus.  In- 


lroductio ad  historiain  literaruun  de  prd'cijnus  bihlta- 
thecis,  p.  106. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris ,  1. 111 . 
p.  1 13,  prétend  que  Le  Croux  possédait  dix-neuf 
cents  volumes  seulement,  et  qu'ils  lui  furent  achetés 
trois  mille  cinq  cents  livres;  mais  il  a  contre  lui 
l'autorilé  de  Durey  de  Aoinvillc,  de  Jugler  et  de 
Maichelius. 

Mémoiies  sur  quelques  bibliothèques  de  Paris, 
rassemblés  par  le  P.  Léonard  de  Sainte -Cjathernie. 


30^1  LES  A^CIENi^ES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

"Léonard,  Aiig.  dise.  ind.  Priez  Dieu  pour  moy n  Sur  un  autre  :  rc  Achepté  en 
••  1G9G.  Fr.  Léonard  de  S'*'  Catherine  de  Sienne,  Augustin  descljaussé  indigne, 
■r  Priez  Dieu  pour  moi'^^n  Et  encore  :  crM.  le  Febvre,  avocat,  me  fit  présent  de 
f(  ce  manuscrit  le  '?8  avril  1701.  Fr.  Léonard  de  S'^  Catherine  de  Sienne,  Au- 
crgustin  deschaussé  indigne.  Priez  Dieu  pour  moy'^lr  Sur  un  manuscrit  du  xiv*^ 
siècle  :  crJ'acheptay  ce  manuscrit  imparfait  le  1?!  avril  1-70/1.  Quoycju'on  en  ayl 
T coupé  les  lettres  dorées,  il  ne  laisse  pas  que  d'avoir  son  mérite  et  son  uti- 
"lité  au  jugement  des  sçavans,  à  cause  de  la  matière  qu'il  traite.  On  le  croit  de 
"  pi-ez  de  r)oo  ans.  Je  croy  qu'il  vient  de  l'Abbaye  de  Long  Champs  prez  de  Su- 
resnes,  ou  au  moins  qu'il  a  appartenu  à  une  religieuse  de  ce  monastère.  Fr.  Léo- 
-nard,  A.  D.  Priez  Dieu  pour  moy*"l')i 

En  1712'^',  les  fonctions  de  bibliothécaire  furent  données  au  P.  Eustache  de 
Sainte-Agnès,  rr  grand  connoisseur  de  livres, n  dit  Antoninit*^',  et  l'un  des  hommes 
les  ])lus  distingués  qu'ait  produits  la  communauté  des  Augustins.  H  se  voua  d'abord 
lout  entier  au  service  de  la  l)ibliothèque,  et  nul  ne  contribua  plus  que  lui  à  l'en- 
ricliir^'''.  Il  fît  ensuite,  au  nom  du  couvent,  deux  voyages  à  Home,  et  obtint  du 
pape  pour  ses  confrères  l'autorisation  de  se  couper  la  barbe,  et  de  porter,  à  la 
])lace  de  leurs  sandales,  des  bas  et  des  souliers.  Pendant  les  absences  du  P.  Eus- 
tache,  les  livres  étaient  confiés  aux  soins  d'un  autre  religieux  nommé  le  P.  Jé- 
rôme ''^l  C'est  de  ce  moment  que  parait  dater  un  catalogue  très-soigné  de  la 
collection  des  Petits-Pères;  il  forme  cinq  volumes  in-folio,  (pii  sont  conservés 
aujourd'hui  à  la  bibliothèque  Mazarine,  et  a  pour  titre  :  Catalogus  librorum  biblio- 
tliorrr  RR.  PP.  Avgusiinianorum  Discakeatoritm  Conventiis  regij  Parisiensis 

A  cette  époque,  les  Guides  dans  Paris  déclaraient  que  la  collection  rassemldée 
aii\  Petits-Pères  renfermait  environ  vingt-cinq  mille  volumes  imprimés,  et  rc  étoil 
'fiMicore  une  bibliolé(|ue  qui  doiuioit  de  la  satisfaction  aux  gens  de  letres n 
()uant  au  règlement  même  de  la  bibliothèque,  il  était  compris  dans  les  Com- 
iilntions  des  Augustins  déchaussés  de  France;  le  chapitre  xi,  qui  est  intitulé  De 
lihraria,  renferme  huit  articles  très-sagement  conçus.  Nous  avons  déjà  cité  le 
|)irniier.  Le  troisième  défendait,  sous  peine  sévère,  rrsub  pœna  gravi,  n  de  prendre 
un  volume  dans  la  bibliothèque  à  l'insu  du  bibliothécaire.  Lorsque  celui-ci  prêtait 


Ril)li()llièqiic  impériale,  iiianusciils,  fonds Irançais , 
m"  •>.-i,h(y2.  autrefois  fonds  des  Felils-Pères,  11°  17. 

l)iljlioth.  Mazarine,  manuscrits,  n°  T  112/1. 
'  Bibliotli.  Mazarine,  manuscrits,  n°  H  285/1. 

Bibliotli.  Mazarine,  manuscrits,  n°  tl  2853. 

Bibliotb.  Mazarine,  manuscrits,  n°  H  568. 

Maiclielius .  lutroiliKiio  ad hlsloriftm  Ulcrar  'mm  , 
|).  10/1. 

Mciiinrinl  de  Paris  rl  de  xcs  cnvinnis ,  I.  L 

|1.    Ht  I  . 


Jordan,  Histoire  d'un  voijage  liuèraire  fait  en 
i']33 ,  [).  G3.  —  Jèze,  Elal  ou  tableau  de  la  ville  de 
Paris,  [).  197. 

De  Valbebert,  L'agenda  du  voyageur  à  Paris 
(1786),  p.  75. 

Bibliotbèque  Mazarine,  manuscrits,  n"'  3i  /i5 
à  3 1  h<). 

De  Valbebert,  L'agen.i,  .'.ii  royageurà  Paris, 

p.  75. 


AUGUSTINS  DÉCHAUSSES.  305 

un  livre,  il  devait  avoir  soin  d'inscrire  sur  un  registre  spécial  le  nom  de  Teni- 
prunteur  et  la  date  exacte  du  prêt.  Aux  ternies  de  l'article  /i,  le  bibliothécaire 
doit  mentionner  sur  chaque  volume  le  nom  du  couvent  auquel  d  appartient,  et 
indiquer  même  la  personne  qui  l'a  donné  à  la  Maison.  Suivant  l'article  5,  s'il  y  a 
dans  la  bibliotliècpie  des  livres  doubles  ou  inutiles,  ils  pourront,  avec  l'autorisa- 
tion du  Chapitre  provincial,  être  vendus;  et  la  somme  qui  en  proviendra  devra 
être  consacrée  à  l'achat  d'autres  volumes^'*. 

Le  vaste  enqdacement  qu'occupait  le  couvent  des  Augustins,  au  centre  d'un 
quartier  devenu  très-populeux,  augmentait  de  prix  chaque  jour;  les  religieux  ne 
tardèrent  pas  à  en  aliéner  diverses  parties,  dont  quelques-unes  furent  vendues 
jusqu'à  1,000  livres  la  toise  carrée.  Ils  acquirent  ainsi  des  revemis  considérables; 
mais,  en  même  temps,  le  désordre  de  leurs  mœurs  s'accrut  à  tel  point  que  le  loi 
dut  intervenir 

Le  P.  Bernardin,  qui  paraît  avoir  succédé  au  P.  Jérôme,  fut  lui-même  rem- 
placé, peu  d'années  avant  la  Piévolution^^),  par  le  P.  Micliel  Labiche,  qui  occupait 
encore  cette  position  en  1790,  lors  de  la  suppression  de  l'ordre^"'.  Voici  donc  la 
liste  des  seuls  bibliothécaires  de  ce  couvent  dont  nous  ayons  pu  retrouver  les 
noms  : 

BONAVENTURE  DE  SAINTE-CLAIRE. 
GERMAIN. 

LÉONARD  DE  SAINTE-CATHERINE. 

EUSTACHE  DE  SAINTE-AGNÈS. 

.lÉRÔME. 

BERNARDIN. 

Michel  LABICHE. 

Le  local  dans  lequel,  depuis  i68'i,  la  bibliothèque  des  Augustins  était  con- 
servée, passait  à  bon  droit  pour  un  des  plus  beaux  de  Paris.  11  se  composait  de 
trois  vastes  salles,  situées  au-dessus  des  dortoirs  et  directement  sous  le  toit;  on 
l'avait  surélevé  de  trois  pieds  dans  toute  la  longueur  de  la  première  pièce,  afin 


(tArt.  III.  Niillus  fratrum  librum  ex  libraria 
ffextrahere  audeat,  bibliotliccario  absente,  vel  iii- 
irscio,  sub  pœna  gravi.  Quotiosciimqiie  continget 
fffratretn  aliquem  librum,  de  licenlia  iiliiis,  ex  li- 
rbraria  secum  asportare,  ipse  vel  cerle  bibliolhe- 
ffcarius  tenebitur  in  cathalogo  ad  hoc  deputato 
(rnotare  nonien  suum,  iibruin,  annum,  diem  el 
irmensem  qiiibus  eiim  ex  bibliollieca  exlraxit.  •  . 

trArt.  IV.  Bibliotbocni'iiis  scribet  inilio  omnium 
"librorum  nomen  conveiitns,  cujus  calbalogo  ins- 
ffcripti  sunt,  vel  etiam  nonien  benefactoris  (jui 
Ttalem  librmii  convenliii  donaverit.  .  . 


n-Art.  V.  Quod  si  in  dicto  cathalogo  reperianlur 
faliqui  libri  duplices  et  non  necessarii,  vendi  po- 
ffterunt,  et  eorum  praetimn  in  alios  utiliores  con- 
cr  verti ,  de  expressa  licentia  Capitnli  provincialis. . .  » 

(  Consliluttones  fratrum  eremitarum  dtscalceatorum 
congregationis  Galliarum,  p.  108.) 

^  Dangeau,  Mémoires,  7  janvier  1707,  t.  XI, 
p.  978. 

''^  Archives  de  l'Empire ,  série  M ,  carton  n°  797. 
Elut  (le  la  bibliothèque  du  couvent  royal  des 
Augustins  réformés,  etc.  Archives  de  l'Empire,  série 
S,  carton  n"  3645. 


II. 


39 


30G  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

d'y  percer  les  fenêtres,  qui,  de  cette  manière,  n'interrompaient  point  la  série  des 
tablettes  le  long  des  murs^".  Ces  fenêtres,  de  forme  ovale,  et  disposées  de  six  en 
six  pieds,  donnaient  sur  les  jardins  du  couvent,  qui  passaient  pour  les  mieux 
tenus  de  la  capitale. 

Les  trois  salles  étaient,  d'un  bout  à  l'autre,  entourées  d'arcades  assez  étroites, 
et  au  fond  de  chacune  d'elles  se  trouvait  une  armoire  garnie  de  rayons;  ces  ar- 
moires étaient  séparées  les  unes  des  autres  par  des  pilastres  corinthiens,  hauts  de 
sept  pieds  et  demi,  et,  comme  tout  le  reste  de  rornenientation,  rren  menuiserie 
rr  travaillée  fort  proprement  n  Voici  comment  s'exprime  à  cet  égard  le  prieur  du 
couvent,  dans  le  rapport  cju'il  adressa  en  1790  à  l'Assemblée  nationale  :  crLaditte 
rr  bibliothèque  est  composée  de  trois  ailes  correspondantes  de  l'une  dans  l'autre , 
ffdont  deux  plus  basses  de  plafonds,  et  garnies,  ainsi  que  celle  du  milieu,  de 
rr  grandes  armoires  prenant  d'en  bas  jusqu'à  la  hauteur  des  fenêtres  fermées  en 
rr  œils  de  bœuf,  et  distinguées  dans  deux  ailes  par  des  titres  désignants  les  ma- 
rrtières  y  conteniies  n  La  pièce  d'entrée  avait  c[uatre-vingt-trois  pieds  de  long 
sur  quatorze  de  large  et  dix  de  hauteur;  elle  renfermait  huit  armoires  de  chaque 
côté.  Lne  autre  salle,  absolument  semblable  à  la  précédente,  avait  été  établie  en 
1736^*',  et  venait  à  la  suite  de  la  galerie  principale. 

Celle-ci  mesurait  cent  trente  et  un  pieds  de  longueur  sur  dix-neuf  de  largeur 
Le  plafond,  en  anse  de  panier,  était  orné  d'une  fresque  très-belle,  faite,  dit-on, 
en  dix-huit  heures  par  le  peintre  napolitain  Paolo  de  Matteist*^'  :  elle  représentait 
la  Religion  s'unissantà  la  Vérité  pour  chasser  l'Erreur Au-dessus  de  l'entrée,  à 
l'intérieur,  on  voyait  le  portrait  du  P.  Eustache^^'  peint  par  Rigaud,  et,  entre 
les  moulures  de  la  porte,  un  Christ  en  croix,  dû  au  pinceau  de  P.-J.  Cazes,  et 
d'une  exécution  très-remarquable ''^l  Au  milieu  de  la  salle,  qui  était  éclairée  d'en 
haut  par  dix-huit  fenêtres,  figuraient  deux  beaux  globes  de  Coronelli '^*'^;  tout 
autour  régnaient  trente  et  une  armoires,  surmontées  d'une  large  corniche  d'ordre 
toscan,  et  fermées  par  des  portes  garnies  de  treillages  en  fd  de  laiton.  Des  por- 
traits fort  soignés  reposaient  sur  les  corniches;  on  remarquait  surtout  celui  de 
Louis  XIV  par  Cavin  d'après  le  tableau  original  de  Rigaud,  ceux  des  papes 


Leroiige,  Curiosités  de  Paris,  t.  1,  p.  209. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historifjue 
de  Paris,  t.  III,  p.  iih  et  117. 

Etat  de  la  hibliotiicque  du  cornent  royal  des  A  n- 
gustins  réformés,  près  la  place  des  Victoires,  lors 
de  la  Déclaration  e.rigée  par  le  décret  de  l'Assemblée 
nationale,  revelu  de  la  sanction  royale  et  de  l'en- 
registrement du  Parlement,  promulgué  le  2  décem- 
bre ijSg.  Archives  de  i'Empire,  série  S,  carton 
n°  36/j5. 

Piganiol  delà  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  III,  p.  1  if). 


Thie'ry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
1. 1,  p.  3oo. 

''''  G.  Brice,  Nouvelle  description  de  Paris,  l.  I, 

p.  ^23. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  353. 

État  de  la  bibliothèque ,  etc.  Archives  de  l  Eai- 
pire,  se'rie  S,  carton  n°  36/i5. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t.  III,  p.  118. 

Thie'ry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
t.  I ,  p.  3oo. 


AUGUSTINS  DECHAUSSES.  307 

Clément  XI  et  Clément  XII,  du  duc  du  Maine,  du  comte  de  Toulouse,  des  car- 
dinaux Jenson,  de  Noris  et  Imperiali;  enfin  celui  du  P.  Jacques  de  Saint-Gabriel, 
qui  avait  formé  dans  le  couvent  un  très-curieux  cabinet  d'antiquités A  chaque 
extrémité  de  cette  galerie,  on  avait  percé  une  immense  fenêtre  qui  donnait  sur 
un  balcon  d'où  fou  jouissait  d'une  vue  magnifique;  à  droite  et  à  gauche  de  la 
salle,  se  trouvaient  encore  plusieurs  petites  pièces  garnies  de  livres 

Près  de  cette  galerie  s'ouvrait  le  cabinet  d'antiquités,  qui  était  dû  surtout  aux 
soins  des  PP.  Jacques  de  Saint-Gabriel  et  Albert  de  Sainte-Eugénie.  Il  avait  été 
longtemps  conservé  dans  une  petite  salle  dépendante  de  finfirmerie,  mais  le  dé- 
veloppement qu'il  prit  lui  fit  accorder,  en  lyyy,  un  grand  pavdlon,  communi- 
quant avec  la  bibliothèque,  et  qui  mesurait  vingt- quatre  pieds  carrés;  il  avait 
seize  pieds  et  demi  de  hauteur  et  était  éclairé  par  cinq  croisées  On  y  voyait 
des  médailles,  une  riche  collection  d'histoire  naturelle,  des  tableaux,  des  estampes 
et  des  curiosités  de  toute  nature.  Les  tableaux  formaient  un  musée  vraiment 
admirable  et  où  les  plus  grands  noms  de  la  peinture  étaient  représentés;  on  y 
remarquait  surtout  :  un  Bélisaire  du  Guerchin,  une  Sainte-Famille  d'André  del 
Sarto,  deux  cuisines  de  Schalkhen,  quatre  paysages  de  Wouwermans,  une  Vierge 
de  Stella,  deux  ruines  de  Panini,  deux  tableaux  de  genre  par  Van  der  Meulen, 
Diogène  et  Héraclite  par  Valentin,  et  le  David  de  Caravage^*'.  Une  armoire  spé- 
ciale était  réservée  aux  estampes,  et  une  autre,  garnie  de  quatre  grands  tiroirs, 
était  remplie  de  coquilles  rares.  Parmi  les  antiques  figuraient  un  grand  nombre 
de  bustes  et  de  vases  en  marbre,  en  bronze,  en  terre,  en  albâtre,  des  poids,  des 
porcelaines,  etc.  etc. 

La  série  des  médailles  était  très-complète;  en  voici  la  descrij)tion,  d'après  un 
rapport  officiel  : 

Médailles  grand  broaze.  Un  cabinet  de  bois  de  palixandre  composé  de  9/1  liroirs  contenanis 
chacun  dans  leurs  cartons  h']  médailles;  ce  qui  forme  une  suile,  depuis  Aujrusle  jusqu'à  l'os- 
thume  inclusivement,  de  1,1  18  médailles  foutes  bien  conservées  et  de  la  plus  sûre  antiquité.  11 
faut  observer  que  dans  cette  suite  il  s'en  trouve  de  rares  cl  de  très  rares,  comme  l'Olbon'^'  d'An- 
tioche,  3  Pertinax,  k  Gordiens  d'Afrique,  etc. 

Moyen  broxze.  Un  cabinet  de  \  h  tiroirs  coniporlaiil  cbacun  dans  son  carton  Ou  médailles, 
toutes  antiques  et  bien  conservées. 


Durey  de  Noinville,  Dissertation  sur  les  biblio- 
thèques, p.  53. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t.  III,  p.  1 16  et  1 18. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  1.  III,  p.  119. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 


(in  Roi  et  sur  chacun  des  dépôts  qui  la  composent. 
p.  354. 

L'existence  de  cet  Olhon  de  bronze  est  égale- 
ment allirmée  dans  les  deux  ouvrages  suivants  : 
Jèze,  Etat  ou  tableau  de  la  ville  de  Paris,  p.  197; 
Antonini,  Mémorial  de  Paris  et  de  ses  environs,  1. 1, 
p.  208. 


308  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Petit  bronze.  iG  tiroirs  du  même  cabinet,  dont  quatre  contiennent  chacun  un  grand  carton 
contenant  chacun  69  mcdaiiics,  et  12  autres  renfermant  dans  chacun  de  leurs  petits  cartons 
48  médailles. 

Médailles  modernes  de  bronze.  Un  petit  cabinet  contenant  une  suite  compiette  de  Louis  XIIII, 
plusieurs  médailles  de  Louis  XV  et  quelques-unes  de  la  maison  de  Lorraine. 

Médailles  d'argent.  Deux  cabinets,  de  l'ouvrage  de  Boule,  dont  l'un  contient  le  Haut  et  Bas 
E^mpire  d'argent,  et  forme  une  suite  de  1,288  médailles  toutes  vraiment  antiques,  bien  con- 
servées ,  parmi  lesquelles  il  s'en  trouve  aussi  de  la  plus  grande  rareté.  Dans  l'autre  sont  compris 
les  rois  grecs,  tant  en  argent  qu'en  bronze,  au  nombre  de  86;  on  remarque  dans  cette  suite 
plusieurs  extradrachmes  très-bien  conservés.  Plus  une  petite  suite  de  médailles  de  Ville.  Ajoutez 
y  encore  une  suite  de  consulaires  en  argent,  au  nombre  de  233 

Au  milieu  du  xviii*^  siècle,  ce  cabinel  était  sous  la  garde  du  P.  Cyrille,  qui 
rde  faisoit  voir  aux  curieux  et  aux  étrangers,  avec  beaucoup  de  politesse  et 
rr  d'agrément  n 

La  biLliotlièque,  riche  déjà  de  dix-huit  mille  volumes  en  1727  était  regardée 
en  1735  comme  ce  l'une  des  plus  nombreuses  de  Paris '^In  Elle  renfermait,  au 
moment  de  la  Révolution,  trente-neuf  mille  cinq  cent  quarante-cinq  volumes,  ainsi 
divisés  : 

In-folio  . 
In-quarto 
In-octavo 
In-douze. 

Parmi  lesquels  on  rcmai-quait  : 

Dans  l'armoire  des  EIzevirs   lo/i  et  26  cartons. 

Dans  le  cabinet  des  livres  jansénistes   1,02 5 

Dans  le  cabinet  des  journaux   3, 599 

Estampes   A3  cartons. 

On  lit  à  la  fin  de  cette  énumération  : 

Signé  :  F.  Michel  Labiche,  gardien  de  la  bibliotèque  des  Augustins  réformez  établis  près  la 
place  des  Victoires,  lors  du  décret. 

Certifié  véritable,  signé  et  paraphé  en  vertu  d'une  déclaration  reçue  par  nous  ce  jourd'hui 
vingt  six  mars  mil  sept  cent  quatre  vingt  dix.  F.  François  de  la  Tour,  prieur'^'. 


5,972  volumes. 
4,000 
5,675 
23,898 


Déclaration  de  tous  les  biens  el  de  toutes  les 
charges  des  religieux  Augustins  réformés  de  la  con- 
grégation de  France,  ét/dillsprès  la  place  des  Victoires, 
à  Paris.  Arch.  de  l'Empire,  série  S,  carton  n"  36^5. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  III,  p.  120.  —  De  Valliebert.  L'agenda 
(lu  voijagcur  à  Paris,  p.  7G. 


J.-C.  INémeitz,  Le  si  jour  de  Paris,  ou  instruc- 
tions curieuses ,  etc.  t.  I,  p.  aGg. 

D'Auvigny,  etc.  Histoire  de  Paris,  t.  \, 
p.  /490_. 

Etat  de  la  bibliothèque  du  couvent  royal  des 
Augustins  réformés,  etc.  Archives  de  l'Empire, 
série  S,  carton  n"  3645. 


AUGUSTINS  DECHAUSSES.  309 

Mal<;ré  lous  ces  certificats,  la  Dcchiraiioii  était  inexacte;  car  un  rapport  de 
I.anglez,  conservateur  du  dépôt  littéraire  des  Capucins  Saint-Honoré ,  nous  ap- 
prend que,  le  26  thermidor  an  n,  on  avait  transporté  dans  ce  dépôt  cinquante 
mille  volumes  provenant  des  Aujjustins  déchaussés 

En  1791,  les  religieux  estimaient  leur  bibliothèque  et  les  deux  globes  de  Co- 
ronelli,  crau  plus  moyen  prix,n  à  100,000  livres'"-'. 

Les  Petits-Pères  possédaient  les  Mémoires  de  Vizé  pour  servir  à  l'histoire  de 
Louis  XIV;  on  sait  que  cet  ouvrage,  tiré  à  quarante  exemplaires  seulement,  fut 
imprimé  au  Louvre,  en  dix  volumes  grand  in-folio,  avec  un  tel  luxe  que  ces 
dix  volumes  pourraient  ne  former  qu'un  in-douze.  Le  couvent  tenait  son  exem- 
plaire du  sieur  Desgranges,  maître  des  cérémonies  de  France  Une  rareté 
beaucoup  plus  précieuse  était  une  collection  de  presque  tous  les  journaux  publiés 
jusqu'alors 

Cette  bibliothèque  était  d'un  accès  facile.  En  i685,  le  P.  Germain  cria  mon- 
fftroit  à  tous  ceux  qui  étoient  curieux  de  la  voir pi  et  un  Guide,  imprimé  en 
1716,  ajoute  que  cries  étrangers  avoient  l'agrément  d'y  être  bien  reçus '"^'.ti  Ces 
traditions  furent  conservées  parle  P.  Eustache,  qui  était  crfort  complaisant  ])our 
cr  ceux  qui  vouloient  satisfaire  leur  curiosité  dans  la  bibliothèque  n 

Les  Augustins  déchaussés,  malgré  le  développement  qu'avait  pris  leur  collec- 
tion, ne  marquèrent  jamais  leurs  livi-es  d'aucune  estampille.  En  revanche,  con- 
formément à  l'article  k  des  Consiitulions  de  l'ordre,  presque  tous  les  volumes 
portent  des  inscriptions  manuscrites  dont  la  ])lus  fréquente  est  celle-ci  : 

AUG.  DISC.  P\P,. 

placée,  en  général,  au  bas  du  titre. 

On  rencontre  encore  assez  souvent  les  deux  foi'mules  suivantes  : 

AUGUSTIN!.  DISCAL.  PARIS. 
EX  CATALOGO  FRATRUM  DISCALCEATORUM  SANCTI  AUGUSTINI 
CONVENTUS  PARISIENSIS. 

Les  Petits-Pères  furent  supprimés  en  1790,  et  leur  église  servit  alors  d'asile  à 


Arcli.  de  TEmp.  série  F",  carton  n°  i2o3. 
'  '  Dèclaralion  de  tous  les  biens  et  de  toutes  les 
charges,  etc.  Archives  de  l'Empire,  se'rie  S,  car- 
ton n°  3645. 

Pigaiiiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  III,  p.  1 18. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  hihliothhqiie 
du  Roi,  p.  353. 


Leniaire,  Paris  ancien  et  nouveau,  t.  I .  p.  35  i. 

Le  voyageur  fidèle ,  etc.  p.  3 18. 

Antonini ,  Mémorial  de  Paris  et  de  ses  environs , 
t.  I,  p.  201.  —  Voyez  encore  :  Ahnannch  royal, 
année  1709,  p.  219;  —  G.  Brice,  Nouvelle  des- 
cription de  Paris,  t.  I,  p.  4-23;  —  Durey  de  Noin- 
ville,  Dissertation  sur  les  bibliothèques ,  p.  /18. 


310  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

des  clubs  et  à  des  réunions  électorales.  Plus  tard,  la  Bourse  de  Paris  v  l'ut  ins- 
tallée. En  1809,  elle  fut  rendue  au  culte  et  reprit  son  nom  de  Notre-Daïue-des- 
Victoires.  Sur  l'emplacement  qu'occupaient  les  bâtiments  du  couvent,  on  a  j)ercé 
la  rue  de  la  Banque,  construit  l'hôtel  du  Timbre,  la  mairie  du  troisième  arron- 
dissement et  une  caserne  d'infanterie.  Le  cloître  n'a  été  démoli  qu'en  i853. 


CARMES  DÉCHAUSSÉS. 


Les  Carmes  déchaussés,  issus  de  la  réforme  faite  dans  l'ordre  des  Carmes  par 
sainte  Thérèse,  arrivèrent  à  Paris  peu  de  temps  avant  la  mort  de  Henri  IV,  Ils 
furent  logés  d'abord  au  collège  de  Cluny.  Nicolas  Vivien,  maître  des  comptes,  leui- 
donna  en  161 1  un  vaste  emplacement  situé  rue  de  Vaugirard;  ils  s'y  installèrent  à 
la  hâte,  et  deux  ans  plus  tard  commencèrent  la  construction  d'un  couvent  et  d'une 
église,  qui  furent  terminés  vers  1620. 

Ces  religieux  songèrent  sans  doute  aussitôt  à  rassembler  des  livres,  puisque, 
vingt  ans  après,  ils  possédaient  déjà  une  rt bibliothèque  fameuse  où  étoient  beaux 
cret  bons  livres  ^''.ii  Nous  n'avons  aucun  détail  sur  sa  fondation  ni  sur  la  manière 
dont  elle  s'augmenta;  mais  il  est  certain  qu'elle  rencontra  des  protecteurs  géné- 
reux, car  Michel  de  Marolles  disait  encore  d'elle  en  1677  : 

Les  Carmes  deschaussés  avec  leur  pénitence 
Ont  de  plusieurs  autheurs  compilé  les  escrits , 
Où  principalement  les  grands  saints  sont  compris. 
Dont  ils  veulent  puiser  la  solide  science 

Un  chapitre  de  la  Règle  des  Carmes  déchaussés'^'  était  consacré  aux  devoirs  du 

]j.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibl.  ]).  5o3.  Instructiones  fratrum  discalcealorum  congre- 

M.  do  MaroWes.Pai'is  ou  description  succincte  et  gationis  S.  Elite  ordinis  Beatissimce  Virginia  Mariœ 
néantmoins  assez  ample  de  cette  grande  ville,  p.  h^.       de  Monte  Carmelo.  Rome,  i635  ,  in-i  9. 


312  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

bibliothécaire  :  dix-huit  articles,  classés  sous  le  titre  Inslructio  bibliotliccarii,  indi- 
quaient dans  le  plus  grand  détail  la  nature  de  ses  fonctions  et  les  obligations 
qui  lui  étaient  imposées.  Les  livres  sacrés,  cr  cœlestia  doua  quibus  ad  sapientiaui 
crpromoveniur, lui  étaient  spécialement  recommandés'"'.  La  bibliothèque  devait 
posséder  un  catalogue  rédigé  par  ordre  de  matières  et  la  même  disposition  devait 
être  adoptée  pour  le  classement  des  volumes  sur  les  rayons'^'.  Il  était  ordonné 
au  bibliothécaire  d'avoir  toujours  sous  les  yeux  la  liste  des  livres  défendus  par 
l'Église,  afin  de  n'en  laisser  entrer  aucun  dans  la  bibliothèque  commune;  des 
lablettes  spéciales,  soigneusement  fermées  à  clef,  leur  étaient  réservées Le 
bibliothécaire  lui-même  ne  pouvait,  sans  l'autorisation  du  supérieur,  emporter 
des  livres  hors  de  la  salle '^'.  Il  devait  encore  veiller  à  la  conservation  des  vo- 
lumes, les  délivrer  de  la  poussière,  des  toiles  d'araignées,  et  prendre  toutes  les 
mesures  nécessaires  pour  les  préserver  des  vei's  et  des  souris*"'.  Il  lui  était  en 
outre  recommandé  de  battre  de  temps  en  temps  les  livres  dont  on  se  servait  i-a- 
rement*'''.  Enlin  c'est  à  lui  (|u'était  confié  le  soin  de  pourvoir  la  salle  d'encre, 
de  plumes,  de  papier,  de  sièges,  et  de  tenir  le  tout  en  bon  état 

Le  seul  bibliothécaire  de  cette  Maison  dont  nous  ayons  pu  retrouver  le  nom 
est  le  P.  Jacques  Armand,  c|ui  remplissait  ces  fonctions  en  1722 

Suivant  G.  Brice,  la  bibliothèque  des  Carmes  déchaussés  était  cr  petite  et  peu 
rc  nombreuse  ('^',  n  ce  qui  ne  s'accorde  guère  avec  le  témoignage  de  Piganiol  de  la 
Force,  qui,  presque  à  la  même  époque,  lui  attribue  douze  mille  volumes'"';  c'est 
encore  le  chiffre  donné  par  Thiéry  en  1787  ''^'.  Dans  la  Déclaration  officielle  faite 
le  1"  janvier  1790  à  la  municipalité  de  Paris"^'  par  le  couvent,  nous  n'avons  ren- 
contré aucune  mention  relative  à  la  bibliothèque;  mais  lors  du  recensement  fait 
dans  les  dépôts  littéraires  on  trouva  dix-huit  mille  cent  quatre-vingt-un  volumes 


Article  1". 

rrCodiccm  habeat,  in  cpio  omnes  libri,  tam 
T présentes  quaia  fiituri,  per  classes  distincte  no- 
fttentur.'î  (Article  2.) 

rfLibros  cujuscumqne  scientiœ  distinctis  re- 
rfceplaculis  ita  disponat,  ut  facile  inveniri  possint.îî 
(Article  3.) 

ffliidicem  librorum  prohibitorum  perspectum 
rrbabeat,  ne  quis  liber  probibitus  per  incogitan- 
rrtiam  admittaliir  .  .  Quos  vero  ex  probibitis  reli- 
ef nendi  erit  licentia,  seorsim  clavi  adhibita,  pluteis 
rrdesignatis  incliidat.)i  (Article  li.) 

crNe  quidem  ipse  bibliotbecarius,  absque  su- 
frperioris  venia,  e  bibliolbcca  Hbros  exporlet.') 
(Article  9.) 

ff  Miindiliam  curel;  pulvercm  ai*anearumqne 
trtelas  abstergat;  tinearum  et  niurium  remédia 
ffprovideat.n  (Article  12.) 


ff  Moveat  aliquando  libres  qui  raro  soient  ape- 
ffriri.n  (Article  i3.) 

ffCum  in  bibliolbeea  soleat  esse  mens  a  coni- 
frmodiori  in  loco,  ibiqiie  parari  atramenlum. 
ffcharlas,  et  alia  ad  scribondum  necessaria,  necnon 
ffaliqua  sedilia,  seu  scabella,  curet  ut  omnia  sinl 
ffapla,  munda  etbene  composita.Ti  (Article  li.) 

G.  Wallin,  Lutctin  Piirisiorum  enidila  sut 
temporis,  p.  120. 

G.Brice,  iVoHi'.  descr.  de  Paris,  1. 111,  p.  867. 

Piganiol  de  h  Force ,  Description  hisloriquc 
de  Paris,  t.  Vil,  p.  288. 

Tliiéry,  Guide  des  amateurs  el  des  étrangers, 
t.  11.  p.  A19. 

Déclaration  des  biens  meubles  et  immeubles,  i-e- 
remis  cl  charges,  dettes  actives  et  passives  du  couvent 
des  Carmes  déchaussés,  situé  rue  de  Vaugirard ,  à 
Paris.  Archives  de  l'Empire,  série  S.  carton  n°  8728. 


CARMES  DÉCHAUSSES.  313 

provenant  de  cette  Maison'^'.  On  y  remarquait  surtout  un  manuscrit  de  la  Chronique 
de  Flodoard  qui  passait  pour  l'original  de  ce  précieux  ouvrage et  un  manuscrit 
sur  tablettes  enduites  de  cire'^^  semblables  à  celles  que  possédaient  l'abbaye  de 
Saint-Victor  et  celle  de  Saint-Germain-des-Prés  On  conserve  à  la  bibliotbèque 
Mazarine'^)  un  exemplaire  des  œuvres  de  sainte  Tbérèse  traduites  par  Arnauld 
d'Andilly,  sur  lequel  on  lit  cet  envoi  autograplie  :  cr  Je  prie  les  Révérends  Pères 
c:  Carmes  déchaussez  du  monastère  de  Paris  de  recevoir  ce  livre  d'aussi  bon  cœur 
«que  je  le  leur  donne,  et  de  prier  Dieu  pour  moy.  Arnauld  d'Andilly. ii 

Tous  ces  livres  étaient  distribués  en  deux  salles  assez  jolies,  qui  donnaient  sur 
la  canqiagne,  et  d'oij  l'on  jouissait  d'une  vue  admirable'"*.  Une  troisième  pièce 
renfermait  une  collection  assez  complète  d'histoire  naturelle,  et  un  médaillier  qui 
ne  comprenait  d'ailleurs  que  les  papes  et  les  rois  de  France 

Le  catalogue  de  cette  bibliothèque  fut  rédigé  entre  les  années  1782  et  1789 
parle  P.  Sigismond;  il  forme  onze  volumes  in-folio,  qui  sont  aujourd'hui  con- 
servés à  la  bibliothèque  de  l'Arsenal'*'.  Les  neuf  premiers  volumes  contiennent  la 
liste  des  ouvrages  imprimés.  Le  dixième  est  le  Catalogue  des  manuscrits  sur  vélin, 
parchemin  et  papier,  ainsi  que  des  langues  étrangères,  et  géographie,  renfermés  dans  les 
armoires  numérotés  (sic)  qui  se  trouvent  sous  les  bureaux  de  la  grande  bibliothèque. 
Commencé  le  a 5  may  ijSg.  Le  onzième  volume  est  intitulé  :  Catalogue  des  livres 
contenus  dans  le  buffet  de  la  grande  bibliothèque,  et  qui  a  pour  titre  Opéra  miscellanea 
sous  la  lettre  V.  Commencé  le  i5  mai  ij8g. 

Les  livres  provenant  du  couvent  des  Carmes  déchaussés  portent,  suivant  leur 
format,  l'une  des  deux  estampilles  que  nous  reproduisons  ici,  et  qui  sont  presque 
toujours  tracées  en  bleu  : 

->v  ^ 


Recensement  détaillé  des  livres  des  bibliothèques 
du  département  de  Paris.  3o  septembre  ijgi.  Ar- 
chives Je  l'Empire,  série  M.  carton  n°  797. 

Pig-aniol  fie  la  Force ,  Description  hislori'jue  de 
Paris,  t.  VII,  p.  2  83. 

Nouveau  traité  de  diplomatique,  t.  I,  p.  458. 

Voyez  t.  I,  p.  1G9  et  i3i. 

II. 


Imprimés,  n°  208G  E. 
°'  J.-C.  Némeitz,  Le  séjour  de  Paris,  ou  instruc- 
tions curieuses,  etc.  t.  II,  p.  628. 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
t.  Il,  p.  /il 9. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal ,  manuscrits  in-folio , 
n°  839  K. 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 
On  y  rencontre  aussi  des  inscriptions  manuscrites  dont  la  formule  varie  peu 


CONVENTUS  PARISIENSIS  CARMELIT.  DISCALCEATORUM. 
CONVENTUS  SANCTI  JOSEPHI^'^  PARIS.  CARMEL.  DISCAL. 
EX  ARCHIVIO  CONVENTUS  PARIS.  CARM.  DISCAL 
AUX  CARMES  DÉCHAUSSÉS  DE  PARIS. 

Ce  couvent  fut  supprimé  en  1790,  et  les  bâtiments  qui  le  composaient  furent 
vendus  en  1 808,  Rachetés  depuis,  ils  ont  reçu  diverses  destinations,  et  sont  occupés 
aujourd'hui  par  une  maison  d'éducation  religieuse.  L'église,  rouverte  depuis  long- 
temps au  culte,  à  titre  privé,  a  été  récemment  restaurée  et  est  devenue  la  cha- 
pelle de  la  nouvelle  maison  d'études. 

L'église  du  couvent  était  consacrée  à  Saint-Joseph. 


Fac-simile  héUograpïiique. 


Plan  de  B.  JaiUot  (  1717  ). 


JACOBINS  DE  LA  RUE  S AINT-HONORÉ 


Vers  le  milieu  de  la  rue  Saint-Honoré,  à  distance  égale  de  la  place  Vendôme 
et  du  Palais-Royal,  et  sur  l'emplacement  où  se  trouve  aujourd'hui  le  vaste  marché 
Saint-Honoré,  on  voyait  encore  en  179^  l'église  et  le  couvent  des  Frères  Prê- 
cheurs, dits  Jacobins. 

Ces  religieux  avaient  eu  de  très-bonne  heure  une  Maison  dans  la  rue  Saint- 
Jacques  mais  il  s'y  était  introduit  de  tels  désordres,  que  leur  général,  Sébas- 
tien Michaelis,  résolut  de  soumettre  l'ordre  à  une  réforme  complète.  L'ancien 
couvent  ayant  refusé  de  l'accepter,  on  fit  venir  d'Italie  cinq  nouveaux  frères  prê- 
cheurs, et  des  lettres  patentes  de  septembre  1611  autorisèrent  leur  établissement 
à  Paris.  On  s'occupa  aussitôt  de  la  construction  d'un  couvent,  et  l'on  s'adressa 
dans  ce  but  un  peu  partout l'archevêque  de  Paris,  Pierre  de  Gondi,  grand- 
oncle  du  fameux  cardinal  de  Uetz,  dépensa  pour  cet  objet  près  de  5 0,0 00  livres. 

Dès  l'année  i6i3,  les  Jacobins  de  la  rue  Saint-Honoré  comuiencèrent  une 
bibliothèque'*'.  Comme  elle  ne  s'augmentait  pas  aussi  vite  qu'ils  l'eussent  désiré, 
ils  eurent  recours  à  une  ruse  assez  grossière  et  dont  ils  attendaient  sans  doute 


Pl.w.  N°'  de  renvoi  :    7,  l'Hôtel  de  Gesvres. 

—  G/i,  l'Hôtel  de  Pont-Cliartrain.  —  05,  W  de 
Montargis.  —  66 ,  l'Hôtel  de  M.  le  duc  de  Tresme, 
Gouverneur  de  Paris.  —  67,  l'Hôtel  Chaniillard. 

—  68,  l'Hôtel  d'Antin. 


Voyez  t.  I,  p.  191. 

D.  H.  I.  Supplément  aux  aiitifjuite:,  de  Paris 
(le  Dnbrenl,  p.  ig. 

Durey  de  Noinville,  Dissertation  sur  les  hi- 
hliothèques ,  p.  52. 


ho. 


316  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

un  grand  succès.  Ils  résolurent  de  la  dédier  au  Dauphin,  lils  de  Louis  XUi,  et,  le 
lendemain  de  sa  naissance,  l'inscription  suivante  fut  placée  sur  la  porte  d'entrée  : 


HJEC  PRINCIPI  DELPHINO  BIBLIOTHECA 

DICATA  FUIT 

DIE  NATALI  EJU3  V  SEPTEMBRIS  1638'"- 


Cette  flatterie  ne  reçut  aucune  récompense.  Les  religieux  ne  se  désespérèrent 
pourtant  pas,  et  continuèrent  à  nommer  leur  collection  Bibliothèque  de  moinseignelr 
LE  Dauphin 

La  libéralité  d'un  médecin  allemand,  dont  le  fils  était  jacobin,  les  consola  d'ail- 
leurs un  peu  de  cet  échec,  et  en  i6/i3  leur  bibliothèque  comptait  environ 
quatre  mille  volumes  (^L  Ils  travaillèrent  patiemment  à  la  compléter  en  provo- 
<|uant  des  donations,  et  même  par  des  achats,  comme  le  prouve  le  mot  cremptus,  v 
suivi  d'une  date,  qui  accompagne  assez  fréquemment  le  nom  du  couvent  sur  leurs 
volumes.  Nous  avons  pu  retrouver  aussi,  grâce  à  d'autres  inscriptions  manus- 
crites, les  noms  de  quelques  bienfaiteurs  de  cette  bibliotlièque. 

En  décembre  16/17,  le  domùiicain  belge  Bruslé  de  Montplainchamp  leur  laissa 
un  certain  nombre  d'ouvrages,  qui  reçurent  cette  mention  • 

EX  DONO  D.  D.  BRUSLÉ,  31  DECEMIl  Î6â7. 

La  même  année,  une  donation  beaucoup  plus  considérable  fut  faite  au  couvent 
par  Pierre  Quétif,  parent  sans  doute  du  savant  Jacques  Quétif ,  à  qui  l'on  venait 
de  confier  les  fonctions  de  bibliothécaire;  les  manuscrits,  en  général  fort  pré- 
cieux, qui  proviennent  d(;  cette  source,  portent  une  inscription  ordinairement 
précédée  de  la  date  du  cj  mars  16/17,  conçue  en  ces  termes  :  cfEx  dono  domini 
ff Pétri  Quetif,  civis  Parisiensis,  pro  bibliotheca;  n  ou  encore  :  rrEx  dono  domini 
crP.  Quetif  et  liberorum.n  Jacques  Quétif  suivit  cet  exemple,  puisque,  d'après  le 
P.  Echard,  il  procura  à  la  bibliothèque  du  couvent  un  nombre  rr  incroyable  de 
bons  livres'^'. 

En  1  671,  nouvelle  libéralité  due  à  François  de  Bosquet,  qui  fut  successivement 


''  Milliii,  Antiquités  nationales,  t.  I,  p.  53. 

Durey  de  Noinville,  Dissertation  sur  les  bi- 
lilinlhcqiies ,  p.  52. 

L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques , 
p.  519. 


Legallois,  Traittc  des  plus  belles  bibliotlièqurs 
de  l'Europe,  p.  i36. 

rrUt  vir  fuit  rei  litterariae  semper  et,  ut  ita 
ffdicam,  ab  incunabulis  librariaeque  deditus,  in- 
rrcrodibile  est  quot  et  inelioris  notae  libros  seii  bi- 


JACOBINS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORÉ.  317 

évoque  de  Lodève  et  de  Montpellier;  celle-ci  se  composait  surtout  de  manuscrits, 
et  devait  être  assez  importante,  si  l'on  en  juge  par  le  luxe  d'inscription  que  re- 
çurent les  volumes  :  «Ex  dono  illustrissimi  reverendissimique  domini  Fi-ancisci 
rr  Bosqueti ,  Narbonensis ,  episcopi  Montispessulani ,  antea  Lodovensis  episcopi ,  die. . . 
rrmartii  1671.  Pro  bibliotlieca  FF.  Praedicatorum  conventus  Parisiensis  SS.  An- 
crnunciationis  B.  M.  V.  via  Sancti  Honorati;n  ou  encore  :  rcEx  dono  illustrissimi 
tr reverendissimique  domini  Francisci  Bosqueti,  Narbonensis,  ex  comité  consisto- 
rr  riano  régis  christianissimi,  episcopus  primum  Lodovensis,  deinde  episcopus  Ma- 
tr  galonensis  sive  Montispessulani.  Pro  bibliotheca  conventus  Parisiensis  sanctissimae 
rr  Annunciationis  Beatissimœ  Mariœ  Virginis,  Sancti  Honorati  via,  ordinis  FF.  Prœ- 
ff  dicatorum.  1 67 1  1^ 

Onze  ans  après,  un  professeur  du  collège  d'Harcourt,  nommé  Dufour,  donna 
au  couvent  une  géographie  manuscrite  qui  était  probablement  son  œuvre,  et  à 
la  fin  de  laquelle  on  écrivit  :  cr  Finis  totuis  geographiœ  datae  a  domino  Dufour, 
ffprofessore  humanistarum  collegio  Harcuriano,  anno  Domini  millegimo  sexen- 
trtegimo  octogesimo  secundo,  1682  '-'.n 

En  mai  1699,  Louis  Piques,  savant  docteur  de  Sorbonne,  et  l'un  des  premiers 
bibliothécaires  de  la  bibliothèque  Mazarine,  légua  aux  Jacobins  tous  ses  livres, 
qui  comprenaient  une  très-riche  collection  d'ouvrages  en  langues  orientales 
Sur  la  plupart  de  ces  volumes  on  trouve  la  signature  du  donateur  et  ces  mots  : 
rrEx  legato  domini  Piques'*',  D.  et  S.  t^'  Sorbonici,  maii  1699.  n 

Enfin,  en  1708,  le  couvent  fit  un  échange  avec  le  monastère  du  même  ordre 
établi  à  Gaen;  il  lui  donna  des  ouvrages  modernes  et  en  reçut  de  plus  anciens, 
sur  lesquels  on  inscrivit  la  note  suivante  :  crHoc  volumen  a  conventu  Cadomensi 
frnobis  concessum  est  cum  quibusdam  aliis  antiquis  voluminibus,  in  quorum  vicem 
rcalia  recensiora  eisque  commodiora  ac  utiliora  opéra  a  conventu  Parisiensi  re- 
crponsa  [sic)  fuere.  v 

La  bibliothèque  de  ce  couvent,  riche  de  vingt  mille  volumes  en  i^'i^^^'>\  avait 
déjà  pris  rang  en  1761  parmi  les  plus  belles  de  Paris (''^  et  renfermait  dix  ans 
après  environ  vingt-cinq  mille  volumes*^'.  En  1781,  elle  avait  atteint  le  chiffre 

rrbliothecaï  noslras  Parisiensi  procurarit,  seu  lo-  Ou  frPicquesn. 

rf^ml-Ti  {]  Aid\avà,Scriptor  es  ordinis  prœdicatorum ,  Doctoris  et  socii;  voyez  l.  I,  p.  9  2  G. 

t.  Il,  p.  7^6.)  C'  J.-C.  Ne'nieitz,  Le  séjour  de  Paris ,  on  instnir- 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds  tiens  curieuses,  etc.  t.  I,  p.  268. 
latin,  n°  lySSi,  autrefois  fonds  des  Jacobins  Saint-  Diderot, d'Alembert.^nc^c/o^^cW/e,  t.  II, p. 287. 

Honoré,  n"  3(i.  —  Bibliothèque  Mazarine,  manus-  Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 

crits,  n°  J.  /163  A.  Paris,  t.  II,  p.  hlii. 

^'  Bibliothèque  impériale,   manuscrits,  fonds  G.  Wallin,  en  1722,  lui  attribue  déjà  vingt- 
latin,  n"  1825/1;  autrefois  fonds  des  Jacobins  cinq  mille  volumes  imprimés  et  deux  cenis  ma- 
Saint-Honoré,  n°  58.  nuscrits  [Lutctia  Parisiorum  erudita  siii  temporis, 
Piganiol  de  la  Force ,  Description  historique  de  p.  119),  mais  celte  évaluation  nous  paraît  très- 
Paris,  t.  II,  p.  hk'i.  exagérée. 


318  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS, 

de  trente  mille enfin,  en  1787,  on  lui  attribuait  trente-deux  mille  imprimés  et 
deux  cent  trente-deux  manuscrits  t^'.  Elle  était  depuis  longtemps  du  nombre  des 
bibliothèques  conventuelles  dans  lesquelles  les  personnes  lettrées  avaient  un 
facde  accès 

L.  Jacob  accorde  l'épithète  de  rrtrès  somptueuse  ti  à  la  galerie  qui  avait  été 
construite  pour  loger  ces  livres Elle  était  située  au-dessus  de  l'église,  bien 
aérée,  voûtée,  fort  vaste et  ornée  des  portraits  de  dix-huit  religieux  célèbres 
de  l'ordre  de  Saint-Dominique  '^l  A  droite  et  à  gauche  se  trouvaient  trois  petites 
salles,  dans  l'une  desquelles  on  avait  pratic[ué  un  escalier  qui  conduisait  au  cabinet 
des  ouvrages  imprimés  sur  vélin 

Au-dessus  de  la  porte  d'entrée  de  la  grande  galerie,  on  remarquait  un  tableau 
allégorique  assez  curieux,  et  que  Piganiol  croit  être  d'un  élève  de  Simon  Vouet. 
Il  représentait  saint  Thomas  d'Aquin,  le  plus  illustre  des  théologiens  domini- 
cains, assis  sur  une  fontaine  qui  jetait  de  l'eau  par  une  multitude  d'ouvertures; 
cette  fontaine  était  entourée  de  moines  appartenant  aux  différents  ordres  reli- 
gieux, et  qui  tous  s'empressaient  d'aller  remplir  leur  tasse  de  ce  précieux  breu- 
vage; seul,  sur  le  devant  du  tableau,  un  jésuite,  sa  cruche  à  la  main,  hésitait  fort 
à  s'approcher 

Au  miheu  de  la  même  salle  figuraient  deux  grands  globes  de  Goronelli^'l 
Les  livres  qui  composaient  cette  bibliothèque  étaient  crbien  choisis n  La 
médecine,  qui  y  était  très-richement  représentée^^'',  et  la  philosophie  remplis- 
saient un  des  cabinets  qui  ouvraient  sur  la  grande  galerie;  dans  les  deux  autres, 
on  avait  classé  les  historiens  et  les  moralistes.  Le  legs  de  Louis  Piques  avait 
amplement  fourni  le  couvent  de  livres  appartenant  aux  littératures  orientales; 
on  y  remarquait  aussi  une  cinquantaine  d'éditions  du  xv^  siècle.  Les  manuscrits 
étaient  renfermés  dans  une  armoire  grillée;  ils  comprenaient  des  ouvrages  en 
langues  chinoise,  japonaise,  syriaque,  grecque,  hébraïque,  persane,  arménienne, 
turque  et  éthiopienne ''^';  le  Coran  en  arabe ''^';  quelques  traités  de  saint  Au- 


Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  357. 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
t.  I,  p.  l5â. 

Durey  de  Noinville,  Dissertation  sur  les  bi- 
bliothèques, p.  AS. 

L.  Jacob,  Traictê  des  plus  belles  bibliothèques , 
p.  519. 

Duval,  Souvenirs  de  la  Terreur,  t.  III,  p.  i3i. 

Procès-verbal  d'inventaire  dresse  che::,  les  Do- 
minicains de  la  rue  Saint-Honoré.  Archives  de  FEm- 
pire,  série  S,  carton  n°  42  22. 

Tliie'ry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
t.  1",  p.  l52. 


Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  II,  p.  kki.  L'inventaire  officiel  l'attribue 
à  un  peintre  qu'il  nomme  Minet  de  Lertin. 

Inventaire  des  biens  meubles  des  Jacobins  de  la 
rue  Saint-IIonoré.  Archives  de  l'Empire,  sërie  S, 
carton  n°  4 2 2 2. 

Sauvai,  Histoire  et  recherches  des  antiquités  de 
la  ville  de  Paris,  1. 1,  p.  6  1 1. 

L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques , 
p.  619. 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers , 
t.  I,  p.  l59. 

Diirey  de  Noinville,  Dissertation  sur  les  bi- 
bliothèques, p.  62. 


JACOBINS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORE.  319 
gustinW,  et  le  manuscrit  autographe  du  catécliisme  des  Jésuites  par  Etienne 
Pasquier  '"'l 

Le  couvent  possédait  encore  un  cabinet  de  médailles  et  d'histoire  naturelle 
qui  était  fort  estimé  et  avait  été  formé  par  les  PP.  Labat  et  Nicolson.  Son  mobi- 
lier est  ainsi  décrit  dans  l'inventaire  dressé  en  1790  : 

Une  table  de  bois  tourné  avec  son  dessus  d'agate. 
Trois  faulcuHs  fonce's,  de  canne. 
Une  table  antique  de  bois  d'acajou. 

Trois  tableaux,  dont  un  moyen  point  sur  toile,  représentant  un  Dominicain,  et  les  deux 
autres  plus  petits  sur  bois,  portraits  inconnus,  dans  leur  bordure  de  bois  doré. 

Un  grand  armoire,  en  face  des  croise'es  du  cabinet,  à  neuf  battans  de  bois  peint  en  gris, 
chaque  battant  garni  de  six  carreaux  de  verre  garnis  de  tablettes  en  dedans,  sur  lesquelles  sont 
différentes  pièces  d'histoire  naturelle. 

Cent  soixante  et  treize  me'dailles,  dont  une  d'or  très  petite.  Vingt-quatre  tant  antiques  que 
modernes,  d'argent;  et  le  surplus  tant  en  plomb  qu'en  bronze,  tant  antiques  que  modernes'''. 

Un  modèle  en  bois  de  bâtiment  indien. 

Quatre  modèles  en  bois  de  moulins  à  sucre 

Le  P.  J.  Echard  fut  bibliothécaire  des  Jacobins  jusque  vers  172 1  il  eut  pour 
successeur  le  P.  Michel  Lequien^'''.  Ce  sont  là,  avec  le  P.  Quétif,  les  seuls  dont  le 
nom  nous  ait  été  conservé. 

Nous  n'avons  pu  retrouver  aucun  des  catalogues  de  cette  bibliothèque,  qui 
cependant  en  posséda  plusieurs.  Le  18  janvier  1790,  le  prieur  déclarait  tr avoir 
ce  fait  un  relevé  de  tous  les  livres  qui  composent  la  bibliothèque  desdits  religieux, 
«contenu  dans  un  catalogue  écrit,  contenant  58  pages  et  demie,  lequel  catalogue 
trest  demeuré  annexé  à  la  minute  des  présentes ^  (d  en  a  malheureusement  été 
séparé  depuis);  et  l'on  voit  figurer  dans  l'inventaire  dressé  au  mois  de  mai  rrsept 
ff  volumes  in-folio  qui  sont  le  catalogue  et  un  indice  des  livres  de  laditte  biblio- 
trthèque,  lequel  catalogue  indique  l'année  de  l'édition  et  le  lieu  de  l'impression ,  ii 
et  encore  rtun  catalogue  des  manuscrits  qui  indique  le  format  et  l'ancienneté  de 
cf  l'écriture  '^l  n 


Legallois,  Traitté  des  plus  belles  bibliothèques 
de  l'Europe,  p.  i.36. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  357. 

Almanach  parisien  à  l'usage  des  étrangers  pour 
ijSS,  p.  67. 

Ces  médailles  sont  décrites  dans  un  cahier 
annexé  à  la  pièce  suivante  :  Déclaration  des  religieux 
Dominicains  de  la  rue  Saint- Honoré,  concernante 
leurs  biens  mobiliers  et  immobiliers,  leurs  revenus  et 
leurs  charges.  Archives  de  l'Empire,  série  S,  carton 

U"  4222. 


Proces-verbal  d'inventaire  dressé  chez  les  Do- 
minicains de  la  rue  Saint-llonoré.  Archives  de  l'Em- 
pire, série  S,  carton  n°  A299. 

G.  Brice,  Nouvelle  description  de  Paris,  t.  I  , 
p.  263. 

S.  de  Valhehert,  L'agenda  du  voyageur  à 
Paris,  p.  7/1.  —  G.  Walhn,  Lutelia  Parisiorum 
erudita  sut  temporis,  p.  119. 

Déclaration  des  religieux  Dominicains  de  la  ruë 
Saint-Honoré.  Archives  de  l'Empire,  sérié  S,  car- 
ton n"  4222. 

Déclaration  des  religieux  Dominicains  de  la  ruë 


320  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

L'estampille  de  ce  couvent,  la  même  qu'adopta  plus  tard  le  noviciat  des  Jaco- 
hins,  était  très-simple,  comme  on  voit, 

et  n'avait  aucune  signification  spéciale.  Quant  aux  inscriptions  manuscrites,  peu  de 
religieux  en  ont  autant  abusé;  on  rencontre: 

EX  BIDLIOTHECA  CONVENWS  PARISIENSIS  S'^  ANNUNCIATIONIS  ORDINIS 
FF.  PIŒDICATORUM,  VIA  SANCTI  HONORATI. 

EX  LIBRIS  BIBLIOTHECM  CONVENWS  PARISIENSIS 
SANCTISSIMjE  MARIjE  ANNUNCIATM^'^  ORDINIS  FRATRUM  PRMDICATORUM 
STRICTIORIS  OBSERVANTŒ  IN  VICO  NOVO  SANCTI  HONORATI. 

Ces  inscriptions  sont  presque  toujours  accompagnées  d'une  date  et  des  indica- 
tions nécessaires  pour  remettre  le  volume  en  place.  Ces  dernières  indiquent  à  la 
fois  l'armoire  [muséum)  qui  contient  le  volume,  la  tablette  qui  le  supporte  et  le 
rang  qu'il  y  occupe;  elles  sont  ordinairement  ainsi  disposées  : 

Les  Jacobins  furent  supprimés  en  1790.  Quand  l'Assemblée  nationale  eut  été 
transférée  à  Paris,  le  club  dit  des  Amis  de  la  Constitution  l'y  suivit,  et  choisit  pour 
lieu  ordinaire  de  ses  séances  la  bibliothèque  du  couvent  des  Jacobins.  Les  livrée 
ne  furent  enlevés  que  plus  tard,  sur  la  demande  de  l'admiinstration  des  biens 
nationaux ,  et  on  les  transporta  au  dépôt  établi  près  de  là  dans  le  couvent  des 
Capucins  Saint-Honoré  Aux  deux  extrémités  de  la  bibliothèque  des  Jacobins, 
on  pratiqua  alors  deux  immenses  tribunes  capables  de  contenir  chacune  douze  à 
(juinze  cents  personnes Millin  a  publié,  dans  ses  Antiquités  nationales,  une  gra- 
vure que  nous  reproduisons,  et  qui  représente  la  bibliothèque  ainsi  transformée'*'. 


Saint-Honoré.  Archives  de  l'Empire ,  série  S ,  carton 

11°  /l22S!. 

L'église  de  ce  couvent  avait  été  dédiée  sous 
le  titre  de  l'Annonciation  de  la  Vierge. 


Archives  de  l'Empire,  série  F",  cartons  n°' 
1 163  et  i2o3. 

Duval,  Souvenirs  de  la  Terreur,  t.  III,  p.  1.3/). 
Tome  l,  Jacobins  Saini-Honorc ,  p.  54. 


JACOBINS  DE  LA  RUE  SAINT-HONORÉ.  321 

Ce  clul),  qui  avait  à  sa  tête  des  députés  de  l'opinion  la  plus  avancée,  perdit  peu  à 
peu  son  nom  prirnitii",  et  ne  fut  bientôt  plus  désigné  ([ue  par  celui  du  couvent  où 
il  s'était  établi.  Le  club  des  Jacobins  fut  fermé  en  179Û;  on  démolit  ensuite  les 
bâtiments  du  couvent,  et  sur  leurs  ruines  s'est  élevé,  en  1810,  un  marché, 
réceumient  reconstruit,  (pii  s'est  appelé  d'abord  marché  des  Jacobins,  puis  mai- 
clié  Saint-llonoré.  Le  couvent  était  plus  rapj)rocIié  des  rues  de  la  Sourdière  et 
Saiiit-Hvaciiitlie. 


1,1 


MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE. 


Vers  la  fin  du  règne  de  Henri  IV,  les  Minimes  avaient  déjà  deux  couvents  près 
de  Paris,  l'un  à  Passy,  l'autre  à  Vincennes;  ils  voulurent  en  posséder  un  dans  la 
capitale  même,  et  s'établirent  provisoirement  sur  l'emplacement  qu'occupe  au- 
jourd'hui l'église  Saint-Rocli.  Presque  aussitôt  un  chanoine  de  Notre-Dame, 
nommé  Olivier  Chaillou,  leur  fournit  les  fonds  nécessaires  pour  acheter  un  vaste 
terrain  qui  dépendait  de  l'ancien  hôtel  des  Tournelles Marie  de  Médicis  pour- 
vut aux  frais  de  la  construction  du  monastère f"^',  et,  le  18  septembre  1611,  la 
première  pierre  de  l'église  fut  posée  par  Henri  de  Gondi;  mais  les  circonstances 
politiques  retardèrent  l'achèvement  de  cet  édifice,  qui  ne  fut  terminé  qu'en  1679. 

Les  Minimes  n'avaient  pas  attendu  jusque-là  pour  former  une  bibliothèque 
dans  leur  couvent.  Ils  la  commencèrent  de  leurs  propres  deniers  et,  sans  autre 
secours,  elle  s'augmenta  rapidement,  car  l'argent  ne  leur  manquait  pas.  On  sait 
que  ces  religieux  avaient  su  tirer  un  très-beau  parti  de  leur  nom  si  humble  en 
apparence,  et  qu'ils  prétendaient  avoir  été  directement  désignés  par  Jésus-GlirisI 
dans  cette  phrase  :  «Je  compterai  comme  fait  à  moi-même  le  bien  que  vous  aurez 
trfait  au  plus  petit  des  miens,  n  qnod  uni  ex  minimis  mets  fecistis.  Il  faut  avouer  que, 
pour  un  ordre  mendiant,  le  commentaire  était  assez  ingénieux.  Il  tourna  d'ailleurs 
à  la  plus  grande  gloire  de  la  bibliographie,  car,  dès  les  Minimes  possé- 

Annales  de  l'ordre  des  religieux  Minimes  et  en  G.  Brice,  Nouvelle  description  de  Paris,  t.  II, 

particulier  de  la  province  de  France ,  pages  iyetyS.       p.  aiSetai/j. 

Bibliothèque  impériale ,  manuscrits ,  fonds  français .  Durey  de  Noinville ,  Dissertation  sur  les  biblio- 

n"  -iSiaô,  autrefois  fonds  des  Minimes.  n°  Sg.  tlmjues,  p.  59. 

4i . 


32^  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

daient  huit  mille  volumes'",  et  leur  collection  était  regardée  comme  l'une  des 
plus  belles  de  Paris'-'.  Elle  avait  renfermé,  outre  les  livres,  un  certain  nombre 
de  médailles  précieuses,  dont  la  Maison  s'était  défait,  en  décembre  i6hi,  pour  la 
somme  de  700  livres'^'. 

Elle  s'enrichit  successivement  par  les  libéralités  de  plusieurs  minimes  distin- 
gués, dont  les  plus  connus  sont  les  PP.  Hilarion  de  Coste,  Jean-François  Niceron, 
Robert  Renaud,  bibliophile  instruit,  et  Marin  Mersenne,  le  condisciple  et  l'ami 
de  Descartes.  Mersenne  laissa  au  couvent,  avec  une  précieuse  collection  d'ouvrages 
scientifiques'*',  un  grand  nombre  d'instruments  de  mathématiques;  presque  tous 
furent  vendus  :  cr après  la  mort  de  ce  Révérend  Père,  dit  un  chroniqueur  de  la 
rr Maison,  on  vendit  la  plus  grande  partie  de  ses  instrumens  de  mathématiques, 
trdont  il  nous  en  est  resté  peu;  comme  M'  Gornuti,  notre  médecin,  nous  servoit 
cf  gratis,  on  crut  lui  devoir  offrir  en  présent  sa  pierre  d'ayman  ou  sa  grande  lunette; 
rril  accepta  la  lunette '^'.n  En  i653,  un  conseiller  de  la  Cour  des  aides,  nommé 
Alexandre  Lelenneur,  donna  aux  Minimes  toute  sa  bibliothèque,  qui  était  nom- 
breuse et  bien  choisie.  Les  religieux,  pour  perpétuer  le  souvenir  de  ce  bienfait, 
collèrent  dans  chacun  des  volumes  qui  en  provenaient  une  bande  de  papier  sur 
laquelle  étaient  imprimés  ces  mots  : 

Ex  dono  cîariffimi  Se  eruditifïîim 
TOiDominiD  Iacobi  Alexandri 
LetenîîÈvr  Parifini,ConfiIiarij  Ré- 
gis Chtiftiamir.  &  in  Taprenia  veétiga- 
liam  Aquitanias  Curia  Seûatoris  inte - 
gerrimi  ^  qui  obiitio.  lanuaxij  anni  i6j^, 

La  même  faveur  fut  accordée  à  un  autre  bienfaiteur  de  cette  bibliothèque, 
le  sieur  Decombes  : 

Ex  dono  honeftiffimi  Viri  Domini  Decombes, 
Civis  Patifîenfis. 

sur  lequel  nous  n'avons  pu  trouver  aucun  renseignement. 


L.Jacob,  Traiclé  des  plus  belles  bibliothèques , 
p.  54/1. 

rrLa  bibliollièque  est  des  plus  belles  de  Paris, 
tf remplie  de  très-bons  livres,  en  toutes  sortes  de 
ff sciences,  très-bien  choisis  et  curieux ,  où  plusieurs 
ffgrands  hommes  de  lettres  et  de  sçavoir  se  rendent 
"Souvent  pour  en  avoir  la  communication,  (D.  H.  I. 
Supplément  aux  antiquités  de  Paris  de  J.  Dubreul, 
p.  bli.) 


Annales  des  Minimes  de  la  province  de  France, 
où  se  trouve  eu  particulier  tout  ce  qui  regarde  le  cou- 
vent de  la  place  Boïale.  Paris,  m.dcc.lvi,  p.  170. 
Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  2881. 

Voyez  la  Bymaitle  sur  les  plus  célèbres  biblio- 
tières  de  Paris,  vers  28. 

Annales  de  l'ordre  des  religieux  Minimes  et  en 
particulier  de  la  province  de  France,  p.  161.  Biblio- 
thèque impe'riale  ,  manuscrits ,  fonds  français , 


MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE.  325 

Parmi  les  personnes  qui  vinrent  encore  augmenter  la  collection  du  couvent, 
il  faut  mentionner  un  célestin  nommé  de  Goussencourt,  qui  lui  donna  un  beau 
volume  en  partie  écrit  par  lui,  en  partie  imprimé,  eî  intitulé  :  Martyrologe  des 
chevaliers  de  Saint-Jean  de  Jérusalem^^K 

Michel  de  Marolles,  en  1676,  déclarait  la  bibliothèque  des  Minimes  tout  sim- 
plement rr  admirable ■«  Cependant,  faute  d'une  salle  spéciale  assez  grande,  les 
volumes  étaient  encore  dispersés  dans  plusieurs  chambres.  Le  2  6  septembre  de  cette 
même  année,  une  demoiselle  Catherine  de  Varrège  laissa  une  somme  de  5 00  li- 
vres aux  Mininies  pour  commencer  la  constiMiction  d'une  galerie  où  tous  les  livres 
seraient  réunis;  elle  accompagna  sa  donation  de  cette  clause  :  rrSi  dans  le  terme 
cfde  six  années  la  bibliothèque  ne  pouvoit  s'entreprendre,  lesdits  5 00  livres 
ff  resteroient  toujours  à  la  fin  de  chaque  correctoriat  pour  faire  la  provision  de 
ffvin  pour  l'année  suivante :i  II  va  sans  dire  que  la  nouvelle  galerie  ne  fut  pas 
exécutée. 

Cette  collection  prit,  l'année  suivante,  un  accroissement  considéi-able,  dû  à  la 
libéralité  de  Jean  de  Launoy,  grand  maître  du  collège  de  Navarre.  Par  son  testa- 
ment, en  date  du  10  mars'^',  il  légua  aux  Minimes  une  somme  assez  impor- 
tante'*^' et  la  moitié  de  sa  bibliothèque qui  renfermait  un  précieux  recueil  de 
rituels 

Au  mois  de  janvier  1G89,  l'abbé  de  Montigny  donna  au  couvent  la  gi'ande  col- 
lection des  Conciles  qui  avait  été  imprimée  au  Louvre.  Il  en  existait  déjà  dans  la 
bibliothèque  de  la  Maison  un  exemplaire  que  les  religieux  cédèrent  aux  Minimes 
de  Vincennes,  et  ceux-ci  s'engagèrent  à  dire  rrhuil  mille  messes  à  la  décharge  de 

n°  28196,  autrefois  fonds  des  Minimes,  n°  89.  XinvQ'j  àa  ^oxm'ïWa ,  Disseiial'wn  sur  les  hiblio- 

—  rrOctobre  iG/18.  On  est  convenu  de  vendre  thèques ,  p.  Ss. 

«plusieurs  instruniens  de  matliéma tiques  venants  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris, 

rrdu  R.  P.  Mersenne,  enlr  autres  une  pierre  d'ay-  t.  IV,  p.  /i6^,  et  G.  Brice,  Nourclle  description  de 

frman  et  une  grande  iunelle  d'observation.  Une  de  Paris,  t.  II,  p.  9  17,  disent  :  rrdenx  cents  e'cusd'or.n 

ffces  deux  pièces  a  élé  offerte  en  présent  à  notre  — Taisand,  Vies  des  Jurisconsultes,  p.  685,  se  pro- 

fr médecin,  qui  nous  servoit  gratuitement.  «  {Annales  nonce  pour  rflniit  cents  livres,  r,  Voyez  la  note  suiv. 
des  Minimes  de  la  province  de  France,  etc.  p.  172.)  ff  1 1  mars  1677.  M.  labbe'  de  Launoy,  cha- 

Nous  avons  trouve' ce  volume  à  la  Bibliolbèque  rriioine  de  la  catbédrale  de  Loon,  docteur  de  la  mai- 
impériale,  manuscrits,  fonds  français,  n°  98126  ,  rrson  de  Navarre,  fut  inbumé  en  notre  église.  Il  nous 
autrefois  fonds  des  Minimes,  n°  Sg.  On  lit  au  bas  fra  laissé  six  cents  livres,  tous  les  rituels  qu'il  avoit 
du  frontispice  :  ffDonné  par  le  H.  P.  de  Goussen-  ^recueillis  et  la  moiiié  de  ses  autres  livres;  i'autre 
rrcourt,  religieux  Célestin,  à  la  bibliothèque  des  rrau  séan'naire  de  la  ville  de  Laon.  M'  Le  Camus 
tRR.  Pères  Minimes  de  la  place  Royalle,  pour  "  voulut  lui  faire  mettre  une  épitaphe;  il  s'y  trouva 
frramiiié  qu  il  leur  porte.^  "de  grandes  difficultés  :  le  roi  rem|)ôcha.  n  {Annales 

Michel  de  Marolles,  Paris  ou  description  suc-  des  Minimes  de  la  province  de  France,  etc.  p.  178.) 
cincle  et  néantmoins  assez  ample  de  celte  grande  ville,  Antonini ,  Mémorial  de  Paris  et  de  ses  environs, 

P-  46.  t.  I,  p.  60.  —  Leprince,  Essai  historique  sur  la  bi- 

Temps  d'exercice  du  Correcteur.  bliotlièque  du  Hoi,  p.  862.  — Mais  voyez  le  Journal 

Annales  de  l'ordre  des  religieux  Minimes,  etc.  des  Savants  de  décembre  1782  ,  oii  la  valeur  de  ce 

P-  89.  recueil  est  fort  contestée. 


326  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

cela  sacristie''),  r  Enfin,  en  avril  1698,  le  couvent  acheta,  moyennant  1G0  livres, 
à  la  vente  après  décès  d'un  prêtre  de  Saint-Germain-l'Auxerrois,  la  Bibliothèque 
des  Pères  en  vingt-sept  volumes  in-folio 

En  1706,  une  nouvelle  occasion  fut  olTcrte  aux  Minimes  pour  faire  construire 
leur  bibliothèque.  Le  chroniqueur  du  couvent  s'exprime  ainsi:  rrUne  personne, 
ffen  considération  du  Fr,  Thimothé  Chalan,  qui  avoit  succédé  au  R.  P,  Sergent, 
rrmort  le  -i  juillet  1706,  à  l'apoticairerie,  a  donné  9,000  livres  pour  commencer 
ffà  faire  bâtir  une  bibliothèque.?!  Mais,  cette  fois  encore,  la  somme  offerte  reçut 
une  destination  différente  :  cf  On  a  acheté  un  contract  sur  la  ville  de  3, 000  livres, 
rrqui  n'a  coûté  que  2,95o  livres n 

A  partir  de  cette  époque,  il  devient  fort  difficile  de  préciser  les  développements 
que  prit  la  collection  des  Minimes;  les  documents  sont  nombreux,  mais  contra- 
dictoires. Suivant  Lemaire,  on  y  aurait  compté  quinze  mille  volumes  en  i685'*'. 
Sauvai,  quarante  ans  plus  tard,  ne  lui  en  accorde  plus  que  huit'^^  à  dix  mille 
G.  Wallin,  en  1729,  dit  vingt  mille G.  Brice,  en  1725'"',  se  prononce  pour 
quinze  mille;  et  INémeitz,  en  1727,  pour  vingt-quatre  mille  imprimés  et  sept 
cents  manuscrits  Nous  approchons  certainement  de  la  vérité  avec  Piganiol  de 
la  Force,  qui,  vers  1765,  attribue  à  cette  bibliothèque  vingt  mdle  volumes*^''',  en 
même  temps  que  Jugler  nous  donne  le  nombre  des  manuscrits,  qui,  suivant  lui, 
s'élevait  à  six  cents'"'.  Ces  chiffres  coïncident  en  effet  avec  ceux  que  nous  fournit 
un  annaliste  du  couvent  (jui  écrivait  en  1758''"^'.  Un  Guide  de  1768  s'en  tient 
également  à  vingt  mille  volumes  ''^';  et  nous  verrons  plus  loin  que  les  apprécia- 
tions de  Leprince  en  1781  et  de  Tiiiéry  en  1787  f'^'  sont,  quoique  logiques, 
inexactes. 

S'il  faut  en  croire  Maichelius,  cette  bibliothèque  avait  trois  bibliothécaires, 
ff  qui  volontiers  la  montroientau  public ii  dit  Lemaire,  et  surtout  aux  étrangers, 
crperegrini  qui  eo  se  recipiunt,  bibliothecœ  perlustrandae  studio  provocati,  faci- 


Annales  des  Minimes  do  In  province  de  France, 
etc.  p.  181. 

Annules  des  Minimes  de  la  province  de  France , 
cir.  ]).  1  89. 

'  Annales  des  Minimes  de  In  province  de  France , 
etc.  p.  1  Sh. 

Lemaire .  Paris  ancien  et  nonvenu ,  t.  11 ,  p.  1 7  4 . 

Sauvai,  Histoire  et  recherches  des  antiquités  de 
la  ville  de  Paris,  l.  111,  p.  0-2. 

Sauvai,  Histoire,  etc.  t.  1.  p.  hli3. 
'  '  G.  Wallin.  Lntetln  Parisionim  crudita  sui  tem- 
poris,  etc.  p.  lâo.  —  Le  P.  Tliibouville  était  alors 
hihliotliécaire  du  couvent. 

(1.  Brice.  l\ouvelle  description  de  Paris ,  t.  Il, 
p.  9  1  g. 


J.-C.  Némeitz,  Le  séjour  de  Paris,  on  instruc- 
tions curieuses,  etc.  t.  I,  p.  970. 

Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t.  IV,  p.  /169. 

Jugler,  Bibliotheca  historiœ  litterariœ  selecta , 
t.  1,  p.  227. 

Annales  de  l'ordre  des  religieux  Minimes  de  la 
province  de  France,  etc.  p.  126. 

''  ''  Le  Géographe  parisien ,  t.  1,  p.  297. 

Vingt-quatre  mille  volumes.  Leprince ,  Essai 
historique  sur  la  bibliothèque  du  Boi,  p.  3(')'3. 

Vingt-sept  mille  volumes.  Tliiéry,  Guide  des 
amateurs  et  des  étrangers ,  t.  I",  p.  687. 

Lemaire,  Paris  ancien  et  nouveau,  t.  II, 
p.  174. 


MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE.  327 

fflem  in  eam  adituni  experiri  soient*'',  n  II  paraît  même  que,  dès  iGSg,  plusieurs 
gens  de  lettres  allaient  régulièrement  y  travailler 

Les  Minimes,  qui  avaient  eu  pendant  longtemps  un  grand  amour  pour  leur 
bibliothèque,  finirent  peu  à  peu  par  la  négliger,  et  le  désordre  en  vint  à  ce  point 
(jue  près  de  huit  mille  volumes  disparurent  durant  les  dix  aimées  qui  précédèrent 
la  Révolution*^'. 

En  1790,  les  Minimes,  comme  toutes  les  autres  communautés  l'eligieuses , 
durent  fournir  à  l'Assemblée  nationale  un  état  détaillé  des  livres  que  posséda  il 
leur  couvent.  Ce  documerit,  aujourd'hui  conservé  aux  Archives  de  l'Empire,  a 
pour  titre  :  Etal  des  livres  qui  forment  la  bibliothèque  des  Minimes  du  couvent  de  la 
place  Jloyale,  à  Paris,  16  février  ijgo  ;  il  se  termine  ainsi  :  crJe  certifie  le  présent 
frétât  conforme  à  la  vérité,  en  foy  de  quoy  j'ay  signé,  ce  2/1  févi-ier  1790.  Fk. 
frCouRTEL,  bibliothécaire'*'. -n  Cet  inventaire  présente  la  liste  des  livres  classés  par 
matières  et  par  formats,  et  ces  divisions  fournissent  les  chilfres  suivants: 

In-folio   3,1 68  volumes. 

In-quaito   3,433 

In-octavo   3,i88 

In-douze   6,606 

In-seize   370 

In-dix-liuit   00 

Soit  en  total  dix-sept  mille  quatre-vingt-quinze  volumes,  parmi  lesquels  nous 
remarquons  deux  cent  soixante-trois  exemplaires  du  texte  complet  de  la  Bible,  et 
rchuit  cent  trente-quatre  livres  hérétiques  défendus.  ii 

Le  local  qui  renfermait  cette  collection  se  composa  d'abord  de  deux'^',  puis  de 
trois  salles  situées  autour  de  l'église  ("^L  Elles  étaient,  en  1791 ,  dans  un  tel  état  de 
vétusté,  qu'il  fallut  en  retirer  promptement  les  volumes.  Ameilhon  écrivait  ce  qui 
suit,  le  \k  novembre,  à  rt Messieurs  du  Directoire  de  Paris:  La  bibliothèque  des 
K Minimes  de  la  place  Royale  n'est  plus  en  sûreté  dans  cotte  maison,  et  couit 
r  risque  de  souifrir  beaucoup  des  pluyes  et  des  intempéries  de  l'hiver  prochain ,  à 
cr  cause  de  l'état  de  délabrement  oh  se  trouve  le  bâtiment  qu'elle  occupe''",  n  Ln  des 


Maiclielius,  hilioductio  ad  Idsloriam  lilerariam, 
p.  108. 

D.  H.  I.  Supplément  aux  cadiquitez  de  Paris  de 
Duùrcut,  p.  5/1. 

Déclaration  r/ue  donne  à  Messieurs  de  la  munici- 
palité de  Paris  le  correcteur  des  Minimes  de  cette  ville. 
Archixes  de  TEnipire,  se'rie  S,  carton  n"  iagS. 

Archi\es  de  l'Empire,  série  S,  carton  n"  i  2  96. 

Maiclielius ,  întroductio  ad  historiam  lilerariam , 
p.  107. 


°*  Annales  des  religieuj-  Minimes  de  la  province  de 
France,  où  se  trouve  en  particulier  tout  ce  qui  re- 
garde, etc.  p.  — J.-(].  Némoitz,  Le  séjour  de 
Paris,  ou  instructions  curieuses,  etc.  t.  1,  p.  -270. 
—  rr Mous  n  av 011s  pas  pu  avoir  jusqu'à  présent  un 
rf vaisseau  capable  de  pouvoir  placer  nos  livres;  on 
ira  fait  des  cloisons  dans  les  deux  côtés  des  tribunes 
ffde  l'église.  r>  (^Annales  des  Minimes  de  la  province  de 
France,  etc.  p.  1  A4.) 

Archives  de  l'Empire,  série  M ,  carton  n°  797. 


328  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

chroniqueurs  que  nous  avons  déjà  cités  en  convient  d'ailleurs  très-franchement  : 
ff  Si  nos  Pères,  dit-il,  ont  négligé  cette  partie  de  bâtiment  si  nécessaire  dans  une 
rr communauté  religieuse,  il  n'en  a  pas  été  de  même  de  ce  qui  compose  une 
ff  bonne  bibliothèque.  Leurs  soins  se  sont  étendus  sur  toutes  les  matières  néces- 
ffsaires  et  instructives,  mais  aussi  sur  les  histoires  prophanes  et  curieuses.  Elle 
rr  passe  même  pour  être  une  des  bonnes  bibliothèques  de  Paris,  et  l'est  en  effet, 
rr  II  s'y  trouve  de  quoi  satisfaire  les  écrivains  scavans  et  les  curieux  en  tout  genre r 

La  bibliothèque  des  Minimes  était  etîectivement,  suivant  Sauvai,  la  plus  riche 
de  Paris  en  ouvrages  dliistoire^-^,  et  le  legs  de  de  Launoy  l'avait  amplement  fournie 
de  livres  relatifs  à  la  théologie.  Parmi  les  manuscrits,  on  remarquait  surtout  une 
histoire  complète  des  cardinaux  ornée  de  leurs  armoiries un  récit  des  négo- 
ciations de  la  France  avec  les  pays  étrangers,  et  en  particulier  avec  la  Turquie'*'; 
la  correspondance  du  P.  Mersenne'^',  qui  avait  été  lié  avec  tous  les  savants  de  son 
temps.  Mais  le  volume  le  plus  curieux  était  un  travail  du  minime  Charles  Plumier, 
célèbre  botaniste,  qui  fit,  par  ordre  de  Louis  XIV,  trois  voyages  d'herborisation 
en  Amérique.  rrCe  manuscrit,  dit  Piganiol,  est  intitulé  Herharium  vivum,  et  con- 
rr  tient  une  description  de  toutes  les  plantes  rares  que  le  P.  Charles  Plumier,  qui 
rravoit  un  goût  déterminé  pour  la  botanique,  avoit  vues  en  différentes  fois  dans 
rr  plusieurs  parties  du  monde,  surtout  en  Amérique.  Rien  de  plus  exact  que  les 
rr  descriptions  que  ce  Père  en  donne,  ni  rien  de  plus  proprement  dessiné  que  les 
rr  figures,  qui  sont  toutes  de  sa  main'*"'.!-!  Leprince  ajoute  que  ce  travail,  soumis  à 
l'impression,  eût  formé  quinze  ou  seize  volumes  in-folio 

On  montrait  encore  dans  cette  bibliothèque  un  tableau  fort  étrange.  Il  repré- 
sentait les  portraits  de  tous  les  princes  contemporains  de  Louis  XIII,  et,  trpar  le 
ff  moyen  d'un  verre,  tous  ces  portraits  se  réunissoient  pour  ne  présenter  que  celui 
rr  de  ce  monarque  n 

Nous  avons  dit  que  les  Minimes  durent  envoyer,  en  1790,  à  l'Assemblée  natio- 
nale, un  catalogue  de  leur  collection.  Ce  travail  formait  trois  volumes  in-folio*"' 
que  nous  n'avons  pu  retrouver;  mais  nous  possédons  un  grand  nombre  de  cata- 
logues rédigés  antérieurement. 

Nous  les  classerons  par  oi'dre  chronologique. 

Annales  des  reliffieux  Minimes  de  la  province  de  Piganiol  delà  Force,  Description  historique  de 

France,  où  se  trouve  en.  particulier  tout  ce  qui  regarde  Parii,  t.  IV,  p.  AGg. 

le  couvent  de  In  place  Rotale ,      126.  Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 

Sauvai,  Histoire  et  recherches  des  antiquités  de  du  Roi,  p  309. — En  décembre  1767,  les  Minimes 

la  ville  de  Paris,  t.  I,  p.  4/i3.  donnèrent  cet  ouvrage  à  la  bibliothèque  du  Roi. 

Maichelius,  Introduclio  adhistoriam  literariam,  Voyez  le  Journal  des  Savants  de  décembre  1782 . 
p.  107.  Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers 

Durey  deNoinville,  Dissertation  stir  les  biblio-  voyageurs  à  Paris,  t.  I,  p.  687. 
tlièques,  p.  53.  Etat  des  effets  mobiliers,  argenterie ,  etc.  de  la 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque  maison  des  Minimes  de  Paris.  Archives  de  l'Empire, 

du  Roi,  p.  369.  série  S,  carton  n°  /lagô. 


MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE. 


329 


Catalogue  alphabétique  pour  la  Bibliothèque  des  RR.  PP.  Minimes  de  la  place  Royale, 
dont  les  livres  doivent  se  trouver  un  jour  rassemblez  dans  un  seul  vaisseau  selon  l'ordre 
que  l'on  va  marquer,  et  qui  se  trouvent  maintenant  dispersez  selon  le  même  ordre, 
sous  les  titres  suivants'-^^  : 


1722. 

AU-DESSUS  DE  LA  CHAPELLE 

DU  CÔTÉ  DU  CLOISTRE. 

DU  COTE  DE  L'INFIRMERIE. 

DE  SAlM  FRANÇOIS  DE  PADLE. 

A.  BiDlia. 

G. 

Spirituales. 

F. 

Miscellanea. 

B.  ConcordantiîB, 

r. 

Casuistee. 

H. 

Libri  hœretici  et  prohibiti. 

G.  Concilia. 

A. 

Concionatores. 

J. 

Manuscripta. 

D.  Doctores  Legis. 

Nuntu  historici. 

K. 

Particulares. 

La,   ctj,  raires. 

M 

iVi. 

L. 

iNumismata. 

n  TntprnrpfpQ 

A. 

Phiiosophi. 

M 
M. 

Ritualia  et  statuta  syiiodalia. 

H.  Theologi. 

B. 

Mathemalici. 

N. 

Breviaria  et  Libri  ecclesiastici. 

J.  Controv6rsisla6. 

C. 

Geograplii. 

0. 

Mercures  galants. 

K.  Historici  sacri. 

D. 

MpHiri 

iVJ  K\l  IV^l . 

P. 

Libri  poiitici. 

L.   Historici  Galiiœ. 

n. 

Epistolee. 

n 

V- 

Régulas  monaslica?. 

N.  Historici  Angliae. 

E. 

Dictionaria  seu  Lexica. 

S. 

Libri  particulares. 

0.  Historici  Belgii. 

0. 

Bibliothecœ. 

* 

Diverses  pièces  de  musique  ré- 

P. Historici  Germaniae. 

W. 

Funebria  elogia. 

duites  en  pratique. 

Q.  Historici  Grœcorum. 

F. 

Miscellanea. 

R.  Historici  Romanorum. 

G. 

Humanistae. 

S.    Historici  Italiœ. 

T.  Historici  divers!. 

V.  Genealogiae. 

X.  Chronologi. 

Y.  Jus  canoniciim. 

Z.  Jus  civile. 

Après  ce  tableau,  commence  un  Avertissement,  en  quatre  pages,  qui  débute 
ainsi  : 

Mais  pour  donner  la  clef  de  ce  catalogue,  notez  qu'après  avoir  remarqué  si  les  volumes  sont 
in-folio,  in-/i°,  in-8°,  etc.  le  chiffre  qui  précède  la  lettre  marque  la  classe  et  repond  au  chiffre 
qui  se  trouve  marque' sur  le  dossier  des  livres,  au-dessus  des  lettres,  et  le  chiffre  qui  suit  la 
lettre  marque  le  rang  que  le  volume  fient  dans  la  classe.  Ainsy  veut-on  trouver  Y  Abrégé  histo- 
rique, chronologique  et  moral  de  M.  Mace',  on  n'a  qu'à  chercher  dans  le  catalogue  :  Macé,  et 
l'on  trouvera  après  ce  mot  :  Abrégé  historique,  chronologique  et  moral,  etc.  'n\-h°,  i.  K.  5o. 
C'est-à-dire  que  ce  livre  est  '\n-k°;  le  chiffre  qui  précède  la  lettre  K  marque  la  classe  et  répond 
au  chiffre  qui  est  sur  le  dos  de  ce  dit  livre  au-dessus  de  cette  lettre  K.  Le  chiffre  qui  suit  la 
lettre,  par  exemple  icy  5o,  marque  le  rang  que  ce  volume  occupe  en  cette  classe,  et  répond  au 
chiffre  qui  s'y  trouve  sous  cette  lettre  K,  de  cette  manière      La  trace  qui  suit  le  dernier  chiffre 


Bibliothèque  Mazarine ,  manuscrits,  n°  3^2  1. 
II. 


330  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

désigne  qu'il  y  a  plusieurs  volumes  de  cet  autheur,  ou  qu'il  est  traité  de  la  même  matière  dans 
quelqu'autres  volumes  suivants. 

D'ailleurs,  parce  que,  premièrement,  il  y  a  des  livres  égarez  qu'on  espère  recouvrer,  pour 
cela  lorsqu'on  ne  trouve  pas  l'auteur  que  l'on  cherche  dans  la  place  marquée  au  Catalogue,  il 
faut  avoir  recours  à  l'un  des  volumes  de  l'Index  qui  n'est  pas  alphabétique  et  qui  sont  au  nombre 
de  cinq,  sçavoir  :  trois  grands  pour  les  grandes  Bibliothèques,  et  deux  petits  dans  la  Biblio- 
thèque au-dessus  de  la  chapelle  de  Saint-François  de  Paule.  Gherche-t-on  par  exemple  la  Dis- 
ciplinc  de  FEglise  par  le  P.  Thomassin ,  on  trouvera  dans  le  second  volume  de  l'Index  de  la 
grande  Bibliothèque,  à  la  lettre  Y  à  la  U"  classe  n"  21  :  Ancienne  et  nouvelle  Discipline  de  VEglise, 
par  le  R.  P.  Thomassin  de  l'Oratoire,  perdu. 

Secondement,  parce  qu'il  y  a  encore  des  livres  soit  dans  la  chambre  de  feu  le  B.  P.  Dubois, 
soit  à  l'apotiquairerie,  nous  les  avons  désignez,  sçavoir:  ceux  de  la  chambre  dudit  P.  Dubois, 
par  un  gros  point  rouge  tel  que  celuy-cy  posé  vis  à  vis  le  nom  de  l'aulheur et  ceux  de  l'apoti- 
quairerie, par  un  noir  posé  de  la  même  manière  que  le  rouge  cy-dessus. 

Troisièmement,  quoique  je  ne  doute  pas  que  souvent  je  ne  me  sois  mépris,  mettant  peut 
estre  un  chiffre  pour  un  aulre,  il  ne  faut  cependant  pas  le  supposer  si  aisément,  mais  soigneu- 
sement feuilleter  le  volume  auquel  on  sera  adressé;  car,  outre  qu'il  y  a  des  receuils  qui  ren- 
ferment plusieurs  autheurs  traitants  de  la  même  matière,  il  y  a  aussy  des  volumes  où  l'on 
trouve  des  autheurs  qui  traitent  de  matières  disparates  :  ainsy  Lindanus,  qui  est  un  archevêque 
catholique,  se  trouve  compris  dans  un  volume  qui  ne  présente  d'abord  qu'un  autheur  hérétique. 

Quatrièmement,  parce  qu'on  trouvera  des  titres  et  des  noms  d'autheurs  sans  citation,  il  faut 
remarquer  que  ce  sont  des  livres  qui  sont  comme  des  pierres  d'attente,  et  qui  étants  à  des 
Religieux  qui  en  ont  l'usage,  les  ont  destinez  pour  la  Bibliothèque. 


Catalogue  alphabétique  des  différents  auteurs  et  pièces  différentes  qui  se  trouvent  reliez 
ensemble  dans  nos  Receuils  sous  différentes  lettres.  Fait  par  Vordre  du  Révérend  Père 
Provincial  en  i'j^5^'^\ 

Ce  catalogue,  qui  est  évidemment  de  la  même  main  que  le  précédent,  contient, 
comme  lui,  un  Avertissement,  en  quatre  pages,  destiné  à  exposer  le  plan  suivi  par 
l'auteur.  Cet  Avertissement  se  termine  ainsi  : 

.le  ne  doute  pas  qu'il  ne  se  trouve  quelque  pièce  mal  indiquée,  car,  outre  que  j'ai  l'expérience 
que  mon  copiste  n'a  pas  toujours  été  fidel,  j'ai  aussi  éprouvé  que  quelques  fois  j'ai  écrit  sur 
mon  brouillon  le  chiffre  d'une  pièce  pour  celui  d'une  autre,  et  cela  par  méprise,  de  même  que 
j'ai  pu  marquer  sur  ce  brouillon  un  autre  chiffre  que  celui  que  j'avois  lû  au  commencement  de 
la  pièce  que  je  voulois  indiquer,  vérifiant  ainsi  ce  vieux  proverbe  : 

Aliquando  bonus  dormitat  Homerus. 

Je  prévais  aussi  qu'on  trouvera  mauvais  que  je  ne  me  suis  pas  mis  en  peine  d'énoncer  des 
pièces  en  termes  propres  et  en  bon  françois ,  usant  même  de  propositions  imparfaittes;  mais 
qu'on  se  souvienne  que  je  l'ai  fait  pour  épargner  le  tems  et  le  papier,  qu'ainsi  j'aurois  souhaité 
indiquer  chaque  pièce  par  une  seule  ligne  d'écriture,  comme  je  l'ai  fait  pour  l'ordinaire  

'"'Un  point  rouge  ligure  en  cet  endroit  sur  le  manuscrit. — Biblioth.  Mazarine,  manuscrits,  n°322i  A. 


MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE.  331 

Si  dans  la  suite  quelques-uns  des  nôtres  ont  le  courage  de  renouveller  ce  Cathalogue,  ils  auront 
l'avantage  qu'ont  tous  ceux  qui  font  réimprimer  leurs  ouvrages,  c'est-à-dire  de  les  rendre  d'au- 
tant plus  parfaits  qu'on  aura  eu  plus  de  soin  de  leur  en  faire  remarquer  les  fautes.  Pour  moi, 
si  j'ai  le  chagrin  que  le  mien  ne  soit  point  correct,  j'ai  la  consolation  de  l'avoir  fait  à  peu  de 
frais,  puisque,  m'étant  servy  pour  faire  mes  brouillons  de  plusieurs  Catalogues  abandonnés  et 
destinés  à  vendre  aux  beurrières,  il  n'a  coûté  à  la  Maison  que  cinq  ou  six  mains  de  papier,  et  la 
peine  de  ceux  qui  l'ont  composé  ou  écrit;  et  plût  à  Dieu  que  j'en  eusse  emploié  davantage,  en 
laissant  une  plus  gi'ande  distance  entre  chaque  titre,  il  seroit  d'un  usage  sinon  plus  long,  au 
moins  plus  étendu.  Mais  quoi,  il  est  de  ces  Catalogues  alphabétiques  comme  des  plus  beaux 
édifices,  dont  on  ne  reconnoit  les  défauts  que  quand  il  n'est  plus  tems  d'y  remédier. 

Index  generalissimus  omnium  Ubrorum  Bibliolhecœ  conventiis  Patriim  Minimorum  Pari- 
siensium.  De  mandalo  superioriim.  Anno  Domini  m.  d.  ce.  xax 

Ce  catalogue  est  rédigé  par  ordre  de  matières. 

Index  generalissimiis  omnium  Ubrorum  Bibliolhecœ  conventus  Patrum  Minimorum  Pari- 
siensium.  Tomus  3,  continens .  .  .  Ubrorum  capita  quœ  in  pagina  sequenh  indicanlur. 
De  mandalo  superiorum.  Anna  Domini  m.  d.  ce.  lxjvi^^K 

On  lit  à  la  fin  ces  curieuses  annotations,  toutes  autographes  : 

Novum  hune  indicem  optimo  ordine  dispositum  et  prœ  se  ferentem  exactam  musaei  notitiam 
approbamus;  insuper  librorum  ordincm  et  mundiliem  lœti  videmus,  visitantes  bac  luce  96'  Au- 
gusti  1777. 

Fr.  NicoLAus  Dannel,  provincialis. 

Fr.  Joannes  Josepiius  Charpentier,  collega. 

Fr.  Pétris  Jos.  Jooretz,  collega. 

Descriptorum  in  tribus  Indicis  tomis  librorum  nitori  et  ordini  nihil  addendum  esse  visum 
est  nobis  visitantibus  hac  die  20^  Augusti  1778. 

Fr.  Franciscus  Hubert,  provincialis. 
Fr.  Ogekius  Pourbaix,  collega. 
Fr.  LuDovicus  Antonius  Sidoux,  collega. 
Fr.  .loANNEs  DioNYsius  Desis,  collcga. 

Musaei  curam  et  ordinem  approbantes,  nitorem  et  munditiam  non  actualem  sed  futuram 
multum  laudavimus,  visitantes  hac  luce  12"  Julii  1780. 

Fr.  Franciscus  Hubert,  provincialis. 
Fr.  Ogereus  Pourbaix,  collega. 
Fr.  LuDovicus  Antonius  Sidoux,  collega. 
Fr.  Jacobus  Gallois,  collega. 

Bibliothèque  de  TArsenal,  manuscrits  in-folio,  n"  846.  —  Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits, 
n°  8209. 


332  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Musaeum  iustravimus,  curam  etordinem  probavimus,  sed  novam  in  novis  libris  dispositioneiti 
desideravinius,  visitantes  hac  mensis  Augusti  luce. 

Fr.  NicoLAus  Dannel,  provincialis. 
Fr.  Joan\es  Josephus  Charpentier,  coliega. 
Fr.  Pierre  Jacques  Cousin,  collègue. 
Fr.  Joannes  Stephanus  Durand,  coHega. 

Bibiiothecam  visitantes  curam  et  ordinem  probavimus,  in  quorum  fidem  subscripsimus  hac 
luce  3o''  Augusti  1782. 

Fr.  Nicolaus  Dannel,  provincialis. 
Fr.  Joannes  Josephus  Charpentier,  collège. 
Fr.  Joannes  Stephanus  Durand,  coHega. 
Fr.  Pierre  Jacques  Cousin,  collègue. 

Musaeum  visitantes  custodis  diligenliam  laudavimus  hac  luce  Augusti  nona  anno  1783. 

Fr.  Nicolaus  Dannel,  provincialis. 
Fr.  Joannes  Josephus  Charpentier,  collega. 
Fr.  Petrus  Jacorus  Cousin,  collega. 
Fr.  Joannes  Stephanus  Durand,  collega. 

Musœum  visitantes  ordinem  desideratum  non  invenimus  ob  jacturam  librorum  anno  superiori 
patefactam.  Hortamur  venerabiles  patres  qui  Bibliothecis  praesunt  ut  omnem  curam,  laborem  et 
diligentiam  irapendant  pro  exacta  librorum  dispositione.  Mandamus  ut  libri  quos  norunt  apud 
saeculares  et  extraneos  reperiri  quam  citius  fîeri  poterit  referantur,  et  si  in  posterum  necessa- 
rium  judicetur  ad  tempus  sœcularibus  libros  commodari,  id  non  fiât  sine  eorum  scripto  quod 
conventus  superiori  exhiberi  debebit.  Hac  luce  3i  Augusti  1786. 

Fr.  Ogerius  Pourbaix,  provincialis. 
Fr.  Petrus  Josephus  Jooretz,  collega, 

Musaeum  visitantes  non  invenimus  libros  perditos  sed  solum  paucos.  Hortamur  iterum  qui 
praesunt  ut  curam  impendant  pro  librorum  dispositione.  Hac  luce  octava  Septembris  1786. 

Fr.  Ogerius  Pourbaix  ,  provincialis. 
Fr.  Nicolaus  Elias  Marichal,  collega. 

Bibliothecas  Iustravimus,  illas  invenimus  ut  in  praecedentibus  annis.  De  deperditis  iibris  non- 
dum  repertis  doluimus.  Caeteros  servari  et  ordinari  mandavimus,  visitantes  hacce  mensis  Septem- 
bris septima  die  anni  1787. 

Fr.  Nicolaus  Dannel,  provincialis. 
Fr.  Joannes  Josephus  Charpentier,  collega. 
Fr.  Joannes  Stephanus  Durand,  collega. 
Fr.  Petrus  Hubertus  Théry,  collega. 


MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE.  333 

Citons  encore  : 

Un  catalogue  des  ouvrages  liturgiques  conservés  dans  la  bibliothèque  des  Mi- 
nimesun  feuillet  et  un  petit  cahier; 

Un  catalogue  alphabétique,  sans  titre,  niais  sur  lequel  on  lit  :  Catalogue  des 
Minimes  ; 

Un  catalogue  méthodique,  sans  titre;  le  premier  feuillet  porte  ces  mots  :  ce  Des 
cr  Minimes  de  Paris '^'.■n 

Les  Minimes  n'eurent  d'abord  d'autre  marque  distinctive  pour  leurs  volumes 
que  des  inscriptions  manuscrites.  Voici  celles  qui  se  rencontrent  le  plus  fré- 
quemment : 

EX  CONVENTU  PARISIENSI  PATRUM  MINIMORUM. 
DE  PARISIENSI  MINIMORUM  COENORIO. 
DE  CONVENTU  PARISIENSI  SANCTI  FRANCISCI  DE  PAULA. 
EX  CONVENTU  MINIMORUM  PARISIENSIUM. 
EX  RIRLIOTHECA  MINIMORUM  PLATEM  REGALIS. 
EX  RIRLIOTHECA  CONVENTUS  PARISIENSIS  PP.  MINIMORUM  AD  PLATE AM  REGI  A  M. 
DE  LA  RIBLIOTHÈQUE  DES  MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALLE  DE  PARIS. 
DE  LA  LIRRAIRIE  DES  MINIMES  DE  PARIS. 
AUX  MINIMES  DE  PARIS. 

Les  Minimes  ne  possédèrent  jamais  d'estampille  :  on  ne  trouve  dans  l'intérieur 
de  leurs  volumes  que  des  inscriptions;  mais  presque  toutes  portent  une  marque 
frappée  en  or  sur  les  plats.  Celle  que  nous  croyons  la  plus  ancienne  n'est  guère 
encore  qu'une  inscription  : 

)  PRGCONVENTV.  ( 

)  PARISIENSI.  FF.  ( 
)    MINIMORYM.  ( 


Bientôt  après  apparaît  une  marque  assez  élégante,  un  soleil  surmonté  de  la 

Bibliolhèque  impériale,  manuscrits,  fonds  Bibliothèque  Mazarine,   manuscrits  iii-Zj", 

latin,  n*  16818,  autrefois  fonds  de  Saint-Magloire ,  n'SiSy. 

n°  9^.  p.  Ml  à  h8.  Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits  n°  8199. 


33/1  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

couronne  de  France,  et  portant  au  centre  le  mot  Charitas,  puis  en  exergue: 
rrConvenlus  Parisiensis  Mininiorum.n 


C'est  la  marque  des  in-folio. 

Sur  les  in-quarto,  l'exergue  seul  est  modifié;  on  y  lit  :  crjVlinimes  de  Paris.  :i 


MINIMES  DE  LA  PLACE  ROYALE. 
La  marque  des  in-octavo  est  plus  simple, 


335 


et  ressemble  beaucoup  au  petit  fer  qui  était  frappé  sur  le  dos  des  volumes  : 


L'église  des  Minimes  fut  démolie  en  1798,  et  sur  son  emplacement  on  a  pro- 
longé la  rue  de  la  Ghaussée-des-Minimes.  Les  autres  bâtiments  du  monastère  ont 
été  convertis  en  caserne  de  gendarmerie. 


Fac-simile  héliographique. 


Flan  de  Lacaille  (1714). 


ORATOIRE. 


Le  1  1  novembre  iGi  i  ,  six  prêtres  instruits  et  pieux  louèrent  dans  le  faubourg 
Saint-Jacques  une  maison  située  sur  l'emplacement  qu'occupe  aujourd'hui  le  Val- 
de-Grâce,  et  s'y  établirent M.  de  Bérulle  était  à  leur  tête.  Tels  furent  les  com- 
mencements de  la  célèbre  congrégation  de  l'Oratoire,  où,  suivant  les  expressions 
de  Bossuet,  rron  obéissoit  sans  dépendre,  et  on  gouvernoit  sans  commander  n 

Cinq  ans  après,  M.  de  Bérulle  acquit,  dans  la  rue  Saint-Honoré,  près  du  Louvre, 
l'hôtel  du  Bouchage,  fameux  déjà  pour  avoir  servi  d'habitation  à  Gabrielle  d'Es- 
trées  et  de  théâtre  à  l'attentat  de  Jean  Chastel  f^'.  11  y  fit  ajouter  une  chapelle,  à 
la  construction  de  laquelle  il  s'employa  de  ses  mains'*';  mais  elle  devint  bientôt 
trop  étroite  pour  la  loule  qui  s'y  pressait,  et,  le  22  septembre  1 62  1 ,  fut  posée 
la  première  pierre  de  l'église  qui  existe  aujourd'hui. 

Une  congrégation  dont  tous  les  membres  se  vouaient  au  travail  de  la  pensée 
devait  se  constituer  rapidement  une  bibliothèque.  On  y  songea,  en  elfet,  dès  le 
début'"'.  Le  premier  fonds  fut  fourni  par  M.  de  Bérulle,  qui  possédait  quelques 
volumes  de  controverse''^',  et  avait  apporté  d'Espagne  un  certain  nombre  d'ou- 


<'*  Gallia  chrislima,  t.  VI[,  col.  97G  et  979.  — 
Cl.  Malingre,  Antiquités  àe  Paris,  p.  777. 

Bossuet,  Oraison  funèbre  du  P.  Bour/roi7ig. 
A.  Berly,  Topographie  liislorique  du  vieux  Paris, 
t.  I,  p.  -29. 

II. 


Leioui^c ,  Curiosités  de  Paris ,  l  I,p.  i56. 
Maichelius ,  Introductio  ad  liisloriain  literariam , 
p.  100. 

''''  Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi ,  p.  355. 

/i3 


338  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

vrages  très-rares  en  France ''^  Les  religieux  contribuèrent  ensuite  rrtousii  à  aug- 
menter cette  petite  collection 

Chaque  Père  du  sien  y  met  abondamment , 

dit  Michel  de  Marolles'^). 

Mais  cette  bibliothèque  fut  enrichie  surtout  par  Achille  de  Harlay,  baron  de 
Sancy,  qui,  ambassadeur  à  Constantinople  pendant  dix  ans,  avait  mis  ce  long 
séjour  à  profit  pour  réunir  une  magnifique  collection  de  manuscrits  orientaux. 
Rappelé  en  France  à  la  suite  de  quelques  intrigues,  Harlay  se  fit  oratorien  et 
donna  tous  ses  livres  à  la  congrégation  Sur  beaucoup  d'entre  eux  on  rencontre 
l'inscription  suivante  : 


qui  est  signée  Henry,  bien  qu'aucun  recueil  biographique  n'attribue  ce  prénom  à 
notre  diplomate  désillusionné.  Le  catalogue  de  ses  manuscrits  fut  dressé  par  le 
savant  Richard  Simon,  qui  avait  été  mandé  à  Paris  dans  ce  but*^'. 

L'établissement  posséda  bientôt  plus  de  six  mille  volumes'*'',  auxquels  le  P.  Ch. 
Lecointe,  rcdoctor  plane  clarus'"'',  it  qui  resta  vingt  ans  bibliothécaire,  ajouta  un 
grand  nombre  de  bons  livres  d'histoire  ceux-ci  portent  en  général  son  nom,  soit 
en  latin,  soit  en  français,  et  parfois  mémo  ces  mots:  crEx  dono  R'''  Patris  Carolus 
crLe  Cointe.  n 


Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  II,  p.  297. 

L.  Jacob ,  Traicté  des  plus  belles  bibliothè'pies , 
p.  55o. 

Michei  de  Marolles,  Paris  ou  description  suc- 
cincte et  nénntmoins  assez  ample  de  cette  grande  ville , 
p.  46. 

Legallois,  Traitté  des  plus  belles  bibliothèques 
de  l'Europe,  p.  i35.  —  Thiéry,  Guide  des  amateurs 


et  des  étrangers  voyageurs  à  Paris,  t.  I,  p.  3â5. 
—  Antonini,  Mémorial  de  Paris  et  de  ses  environs, 
t.  I,p.  9  03. 

Nouvelle  biographie  générale ,  t.  XLIV,  col.  8. 

L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques 

(16/1/1)^  P-  '"^So. 

Legendre,  Vita  llarlœi,  p.  -.igS. 

Maichelius ,  Introductio  ad  historiain  Uterarium , 

p.  ICI. 


ORATOIRE.  339 

De  nombreuses  donations dues  surtout  à  des  religieux  de  l'ordre'^',  élevèrent 
assez  rapidement  à  vingt-deux  mille  le  chilïre  des  volumes  réunis  dans  cette  biblio- 
thèque'^'. Il  est  d'ailleurs  impossible  de  déterminer  l'importance  de  ces  libéralités, 
qui  émanèrent  de  personnages  très-peu  connus,  et  nous  sont  révélées  seulement 
par  des  inscriptions  trouvées  sur  des  volumes  provenant  du  couvent.  Les  plus  con- 
sidérables ])araissent  avoir  été  laites  par  un  chanoine  de  Notre-Dame  nommé  Payen 
de  Montmor,  et  par  le  R.  P.  Dav.  Ans.  de  Bardonenche.  On  voulut  en  conserver 
le  souvenir,  et  une  inscription  imprimée  fut  ajoutée  à  chacun  des  volumes  donnés 
])ar  eux. 

La  première  inscription  est  ainsi  disposée  : 

l      EX  D  ONO  I 

t    Venerabilis  Viri  D.  D.  î 

* Joannis - Baptiftx  Mat-* 

%  thxi  P  A  YEN  de  Montmor  | 

*  Ecclefix  PariCenfis  Ca-  % 
^  .  .  ^ 
^  nomci. 

La  seconde  se  compose  seulement  de  deux  lignes  : 


OratoriiPariJieufis  catalogo  injcriptas , 
exdom.R.  F.  Dav.  Anf.  deBardojstenche. 


Citons  encore  le  nom  d'un  S"  de  Bessery,  et  la  note  suivante  écrite  à  la  main 
sur  le  feuillet  de  garde  d'un  manuscrit  du  xiv'=  siècle,  en  vélin  : 

crCe  manuscrit  qui  contient  les  Pseaumes  en  langage  lorrain  a  esté  donné 
cr  à  la  Bibliothèque  de  l'Oratoire  par  M""  Nicolas ,  advocat  au  Parlement  de 
cr  Metz  V 

La  bibliothèque  de  l'Oratoire  fut  placée  de  bonne  heure  sous  la  direction  d'un 
des  plus  savants  historiens  qu'ait  eus  la  France.  En  1699,  le  P.  Lelong  fut  nommé 
bibliothécaire,  fonction  qu'il  remplit  pendant  vingt-deux  ans*^',  rrlui  consacrant 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  hihliolheque  j).  221.  —  Piganiol  de  la  Force,  Description  liisto- 

du  Roi,  p.  355.  rifpte  de  Paris,  t.  II,  p.  997. 

Déclaration  que  donne  à  la  municipalité  de  la  Bibliothèque   Mazaniie ,    manuscrits ,  cote 

ville  de  Paris  le  procureur  général  de  la  congrégation  T  798. 

de  l'Oratoire.  Archives  de  l'Empire,  série  S,  carton  Abrégé  de  la  vie  du  P.  Lelong,  p.  xxiv;  en 

n'^-^liQ.  tète  de  la  Bibliothèque  historique  de  la  France,  de 

G.  Brice,  Nouvelle  description  de  Paris,  1.  I,  Lelong  et  Fontette,  édition  de  1768. 

43. 


3à0  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

rt  avec  une  assiduité  remarquable  la  meilleure  part  de  toutes  ses  journées '".n  II 
eut  pour  successeur  le  P.  Desmolets,  compilateur  infatigable,  qui  ne  se  montra 
pas  moins  dévoué,  et  commença  un  volumineux  catalogue  de  la  collection.  Grâce 
à  ces  soins,  la  bibliotbèque,  qui  comptait  vingt-quatre  mille  volumes  en  1727 
et  vingt-cinq  mille  en  1769'^',  jouissait  déjà,  en  1761,  d'une  réputation  méritée*** 
et  attirait  les  regards  des  savants,  auxquels  d'ailleurs  elle  communiquait  assez 
volontiers  ses  ricbesses''''. 

L'bistoire  de  cette  bibliothèque,  comme  celle  de  la  congrégation  qui  la  possé- 
dait, est  dépourvue  d'événements;  la  première  se  résume  dans  les  noms  des  dif- 
férents bibliothécaires,  et  dans  le  chiflVe  toujours  croissant  des  volumes  dont  ils 
avaient  la  garde.  On  y  comptait  trente  mille  volumes  en  1782  bien  que  le  re- 
venu annuel  consacré  à  la  collection  ne  fût  encore  que  de  5oo  francs,  après 
avoir  été  longtemps  de  5o  écus  seulement 

Le  P.  J.-F.  Adry  fut  le  derniei"  bibliothécaire  de  cette  Maison;  il  avait  eu  pour 
prédécesseurs  : 


Ch.  LECOINTE. 
Gérard  DUBOIS. 
Sébast.  RAINSSANT. 
Jacques  LELONG. 
P.-N.  DESMOLETS. 
JANNART. 


Suivant  Thiéry  la  bibliothèque  eut  possédé  au  moment  de  la  Révolution  qua- 
rante-deux mille  volumes;  mais  ce  chilfre  est  certainement  exagéré.  Aux  termes 
de  la  Déclaration  faite  en  1790  par  les  religieux  à  la  municipalité  de  Pai-is,  on  y 
comptait  seulement  trente-sept  mille  sept  cent  cinquante  volumes  ainsi  divisés  : 

In-folio   r),^!^ 

In-quarto   (S,3o8 

In-octavo   7)85r) 

In-douze   j/1,991 

MaTuiscrits   1  ,r)8o 


B.  Hauréau,  dans  la  Nouvelle  biographie  gé- 
nérale, t.  XXX,  col.  54 1. 

J,-G.  Nénieitz,  Le  séjour  de  Paris ,  ou  instruc- 
tions curieuses,  etc.  t.  I,  p.  268. 

Antonini,  Mémorial  de  Paris  et  de  ses  envi- 
rons, t.  I,  p.  9o3. 

' Diderot,  d'Alembert, Encyclopédie,  t.  II ,  p.  2  9 7 . 

Durey  de  Noinville,  Dissertation  sur  les  bi- 
bliothèques, p.  /ig. 


Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  355. 

Déclaration  que  donne  à  la  municipalité  de  la 
rille  de  Paris  le  procureur  général  de  la  congrégation 
de  l'Oratoire.  Archives  de  l'Empire,  série  S,  carton 
n"  67/iy. 

Guide  des  amateurs  et  des  étrangers  voyageurs 
à  Paris,  t.  I,  p.  32  5. 


ORATOIRE.  3^1 

Parmi  ces  derniers,  trois  cents  étaient  écrits  en  langues  orientales  et  provenaient 
de  Harlay  de  Sancy^''. 

La  salle  (|ui  renlerniait  cette  bibliothèque  était  petite  et  très-simplement  déco- 
rée On  y  voyait  un  beau  Christ  en  ivoire,  deux  portraits,  celui  de  Mallebranche 
et  celui  de  Harlay  de  Sancy,  et  le  buste  en  marbre  du  P.  Delatour,  un  d<îs  géné- 
l'aux  de  l'ordre'^'. 

La  collection  était  d'ailleurs  rt  l'une  des  plus  curieuses n  et  te  Tune  des  mieux 
cr choisies  de  Paris '^'.n  Elle  avait  peu  d'anciennes  éditions ;  mais  en  revanche, 
par  suite  de  la  donation  de  Harlay,  rrelle  excelloit  en  langues  orientales , 
et  possédait  une  admirable  série  de  manuscrits  hébreux,  syriaques,  arabes  et 
persans  On  y  remarquait  surtout  un  précieux  exemplaire  des  œuvres  de  saint 
Ephrem;  un  Pentateuque  samaritain,  qui  avait  été  acheté  à  Damas  par  Pietro 
délia  Valle,  et  que  le  cardinal  de  Bérulle  fit  insérei-  dans  la  Bible  polyglotte  de 
Lejay;  plusieurs  Bibles  hébraïques;  rrune  cliaine  sur  Job  et  une  autre  sur  l'évan- 
rfgéliste  saint  Jean,  écrites  en  grands  caractères  grecs  liés  ensemble  comme  des 
rr  caractères  arabes  n 

Nous  avons  retrouvé  un  grand  nombre  des  anciens  catalogues  de  la  coHeclion 
de  l'Oratoire. 

Celui  qui  paraît  le  plus  ancien  est  aujourd'hui  conservé  à  la  Bibliothè(|ue  im- 
périale. On  lit  sur  le  dos  :  Catalogus  P.  Le  Long,  et  sur  la  première  page  Bihlio- 
ihecœ  Oratorianœ  calahgus;  c'est  un  véritable  inventaire  pai-  armoires  et  pai' 
rayons*"". 

Le  catalogue  suivant  a,  selon  toute  appai'ence,  été  dressé  aussi  par  le  P.  Le- 
long.  Il  est  intitulé  :  Bibliotheca  Oratoriana,  seu  catalogus  Ubromiii  Domus  Parisiénsis 
Oratorii  Domini  ISostri  Jcsu  Christi,  nova  et.  expedila  melhodo  dispositiis,  opéra  et 
studio  R.  P.  ejusdem  Domus  sacerdolis,  i6g8;  les  livres  y  sont  classés  pai-  oi'dre  de 
matières  et  forment  un  volume  in-folio  '^'l 

Le  P.  Desmolets  a  rédigé  aussi  plusieurs  catalogues  qui  sont  aujourd'liui  dissé- 
minés dans  les  différentes  bibliothèques  de  Paris. 


Déclaration  que  donne  à  la  municipalité  de  la 
ville  de  Paris,  etc.  Archives  de  l'Empire,  série  S, 
carton  n"  67/19. 

J.-C.  Némeitz,  Le  séjour  de  Paris ^  ou  instruc- 
tions curieuses,  etc.  t.  I,  p.  2 03. 

^  Tbiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
t.  1,  p  820. 

G.  Brice,  JS omette  description  de  Paris,  t.  I, 
p.  9 ai. 

J.-C.  Némcilz ,  Le  .séjour  de  Paris,  etc.  t.  I". 
p.  -363. 

Durey  de  iNoiiiville,  Dissertation  sur  tes  biblio- 
thèques, p.  5-3. 


Sauvai,  Histoire  et  recherches  des  anliiiuités  de 
ta  cille  de  Paris,  t.  [[(,  p.  .Sa. 

Maichelius ,  Introductio  ad  hisloriam  literariaiii , 
p.  101. 

Piganiol  de  la  Force ,  Description  histori//ue  de 
Paris,  t.  II.  p.  997. 

Bibliothèque  impe'riale,  nianuscrils,  fonds 
latin,  n"  17170,  autrefois  fonds  de  l'Oratoire, 
n'"a73\ 

Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds 
latin,  II"  i7i(j(j.  autrefois  fonds  de  l'Oraloire, 
n°  278 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

Le  premier  a  pour  titre  :  CataJogus  librorum  in  quarto  bibliotliecœ  Oralorianœ , 
a  /».•  P.  Pelro  Nicolas  Des  Molets  cœplus,  ab  ejus  successore  absolutus;  c'est  un 
volume  in-folio  divisé  par  ordre  de  matières.  On  trouve  dans  le  même  volume  : 
Bibhotheca  Oratoriana  domus  Parisiensis.  Pars  prima,  libri  in  folio,  puis  à  la 
fin  :  rrExplicit  catalogus  bibliotliecœ  Oratorianœ,  Deo  favente,  absolutus  die 

La  bibliothèque  de  l'Arsenal  possède  un  autre  catalogue  en  douze  volumes 
in-folio,  sur  le  premier  feuillet  duquel  on  lit  :  Autorum  Bibliotliecœ  Oratorianœ 
Parisiensis  notifia  alphabetica.  Ce  premier  volume  a  été  f  ni  en  lySy.  Le  douzième 
volume  est  plus  mince  et  semble  un  brouillon;  son  premier  feuillet  porte,  d'un 
côté,  cette  indication:  Catalogus  librorum  8°  bibliotliecœ  Oratorii  D.  N.  J.  C.  ordi- 
nante  P.  Nicolas  des  Molets;  partim  ipse  descripsit,  partim  ejus  adjutores;  de  l'autre 
côté,  une  mention  semblable,  mais  pour  les  in-i  2 

A  la  bibliothèque  Mazarine,  on  trouve  deux  volumes  in-folio  dépareillés  qui 
ont  pour  titre  :  Bibliotheca  Oratoriana  Domus  Parisiensis,  pars  quarta,  libri  in 
duodecimo 

On  conserve  encore  à  la  bibliothècjue  de  l'Arsenal  un  magnifique  catalogue 
de  l'Oratoire,  en  neuf  volumes  in-folio.  11  est  dressé  par  ordre  de  matières  et 
par  formats,  et  a  pour  titre  :  Bibliotheca  Oratoriana  Domus  Parisiensis^'*'. 

Enfin  Montfaucon  a  publié  \Excerpta  ex  catalogo  manuscriptorum  B.  B.  Patriim 
Oratorii,  in  vico  S.  Honorati  Lutetiœ  Parisiorum,  qui  catalogus  a  B.  P.  D.  des  Molets 
eruditis  notis  illustratus  est 

Les  inscriptions  manuscrites  sont  très-fréquentes  sur  les  livres  qui  proviennent 
de  la  bibliothèque  de  l'Oratoire,  mais  elles  sont  presque  toujours  conçues  en  ces 
termes  : 

ORATORII  PARISIENSIS  CATALOGO  INSCRIPTUS, 

ou 

ORATORII  PARISIENSIS  AD  LUPARAM, 


et  suivies  d'une  date. 

La  congrégation  de  l'Oratoire  ne  possédait  pas  d'estampille;  mais  on  trouve 
assez  fréquemment,  frappés  en  or,  soit  sur  les  plats  des  volumes,  soit  sur  le  dos 


Bibliothèque  impériale,  manuscrits,  fonds 
latin  n°  17168,  autrefois  fonds  de  l'Oratoire, 
n°  tî']d. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal ,  manuscrits  in-folio , 
n"  85 1. 


Bibi. Mazarine, manuscrits,n" 3 1/11  etSiAa. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal,  manuscrits,  sans 
numëro  d'ordre. 

B.  de  Montfaucon,  Bibliotlieca  bibliothecavum . 
t.  II,  p.  i/io3. 


ORATOIRE.  3/i3 
entre  cliaqiie  iiciT.  les  mois  .Ikshs  Mauia  su[)er|)osés  au  luilit'u  (I'uih;  couiomie 


Mous  avons  rencontré  sur  les  plats  d'un  très-petit  nombre  de  volumes  cette 
inscription  frappée  en  or  : 

EX  BIBLIOWECA  ORATORII  PARISIENSIS. 

La  congrégation  de  l'Oratoire  fut  supprimée  en  1791.  L'église,  après  avoir 
servi  pendant  la  Révolution  aux  assemblées  du  district  et  de  la  section  du  quar- 
tier, fut  concédée  aux  protestants,  qui  y  célèbrent  encore  aujourd'hui  leur  culte. 
Le  reste  des  bâtiments  fut  occupé  par  diverses  administrations  publiques,  notam- 
ment par  la  caisse  d'amortissement.  L'église  seule  a  échappé  aux  démolitions 
entreprises  pour  le  prolongement  de  la  rue  de  Rivoli. 


Plan  de  Jouvin  de  Rochefort  (  i690  ). 


PETITS-AUGUSTINS. 


Le  couvent  des  Petits-Augustin  s  était  siLué  sur  l'emplacement  qu'occupe  au- 
jourd'hui le  palais  des  Beaux-Arts,  et  l'entrée  se  trouvait  dans  la  rue  qui  porte 
aujourd'hui  le  nom  de  rue  Bonaparte  Ces  religieux  furent  appelés  à  Paris  en 
1  G  1  2  par  Marguerite  de  Valois,  première  femme  de  Henri  IV;  elle  leur  assura 
six  mille  livres  de  rentes'^',  et  les  installa  près  de  son  propre  hôtel,  dans  les  bâti- 
ments que  les  Augustins  déchaussés  venaient  de  quitter Marguerite  promit  à 
ses  nouveaux  protégés  de  leur  faire  élever  un  vaste  couvent,  mais  elle  n)ourut 
1  l'ois  ans  après,  sans  avoir  eu  le  temps  de  réaliser  cette  pensée. 

Les  Augustins,  subitement  abandonnés  de  leur  bienfaitrice,  entreprirent  des 
quêtes  de  tous  côtés;  ils  s'adressèrent  même  à  Anne  d'Autriche,  qui  vint  à  leur 
secours  et,  le  i5  mai  1617,  posa  la  première  pierre  de  leur  église'*'.  Le  cloître 
et  les  autres  bâtiments  purent  être  terminés  avec  le  pioduit  de  nombreuses 
aumônes. 

Moins  de  trente  ans  après,  ces  rehgieux  possédaient  une  bibliothèque  de 
quatre  mille  volumes'^',  dont  une  partie  avait  été  achetée  sur  leurs  propres 
épargnes'*^'.  Ce  nombre  doubla  en  un  siècle''''.  Dans  l'intervalle,  le  couvent  avait 

C'était  primitivement  la  rue  de  ia  Petite-  Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 

Seine;  elle  devint  ensuite,  en  1666,  rue  des  Pe-  de  Paris,  t.  Vlll.  p.  aiO. 

tits-Augustins,  et  n'a  pris  son  nouveau  nom  qu'en  L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibl.  p.  h()Ç). 

i852.  Leprince,  Essai  historique  sur  la  hilAiolheque 

Cl.  Malingre.  Théâtre  des  antiquités  de  Paris,  du  Roi,  p.  3Go. 

p.  376.  Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 


Voyez  ci-dessus,  p.  .3oi.  de  Paris,  t.  VIII,  p.  -262. 


3d6  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

reçu  deux  donations  assez  considérables.  Giibert  Mauguin,  président  à  la  cour 
des  Monnaies,  lui  légua,  en  iGy/t,  toute  sa  bibliothèque,  composée  de  huit  cent 
trente-cinq  volumes,  parmi  lesquels  se  trouvait  le  manuscrit  de  son  ouvrage  inti- 
tulé Vindiciœ  prœdestinationis  et  gratiœ,  qui  est  aujourd'hui  très-recherché .  Plus 
tard,  le  casuiste  Jean  Pontas,  docteur  en  droit,  sous-pénitencier  de  Notre-Dame, 
et  depuis  longtemps  fort  attaché  aux  Augustins,  leur  laissa  en  mourant  ('^7  avi-il 
ly'jîS)  deux  cent  cinquante  volumes  bien  choisis.  Les  religieux  reconnaissants 
consentirent  à  l'enterrer  dans  leur  église,  et  gravèrent  sur  sa  tombe  une  épitaphe 
d'assez  mauvais  goût,  où  il  est  qualifié  de  ^'vir  pudore  virgineo,  sancta  gravi- 
er tate,  etc.  "1  Son  portrait  fut  mis  dans  la  bibliothèque'-',  et  une  itiscription  placée 
dans  le  cloître  consacra  encore  le  souvenir  de  ses  libéralités  : 

Illi  claustra  debent  de  saxo  nitorem. 
Fornicem  chorus.  Frons  arae  ful^jorem. 
Hune  Bibholheca  laudat  munificuni . 

La  collection  des  Petits-Augustins  eut,  avant  le  xvni'^  siècle,  deux  catalogues 
qui  furent  représentés,  le  9  lévrier  1790,  à  la  municipalité  de  Paris  pai"  le  prieur 
François  Roblain  Le  premier  est  conservé  aujoui'd'hui  à  la  bibliothèque  de 
l'Arsenal.  C'est  un  volume  grand  in-folio  qui  a  pour  titre  :  Calalogus  libroriua 
majons  bibliolhecœ  Auguslinianorum  reginœ  MargarUo',  cum  notis  crilias  identidoii 
adjunclis^^K  Le  second,  que  nous  n'avons  pu  retrouver,  était  intitulé  Cakdogiis 
librorum  minoris  bibliolhecœ,  et  se  composait  de  692  pages. 

Le  local  qui  renfermait  cette  bibliothèque  avait  été  augmenté  au  fur  et  à 
mesure  des  accroissements  qu'elle  avait  pris.  Elle  se  trouvait  donc  dispersée  dans 
plusieurs  pièces  qui  n'étaient  pas  même  contiguës  entre  elles de  là  ces  expres- 
sions de  cr  major  bibliotheca, :i  et  de  tmiinor  bibliotheca r  qui  figurent  dans  les 


Gilljert  Mauguin  fut  un  des  lionunes  les  plus 
estimés  de  son  temps.  Bien  (jue  président  à  la  cour 
des  Monnaies,  il  approfondit  les  questions  d'his- 
toire ecclésiastique  qui  alors  passionnaient  les  es- 
prits, fret  devint  aussi  savant  eu  théologie  que  les 
rrdocteurs  qui  l'enseignoieni. -i  Animé  d'un  égal 
amour  pour  les  livres  et  pour  le  jansénisme,  il 
avait  rassemblé  dans  sa  maison  de  la  rue  de  Seine 
une  bibliothèque  choisie  avec  un  soin  extrême.  A  sa 
mort,  il  légua  la  plus  grande  pai-tie  de  ses  biens  à 
l'Hôpital  général. 

Sur  la  bibliothèque  de  G.  Mauguin,  voyez  : 
L.  Cousin,  dans  le  Jouriinl  des  Savants,  numéro 
d'avril  1G96;  —  Piganiol  de  la  Force,  Descrip- 
tion historique  de  Paris,  t.  Vil,  p.  83,  et  t.  VIII. 
p.  262;  —  Leprince,  Essai  liisiorique  sur  In  hi- 


hliotJièque  du  Roi,  p.  3Go.  —  Ladvocat,  Dictionnaire 
historique,  t.  II,  p.  '2i3. 

Etal  des  peintures  et  sculptures  do  la  Maison  des 
Augustins  de  la  reine  Marguerite.  Archives  de  l'Em- 
pire, série  S,  carton  n°  3 6/11. 

'  '  Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  VHI,  p.  255  et  258. 

Archives  de  l'Empire ,  série  S ,  carton  n"  364 1 . 
—  La  note  suivante  est  jointe  à  sa  déclaration  : 
•  Je  reconnois  que  M.  Racle  m'a  remis  le  catalogue 
rcen  deux  volumes  in-folio  de  la  bibliothèque  dos 
'  Augustins  de  la  reine  Marguerite.  —  Ameilho.n.t 

Bibliothèque  de  l'Arsenal ,  manuscrits  in-folio . 
n"  839  H. 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
I.  II.  p.  5o5. 


PETITS-AUGUSTINS.  ?>hl 

titres  que  nous  venons  de  reproduire.  On  lit  au  reste  dans  ï  Avertisse  ment  qui 
précède  le  premier  catalogue  : 

cr  Comme  nous  n'avons  pas  de  vaisseau  assez  grand  pour  y  placer  lous  nos 
rr  livres,  et  que  depuis  plusieurs  années  nous  sommes  forcés  d'en  mettre  un  grand 
r nombre  adleurs  que  dans  cette  bibliothèque,  il  nous  a  paru  plus  convenable 
fr  d'avoir  deux  catalogues,  l'un  pour  la  grande  bibliothèque,  l'autre  pour  la  petite 
rou  pour  celle  des  petits  livres.  Par  là  nous  évitons  l'inconvénient  de  transporter 
c- souvent  un  registre  innnense  d'une  bibliothèque  à  l'autre,  et  nous  avons  l'avan- 
(••  tage  de  conserver  plus  longtemps  nos  catalogues,  dont  le  changement  cause 
r  beaucoup  de  dépenses  et  d'embarras, 

Le  Provincial  des  Augustins  faisait  tous  les  deux  ou  trois  ans  l'inspection  de  la 
bibliothèque  du  couvent.  Ce  n'était  pas  une  simple  formalité.  La  date  de  ces 
visites,  ainsi  que  les  observations  auxquelles  elles  donnaient  lieu,  étaient  men- 
lionnées  à  la  fin  du  catalogue  que  nous  avons  décrit.  On  y  trouve  quelques 
détails  curieux.  La  première  visite  est  du  29  avril  1772  ;  on  avait  vendu,  trois 
ans  auparavant,  des  livres  réputés  doubles  ou  inutiles,  et  ils  avaient  rapporté  une 
somme  de  483  liv.  5  sols,  qui  d'ailleurs  avait  trouvé  son  emploi  dans  la  biblio- 
thèque. Le  Provincial  interdit  formellement  pour  l'avenir  ces  sortes  d'opérations. 
Le  bibliothécaire  était  alors  le  P.  Cachet.  De  1772  an  26  juillet  177^,  la  col- 
lection s'augmenta  seulement  de  quatre-vingt-six  volumes;  mais,  en  1777,  le 
P.  Cantrelle,  ancien  bibliothécaire,  laissa  au  couvent  tous  ses  livres,  qui  se 
composaient  de  trois  cent  quatre-vingts  volumes  reliés.  On  commença  vers  cette 
époque  à  prêter  des  ouvrages  hors  de  la  bibliothèque,  et  dès  1782  on  constata 
l'absence  de  deux  cent  seize  volumes.  Le  Provincial  fut  fort  mécontent  et  or- 
donna la  création  d'un  registre  spécial  pour  inscrire  les  volumes  qui  sortiraient 
de  la  salle.  Enfin,  le  28  août  1788,  le  Provincial  formulait  ainsi  un  blâme  en- 
core plus  sévère  :  rNous  avons  trouvé  un  grand  nombre  de  livres  qui  ne  sont 
rrni  inscrits,  ni  étiquetés,  ni  classés,  ce  qui  ne  fait  pas  d'honneur  au  Père  bi- 
f  hliotécaire'"'.  r 

11  est  assez  diflicile  d'indiquer  exactement  le  développement  que  prit  celte 
collection.  Leprince,  qui  écrivait  en  1780,  lui  accorde  douze  mille  volumes'-', 
tandis  que  Thiéry,  dans  son  Guide  de  1787,  imprime  le  chiffre  de  vingt  mille 
volumes et  nous  ne  connaissons,  entre  ces  deux  dates,  aucun  événement  qui 
ait  pu  donner  une  pareille  extension  à  cette  bibliothèque.  On  lit  dans  le  procès- 
verbal  ofliciel  de  visite  qui  fut  dressé  en  1  790  : 

Nous  leur  avons  demandé  (aux  ix'ligicux)  de  nous  conduh-e  à  ia  bibholhèque ,  où  étants  nous 
avons  reconnu  qu'elle  pouvoit  être  composée,  ainsi  qui!  est  porté  en  la  susdille  déclaration, 

''J  Bibiioth.  de  l'Arsenal .  ms.  in-foiio,  n°  889  H.  Thiéry,  Guide  des  nnintem-s  cl  des  èlraiiijvrs , 

Leprince,  Essai  tiistovique  sur  ta  bitjtiothèrpie       I.  11.  p.  5o5. 
du  ïloi,  p.  36o. 


Sà8 


LES  ANCIENNES  BIBLI(3THEQUES  DE  PARIS. 


d'environ  dix  mille  volumes,  presque  touls  d'anciennes  éditions,  et  qui  nous  ont  paru  de  peu  de 
conséquence,  ainsi  que  les  manuscrits;  pour  quoi  nous  avons  jugé  pouvoir  nous  en  rapporter 
audit  état,  et  ne  pas  devoir  en  faire  ici  un  détail  particulier'''. 

Lors  du  transport  dans  les  dépôts  littéraires,  on  constata  la  présence  de 
dix  mille  trois  cent  dix-huit  imprimés  et  deux  cent  huit  manuscrits'-'.  Les  reli- 
gieux avaient  déclaré  fr  environ  10,000  volumes  imprimés  et  i85  manuscrits , 
en  ces  termes  : 


1,761  volumes  in-folio. 

1,980   in-quarto. 

1,98^  in-octavo. 

3,o5i    in-douze. 

1,089  in-seize. 


2  5  manuscrits  in-folio. 
110  in-quarlo. 


23 

97 


in-octavo. 
in-seize. 


Nota.  Le  Père  bibliothécaire  a  fait  observer  que,  dez  1785,  il  se  trouvoit  i5a  volumes 
d'égarés  du  nombre  ci-dessus,  qu'on  n'a  encore  pu  recouvrer 


On  citait  surtout,  parmi  les  raretés  que  renfermait  cette  bibliothèque,  deux 
volumes  chinois  imprimés  sur  soie  et  un  exemplaire  du  catéchisme  qui  était  dis- 
tribué en  Chine  par  les  missionnaires  jésuites;  un  livre  de  prières  arabes  manus- 
crites, pris,  dit-on,  sur  un  Turc  à  la  bataille  de  Belgrade'^'.  On  voyait  dans  le 
chœur  de  l'église  quatorze  gros  volumes  de  chant  sacré  qui  avaient  été  écrits  et 
enluminés  par  un  religieux  augustin  nommé  Antoine  Trochereau.  Cet  immense 
travail  était  regardé  comme  un  chef-d'œuvre  ;  on  admirait  à  la  fois  la  netteté  et 
la  beauté  de  l'écriture,  le  goût  et  la  délicatesse  des  miniatures Dans  une  des 
salles  de  la  bibliothèque  se  trouvait  un  médaillier  qu'avait  donné  au  couvent 
l'électeur  de  Bavière,  et  qui  contenait,  en  pièces  d'un  métal  particulier  alors 
appelé  métal  d'Angleterre ,  la  série  de  tous  les  papes  depuis  saint  Pierre  jusqu'à 
Clément  XII  («l 

Le  dernier  bibliothécaire  des  Petits-Augustins  fut  le  B.  P.  Courier,  qui  était 
en  fonctions  depuis  l'année  1785 

On  ne  trouve  aucune  trace  d'estampille  sur  les  livres  qui  ont  appartenu  au 


Procès-verbal  de  visite  du  couvent  des  Augus- 
lins  de  la  reine  Marguerite.  Archives  de  TEinpire, 
série  S,  carton  n°  36/ii. 

Recensement  détaillé  par  formats  des  livres  des 
bibliothèques  du  département  de  Paris.  Archives  de 
l'Emph-e,  série  M,  carton  n°  797. 

Déclaration  de  tous  les  biens  dépendants  du  cou- 
vent des  Auguslins  du  fauxbourg  Saint-Germain ,  dits 
de  la  reine  Marguerite.  Archives  de  l'Empire,  série 
S,  carton  ti"  3 6 '11. 


Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers , 
t.  II,  p.  5o5. 

Leprince,  Essai  historique  sur  la  bibliothèque 
du  Roi,  p.  3 60. 

Piganioi  de  la  Force,  Description  historique  de 
Paris,  t.  VIII,  p.  263. 

*'*  Catalogus  librorum  majoris  bibliothccœ  Au- 
gustinianorum  rcginœ  Margarilœ,  etc.  Bibliothèque 
de  l'Arsenal,  manuscrits  in-foho,  11°  839  H. 


PETITS-AUGUSTINS.  3/i9 

couvent  des  Petits-Auoiislitis;  mais  presque  tous  les  volumes  portent,  au  milieu 
du  titre,  une  inscription  manuscrite  qui  varia  à  différentes  époques.  Yoici  les 
formules  le  plus  souvent  employées  : 

POUR  LES  AUGUSTINS  RÉFORMEZ  DU  FAUBOURG  SAINCT  GERMAIN  DES  PREZ 

A  PARIS. 

DE  LA  BIBLIOTHÈQUE  DES  AUGUSTINS  RÉFORMEZ  DU  FAUXBOUBG  SAINT  GERMAIN 
DE  PARIS.  DITS  DE  LA  REYNE  MARGUERITE. 

RIRLIOTHECM  CONVENTUS  PARISIENSIS  FRATRUM  EREMITARUM  ORDINIS  SANCTI 
AUGUSTINI,  VULGO  REGINE  MARGARIT^  VALESIM  NUNCUPATORUM ,  IN  SUBURBIO 
SANCTI  GËRMANI. 

EX  BIBLIOTHECA  PATRUM  AUGUSTINIANORUM  MINORIS  CONVENTUS  PARISIENSIS 

IN  SURURRIIS  SANCTI  GERMANI. 

EX  BIBLIOTECA  PATRUM  AUGUSTIN lENSIUM  CONVENTUS  SANCTI  NICOLAF'^ 
IN  SUBURBIIS  SANCTI  GERMANI  PARISIORUM. 

AUX  AUGUSTINS  DU  QUARTIER  SAINT  GERMAIN. 

Le  couvent  des  Petits- Augustins  fut  fermé  en  1790.  On  y  installa  Tannée 
suivante  le  Musée  des  monuments  français,  où  furent  réunis  tous  les  objets  d'art 
provenant  des  églises  et  des  maisons  ecclésiastiques  supprimées.  Les  bâtiments 
furent  démolis  en  1820  et  firent  place  aux  élégantes  constructions  de  l'Ecole  des 
Beaux-Arts;  on  conserva  seulement  le  vaisseau  de  l'église,  contre  laquelle  fut 
appliquée  la  façade  du  cliâteau  d'Anet. 

L'église  des  Petits-Auguslins  était  dédiée  à  saint  Nicolas  de  Tolentin. 


Fac-simile  héUographique. 


FUn  de  Gomboust  (1652). 


CONGRÉGATION  DE  LA  MERCI. 


Le  couvent  des  Frères  de  la  Merci  était  situé  au  coin  de  la  rue  du  Cliaunie 
et  de  la  rue  de  Braque.  Dans  cette  dernière  rue,  Arnoul  Braque  avait  établi  au 
xiv'^  siècle  une  petite  chapelle,  qui  était  restée  sous  le  patronage  de  sa  famille. 
Celle-ci  consentit,  en  iGi3,  sur  la  demande  de  Marie  de  Médicis,  à  la  céder  aux 
religieux  de  la  Merci,  qui  la  remplacèrent  aussitôt  pai'  un  monastère  et  une 
église''. 

Les  moines  de  la  rue  du  Chaume  paraissent  avoir  eu  pour  les  livres  plus  de 
goût  que  leurs  confrères  de  la  rue  des  Sept-Voies'-'.  Les  statuts  de  l'ordre  étaient, 
au  reste,  très-sévères  sur  ce  chapitre,  et  réglaient  minutieusement  les  devoirs  du 
bibliothécaire  et  l'ordre  à  établir  dans  la  bibliothèque.  Voici  comment  ils  s'ex- 
priment'^' : 

"Le  devoir  du  bibliothécaire  est  de  veiller  avec  tout  le  soin  possible  à  ce  que 
•les  livres  soient  conservés  dans  un  local  bien  disposé,  sûr,  vaste  et  bien  aéré, 
-protégé  contre  la  pluie  et  le  mauvais  temps.  Il  doit  placer  les  livres,  non  pêle- 
-mêle,  mais  chacun  séparément,  dans  l'ordre  indiqué  par  les  désignations  écrites 


Histoire  de  l'ordre  sacré,  roijal  el  militaire  de 
N.  D.  de  la  Mcrcij,  p.  Gig. 

\  oyez  plus  loin  noire  notice  sur  le  collège  de 
la  Merci. 

"  DE  OFFICIO  LIBRARH. 

■•Ofilcium  liljrarii  est  habere  curaj^,  ut  potest. 
ffjuod  bahealur  bonus  locus,  et  securus,  et  bene 
■  aplus  conlra  plaviani  et  inloniporieni ,  et  copiani 


•'liabens  boni  aëris,  pro  libris  custodiendis.  Repo- 
"uantur  aulem  libri  separatini,  et  non  confuse  : 
"cuni  signationibus  debitis  factis  per  scripturam. 
.'•quœ  applicanda  est  unicuique  interslitio  :  ut  seia- 
"turubi  inveniatnr  quod  quasritur. 

«Débet  autem  ipse  custodire  claveni  liujus  biblio- 
rrthecœ  seu  librariee,  et  aperire  et  claudere  tenipore 
'•  iuo  :  et  habere  cellani  pro  studio,  si  locus  est  ap- 


352  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

rrk  ia  main  qui  seront  appliquées  sur  chaque  division;  il  trouvera  facilement  ainsi 
rrce  qu'on  lui  demandera. 

f'Il  doit  conserver  la  clef  de  la  bibliothèque,  l'ouvrir  et  la  fermer  à  l'heure 

fixée;  si  la  disposition  du  local  le  permet,  s'y  réserver  une  chambre  pour  l'é- 
rrtude,  ou  au  moins  l'avoir  tout  auprès,  afin  qu'on  le  rencontre  plus  vite  si  l'on 
ra  besoin  de  lui  pour  affaire  de  service. 

<T  Le  bibliothécaire  doit  avoir  un  registre  sur  lequel  soient  mentionnés  tous  les 
"livres  du  couvent;  il  y  inscrira  les  acquisitions  nouvelles  et  y  supprimera  les  ou- 

vrages  disparus.  11  doit  transmettre  à  son  successeur  un  registre  semblable  quand 
rr  il  abandonne  ses  fonctions  et  le  recevoir  de  son  prédécesseur  quand  il  les  re- 
ff  prend;  il  pourra  ainsi  toujours  rendre  compte  des  volumes  au  supérieur,  et  ne 
r  risquera  pas  de  les  laisser  dépérir  par  oubli.  C'est  encore  à  lui  de  veiller  à  ce 


rr  lus  in  ipsa ,  vel  prope  eandem ,  ut  cilius  inveniatur 
r-cum  quœritur  pro  aliquo  negotio  ad  suum  officium 
•■  pertinente. 

rritem  ad  ipsum  pertinet  habere  chartam,  in 
rrqua  sint  scripti  omnes  libri  conventus,  et,  cum 
rraugmentantur,  vel  minuuntur,  scribere  vel  abra- 
rrdere  in  charta  illa.  Hujusniodi  autera  chartam 
rr  débet  tradere  successori  suo  cum  dimittit  officium , 
rret  accipere  a  prœdecessore  cum  assumit  officium 
rrde  novo,  ut  sic  seniper  possit  reddi  ratio  de  li- 
rrbris  cum  exigitur  a  prœiato,  ne  per  oblivionem 
rreos  deperire  contingal.  Ipsius  eliam  interest  ha- 
rrbere  curam  quod  per  se,  vei  per  alium,  corri- 
rrgantur,  reparentur,  cooperiantur  et  bene  iigentur, 
fret  signentur  in  unoquoque  volumine  in  tergo 
frcujusmodi  libri,  vel  liber  sit,  vel  cujus  scriptum 
rrvel  scripta  contineantur  in  illo. 

rrEt  si  fuerit  dignum  quod  donator  libri  in 
rrniemoria  liabeatur,  addatur,  et  dicatur  :  queni 
rr  dédit  talis  pro  anima  sua.  Débet  etiam  dare 
rroperam  quod  libri  communes  sub  eo  augmen- 
rrtentur,  acquirendo  eleemosynas  ad  hoc  aliquas 
rrcum  potest,  vel  a  novitiis  cum  intrant  libres 
r:  aliquos  acquirendo ,  vel  procurando  erga  majores. 

rrCum  habenlur  aliqui  duplices,  vel  triplices, 
rrde  quibus  fratres  non  multum  indigent,  retentis 
rrmelioribus,  alii  cum licentia  vendantur,  et  pretium 
rrinalios  usus  librorum  qui  non  habentur  conver- 
rrtatiir;  et  idem  fiât  de  veteribus,  vel  maie  legibi- 
rrlibus,  vel  alias  parum  valentibus.  Item  semel  in 
rranno,  vel  bis,  débet  omnes  recolligere,  et  ad  lo- 
rrcum  idoneum  reportare,  cum  sociis  ad  hoc  sibi 
r-deputatis,  ad  vertendurn  et  ad  videndum  ne  aliquis 
rrperierit,  vel  ne  aliquis  a  vermibus  destruatur. 
rrQuod  si  aliquem  invenerit  déesse,  débet diligenter 


rrlaborare  quod  reinvenialur.  Si  autem  aliquis  lœsus 
rr  fuerit  in  aliquo ,  débet  apponere  curam  quod  re- 
'paretur,  et  cavere  deinceps  ab  bis  quœ  libris  in- 
rrvenerit  nocuisse.  Et  cum  viderit  aliquos  libros  de 
r-armario  ociosos,  débet  illos  ad  armarium  repor- 
rr  tare.  Item  ad  ipsum  pertinet  providere  quod ,  in 
rr  aliquo  loco  siientii  et  apto,  sit  aliquis  pulpitus 
rrmagnus,  vel  plures,  in  quibus  Iigentur  aliqui  libri 
rrbene  legibiles,  quibus  frequentius  fratres  indigent 
rrcum  habenlur,  ut  est  Biblia  glossata,  Biblia  sine 
rrglossa,  Summae  de  casibus,  et  de  vitiis  et  virlu- 
rrtibus,  et  de  quœstionibus,  Concordantiœ,  Inter- 
rr prêta tiones.  Décréta,  Decrelales,  Disputationes 
rr  morales,  Sermones  varii  de  festis,  de  dominicis 
rrper  totum  annum,  Historiae,  Sententiœ,  Chronica, 
rrPassiones  et  Legendœ  sanctorum,  Historia  eccle- 
•  siastica ,  et  similia  multa,  ut  communilas  fratruni 
r-in  promptu  possit  illa  habere.  Armarium  vero  sic 
r- débet  apertum  tenere  cerlo  lempore,  vel  esse 
r'juxta  eum  vel  in  ipso,  ut  qui  volunt  aliquid  in 
rrtransitu  videre  in  aliis  libris,  vel  aliquem  habere 
rrad  horam  brevem,  possint  copiam  eorum  de  facili 
rr  habere.  Porro  cum  aliqui  fratres  volunt  habere 
rr  aliquem  librum,vel  scriptum  aUquod,non  ad  ho- 
rrram,  sed  ad  lenenduin  diu  in  cella,  débet  facere 
rrmemoriale  in  scripto  et  sumere  cautionem.  Fra- 
rrtres  vero  qui  libros  deturpaverint,  vel  in  eis  ali- 
rrquid  propria  authorilate  scripserint,  vel  deleve- 
rrrint,  vel  in  quo  negligenter  seu  maie  tractaverint, 
rraut  in  aliquo  ofTenderint,  circa  pertinenlia  ad 
rrsuum  officium,  débet  suo  tempore  proclamare,  et 
rradmonitiones  facere  fratribus,  et  id  suggerere 
rr  prœiato  tempore  opportune.  " 

(  Instructio  officiorum  ordinis  Beatœ  Mariœ  de  Mer- 
cede  Redetiiptionis  Captivorum ,  p.  62.) 


co^(;RÉGATIO^  de  la  merci.  35:5 

ffquc,  soit  par  liii-nuMiic ,  soit  par  d'autres,  les  livres  soient  corrigés,  réparés, 
ff reliés,  bien  attacliés,  et  qu'on  marque  sur  le  dos  de  chaque  volume  son  titre, 
-rie  nom  de  l'auteur,  ou  les  diiïérents  écrits  qu'il  renferme. 

fSi  le  donateur  d'un  livre  mérite  iju'on  conserve  son  souvenir,  son  nom  y  sei'a 
rajouté,  et  l'on  dira  :  un  tel  a  donné  ce  volume  pour  le  rej)os  de  son  âme.  Le  biblio- 
fftliécaire  doit  également  mettre  tous  ses  soins  à  ce  que  la  bibliothèque  commune 
rraugmente  pendant  son  administration,  soit  en  récoltant  à  cette  intention  des 
fr aumônes,  soit  en  obtenant  quehjues  volumes  des  novices  à  leui-  arrivée,  ou 
ff  même  des  anciens. 

ff  S'il  existe  en  double  ou  en  triple  des  ouvrages  dont  les  frères  ne  fout  pas  un 
rr grand  usage,  il  conservera  les  meilleurs  exemplaires ,  demandera  l'autorisation 
ffde  vendre  les  autres,  et  emploiera  le  pi'ix  à  en  acheter  que  la  bibliothèque  ne 
fr possède  point;  il  fera  de  même  poui-  les  livres  anciens,  peu  lisibles  ou  sans  va- 
rdeiir.  Une  ou  deux  fois  par  an  il  doit,  avec  quelques  frères  désignés  dans  ce  but, 
ff  rassembler  tous  les  volumes,  puis  les  remettre  à  leur  place,  afin  de  les  exami- 
ff  ner  et  de  voir  si  aucun  ne  se  détériore  ou  n'est  attaqué  par  les  vers.  S'il  cons- 
crtate  des  absences,  il  s'empressera  de  faire  réintégrer  les  volumes  qui  manquent. 
ffSi  un  livre  a  été  gâté  d'une  manière  quelconque,  il  le  fera  réparer  et  prendra 
ff  des  mesures  pour  préserver  les  autres  du  même  sort.  S'il  rencontre  hors  de  la 
ff  bibliothèque  quelques  volumes  dont  on  ne  se  serve  point,  il  les  y  reportera,  11 
ffdoit  encore  veiller  à  ce  ([ue,  dans  un  endroit  tranquille  et  bien  disposé,  on 
ff  ti'ouve  une  ou  plusieurs  grandes  tables  sur  lesquelles  soient  attachés  des  volumes 
ffbien  lisibles,  choisis  parmi  ceux  dont  les  frères  ont  le  plus  souvent  besoin,  afin 
ff  qu'ils  puissent  les  avoir  sur-le-champ;  tels  sont  la  Bible  commentée,  la  Bible  sans 
ff  commentaires,  les  Sommes  des  cas  de  conscience,  des  vices  et  des  vertus  et  des 
ff  questions,  les  Concordances,  les  Interprétations,  les  Décrets,  les  Décrétales,  les 
ff  Dissertations  morales,  les  Sermons  pour  les  fêtes  et  pour  tous  les  dimanches  de 
f  l'année,  les  Histoires,  Sentences,  Ghi-oniques,  Martyres  et  Légendes  des  saints, 
ff  l'Histoire  ecclésiastique  et  autres  livres  du  même  genre.  Il  doit  laisser  la  biblio- 
ffthèque  ouverte  pendant  un  temps  déterminé,  et  se  tenir  à  portée,  afin  de  pou- 
ff  voir  satisfaire  promptement  ceux  cpii  veulent  voir  d'autres  livres  en  passant  ou 
ffceux  qui  ne  désirent  les  garder  que  peu  de  temps.  Mais,  si  l'un  des  frères  de- 
«  mande  à  emprunter  un  livre  ou  un  manuscrit  pour  le  conserver  longtemps  dans 
ff  sa  chambre,  le  bibliothécaire  doit  en  prendre  note  par  écrit  et  exiger  une  caution, 
ff  Quant  aux  frères  qui  auraient  détérioré  les  livres,  auraient  écrit  sur  les  pages, 
ffles  auraient  détruits,  maltraités  ou  gâtés  d'une  manière  quelconque,  il  est  du 
ff  devoir  du  bibliothécaire  de  les  dénoncer  aussitôt,  de  les  réprimander  et  de  rap- 
ff  peler  le  fait  au  supérieur  en  temps  opportun.  •;■> 

Les  registres  manuscrits  des  Chapitres  tenus  au  couvent  de  la  Merci  sont  au- 
jourd'hui conservés  à  la  Bibliothèque  impériale,  mais  nous  les  avons  vainement 
11.  /if) 


354  LKS  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

parcourus;  on  ny  trouve  qu'un  seul  passage  qui  soit  relatif  à  la  bibliothèque. 
Par  décision  du  5  mai  1711.  il  fut  interdit  aux  religieux  et  même  au  bibliothé- 
caire de  prêter  aux  séculiers  les  livres  de  la  bibliothèque 

Malgré  le  silence  gardé  par  les  diflerents  manuscrits  que  nous  avons  con- 
sultés, il  est  certain  que  cette  bibliothèque  s'augmenta  assez  rapidement.  En 
1790,  les  religieux  déclarèrent  que  leur  collection,  qui  ne  renfermait  d'ailleurs 
fr aucun  manuscrit  ni  livres  rares, n  possédait  trois  mille  volumes Cette  as- 
sertion n'était  pas  absolument  exacte;  d'abord,  le  couvent  possédait  bien  quelques 
manuscrits,  puisc[ue  trois  d'entre  eux  sont  aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  impé- 
riale'^'; ensuite,  un  recensement  détadlé,  exécuté  par  ordre  delà  municipalité  de 
Paris,  fit  découvrir  cincj  mille  quatre-vingt-dix-sept  volumes  au  lieu  de  trois 
mille L'inventaire  officiel  du  mobdier  qui  garnissait  alors  la  bibliothèque  nous 
a  été  conservé;  il  se  compose  des  objets  suivants  : 

Une  table  de  sapin  sur  son  pied  quarré; 
Une  échelle  en  marchepied  de  bois  de  chêne; 
Six  corps  de  tablelles; 

Un  fauteuil  foncé  de  crin,  couvert  de  vieille  tapisserie  fond  brun; 
Un  vieux  globe  céleste  sur  son  pied  en  guéridon  de  bois  de  noyer; 
Un  vieux  tapis  de  drap  ver; 
Un  fauteuil  et  deux  chaises  de  canne; 

Quatre  vieux  rideaux  de  toile  de  coton,  absolument  hors  de  service; 
Un  tableau  peint  sur  toile,  représentant  la  mort  de  Sénèque; 
Un  autre  sans  bordure,  repre'sentant  les  Ails'^'. 

Les  religieux  de  la  Merci  n'avaient  point  d'estampille  spéciale  pour  leur  biblio- 
thèque; mais  on  rencontre  fréquemment,  frappées  en  or  sur  le  dos  ou  les  plats 
des  volumes  qui  leur  ont  appartenu,  soit  la  marque  que  nous  reproduisons  ici, 
et  qui  représente  les  armoiries  de  l'ordre. 


captifs.  Arch.  de  l'Empire,  série  S,  carton  n" /iâ 85. 

Voy .  le  cataloouc  de  l'ancien  fonds  di  t  f/e  la  Merci. 

Recensement  détaillé  des  livres  des  bibliotlœ'iucs 
du  département  de  Paris.  Archives  de  l'Empire, 
série  M,  carton  n°  797. 

Procès-verbal  de  description  et  d'apposition  de 
scellés  au  couvent  de  la  Merci/.  Archives  de  l'Enipii-c, 
se'rie  S,  carton  n°  /i2  85. 


rr6° Prohibemus  ne  bibliotecaj  prœfectus,  ne- 
ffque  quivis  alius  religiosus,  bibliolecœ  libres  sœ- 
frfularibus  conimodare  audeat.n  {Livre  des  Cha- 
pitres de  la  congrégation  de  la  Merci/.  Bibliothèque 
impériale,  manuscrits,  fonds  latin.  n°  1706^, au- 
trefois fonds  de  la  Merci,  n°  1,  p.  i83.) 

Etat  des  biens  et  revenus  de  la  congrégation  de 
Paris  de  l'ordre  de  N.  D.  de  la  Mercy  rédemption  des 


C0>{GRÉGAT10N  DE  LA  MEUCI.  355 
soil  l  iiis('i'i|)lion  suivante,  qui  est  IVéquemuicnl  accompagnée  d'une  date  : 

CONVENT  DE  LA  MEllCY 
DE  PAIilS. 

Sur  les  in-quarto  et  les  in-octavo,  la  disposition  des  lignes  est  modifiée,  et 
on  lit  : 


DV  C  O  NV  E  N  T  DE  L  A 
M  E  R  C  Y  D  E  par;  s 


Quant  aux  inscriptions  manuscrites,  elles  sont  nombreuses  et  variées.  Voici 
celles  qui  se  rencontrent  le  plus  souvent  : 

EX  LIBRIS  FRATRUM  ORDINIS  B^  M-  DE  MERCEDE,  REDEMPTIONIS  CAPTIVORUM 

CONVENTUS  PARISIENSIS. 

EX  LIB.  CONV.  PARIS.  DE  MERCEDE 

DU  COUVENT  DE  LA  MERCY  DE  PARIS. 

On  voit  encore  dans  la  rue  du  Chaume,  au  coin  de  la  rue  de  Braque,  la 
partie  basse  de  la  façade  de  Tancienne  chapelle  du  couvent  de  la  Merci.  Les 
bâtiments  d'habitation  étaient  à  côté,  sur  remplacement  d'une  maison  portant  une 
inscription  récente  qui  rappelle  ce  fait. 


pac-simile  hehcgraphique. 


rUn  de  C-orabousi  (  15E2  ). 


CAPUCINS  DE  LA  RUE  SAINT-JACQUES. 


Trente-sept  ans  après  TinstaHation  des  Capucins  dans  leur  grand  couvent  de 
la  rue  Saint-Honoré ,  une  nouvelle  Maison  du  même  ordre  fut  fondée  à  Paris. 
Godefroy  de  La  Tour,  par  son  testament  du  27  avril  161  3''',  légua  aux  Capu- 
cins son  habitation  située  dans  la  rue  Saint-Jacques,  un  peu  au-dessus  du  Val- 
(le-Gràce,  et  les  jardins  qui  en  dépendaient.  L'évèque  de  Paris,  Pierre  de  Gondi. 
fournit  un  peu  plus  tard  les  fonds  nécessaires  à  l'approjiriation  des  bâtiments  et 
à  la  construction  d'une  église 

Cette  petite  communauté  paraît  avoir  eu  presque  aussitôt  une  bibliothèque, 
(jui,au  milieu  du  xvn'^  siècle,  égalait  celle  du  couvent  de  la  rue  Saint-Honoré t^'. 
Mais  elle  fut  loin  de  progresser  avec  la  même  rapidité,  car,  au  moment  de  la 
Révolution,  elle  ne  renfermait  guère  que  trois  mille  volumes. 

Ce  monastère  fut  supprimé  en  1788,  et  on  transporta  les  religieux  rue  Sainto- 


Piganiol  de  la  Force,  Description  historique 
de  Paris,  t.  \  I,  p.  2 1 9. 

D.  H.  I.  Supplément  aux  antifjuilri  de  Paris 
de  J.  Duhreul,  p.  Zi5. 

Pierre  de  Gondi  possédait  une  belle  bibliothèque, 
(ju'il  laissa  aux  Capucins  de  Joigny  :  rrLa  recon- 
(rnoissance  que  nous  devons  avoir  pour  Monseigneur 
rr Teminentissime  cardinal  de  Gondi,  arclievesque 
rrde  Paris,  pour  les  grands  bienfaits  qu'il  nous  a 
"l'ait  et  fait  procurer,  nous  aiant  étably  dans  deux 
rf maisons  ou  convents  dans  la  province  de  Paris, 
rf  le  premier  à  .loigny,  en  i()07,etune  autre  à  Paris. 


trau  couvent  de  la  rue  Saint-Jacques,  l'an  1 6 1 3  

rrDans  la  première  il  y  a  joint  sa  belle  bibliotèque. 
rroià  il  y  a  voit  quantité  de  manuscrits.  L'on  niettni 
ffdans  la  sacristie  du  convent  des  Capucins,  rue 
rr Saint- Jacques,  une  plaque  où  1  extrait  de  sa  dona- 
frtion  sera  buriné.  1  (Hciuanjucs  curieuses  et  remar- 
quables de  ce  qui  s'est  passé  dans  la  province  de 
Paris ,  depuis  l'an  1  ÔqS  jusques  à  l'an  ij  10 . 
p.  3oo.  Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  cote 
H  2879.) 

L.  Jacob,  Traicté  des  plus  belles  bibliothèques 
(i643),  p.  5o3. 


358  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

Croix- de-la-Chaussée-d'Antin  (aujourd'hui  rue  Caumartin).  Dans  ce  nouveau 
local,  la  bibliothèque,  composée  d'une  seule  pièce,  était  située  au  premier  étage, 
et  les  fenêtres  donnaient  sur  une  petite  cour'''.  Le  mobilier,  qui  fut  inventorié  en 
1790,  lors  de  l'apposition  des  scellés  sur  la  collection,  était  fort  simple;  il  est 
décrit  en  ces  termes  : 

 Nous  avons  procédé  à  la  description  des  effets  y  contenus,  ainsi  qu'il  suit  :  six  chaises 

et  un  fauteuil  de  paille;  un  grand  bureau  garni  de  huit  petits  tiroirs  et  quatre  volets,  fermant 
avec  ferrure  et  clef;  une  échelle  à  neuf  échellons;  deux  pupitres  de  bois  de  chêne.  Le  pourtour 
de  ladite  pièce  garni  en  boiserie  composé  de  soixante  neuf  rayons  sur  lesquels  sont  placés 
deux  miile  sept  cent  quarante  volumes  de  livres  environ,  de  différents  formats;  une  gravure 
représentant  la  Mort  du  Christ,  et  un  petit  dessein  sous  verre  blanc  représentant  la  Vierge;  deux 
paquets  de  papiers.  .  .  et  un  tas  de  journeaux 

Constatons  que,  suivant  Thiéry,  qui  écrivait  en  1786,  la  bibliothèque  de  ces 
religieux  renfermait  «cinq  à  six  mille  volumes  d'un  bon  choix,  parmi  lesquels  on 
cf remarquait  la  première  Bible  imprimée  au  Louvre'^'. n  Mais,  dans  le  recen- 
sement officiel  de  cette  collection  qui  fut  fait  plus  tard,  après  sa  saisie,  on  constata 
seulement  la  présence  de  trois  mille  cent  cinquante  volumes 

Les  Capucins  de  la  Chaussée-d'Antin  ne  possédaient  pas  d'estampille,  et  nous 
n'avons  même  trouvé  aucune  inscription  manuscrite  portant  le  nom  de  ce 
couvent. 

Les  bâtiments  dépendant  du  monastère  des  Capucins  sont  aujourd'hoi  occupés 
parle  lycée  Bonaparte;  et  l'église,  qui  a  été  conservée  au  culte  sous  le  vocable 
de  Saint-Louis-d'Antin,  est  une  des  succursales  de  la  Madeleine.  Quant  aux  cons- 
tructions que  les  Capucins  avaient  occupées  au  faubourg  Saint-Jacques,  elles  ont 
été  transformées  en  un  hôpital  pour  les  vénériens. 


Apposition  de  scellés  chei  les  Capucins  de  Sa int- 
Louis  de  la  Chaussée  d'Anlin.  Archives  de  l'Empire, 
se'rie  S,  carton  n°  8706. 

Apposition  de  scellés  chez  les  Capucins ,  etc.  Ar- 
chives de  l'Empire,  série  S,  carton  n"  8706. 


Thie'ry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers , 
t.  1 ,  p.  1  ko. 

Recensement  détaillé  des  livres  des  bibliothèques 
du  département  de  Paris.  Archives  de  l'Empire, 
série  M,  carton  n°  797. 


Fac-aimile  héliographique. 


Flan  de  Jouvin  de  Rochefort  (1690). 


BLANCS-MANTEAUX. 


Les  Serfs  de  la  Vierge,  appelés  Blancs-Manteaux  à  cause  de  la  couleur  de  leur 
vêtement'^',  vinrent  de  Marseille,  vers  1268,  s'établir  à  Paris.  Saint  Louis,  zélé 
protecteur  de  tous  les  moines,  acheta  pour  eux  rr  une  mèson  et  vieilz  places  entour 
«pour  eulz  héberger,  delez  la  viex  porte  du  Temple,  assés  près  des  tissarans^-'. n 
Supprimés  par  Grégoire  X  en  127/i,  ces  religieux  furent  remplacés  par  un  autre 
ordre  mendiant  alors  établi  à  Montrouge,  rrin  monte  rubeon^^)^  les  Guillelmites, 
qui  devaient  leur  origine  à  l'ermite  saint  Guillaume  de  Malaval,  mort  en  Italie 
vers  11 57.  Mais,  bien  que  les  Guillelmites  portassent  un  costume  noir,  l'usage 
leur  conserva  le  nom  de  leurs  prédécesseurs. 

Nous  avons  très-peu  de  renseignements  sur  la  bibliothèque  des  Guillelmites. 
Il  est  cependant  certain  qu'ils  en  possédaient  une;  les  inscriptions  suivantes,  que 
nous  avons  rencontrées  sur  d'anciens  manuscrits,  suffiraient  à  le  prouver : 


]jehen{  Jlistoire  du  diocèse  (leParis,  167. 

Joinville,  Histoire  de  saint  Louis,  éd.  Didot, 
p.  933.  —  Dans  le  quartier  des  tisserands,  qui 
(■tait  traversé  par  la  rue  de  la  Tisseranderie,  de- 
venue rue  de  lu  Tixeranderie ,  et  aujourd'hui  sup- 
primée. 


J.  Dubreui,  Théâtre  des  antiquité:,  de  Paris, 
p.  666. 

rflste  liber  est  fratrum  heremitarum  Sancti 
ffGuillelmi,  Parisius,  in  vico  qui  dicitur  le  Parce- 
ffiuinerie,  Domino  famulancium.')  (Bibliothèque 
Mazarine,  manuscrits,  n°  H  i335.) 


3G0  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

La  rue  actuelle  des  Blancs-Manteaux  s'appelait,  au  xni'^  siècle,  rue  de  la  Par- 
cheminerie. 


t  '^çai^  Oi^mg  ^Jy^  Qcaxc^ttU  ^a^è  'm^^liM  "^«U  (^tiS^  TsntrlLi. 
pLdm^  Atr-Uu«S  M^^ffCc  tpj'uâ  iJknoyne  jr^^mtA^ 


Ces  derniers  mots'^^  renferment  une  erreur  historique  qui  a  été  très-fréquem- 
ment commise  :  l'auteur  de  cette  note  confond  saint  Guillaume  de  Malaval  avec 
saint  Guillaume,  duc  d'Aquitaine,  qui  fonda  le  monastère  de  Gellone'-l 

Nous  ne  connaissons  c[u'un  seul  bienfaiteur  de  cette  bibliothèque.  En  i5o2, 
un  sieur  Maxence  Favre  ou  Lefèvre  lui  donna  un  manuscrit  in-folio  sur  vélin 
contenant  un  commentaire  sur  les  douze  petits  Prophètes  ;  on  lit  en  effet  à  la  fin 
de  ce  volume,  qui  est  aujourd'hui  à  la  bibliothèque  Mazarine  :  rr  Anno  Domini  mil- 
crlesimo  quingentesimo  secundo,  die  julii  mensis  vicesima  prima,  Maxencius  Fa- 
rbi  i  me  donavit  iibrarie  conventus  Alborum  Mantellorum  Parisius'^'. 

En  1618,  les  Guillelmites,  s'étant  fort  relâchés  de  leur  règle,  furent  réformés 
et  remplacés  par  des  Bénédictins  de  la  congrégation  de  Saint-Maur.  Enfin  le 
monastère  dut  être  entièrement  reconstruit  en  i685. 

Les  nouveaux  Blancs-Manteaux,  dont  la  réputation  de  dévouement  à  la  science 
et  d'érudition  allait  devenir  proverbiale,  augmentèrent  rapidement  la  petite  col- 
lection que  leur  avaient  laissée  les  Gudielmites.  Leur  bibliothèque  se  forma 
cependant  sans  qu'il  en  coûtât  rien  au  couvent,  qui  n'eut  jamais  de  fonds  spéciaux 
attribués  aux  achats  de  livres;  mais  cries  religieux  (pii  ont  habité  aux  Blaiics- 
Manteaux,  occupés  de  différentes  entreprises  littéraires,  n'ont  cessé  d'enricliii- 
rla  bibliothèque  de  livres  analogues  à  leur  travail,  autant  qu'ils  ont  pu  s'en 
rr  procurer  de  leurs  économies  ou  du  produit  de  leurs  ouvrages,  dans  la  vue  de 
rr  s'épargner  le  désagrément  de  recourir  aux  grandes  bil)liotliè([ues  pour  les  livres 
rrles  plus  usuels II  faut  ajouter  à  cette  source  abondante  les  nombreuses 
donations  qui  étaient  faites  au  couvent  par  des  particuliers.  En  1708,  le  docteur 

rr  Liber  iste  sernionuin  pertinet  conventai  Al-  ■    Voyez  Fleurv,  Histoire  eccicsid.tti'iiie ,  t.  W, 

rrboruin  Manlellorum,  Parlsiensis  civitatis  et  dyo-  p.  .33. 

rrcesis,  ordinis  Sancti  Benedicti,  secundum inslituta               Bibliothèque    Mazarine,  niaiiiiscrils.  colc 

rrdivi  Guiilelnii,  comitis  Pictavi  ac  ducis  Acqui-  T  iiO. 

rrtanie,  ipsiiis  religionis  premicerii.   Aux  Blans              Dédarnlion  des  livres  de  la  Ijibliotlièfjue  du 

rrManleaux,  à  Paris.îi  (Bibliothèque  Mazarine,  in-  monastère  des  Blancs-Manteanx.  Archives  de  l  Eiir- 

cunables,  n°  '2o3o  B*. )  pire,  série  S,  carton  n"  .'ÎOyo. 


BLANCS-MANTEAUX.  3(i1 

Léger  laissa  sa  biljlioliiè(|iie  aux  Blancs-Manteaux.  Dix  ans  après,  libéralité  de  la 
même  nature  faite  par  l'ex-oratorien  Gentil;  puis,  successivement,  par  l'avocat 
de  Gou<jes  en  1716,  par  J.  Maillard  et  par  le  docteur  de  Sorbonne  Pontas  en 
iy.iS.  f'La  reconnoissance,  en  inscrivant  les  noms  des  donateui's  sur  ces  livres, 
fies  a  rendus  reconnoissables''';Ti  les  mentions  de  ce  genre  qui  se  rencontrent  le 
])his  Iréquennnent  sont  celles-ci  : 


EX  DONO  H.  P.  DOMINl  DIONYSII  DE  S"  MARTHE,  HUJUSCE  MONASTERll  PRlOftlS, 

170,5. 

EX  DOXO  D.  GEMIL,  17 UJ. 
EX  DONO  D.  MAILUIW. 
EX  DONO  D.  D.  DES  GOUGES^',  1716. 

A  l'époque  où  éclata  la  Révolution,  il  n'y  avait  au  monastère  des  Blancs- 
Manteaux  que  douze  religieux.  Deux  d'entre  eux  usèrent  de  la  liberté  qui  venait 
de  leur  être  accordée  de  rentrer  dans  le  monde;  mais  les  autres,  occupés  de 
vastes  travaux  d'érudition ,  opposèrent  une  énergique  résistance  au  décret  de 
l'Assemblée  nationale  cjui  supprimait  le  couvent  et  saisissait  ses  biens.  Ils  cher- 
chèrent surtout  à  défendre  leur  bibliothèque.  Le  prieur,  dans  sa  déclaration  offi- 
cielle à  l'Assemblée,  exposa  ce  qui  suit  : 

cr  C'est  l'ordinaire  cpi'un  religieux  occupé  d'un  ouvrage  de  longue  baleine  se 
f'fixe  dans  une  maison  pour  le  reste  de  ses  jours.  Ceux  qui  ont  illustré  la  maison 
fdes  Blancs-Manteaux  y  ont  fini  leur  carrière;  ceux  qui  vivent  encore  et  qui  ont 
ce  succédé  à  leurs  travaux,  persuadés  que  rien  ne  les  sépareroit  de  leur  solitude, 
r  n'ont  pas  attendu  le  moment  de  leur  mort  pour  disposer  de  leurs  livi'es.  C'est 
rrdans  cette  confiance,  et  pour  avoir  plus  de  facilité  de  les  retrouvei"  au  besoin, 
r- qu'ils  ont  inscrit  sur  le  catalogue  leurs  livres  à  mesure  qu'ils  se  les  procuroienl. 
r  II  seroit  cruel  pour  eux  que  cet  abandon  de  la  confiance  tournât  aujourd'hui  à 
c-  leur  préjudice,  et  qu'ils  se  vissent  privés  du  fruit  de  leurs  veilles  dans  un  moment 
roù  les  livres,  cjui  n'étoient  auparavant  qu'un  délassement  pour  eux,  peuvent 
r  devenir  une  ressource  f^'.  n 

Toutes  ces  allégations  semblent  parfaitement  exactes.  Elles  sont  confirmées 
par  une  lettre  de  D.  Brial,  adressée,  le  2G  mars  1791,  r- à  Messieurs  les  adminis- 
r  trateurs  du  département  de  Paris,  v  II  demande  qu'on  lui  restitue  des  livres  qui 
lui  appartenaient  personnellement,  et  qui  avaient  été  saisis  avec  la  bibliothèque 
de  la  Maison,  entre  autres  la  grande  collection  des  Historiens  des  Gaules,  rom- 

Déclaration  des  livres  de  lu  bihliollùqm  du  mo-  Le  nom  est  parfois  suivi  de  ces  mois  ;  ■•In 

nasthre  des  Blancs-Manleau.r.  Archives  de  1  Empire.       rrconsiliis  régis  advocali.51 
se'rie  S,  carton  n°  .3G75.  Déclaralion  des  livres ,  etc. 

n.  hC, 


362  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

mencée  par  D.  Bouquet,  et  qu'il  s'était  cliargé  de  continuer.  D,  Brial  déclare 
qu'il  a  acheté  ces  livres  chez  le  libraire  Barrois,  dont  il  fournit  une  quittance 
montant  à  h,oki  liv.  19  sols^''.  Il  dit  enfin  que  ces  volumes  n'ont  pu  être 
acquis  avec  les  fonds  de  la  communauté,  puisque,  crdans  aucun  temps,  elle  n'a 
rf  fourni  d'argent  pour  achats  de  livres ,  -n  et  que  cr  c'étoit  à  chaque  religieux  à  s'en 
cf  procurer,  n  Des  protestations  semblables  furent  également  adressées  au  gou- 
vernement par  D.  Clément,  D.  Labbat  et  D.  Deforis'^'.  La  municipalité  crut  devoir 
faire  droit  dans  une  certaine  mesure  à  ces  réclamations,  et  elle  restitua  à  ces 
quatre  érudits  une  vingtaine  de  grandes  collections. 

Comme  on  le  voit  sur  la  gravure  que  nous  reproduisons  la  bibliothèque  des 
Blancs-Manteaux  occupait  à  cette  époque  tout  le  troisième  étage  d'un  vaste  bâti- 
ment qui  bordait  la  rue  Paradis;  elle  renfermait,  au  dire  du  prieur,  douze  mille 
huit  cents  volumes,  dont  deux  mille  cinq  cents  in-folio,  trois  mille  in-quarto  et 
sept  mille  trois  cents  in-octavo  et  in-douze;  plus  cent  vingt  et  un  manuscrits, 
trente  et  un  des  xhi*",  xiv*^  et  xv°  siècles,  et  quatre-vingt-dix  des  trois  siècles  sui- 
vants. 11  faut  ajouter  à  cette  énumération  une  importante  série  de  portefeuilles  con- 
tenant les  notes  et  matériaux  qu'avaient  réunis  les  savants  Bénédictins  pour  leurs 
vastes  travaux;  on  y  remarquait,  entre  autres,  les  documents  relatifs  à  l'histoire  de 
Bretagne  aux  xv"  et  xvi''  siècles;  ceux  dont  se  servirent  les  PP.  Martène  et  Durand 
pour  la  continuation  du  Thésaurus  anecdntarum  ;  tous  les  matériaux  employés  dans 
\ Histoire  littéraire  de  la  France  et  le  Recueil  des  historiens  des  Gaules  ;  liuit  porte- 
feuilles remplis  de  lettres  émanées  des  papes  et  un  carton  contenant  une  col- 
lection de  lettres  adressées  par  des  personnages  célèbres  à  des  religieux  du 
couvent  des  Blancs-Manteaux'^';  nous  en  avons  remarqué  qui  ont  été  écrites  par 
Louis  XIV,  Santeuil,  B.  de  Montfaucon,  Bouhier,  Sainte-Marthe,  Mabillon,  etc. 
Parmi  les  manuscrits,  il  faut  citer  encore  toute  la  collection  des  sermons  de 
Bossuet,  dont  un  seul,  celui  qu'il  prononça  à  l'assemblée  du  clergé,  fut  publié  de 
son  vivant.  Après  sa  mort ,  ils  échurent  à  son  neveu ,  l'abbé  Bossuet ,  puis  au  pré- 


Cette  quittance  existe  aux  Archives  de  l'Em- 
pire. Elle  comprend  la  liste  des  livres  fournis  à 
D.  Brial  du  3o  de'cembre  1776  au  mai  1789. 
On  lit  à  la  fin  : 

fJe  reconnois  avoir  vendu  au  R.  P.  doni  Brial 
fftous  les  livres  énoncés  dans  les  quatre  pages  cy- 
ffdessus,  et  dont  l'extrait  est  conforme  à  mon 
r'journal.  Je  reconnois  de  plus  lui  en  avoir  vendus 
frplusieurs  autres  antérieurement  à  ceux-ci,  du 
ff  temps  que  le  commerce  se  faisoit  au  nom  et  pour 
"le  compte  de  ma  mère,  et  dont  je  ne  puis  donner 
"note,  n'ayant  point  les  registres  de  ce  temps.  A 
"Paris,  ce  cinq  mars  mil  sept  cent  quatre-vingt- 
Konze.  Barrois  l'aîné. n 


[Mémoire  des  livres  fournis  à  dom  Brial  par  Barroia 
l'aîné ,  libraire.  Archives  de  l'Empire,  série  M,  car- 
ton n°  797.) 

Procès-verbal  du  monastère  des  Blancs-Man- 
teaux. Archives  de  l'Empire,  série  S,  carton 
n°  3675. 

Elle  est  extraite  des  Icônes  monastertorum 
congregaiionls  Sancti  Mauri. 

Aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  impériale, 
manuscrits,  fonds  latin,  n"  16988  à  16990,  au- 
trefois fonds  des  Blancs-Manteaux ,  n"  7 1  " 

Aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  impériale, 
manuscrits,  fonds  français,  n"  ihh'i']  et  25538, 
autrefois  fonds  des  Blancs-Manteaux,  n°'  77  '  "^ 


—  LES  ANCIENNES  I 


A.  Fra 


LE  COUVENT  DES  BL/ 
(Salle  de  la  Bibliothèque,  M 


LIOTHSQUES  DE  P  A  R  1  .S  - 


S-MANTEAUX  EN  1706. 
iilG,  sur  la  rue  de  Paradis.) 


BLANCS-MANÏEAUX.  363 

sidcnl  Chassot,  qui  les  donna  aux  Blancs-Manteaux.  D.  Dcforis  en  commença  la 
publication  en  177??'''. 

Il  est  remarquable  que  Thiéry,  en  1786,  attribuait  à  la  bibliothèque  des 
Blancs-Manteaux  r  vingt  mille  volumes  d'un  bon  choix '^^p^  faut-il  donc  supposer 
que,  suivant  l'exemple  de  bien  d'autres  communautés,  les  Bénédictins  avaient 
fait  disparaître  avant  la  saisie  une  partie  de  leur  collection  ? 

La  bibliothèque  des  Blancs-Manteaux  a  eu  plusieurs  catalogues. 

Dans  un  cahier  conservé  aux  Archives,  et  qui  est  intitulé  Manuscrils  de  hi 
bibliothèque  des  ci-devant  religieux  dits  Blancs-Manteaux,  nous  voyons  inscrits ,  sous 
le  numéro  180,  cr trois  vieux  catalogues  de  la  bibliothèque...  in-folio,  par- 
rr  chemin ,  ^  et  sous  le  numéro  181,  Catalogus  librorim  monasterii  Beatce  Mariœ 
Alborum  Mantellorum,  lyào,  pars  2°'^'.  Nous  avons  retrouvé  trois  de  ces  précieux 
documents,  qui  furent  tous,  le  5  ventôse  an  ni,  transportés  au  dépôt  de  Saint- 
Louis-la-Culture. 

Le  premier  est  un  immense  volume  in-folio  sur  les  plats  duquel  on  lit  : 
BiBLiOTHECA  Albo-Mantellia?<a .  Il  a  pour  titre  :  Index  Al phahcticus  Auctorum  Biblio- 
thecœ  Albo-]\]a7itellianœ.  Accedit  Systema  Bibliographicimi  ejusdem  Bibltothecœ.  Anna 
Reparatœ  Salutis  m.dcc.âl.  A  la  page  89  commence  V Index  Authnrum  Codicum 
Manuscriptorum,  et  à  la  page  le  Systema  Bibliographicum  Bibliothecœ  Albo-Man- 
tcllianœ.  Le  volume  se  termine  par  ces  mots  :  crExplicit  die  xxui  septembris,  anno 

KM.DCC.XL  n 

Un  autre  catalogue,  conservé  aussi  à  la  bibliothèque  Mazarine,  date  de  la 
même  année.  Il  est  in-folio,  couvert  en  parchemin,  et  on  lit  en  tête  :  Bibliotheca 
seu  Catalogus  librorum  monasterii  Beatœ  Mariœ  Alborum  Mantellorum,  ordinis  S.  Bene- 
dicti,  congregationis  S.  Mauri.  Cum  indice  aulhorum  alphabetico.  Anno  reparatœ  salutis 

Le  troisième  de  ces  catalogues  appartient  aujourd'hui  à  la  bibliothèque  Sainte- 
Geneviève,  et  lui  a  été  donné  en  i836  par  M.  de  Monmerqué.  C'est  un  petit 
volume  sans  date,  très-haut  et  très-étroit,  qui  a  absolument  la  forme  d'un  ancien 
livre  de  dépenses;  la  couverture  de  parchemin  porte  ce  titre  ;  Index  librorum 
hujus  bibliothecœ  in  varias  classes  dislinclns.  Puis  en  tête  de  la  première  page  : 
Catalogus  librorum  bibliothecœ  monasterii  Alborum  Mantellorum  in  proprias  classes 
distinctorum 

Les  Blancs-Manteaux  ne  possédaient  point  d'estampille  ;  ils  se  contentaient 


Ern.  Bersot,  dans  le  Journal  des  Délmls,  nu- 
méro du  29  septembre  18G2. 

Thiéry,  Guide  des  mmleurs  et  des  étrangers 
voyageurs  à  Paris,  t.  I,  p.  674. —  Millin  donne  le 
même  chilTre  dans  ses  Antiquités  nationales  (1799), 
t.  IV,  p.  20. 


Archives  do  l'Empire,  série  F",  carton 
n°  1197. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  8287. 
Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°  8229. 
Bibliothèque  de  Sainte-Geneviève,  manus- 
crits, n"  Q'  5'". 


3()/i  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

d'insc)-ire  le  nom  du  couvent  sur  le  titre  de  chacun  de  leurs  volumes.  Ces  inscrip- 
tions varient  peu  ;  voici  les  formules  les  plus  usitées  : 


ALBORUM  MANTELLORUM  CONG.  S"  MAURI. 
MONASr.  B.  M.  ALBO-MANTELLORUM  ORD.  S.  BENED.  CONGR.  S.  MAURE 
MONASTERII  ALBORUM  MANTELLORUM  ORDINIS  ET  CONGREGATION! S  S"  RENEDICTI. 

AUX  BLANCS-MANTEAUX,  A  PABIS. 

Le  monastère  des  Blancs-Manteaux  a  été  entièrement  détruit  en  1797,  et  sur 
son  emplacement  on  a  ouvert  la  rue  dite  des  Guillemites.  L'église  sert  aujour- 
d'hui de  succursale  à  la  paroisse  Saint-Merry. 

La  rue  des  Gudlemites  passe  dans  les  cours  du  couvent;  sur  le  côté  oriental 
de  cette  rue,  on  voit  encore  une  ligne  de  bâtiments  qui  en  dépendaient,  et  à 
l'angle  de  la  rue  des  Blancs-Manteaux  il  est  resté  une  porte  ornée  de  symboles 
religieux  sculptés.  La  partie  qui  touche  à  l'église  sert  aujourd'hui  de  presbytère. 


SÉMINAIRE  DE  L'ORATOIRE. 


Vers  la  fin  du  xiii'^  siècle,  l'ordre  des  Frères  Pontifes  ou  constructeurs  de  ponts 
vint  s'établir  à  Paris,  et  y  fonda,  dans  le  faubourg  Saint-Jacques,  un  hôpital  qui 
prit  le  nom  de  Saint-Jacques-du-Haut-Pas*'',  rr  Sanctus  Jacobus  de  alto  passu.  n  Vers 
i58o,  l'ordre  était  près  de  s'éteindre,  et  la  Maison  ne  comptait  plus  que  deux 
religieux*^';  Catherine  de  Médicis  s'entendit  avec  eux,  et  ils  abandonnèrent  leur 
local  aux  Bénédictins  de  Saint-Magloire,  qui  lui  donnèrent  leur  nom.  Enfin,  en 
1618,  l'évêque  de  Paris,  Henri  de  Gondi,  transforma  l'abbaye  de  Saint-Magloire 
en  séminaire,  et  confia  la  direction  du  nouvel  établissement  aux  prêtres  de 
l'Oratoire. 

Comme  la  Maison  de  la  rue  Saint-Honoré,  celle-ci  eut  pronq)tement  une 
bibliothèque.  Nous  ne  savons  rien  de  ses  commencements;  mais,  dès  167/1,  elle 
avait  un  bibliothécaire  instruit  et  dévoué,  le  R.  P.  Pierre  Delaplanclie,  qui  en 
dressa  un  double  catalogue  et  lui  donna  tous  ses  livres,  formant  un  total  de  quatre 
cents  volumes  environ.  L'un  de  ces  catalogues  est  aujourd'hui  conservé  à  la 
bibliothèque  de  l'Arsenal  ;  il  a  pour  titre  :  Catalogus  aller  Ubvorum  Bihliothccœ 
Sammaglorianœ ,  in  très  classes  divisas,  silicet  (sic)  in-folio,  in-quarlo  et  in-octavo, 
ordine  alphabetico.  Petrus  de  la  Planche,  clericus  Parisiensis,  ordinavit  et  scripsit  anno 
i6yà'  Item,  compilatio  librorum  hehraice,  grœce,  italice  et  liispanice  excusorum  hujus 
bibliothecœ.  On  lit  à  la  fin  :  tLc  septiesme  jour  d'avril  1G86,  Mémoire  des  livres 
crque  Pierre  de  la  Planche  a  donnés  à  la  bibliothèque  de  Saint-Magloire,  et  qui 

J.  Dubreul.  Théâtre  des  aiitiquitez  de  Paris,  Piganiol  de  la  Force,  Descriplioii  hislorique 

p.  i35.  de  Paris,  t.  VI.  p.  \h-i. 


366  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

rrsont  escrits  sur  les  deux  catalogues,  n  Suit  l'énumération  de  quatre  cents  volumes 
environ,  qui  est  accompagnée  de  cette  note  :  «le  Pierre  de  la  Planche,  ecclésias- 
rr  tique  demeurant  en  la  maison  des  R.  P.  Prestres  de  l'Oratoire  de  Saint-Magloire, 
ffà  laquelle  j'ay  donné  tous  mes  livres  qui  sont  escrits  cy-dessus,  contenant  douze 
f  pages,  pour  demeurer  dans  la  bibliothèque,  à  condition  qu'on  ne  les  poura 
revendre,  donner  ny  eschanger  en  fasson  quelquonque.  Fait  à  Paris,  ce  vingt 
rrsixiesme  de  may  mille  six  cent  quatre  vingt  quatre. 

crDE  LA  Planche n 

Presque  tous  les  volumes  provenant  de  la  donation  de  Delaplanche  portent 
sa  signature 


et  ces  armoiries 


La  bibliothèque  continua,  après  lui,  à  s'enrichir  des  libéralités  que  lui  firent 
les  savants  Oratoriens  qui  habitèrent  le  séminaire.  Le  P.  Louis  Thomassin  s'y  re- 
tira, à  la  suite  de  ses  violents  démêlés  avec  les  Jansénistes,  et  laissa  en  mourant 
(1695)  tous  ses  livres  à  la  Maison;  delà  l'origine  de  l'inscription 

EX  DONO  R.  PATRIS  THOMASSINI, 

qui  se  rencontre  sur  un  grand  nombre  de  volumes  provenant  de  l'établissement. 
Il  dut  aussi  de  précieux  manuscrits  à  Abel-Louis  de  Sainte-Marthe'^'  (1697), 
général  de  l'ordre  et  l'un  des  principaux  auteurs  du  Gallia  chrisliana.  En  1708, 
La  Poterie,  le  dernier  bibliothécaire  de  Mazarin,  qui  avait  obtenu  en  1688  une 


Bibliothèque  de  l'Arsenal,  manuscrits  m-li\ 
u°  8  4  9.  1er. 

Thiéry.  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers , 


[.  II,  p.  2^8.  On  y  trouve  assez  fréquemment  cette 
inscription  : 

EX  DONO  R.  P.  DE  S"  MARTHE. 


SÉMINAIRE  DE  L'ORATOIRE.  367 

pension  de  retraite^''  et  s'était  sans  doute  alors  réfugié  au  séminaire,  lui  légua 
sa  bibliothèque.  Ses  confrères  ne  purent,  à  ce  qu'il  paraît,  s'accorder  sur  l'ortho- 
graphe de  son  nom,  car  les  inscriptions  qui  mentionnent  son  legs  portent  tantôt  : 

EX  DONO  DOMINI  DE  LA  POTEUYE, 

et  tantôt  : 

EX  DONO  DOMINI  DE  LA  POTHERIE. 

L'année  précédente,  une  libéralité  de  la  même  nature,  mais  plus  considérable 
encore,  et  qui  enrichissait  l'établissement  de  plusieurs  beaux  manuscrits,  lui 
avait  été  faite  par  Louis  Fouquet*'^',  évêque  d'Agde  et  frère  du  fameux  surinten- 
dant des  finances.  Les  inscriptions  qui  le  constatent  sont  presque  toutes  conçues 
en  ces  termes  : 

EX  DONO  ILLUSTRISSIMI  ET  REVERENDISSIMI  D.  D.  LUDOVICI  FOUQUET^'\ 

EPISCOPI  AGATHE NSIS. 

Deux  autres  Oratoriens  célèbres,  le  P.  Charles  Bordes  en  1706  et  le  P.  Le- 
brun en  1729,  laissèrent  encore  leurs  livres  au  séminaire,  comme  l'indiquent 
ces  inscriptions  très-fréquentes  : 

EX  DONO  CAR.  RORDESII  P.  0.  D.  J. 

et 

EX  DONO  R.  P.  LE  BRUN. 

Ce  dernier  possédait  un  grand  nombre  de  précieux  manuscrits,  presque  tous 
relatifs  aux  matières  canoniques. 

On  voit  que  les  Oratoriens  du  séminaire  inscrivaient,  autant  que  possible,  sur 
chaque  volume  le  nom  de  la  personne  qui  l'avait  procuré  à  l'établissement;  par- 
fois même,  quand  le  nom  leur  manquait,  ils  y  suppléaient  par  cette  mention  : 

EX  LIBRIS  RENEFACTORUM. 

Malheureusement  beaucoup  d'inscriptions  sont  trop  concises  pour  qu'on  puisse 
aujourd'hui  être  bien  fixé  sur  les  personnages  qu'elles  désignent;  nous  citerons 
cependant  celles  qui  se  rencontrent  le  plus  fréquemment  : 

EX  DONO  DOMINI  POITEVIN. 
EX  DONO  D.  D.  FR.  CLERMONT  . 
EX  DONO  R.  P.  FURSMI. 
EX  DONO  R.  P.  DE  LA  RARRE. 

''^  Voyez  ci-dessous  notre  notice  sur  la  biblio-  Parfois  Foucquet. 

thèque  du  collège  Mazarin.  Peut-être  François  de  Glermont-Tonnerre , 

Gallia  christiana,  t.  VI.  col.  702.  èvéque  de  Novon,  mort  en  1701. 


368 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 


EX  D0\0  D.  DE  FONTAINE,  D.  SORB. 
EX  DONO  CLAIUSS.  VIRI  R.  MORELLI^'  . 

EX  DONO  R.  BOUCHÉ.  P.  0.  D.  J,  ^ 

Toutes  ces  donations  arrivèrent  à  constituer  une  bibliothèque  bien  choisie,  et 
qui,  au  moment  de  ia  Révolution,  renfermait,  non  pas  de  dix-huit  à  vingt  mille 
volumes,  comme  le  dit  Thiéry'-',  mais  seulement  quatorze  mille  cent  soixante-sept 
volumes'^'. 

Les  Pères  de  Saint-Magloire  étaient,  de  toute  manière,  très-prodigues  d'ins- 
criptions sur  leurs  volumes;  il  y  a  aussi  une  grande  variété  dans  celles  qui  sont 
destinées  à  établir  sur  chaque  ouvrage  la  propriété  du  séminaire.  La  plus  fréquente 
est  celle-ci  : 

ORATORII  SAMMÀGLORIANI. 

Mais  on  trouve  encore  : 

ORATORII  D.  JESU  DOMUS  MAGLORII. 
EX  BIBLIOTHECA  ORATORII  MAGLORII. 
DE  LA  BIBLIOTHÈQUE  DE  S'  MAGLOIRE. 

Les  bâtiments  de  ce  séminaire  furent,  en  179a,  affectés  à  rinstitution  des 
sourds-muets;  ils  ont  été  entièrement  reconstruits  en  1828. 


Peut-être  D.  Robert  Morel ,  bibliotlie'caire  de 
l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  mort  en  1 78 1 . 

Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers, 
t.  II,  p.  9^8. 


Etat  général  des  livres  de  iGti  maisons  ecelé- 
siastiques  et  relligieiises  du  département  de  Paris, 
selon  les  déclarations  reçues.  Archives  de  l'Empire, 
série  M,  carlon  n°  797. 


Fac-simile  héliographique. 


Plan  de  B.  JaiUot  {1717}. 


BÉNÉDICTINS  ANGLAIS. 


Lors  de  la  réforme  religieuse  opérée  par  Henri  VIII  en  Angleterre,  quelques 
Bénédictins  de  ce  royaume  vinrent  se  réfugier  en  France,  mais  ils  n'y  trouvèrent 
pas  tout  l'appui  sur  lequel  ils  avaient  compté.  Accueillis  d'abord  au  collège  deMon- 
taigu,  ils  durent  se  transporter  ensuite  dans  une  pauvre  maison  du  faubourg 
Saint-Jacques.  Le  chef  de  la  congrégation  des  Bénédiclines  anglaises  prit  alors 
leur  sort  en  pitié,  et  leur  procura  un  logement  rue  de  Vaugirai'd  ;  iïs  l'abandon- 
nèrent bientôt  pour  se  transporter  rue  d'Enfer,  Enfin,  en  16/10,  le  P.  Gilïord, 
archevêque  de  Reims,  leur  acheta  trois  maisons  situées  rue  Saint-Jacques,  auprès 
du  \ al-de-GnIce,  et  les  Bénédictins  anglais  s'y  établirent  définitivement.  Vingt- 
quatre  ans  après,  Joseph  Shiburne,  leur  prieur,  homme  actif  et  intelligent,  leur 
créa  de  puissantes  protections  qui  leur  permirent  de  reconstruire  les  bâtiments 
et  d'entreprendre  l'érection  d'une  église,  qui  fut  achevée  en  1C77  et  consacrée 
sous  l'invocation  de  saint  Edmond. 

Aucun  ouvrage  imprimé  ne  mentionne  l'existence  d'une  bibliothèque  dans 
cette  Maison  ;  mais  nous  pouvons  y  suppléer  au  moyen  de  quelques  documents 
manuscrits. 

De  nombreuses  donations  particulières  servirent  certainement  de  premier 
fonds  aux  Bénédictins  anglais.  Nous  n'avons  cependant  trouvé  qu'un  seul  volume 
qui  en  conservât  le  souvemr.  Il  appartient  aujourd'hui  à  la  bibliothèque  Maza- 
rine,  et  le  feuillet  de  garde  porte  ces  trois  inscriptions:  ccHieronymus  Collot, 
cr régis  litotbomista.  i66/i.t!  —  cfDe  Woolhouse,  camerarius  regius,  opIithaU 
rrmiator  anglicus,  Darbiensis.n  —  rrEx  dono  Joannis  TIioukp  de  Woolhouse, 

II.  /..y 


370  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PARIS. 

rrregi  Magnae  Britanniae  Jacobo  a*^"  ex  admissionalibus,  sive  a  caméra  privala 
ff groom,  secundum  idioma  anglicanum.  i699''',t)  La  famille  Collet  fournit,  de 
pères  en  fils,  à  la  France  d'habiles  chirurgiens  qui,  depuis  Louis  XI,  se  consa- 
crèrent presque  exclusivement  à  la  lithotomie  :  Germain,  Laurent,  Philippe  et 
François  eurent  successivement  le  titre  de  lithotomistes  du  roi  (2',  mais  Jérôme  ne 
figure  dans  aucun  recueil  biograpliique.  Jean-ïhomas  Woolhouse,  célèbre  ocu- 
liste anglais  et  auteur  de  nombreux  ouvrages  d'ophthalmologie ,  passa,  quoique 
médecin  de  Guillaume  III  et  de  Jacques  II,  la  plus  grande  partie  de  sa  vie  à 
Paris;  il  mourut  vers  l'yao'^'. 

Au  moment  de  la  Révolution,  la  bibliothèque  des  Bénédictins  anglais  renfer- 
mait cinq  mille  trois  cent  six  volumes'*',  divisés  en  deux  collections  distinctes. 
Ln  certain  nombre  de  religieux  c[ui,  en  1769,  s'étaient  constitués  en  académie, 
possédaient  quatre  cent  vingt-huit  volumes,  dont  quatre  manuscrits,  et  l'on 
comptait  dans  la  bibliothèque  de  la  Maison  quatre  mille  huit  cent  soixante  et 
dix-huit  volumes,  savoir  :  huit  cent  vingt-trois  in-folio,  sept  cent  cinq  in-quarto, 
onze  cent  dix-huit  in-octavo  et  deux  mille  deux  cent  trente-deux  in-douze. 

Le  catalogue  de  la  collection  avait  été  dressé  en  1702.  Il  forme  un  volume  in- 
folio  rédigé  avec  beaucoup  de  soin  et  qui  a  pour  titre  : 

Calalogus  lihrorum  Biblinthecœ  Benedictinorum  anglorum  sancti  Edmimdi,  Parisim, 

M.DCC.II 

Il  contient  : 

1°  (Index  des  livres  classés  par  ordre  de  matières); 

2°  Catalogus  alphabeticus  authorurn  ; 

3°  Catalogus  alphabeticus  librorum  anonymorum  ; 

/i"  Catalogus  alphabeticus  librorum  hujus  conventus  monachis  nostris  cellensibus  accommo- 
da toru  m  ; 

5°  Catalogus  alphabeticus  librorum  anonymorum  hujus  conventus  monachis  nostris  cellen- 
sibus accommodatorum  ; 

G"  Catalogus  alphabeticus  librorum  cellensium  sumptibus  hujus  monasierii  emplorum; 

7°  Catalogus  alphabeticus  librorum  anonymorum  cellensium  sumptibus  hujus  monasierii 
cmptorum  ; 

8°  Catalogus  alphabeticus  librorum  quos  legavit  D.  Salo  monachis  cellensibus. 

Les  Archives  de  l'Empire  possèdent  trois  inventaires  partiels  des  livres  de  cette 
collection.  Voici  les  titres  de  ces  documents  : 

Etat  des  livres  trouvés  dans  la  bibliothèque  des  ci-devant  Bénédictins  anglais,  vue 


Bibliollièque  Mazarine,  nouveau  fonds,  lliéo 
logie,  salle  des  doubles. 

Eloy,  Duitoiinaire  historique  de  la  médecine, 
t.  I,  p  9  5o  et  suiv. 

'    Bayle  et  Thillaye ,  Bioff.  médicale ,  t.  II ,  p.  1 97 . 


'■"^  Étal  général  des  litres  de  1 6ù  maisons  ecclé- 
siastiques et  relUgieuses  du  département  de  Paris, 
selon  les  déclarations  reaies.  Archives  de  l  Enipire, 
série  M,  carton  n"  797. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits.  n°  3-26(). 


BÉNÉDICTINS  ANGLAIS.  371 

Jacques,  d""  de  l' Observatoire,  et  soi-disant  appartenans  au  citoyen  Schaw;  remis  le 
11  brumaire  an  y  m  par  le  citoyen  de  Lassaux ,  commissaire  du  département ,  en  présence 
du  citoyen  Cardin,  commissaire  de  la  municipalité  du  ii"  arrondissement '^^^ 

Cet  état  comprend  soixante  et  dix-sept  volumes,  qui  furent  transportés  au  dé|)ot 
des  Cordeliers. 

Bibliothèque  des  Bénédictins  anglais,  rue  Jacques.  Etat  sommaire  des  livres  soi-disant 
7'éclamés  comme  appartenant  à  une  société  particulière  du  couvent 
Enfin  : 

Etat  des  livres  provenant  de  la  bibliothèque  des  ci-devant  Bénédictins  anglais,  rue 
Jacques,  et  choisis  par  le  citoyen  Barbier '^'^^  pour  la  bibliothèque  du  Directoire  exécutif '^K 

Cette  pièce,  qui  est  datée  de  brumaire  an  viu.  contient  Ténumération  détaillée 
de  cinq  cents  volumes  environ. 

L'estampille  que  l'on  trouve  dans  les  livres  provenant  de  cette  bibliothèque 

t»Ullf,. 

est  toujours  frappée  en  rouge. 

Les  inscriptions  manuscrites  sont  très-fréquentes,  mais  à  peu  près  uniformes. 
On  ne  rencontre  guère  que  ces  deux  formules  : 

BENEDICTINOrMI  ANGLOBUM  SANCTI  EDMUNDI  PARISIIS. 
AUX  B.  P.  BÉNÉDICTINS  ANGLOIS. 

Les  bâtiments  occupés  par  ces  religieux  furent  vendus  le  i3  fructidor  an  vu, 
mais  un  arrêté  du  3  messidor  an  xi  les  leur  restitua.  Ils  sont  devenus,  depuis, 
une  propriété  particulière,  comprise  entre  la  rue  Saint-Jacques  et  la  rue  actuelle 
des  Feuillantines. 


Archives  de  lEinpire,  série  F",  carton 
II"  1 1 9^ ,  pièce  n"  3. 

Archives  de  l'Empire,  série  F",  carlon 
n'  119^,  pièce  n°  ti. 

Sur  la  formation  de  la  bibliothèque  du  Di- 
rectoire exécutif  par  Barbier,  voyez  :  Louis  Bar- 


bier, Notice  biographique  et  littéraire  sur  Anl.- 
Alex.  Barbier,  p.  5;  et  A.-F.  A.-A.  Barbier,  dans 
le  Bibliopitile français,  numéro  du  i"  janvier  1869, 
p.  ihli. 

''^  Archives  de  l'Empire,  série  F",  caiton 
n°  1163. 


''7- 


Fac-simile  héliograptuque. 


Plan  de  Jouvin  ae  Rochefort  (  1690  J. 


CAPUCINS  DU  MARAIS. 


Le  P.  Atlianase  Molé,  frère  du  célèbre  premier  président,  était  capucin.  En 
1623,  il  réussit  à  doter  les  religieux  de  son  ordre  d'un  nouveau  couvent,  qui 
s'éleva  au  Marais,  au  coin  delà  rue  du  Perche  et  de  la  rue  d'Orléans 

Cette  Maison  eut  dès  l'origine  une  bibliothèque,  car  elle  l'ut  construite  en 
même  temps  que  le  monastère,  par  les  soins  du  P.  Molé. 

Les  ouvrages  imprimés  restent  muets  à  l'égard  de  cette  collection  ;  mais  on 
peut  en  suivre  le  développement  dans  un  registre  in-folio  très-curieux,  qui  est 
conservé  aux  Arcliives  de  l'Empire  et  qui  a  pour  titre  :  Livre  des  Archives  (h 
couvent  des  Capucins  du  Marais.  Il  débute  ainsi  :  cr  Au  nom  de  Nostre  Seigneur  J.-C, 
rrde  la  bien  heureuse  Vierge  et  de  nostre  séraphique  père  saint  François,  com- 
^'Uiencent  les  archives  du  couvent  du  Marais,  étably  l'année  1698,  soubz  le  liltre 
crde  la  Conception  de  Nostre-Dame,  à  laquelle  l'église  est  dédiée 

INous  lisons  dans  ce  manuscrit  qu'entre  les  années  1623  et  1626  on  bâtit 
rr l'église,  le  chœur,  le  cloistre,  la  bibliotèque.  .  .  ^^\-n  Cette  dernière  paraît  ce- 
pendant n'avoir  été  achevée  qu'en  i63ot*'. 

Le  premier  fonds  de  livres  fut  sans  doute  fourni  par  le  P.  Molé,  car  c'est  en 
1662  seulement  que  nous  voyons  mentionnei-  une  donation  de  quelque  impor- 
tance; elle  consistait  en  ouvrages  manuscrits  et  provenait  du  P.  Barthélémy  de 
la  Haye'^l  Puis,  le  2  février  1676,  mourut  le  P.  Esprit  d'Ivoy  Sabatier,  confes- 

D.  H.  I.  Supplément  aux  antiquilez  de  Paris  Livre  des  archives,  etc.  p.  i3. 

de  Dubrcul,  p.  5o.  i*'  Livre  des  archives,  etc.  p.  lO. 

Archives  de  FEmpire,  série  S,  carton  n°  370O.  Livre  des  archives ,  etc.  ^.  -i^. 


Tili  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

seiir  du  couvent.  Son  frère  donna  à  la  Maison,  rcen  sa  considération,  une  bonne 
rrpartye  des  livres  de  nostre  bibliotèque,  dont  la  plupart  sont  marquez  à  ses 
ff  armes  r>  D'autres  libéralités  du  même  genre  succédèrent  certainement  à  celles-ci , 
car,  en  1708,  la  bibliothèque  se  trouva  trop  petite  pour  contenir  tous  les  livres 
que  ])ossédait  le  couvent,  et  l'on  dut  y  faire  d'importants  changements  :  cr  Au  mois 
rr  de  may,  la  bibliotèque  fut  agrandie  de  tout  le  costé  qui  joint  la  chapelle  de  Saint- 
ff  Josej)h ,  laquelle  contenoit  tout  cette  espace  assez  inutilement.  L'on  ne  fit  qu'ab- 
rrbati'e  la  cloison  qui  la  séparoit  de  la  bibliotèque,  et  reculer  le  retable  de  l'autel, 
f  L'on  osta  les  tabletes  qui  estoient  du  costé  des  fenêtres,  et  elles  servirent  à  garnir 
rrle  nouveau  costé  comme  il  est.  On  la  reblanchit  toutte  entière;  l'on  fit  les  lambris 
rren  peinture,  et  l'on  renouvela  toutes  les  serges  vertes  des  tablettes,  La  dépense 
fra  esté  d'environ  cinquante  écus;  mais  cet  accomodement  rend  ladite  bibliotèque 
rr  beaucoup  plus  commode  et  plus  belle.  Les  deux  grands  globes  de  Coronelly  qui 
ff  y  ont  esté  mis,  après  avoir  esté  deux  ou  trois  ans  dans  le  cloître,  appartiennent 
rrà  M,  Truden,  maître  des  requêtes,  qui  demeure  proche  les  Enfans  Rouges,  Il  a 
rr  comme  fait  entendre  au  P.  Marc  qu'il  nous  les  donnoit,  et  c'est  sur  cela  qu'on  les 
rra  fait  monter  dans  la  bibliotèque n  Ces  embellissements  étaient  à  peine  ter- 
minés quand  mourut,  en  août  1706,  le  P,  Philippe  Duret,  qui  laissa  au  couvent 
plus  de  cinq  cents  volumes'^'.  Il  fallut  bientôt  songer  à  augmenter  encore  le  local 
consacré  à  la  collection,  et  en  1717  «on  fit  faire  plusieurs  tablettes  dans  la 
rr  bibliotèque  pour  y  mettre  des  livres,  au  costé  gauche  en  entrant  qui  est  sur  le 
cr  jardin  du  cloître  Enfin  la  dernière  donation  dont  le  souvenir  nous  ait  été 
conservé  date  de  17/42;  le  22  mai  de  cette  année,  le  P.  Jean-François  Sautreau 
laissa  rt  quantité  de  livres  n  au  couvent 

La  bibliothèque  des  Capucins  du  Marais  avait  alors  une  certaine  réputation, 
puisque  Durey  de  Noinville,  le  seul  auteur  qui  l'ail  mentionnée,  la  met  au 
nombre  de  celles  où  les  érudits  étaient  facilement  admis  Mais  il  est  probable 
qu'à  partir  de  cette  époque  les  religieux  commencèrent  à  négliger  leur  collection, 
car,  en  1790,  elle  ne  renfermait,  fcsauf  erreur  de  calcul, ii  que  huit  mille  deux 
cents  volumes.  Le  dernier  bibliothécaire  du  couvent,  le  R.  P.  Romain  Joly,  en 
l'eligion  Romain  de  Saint-Claude,  déclarait  en  outre  à  la  municipalité  que  la 
bibliothèque  ne  possédait  «ni  manuscrit,  ni  aucun  livre  rare(''',n  et  il  énumérait 
ainsi  qu'il  suit  ses  principales  richesses  : 


Livre  des  archives,  etc.  p.  5i. 
Livre  (les  archives,  etc.  p.  i63. 
Livre  des  archives,  etc.  p.  168. 
Livre  des  archives,  etc.  p.  200. 
Livi-e  des  archives,  clc.  p  2  2  5. 
''''  Durey  de  Noinville ,  Dissertation  sur  les  biblio- 
thèques,  p.  5  4. 

Cette  de'claralion  fut  confirmée  en  ces  termes 


par  les  officiers  de  ia  municipalité  :  r-INous  nous 
rr  sommes  fait  conduire  ensuite  à  ia  bibliothèque, 
rrcomposée  de  deux  ailes  de  bâtiment  donnant 
rrsur  l'ancien  cloître;  elle  nous  a  parue  propre  à 
rr  contenir  huit  à  neuf  mille  volumes,  et  mesdits 
rrsieurs  les  religieux  nous  ont  attesté  qu'elle  en 
(r renfermait  environ  huit  mille  deux  cents,  qu'elle 
rrne  contenait  ni  manuscrits,  ni  livres  rares.  Ils 


CAPUCINS  DU  MARAIS.  375 

L'Écriture  sainte,  les  divers  expositeurs  et  commentaires,  Dom  Calmet  et  la 
ff Bible  d'Avignon  n'y  sont  pas;  une  bonne  partie  des  saints  Pères  d'ancienne 
rr édition;  tous  les  ouvrages  de  saint  Thomas  et  de  saint  Bonaventure.  .  .  Les 
ff  dictionnaires  de  Moréri,  Trévoux,  de  Baile,  et  divers  livres  concernanls  la 
rr  grammaire.  Quelques  anciens  orateurs  et  poètes,  avec  un  très  petit  nombre  de 
rr  modernes.  L'histoire  de  l'Eglise  par  Monsieur  de  Fleury ,  celle  de  Monsieur  de 
ff  Choisi,  l'histoire  de  l'Église  gallicane,  Baronius,  etc.;  plusieurs  histoires  saintes 
ffct  vies  des  Saints.  L'histoire  de  France,  grand  Mézeray  et  son  abrégé,  le 
ffP.  Daniel  et  autres  de  cette  espèce.  Plusieurs  histoires  de  diocèses,  nations,  et 
ff  celle  en  particulier  de  Monsieur  Bolin.  L'histoire  des  voyages  et  quelques  iivi-es 
ff  concernants  la  géographie ...  11  y  a  des  livres  défendus  sous  clef,  les  uns 
ff  concernent  les  jansénistes  et  les  autres  les  protestants ''^  .  .  n  Tout  cela,  il  faut 
l'avouer,  ne  constituait  pas  une  bibliothèque  bien  brillante. 

Il  avait  été  dressé  deux  cataloguesde  cette  collection.  L<;  piemier  date  de 
1766  et  forme  un  volume  in-folio  d'une  très-belle  écriture;  il  a  pour  titre  : 
Catalogue  des  aulheurs  qui  composent  la  Bihliotêque  des  Pères  Capucins  du  Marais, 
distribué  par  ordre  alphabétique,  sous  le  gouvernetnent  du  R.  P.  Robert  de  Paris,  défi- 
nileur  et  gardien  de  ce  courent,  par  le  Père  Jean-Baptiste  de  Bétune,  bibliothécaire. 
A  Paris,  i'jà()^^\  Ce  catalogue,  qui  semble  n'avoir  pas  été  terminé,  est  rédigé 
par  ordre  de  matières  :  mais  on  ne  trouve  guère,  sous  chaque  rubrique,  que  les 
noms  d'auteurs;  les  titres  des  ouvrages  y  sont  très-rarement  joints. 

Le  second  travail  de  ce  genre  est  beaucoup  plus  complet;  il  comprend  succes- 
sivement :  le  catalogue  des  livres  par  ordre  de  matières,  le  catalogue  alphabétique 
des  auteurs  et  le  catalogue  alphabétique  des  ouvrages  anonymes.  Il  se  compose 
de  deux  volumes  in-folio,  en  tête  desquels  est  écrit  :  Catalogue  des  livres  de  la 
Bibliothèque  des  Capucins  du  Marais,  dressé  et  mis  en  ordre  en  lyyô^^K  On  lit  en 
tète  de  Y Avei'lissement  qui  le  précède  :  ffPour  remplir  les  devoirs  de  l'emploi  qui 
ff  nous  a  été  confié,  et  en  même  tems  pour  répondre  aux  intentions  de  nos  supé- 
ff  rieurs,  nous  nous  sommes  déterminés  à  composer  ce  nouveau  Catalogue,  mais 
ff  sans  nous  flatter  de  le  porter  à  sa  perfection.  Nous  avons  pris  pour  modèles  ceux 
ff  ([ui  avant  nous  ont  été  faits  par  d'habdes  maîtres,  et  nous  nous  sommes  surtout 
ff  appliqués  à  conserver  l'ordre  et  la  précision  qui  y  régnent.  Ce  Catalogue  sera 
ff  divisé  en  trois  parties ...  17 


mous  ont  également  alteste's  qu'ils  ne  possédaient 
(rpoint  de  médailles.  Cette  bibliothèque  est  rangée 
rrpar  ordre  de  matière."  [Procès-verbal  de  visite  des 
Capucins  du  Marais.  Archives  de  TEmpire,  série  S, 
carton  n°  8706.) 

Etat  du  produit,  charges,  dettes  actives  et 
passives  du  couvent  des  Capucins  du  Marais ,  à  Paris , 


présente  à  Messieurs  les  officiers  municipaux ,  conjor- 
mément  au  décret  de  rAssemIjlée  nationale  sanctioné 
par  le  roi  le  18  novembre  lySg.  Archives  de 
ri<]mpire,  série  S,  carton  n°  8706. 

Bibliothèque  Mazarine,  maïuiscrils,  n°  'dahi. 

Bibliothèque  Mazarine,  manuscrits,  n°'3â75 
et  8976. 


370  LES  ANCIENNES  BIBLIOTFiÈQUES  DE  PARIS. 

Les  Capucins  du  Marais  ne  possédaient  point  d'estampille;  ils  faisaient  seule- 
ment frapper  en  or  sur  les  plats  de  la  plu])art  de  leurs  volumes  ces  mots  en 
grandes  capitales,  et  ainsi  disposés  : 


AUX  CAPUCINS 


DU  MARAIS, 


Une  inscription  analogue  se  trouve  très-fréquemment  écrite  à  la  main  sur  le 
titre  des  ouvrages;  c'est  tantôt  : 


et  tantôt  : 


ALIX  CAPUCINS  DU  MAREST, 


AUX  CAPUCINS  DES  MABETS  DU  TEMPLE,  A  PARIS. 


Les  bâtiments  de  ce  couvent  furent  vendus  en  1790.  L'église,  restituée  au 
culte  en  180-2,  devint  alors,  sous  le  nom  de  Saint-François-d'Assise,  une  des 
succursales  de  Saint-Merri;  elle  a  été  reconstruite  vers  iS'^o,  et  porte  aujourd'hui 
le  titre  de  Sainl-Joan-Saint-Francois. 


Fac-âimile  hëliographique 


Flan  de  B.  JaiUot  (1717)- 


SÉMINAIRE  SAINT-FIRMIN 


Le  collège  des  Bons-Enfants,  situé  rue  Saint-Victor,  était  contigu  au  collège  du 
cardinal  Lemoine.  On  ignore  la  date  de  sa  fondation;  mais  il  existait  certainement 
avant  1267,  puisque,  à  cette  époque,  l'évèque  de  Paris  Renaud  autorisa  les  bour- 
siers à  posséder  une  chapelle.  Cet  établissement  semble  avoir  joui  alors  d'une 
certaine  réputation  ,  car  il  est  mentionné  clans  le  testament  de  saint  Louis,  qui  lui 
légua  une  somme  de  quarante  livres '-l  Cette  prospérité  ne  se  soutint  pas;  le  col- 
lège, mal  administré,  tomba  peu  à  peu,  et  au  commencement  du  siècle  il 
était  presque  abandonné. 

En  1626,  l'archevêque  de  Paris,  Jean-François  de  Gondi,  en  donna  la  direc- 
tion à  Vincent  de  Paul  et  celui-ci  y  jeta  les  fondements  de  la  célèbre  congré- 
gation des  Vlissions,  qui,  sept  ans  plus  tard,  établit  son  chef-lieu  dans  le  grand 
])rieuré  de  Saint-Lazare.  En  même  temps,  l'ancien  nom  de  l'établissement  fut 
supprimé  et  remplacé  par  celui  de  Séminaire  Saint-Firinin. 

Nous  n'avons  trouvé  aucune  trace  de  l'existence  d'une  bibliothèque  dans  le  col- 
lège des  Bons-Enfants;  mais  le  séminaire  en  eut  une  de  très-bonne  heure.  Le  rè- 
glement de  la  Maison  voulait  que  tout  nouvel  admis  apportât  avec  lui  et  un  Bré- 
rr  viaire  ou  un  Diurnal  parisien,  un  ordinaire  de  la  messe,  une  Bible,  un  Nouveau 
r: Testament  détaché,  une  Imitation  de  .lèsus-Christ  et  quelques  autres  livres  de 


Plan.  de  renvoi  :  27.  Communauté  de 
S"  Geneviève.  —  -28.  Les  Bernardins. —  .3o.  Colége 
de  Tournay.  —  3i .  Cour  de  Bavière. 

tfitem  legamus  Bonis-pueris  Paris,  xr,  libr. 

II. 


(  Teslamentum  régis  Ludovici  IX,  dans  llisloriœ 
Francorum  scriptores ,  édit.  André  Duchesne,  t.  V, 
p.  439.) 

Abelly,  Vie  de  Vincent  de  Paul,  p.  67. 

/i8 


378  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHEQUES  DE  PABIS. 

cr  piété  n  Ce  lut  probablement  là  le  premier  tonds  de  cette  collection,  (|ui  n'ac- 
quit de  l'importance  que  sous  l'administration  du  P.  Julien  Barbé.  Il  fut  supérieur 
de  l'établissement  jusqu'à  i  7  1 1,  et,  connaissant  bien  les  livres,  il  n'épargna  rien  , 
dit  G.  Brice,  «pour  en  avoir  des  mieux  conditionnez^^'. 

La  règle  de  la  Maison  recommandait  en  ces  termes  la  lecture  aux  élèves  : 
et  Ils  s'attacheront  à  la  lecture  des  livi  es  qui  leur  seront  prescrits  par  le  supé- 
rr  rieur  ou  par  leurs  professeurs.  Ils  veilleront  attentivement  sur  eux-mêmes  pour 
rr bannir  de  leur  cœur  l'amour  de  toute  autre  étude  que  de  celle  qui  les  peut  aider 
trà  connaître  et  à  aimer  de  plus  en  plus  le  Seigneur,  et  les  mettre  en  état  de  tra- 
rf  vailler  utilement  à  le  faire  connaître  et  à  le  faire  aimer  des  autres;  telle  est  l'étude 
ffdes  Saintes  Ecritures,  des  Conciles,  des  Pères,  de  l'Histoire  ecclésiastique,  delà 
Discipline  de  l'Eglise  et  de  la  Morale  chrétienne.  Exempts  de  prévention  dans 
rr  leurs  études,  ils  ne  chercheront  qu'à  connaître  la  vérité,  et  ils  s'y  attacheront 
rr  lidellement^^'. 

11  est  difficile  de  déterminer  f[uelle  était,  au  moment  de  la  Bévolution,  l'impor- 
tance de  la  bibliothèque.  Le  supérieur  du  séminaire  s'exprimait  ainsi  dans  la 
Déclaration  qu'il  fit,  le  27  février  1790,  à  la  municipalité  de  Paris  :  rr  .  .  .  Une 
cr bibliothèque  renfermée  dans  deux  salles,  au  troisième  étage  du  bâtiment  vieux 
rr  du  séminaire,  contenant  envii  on  quatre  mille  volumes,  dont  huit  cents  in-folio, 
rret  traitant,  presque  tous,  de  matières  relatives  à  l'étude  de  la  théologie,  tels  que 
crdes  autlieurs  sacrés,  des  commentateurs,  quelques  bonnes  éditions  des  Pères, 
rr  saint  Augustin,  saint  Jérôme,  Tertulien,  saint  Ambroise,  des  Conciles,  des  Bubri- 
rr  quaires,  quelques  autheurs  de  Droit  civil  et  canonique,  et  autres  ouvrages  propres 
rrà  former  les  jeunes  ecclésiasti(jues  du  séminaire.  Cette  bibliotlièque  ne  renferme 
rr  aucun  manuscrit'*l  n  Thiéry,  en  1787,  attribue  cependant  à  cette  collection 
tr  quatorze  ou  quinze  mille  volumes  d'un  bon  choix '^li^  Le  supérieur  du  séminaire 
s'est-il  donc  i-endu  coupable  d'une  fraude  alors  bien  fréquente  ?  Nous  ne  le  ])en- 
sons  pas.  Piganiol  de  la  Force  présente  en  elfet  cette  bibliothèque  comme  rrplus 
rr  distinguée  par  la  qualité  que  par  la  quantité  des  livi'es  qui  la  composent*''';  ii  et 
en  présence  de  ce  témoignage,  que  rien  ne  contredit,  nous  pencherions  à  voir  une 
faute  d'impression  dans  le  chiffre  foui-ni  pai'  Tliiéry. 


Règlement  du  séminaire  de  Sainl-Firmiii ,  delà 
Congrégation  de  la  Mission,  établi  au  collège  des  Bons- 
Enfam,  p.  .3 g. 

G.  Brice,  Nouvelle  description  de  Paris,  t.  II, 
p.  /i58. 

Règlement  du  séminaire  de  Saint-Firmin ,  etc. 

p.  9  4. 

Déclaration  que  donnent  nu  greffe  de  la  coui- 
nai ne  de  Paris,  conformément  au  décret  de  l'Assein- 
hlée  nationale,  du  treize  novonhre  dernier,  les  supé- 


rieur et  prêtres  de  la  congrégation  de  la  Mission,  du 
séminaire  Saint-Firmin,  établi  dans  l'ancien  collège 
des  Rons-Eii/ants ,  scis  rué  Saint-Victor.  .  .  .,  des 
biens  et  revenus.  .  .  .,  des  charges  et  du  mobilier 
dépendants  dudit  séminaire.  Archives  de  l'Empire, 
série  S,  carton  n°  68/19. 

Guide  des  amateurs  et  des  étrangers  voyageurs 
à  Paris,  t.  Il,  p.  1  /i S. 

I^iganiol  de  la  Foi'ce,  Description  historique  de 
Paris,  t.  V.  p.  989. 


SÉMINAIRE  SAINT-FIRMIN.  379 

Les  personnes  studieuses  ohlenaient  assez  facilement  l'autorisation  de;  travailler 
dans  cette  bibliothèque 

Comme  les  Pères  de  Saint-Lazare,  les  reli[i[ieux  du  séminaire  Saint-t'innin  pos- 
sédaienl,  au  lieu  d'estampille,  un  vx  lihris  charmant, 


IMPLËOR  UT  EFFUNDAM. 


composé  avec  esprit  et  très-finement  gravé. 

Les  inscriptions  manuscrites  se  rencontrent  du  reste  beaucoup  plus  fréquem- 
ment que  cet  e,r  lihris;  en  voici  trois  spécimens  : 

EX  LIE.  SEMIN.  MISS.  BONOBIJM  PUERORUM. 

EX  un.  CONG.  MISSIONIS  SEM"'  BON.  PUERORUM. 

EX  LIBRIS  SEMIN  A  RU  PARISIENSJS  CONGREGATION  IS  MISSIONIS  DOMUS 

BONORUM  PUERORUM. 

La  Révolution  transforma  le  séminaire  Saint-Firmin  en  maison  d'arrêt,  et, 
pendant  les  journées  de  septembre,  ([uatre-vingt-onze  prêtres  y  furent  massacrés; 
dans  le  nombre  figurait  l'abbé  J.-Ch.-M.  Bernard,  le  dei-nier  l)ibliothécaire  de 
l'abbaye  Saint-Victor 

Depuis,  les  bâtiments  de  ce  séminaire,  qui  étaient  voisins  du  chemin  de  ronde 
intérieur  de  l'enceinte  de  Philippe-Auguste,  furent  occupés  par  l'institution  des 
Aveugles,  à  laquelle  succéda  une  caserne.  Ils  sont  aujourd'hui  une  propriété  par- 
ticulière, contiguë  au  dépôt  du  Domaine  de  l'État. 

Durey  de  Noinville ,  Dissertation  sur  Ici  liihiio-  Mnrlijrnloge  du  clergé  français  pendant  la  Re- 

thèques,  p.  5i.  voliilion,  p.  nli. 


/i8. 


Fac-similé  hehographi-jue. 


rian  ce  Jouvin  de  F.ocheforl  (1690). 


ÉGLISE  SAINTE-MARGUERITE. 


Jusqu'au  milieu  du  xvii''  siècle,  les  faubourgs  de  Reuilly,  de  Picpus,  de  la  Ro- 
quette et  de  Popincourt  eurent  l'église  Saint-Paul  pour  paroisse  Antoine  Fayet, 
conseiller  au  Parlement  et  curé  de  Saint-Paul,  attribua  l'indifTérence  religieuse 
de  ses  ouailles  à  leur  éloignement  de  tout  lieu  de  culte,  et  résolut  de  fonder  une 
chapelle  au  milieu  du  faubourg  Saint- Antoine.  Le  roi,  voulant  s'associer  à  cette 
entreprise,  lui  concéda  un  terrain  vague,  situé  entre  la  rue  de  Chai'onne  et  la  rue 
Saint-Bernard;  et,  dès  1626,  la  nouvelle  chapelle  fut  consacrée  sous  l'invocation 
de  sainte  Marguerite  Dix  ans  après,  elle  fut  érigée  en  succursale  de  Saint-Paub^', 
et  une  assez  vaste  église  s'éleva  à  côté  de  la  chapelle.  Enfin,  en  1712,  l'église 
Sainte-Marguerite,  distraite  de  toute  dépendance,  forma  une  cure  particulière 
qui  fut  confiée  à  Jean-Baptiste  Goy,  docteur  en  théologie  et  promoteur  général 
de  l'archevêque  de  Paris. 

Il  était  imjiossible,  sous  tous  les  rapports,  de  faire  un  meilleur  choix.  Placé 
au  milieu  de  l'un  des  quartiers  les  plus  peuplés  et  les  plus  pauvres  de  la  capitale, 
M.  Goy  sut  se  concilier,  par  sa  charité  et  son  zèle,  l'afiection  de  tous  ses  parois- 
siens. Son  testament,  daté  du  26  novembre  1737,  fut  une  nouvelle  preuve  de 
l'intérêt  éclairé  qu'il  portait  aux  malheureux.  11  avait  amassé  une  très-riche 
bibliothèque,  qu'il  divisa,  quelque  temps  avant  sa  mort,  en  deux  collections 
distinctes,  et  qu'il  légua  à  son  église.  La  première  collection  se  composait  de 
nombreux  ouviages  d'érudition:  M.  Goy  ordonna  qu'elle  serait  ouverte  au  public 
les  lundis,  mercredis  et  vendredis.  La  seconde,  qui  ne  renfermait  guère  que  des 

Pig.  de  la  Force,  Z)e?cr.rfe  P«m,  t.  V,  p.  1 2O.  D'Auvigny,  etc.  Histoire  de  Paris  ,  t.  V, 

Thiëry.  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers       p.  if^h. 
voyageurs  à  Paris,  t.  1",  p.  G/19.  Lerouge,  Curiosités  de  Paris,  L.  1",  p.  33q. 


382  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

livres  de  piété  en  langue  vulgaire,  devait  être  mise  à  la  disposition  des  ouvriers 
du  faubourg;  mais,  comme  ceux-ci  ne  pouvaient  consacrer  à  la  lecture  que  peu 
d'instants  dans  la  journée,  le  testateur  voulait  que  les  volumes  leur  fussent  prêtés, 
afin  qu'ils  les  emportassent  chez  eux.  M.  Goy  laissait  en  outre  quatre  cents  livres 
de  rente  destinés  à  l'entretien  de  ces  bibliothèques,  et  huit  cents  livres  pour  le 
traitement  des  deux  rr  prêtres  confesseurs ,  n  qui  rempliraient  les  fonctions  de  bi- 
bliothécaires. Ceux-ci  devaient  être  choisis  parmi  les  prêtres  habitués  de  la  com- 
munauté, en  donnant  toujours  la  préférence  à  ceux  qui  seraient  nés  sur  le  terri- 
toire de  la  paroisse.  Le  catalogue  de  la  collection  devait  être  vérifié  par  eux  tous 
les  ans,  et  les  livres  perdus  aussitôt  remplacés.  Goy  exigeait  en  outre  que  les  bi- 
bliotlièques  restassent  dans  le  local  qu'elles  occupaient  de  son  vivant,  et  que  les 
bibliothécaires  eussent  leur  appartement  près  des  collections  qu'ils  étaient  chargés 
de  conserver.  H  plaçait  ensuite  cette  fondation  sous  la  haute  surveillance  du  rec- 
teur de  l'Université  et  du  bâtonnier  de  fordre  des  avocats.  Il  les  priait  de  s'y 
transporter  chaque  année  pour  en  faire  la  visite,  et  réglait  d'avance  les  frais  que 
pouvait  entraîner  cette  cérémonie,  y  compris  rrun  petit  ralTraichementn  destiné 
aux  deux  inspecteurs L'inventaire  des  livres  de  J.-B.  Goy,  qui  fut  dressé  le 
2  9  janvier  i^SS^^^  comprend  la  liste  des  ouvrages  qu'il  laissait  à  son  église.  Il  avait 
mis  à  part,  pour  la  cr bibliothèque  paroissiale ,  ti  cinq  cent  soixante-neuf  volumes, 
qui  furent  estimés  908  livres  i5  sols;  ceux  qu'il  avait  destinés  à  former  la  rr  grande 
cr  bibliothèque  T)  furent  divisés  en  seize  lots,  ainsi  composés  : 

l'^'Iot                                1 1 4  volumes,  estimés   1,117!.  10  s, 

lot                             262   698  5 

3"  lot                              975   9,967  '  ° 

i"  lot                             359   1,661  00 

lot                               563   i'909  00 

6Mot                               594   1,116  00 

7''  lot                              96Û   i,9o3  00 

8''  lot                              3 10   9,o5o  5 

lot                               696   1,289 

10°  lot                               157   9,01 5  10 

11^  lot                               85   39/1  i5 

1  aMot                               118   169  00 

13"  lot                              169   i»978  00 

ik"  lot                             218   569  00 

i5"  lot                              i58   libS  00 

16"  lot                             175   3i9  00 


Soit   i,  1/12  volumes,  estimés   19,07^1.158. 


Voir  le  testament  (Je  J.-B.  Goy,  que  nous  re-  p.  1/11  ,  et  Leprince,  Essai  historique  sur  In  hiblin- 

profluisons  ci-dessous.  L'abbé  Lebeuf,  Histoire  de  In  thcqne  du  Roi,  ont  mentionné  cette  fonflation. 

ville  et  du  diocèse  de  Paris,  t.  Il,  p.  SBy;  Piganiol  Inventaire  après  ledécèsdemessireJenn-Batiste 

fie  la  Force,  Description  historique  de  Paris,  t.  V,  fini/,  prêtre .  docteur  de  Snrhonne ,  curé  de  la  paroisse 


ÉGLISE  SAINTE-MARGUERITE.  383 

Les  iiiai  jjuilliers  de  Sainte-Marguerite,  chargés  d'assurer  l'exécution  du  testa- 
nient  de  (jov,  apportèrent  quelques  modifications  aux  dernières  volontés  du  tes- 
tateur, i^a  délibération  la  plus  iinpoi'tante  eut  lieu  le  18  janvier  1739.  On  y 
représenta  d'abord  (jue  deux  ecclésiastiques  ne  pourraient  suffire  aux  soins  qu  exi- 
geraient les  fonctions  l'éuiiies  de  bibliothécaire,  de  prêtre  habitué  et  de  confesseur 
des  enfants;  f'assenibfée  décida,  en  conséquence,  qu'un  seuf  bibliothécaire  serait 
placé  à  la  tète  de  la  collection,  et  que  son  traitennuit  serait  réduit  de  800  à 
/ioo  livres.  Les  hoo  livres  restant  devaient  être  partagées  entre  deux  ecclésias- 
ti(pies  auxcjuels  sei'ait  dévolue  la  charge  de  confesseurs  des  enfants.  Sur  les  /ioo 
livres  que  Goy  avait  attribuées  à  l'augmentation  de  la  bibliothè([ue,  on  accorda  au 
bibliothécaire  60  livres,  afin  qu'il  pût  cr avoir  à  ses  dépens  un  garçon  (pii  néloye 
rrla  bibliotèque  et  époudre  les  livres,  n  On  arrêta,  en  outi-e,  (|ue  le  bibliothécaire 
serait  nommé  de  concert  par  le  curé  et  les  marguilliers,  et  les  deux  confesseurs 
par  le  curé  seul.  La  désignation  des  heures  d'ouverture  et  de  l'époque  des  va- 
cances de  la  bibliothèque  fut  abandonnée  au  choix  du  procureur  général'^'. 

Nous  avons  rencontré  quelques  volumes  qui  portent  ('crits  à  la  main,  au  milieu 
du  titre,  ces  mots  : 

EX  BIBUOTH.  SAN  M  A  BG  A  MET  AN  A. 

(Test  là  la  seule  [)i  ('uve  que  nous  possédions  de  l'existence  de  cette  bibliothèque. 
Vendant  longtemps  même  nous  avons  dû  supposer  que  les  dernières  volontés  de 
Goy  n'avaient  point  été  exécutées,  et  que  sa  collection,  livrée  au  pillage,  n'avait 
jamais  reçu  d'organisation  sérieuse.  Le  clergé  actuel  de  l'église  Sainte-Marguerite 
Il  a  j)u  nous  loui-nir  à  cet  égard  aucun  renseignement,  et  il  ne  s'est  conservé,  dans 
le  ([uartier,  aucune  tradition  relative  à  cette  fondation  popufaire. 

de  Saintc-Margiicrile  du fauxbourg  Saiiit-Antotne ,  à  iNous  donnons  plus  loin  le  |)rocès-veri)al  de 

Paris.  Arcliivesdel  Empire,  scrieS. carton  n°3637.       cette  séance. 


38^ 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


TESTAMENT  DE  MESSIRE  JEAIN-BAPTISTE  GOY. 

PRÊTRE,  DOCTEUR  DE  SORRONNE, 


TF.STAMEM  DE  MA  DERNIERE  VOLONTE. 

i"  Je  recommande  mon  àme  à  Dieu,  mon  créateur...;  je  le  supplie  i!  •  maccorder  la  rémis- 
sion de  tous  mes  péchez,  par  les  mérites  de  la  passion  de  Notre  Seigneur  

2°  Je  demande  que  mon  corps  soit  enterré  le  matin,  dans  ma  paroisse,  devant  l'autel  des 
Charniers  

1  9°  Je  donne  et  lègue  cent  livres  à  l'Hopilal  général,  une  fois  payé. 

1  3°  Je  donne  et  lègue  cent  livres  à  l'Hôtel-Dieu  .  .  . 
Je  donne  et  lègue  cent  livres  aux  Enfans  trouvez. 

i5°  Je  donne  et  lègue  à  La  Foresl,  mon  domestique,  cent  livres  et  deux  cens  livres 

de  rentes  viagères  sa  vie  durant  

1 6"  Je  laisse  et  lègue  au  cuisinier  de  la  communauté  de  messieurs  nos  ecclésiastiques  de  la 
paroisse  cent  livres.  .  . 

1 7°  Je  lègue  au  portier  de  ladite  communauté .  .  .  cent  livres .  .  . 

i8°  Je  lègue  ce  qui  se  poura  trouver  d'argent  comptant  à  moy  appartenant  ,  un  tiers  à 

la  communauté  de  messieurs  nos  ecclésiastiques  y  demeurant  et  habituez,  un  tiers  aux  pauvres 
malades,  et  un  tiers  aux  deux  assemblées  des  ménages  et  des  veuves. 

19°  Je  remets  générallement  aux  pei'sonnes  à  qui  j'ai  presté  de  l'argent,  soit  qu'il  se  trouvent 
des  billets  ou  non,  tout  ce  qu'ils  nie  doivent  

9  0"  Je  lègue  à  l'œuvre  et  fabrique  de  Sainte  Marguerite,  ma  paroisse,  ma  bibliotèque  en- 
fermée dans  les  armoires  fermant  à  clefs,  dans  l'appartement  que  j'occuppe,  qui  a  été  par  moi 
acquis,  tant  les  chambres  par  moi  occuppées  que  celles  qui  sont  occuppées  par  Monsieur  le 
vicaire,  en  contr'échange  d'une  maison  bâtie  par  moi ,  que  j'ai  donné  à  cet  effet  à  l'œuvre  et  fa- 
brique de  ma  paroisse.  Le  tout  ainsi  qu'il  est  homologué  par  arrest  du  Parlement,  suivant  lequel 
ledit  appartement  en  entier  restera  pour  le  service  de  la  bibliotèque,  laquelle  servira  à  l'usage 
de  messieurs  les  ecclésiastiques  de  la  paroisse,  qui  y  seront  tous  les  jours  pour  y  travailler,  sans 
pouvoir  emporter  aucuns  livres  hors  la  bibliotèque. 

On  fera  tous  les  ans  la  révision  du  catalogue  des  livres,  et  on  remplira  ceux  qui  auront  été  perdus. 

21°  Je  lègue  les  livres  de  piété  en  langue  vulgaire,  qui  sont  à  part,  pareillement  à  l'œuvre  et 
fabrique  de  ma  paroisse,  pour  être  presté  par  messieurs  les  confesseurs  à  leurs  pénitens  et  pé- 
nitentes qui  n'auroient  pas  le  moyen  d'en  acheter,  à  condition  que  lesdits  sieurs  confesseurs  se 
chargeront  eux  mêmes  de  les  rapporter,  au  plus  tard  un  mois  après ,  sinon  ils  en  payeront  le 
prix  pour  en  acheter  de  semblables. 

Nous  reproduisons  ce  testament  d'après  une  rares;  la  bibliothèque  Mazarine  en  possède  un  qui 

copie  qui  est  conservée  parmi  les  manuscrits  de  la  est  compris  dans  le  recueil  de  pièces  catalogué  sous 

liibliotlièque  impériale,  et  cotée  fonds  français  le  n°  •3']k  A";  on  trouve,  en  outre,  ce  document, 

n°  26696  (ancien fonds  delà  Merci, n° .3),  p.  299.  imprimé  et  manuscrit,  aux  Archives  de  fEmpire, 

Il  a  été  imprimé,  mais  les  exemplaires  en  sont  fort  dans  les  cartons  cotés  S  3/i35  et  S^Sy. 


ÉGLISE  SAINTE-MARGUERITE.  885 

Les  personnes  studieuses  seront  reçus  dans  la  bibliolèqae  les  lundis,  niécredis  et  vendredis 
de  chaque  semaine;  on  leur  communiquera  les  livres  qu'ils  demanderont,  qui  ne  sortiront  point 
de  la  bibliotèque. 

2  2°  Je  fais  mes  légataires  universels  les  écoles  de  cliaritez  de  ma  paroisse,  à  la  charge  de  payer 
six  cens  livres  chaque  année  pour  l'honnoraire  de  deux  maîtres  de  chaque  école  de  deux  écoles 
de  charité  des  pauvres  garçons,  lesquels  six  cens  livres  seront  prises  sur  les  trois  cens  livres  à 
moi  dus  par  la  fabrique  de  ma  paroisse  et  sur  les  loyers  de  ma  maison  de  la  cour  d'Albret. 

Plus,  à  la  charge  de  paver  huit  cens  livres  chaque  année  pour  l'honnoraire  de  deux  prêtres 
confesseurs  qui  seront  tenus  de  confesser,  l'un  les  garçons  de  la  chai  ité  des  écoles  pendant  le  cours 
d'une  semaine,  et  l'autre  les  filles,  pendant  la  semaine  suivante,  ce  qui  continuera  ainsi  alter- 
nativement, en  sorte  que  chaque  confesseur  aura  une  semaine  destinée  à  la  confession,  et  une 
dans  laquelle  il  ne  confessera  point,  et  que  les  garçons  auront  une  semaine  différente  pour  leurs 
confessions  de  celle  des  filles.  Lesquelles  confessions  se  feront  les  lundis,  mécredis  et  vendredis 
après  midis. 

Seront  aussi  tenus  lesdits  confesseurs,  la  semaine  qu'ils  seront  de  fonctions  pour  lesdites  con- 
fessions, de  dire  la  messe  les  festes  et  dimanches,  sous  les  charniers,  à  l'heure  que  les  enfans 
des  écoles  de  charité  viennent  l'entendre,  dans  laquelle  ils  annonceront  les  festes  et  jours  d'abs- 
tinence, et  feront  une  exortation  à  ces  enfans  comme  on  a  coutume  de  la  faire. 

Ils  recevront  l'honnoraire  de  la  messe  à  la  sacristie  comme  par  le  passé. 

Ils  seront  pareillement  obligé  de  faire  la  fonction  do  bibliotéquaire,  chacun  alternativement, 
dans  la  semaine  dans  laquelle  ils  ne  seront  point  occuppez  aux  confessions  des  pauvres  enfans  des 
écoles  de  charilez,  et,  à  cet  effet,  ils  auront  leur  logement  :  l'un  dans  la  chambre  que  j'occupe 
et  où  je  couche,  l'autre  dans  l'appartement  occupé  par  monsieur  le  vicaire,  attendu  que  ces 
chambres  font  partie  de  l'appartement  que  j'ai  àquis  pour  la  bibliotèque,  comme  il  est  marqué 
cy-dessus. 

Celui  qui  logera  dans  l'appartement  de  monsieur  le  vicaire  ne  jouira  que  des  deux  premières 
chambres.  La  troisième  sera  réunie  à  la  bibliotèque  pour  y  placer  les  livres  qui  y  seront  ajoutez 
à  l'avenir. 

Et  pour  contribuer  à  cette  augmentation  des  livres  de  ladite  bibliotèque,  je  charge  mesdits 
légataires  universels  de  payer  tous  les  ans,  entre  les  mains  de  monsieur  le  Curé  et  des  deux  bi- 
bliotéquaires,  cpiatre  cens  livres  chaque  année,  pour  augmenter  le  nombre  des  livres  de  piété  en 
langue  vulgaire,  pour  être  presté  aux  pauvres  paroissiens  par  les  confesseurs  de  la  paroisse. 

Monsieur  le  Curé  et  les  deux  bibliotéquaires  choisiront  lesdits  livres  selon  qu'ils  jugeront  les 
plus  convenables;  on  les  inscrira  en  même  tems  sur  les  catalogues  de  la  bibliotèque. 

Et  pour  l'exacte  exécution  de  tout  ce  qui  regarde  ladite  bibliotèque,  monsieur  le  Recteur  de 
l'Université  et  monsieur  le  Bâtonnier  de  messieurs  les  avocats  seront  priez  de  se  transporter  tous 
les  ans,  le  jour  quils  conviendront,  ou  l'un  d'eux  en  cas  d'empêchement  de  l'autre,  pour  prendre 
connoissance  si  tout  est  exactement  exécuté  conformément  à  ce  qui  est  dit  cy  dessus.  Si  ils 
trouvent  quelques  contraventions,  ils  sont  priez  d'en  donner  part  à  monsieur  le  procureur  géné- 
ral et  à  messieurs  les  avocats  généraux  qui  y  pourvoyeronl,  et  on  sera  obligé  de  s'i  soumetre  comme 
à  un  arrest  de  la  Cour. 

Mes  légataires  universels  seront  chargez  de  donner  tous  les  ans,  le  jour  de  cette  visite,  vingt 
cinq  livres  pour  le  carosse  de  monsieur  le  Recteur,  vingt  cinq  livres  pour  le  carosse  de  monsieur  le 
Bâtonnier,  et  vingt  cinq  livres  pour  un  petit  raffraichement  qu'ils  seront  priez  d'accepter  le  jour 
de  leur  visite. 

Monsieur  le  Curé  avec  un  prêtre  de  la  communauté,  députez  à  cet  effet  par  toute  la  commu- 
II.  49 


386  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

naulé,  et  le  marguiHer  actuellement  en  charge,  auront  la  nomniination  desdits  confesseurs  des 
pauvres  enfans  et  bibliotéquaires. 

Ils  ne  pouront  choisir  qu'un  prêtre  habitué  dans  la  communauté,  et,  s'il  est  possible,  né  sur 
la  paroisse,  pourvu  qu'il  ait  les  qualitez  nécessaires  pour  ces  fonctions. 

En  cas  de  contestation ,  on  s'en  rapportera  à  monsieur  le  procureur  général  et  à  messieurs  les 
avocats  généraux. 

Ne  pouront  lesdits  bibliotéquaires,  après  leur  nomination,  se  charger  d'autres  fonctions  dans 
la  paroisse,  exceptez  celle  des  prestres  habituez  et  de  confesseurs  des  enfans,  sous  peine  d'être 
révoquez  et  d'autres  nommés  à  leur  place,  s'ils  manquent  à  s'acquitter  de  ces  deux  fonctions,  le 
pouvant,  ou  s'ils  veulent  y  en  joindre  d'autres. 

9  3°  Je  charge  encore  mes  légataires  universels  de  payer  tous  les  ans  trois  cens  livres  pour 
servir  de  titre  ecclésiastique  à  deux  enfans  de  la  paroisse  qui  auront  de  la  vocation  à  l'état 
ecclésiastique  

96°  Les  revenus  du  legs  universel  seront  reçus  par  monsieur  le  trésorier  des  pauvres  de  ma 

paroisse,  qui  aura  soin  d'acquitter  toutes  les  dispositions  cy  dessus  marquées  Il  rendra 

compte,  tous  les  ans,  de  son  administration  devant  monsieur  le  Cui'é,  les  bibliotéquaires  et  mar- 
guilliers  en  charge. 

27°   Les  autres  sommes  qui  resteroient,  après  toutes  les  charges  acquittées  

seront  employées  à  donner  des  livres  aux  enfans  de  la  charité  dans  les  écoles  de  l'un  et  de 
l'autre  sexe,  principalement  des  Nouveaux  Testamens  et  des  Pseautiers  de  Monseigneur  nôtre 
archevêque  à  l'usage  du  Bréviaire  nouveaux. 

So"  .le  révoque  tous  autres  testamens.  Je  veux  que  le  présent  soit  exécuté  comme  ma  dernière 
volonté. 

A  la  plus  grande  gloire  de  Dieu.  Ainsi  soit-il. 

Fait  à  Paris,  le  vingt  six  novembre  mil  sept  cens  trente  six. 

Signé  GoY. 


DÉLIBÉRATION 

DU 

BUREAU  DE  L'ŒUVRE  ET  FABRIQUE  DE  LA  PAROISSE  SAINTE- MARGUERITTE, 

AU  FAUXBOURG  SAINT-ANTOINE,  À  PARIS 
RÉDIGÉE  PAR  M"  LE  CHANTEUR,  NOTAIRE  À  PARIS  ET  GREFFIER  DUDIT  OEUVRE. 

Au  registre  des  délibérations  de  messieurs  les  curé  et  marguiliiers  en  charge  et  anciens  de 
l'œuvre  et  fabrique  delà  paroisse  Sainle-Margueritle  au  fauxbourg  Saint-Antoine,  à  Paris,  est 
inscrilte  une  délibération  du  dimanche  dix-huit  janvier  mil  sept  cent  trente  neuf,  quatre  heures 
de  relevée,  de  l'assemblée  générale  de  messieurs  les  marguiliiers  de  présent  en  charge  de 
l'œuvre  et  fabrique  de  l'église  Sainte-Margueritte  au  fiiuxbourg  Saint-Antoine,  et  de  messieurs 
les  anciens  marguiliiers,  tenue  en  la  salle  du  bureau  de  l'œuvre,  convoquée  par  billets  en  la 

Archives  de  l'Empire,  se'rie  L,  carton  n"  682. 


ÉGLISE  SAINTE-MARGUERITE.  387 

manière  ordinaire,  où  étoient  monsieur  Legaré,  desservant,  représentant  monsieur  le  cure',  mes- 
sieurs Acioque,  Senart,  Flausl,  Dupont  et  Hauguel,  marguilliers  de  pre'sent  en  charge,  et  les 
anciens  marguilliers  qui  signeront  la  présente  délibération,  de  laquelle  a  été  extrait  ce  qui  suit  : 

Lechanleur,  notaire  dudit  œuvre  et  fabrique,  aiant  fait  lecture  du  testament  et  ordonnance  de 
dernière  volonté  de  défunt  messire  Jean-Ratisle  Goy,  prestre,  docteur  de  Sorbonne,  curé  de  la- 
dite paroisse,  du  vingt  six  novembre  mil  sept  cent  trente  six,  déposé  audit  Lechanteur  le  vingt 
deux  janvier  mil  sept  cens  trente  huit ,  controllé  le  vingt-quatre  par  Rlondelu ,  Texécution  duquel 
testament  a  été  consentie  et  la  délivrance  de  tous  les  legs  y  portés  faite  par  la  dame  veuve  Fran- 
çois, sœur  dudit  feu  sieur  curé,  et  restée  la  seule  et  unique  héritière  par  bénéfice  d'inventaire, 
au  moyen  des  renonciations  faites  à  sa  succession  par  ses  autres  présomptifs  héritiers,  suivant 
l'acte  de  ladite  délivrance  passé  devant  ledit  Le  Chanteur  et  son  confrère,  le  vingt  huit  may  der- 
nier, il  paroit  que  ledit  feu  sieur  Goy  a  légué  audit  œuvre  et  fabrique  sa  bibiiotèque  enfermée 
dans  des  armoires  fermantes  à  clefs  dans  l'aparlement  qu'il  occupoit  qui  a  été  par  luy  acquis, 
tant  les  chambres  qu'il  occupoit  que  celles  qui  sont  occupées  par  monsieur  le  vicaire,  en  contr'- 
échange  d'une  maison  par  luy  bastie,  qu'il  avoit  donné  à  cet  elfel  à  l'œuvre  et  fabrique  de  sa  pa- 
roisse, le  tout  omologué  par  arrest  du  Parlement,  suivant  lequel  ledit  appartement,  en  entier, 
restera  toujours  pour  le  service  de  la  bibiiotèque,  laquelle  servira  à  l'usage  de  messieurs  les 
eclésiastiques  de  la  paroisse,  qui  y  seront  receus  tous  les  jours  pour  y  travailler,  sans  pouvoir 
emporter  aucuns  livres  hors  de  la  bibiiotèque,  à  l'effet  de  quoy  on  fera  tous  les  ans  la  révision  du 
catalogue  des  livres,  et  on  remplacera  ceux  qui  auront  été  perdus. 

Par  cemesme  testament,  ledit  sieur  curé  institue  ses  légataires  universelles,  les  écoles  de  cha- 
rité de  ladite  paroisse,  à  la  charge  de  paier  huit  cent  livres  chaque  année  pour  l'honoraire  de 
deux  prestres  confesseurs,  qui  seront  tenus  de  confesser,  l'un  les  garçons  des  écoles  de  charité 
pendant  le  cours  d'une  semaine,  et  l'autre  les  filles  pendant  la  semaine  suivante,  ce  qui  conti- 
nuera ainsi  alternativement,  en  sorte  que  chaque  confesseur  aura  une  semaine  destinée  à  la 
confession  et  une  dans  laquelle  il  ne  confessera  point,  et  que  les  garçons  auront  une  semaine 
différente  pour  leurs  confessions  que  celle  des  filles,  lesquelles  confessions  se  feront  les  lundis, 
les  mercredis  et  vendredis  après  midy,  et  lesdits  confesseurs  seront  tenus,  la  semaine  qu'ils  se- 
ront de  fonction,  de  dire  la  messe  les  festes  et  dimanches  sous  les  charniers,  à  l'heure  que  les 
enfans  des  écoles  de  charité  viennent  l'entendre;  ils  seront  pareillement  obligés  de  faire  la  fonc- 
tion de  bibliotéquaire  chacun  alternativement  dans  la  semaine  dans  laquelle  ils  ne  seront  point 
occupés  aux  confessions  des  pauvres  enfans  des  écoles  de  charité,  et  à  cet  efet  auront  leur  loge- 
ment, l  un  dans  la  chambre  que  ledit  feu  sieur  curé  occupoit  et  où  il  couchoit,  l'autre  dans  l'a- 
partement  occupé  par  monsieur  le  vicaire,  attendu  que  ces  chambres  font  partie  de  fapartement 
qu'il  avoit  acquis  pour  la  bibiiotèque,  comme  il  est  cy  dessus  marqué;  que  celuy  qui  logera  dans 
l'apartement  de  monsieur  le  vicaire  ne  jouira  que  des  deux  premières  chambre,  la  troisième 
sera  réiinie  à  la  bibiiotèque  pour  y  placer  les  livres  qui  y  seront  ajoutés  à  l'avenir.  Ce  même  tes- 
tament porte  que  monsieur  le  curé  avec  un  prestre  de  la  communauté  député  à  cet  efet  par  toute 
la  communauté,  et  le  marguillier  actuellement  en  charge ,  auront  la  nomination  desdis  confesseurs 
des  pauvres  enfans  et  des  bibliotéquaires,  qu'ils  ne  pouront  choisir  qu'un  prestre  habitué  dans 
la  communauté,  et,  s'il  est  possible,  né  sur  la  paroisse,  pourvu  qu'il  ait  les  qualités  nécessaires 
pour  ces  fonctions,  et  qu'en  cas  de  contestation  on  s'en  raportera  à  monseigneur  le  procureur 
générai  et  à  messieurs  les  avocats  généraux. 

Et  après  la  lecture  dudit  testament  lesdits  marguilliers  en  charge  ont  représenté  à  l'assemblée, 
quaiant  consulté  plusieurs  personnes,  tant  de  jurisprudence  qu'au  fait  des  bibliotèques,  elles 
leur  ont  fait  part  de  leurs  réflexions  sur  les  dificultés  qui  se  trouvoient  dans  l'exécution  précise 
et  litéralle  dudit  testament,  en  ce  qui  concerne  la  dite  bibiiotèque. 


388  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PABIS. 

La  première,  qu'il  n  est  pas  possible  que  deux  eclésiastiques  puissent  sufire  aux  soins  qu'exige 
la  charge  de  bibiiotéquaire ,  de  prestre  habitué  et  de  confesseur  des  pauvres  enfans  des  écoles ,  qui 
sont  en  très  grand  nombre;  et  que,  s'ils  veulent  s'acquitter  de  leurs  devoirs,  ils  n'auront  pas  de 
tems  pour  s'apliquer  à  l'étude  et  vacquer  aux  affaires  indispensables  qui  leur  surviendront. 

La  seconde ,  que  l'inconvénient  de  deux  biblioléquairesest  considérable,  et  ne  peut  aller  qu'au 
dépérissement  de  la  bibliotèque,  parce  que,  s'il  n'y  a  entr'eux  aucune  subordination,  le  premier 
se  déchargera  sur  le  second,  qui  seul  portera  tout  le  poids. 

Que  le  désir  de  prévenir  ces  dificultés  a  fait  naître  auxdits  sieurs  marguilliers  en  charge  le 
dessein  de  mettre  un  seul  bibiiotéquaire  à  la  nomination  de  messieurs  les  curé  et  marguilliers, 
dans  une  assemblée  convoquée  à  l'ordinaire,  ce  qui  paroist  convenable,  la  bibliotèque  étant 
léguée  audit  œuvre  et  fabrique,  lequel  bibiiotéquaire  aura  soin  des  livres  et  en  sera  chargé  par 
un  catalogue. 

Quant  à  la  nomination  des  deux  confesseurs  des  pauvres  enfans  des  écoles  de  charité,  de  la 
laisser  déférée  à  monsieur  le  curé  de  la  paroisse. 

Que  par  cet  arrangement  chacun  sera  en  état  de  se  mieux  acquiter  de  son  employ. 

Que  l'exécution  en  sera  d'autant  plus  aisée  que  les  huit  cent  livres  léguées  par  ledit  feu  sieui' 
curé  suffiront,  sçavoir  :  quatre  cent  livres  pour  le  bibiiotéquaire,  et  deux  cent  livres  à  chacun 
des  deux  confesseurs,  lesquels  assisteront  indépendamment  de  cette  rétribution  à  tous  les  convois 
de  la  communauté,  auront  encore  l'honoraire  de  leurs  messes  et  seront  chargés  de  la  messe  de 
l'exhortation  des  charniers  les  jours  de  festes  et  de  dimanches ,  selon  qu'il  est  marqué  plus  au 
long  dans  ledit  testament. 

Que  ces  confesseurs  auront  à  peu  près  le  même  revenu  que  les  autres  postes  de  la  paroisse; 
(|u'il  y  en  a  même  plusieurs  qui,  outre  l'honoraire  des  messes  et  l'assistance  aux  convois,  ne  pro- 
duisent point  deux  cens  livres  à  ceux  qui  les  occupent;  par  exemple,  les  postes  de  diacre  et  sous- 
diacre  ne  produisent  pas  cent  soixante  livres,  et  les  deux  confesseurs  des  pauvres  malades  n'ont 
chacun  que  cent  trente  livres. 

Qu'il  faudroit,  en  ce  cas,  que,  pour  la  seureté  des  livres  et  le  service  du  public,  le  biblioté- 
(|uaire  ne  pût  être  détourné  pour  aucune  fonction  du  ministère,  et  qu'il  fut  obligé  de  dire  sa 
messe  dans  un  tems  où  il  ne  seroit  point  occupé  à  la  bibliotèque,  qu'il  ne  se  chargeât  point 
d'un  jour  pour  aller  aux  malades  et  n'assistât  point  aux  convois  qui  se  feroient  lorsque  la  biblio- 
tèque seroit  ouverte,  mais  seulement  aux  convois  de  communauté  qui  se  feroient  dans  un  autre 
tems. 

Que ,  comme  il  n'est  pas  ])Ossible  que  le  bibiiotéquaire,  avec  un  revenu  modique  de  quatre  cens 
livres,  puisse  avoir  à  ses  dépens  un  garçon  qui  nétoye  la  bibliotèque  et  époudre  les  livres,  il  con- 
viendroit  luy  assigner  au  moins  soixante  livres  sur  les  quatre  cent  livres  destinées  par  ledit  tes- 
tament à  l'augmentation  de  la  bibliotèque,  et  le  charger  de  faire  nétoyer  la  bibliotèque  par  une 
personne  dont  il  sera  sûr,  et  qu'il  mettra  à  son  gré. 

Que,  la  fonction  de  bibiiotéquaire  étant  entièrement  indépendante  de  la  confession,  il  est 
essentiel  de  marquer  que  la  cessation  des  pouvoirs  ne  poura  le  faire  révocquer,  d'autant  que,  s'il 
faloit  nécessairement  confesser  pour  occuper  l'cmploy  de  bibiiotéquaire,  messieurs  les  marguil- 
liers ne  pouroient  presque  point  compter  sur  les  personnes  (pii  en  seroient  chargées;  qu'il  est 
cependant  nécessaire  que  le  bibiiotéquaire  soit  leur  homme  de  confiance  et  (ju'il  ne  change  point 
aisément,  étant  à  leur  égard  par  raport  à  la  bibliotèque  (qui  est  un  de  leurs  principaux  efets 
dont  il  sera  le  dépositaire)  dans  le  même  cas  que  le  clerc  de  l'œuvre  ])ar  raport  aux  efets  de  la 
fabrique  qui  luy  sont  confiés,  lequel  clerc  de  l'œuvre  n'est  point  asiraint  à  confesser  et  même 
pouroit  être  simple  clerc  :  les  autres  officiers,  comme  diacre,  soudiacrc  et  chantres  n'étant 
point  aussi  obligés  par  leurs  places  de  confesser,  les  peuvent  occuper  sans  avoir  de  pouvoirs,  et 


ÉGLISE  SAINTE-MARGUERITE. 


389 


que  le  bibliotéqualic  qui  se  Irouvo  dans  les  mêmes  circonstances  doit  aussi  pouvoir  garder  son 
poste,  quand  même  il  n'auroil  point  do  pouvoirs. 

Que  cet  arrangement  ne  fait  qu'expliquer  Tinlention  de  l'eu  monsieur  le  Curé,  qui  veut  que  les 
bibiiolequaires  ne  soient  révocables  que  s'ils  manquent  à  s'acquiter  de  leurs  fonctions  le  pouvant. 

Lesdits  sieurs  marguilliers  en  chaigo  ont  en  outre  observé  que  monsieur  le  Curé  n'a  eu  d'aulre 
intention  que  de  procurer  des  confesseurs  aux  enfans  des  écoles  et  de  pourvoir  au  soin  de  sa 
hibiiotèque;  que  cette  intention  se  trouve  entièrement  remplie  par  le  plan  cy  dessus  proposé, 
et  qu'on  peut  y  ajouter  que  le  l)iblioté([uaire  sera  chargé  de  donner  aux  enfans  des  billets  pour 
eslre  admis  aux  écoles  de  charité  des  garçons,  suivant  l'usage  de  la  paroisse,  selon  lequel,  pour 
ùter  tout  prétexte  de  plaintes  aux  maîtres  de  quartiers,  on  ne  reçoit  dans  les  écoles  de  charité 
aucun  enfant  sans  le  billet  d'un  prostré  préposé  pour  en  donner  aux  enfans  qui  désirent  y  être 
admis. 

Qu'il  est  aussi  à  propos  de  lixer  l'heure  de  l'ouverture  et  de  la  closture  de  la  bibliotèque,  tant 
|)Our  les  jours  où  les  eclésiastiques  de  la  communauté  ont  droit  d'y  venir  que  pour  les  jours  où 
les  personnes  studieuses  y  seront  admises;  qu'il  soit  marqué  dans  chaque  semaine  quelques 
après  diner  dans  lesquels  le  bibliotéquaire  puisse  aller  à  ses  afairos,  et  les  vaccances  qu'il  poura 
prendre. 

Et  sur  tout  l'exposé  cy  dessus  lesdits  sieurs  marguilliers  en  charge  requièrent  la  compagnie  de 
vouloir  bien  donner  son  avis. 

Et  ledit  Le  Chanteur  niant  recueilli  les  voix,  la  compagnie,  d'une  voix  unanime,  a  délibéré  et 
arroslé  qu'il  n'y  aura  qu'un  seul  bibliotéquaire,  dont  les  honoraires  demeureront  hxés  à  quatre 
cent  livres  par  an,  outre  soixante  livres  qui  lui  seront  paiées,  aussi  par  chacun  an,  pour  faire 
néloyer  la  bibliotèque  et  époudrer  les  livres;  lequel  bibliotéquaire  sera  à  la  nomination  de  mes- 
sieurs les  curé  et  marguilliers ,  dans  une  assemblée  au  bureau  de  l'œuvre ,  et  ne  poura  être  révoqué 
(ju'en  cas  qu'il  manque  à  s'acquitter  do  ses  fonctions  le  pouvant.  Et  par  une  délibération  prise 
dans  une  assemblée  au  bureau  dudit  œuvre,  ledit  bibliotéquaire  se  chargera  de  la  bibliotèque  par 
un  catalogue,  et  ne  poura  estre  détourné  par  aucunes  fonctions  du  ministère  dans  les  heures  où 
la  bibliotèque  sera  ouverte. 

Sera  tenu  de  dire  sa  messe  dans  un  tems  où  il  ne  sera  point  occupé  à  la  bibliotèque,  et  n'as- 
sistera point  aux  convois  qui  se  feront  lorsque  la  bibliotèque  sera  ouverte,  mais  seulement  aux 
convois  qui  se  feront  dans  un  autre  tems,  et  demeurera  chargé  de  donner  aux  enfans  des  billets 
pour  être  admis  aux  écoles  de  charité  des  garçons,  suivant  l'usage  de  la  paroisse. 

Que  les  heures  pour  l'ouverture  et  closture  de  la  dite  bibliotèque  el  les  jours  do  vaccances 
seront  réglés  et  fixés  ainsi  qu'il  plaira  à  monseigneur  le  procureur  général. 

Que  la  nomination  des  deux  confesseurs  des  pauvres  des  écoles  de  charité  sera  déférée  et  apar- 
tiendra  à  monsieur  le  curé  de  la  dite  paroisse  et  à  un  eclésiastique  député  de  la  communauté,  el 
(pie  les  honoraires  do  chacun  desdils  confesseurs  demeureront  fixés  à  deux  cent  livres  par  an. 
[)aiables  sur  les  revenus  du  legs  universel,  aux  charges  et  conditions  portées  par  le  testament 
dudit  feu  s"^  Goy. 

Et  pour  faire  omologuer  la  présente  délibération,  la  compagnie  a  autorisé  messieurs  les  mar- 
guilliers en  charge  à  pnîsenter  ref[uelte  en  la  Cour,  et  de  faire  toutes  les  diligences  nécessaires. 

Fail,arresté  et  rédigé  par  ledit  Le  ChanLeur,  notaire,  conformément  aux  règlemens,  les  joui's, 
an  el  heure  que  dessus,  et  ont  signé.  Signé  Leoaué,  desservant  de  Sainte-Marguerillo ;  au-dessus 
de  laquelle  signature  est  écrit  :  rrje  consens  aux  deux  articles  concernant  la  disposition  des  six 
rniille  livres,  à  l'élection  de  M.  Du  Chesne  pour  trésorier;  quant  à  l'élection  du  bibliotéquaire,  je 
rrla  remet  à  monseigneui'  le  procureur  général ,  pour  s'en  tenir  aux  termes  du  testament,  n  Au- 
dessous  sont  les  signatures  suivantes  :  Aclocque,  Senart  l'aîné,  Mauguel ,  Flaust ,  Dupont,  Bouizi- 


390  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

court,  Pierre  Muyron,  P.  Hue,  Du  Chesne ,  Naudier,  Guillou,  Tingauit,  J.-P.  Biidault,  Petit, 
P.  Muyron  et  Simon,  avec  Le  Chanteur,  notaire,  avec  paraphes. 

Extrait  et  coilationné  par  moy,  conseiller  du  Roy,  notaire  au  Chàtelet  de  Paris  et  greffier  du 
dit  œuvre  soussigné,  sur  ledit  registre  représenté,  ce  l'ait  rendu  cejourd'huy  vingt  neuf  janvier 
mil  sept  cent  trente  neuf. 

Le  Chanteur. 


Fac-siraile  héliographiqtie. 


Plan  dit  de  Turgot,  (  1  739  ). 


CONGRÉGATION  DE  LA  DOCTRINE  CHRÉTIENNE. 


La  congrégation  de  la  Doctrine  chrétienne  a  été  instituée  en  1662  par  César 
de  Bus'^'.  Elle  reçut  une  organisation  nouvelle  en  1616,  puis  en  16^7,  mais  dès 
1627  elle  était  représentée  à  Paris;  les  religieux  avaient  acheté,  rue  des  Fossés- 
Saint-Victor,  presque  au  coin  de  la  rue  Neuve-Saint-Etienne,  l'hôtel  de  Verberie, 
l'avaient  agrandi  et  s'y  étaient  installés ''^^ 

Il  y  eut  presque  aussitôt  une  bibliothèque  dans  cette  Maison , 

La  Doctrine  chrestienne  aime  sa  Caroline, 

dit  Michel  de  Marolles  t^l 

Saint  Charles  Borromée  était  le  patron  des  Pères  de  la  Doctrine  chrétienne;  de 
là  l'épithète  de  «Caroline  11  donnée  à  la  bibliothèque  de  l'établissement,  qui  était 
lui-même  souvent  désigné  sous  le  nom  de  Maison  Saint-Charles. 

Nous  avons  trouvé  aux  Archives  de  l'Empire  le  catalogue  des  livres  que  possédait 
la  congrégation  en  i68/i;  il  forme  quatorze  cahiers  in-folio  et  a  pour  titre  :  Ca- 
talogua lihrorum  Biliothecœ  (sic)  Patrum  Doctrinœ  christianœ  Domus  5"  Caroli  Parisiensis , 
anno  i68à  Il  a  été  revu  avec  soin  en  1696;  on  a  alors  ajouté  en  marge  les  titres 
de  plusieurs  volumes  achetés  dans  l'intervalle,  et  l'on  a  consacré  les  deux  der- 

t''  Gallia  chrisiiana,  t.  VII,  col.  966  et  968. —  M.  de  Marolles,  Paris  ou  description  succincte 

Cl.  Malingre,  Antiquités  de  Paris ,  p.  4-29.  et  néantmoins  assez  ample,  etc.  (1677),  p.  /17. 

Çi.  ^nce.  Nouvelle  description  de  Paris,  i.W,  ''''  Archives  de  l'Empire,    série   M,  carton 

p.  4o8.  11°  793. 


392  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

iiières  pages  à  l'énumération  des  livres  qui  n'ont  point  été  retrouvés  lors  de  cette 
révision. 

Cette  bibliothèque  n'acquit  cependant  une  importance  réelle  qu'à  partir  de 
1705.  A  cette  époque,  Jean  Miron,  docteur  de  la  maison  de  Navarre,  qui  avait 
réuni  une  collection  de  livres  assez  nombreuse ,  la  légua  aux  prêtres  de  la  Doctrin(v 
chrétienne.  Un  fait  curieux,  c'est  que  Miron  ffavoit  offert,  de  son  vivant,  ce  legs 
rrà  différentes  communautés,  et  qu'il  en  avoit  toujours  été  refusé,  soit  à  cause  des 
recharges  qu'il  ne  vouloit  point  en  séparer,  soit  à  cause  du  revenu  trop  modique 
rr  qu'il  assuroit  pour  l'augmentation  des  livres  et  pour  leur  entretien  n 

f^es  conditions  de  ce  legs  étaient  cependant  fort  acceptables. 

Jean  Miron  avait  dressé  lui-même  l'inventaire  de  sa  bibliothèque;  elle  renfermait, 
au  jour  de  son  décès,  trois  mille  neuf  cent  vingt-quatre  volumes,  qui  se  divisaient 
comme  il  suit  : 

Volumes  in-folio  

Volumes  in-quarto  

Volumes  in-octavo  

Volumes  in-douze  

Volumes  in-seize  et  in-vingl-quatre 


1  ,o53 

922 
1 ,000 
200 


Il  faut  y  ajouter  les  cr manuscrits  de  la  main  du  dit  feu  sieur  Jean  Miron,  au 
rr  nombre  de  quinze  liasses  de  quinze  rames  in-quarto,  n  comme  s'exprime  dédai- 
gneusement le  notaire  chargé  de  rédiger  le  contrat  de  donation  (-1 

Miron  laissait  en  oulre  au  couvent  de  la  Doctrine  chrétienne  un  capital  de  vingt 
mille  livres,  dont  le  revenu  annuel  était  alors  de  mille  livres.  Celte  somme  devait 
être  employée  ainsi  :  trois  cents  livres  au  profit  de  la  Maison,  rr  pour  la  dédommager 
rr  aucunement  des  frais  et  embarras  de  la  bibliotèque  publique,  n  trois  cents  livres 
frpoui'  le  prestre  qui  aura  soin  de  la  bibliothèque ,  n  et  les  quatre  cents  livres  res- 
tant pour  rr  l'entretien,  accroissement  et  augmentation  de  ladite  bibliotèque.  n 

Les  seules  charges  que  le  testateur  imposait  en  retour  à  la  congrégation  étaient 
d'abord  de  dresser  un  inventaire  exact  des  livres,  puis  de  les  placer  dans  un  lieu 
convenable  et  assez  spacieux  pour  y  permettre  l'admission  du  public,  rrafin,  disait 
rr  Miron,  que  les  personnes  de  lettres  en  puissent  tirer  tous  les  fruits  nécessaires;  n 
enfin  de  faire  graver  en  lettres  d'or,  sur  une  plaque  de  marbre  noir,  une  inscrip- 
tion destinée  à  conserverie  souvenir  de  cette  libéralité  et  le  nom  du  donateur'^'. 

Ces  dispositions,  très-naturelles  et  très-sages,  furent  singulièrement  compliquées 
par  les  exécuteurs  testamentaires,  qui  les  interprétèrent  d'une  manière  fort  défa- 


De  Vismes,  Éloge  du  R.  P.  Baizé,  dans  le 
Mercure  de  France  de  juin  17^6,  p.  gS. 

Acte  de  fomIalioH  de  M'  Miron,  en  l'joo, 
d'une  BibUolhèque  j)iihli(jiie  en  la  maison  des  prêtres 


de  la  Doctrine  chrétienne  ditte  de  Saint  Charles.  Ar- 
chives de  l'Empire,  série  M,  carton  n"  79^. 

Voyez  plus  loin  un  extrait  du  testament  de 
Miron. 


CONGREGATION  DE  LA  DOCTRINE  CHRETIENNE.  393 

vorable  à  la  congrégation.  Ainsi,  dans  un  contrat  passé  le  19  septembre  1706 
entre  les  héritiers  de  Miron  et  les  Pères  de  la  Doctrine  chrétienne,  ceux-ci  durent 
souscrire  aux  conditions  suivantes,  qui  peuvent  être  regardées  comme  les  véri- 
tables bases  de  la  nouvelle  fondation. 

Ils  promirent  donc,      peine  d'esti'e  déclieiis  du  legsn  : 

En  premier  lieu,  de  composer  et  faire  imprimer  à  leurs  frais  et  dépends  un  catalogue  desdits 
livres  dans  six  mois  de  ce  jour,  à  la  leste  duquel  seront  les  noms  et  (jualitez  dudit  feu  s'  Miron, 
aveq  mention  de  ladite  fondation;  duquel  ils  fourniront  huit  exemplaires,  sçavoir  :  cinq  ausdits 
sieurs  et  dames  héritiers,  un  audit  sieur  exéculeur  testamentaire,  un  autre  pour  estre  et  de- 
meurer joint  à  la  minutte  dudit  inventaire,  et  le  dernier  à  la  minutte  des  présentes;  duquel 
catologue  (sic)  la  véritfication  en  sera  faite  par  l'un  desdits  sieurs  héritiers  comparans,  et  par 
ledit  sieur  Le  Berche,  exécuteur  testamentaire,  sur  celuy  escrit  de  la  main  dudit  feu  sieur  Miron 
que  lesdils  Révérends  Pères  reconnoissent  avoir  par  devers  eux,  contenant  quatre  vins  treize 
feuillets  paraphez  sur  chacun  d'iceux  de  la  main  dudit  sieur  Le  Berche .  .  .  qu'ils  promettent  de 
représenter  lors  de  ladite  vérilTîcation ,  ensemble  sur  le  suplément  fait  par  lesdits  Révérends 
Pères  qu'ils  raporleront  pareillement. 

En  second  lieu,  de  rendre  la  bibliotèque  publique  à  comraancer  du  premier  jour  de  may 
de  ladite  année  prochaine,  et  estre  ouverte,  pour  la  commodité  des  estudians  et  gens  de  lettres, 
les  mercredys  et  samedys  de  chacune  semaine,  sçavoir  :  depuis  la  Saint  Remy  jusques  à  Pasques, 
les  matins  depuis  huit  heures  jusqu'à  unze,  et  de  relevée  depuis  une  heure  jusques  à  quatre; 
et  depuis  Pasques  jusqu'au  premier  octobre,  les  matins  depuis  sept  heures  jusques  à  onze,  et 
et  de  relevée  depuis  deux  jusqu'à  six  :  le  tout  à  perpétuité. 

En  troisième  lieu,  d'entretenir  un  bibliotéquaire,  qui  se  trouvera  dans  la  bibliotèque  lesdits 
jours  et  lieures  qu'elle  sera  ouverte  cydessus  marquez,  pour  donner  à  ceux  qui  y  seront  les  livres 
qu'ils  désireront;  et  à  cet  effet  lesdils  Révérends  Pères  mettront  dans  ladite  bibliotèque  quatre 
exemplaires  dudit  catalogue  imprimé,  reliez  proprement  en  parchemin,  pour  la  commodité  de 
ceux  qui  demanderont  des  livres,  aveq  des  sièges  et  tables  en  nombre  convenable,  pour  en  pou- 
voir prendre  lecture  et  mesme  pour  en  tirer  des  extraits. 

En  quatrième  lieu,  de  faire  apposer,  dans  le  premier  jour  de  l'aiiiiée  prochaine  mil  sept  cent 
six,  une  inscription  en  lettres  d'or,  sur  marbre  noir,  au  dessus  de  la  porte  de  ladite  bibliotèque, 
contenant  les  nom,  surnom,  patrie  et  qualitez  dudit  sieur  testateur  et  la  fondation  par  luy  laite 
])our  l'ulililé  du  publiq  ,  conformément  au  désir  dudit  testament. 

En  cinquième  lieu,  d'employer  quatre  cent  livres  annuellement  et  à  perpétuité,  suivant  ledit 
testament,  à  l'entretien,  augmentation  et  accroissement  de  ladite  bibliotèque,  et  dont  lesdits 
Révérends  Pères  tiendront  un  registre  pour  en  jusliffier  au  chef  ou  à  l'aisné  de  îa  famille,  ou  à 
l'un  des  hériliers  et  leurs  descendans,  en  la  maison  des  dits  Révérends  Pères,  de  deux  ans  eu 
deux  ans,  s'ils  en  sont  requis. 

Et  en  sixième  et  dernier  lieu,  les  frères,  neveux,  petits  neveux  et  autres  descendans  des  héri- 
tiers dudit  testateur  auront  droit  d'entrer  dans  ladite  bibliotèque,  mêmes  aux  jours  et  heures 
ausquels  elle  ne  sera  pas  ouverte  pour  le  publicq;  et  en  outre  s'obligent  lesdits  Révérends  Pères 
de  fournir,  à  leurs  despens,  auxdits  sieurs  héritiers,  une  expédition  du  présent  acte'''. 


rrCar  ainsy  le  tout  a  esté  convenu  entre  les 

rr parties  Fait  et  passé  à  Paris,  en  la  maison 

ir desdits  Révérends  Pères,  en  leur  chapitre,  l'an 

II. 


f'rail  sept  cens  cinq,  le  dix  neuliesine  jour  de  sep- 
frtembre  a|)rès  midy.n  (Acte  de  fondation,  etc.  Ar- 
chives de  FEinpire,  série  M,  carton  n°  79^.) 

5o 


S9à  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

Le  transport'"  et  le  classement  de  cette  importante  donation  retardèrent  jus- 
qu'en 1 7 1 8  l'exécution  de  la  clause  principale  imposée  par  le  testateur.  C'est 
seulement  le  novembre de  cette  année  que  la  bibliothèque  put  être  mise  à 
la  disposition  du  public.  L'inauguration  eut  lieu  d'une  manière  solennelle.  Elle 
avait  été  annoncée  par  des  afliches,  et  la  salle  était  richement  décorée.  Le  P.  Baizé, 
qui  avait  été  nommé  bibliothécaire**',  prononça,  en  présence  du  duc  de  Noailles, 
archevêque  de  Paris,  et  d'une  nombreuse  assemblée,  un  long  discours  que,  par 
modestie,  dit-on,  il  ne  voulut  jamais  laisser  imprimer 

Cette  cérémonie  entraîna  des  frais  assez  considérables  pour  l'époque,  et  dont 
nous  trouvons  le  détail  curieux  dans  un  cahier  conservé  aux  Archives  de  l'Empire  : 


Pour  les  affiches  et  programes   19  i.  os. 

Au  tapissier  Guiileaumeau   901  o 

Aux  archers  de  ville   19  2 

Pour  l'ode  du  P.  Maugras   h  o 

Pour  six  lustres   16  o 

Au  froteur  qui  mit  la  bibliotèque  en  couleur     96  o 

En  carosses  pour  faire  les  invitations  et  porter  les  programmes.  (Les  PP. 

Toubeau  et  d'Ardennes  en  furent  chargés.)   9»  o 

Pour  le  menuisier   60  o 

Aux  garçons  tapissiers   1  10 

Pour  le  marbre  mis  à  la  porte  de  la  bibliotèque   i35  0  t**' 

Total   A97  la 


Dès  la  semaine  suivante,  la  collection  fut  ouverte  à  toutes  les  personnes  stu- 
dieuses le  mardi  et  le  vendredi et  non  les  mercredis  et  les  samedis  comme  s  y 
étaient  engagés  les  religieux.  Suivant  G.  Brice,  ces  deux  jours  avaient  été  choisis 


Jean  Miron  demeurait  rue  de  ia  Montagne- 
Sainte-Geneviève. 

Déclaration  de  tous  les  biens  et  revenus  de 
la  Maison  de  la  Doctrine  chrétienne,  déposée  le  a  6  fé- 
vrier lygo.  Archives  de  l'Empire,  série  S,  carton 
n"  6838. 

Piganiol  de  la  Force ,  Description  historique  de 
Paris,  t.  V,  p.  202. 

J.-G.  Némeitz,  Le  séjour  de  Paris,  ou  instruc- 
tion curieuses,  etc.  1. 1",  p.  272. 

De  Vismes,  Eloge  historique  du  R.  P.  Baizé , 
dans  le  Mercure  de  France  de  juin  lyiô,  p.  g6.  — 
Déclaration  de  tous  les  biens,  etc.  Archives  de  l'Em- 
pire, série  S,  carton  n°  6838. 

Mémoire  instructif  dressé  par  le  procureur  de  la 
Maison  de  Saint  Charles ,  après  le  décès  du  R.  P.  Noël- 
Philippe  Baizé ,  premier  bibliotécaire  de  la  bibliotèque 


publique  de  la  ditte  Maison  depuis  sa  fondation ,  sur 
les  brouillons,  registres  et  mémoires  du  dit  R.  P. 
Baizé,  au  sujet  de  la  recepte  et  dépense  de  la  biblio- 
tèque publique.  ijâ6.  Archives  de  l'Empire ,  série  M . 
carton  n°  796. 

S.  de  Valhebert,  L'a^enfifa  du  voyageur  à  Paris 
(1736),  p.  69.  —  Antonini,  Mémorial  de  Paris  et 
de  ses  environs  (17^9),  t.  I",  p.  ao-J.  —  De  la 
Chesnaie  des  Bois,  Dictionnaire  des  mœurs,  cou- 
tumes et  usages  des  François  (1767),  t.  I",  p.  281. 
—  B.  Jaiiiot,  Recherches  critiques,  historiques  et  to- 
pographiques sur  Paris  (1774),  quartier  de  la  place 
Maubert,  p.  173.  —  Hurtaut  et  Magny,  Diction- 
naire historique  de  Paris  (i'J'jq)  ,  t.  II,  p.  661.  — 
Déclaration  de  tous  les  biens  et  revenus  de  la  Maison 
de  la  Doctrine  chrétienne,  etc.  (1790).  Archives  de 
l'Empire,  série  S,  carton  n°  6838. 


CONGRÉGATION  DE  LA  DOCTRINE  CHRÉTIENNE.  395 

câlin  ([Il  il  n'y  en  eût  aucun  dans  la  semaine  qui  manquât  de  hihliotlièque,  les 
tr  autres  jours  élant  marquez  par  d'autres  Libliotlièques  qui  sont  aussi  j)ubiiques(''.  n 
Nous  avons  constat*';  ailleurs  l'exactitude  de  cette  remarque.  Les  portes  étaient  ou- 
\('rles  en  hiver  de  huit  à  onze  heures,  puis  de  une  à  quati'e  heures;  en  été  de 
sept  à  onze  Jieures  et  de  deux  à  six  heures.  Les  vacances  duraient  de[)uisla  saint 
Barthélémy  ('■j'Ji  août)  jusqu'au  mardi  ([ui  suit  la  fête  de  saint  Charles  lîorromée 
(  Il  novembre). 

Cette  bibliothè([ue,  qui  nous  est  [)résentée  comme  crl'ort  propre  et  remplie  de 
r  livres  curieux'^',  n  renfermait  environ  douze  mille  volumes  en  172!^  Elle  reçut 
alors  un  notable  acci'oissement  par  le  legs  que  lui  fit  Jacques  Pinssonnat,  profes- 
seur d'Iiébreu  au  Collège  de  France.  Le  catalogue  des  ouvrages  compris  dans  cette 
donation  est  conservé  aux  Archives  de  l'Empire,  il  renq)lit  pages  in-folio  (run(^ 
snj)erhe  éci'iture,  et  porte  en  titre  : 

Catalogua 
lihronm  (pios  moriens 
Clar.  Vir  Jarnhus  Pinssonal 
Ga  1  la-  Biu  'g  un  dus 
Doctor  Tlieol.  Paris. 
Regius  liebr.  linguœ  Profcssor 
Librorumque  censor 
ad  utilitatem  publicam 
Bibliothecd'  S.  Caroli  Paris, 
legavit  an.  ijaS^'-'K 

Vex  libris  de  Pinssonnat,  gravé  avec  soin, 


figurait  sur  presque  tous  les  volumes  compris  dans  cette  donation. 


G.  Hrice,  Nouvelle  description  de  Paris,  t.  II, 
p.  llQlJ. 

Jèze ,  Elat  ou  tableau  de  la  ville  de  Paris ,  rela- 
livement  à  l'utile,  etc.  p.  ig5.  —  Dehamie  (17O3) 
se  li'onipe  évideminenl  rpiand  il  dit  :  ffDepuis  la 
^Saint-Marliii  (/i  juillet)  jusqu'à  la  Saint-Louisn 


(a5  août);  voyez  la  légende  qui  accompagne  son 
Plan  de  Paris. 

Lerouge,  Curiosités  de  Paris,  l.  I",  p.  /119. 

G.  Wallin ,  Lntetia  Purisiorum  erudita  sui  tein- 
poris ,  p.  120. 

''^^  Archives  de  l'Empire,  série  xM,  carton  n°  79^. 


396  LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 

S'il  faut  s'en  rapporter  à  un  mémoire  rédigé  en  iy^6  par  les  Pères  de  la  Doc- 
trine rétienne,  l'administration  de  la  bibliothèque  était  fort  onéreuse  pour  le 
couvent.  Les  20,000  livres  léguées  par  Miron  avaient  été  payées  en  titres  de  rentes 
sur  le  Trésor,  et  le  produit  diminuait  chaque  année;  en  1710,  il  était  tombé  de 
1,000  livres  à  928  livres  19  sols;  en  1720,  il  n'était  plus  que  de  4i2  livres 
1  o  sols.  Il  fallut  réduire  à  200  livres  la  somme  réservée  pour  les  acquisitions  nou- 
velles, et  ài5o  livres  les  appointements  du  bibliothécaire'''.  Celui-ci,  jusque-là, 
n'avait  pas  changé;  c'était  toujours  le  P.  Baizé,  et  il  ne  se  souciait  guère  qu'on 
diminuât  son  traitement;  il  ne  vivait  que  pour  la  bibliothèque,  et  tout  l'argent 
dont  il  pouvait  disposer,  même  celui  qu'il  recevait  de  sa  famille,  il  l'employait  à 
acheter  des  livres,  sur  lesquels  il  apposait  sa  signature 


mais  qu'il  ajoutait  aussitôt  à  la  collection  du  couvent.  Il  est  vrai  qu'en  retour  la 
congrégation,  dit  un  document  olficiel,  trl'a  entretenu  de  tout  sans  exception, 
rr  allant  avec  empressement  au  devant  de  tous  ses  besoins,  fournissant  môme  à  ses 
rr  petites  récréations  avec  la  même  abondance  que  s'il  eût  été  absolument  sans 
ff  ressource  du  côté  de  sa  famille n 

Mais  les  ouvriers  ne  se  montraient  pas  aussi  désintéressés  que  le  bibliothécaire, 
et  le  couvent  dut  dépenser,  pour  organiser  et  entretenir  la  bibliothèque,  des 
sommes  bien  supérieures  au  revenu  qui  lui  avait  été  assigné  dans  ce  but.  Voici 
le  détail  curieux  des  frais  qu'occasionna  la  bibliothèque  pendant  les  trente-liuit 
premières  années  de  sa  publicité  : 

POUR  LE  BÀTIMKNT  DE  LA  BIBLIOTEQUE. 


Au  maçon   879  I.  1 6  s. 

Au  charpentier   i,36o  16 

Au  couvreur   190  o 

Au  serrurier,  pour  portes  et  croisées  et  ferrures  du  bâtiment   68  li 

Au  menuisier,  pour  portes  et  croisées   917  o 

Au  peintre,  pour  les  croisées   7  9 

POUR  LE  DEDANS  DE  LA  BIBLIOTEQUE. 

Au  menuisier,  pour  armoires  et  les  bureaux   77/1 1.  19  s. 

Au  serrurier,  pour  tablettes  et  bureaux   i,383  16 


Mémoire  instructif  dressé  par  le  procnreiir  de  la 
Maison  de  Saint-Charles ,  etc.  Archives  de  l'Empire, 
série  M,  carton  n°  79^;  et  Déclaration  de  tous  les 
biens  et  revenus  de  la  Maison  de  la  Doctrine,  etc. 


Archives  de  l'Empire,  série  S,  carton  coté  6838. 

Mémoire  instructif  dressé  par  le  procureur  de  la 
Maison  de  Saint-Charles ,  etc.  Archives  de  l'Empire, 
série  M,  carton  n°  79^1. 


CONGRÉGATION  DE  LA  DOCTRINE  CHRÉTIENNE.  'M)l 

A  l'épinglier,  j)our  les  treillages   287!.    5  s. 

Au  tapissier,  pour  les  tablettes  et  bureaux   SSg  18 


Total  5,55 1  9 


DÉPENSES, 

En  livres  aquis   9,6261.  10  s. 

En  relieures   1 ,97.3  1 1 

Les  frais  pour  l'ouverture  de  la  bibliotèque   A97  12 

En  menues  dépenses,  tables,  chaises,  porteleuils,  etc   76  9 

Papier,  plumes,  ancre  pour  les  catalogues   1Ù7  6 

Frais  d'insinuation  du  legs  de  M.  Pinsonnat   12  0 

Les  deux  globes  avec  leurs  axes   60  o 

En  décri  de  monnoye  en  1709,  171^1,  1720  et  1726   9  8  6d.''' 


Total   12,^02      9  (5 


La  salle  qui  renfermait  celle  bibliotlièque  semble  avoir  été  très-simplement 
meiii)lée;  une  grande  table  à  double  pupitre  et  entourée  de  cbaises  très-corumunes 
la  partageait  dans  toute  sa  longueur,  et  à  l'une  de  ses  extrémités  se  trouvaient  les 
deux  globes,  l'un  céleste,  l'autre  terrestre,  dont  nous  venons  de  parler. 

En  1790,  la  bibliothèque  de  la  Doctrine  chrétienne  renfermait  vingt  mille  cent 
quarante-six  volumes,  savoir  :  trois  mille  deux  cent  quatre-vingt-trois  volumes  in- 
folio, quatre  mille  cinq  cent  trente  et  un  in-quarto,  douze  mille  trois  cent  trente- 
deux  in-octavo  et  in-douze. 

Bien  que,  dans  leur  Déclaration  officielle  à  l'Assemblée  nationale,  les  religieux 
aient  soin  de  dire  qu'on  ne  trouvait  chez  eux  mii  manuscrits,  ni  éditions  rares  et 
reclierchées,  11  mais  surtout  des  rr Bibles,  des  commentaires  sur  l'Ecriture  sainte, 
(Touvrages  des  Pères,  droit  canonique,  histoire  ecclésiastique,  etc. ^'^,11  il  est  cer- 
tain que  cette  bibliotlièque  possédait  d'excellents  ouvrages  et  de  précieux  manus- 
crits, ceux  entre  autres  que  leur  avait  légués  l'abbé  Lebeuf le  savant  auteui- 
de  Y  Histoire  du  diocèse  de  Paris. 

Le  P.  Baizé'')  avait  rédigé  avec  \m  soin  extrême  le  catalogue  de  ces  richesses 
bibliographiques  en  dix-neuf  volumes  in-folio  qui  sont  conservés  aujourd'hui  à  la 
bibliothèque  de  l'Arsenal'^'.  Ce  travail  ne  porte  point  de  titre,  mais  on  lit  sur  la 


Mémoire  inslructif  dressé  par  le  procureur  de  la 
Maison  de  Satnl-Charles ,  etc.  Archives  de  l'Empire, 
série  M,  carton  n"  79/i. 

Déclaration  de  tous  les  biens  et  revenus  de  la 
Maison  de  la  Doctrine  chrétienne,  déposée  le  26  fé- 
vrier ijQO.  Archives  de  l  Einpire,  série  S,  carton 
n"  6838. 


Thiéry,  Guide  des  amateurs  et  des  étrangers , 
t.  II.  p.  166.  —  H.  Cocheris,  L'abbé  Lebeuf,  sa 
vie  et  ses  œuvres,  p.  57. 

trDoclissiinus  bibliothecœ  Parisiensis  DoctrincT 
ffchristianae  praefectus ,  n  dit  le  Gallia  christiana. 
t.  VII,  col.  968. 

^'  Manuscrits ,  in-folio. 


398  LKS  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PAllIS. 

couverture  :  ce  Cet  excelleut  catalogue  est  celui  de  la  bibliothèque  des  Pères  de  1;) 
tr  Doctrine  chrétieune;  il  est  très-précieux  pour  les  notes  et  les  extraits  (ju'il  cou- 
fr  tient,  et  les  renvois  aux  journaux  où  il  est  parlé  des  ouvrages  dont  les  titres  sont 
ce  insérés  dans  ce  catalogue  ;  n  puis  au-dessous,  d'une  autre  écriture:  et  11  a  été  l'ail 
fren  grande  partie  par  le  Père  Baizé,  religieux  bibliothécaire,  qui  a  écrit  presque 
ff  toutes  les  notes  critiques^^^  ii 

La  bibliothèque  possédait  encore  deux  autres  catalogues  que  nous  n'avons  pu 
i-etrouver.  Le  pi'emier,  composé  de  ([uatre  volumes  in-folio,  était  disposé  par  noms 
d'auteurs  et  par  ordre  alphabétique;  le  second,  également  in-lolio,  était  le  plus 
fréquemment  employé  pour  répondre  aux  demandes  du  public 

Le  couvent  de  la  Doctrine  chrétienne  eut  fort  tard  une  estan)j)ille  gravée. 


et  on  ne  la  trouve  (jue  sur  un  petit  nombre  de  volumes;  mais  ou  voit  souveut  sur 
le  plat  des  volumes,  ou  sur  le  dos,  entre  chaque  nerf  de  la  reliure, 


une  S  et  un  G  enli-elacés. 

Les  indications  manuscrites  sont  très-fréquentes  et  très-variées.  Sur  le  feuille! 
de  garde  d'un  grand  nombre  d'ouvrages,  on  rencontre  rinscri|)ti()u  suivante,  tou- 
jours exactement  conçue  de  la  même  manièi'e  : 

EX  un  fus  LUDovia  miron. 


'1  On  a,  eu  outre,  collé  avec  quatre  pains  à  ca- 
cheter, sur  la  première  page,  une  leltre  conçue  en 
ces  ternies  : 


CLASSE 

DK  LITTKnATl'RE 
H 

ItRAUX  ARTS. 


INSTITUT  NATIONAL 

DES  SCIENCES  ET  DES  .\RTS. 

Paris,  le  28  plmii'ise,  an  \ii  île  lii 
lU'pulilique  fiani-uisc. 


Respectable  citoyen  , 
I/aiilenr  du  catalojjue  qui  vous  a  paru  si  bien  fait  se  nomme 
Bézé.  Il  joignait  à  un  rare  mérite  une  modestie  encore  |)liis 
rari'.  Il  est  mort  en  t/Mi. 


Le  citoyen  l5oullaiii;er  m'a  promis  de  vous  indiquer  la  sourci' 
où  vous  pouvez  puiser  des  renseigneniens  certains  sur  le 
compte  d'un  homme  qui  a  rendu  aux  sciences  et  aux  lettres 
un  service  très-signalé. 

Je  saisis  avec  empressement  l'occasion  de  vous  renouveller 
les  sentiments  d'estime  et  de  vénéralion  dont  je  suis  pénéiré 
pour  vous  

Vdtie  dévoue  concitoyen, 

Vll.HT. 

Déclaration  de  Inus  les  hieiis  cl  retenus,  etc. 
Arcliivesde  TEnipire,  série  S.  rarlon  n"  ()M38. 


CONGRÉGATION  DE  LA  DOCTRINE  CHRÉTIENNE.  399 

11  s'agit  sans  doute  ici  d'un  parent  du  fondateur  de  la  bibliothèque,  car,  dans  les 
nombi'eux  actes  officiels  qui  nous  ont  passé  sous  les  yeux,  ce  derniei-  n'est  jamais 
désigné  sous  un  autre  nom  (|ue  Jean. 

Les  anciennes  inscriptions,  qui  se  rapportent  en  général  à  la  bibliothècjue  pri- 
mitive de  la  Maison,  sont  ainsi  rédigées  : 

EX  LIBRIS  PP.  DOCW.  XN/E  DOMUS  S.  CAROLI  PARIS. 

ou 

EX  LIRRIS  P.P.  DOCTRINjE  XN£  DOMUS  SANCTI  CAROLI  PARISIENSIS, 
ou  encore 

EX  RIBLIOTHECA  DOMUS  S"  CAROLI  PARISIENSIS. 

Ces  formules  furent  ainsi  modifiées  après  le  legs  de  J.  Miron  : 

EX  BIRLIOTHECA  PUBLICA  SACERDOTUM  DOCTRINA]  CHRISTIAN  M  PARISIENSIUM. 
EX  BIRLIOTHECA  PUBLICA  DOCTRINE  CHRISTIAN  M  PARIS. 

Ces  dernières  inscriptions  sont  [)resque  toujoui's  accouqjagnées  du  chiffre  d'ins- 
cription du  volume  ; 

Par  exemple  :  Y  69G,  H  ^tj^  etc.  etc. 
L'indication  suivante  : 

EX  LIBRIS  SEMINARII  DIVI  CAROLI  CONGR.  MISS.  PARIS. 

n'appartient  point  à  la  congrégation  de  la  Doctrine  chrétienne,  mais  à  une  autre 
Maison  de  Saint-Charles,  qui  relevait  des  prêtres  de  la  Mission  de  Saint- Lazare 
et  dont  nous  parlerons  plus  loin. 

Les  bâtiments  qu'occupait  le  couvent  de  la  Doctrine  chrétienne  forment  au- 
jourd'hui une  propriété  particulière. 


LES  ANCIENNES  BIBLIOTHÈQUES  DE  PARIS. 


EXTRAIT 

DU 

TESTAMENT  DE  MESSIRE  JEAN  MIRON, 

PRESTRE,  DOCTEUR  EN  THEOLOGIE  DE  LA  FACULTE  DE  PARIS 

Ce  testament  est  reçu  par  Bobuffe  et  Fromont,  notaires  à  Paris,  le       avril  i^oS:  et  M.  Le 
Berche,  notaire  à  Paris,  y  est  eslu  exécuteur  testamentaire. 
Ce  qui  concerne  la  bibliothèque  est  conçu  en  ces  termes  : 

Item,  donne  et  lègue  ledit  s"^  testateur  aux  Pères  de  la  Doctrine  chrestienne,  establis  en  cette 
ville  de  Paris,  près  le  boulevart  de  la  porte  Saint  Marcel,  sa  bibliothèque,  qui  est  composée  de 
tous  les  livres  qui  sont  ès  lieux  quil  occupe  en  la  maison  où  il  demeure,  dans  lesquels  livres 
seront  compris  les  manuscrits  qui  s'y  trouveront.  Outre  ladite  bibliothèque,  ledit  s' testateur  donne 
et  lègue  auxdits  PP.  de  la  Doctrine  chrestienne  la  somme  de  20,000  livres  tournois,  laquelle 
somme  produira  mille  livres  de  rentes,  dont  3oo  livres  pour  la  congrégation  desdits  Pères  de 
la  Doctrine  chrestienne,  vulgairement  appellée  de  la  Maison  de  Saint  Charles;  pareilles  3oo 
livres  pour  le  presire  d'entre  eux  qui  aura  le  soin  de  ladite  bibliothèque,  et  les  Zioo  livres 
de  reste,  fesanl  le  surplus,  seront  employées  à  l'entretien,  accroissement  et  augmentation  de  la 
dite  bibliothèque,  à  la  charge  par  lesdits  Pères  de  la  Doctrine  chrestienne  de  Saint  Charles 
(le  melire  ladite  bibliothèque  et  manuscrits  dans  un  lieu  convenable  et  assez  spatieux  pour  mettre 
au  jour,  au  nom  dudit  s''  testateur,  ladite  bibliothèque  et  manuscrits,  et  les  communiquer  et  en 
aider  le  public,  afin  que  les  personnes  de  lettres  en  puissent  tirer  tous  les  fruits  nécessaires;  et 
à  cette  fin  seront  mis  les  nom,  surnom  et  qualilez  dudit  s'  testateur  on  lettres  d'or  sur  un 
marbre  noir,  à  la  porte  du  lieu  où  seront  mis  lesdits  livres  et  manuscrits,  et  au  bas  sera  mis  une 
inscription,  aussi  en  lettres  d'or  sur  un  marbre  noir,  portant  que  lesdits  livres  et  manuscrits  ont 
esté  donnez  et  léguez  par  ledit  s*^  Miron  par  le  présent  testament;  desquels  livres  et  manuscrits 
lesdits  prestres  de  la  Maison  de  Saint  Charles  seront  seulement  les  gardiens  et  dépositaires  pour 
l'utilité  et  instruction  du  public  au  nom  dudit  s''  testateur.  Et  au  cas  que  lesdits  prestres  de  la 
Maison  de  Saint  Charles  fissent  difficulté  d'aider  et  communiquer  au  public  ladite  bibliothèque 
et  manuscrits,  l'exécuteur  du  présent  testament  poura  l'aire  transporter  icelle  bibliothèque  et 
manuscrits  en  telle  autre  communauté  de  prestres  réguliers  que  bon  luy  semblera  ;  et,  en  ce  cas, 
lesdites  20,000  livres  de  la  succession  dudit  s"^  testateur  seront  donnez  à  la  communauté  où  se- 
ront transportez  lesdites  bibliothèque  et  manuscrits  aux  mesmes  conditions  cy  dessus  stipulées. 
Et  pour  connoislre  à  l'avenir  le  prix  et  valeur  desdites  bibliothèque  et  maimscrits,  eu  sera  fait 
une  exacte  description  par  les  noms  des  auteurs  et  inscriptions  desdils  livres  dans  l'inventaire 
qui  sera  fait  après  le  déceds  dudit  s''  testateur;  et  seront  lesdits  manuscrits  paraphez  en  fin  de 
chacun  d'iceux  de  la  main  du  notaire  qui  fera  ledit  inventaire.  .  


Archives  de  l'Empire,  série  M,  carton  n°  7 9 '4. 


CHANGEMENTS  ET  CORRECTIONS. 


Page  0,  ligne  8,  au  lien  de  .  silaii.  lise:  :  sitam. 

Page  1-20,  ligne  ao,  au  lieu  de  :  Daussonval,  lisez  :  d'Afssonval. 

Page  176,  note  7,  au  lieu  de  :  i653,  lisez  :  1578. 

Page  178,  ligne  3,  au  lieu  rfe  ;  en  1O70,  lise:  :  en  1O79. 

Page  19/1,  ligne  28,  au  lieu  de  :  Louis  XIV,  lisez  :  Louis  XV. 

Page  195,  ligne  9,  au  lieu  de  :  maréchal,  lisez  :  cardinal. 

Page  -206,  ligne  9,  au  lieu  de  :  Van-Praet,  lisez  :  Van  Prael. 

Page  210,  ligne  93,  au  lieu  de  :  1068?  à  l'iii,  lise:  :  1873  à  i^jio. 

Page  3it),  ligne  11,  au  lieu  de  :  archevêque,  lisez  :  évêque. 


II. 


TABLE  DES  MATIÈRES. 

♦ 

•  Pages. 

SoMMAIllKS   V 

Origine  des  sujets  gravés  sur  bois  et  sur  acier   xiii 

Carmes  de  la  place  Maubort .    i 

Facullé  de  médecine   i3 

Collège  de  Tours   G7 

(îollége  d'Autuii   69 

Collège  de  Chanac  ou  de  Saint-Michel   87 

Célestins   8g 

(^-ollège  de  Justice   101 

Collège  de  Boissy    1  o5 

Bibliothèque  du  Roi   107 

Collège  de  la  Marche   219 

Collège  de  maître  Gervais   -220 

Collège  de  Fortet.   239 

Collège  de  Sèez.    e33 

Capucins  de  la  rue  Saint-Honoré   9  35 

Collège Louis-le-G rand   245 

Collège  des  Grassins   267 

Maison  professe  des  Jésuites  *   269 

Feuillants  de  la  rue  Saint-Honoré   281 

Pénitents  de  Picpus   287 

Frères  de  la  Charité                                           .  .  .   293 

lîècollets   297 

A ugustins  déchaussés   3oi 

Carmes  déchaussés   3ii 

Jacobins  de  la  rue  Saint-Honoré   .'»  1 5 

"TSlinimes  de  la  place  Royale   323 

Oratoire   337 

l*etits-A ugustins   3/i5 

Congrégation  de  la  Merci   35 1 

Capucins  de  la  rue  Saint-Jacques   357 

niuncs-Manteaux   SSg 

Séminaire  de  l'Oratoire   365 

Rènèdicliiis  anglais   369 

Capucins  du  Marais   373 

Séminaire  Saint-Firniin   377 

Eglise  Sainte-Marguerite   38 1 

Congrégation  de  la  Doctrine  chrétienne   391 

Changements  et  corrections     '40  i 


I 


GETTY  RESEARCH  INSTITUTE 


HlS^'OïRE  GÉNÉBiLE  DE  PARIS 

Los  volumes  de  Ici  Cùlh'i^tinn  sont  dé  formai  ijrandiii-i". 


Inlroilaction  à  TU     oîrc  i;(én<^rale  de  Paris  [deuxième  «iVag-r-).'  i  vol..    ir)rr. 

GÉOLOGIE  ET  PALÉONTOLOGIE. 

La  Seine.  —  I.  Le  Ra'  parisien  abx  âges  améiiistoriques,  par  A.  Belgrand,  inspecteur  {jénéral  des  Ponis  el 
Chaussées,  directeur  d(  :ix  et  des  égouts  de  la  Ville  de  Paris;  trois  volumes  avec  de  nombreuses  planches  sur  hois. 
on  chromolilhograplii   .      i  photolitho/jraphio. 

i'' volume  (texte).    /lofr. 

2°  volume  (planche        ulùuiitoloijie)   /,o 

3'  volume  (plancbch       éologie  et  de  conoliyliologie)   4o 

Les. trois  volui'cs  semble  (au  lieu  d'  120  francs)   ,00 

TOPOGRAPHIE. 


Topograpliie liiMoriqn   tl      icux  Parîs(Ri;fiioN 

DU  LotVIlE  ET  DES  TuiLE:     j)        .•  foU  A.  BeRTY,  IlislO- 

riojjraplio  de  la  Ville,  et  II.  bECRA^D,  architecte-topo- 
graphe ;  deux  volumes  avec  soixante  et  une  planches 
sur  acier,  vingt  et  un  bois  gravés,  deux  héliographies 
et  deux  feuilles  d'un  plan  général  de  restitution. 

T.  I"   60  fr. 

T.  II   5o 


Plans  de  rcsiilutlon.  PARIS  EN  1 SSO ,  plan  cavalier 
restitué  par  H.  Legrand,  continuateur  de  la  Topogra- 
phie; une  feuille  grand-aigle,  accompagnée  d'un  Plan 
de  renvoi,  d'une  Notice  historique  et  d'une  Légende 
explicative;  le  tout  dans  une  reliure-boîte. . .  3o  fr. 

N.  B.  Pour  les  acquéreurs  de  l'ouwage  intitulé  :  Paris  et 
SES  Historiens  aux  xiv"  et  xv"  siècles   10  fr. 


NUMISMATIQUE  ET  HÉRALDIQUE. 

1,0s  Armoiries  de  la  Ville  d<>  Paris  :  Sceaux  et  emblèmes-  Devises;  Codleurs  et  livrées;  ouvrage  posihuinc! 
du  Conili!  Analolc  de  Coëtlogo.n.  continué  et  achevé  par-K;  Service  historique  de  la  Ville  do  Paris;  un  volume  aver 
vingt  plani  lies  hors  texte,  on  noir  et  en  couleur,  et  plus  de  trois  cents  bois  gravés  dans  le  texte  (sous  presse),  .'x)  fr. 

80RIPTORES  RERUM  PARISIENSIUM. 

Paris  et  ses  Historiens  aux  XIW  ctW"  siècles.  Documents  et  Écrits  originaux,  reciteillis  el  commentés  fiai 
fou  LeB  iux  di;  Ll^cv,  conservateur  honoraire  de  l.i  bihlioihèque  do  l'Arsenal,  el L.-M. Tisserand,  sccrélairo-archivislo 
de  la  Commission  dos  Travaux  historiques  do  la  Ville  de  Paris;  un  Irès-fort  volume  avec  trente-huit  planches  hors 
texio,  dont  treize  tirées  en  or  et  en  couleur,  et  Cinquante  gravures  sur  bois  ou  eu  héliographie  dans  le  texte,   100  (1 


BIBLIOTHEQUES 

I.cs  anciennes  Bililiothèqncs  de  Paris  (Éguse";, 
MoNASTiTriiis,  Collèges,  etc.),  par  Alfred  Fiîam>! in, 
(lo  1,1  liihrK'llièque  Mazarine;  trois  vol  un;- «  vingl- 
qiialrc  pla.iclieshor.s  texte  et  plusde  froiscc,  i^i  avirr p 
dans  !(!  liisie;  Ctiaqui' lolnrne  .soparéiiicnl.     .  hol'v. 

i,cs  Irois  volumes  pris  on-ninblc)  .  •    fr   ;oo 


I.C  Caliinet  des  manuscrits  de  la  Bihliotliéque 
li|ipèriale,  Kïi:de  .-.liii  l.V^kmathjn  dd/Ce bépAt, com- 
•  prenant  les  élémonls  (i'iiije'lmloiro  de  la  calligrapl  ie. 
de  la  miniature,  de  la  reliure  et  du  coniniorcedes  livres 
à  Paris  avant  1;  dé  "iiverle  de  l'imprimorie,  par  Lii.i- 
POLD  Delislr,  mcoibre  do  l'instilul,  t.  I   /io  fr. 


N.  B.  Ions  les  volumes  de  la  Ccllection  sont  tiré»  sur  papier  vélin  très-fort.  Il  y  a  unpcti%nnmbre  d'eremplai 
Leur  prix  est  //  un  tiers  plus  élevé  que  celui  de»  exemplaires  sur  papier  ordinaire. 


r/'s  sur  rer/'v. 


.•\onr,T,  rue  .Séguier,  iH. 
Creiitiuuez,  rue  de  Seine,  33. 
Dumoulin,  quai  des  Au);iislins,  i3. 
DtixoD  ,  quai  des  Augustins,  A9. 


M  15  R  A  I  n  E  S  DEPOSITAIRES 

Durand,  rue  Cujas,  ç,. 
F.  S.  Elus,  à  Londres .fRing  Street,  33. 
Fontaine,  passafjc  des  Panoramas, 35-30. 
Lacroix  ET C",  boulevard  Montmartre,  i5. 


MAiir'>N,  Siileries  de  fOdéoii. 
Rapillv,  quai  Malaquais,  b. 
Renoo.mid,  nie  de  Tourrion,  (i. 
Savï,  rue  Hautcreuiilr ,  a'i.